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Retrouvez L 'Affaire dans l'affaire, tous les samedis de 12h et 13h sur les ondes de Sud Radio, en partenariat avec la revue Affaires Criminelles de McSkysz.

Avec Me Bertrand Pavlik, avocat, auteur de « maudites demeures » paru aux éditions du rocher et Véronique Geoffroy, docteure en Histoire contemporaine

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##L_AFFAIRE_DANS_L_AFFAIRE-2025-03-29##

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Transcription
00:00Sud Radio, l'affaire dans l'affaire, Stéphane Simon.
00:04Bonjour, bienvenue à tous pour votre rendez-vous du fait divers, du fait de société, une émission
00:09que nous réalisons en partenariat avec la revue Affaires Criminelles dont nous accueillons
00:13le rédacteur en chef.
00:14Bonjour Victor Lefebvre, Jad Serrano également, journaliste d'investigation et à nos côtés.
00:20Bonjour Stéphane.
00:21Et Jean-Marie Bordry, la voix des matinales du week-end sur Sud Radio.
00:25Bonjour Stéphane.
00:26Alors aujourd'hui nous allons parler maisons hantées, demeures maudites car parfois le
00:31rêve d'accéder à la propriété se transforme en cauchemar.
00:34Et c'est ce que nous raconte notre invité, maître Bertrand Pavlik qu'on est ravi d'accueillir,
00:39co-auteur avec Philippe Difolco d'un livre paru aux éditions du Rocher qui s'appelle
00:44« Sobrement, maudites demeures ». Bonjour Bertrand.
00:48Bonjour Stéphane et bonjour à tous les auditeurs.
00:51Alors vous êtes avocat, je le disais, vous êtes spécialisé dans les affaires immobilières.
00:55Vous avez eu envie de compiler 14 histoires, toutes plus drôles et intrigantes les unes
01:00que les autres, qui ont pour point commun de raconter les surprises, qu'elles soient
01:04bonnes ou mauvaises, qui peuvent arriver dans une transaction immobilière.
01:08Tout à l'heure on racontera l'histoire de Véronique Geoffroy qui, elle, a fait
01:12une découverte incroyable après avoir racheté un château.
01:15Elle s'est rendue compte tout à fait par hasard que ce château et ses ancêtres y
01:20avaient vécu et puis que ce château était encore plein de présence.
01:23Il est habité par des esprits, Véronique Geoffroy nous racontera tout cela tout à l'heure.
01:27C'est assez incroyable.
01:28Mais tout de suite Bertrand, parlons d'une des affaires que vous racontez dans votre
01:32livre.
01:33C'est l'affaire de la maison aux murs qui saigne.
01:36Et si vous le voulez bien, commençons par rappeler les faits.
01:39Je vous en fais le récit.
01:43Nous sommes le 8 juillet 1992.
01:46Juste après, le journal du soir de TF1 commence une nouvelle émission appelée « Mystères ».
01:53C'est la période où TF1 triomphe et fait des grosses parts d'audience avec des programmes
01:57que certains qualifient de racoleurs.
01:59Un avertissement prévient les téléspectateurs.
02:01Toutes les histoires que vous allez voir sont vraies.
02:03Les témoins, les officiers de police, les scientifiques que vous entendrez ont vécu
02:07des phénomènes étranges.
02:09Aujourd'hui, ces mystères sont encore inexpliqués.
02:12Au cours d'un reportage de 15 minutes, les téléspectateurs vont découvrir l'affaire
02:17de la maison sanglante.
02:20Nous sommes à Saint-Quentin, une ville située dans l'Aisne, à 140 kilomètres au nord de Paris.
02:24Septembre 1990, soit deux ans plus tôt, une petite maison ouvrière datant des années
02:2920, située en plein cœur d'un quartier appelé la cité de Moulouse, va être le
02:34lieu d'une étrange infère.
02:36Cette petite maison à la façade de briques, couverte de peinture blanche et haute de deux
02:40étages, abrite un couple qui vient d'avoir un bébé, la famille Bellemère.
02:44Lui est chauffeur routier, il s'appelle Jean-Marc.
02:47Son épouse Lucie ne travaille pas et reste à la maison s'occuper de leur nouveau-né.
02:51Dans cette vidéo, qui alterne reconstitution et reportage, les téléspectateurs découvrent
02:55que Lucie Bellemère est souvent seule à la maison et qu'elle a été réveillée
02:59de sa sieste en sursaut par une série de coups qui proviennent, semble-t-il, de la cave.
03:05Des coups répétés, insistants.
03:07Elle pense d'abord à des travaux de voisinage et se décide à aller fropper à la porte
03:11des maisons mitoyennes.
03:12Mais bien vite, les voisins lui assurent qu'ils n'y sont pour rien et qu'il n'y a aucun
03:17travaux chez eux.
03:18De retour chez elle, stupeur, elle découvre avec horreur des giclées de couleurs rouges
03:22maculant les murs de la chambre du bébé.
03:25C'est un traumatisme dont Mme Bellemère ne se remet pas.
03:28Que s'est-il passé ? Qui peut le renvouloir ainsi ? Le soir, son mari, dubitatif, calme
03:34son épouse pendant qu'elle nettoie les murs.
03:36Il raconte que cela peut être une mauvaise blague.
03:39Mais durant la nuit, les séries de coups reprennent.
03:42Le couple est réveillé et tombe cette fois sur de nouvelles giclées, sur les murs mais
03:47de leur propre chambre.
03:48Et le phénomène va se répéter.
03:50Lucie convoque sa mère qui passera la nuit suivante avec eux et assiste à une nouvelle
03:55séance de bruits étranges et de nouvelles giclées de ce qui ressemble à du sang.
03:59Au matin, la famille Bellemère, épuisée, appelle la gendarmerie de Saint-Quentin qui
04:04débarque bientôt chez eux.
04:06Le couple semble parfaitement maître de leurs émotions et explique clairement leur histoire.
04:11Les prélèvements sont faits et la matière rouge est envoyée au laboratoire.
04:15Et le rapport d'analyse sera bientôt sans appel.
04:17Il s'agit bien de sang humain.
04:20Les gendarmes, suspicieux, décident d'en avoir le cœur net.
04:23Ils confisquent les clés de la maison et soupoudrent le sol de farine afin de voir
04:29d'éventuelles traces que des intrus feraient.
04:32Quand ils reviennent le lendemain sur les lieux, les gendarmes constatent dans un premier
04:37temps que le sol est intact, aucune trace de pas.
04:39Mais sur la porte d'entrée, à l'intérieur de la maison, une giclée de sang encore.
04:44En quelques jours, la maison des Bellemères devient le théâtre de visite.
04:48Elle a aussi les honneurs de la presse locale.
04:50Des dizaines d'habitants stationnent devant le perron au point que les gendarmes recommandent
04:55aux jeunes époux de quitter les lieux le temps de l'investigation.
04:58Un magnétiseur est convoqué par les enquêteurs.
05:02Vidé par son pendule, il prend la direction de la cave et bientôt s'arrête au-dessus
05:07du sol.
05:08Le magnétiseur est formel, il faut voir ce qu'il y a sous le ciment et la terre.
05:13Son pendule oscille de façon hystérique, le magnétiseur pense qu'il y a peut-être
05:19un cadavre ou une source d'énergie.
05:21Un renfort armé de pioches entreprend et défonce le sol et en dépit d'efforts très
05:27importants, rien n'est retrouvé.
05:29C'est ainsi que se termine le reportage.
05:32Vient le temps des débats et des conjonctures sur TF1.
05:36A l'issue, une seule certitude, l'affaire est désormais classée, même si elle reste
05:42inexpliquée.
05:43Alors Bertrand Pavlik, je rappelle que vous êtes avocat spécialisé dans ces affaires
05:53immobilières.
05:54Vous racontez cette histoire de la maison aux murs sanglants, mais vous en apportez
06:00la solution, et la solution n'a rien de surnaturel.
06:04Non, disons que cette maudite demeure a été un pain le béni pour la presse locale, pour
06:09tous les médias et pour TF1 en 1992, on a mis quand même 30 ans à la solutionner.
06:16Alors est-ce que je vais vendre la peau de l'ours, je ne sais pas, mais disons que le
06:22nom des protagonistes est intéressant puisqu'il s'appelle Belmer, et que la Belmer aura
06:27une part de, je dirais, de négociations qui ont mal tourné.
06:34Alors je dirais d'abord qu'il y a un journaliste de Marianne qui a commencé à faire une contre-enquête,
06:39on peut le raconter, racontez-nous ce qu'il a fait exactement.
06:46Alors cette affaire elle est classée en 1990, et puis en 2010 on commence à en reparler,
06:54et effectivement il y a un journaliste de Marianne qui s'y intéresse, donc il lance
06:57des appels dans la presse locale, partout, et il va recevoir un message en privé d'une
07:03picarde qui va lui dire « est-ce que la solution vous intéresse ? ». Elle lui donnera la
07:08solution en 2024, alors que les faits ont commencé en 1986.
07:13Alors c'est en fait la famille Belmer, comme vous venez de le dire, qui a joué un mauvais
07:18tour à son propriétaire.
07:20Alors c'est partagé.
07:21En fait, il faut se rappeler que le Nord à cette époque-là, c'est un peu comme dans
07:27« Bienvenue chez les Ch'tis ». Donc en fait il y a beaucoup de familles qui n'ont plus
07:31de travail, qui ont du mal à payer les loyers, et en fait le propriétaire de la maison est
07:36propriétaire de plusieurs maisons tout autour, et les époux Belmer sont vraiment en retard
07:42dans le paiement de leurs loyers, parce qu'ils ne travaillent plus, ils n'ont plus les moyens,
07:45et le propriétaire se dit « j'aimerais bien m'en débarrasser ». Donc il va essayer
07:50de s'en débarrasser.
07:51En même temps, la Belmer Belmer, donc Belmer au carré, va dire « mais ça c'est du pain
07:57béni pour nous, toute cette histoire-là de maison en thé, etc. », on va essayer
08:00de négocier l'achat de la maison à un prix réduit.
08:02Et donc il y a deux négociations qui s'entament, mais finalement les époux Belmer ne veulent
08:10pas rester, parce que la fille d'ici en a marre, elle a peur, donc ils s'en vont,
08:14et dès 1990, il n'y a plus rien.
08:16Bon, il y aura quand même le gendarme en charge de l'enquête, le sergent-chef Biette,
08:21qui dira « écoutez, j'ai quand même senti une présence passer dans mon dos, qui m'a
08:26saisi le bras, j'en ai froid dans le dos ». Et ça s'arrête là, jusqu'à 2024.
08:33Et alors, ce qu'il faut raconter un tout petit peu, pardon si je dévoile un peu le
08:38contenu, mais il y a plein d'autres histoires dans votre livre qui sont toutes plus marrantes
08:41les unes que les autres, la fameuse giclée de sang, eh bien, c'est le père Belmer,
08:47la nuit, qui passera avec une seringue, qui arrivera, si j'ai bien compris, à envoyer
08:53du sang à l'intérieur de la maison, sans aller marcher sur la farine qui avait été
08:57mise par les gendarmes.
08:58– Alors c'est le propriétaire qui le fait, en fait, parce qu'il est propriétaire
09:01de plusieurs maisons, donc il peut ouvrir des fenêtres, envoyer des giclées…
09:06– C'est le sang de qui ?
09:08– Ça, je ne sais pas, mais c'est du sang humain, c'est peut-être le thérapeute.
09:11– C'est du sang humain, mais on ne sait pas, ça n'a pas été, évidemment…
09:14– Et on sait, comme on se sait maintenant, qu'on a compris que c'était quand même
09:17une supercherie, comment se trouve le gendarme qui était persuadé d'avoir senti une présence
09:23derrière son dos qu'il prenait par la main, il lui faisait froid dans le dos ?
09:26– Lui, il a été très clair, Biette, il a dit « écoutez, je n'ai pas d'explication
09:30rationnelle, je ne sais pas, mais je suis persuadé que c'est une supercherie », il
09:34a toujours dit.
09:35Bon, après, il y a eu le parapsychologue et un psychiatre qui ont trouvé leurs propres
09:39explications, mais finalement aucune ne colle.
09:42– C'est souvent, c'est votre conviction, c'est souvent que de ces maisons que l'on
09:48dit « habitées », il y a toujours des éléments d'explication, ça va être intéressant
09:51tout à l'heure de voir vos commentaires ou de les entendre sur l'histoire de Véronique
09:57Geoffroy, qui est tout à fait extraordinaire, pensez donc.
09:59En 2009, elle rachète avec son mari un château après un vrai coup de cœur, un château
10:04médiéval qui est dans un état déplorable, avec une idée derrière la tête, c'est
10:07en faire une maison d'hôtes, et puis, travaux faisant, et grâce à une amie généalogiste
10:12elle va découvrir qu'elle a un rapport avec ce château, et mieux ou pire, c'est
10:17qu'elle va aussi découvrir que ce château est peuplé de créatures invisibles qui se
10:21manifestent, on va vous raconter cette histoire tout à l'heure, dans un instant, on revient
10:26avec vous Bertrand Pavlik, auteur de « Maudites demeures » parue aux éditions Rocher, à
10:32tout de suite sur Sud Radio.
10:33Sud Radio, l'affaire dans l'affaire, Stéphane Simon.
10:37De retour dans l'affaire dans l'affaire, une émission en partenariat avec la revue
10:41trimestrielle Affaires Criminelles, dont nous avons le plaisir d'accueillir le rédacteur
10:46en chef.
10:47Rebonjour Stéphane.
10:48Rebonjour Victor Lefebvre, avec nous également Jade Serrano, journaliste, enquêtrice, et
10:53bien sûr, ce cher Jean-Marie Bordry.
10:56Plaisir tout autant partagé.
10:57Voilà, nous parlons aujourd'hui des demeures maudites, pas seulement des maisons hantées,
11:02mais des mauvaises affaires, des terribles affaires dont parfois un bien immobilier est
11:06le lieu.
11:07Notre invité est maître Bertrand Pavlik, auteur de « Maudites demeures » parue aux
11:12éditions du Rocher.
11:13Alors avant de parler du château de Fougeray, avec notre autre invité qui va nous rejoindre,
11:18dans votre livre vous parlez, Bertrand Pavlik, aussi d'une affaire survenue il y a quelques
11:23temps, celle de Nathalie Levener, une femme âgée de 41 ans, qui réside chez son père
11:29à Mons en Belgique et qui va se décider d'acheter, en juin 2017, dans la commune
11:34de L'Homme, une petite ville du département du Nord, un joli appartement duplex qui est
11:39situé au premier étage d'un immeuble de la rue de Verdun.
11:42Le logement est coquet, il comprend un séjour, une cuisine équipée, une grande pièce à
11:47coucher, une terrasse avec une chambre, une belle salle de bain.
11:50Le quartier est tranquille, l'immeuble a un peu plus de 10 ans, et quand elle visite,
11:55tout est en ordre, ça sent même bon le frais, comme elle s'en souviendra, mais avec l'aménagement,
12:01l'affaire se complique et des odeurs émergent, racontez-nous ce qui se passe.
12:07Alors pour faire très court, en fait, elle va s'apercevoir que sa voisine est atteinte
12:13du syndrome d'audiogène.
12:14Vous allez trop vite, il faut d'abord dire que ça sent mauvais, ça sent très mauvais,
12:20et puis cette odeur est persistante.
12:22C'est un peu plus compliqué, parce que ce dossier-là, je l'ai plaidé pour le vendeur,
12:28et en fait, le vendeur avait profité, je ne sais pas si vous vous rappelez de cette
12:32scène dans Un éléphant, ça trompe énormément, où ils achètent une maison parce qu'il y
12:35a une grève des avions, c'était un peu ça ce qu'a fait le vendeur, c'est-à-dire
12:41qu'en fait, il a tout nettoyé, tout bouché, et il a mis du pchit partout et ouvert les
12:47fenêtres.
12:48Donc il a maquillé la maison pour qu'elle soit vendable alors même qu'en temps normal
12:51elle ne l'aurait pas été ?
12:52Tout à fait.
12:53Alors, ça se discute, ça se discute, parce qu'il y a quand même une faute des pouvoirs
12:58publics pour moi, qui ne sont pas intervenus en temps et en heure, mais donc il a tout
13:05maquillé et effectivement, il y a une jeune fille qui était primo accédante à une vente
13:12et qui s'est dit, ma foi, c'est magnifique, c'est vraiment magnifique, je connais les
13:16lieux, c'est nickel, c'est-à-dire que vous avez un rez-de-chaussée où effectivement
13:20il y a la dame qui pose problème et vous avez le premier étage, vous accédez par
13:24un escalier extérieur, c'est magnifique.
13:26Mais cette femme quand elle achète ce bien, elle est loin de s'imaginer qu'il y a des
13:31problèmes et puis elle va se rendre compte qu'il y a des odeurs persistantes, il y a
13:34des mouches qui viennent régulièrement troubler son silence.
13:39Bon, on peut penser que c'est un cadavre caché quelque part, mais ce n'est pas du
13:42tout ça.
13:43Donc, vous avez donné déjà la solution.
13:46La voisine.
13:47La voisine.
13:48Et la voisine, déjà, elle a oublié, elle remplit une camionnette au rez-de-chaussée.
13:53Oui, c'est-à-dire que quand vous devez accéder au premier étage, vous passez devant le
13:57parking.
13:58Effectivement, il y avait une voiture, disons, abandonnée, qui est remplie d'objets divers
14:04et variés, détritus, et c'est innommable.
14:07Innommable.
14:08C'est couvert d'excréments, c'est bon, déjà ça c'est odorifère, on va dire, mais
14:13ce n'est pas tout.
14:14Cette femme âgée, qui a 90 ans à peu près, elle est atteinte du syndrome de duogène.
14:20Ce syndrome de duogène, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un syndrome où on
14:23ne range plus rien, on accumule, on ne jette rien, on accumule.
14:27Et donc, dans son appartement, c'est un fatras incroyable.
14:33C'est totalement innommable, de toute façon, vous ne pouvez pas y pénétrer sans être
14:37protégé avec un masque, enfin, et une combinaison.
14:39Parce qu'en fait, dans le syndrome de duogène, alors, vous avez le syndrome de duogène chic
14:44où vous entreposez des antiquités, des choses qui ne prêtent pas à un problème, qui ne
14:50se détériorent pas, mais la plupart des syndromes de duogène, en fait, ils ne jettent
14:55plus leur poubelle.
14:56C'est-à-dire, leur repas du soir reste, ils traînent, ou la poubelle traîne et bientôt
15:01vous avez des rades, vous avez de la germine, il faut le dire, et en fait, les mouches,
15:05c'était la partie la plus sympa, les mouches qui remontaient.
15:08Parce qu'après, quand vous prenez votre douche et que vous voyez un truc marron qui
15:12remonte et qui bouge, ça… on n'est pas heureux.
15:17Oui, absolument.
15:18Alors, cette affaire, elle est devenue donc judiciaire, vous avez plaidé dans cette affaire,
15:24et ce qui est assez inhabituel, c'est que cette jeune femme a quand même réussi à
15:28avoir gain de cause, ce n'était pas gagné d'avance, c'était un combat compliqué,
15:33et elle donc, elle a réussi à prouver, enfin vous, ou son conseil, je ne sais plus qui
15:39est le conseil de qui, peu importe, mais vous avez, dans ce dossier-là, la preuve que le
15:46vendeur a été un peu truquer les choses, il a dissimulé l'État.
15:52Alors, moi je défendais le vendeur, ça on peut s'en arranger, ce qui a, il n'y a pas
15:57de termes, ce qui a flingué le dossier, c'est qu'en fait, il y a une lettre de mon client
16:02qui écrit à la mairie pour se plaindre, et on l'a retrouvée, malheureusement, et
16:09ça il ne me l'avait pas dit.
16:10Oui, donc la mairie était au courant qu'il y avait un problème, mais la mairie n'était
16:13pas vraiment intervenue ?
16:14Non, ils ne sont pas intervenus du tout.
16:17Pardon maître, mais au-delà de la lettre, quand vous avez pris sa défense, est-ce que
16:20vous saviez, vous avez compris tout de suite, que votre client avait triché ?
16:23Bon, un secret professionnel, là, peut-être ?
16:29Disons que oui, il me l'a dit, de toute façon ce ne sont pas les mêmes noms, donc je peux
16:35parler librement là-dessus, et puis l'affaire est publique, ça a été jugé en public,
16:41mais oui, il l'a fait un peu maquillé, mais je dirais comme un vendeur normal.
16:45On maquille toujours, il y a d'autres histoires qui sont beaucoup plus graves, et il faut
16:48savoir qu'à l'époque, sans être technique, que la jurisprudence sur le syndrome d'audiogène
16:54était encore limitée.
16:56Il y avait juste eu deux arrêts de la cour de cassation disant qu'effectivement, avec
17:00un voisin syndrome d'audiogène, il y a une réticence de loisirs, c'est-à-dire qu'en
17:04fait on cache une information à l'acheteur en disant qu'il y a un voisin qui a un syndrome
17:07d'audiogène, et que c'est assez problématique, surtout si vous voulez ouvrir vos fenêtres
17:11en plein mois d'août quand il fait 42°C.
17:13C'est comme un vice caché ?
17:14Oui.
17:15Un peu.
17:16Mais c'est une insalubrité en fait.
17:18Oui, mais en fait vous le savez, donc c'est une information.
17:20Le vice caché, en fait, vous ne le savez pas.
17:22Oui.
17:23Et voilà.
17:24Alors la vente a pu être cassée, mais donc ça a dû être long.
17:26Alors on continue sur Sud Radio à parler des maudites demeures, et cette fois-ci c'est
17:32Victor dans sa revue Affaires Criminelles, notre partenaire, vous nous racontez l'histoire
17:38d'un pavillon qui a été le témoin de deux meurtres.
17:40Celui de la comédienne Géraldine Giraud, et de la chanteuse Katia Lerbi.
17:45Oui, qui est plus connue sous le nom de l'affaire Trébeur, donc on se situe à la fin de l'année
17:502004, la disparition de la comédienne, vous l'avez dit, Géraldine Giraud, qui est la
17:54fille de l'acteur Roland Giraud, la chanteuse Katia Lerbi, donc on est dans Lyon, à Villeneuve
17:58sur Yonne plus précisément, donc une commune d'à peu près 5000 habitants, et plus précisément
18:03encore dans un petit hameau qui s'appelle Château, qui est situé à environ un kilomètre
18:08de là, et c'est là que réside Jean-Pierre Trébeur, ouvrier agricole de 41 ans, divorcé,
18:13seul occupant des lieux, ce loup solitaire que l'on a surnommé par la suite l'homme
18:17des bois, puisqu'il était aussi garde forestier, il menait une vie très discrète, son physique
18:22d'ailleurs ne s'oublie pas facilement, peut-être que vous vous rappelez, de grandes oreilles
18:26décollées qui couronnent une chevelure rousse très éparse, des grandes mains caleuses,
18:31et sa paupière droite à demi refermée qui achève de lui donner un air assez inquiétant.
18:34On n'a pas envie de le croiser dans les bois, effectivement.
18:37Non, effectivement, et c'est dans le jardin de sa maison que seront retrouvées les corps
18:40dénudés de Géraldine Giraud et de Katia Lherbier, au fond d'un puitsard, une sorte
18:45de gros trou recouvert d'une dalle en béton qui permet l'évacuation des eaux de pluie,
18:50et le 8 septembre 2009, Jean-Pierre Trébeur parvient à s'évader de la maison d'arrêt
18:55d'Auxerre en se cachant dans un carton chargé dans un camion de livraison, il sera repris
18:59deux mois plus tard par les policiers du RAID, avant de mettre fin à ses jours le 20 février
19:042010, sans jamais avouer son crime, ni apporter le moindre élément sur la participation d'éventuels
19:10complices, donc l'action publique a été éteinte, et je précise, puisque c'est une des révélations
19:16entre guillemets de la revue, c'est le journaliste Frédéric Crota qui est allé sur place, le pavillon
19:20de l'horreur a été revendu il y a de cela un an et demi à peu près, et la fille de Jean-Pierre
19:25Trébeur qui avait hérité de la maison a pu finalement trouver acquéreur, mais seulement
19:2818 ans après le drame, et le petit pavillon de 70 mètres carrés a été vendu au prix de
19:3390 000 euros, donc bien en dessous des prix pratiqués dans cette région.
19:37Alors c'est amusant parce que cette maison, elle est dans le même village de Lyon que celle du
19:43docteur Petiot, ça fait quand même deux maisons de l'horreur si j'ose dire.
19:47Oui, et effectivement le docteur Marcel Petiot, un docteur Satan, peut-être que vous vous rappelez,
19:50né à Auxerre, ce personnage a été condamné à la peine capitale en 1946, et entre 1942 et 1944,
19:57il commet 27 assassinats, dont ceux de 12 juifs auxquels il promet de les aider à quitter le pays
20:02avant de les délester de leurs biens et de les faire disparaître dans une chaudière à bois,
20:06même si les faits se sont produits à Paris, Marcel Petiot avait auparavant réussi à se faire élire
20:11maire de Ville-Neuve-sur-Yonne, il était médecin généraliste en ville et il était, paraît-il,
20:15d'ailleurs très apprécié des Villeneuviens à l'époque. Sa maison, située dans la rue principale,
20:20a été revendue et réhabilitée par des particuliers. Alors l'ironie de l'histoire,
20:23c'est qu'elle appartient désormais à un autre médecin, bien sous tout rapport cette fois-ci.
20:28Bon, Maître Pavlik, ça arrive souvent qu'il y ait eu des drames dans ces maisons,
20:35est-ce qu'elles trouvent facilement acquéreur ?
20:37Alors j'ai une anecdote, mon grand-père médecin a fait son internat avec le docteur Petiot,
20:41incroyable, et il était déjà, enfin, il n'était pas très bien considéré par ses pères.
20:46Oui, mais à part ça, est-ce que ces maisons trouvent facilement acquéreur ? Quand une
20:52maison a été le réceptacle comme ça de violences extrêmes qui vont jusqu'à la mort,
20:57est-ce que derrière le marché immobilier, elle sourit aux vendeurs ? Rarement.
21:03C'est une bonne question, je vous remercie de me l'avoir posée. Alors j'ai un cas concret,
21:07c'est-à-dire que j'ai un client qui louait une maison dans laquelle il y a eu un crime,
21:10vers Toulouse. Le crime a eu lieu il y a 5 ans, elle est toujours sous scellée,
21:15il ne peut pas la louer, il ne peut pas la revendre, donc il est coincé. Donc ça peut
21:20poser effectivement un problème, et puis je me demande combien vaudrait la maison du Pont-Ligonnès,
21:25par exemple.
21:26Mais elle a été achetée, revendue, revendue, rejetée.
21:30Il faut le préciser par écrit. Légalement, l'agent immobilier doit le préciser par écrit.
21:34Oui, il y a eu un crime. Même un décès.
21:38Insuffisant légalement ?
21:39Pas forcément.
21:41C'est mieux de le dire parce que...
21:42C'est mieux d'informer les acheteurs de toute façon.
21:45Dans un instant, on va continuer de parler de ces maisons maudites,
21:49maudites demeures, d'histoires vraies qui arrivent dans l'immobilier,
21:52et on va rejoindre une femme à l'histoire incroyable. Elle s'appelle Véronique Geoffray.
21:57Un beau jour, elle s'est décidée à acheter un château en vente pour un prix très raisonnable,
22:01le château de Fougeray, vers Poitiers, et elle va y faire une découverte qui va changer sa vie.
22:07On vous raconte tout ça dans un instant sur Sud Radio.
22:14Retour dans l'affaire dans l'affaire sur Sud Radio, une émission en partenariat avec la revue
22:19Affaires Criminelles dont le rédacteur en chef est ici présent. Bonjour Victor Lefebvre.
22:23Jade Serrano également est avec nous.
22:25Oui bonjour.
22:27Re-bonjour, et bien sûr Jean-Marie Bordreau, la voix des matinales du week-end sur Sud Radio.
22:33Nous parlons aujourd'hui des demeures maudites, pas seulement des maisons hantées,
22:37mais des mauvaises affaires aussi, dont parfois un bien immobilier est le lieu.
22:42Notre invité est Bernard Pavlik, auteur de Maudites demeures,
22:48paru aux éditions du Rocher que je vous recommande, et je voudrais à présent
22:52vous raconter avec sa principale protagoniste l'histoire du château de Fougeray.
22:58Une histoire incroyable qui pose la question de savoir si les murs ont de la mémoire.
23:04L'histoire commence par un coup de cœur pour un château médiéval.
23:07Véronique Geffroy, qui poursuit des études d'histoire et qui n'est pas encore doctorante,
23:12mais déjà mariée à François, tombe sous le charme du château de Fougeray,
23:16situé sur la vallée de la Vienne.
23:18Elle le visite en 2009 avec son mari.
23:21Ce château est magnifique, mais il est en ruines, d'où son prix très abordable.
23:26Alors Véronique et son mari cassent la tirelire et commencent des travaux.
23:30Son idée est d'en faire une maison d'hôtes.
23:33Mais par une incroyable coïncidence et des amis généalogistes,
23:37Véronique Geffroy va découvrir qu'elle a un rapport avec ce château
23:40et que certains de ses ancêtres y ont habité.
23:43C'est bien ça Véronique ?
23:45Bonjour, oui tout à fait, c'est bien ça.
23:48Bon, allez-y, allez-y.
23:51Non, en fait nous on a acheté Fougeray en 2009.
23:56C'est vrai qu'on est vraiment tombé sous le charme.
23:59Au tout début, tant qu'on allait en visite, etc.
24:03ça allait bien et à partir du moment où on a eu les clés
24:06et où on était les propriétaires officiels,
24:09là les énergies sont mises à dérailler
24:11et c'est vrai qu'on se sentait super mal dans le château
24:14et on a eu beaucoup de phénomènes.
24:17Moi j'étais pas forcément là-dedans,
24:20je croyais pas forcément à tout ça
24:22et on a vraiment eu des phénomènes incroyables,
24:24des silhouettes, des bruits.
24:27On va y venir, mais je voudrais d'abord faire un petit bond en avant.
24:33Quelques mois plus tard, vous avez découvert que,
24:36on va revenir sur les présences étrangères ou les présences étranges,
24:40mais je voudrais d'abord que vous nous expliquiez
24:42comment vous avez découvert que vous aviez une attache ancienne avec Fougeret.
24:48Alors ça je l'ignorais complètement puisque moi en fait à la base,
24:51je suis parisienne, j'ai épousé un agriculteur du Poitou
24:54et j'ai une amie généalogiste qui a vraiment fait mon arbre
24:59et remonté très très loin.
25:00Et du côté de ma mère, j'ai des liens de sang
25:04avec la famille d'Alice Robin par exemple
25:07et elle est remontée jusqu'au 15e siècle
25:10donc j'ai vraiment des liens avec Fougeret
25:13et je pense qu'on n'arrive jamais dans des lieux par hasard
25:16et finalement ça a un peu crédité ma théorie
25:20qu'en tranche générationnelle, la mémoire des murs
25:23nous rappelle tout le temps qu'on a des choses à réparer sur les lieux.
25:27Alors pour les auditeurs YouTube,
25:30enfin les téléspectateurs YouTube, je ne sais pas comment on les appelle,
25:32les vieux viewers, les vieux viewers, les abonnés qui sont plus d'un million.
25:37Merci Jean-Marie.
25:39On découvre ce château et alors en 2009, vous avez un coup de cœur.
25:43Faut dire que pour les auditeurs,
25:45c'est un rêve de jeunesse pour vous d'acheter un château.
25:49Complètement.
25:49Moi, depuis que je suis toute petite, je voulais vivre dans un château.
25:53Alors évidemment, je ne me rendais pas compte de tout ce que ça allait impliquer
25:58mais c'est vrai que c'était un rêve d'enfant en fait.
26:01Alors ce que vous ne saviez pas du tout,
26:04c'est que vous n'aviez pas d'attache particulière avec la Vienne
26:07mais à Fougeray, vous aviez juste remarqué ce joli château au milieu d'un immense parc,
26:12un peu à l'abandon le parc.
26:13L'ensemble a du charme mais c'est dans un très mauvais état.
26:16Vous allez vous y installer et très rapidement,
26:20vous allez donc ressentir des présences.
26:23Et votre mari aussi.
26:24Au moment où il va aller abattre des cèdres, si ma mémoire est bonne,
26:28il sent une main qui lui tape sur l'épaule.
26:31Enfin c'est très curieux ce qui vous arrive.
26:34En fait, sur le coup, on a cru qu'on était en train,
26:38ça me paraît bizarre, mais de faire une dépression.
26:41Ou alors on avait tellement de soucis, on s'est dit c'est pas possible, on déraille.
26:45François, les premiers phénomènes qu'il a eus, c'était tactile,
26:49c'est-à-dire vraiment quelqu'un qui lui tapait sur l'épaule,
26:51comme il s'est retourné, il n'y avait personne.
26:54Moi, c'était plus des silhouettes que je voyais traverser les couloirs,
26:59des voix aussi.
27:00Quand je rentrais dans le château,
27:02j'avais tout le temps l'impression qu'il y avait une radio qui n'avait pas été éteinte.
27:05Alors, je n'avais pas de radio, je n'avais rien, mais ça parlait, il y avait du brouhaha.
27:09Par contre, je ne comprenais pas ce que ça disait et on a eu...
27:12En fait, ça a été crescendo.
27:14Il y a des bruits aussi, des bruits de talons, des bruits de vaisselle, des voix, vous le disiez.
27:20Et puis ces fameuses silhouettes, alors il y a des gens,
27:24donc vous finissez par avoir l'impression qu'il y a des gens qui vivent à Fougeray
27:29et vous parlez notamment d'une certaine Alice dont vous allez voir la silhouette,
27:34qui est une jeune femme élégante des années 20.
27:38Alors Alice, en fait, moi j'ai une médium, une amie médium,
27:42je ne connaissais pas tout ce milieu, il a fallu que je me renseigne pour avoir des gens sérieux,
27:47qui est venue à Fougeray et qui m'a dit qu'il y a une jeune fille qui est décédée de maladie,
27:51qui est souvent là, qui est encore là en tout cas.
27:54Et c'est vrai que dans cette chambre, on a eu énormément de gens qui venaient
27:59de phénomènes avec des voix de jeunes filles, on a eu des déplacements d'objets,
28:05je ne suis pas la seule à avoir vu des silhouettes, heureusement, sinon je n'oserais pas en parler.
28:09Et Alice, Alice Robin donc, est toujours présente à Fougeray, elle est décédée à 22 ans.
28:15Bon, alors ça c'est grâce à l'intermédiaire d'une médium que vous avez fait venir,
28:20que vous avez pu rentrer en contact avec ces esprits.
28:24Alors ce qui est incroyable, c'est que Sud Radio n'est pas la première radio
28:28à parler de ce château de Fougeray.
28:31Vous avez vous-même publié aussi un livre sur les invisibles de Fougeray.
28:37Ce château est ouvert au public, et pas seulement pour les journées du patrimoine,
28:42et il y a beaucoup de journalistes qui sont venus au château de Fougeray,
28:45et je dois dire qu'il y en a un certain nombre qui sont partis avant le lever du soleil.
28:50Beaucoup d'autres ont témoigné qu'ils avaient ressenti des choses,
28:53donc c'est quand même troublant toute cette affaire.
28:57Oui, franchement, si on avait été les seuls au niveau de la famille à avoir vécu ça,
29:03je n'en aurais pas vraiment parlé.
29:05Heureusement, des journalistes sont venus, des gens qui n'y croyaient pas forcément.
29:10On a même des gens qui nous ont dit « moi je ne viendrai plus à Fougeray,
29:13j'ai vraiment eu trop peur », parce qu'en fait ça dépasse un peu l'entendement tout ça.
29:19Quand on voit des déplacements d'objets, qu'on entend des voix, qu'on voit une silhouette,
29:23intellectuellement on est un peu perdu.
29:25Donc c'est vrai qu'il y a des gens qui étaient complètement en dissonance cognitive,
29:30et on a eu des gens qui sont partis au milieu de la nuit,
29:35mais vraiment en laissant leurs affaires, qui ont vraiment eu peur.
29:38Alors moi j'ai eu très peur au début, et là maintenant je m'y habitue.
29:42Oui, alors c'est ça qui est assez étonnant, c'est que quand on vit dans une
29:46« demeure ainsi habitée », est-ce qu'on arrive à s'y faire ?
29:53Et puis est-ce que ces présences elles sont bienveillantes ou pas du tout ?
29:59Alors, est-ce qu'on arrive à s'y faire ? Oui, j'ai mis du temps,
30:03ça fait quand même 16 ans qu'on est à Fougeray.
30:06J'ai mis beaucoup de temps, je l'ai mis en vente en 2012 d'ailleurs,
30:10parce que je pensais que je ne m'y ferais jamais.
30:12Ah, et là vous n'avez pas croisé Maître Pavlik,
30:16est-ce qu'il est spécialisé dans les questions immobilières et dans les demeures maudites ?
30:19Non, non, si je l'avais mis en vente sous l'effigie d'une demeure maudite,
30:29de toute façon ça a été grillé d'avance parce que la réputation de Fougeray l'avait précédée,
30:34et donc l'agent immobilier, qui était un agent immobilier spécialiste en château sur l'international,
30:39m'a dit, là c'était compliqué en fait pour lui, donc on l'a retiré de la vente,
30:46on s'y est fait, ça a été long mais maintenant on s'y est fait.
30:48Est-ce que les présences sont bienveillantes ?
30:51Sincèrement aujourd'hui, je pense que oui, puisque je sais que ça va paraître extrêmement bizarre ce
30:56que je vais vous dire, mais on fait des séances de spiritisme des fois pour communiquer avec eux,
31:00quand on a besoin d'un conseil, quand on ne sait pas trop quoi faire,
31:05et on a toujours été conseillé avec bienveillance,
31:07et quand je ne les écoute pas finalement, c'est moi qui ai le retour de bâton.
31:11Donc je pense vraiment qu'ils sont bienveillants, de toute façon s'ils avaient été malveillants,
31:15je serais partie.
31:16Il y a Jean-Marie Bordry qui a l'air tout à fait circonspect.
31:20Non mais c'est vrai, je suis très cartésien, alors je vous fais une absolue confiance.
31:24Vous avez l'habité à Fougeray.
31:26Vous avez le plus cartésien des cinq personnes autour de la table qui vous écoutent religieusement
31:30et avec effectivement l'étonnement qui est justifié par l'histoire que vous nous racontez.
31:36Oui, alors il y a aussi une autre présence dont vous avez parlé dans votre livre qui était publié
31:41il y a quelques années chez Michel Laffont.
31:44Je dis quelques années mais ce n'est peut-être pas si ancien que ça,
31:46je n'ai plus la date de parution en tête.
31:48C'est un certain Félix, un homme élégant, une espèce de dandy, c'est bien ça ?
31:54Absolument.
31:55Alors Félix c'est un petit peu, alors je sais que ça peut paraître bizarre aussi,
31:58mais c'est un petit peu mon chouchou.
32:00Et finalement quand vraiment j'ai besoin d'un conseil,
32:03je demande si Félix est là parce que bon je ne veux pas non plus déranger.
32:07Et en spiritisme j'ai des réponses et j'ai passé une période un petit peu de trouble dans ma vie,
32:12ça n'allait pas moralement, je n'étais pas bien etc.
32:14Et j'ai des amis qui ont fait une séance de spiritisme,
32:17Félix est venu et il a dit mais je veux savoir pourquoi Véronique pleure,
32:20il s'inquiétait pour moi.
32:22Alors je sais que tout ça peut vous paraître complètement dingue,
32:26mais mes amis ne savaient pas tout ça.
32:28Donc Félix était vraiment bienveillant avec moi,
32:31il s'inquiétait pour moi.
32:33Et vous savez pour vous répondre, mon mari il est agriculteur,
32:37un agriculteur en bio, il a une ferme.
32:39Et si vous voulez il est agriculteur depuis toujours.
32:42Il a les pieds sur terre, c'est ce que vous voulez nous dire.
32:45C'est quelqu'un qui est très ancré, qui a les pieds sur terre,
32:48qui travaille avec la nature.
32:49Je ne me serais pas permis d'en douter madame,
32:51ni pour vous ni pour lui de toute façon, je vous l'assure.
32:55Non mais c'est vrai et il lui est arrivé des tas de choses.
32:59Moi je l'ai entendu en plus,
33:00votre mari sur une autre antenne, c'est assez incroyable.
33:04Alors on va revenir dans un instant,
33:06on parlera de Félix, on parlera des autres présences
33:10et on va continuer à parler de ces demeures plus ou moins maudites,
33:14en tout cas habitées curieusement.
33:16A tout de suite sur Sud Radio.
33:30Bonjour Stéphane.
33:37Rebonjour également Jade Serrano, journaliste d'investigation
33:40et rebonjour Jean-Marie Bordray.
33:41Bonjour.
33:42Nous parlons aujourd'hui des demeures maudites,
33:44pas seulement des maisons hantées mais des mauvaises affaires,
33:47des affaires dans l'immobilier
33:49qui sont parfois le théâtre de pratiques douteuses.
33:52Notre invité est Bertrand Pavlik,
33:54auteur de « Maudites demeures » paru aux éditions du Rocher
33:57et puis avec nous Véronique Joffroy.
34:00Je rappelle votre histoire, en 2009 Véronique et son mari
34:03vont racheter le château de Fougeray dans la Vienne,
34:06sur la vallée de la Vienne,
34:07un bien beau château dont nous avons vu quelques images
34:09et Véronique va rapidement se rendre compte
34:12qu'elle a un rapport avec ce château très particulier.
34:14Deux de ses ancêtres y auraient vécu.
34:17Mais alors Véronique va aussi s'apercevoir
34:20qu'il y a des présences qui se manifestent
34:22par des bruits étranges de jour comme de nuit,
34:25des silhouettes qui passent.
34:27Et puis Véronique s'est décidée à ouvrir à d'autres
34:31l'expérience de la rencontre avec des esprits.
34:35C'est cela Véronique ?
34:37Tout à fait.
34:37Alors en fait c'était un peu comme une catharsis pour nous,
34:41il fallait absolument qu'on en parle
34:43et on a décidé d'ouvrir les chambres d'hôtes
34:47sur la thématique quelque part de la hantise
34:49en expliquant aux gens peut-être que vous vivrez des choses,
34:52peut-être que vous ne vivrez strictement rien
34:54puisque ce n'est pas non plus un cirque
34:56et ce n'est pas sur commande.
34:58Et c'est vrai qu'on a eu beaucoup de gens
35:01qui sont venus et qui viennent encore
35:03et on a quand même pas mal de témoignages
35:06de gens qui corroborent ce que nous on a vécu.
35:10Alors je voudrais vous poser une question.
35:12Vous dites que ce n'est pas de la science exacte,
35:13ça on s'en doutait,
35:14mais est-ce que vous avez déjà reçu des journalistes
35:19ou des gens déceptiques qui ont passé une nuit profonde
35:24sans rien remarquer d'anormal ?
35:27Ah oui, ça arrive bien sûr.
35:28Alors là, les gens sont déçus.
35:30Alors quand il se passe des choses trop fortes,
35:32ils partent et ils râlent.
35:35Le français est en général toujours mécontent, vous savez.
35:37Le français veut des sensations fortes pourtant.
35:40Mais oui, ils partent parce qu'ils me disent
35:42ouais mais non, on n'a rien eu, c'est dommage.
35:44Donc là, ils sont déçus.
35:46Et quand il y a des choses trop impressionnantes,
35:49ils partent aussi.
35:50Mais bon, en règle générale,
35:52les gens qui viennent,
35:53ils savent à peu près à quoi s'attendre.
35:55On a quand même des fidèles qui reviennent régulièrement.
35:59Ils savent vraiment comment ça marche,
36:02que ça dépend ni de nous ni des gens qui viennent.
36:06Et finalement, c'est en lâchant prise vraiment
36:08qu'on a des choses hyper intéressantes d'ailleurs.
36:11Oui, alors dans cette histoire de communication avec l'au-delà,
36:14vous avez fait venir comme ça des médiums
36:18et vous organisez une fois par mois,
36:19c'est à peu près ça le rythme.
36:21Vous ouvrez votre château à des curieux, c'est ça ?
36:25Oui, alors des curieux.
36:27De toute façon, tous les gens qui viennent sont curieux
36:29parce qu'on a beau dire, c'est très clivant comme sujet,
36:32mais qu'on y croit ou qu'on n'y croit pas,
36:35on sait qu'on va tous mourir.
36:37Ça, c'est une vérité universelle et absolue.
36:39Et de toute façon, tout le monde se pose la question de l'après.
36:42Y a-t-il un après ?
36:44Donc, on a des curieux, des sceptiques.
36:47On a des gens qui y croient à fond.
36:48On a des gens qui sont dans le doute.
36:51On a de tout.
36:52Et en fait, on organise avec des tout petits groupes,
36:55des séances de spiritisme.
36:57On organise des choses comme ça
36:58et on a des résultats des fois extrêmement intéressants.
37:02Donc voilà, après nous, on ne fait pas de prosélytisme.
37:04C'est vraiment pour les gens que ça intéresse.
37:07Oui, alors quand même, on se souvient qu'au début,
37:09quand vous avez acheté ce château,
37:10vous aviez un rêve de transformer ça en maison d'hôtes.
37:13Est-ce que vous n'avez pas, je dirais,
37:15trouvé finalement une martingale intéressante ?
37:19Vous faites venir les gens en disant
37:20qu'il y a ce château qui est habité.
37:22Ça, on pourrait vous le reprocher.
37:23On pourrait dire qu'elle a trouvé une manière
37:25de faire une forme de tourisme de l'étrange.
37:30On me le reproche.
37:31Parce que vous savez, sur les réseaux sociaux,
37:32il y a toujours des haters.
37:33Ça, ils me le reprochent.
37:35Mais peu importe.
37:36Nous, c'est vrai qu'on a choisi cette thématique
37:39parce qu'on l'a vécue.
37:40Et quelque part, au début, enfin au départ,
37:42ça nous faisait du bien d'en parler avec d'autres gens aussi
37:46qui eux-mêmes avaient vécu autre chose
37:48dans d'autres endroits.
37:50Mais bon, si on avait parlé,
37:52je ne sais pas, de la vie de Charles X,
37:53personne ne nous aurait cassé les pieds.
37:55Donc maintenant, je laisse.
37:57Nous, c'est vrai qu'on est très curieux.
38:00On fait beaucoup d'expériences là-dessus.
38:02Moi, je suis restée curieuse et parfois dans le doute.
38:07Et j'estime que le doute est positif
38:08dans le sens où moi,
38:10il n'y a rien qui est dogmatique dans ce genre de discipline.
38:14Donc, je reste vraiment dans le doute.
38:17Je lis beaucoup là-dessus.
38:18Je m'informe.
38:19Oui, vous avez fait des études supérieures.
38:22Vous êtes doctorante en histoire.
38:24En tout cas, tout est à trouve.
38:26Je suis docteur maintenant.
38:27Je ne suis plus doctorante.
38:28Oui, vous êtes docteur même, pardon.
38:30En tout cas, grâce à vous et votre mari,
38:32grâce aux travaux qui ont été entrepris,
38:35vous avez totalement relevé ce château de Fougeray
38:38et vous donnez à la commune voisine
38:40la possibilité d'une véritable attraction.
38:43Ce n'est quand même pas rien ce que vous avez fait.
38:46C'est vrai qu'on est parti la fleur au fusil
38:50avec beaucoup d'inconscience.
38:52Je pense que c'est ce qui nous a sauvés un peu
38:54concernant les travaux
38:55parce qu'il y avait énormément de travaux à faire.
38:57Et je pense que sans nous,
38:59Fougeray serait vraiment en très mauvais état.
39:04Après, Jérémarie, c'est un peu MacGyver,
39:06c'est système D.
39:08On a vraiment restauré Fougeray
39:12en faisant 90% du boulot nous-mêmes.
39:13C'est un sacerdoce posséder un château comme ça.
39:16Complètement, complètement.
39:18Restaurer un château, c'est un sacerdoce.
39:20Alors Jade Serrano, j'aimerais profiter de votre présence
39:24pour dire qu'il y a des arnaques célèbres
39:26avec les esprits frappeurs.
39:27Jade, rappelez-vous cette affaire
39:30qui avait été jugée en 2017
39:31un médium breton qui escroquait des propriétaires
39:34pour désenvoûter leur maison.
39:35Contre 12 000 euros, il n'y allait pas de main morte.
39:38Oui Stéphane, ce désenvoûteur de maison,
39:40nous l'appellerons Jean,
39:42un sexagénaire breton qui se déclarait médium
39:45et qui avait par exemple promis à un futur acquéreur
39:48d'un bouling de désenvoûter le lieu
39:50avant son achat pour la maudite somme de 12 000 euros.
39:54D'autres belles promesses aussi faites par Jean le médium,
39:56cette fois à la propriétaire d'une maison
39:58qui lui a versé seulement 1 000 euros, vous me direz,
40:01pour, tenez-vous bien, nettoyer le champ astral
40:04de son pavillon avant de le vendre.
40:06Mais malheureusement, malgré l'intervention divine de Jean,
40:09la maison ne s'est jamais vendue.
40:11En une année, Jean le désenvoûteur de maison
40:14a ainsi gagné plus de 63 000 euros,
40:17soit 5 300 euros par mois.
40:20Mais c'était sans compter sur les dépôts de plainte
40:22de ses clients déçus et mécontents de ne voir aucun résultat
40:26suite aux interventions de Jean sur leur demeure.
40:29Et voilà, Jean le médium, condamné par le tribunal de Saint-Malo en 2017
40:33pour escroquerie, six mois de prison avec sursis
40:35et il a dû rembourser les anciens clients.
40:38Alors, de votre côté, Bertrand Pablic...
40:40– Mais vous savez, excusez-moi, vous savez que moi on m'a proposé
40:431 000 euros du mètre carré pour virer des fantômes,
40:46c'est à peu près du même truc.
40:47– Oui, alors de votre côté Bertrand Pablic,
40:50vous racontez dans votre livre que des personnes
40:52rachètent des châteaux pour les démanteler,
40:54c'est assez étonnant cette affaire.
40:56– Tout à fait, et la loi française n'est pas très protectrice,
41:01puisque vous avez lu l'histoire, donc vous avez lu ma conclusion.
41:06– Allez, racontez-la, parce que moi je ne suis pas l'ensemble des auditeurs de Super Radio.
41:09– C'est-à-dire qu'en fait, c'est une affaire bien connue d'une japonaise
41:12dans les années 90 qui rachetait des châteaux pour les démembrer
41:15et puis vendre les cheminées, les poignées de porte
41:19à des prix défis en toute concurrence.
41:21Et en fait, il n'y a pas de loi protectrice contre ça.
41:24Il y a une loi du 5 janvier 1988, je vais être légèrement technique,
41:30dite de protection du patrimoine monumental,
41:34en fait qui est une mesure d'incitation fiscale,
41:37c'est-à-dire que si vous héritez de biens comme un château,
41:41avec du bien mobilier, et si vous engagez à le faire visiter au public,
41:45vous bénéficiez de déduction fiscale.
41:49C'est l'article 795 A du code général des impôts
41:51pour ceux qui veulent approfondir la question.
41:53– En revanche, s'il est classé, si le château est classé
41:55monument historique ou même à l'inventaire supplémentaire,
41:57là on ne peut pas le toucher quand même, rassurez-moi.
41:59– Non, on ne peut pas le toucher, c'est ce que…
42:02– Mais le problème, c'est qu'on a tellement de châteaux
42:05qu'on ne les classe pas tous.
42:07Et c'est ceux-là qui sont les cibles des…
42:10Mais vous avez des collections célèbres de comtes et de pères de France,
42:14de châteaux qui ont été démembrés ou qui ont été vendus.
42:17C'est la morale de l'histoire, c'est que dans cette histoire de la japonaise,
42:20elle a été poursuivie simplement pour des raisons de droit des sociétés,
42:25et pas parce qu'elle démembrait les châteaux.
42:27Les juges ne se sont pas du tout intéressés à cela.
42:29– Bon, c'est très bien, c'est très intéressant.
42:31Moi je voudrais demander à Véronique Geffroy en conclusion,
42:34ce château qu'elle avait trouvé dans un bien triste état,
42:38vous l'aviez payé cher, comment ça s'était passé à l'époque ?
42:43– Trop cher pour nous parce qu'on a emprunté sur 25 ans
42:46et que c'était un projet compliqué.
42:48Oui, la banque ne voulait pas suivre, clairement ça a été très compliqué.
42:54Je rembourse encore des emprunts d'ailleurs.
42:57Ce n'est pas tellement le coût en fait,
42:59on trouve des châteaux pour 200, 250 000 euros aujourd'hui.
43:04Je veux dire, ce n'est pas un coût super excessif
43:07par rapport à un appart sur Paris exactement.
43:10Après c'est le coût de l'entretien et des travaux.
43:13Par contre nous, on est ISMH à 100%,
43:17c'est-à-dire inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques,
43:20et je peux vous dire que si je m'amusais à le démanteler,
43:22ça ne se passerait pas tout seul.
43:24Alors il y a peu de châteaux classés,
43:26mais il y a quand même beaucoup de châteaux qui sont ISMH.
43:28ISMH, c'est juste inscrit,
43:30mais simplement l'inscription, la drague se mêle immédiatement
43:34parce qu'elle est au courant des nouveaux propriétaires
43:36et elle se mêle immédiatement à tous les travaux que vous allez entreprendre.
43:40Alors c'est pour ça que ça m'étonne ces histoires de démantèlement.
43:44Bon, eh bien écoutez, le château de Fougeray
43:47est ouvert à tous les curieux qui sont amateurs de grands frissons.
43:51Et je vous rappelle que vous pouvez aller voir la revue de monsieur Lefèvre,
43:55« Affaires Criminelles » qui a été récompensée par le prix des lecteurs
43:58en vous rendant sur le site affaires-criminels.fr.
44:01Et puis je voudrais remercier Bertrand Pavlik et Véronique Giffroy
44:05d'avoir été avec nous.
44:06Vous pourrez retrouver notre émission sur la chaîne YouTube de Sud Radio.
44:09Déjà plus d'un million de followers.
44:12Merci à tous.
44:13Exactement.
44:14La semaine prochaine, on se retrouve samedi à midi.
44:16Tout de suite, Alain Marti nous emmène sur les routes des vins de France.
44:19Mais devinez quoi ? Dans d'autres châteaux, tout simplement.
44:22Eh bien voilà.
44:22Juste après les infos.
44:23Quelle transition.
44:25À tout de suite sur Sud Radio.

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