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Avec Dominique Chargé, Président de la Coopération Agricole

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##C_EST_DANS_L_ACTU_9-2025-02-23##

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Transcription
00:00La fierté de notre modèle économique, c'est aussi de pouvoir en faire un moment de communication
00:06parce que je pense que c'est un moment de communication, de pédagogie d'ailleurs même, je pense,
00:10à l'égard des Français. Et puis moi je voudrais quand même insister sur un point particulier aujourd'hui.
00:15Il y a trois ans quand ce salon s'est ouvert, il s'ouvrait dans une période d'angoisse et de crise majeure qui démarrait
00:21puisque c'était le jour du début de la guerre entre la Russie et l'Ukraine
00:26et finalement où nous prenions conscience de la fragilité, de la vulnérabilité de nos chaînes alimentaires
00:32et donc je voudrais aussi placer ce salon sous l'angle de la reconquête de notre souveraineté alimentaire.
00:37Et cette reconquête, elle commence par nous en fait, dans nos étals précisément
00:41parce qu'un de vos mots d'ordre c'est le patriotisme agricole, notamment pour les consommateurs.
00:45Il faut qu'on recommence à consommer français.
00:48Alors patriotisme agricole, je parle surtout de patriotisme alimentaire.
00:52C'est vrai que nous sommes à un moment peut-être un peu particulier de notre époque
00:57où nous devons prendre conscience aujourd'hui de ce qu'est la nécessité
01:01de bien regarder ce que sont les produits que nous consommons
01:05et moi j'appelle les Français à vérifier l'origine des produits qu'ils consomment
01:08parce que finalement l'alimentation qu'ils consomment est celle aussi qui permet
01:13à l'agriculture de leur territoire de se développer et de vivre de son métier.
01:17Alors c'est toujours difficile parfois quand on en parle aux Français
01:20de savoir, on se dit que tel produit a été fabriqué en France,
01:23parfois il est transformé ailleurs, parfois c'est le contraire.
01:25Est-ce que c'est facile pour un consommateur de s'y retrouver aujourd'hui ?
01:28Un consommateur peut regarder aujourd'hui l'origine du produit qu'il consomme
01:32et on a aujourd'hui un décret qui est passé et qui permet aussi d'afficher les viandes
01:36dans la restauration hors domicile, c'est-à-dire les restaurants, etc.
01:40Ce qui est surtout difficile aujourd'hui, c'est de bien faire comprendre aux Français
01:45cette valeur de leur alimentation et cette valeur de leur agriculture
01:48par rapport à cette question de souveraineté alimentaire.
01:51Les agriculteurs français, ça ne vous a pas échappé,
01:53depuis un peu plus d'un an expriment un malaise majeur
01:57qui s'est d'ailleurs parfois traduit par de l'incompréhension
02:01et même de la colère qu'on peut comprendre
02:04parce que finalement les conditions de production dans notre pays
02:07par rapport à des conditions de production en dehors de nos frontières
02:10sont très différentes.
02:12Alors justement, en quoi c'est différent ?
02:14Est-ce qu'on a trop de normes par exemple en France ?
02:17Est-ce que c'est trop difficile ?
02:18Est-ce qu'on met trop de bâtons dans les roues de nos agriculteurs ?
02:21On s'est mis un certain nombre de contraintes particulières.
02:24La première, de toute façon, nos entreprises comme l'ensemble des entreprises
02:28du monde de la production et de l'industrie
02:32souffrent, je vais le dire comme ça, en tout cas font face
02:35à ce qu'est le fonctionnement particulier de la France,
02:38des prélèvements obligatoires qui sont très forts, des salaires.
02:41Je pense qu'hier, il était mis en évidence la différence de salaire
02:44qu'il pouvait y avoir sur la production de légumes par exemple
02:47entre le Maroc et la France.
02:48Et effectivement, ça n'a rien à voir.
02:50On est à moins d'un euro de l'heure au Maroc
02:53quand on est à 13, entre 10 et 15 euros en tout cas en France.
02:56Donc effectivement, on est sur des standards qui sont extrêmement élevés.
02:59Ensuite, je pense que la France s'est effectivement mis
03:01des standards de production qui sont élevés.
03:03On souffre aussi de surtransposition, ce qu'on appelle,
03:06c'est-à-dire des normes plus rigoureuses en France
03:10que dans le reste de l'Europe et qui nous exposent
03:13à ce qu'on appelle une concurrence déloyale.
03:15Et ça, c'est ce que vous appelez à arrêter, en tout cas à tempérer
03:18justement pour arrêter de ralentir et de mettre des bâtons
03:20dans les roues des agriculteurs.
03:22Voilà, alors on a besoin finalement, ce que je vais appeler,
03:25on a besoin de solutions.
03:26Aujourd'hui, on nous met des injonctions.
03:28Les injonctions, c'est quoi ?
03:29C'est des règlements qui finalement nous empêchent de produire,
03:31nous empêchent d'avoir accès à l'eau, nous empêchent de protéger
03:33nos cultures, nous empêchent de protéger nos animaux,
03:35nous mettent des règles administratives qui nous empêchent
03:37de développer et de moderniser nos élevages.
03:39Donc, nous avons besoin de solutions.
03:40Nous sommes en train de travailler.
03:42Nous avons plutôt une bonne nouvelle d'ailleurs qui est sortie
03:44cette semaine aussi puisque la loi d'orientation agricole
03:46qu'on attendait depuis deux ans consacre particulièrement
03:49dans ses intitulés le fait que l'agriculture soit d'intérêt
03:53majeur pour la nation.
03:55Et le deuxième point, c'est que...
03:56Ça change quoi ?
03:57Parce que ça, c'est un mot, mais vous avez l'habitude
03:59de venir tous les ans au salon de l'agriculture.
04:01Dominique Chargé, tout le monde vous dit que tout le monde
04:03vous aime concrètement.
04:04Tout le monde va vous dire que c'est un intérêt majeur.
04:06Qu'est-ce que ça va changer directement à la fin du mois
04:08pour vos adhérents ?
04:09Non, en l'occurrence, c'est le législateur qui l'a dit.
04:12Et ça veut dire que le législateur, dans la définition
04:14de cette loi, il prend conscience de la nécessité de produire.
04:17Mais je vais y venir.
04:18En fait, cette loi consacre ça et elle consacre aussi
04:20la souveraineté alimentaire.
04:22En revanche, cette loi, effectivement, elle définit
04:24une trajectoire et pour l'instant, elle ne donne pas de moyens.
04:27Ce dont nous avons besoin aujourd'hui, ce sont de solutions
04:29et des moyens.
04:30Nous avons donc d'autres textes réglementaires qui doivent
04:33nous permettre de retrouver des moyens, des moyens
04:35dans l'angle de la compétitivité de nos métiers.
04:38C'est-à-dire comment est-ce qu'on baisse le niveau des normes ?
04:41Comment est-ce qu'on facilite la vie des agriculteurs ?
04:43Pour vendre moins cher.
04:44Pour pouvoir produire.
04:46Surtout, d'abord, pour pouvoir restaurer l'acte de production.
04:50Parce qu'aujourd'hui, si nous ne produisons pas assez,
04:52c'est parce que nous avons trop bridé l'acte de production.
04:55Nous avons trop de contraintes administratives.
04:57Nous avons trop de coûts.
04:58Et donc, nous devons restaurer.
04:59Nous importons aujourd'hui, je le rappelle, 40% des légumes,
05:0350% des fruits, 50% des poulets que nous consommons.
05:06Et on pourrait continuer.
05:07Ça paraît incroyable, d'ailleurs.
05:08Et je voulais y venir précisément.
05:10On est le pays du poulet de Bresse, par exemple.
05:12Comment on explique qu'on importe la moitié du poulet
05:15qu'on consomme en France ?
05:16Parce que, justement, nous nous sommes mis des contraintes.
05:18Ça, c'est le premier point.
05:19Le deuxième point, parce que nous ne produisons plus suffisamment
05:22aussi ce que j'appelle moi l'alimentation cœur de gamme,
05:24c'est-à-dire l'alimentation du quotidien des Français.
05:26On fait trop de haut de gamme ?
05:27On a effectivement trop interprété la montée en gamme
05:31comme étant exclusivement réservée à haut de gamme.
05:33Nous devons aussi produire des produits de qualité,
05:36mais qui correspondent à l'alimentation du quotidien
05:38des Français, ce que j'appelle moi l'alimentation cœur de gamme.
05:40Et pour ça, nous avons justement besoin de pouvoir
05:43restaurer l'acte de production.
05:45Le deuxième point sur lequel, j'insiste quand même,
05:47et je veux y venir, sur lequel nous avons besoin aussi
05:49d'avoir de l'accompagnement, c'est celui de la mise en oeuvre
05:51des transitions.
05:52Oui.
05:53Parce que le fait de restaurer l'acte de production
05:55ne doit pas nous faire renoncer, bien au contraire,
05:57à la mise en oeuvre des transitions.
05:58Les deux, on doit marcher sur ces deux jambes.
06:00Et donc, nous avons là besoin d'un accompagnement particulier.
06:03Et donc, ce que fait cette loi, elle donne la trajectoire.
06:07Maintenant, nous avons besoin de textes complémentaires
06:09pour à la fois restaurer l'acte de production,
06:11lever les entraves, et pour accompagner les transitions.
06:15Voilà ce que j'attends aujourd'hui,
06:16accompagner les agriculteurs dans les transitions,
06:18leur permettre d'avoir l'accès à l'eau,
06:19accès à l'eau, leur permettre de pouvoir avoir
06:21des solutions alternatives à l'utilisation
06:23d'un tranche chimique de synthèse.
06:24On peut terminer par ça d'ailleurs, l'accès à l'eau,
06:26parce que vous êtes sur Sud Radio, on a beaucoup parlé
06:28du problème notamment des dites méga-bassines.
06:32Il est de plus en plus difficile pour les agriculteurs
06:34de faire des chantiers comme celui-ci par exemple.
06:36Est-ce qu'il ne faut pas aussi qu'on cesse de mettre
06:38des bâtons dans les roues de vos collègues dans ce domaine-là?
06:41C'est une évidence.
06:42Je pense qu'il faut que nous réapp...
06:43Le climat change.
06:44Il faut que nous soyons en capacité de réapprécier
06:46notre gestion de l'eau.
06:48Mais il y a un point sur lequel je ne suis pas intervenu
06:50qui est important.
06:51L'autre point qui aujourd'hui est une entrave particulière,
06:54en tout cas un frein particulier à la France, à sa production,
06:56c'est celui du maillon intermédiaire
06:58entre la production agricole et l'alimentation,
07:00c'est l'industrie agroalimentaire.
07:01Nous sommes des coopératives qui transformons
07:03la production agricole pour donner une alimentation
07:05et nourrir les Français.
07:07Ça, c'est aussi un point sur lequel nous devons améliorer
07:10à la fois notre compréhension de la nécessité
07:13de ces usines de transformation,
07:15et ce que nous devons aussi accompagner en modernisation
07:18et en investissement, parce que nous devons aussi,
07:21pour pouvoir avoir une alimentation,
07:23il nous faut à la fois une agriculture
07:25et des usines de transformation.
07:26Exactement.
07:27Et puis après tout, on parle souvent, pour s'en lamenter,
07:29de la désindustrialisation française.
07:31Il ne faut pas que ça touche l'agroalimentaire non plus.
07:33Mais ça l'a beaucoup touché depuis 20 ans.
07:35Et il faut donc là aussi réindustrialiser
07:37au cœur de nos territoires
07:39cette industrie agroalimentaire française.
07:41Allez, un mot pour terminer.
07:42Vive le patriotisme alimentaire, chers amis.
07:44Consommez français, quelle que soit la gamme d'ailleurs.
07:47Quelle que soit la gamme, absolument.
07:49Nous devons pouvoir fournir aux Français
07:51l'ensemble de l'alimentation qu'ils souhaitent consommer.
07:53Allez, restez avec nous.
07:54On est ensemble jusqu'à midi sur Sud Radio.
07:56On a le temps de reparler de tous ces produits,
07:58notamment que vous produisez tous.
08:00Alors les coopératives, avec Daddy pour le sucre,
08:02par exemple, Dossi, je le redis, paysans bretons.
08:04Et puis les produits parfois plus confidentiels
08:06ou aussi plus haut de gamme.
08:08On va parler de tout ça jusqu'à midi sur Sud Radio
08:10dans la plus grande ferme du monde.
08:11À suivre, la colère agricole.
08:13Vous l'évoquiez, Dominique Chargé, il y a quelques instants.
08:15Est-ce qu'elle est retombée ou pas ?
08:16C'est la question qu'on va poser à Véronique Leflocq,
08:18juste après le journal de 8h, de 9h, pardon,
08:21puisque c'est la présidente de ce syndicat.
08:24On la retrouve juste après les infos,
08:25à tout de suite sur Sud Radio.

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