Améliorer la résilience des territoires des Hauts-de-France face au changement climatique : Replay de la conférence technique territoriale du 25 mars 2025
https://www.cerema.fr/fr/actualites/ameliorer-resilience-territoires-hauts-france-face-au
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00:00aussi très important et prégnant aujourd'hui avec les phénomènes de sécheresse qu'on
00:06peut rencontrer dans notre région et dans d'autres régions de France.
00:11Voilà la mine, ça fonctionne, on est content ?
00:14Oui, bonjour à tous, désolé pour ce problème.
00:18Est-ce que vous m'entendez ? On te passe la parole.
00:22Bon, je vais juste partager mon écran.
00:26Est-ce que vous voyez ma présentation ? Oui, très bien, on t'entend bien, donc tu
00:44peux commencer.
00:45Très bien, et bien bonjour à tous, merci pour cette invitation pour vous présenter
00:51nos travaux sur les solutions de développement face à l'évolution du phénomène de retrait
00:56de gonflement des sols argileux sous l'effet du changement climatique.
00:59Je vais commencer cette présentation par l'effet marquant post-2015, puisque le phénomène
01:15ce n'est pas ce qu'on découvre aujourd'hui, c'est un phénomène qui est très connu,
01:19documenté en France et ailleurs, puisque ça concerne aussi d'autres régions dans
01:23le monde liées à la nature des sols argileux, mais ce qu'on constate en France, en tout
01:29cas, c'est l'accélération ou l'accentuation de ce phénomène post-2015, donc on va constater
01:36d'abord l'expansion de la sécheresse qui impacte d'autres ouvrages et infrastructures,
01:42ça veut dire que ça ne touche plus que les maisons et les routes qu'on peut considérer
01:47comme des structures légères, ça peut toucher aussi des ouvrages en terre, ça peut être
01:52des digues, ça peut être des barrages, ça peut toucher les pistes cyclables, ça peut
01:55toucher aussi les voies ferrées, et dans les routes, jusqu'ici on étudie les routes
02:01départementales, mais ça peut toucher aussi les routes nationales et les autoroutes dans
02:05certaines configurations.
02:06Donc il y a ce premier aspect d'expansion sur d'autres types d'ouvrages, ensuite on
02:12va avoir une expansion géographique aussi de l'exposition au retrait gonflement, ce
02:16qu'on va remarquer aussi c'est par exemple les trois régions dans l'Est, le Grand-Est,
02:22Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté, qui ont vu le coût de la sécheresse sur
02:30les maisons individuelles multiplié par 10 depuis 2015, on va avoir aussi le nombre
02:37de maisons et de bâtiments potentiellement très exposés qui aujourd'hui est estimé
02:41à plus de 12 millions sur un total de quasiment 20 millions, on va avoir aussi la sécheresse
02:47qui devient la catastrophe naturelle la plus coûteuse ces dix dernières années, ça
02:51veut dire que depuis l'intégration de la sécheresse dans le régime catastrophe naturelle
02:55en 1989, c'était l'inondation qui était le premier poste d'indemnisation, aujourd'hui
03:03donc depuis les dix dernières années, donc post 2015, c'est la sécheresse qui coûte
03:08le plus cher.
03:09On voit aussi la sécheresse qui s'étend progressivement sur toute la France et les
03:13projections à l'horizon 2050 et 2100 montrent aussi que tout le territoire sera concerné
03:17à ces horizons, et puis on va avoir aussi une expansion verticale, ça veut dire que
03:24la dessiccation des sols a tendance à se propager en profondeur, peut atteindre des
03:28profondeurs de 3 mètres, aujourd'hui on le mesure déjà à 3 mètres, mais ça peut
03:31aller au-delà.
03:33Et puis, comme événement de référence, on prend la sécheresse 2022, qui en termes
03:39de réduction de l'indemnisation, c'est un régime de catastrophe naturelle de 6 milliards
03:43d'euros.
03:44Quand on regarde aussi l'évolution du nombre de maisons, de bâtiments qui sont exposés
03:54à ce phénomène, on voit ici les chiffres qui sont en vigueur, les derniers chiffres
03:58en vigueur datent de 2021, mais c'est une mise à jour par rapport aux premiers chiffres
04:03de 2017.
04:04On voit déjà qu'on a atteint plus de 54% du parc en France qui est potentiellement
04:09très exposé de manière forte ou moyenne au rétrogonflément.
04:15Et puis à droite, vous avez un exemple de la région PACA entre ces deux années, entre
04:202017 et 2021, on voit l'évolution ici.
04:23Donc en bleu, c'est les logements qui sont en aléas faibles et en rouge, c'est les
04:27logements qui sont en aléas moyens ou forts, et on voit l'évolution entre 2017 et 2021
04:33avec une augmentation du niveau fort au moyen de 250 000 logements à un million.
04:39Donc ça a été multiplié par 15.
04:42Et vous voyez la répartition ici en termes de cartographie, et ici en répartition en
04:46termes de département.
04:47Pour étudier l'évolution de ce phénomène sous l'effet du changement climatique, c'est
04:56quelque chose que nous on mesure à la fois à l'échelle du terrain avec des stations
05:01d'instrumentation.
05:02Les stations d'instrumentation, ça mesure à la fois les paramètres météorologiques
05:05pour justement caractériser les sollicitations hydriques, mais ça mesure aussi l'habilitation
05:10des sols avec des capteurs de tenons en eau, de suction qu'on met dans le sol pour justement
05:14voir l'impact des sollicitations hydriques et du changement climatique par rapport au
05:21comportement du sol.
05:22Mais on le fait aussi à l'échelle du laboratoire avec des essais sur des échanges
05:27de sol où on simule des cycles défavorables, répétés, déréglés aussi, de sollicitations
05:32hydriques et de voir comment le sol réagit, et donc ça permet de caractériser ce phénomène
05:39et cette évolution et cette accentuation avec ce genre de données.
05:44Donc l'impact de la sécheresse sur les maisons et les routes, ça c'est quelque chose qui
05:50est documenté depuis plusieurs années, on le voit ici les maisons individuelles construites
05:56sur des sols argileux, donc elles vont subir les déformations du sol, essentiellement
06:01pendant les périodes de sécheresse, le sol va se rétracter et donc on a une dessiccation
06:05qui fait bouger la structure de la maison à travers ces fondations.
06:10Mais on va avoir aussi les facteurs de l'environnement proche qui sont la gestion de l'eau, donc
06:16ça peut être lié à une mauvaise gestion de l'eau autour du bâtiment et puis la
06:19présence de la végétation qui par l'action racinaire accentue cette dessiccation.
06:25Au niveau des routes, c'est pareil, c'est comme si on remplaçait l'ouvrage bâtiment
06:28par une route et là on va retrouver les mêmes facteurs, le sol qui se déforme est sujet
06:33à ce phénomène et puis les facteurs de l'environnement proche, les accotements
06:37qui sont larges et donc qui respirent et donc on a une évapotranspiration, une dessiccation
06:41importante et puis la végétation qui borde les routes par les racines accentue cette
06:47dessiccation.
06:49Donc un accent quand même sur les facteurs de l'environnement proche puisqu'on a
06:54tendance peut-être à y passer rapidement, mais il faut savoir que l'action des facteurs
07:00de l'environnement proche peut être plus importante que celle même du sol qui se rétracte
07:05et gonfle par l'action des sollicitations hydriques et donc il est important de le rappeler.
07:13Essentiellement c'est comment on gère l'eau autour de notre ouvrage et comment on gère
07:18la présence de la végétation autour de notre ouvrage et donc l'une des conséquences
07:25de la mauvaise gestion des eaux est une photographie que vous voyez ici à droite, par exemple
07:29ici autour des maisons on a l'habitude de mettre un gravier, enfin du gravion de propreté
07:36pour circuler, pour éviter de se salir, sauf que ça c'est préjudiciable parce que ça
07:41permet une infiltration d'eau à certains endroits critiques puisqu'on est à proximité
07:45des fondations et donc on a de l'eau qui s'infiltre quand il y a de la pluie, l'eau
07:50s'infiltre préférentiellement à cet endroit là jusqu'à saturation et jusqu'à ce que
07:55vous voyez ici par exemple, ça forme carrément une piscine à côté des fondations et ça
08:01c'est un phénomène qu'on appelle l'effondrement hédoré-mécanique, ça veut dire que le sol
08:05argileux est tellement gorgé d'eau que par le fait du poids du bâtiment ça s'enfonce
08:11et donc ça bouge et ça fissure et pendant l'été, là on ne le voit pas sur la photo
08:16directement mais on a des fissures dans le sol, c'est parce que justement il a l'habitude
08:19d'être saturé à cet endroit là et quand on a une période de sécheresse on va avoir
08:25des fissures, des crevasses qui s'ouvrent au niveau de cet endroit et vous voyez que
08:29déjà ce garage est étayé parce qu'il menace aujourd'hui de s'effondrer.
08:35Dans les recommandations pour justement éviter de subir ces facteurs de l'environnement
08:42proche et surtout réduire la vulnérabilité de son bâtiment, ce qu'on préconise c'est
08:47qu'il y a des situations, par exemple la terre à remponte, de prévoir de gérer l'eau
08:51de ruissellement pour éviter qu'elle aille s'infiltrer au droit des façades et donc
08:56à proximité des fondations.
08:58On peut aussi imaginer une imperméabilisation
09:02périmétrique de la maison, pourquoi ? Parce que justement c'est cette zone qu'il faudrait
09:07protéger de l'évapotranspiration, de la dessiccation importante, donc ça peut éloigner
09:11la dessiccation au-delà de l'imperméabilisation et protéger le sol sous fondation.
09:17Le tout c'est de garder un état hydrique équilibré, le plus équilibré possible pendant
09:23ces variations saisonnières et ces variations climatiques de précipitation et de sécheresse.
09:30Ensuite sur les facteurs de la végétation et de la gestion des eaux, à commencer par
09:35la vérification de ces réseaux, des réseaux vitustes et qui présentent des fuites, ça
09:40peut amener une eau indésirable à proximité des fondations.
09:44Donc faire un diagnostic des réseaux, les rénover si nécessaire et donc si on les
09:51rénove, le mieux c'est de les écarter par rapport au droit des façades pour prévenir
09:57les fuites demain.
09:59Concernant la végétation, donc supprimer toute végétation en proximité directe du
10:05bâtiment et des fondations parce que l'action routinaire a tendance à accentuer cette
10:09dessiccation.
10:10Et puis quand c'est possible, même les haies qui font office de clôture, il faudra
10:16les remplacer par d'autres types de clôture avec d'autres types de matériaux parce
10:22qu'il ne faut pas les négliger, même les haies ont un pouvoir de suction importante
10:25et peuvent causer des dommages.
10:27Ensuite sur le contexte des routes, ce que je vous disais tout à l'heure c'est que
10:34le CRMA travaille sur cette thématique depuis plusieurs années et on voit ici une expérimentation
10:40climat de 2009 où un demi profil de chaussée a été instrumenté avec des capteurs jusqu'à
10:454 mètres de profondeur justement pour identifier quelles sont les zones critiques qui subissent
10:50cette dessiccation et cette sécheresse et donc on le voit ici à travers ces cartographies
10:54que la dessiccation commence au niveau du sol sous accotement et a tendance à se propager
10:59vers le centre de chaussée mais sans l'atteindre ce qui nous permet théoriquement de tracer
11:04ce graphique en bas de zones desséchées donc par symétrie on la retrouve aussi de
11:09l'autre côté.
11:10Et puis une zone protégée, enfin protégée c'est plutôt une zone avec un état d'équilibre,
11:14un état hydrique équilibré qui reste à peu près stable du fait de l'imperméabilisation
11:21apportée par la couche de roulement et donc on voit que la zone la plus touchée c'est
11:28à proximité des ports de chaussée et donc on retrouve ce genre de fissure et ce genre
11:31de tassement différentiel et donc ça c'est important parce que ça va nous orienter dans
11:36le choix de traitement qu'on peut mettre en place en l'optimisant, ça veut dire qu'en
11:41traitant ces zones desséchées en priorité et ne pas aller par exemple faire un traitement
11:46au niveau de la zone protégée, ça permet une économie, une efficacité dans le traitement.
11:52Ensuite donc là je passe sur le troisième point qui est les solutions concrètement
11:56qu'on développe au CRMA, donc vous avez ici pour les maisons individuelles un procédé
12:01qu'on appelle MAC, maison confortée par modification, qu'on expérimente depuis
12:062016 au CRMA sur une maison, d'abord une première maison habitée et sinistrée entre
12:122016 et 2020, puis une maison et une autre maison sinistrée et habitée aussi entre
12:192021 et aujourd'hui, donc le suivi se poursuit encore aujourd'hui. Le principe de ce procédé
12:24c'est de se dire, le sol sous fondation, le sol de fondation se dessèche pendant la
12:30période de sécheresse, comment je peux lui apporter le niveau d'eau nécessaire là
12:34où il faut pour rééquilibrer son état hydrique et donc dans ce cas là on a ce schéma
12:39de principe, on récupère les eaux de pluie pendant les périodes humides, on les stocke
12:43dans une cuve et pendant la période de sécheresse on a des capteurs qui nous indiquent quand
12:48le sol est sec pour justement déclencher l'apport de l'eau et donc réhydrater le
12:53sol au niveau du sol sous fondation pour rééquilibrer son état hydrique et éviter qu'il bouge
12:59avec l'huile à la fondation. Donc les résultats de la première maison que vous avez ici à la
13:07fois en termes de dessiccation des sols, donc là c'est les périodes de sécheresse, c'est les
13:11courbes avec plusieurs couleurs que vous voyez ici, avec le niveau d'eau, le volume d'eau
13:18nécessaire pour rééquilibrer l'état hydrique pendant toute la période de sécheresse que chaque
13:23année de 2017 jusqu'à 2020 et vous voyez que par exemple c'était en 2018 on a eu besoin
13:28de 4 m3 total pour justement stabiliser les dommages existants sur la maison et donc
13:36concrètement comment cela agit sur les fissures existantes. Vous avez ici en rouge une courbe
13:40d'une fissure qu'on a suivie, donc quand ça baisse ça veut dire qu'elle se referme et quand ça monte
13:46ça veut dire qu'elle se rouvre et concrètement au niveau des périodes humidifiées, ce qu'on va
13:51constater c'est que la fissure a tendance à se rouvrir et grâce à la stabilisation hydrique du
13:56sol on arrive à la maintenir stable donc elle ne se rouvre pas davantage et donc elle ne s'aggrave
14:01pas. Ce qu'on constate aussi c'est qu'on n'a pas d'apparition de nouvelles fissures par rapport
14:05à ce qu'on a déjà instrumenté. Donc hors de ce premier résultat on va dire, on travaille
14:12aujourd'hui sur comment reproduire ce dispositif à grande échelle, à l'échelle nationale et
14:19surtout comment le simplifier avec des travaux de recherche et développement comme par exemple
14:24comment, une des questions qui s'est posée c'est comment je peux m'affranchir de ces capteurs dans
14:28le sol. Ces capteurs ça a un coût, il faut les installer, il faudra les entretenir, donc comment
14:33on peut simplifier davantage le procédé qui est d'ailleurs très accessible économiquement, en tout
14:40cas à ce stade expérimental par rapport aux techniques de confortement classique, injection
14:44de résine ou micropieux. Et puis donc les résultats, ici vous avez les résultats de la deuxième maison,
14:50là en termes de niveau de dessiccation, je vous ai parlé tout à l'heure d'une sécheresse 2022
14:55exceptionnelle, donc ça c'est quand on a mis en place le dispositif, la dessiccation peut atteindre
14:59ce niveau là, donc la capacité maximale du capteur et pendant la sécheresse 2023 et 2024, grâce à la
15:06réhydratation du sol, on arrive à limiter l'effet de cette dessiccation et donc que le sol ne subisse
15:14pas des déformations qui impactent la stabilité de la maison. Je vous ai parlé de caractère
15:23reproductible à l'échelle nationale, c'est sur quoi on travaille aujourd'hui avec le groupe COVEA,
15:27qui regroupe les trois marques MMA, MAF et GMF, et donc on va tester, on va reproduire ce même
15:35procédé MAC sur plusieurs millièmes de maisons à travers la France, pour justement à la fois
15:41vérifier la reproductibilité, est-ce que je le teste dans une autre région, dans un autre climat,
15:46une autre nature des sols, un autre type de bâtiment, est-ce que ça marche, et puis ça nous
15:51permet de collecter les données pour la partie développement, simplification, pour s'approcher
15:57à des capteurs demain. Je passe donc maintenant des maisons aux routes, et aux routes on a mis
16:04en place depuis 2017 un observatoire des routes sinistrées par la sécheresse, qui consiste à
16:08expérimenter des solutions sur des portions de routes. Donc on l'a commencé en région de
16:13Centrale-Val-de-Loire, avec les départements qui sont cités ici, avec un bilan que vous voyez ici,
16:18avec plus d'1,9 million d'euros dépensés, à la fois en mi-tude, en travaux, en instrumentation,
16:24et donc le principe c'est sur cinq ans, expérimenter une technique sur une route,
16:31et de la suivre sur au moins trois périodes de sécheresse, pour essayer d'analyser ce caractère
16:41de durabilité du traitement, puisque dans le contexte du changement climatique, ce qu'on doit
16:46rechercher, c'est la pérennité des traitements et des solutions qu'on met en place. Donc jusqu'ici,
16:52on a mis en place un nombre d'expérimentations, de solutions, qui sont placées selon la catégorie
17:01de la solution, qui est définie par sur quoi on agit. Quand on agit sur la structure de chaussée
17:08pour la renforcer, donc la solution de catégorie 1, on peut retrouver les solutions des joailleries,
17:13on peut retrouver le compost syrène, qui en temps normal est utilisé sur les sols compressibles,
17:19mais là on a fait, à la demande du département, une expérimentation sur le retrait gonflement.
17:24Solution de catégorie 2, donc là on va agir davantage sur les facteurs de l'environnement
17:30proche, donc tout ce qui est accotement, tout ce qui est fossé, tout ce qui est végétation aussi,
17:34qui est bord de la route, avec par exemple des écrans verticaux, des écrans anti-racines.
17:38On a essayé avec une profondeur maximale de 2,50 m, et puis on a essayé aussi l'étanche
17:45éducation des accotements, horizontale des accotements, avec conduit de surface et avec
17:50géomobrain. On a essayé aussi l'injection de résine expansive, comme un rideau, comme un voile
17:57étanche verticale au niveau de l'abordure de chaussée. Et solution de catégorie 3, donc là on agit
18:03directement sur les causes du phénomène sur le sol argileux, avec des solutions de produits
18:11phydéco-chimiques, pour essayer justement de réduire cette sensibilité de l'argile vis-à-vis
18:16des variations de telons. On a essayé le remédiaqué de l'entreprise Keller, et puis on a essayé aussi
18:21la bio-cimentation de l'entreprise Minusol. Comme retour d'expérience aujourd'hui, je vous ai parlé
18:27de l'écran anti-racines jusqu'à 2,50 m de profondeur. Voilà comment on l'a mis en place, avec une
18:32géomobraine. Vous le voyez ici avec un schéma de principe, de la géomobraine qui est descendue à
18:37travers une tranchée qui a été faite avec une pelle mécanique, et puis un retour sur 50 cm
18:43qui a été pour l'encastrement de la géomobraine, pour éviter justement qu'elle glisse, et avec les
18:48mouvements du sol. Ce qu'on a constaté, c'est plusieurs choses. Déjà un, sur la méthode de mise en
18:54oeuvre. Au niveau de l'encastrement, on a observé une cassure nette au niveau de la bordure de chaussée.
18:59Donc dans un contexte argileux, il ne faut surtout pas encastrer, il faut surtout essayer de voir comment
19:05avoir une souplesse dans la mise en place d'un traitement, d'un confortement qu'on met en place.
19:10Et puis la profondeur de 2,50 m n'a pas suffi, parce que ce que vous voyez ici, c'est à côté de
19:16cette zone boisée. Ailleurs, on n'observe rien, comme dommages ou déformations. Dès qu'on rentre
19:23au niveau de cette zone boisée, on voit ici la mine rouge, on va remarquer des fissurations,
19:28des tassements différentiels importants, et des déformations importantes. Donc ça veut dire que
19:342,50 m n'est pas suffisant, et les écrans des racines, généralement, d'ailleurs dans la littérature,
19:39c'est écrit, les racines peuvent atteindre 4 m, 5 m de profondeur d'action racinaire. Donc si on
19:45ne met pas des écrans anti-racines jusqu'à ces profondeurs-là, ça ne peut pas être efficace,
19:49parce que les racines vont trouver le moyen de passer en dessous. Ensuite, je vous ai parlé
19:54aussi de l'étanchéification horizontale des accotements. Donc on a essayé les deux techniques,
19:58avec géobrand et avec un enduit de surface. C'est la solution dont tout ce qu'on a expérimenté jusqu'ici,
20:04le panel que je vous ai montré tout à l'heure, c'était la solution la plus économique et la
20:08plus efficace qu'on a analysée aujourd'hui. Elle est en analyse depuis 2019, donc on a un retour
20:16d'expérience sur des sécheresses importantes comme celle de 2020 et celle de 2022. Jusqu'à
20:20aujourd'hui, on n'observe aucune déformation, aucune fissuration au niveau des deux routes,
20:26des deux portions de routes confortées différemment. Pourquoi ? Parce que tout simplement, l'intérêt de
20:32cette étanchéification, c'est d'éloigner, si vous vous rappelez le diagramme que je vous ai montré
20:36tout à l'heure sur les zones desséchées, les zones protégées, d'éloigner la zone desséchée le plus
20:40vers l'accotement, à l'extérieur du sol sous-chaussée, pour protéger justement la chaussée. Donc voilà,
20:49c'est ce qu'on a mis en place avec un sandwich ici que vous voyez. Par exemple, la géomembrane,
20:53on a dékissé sur 35 cm, on a mis une GMP, on a mis une géomembrane et on a recouvert de
20:58terre végétale pour justement reproduire l'état naturel de l'accotement. Et au niveau des fossés,
21:05ce qu'on a fait, c'est qu'on les a reprofilés pour faire juste une simple cunette d'évacuation,
21:10éviter que le fossé soit profond, parce que pour un fossé profond, s'il y a une surface d'avantage
21:16qui évapotranspire. Donc ça, c'est le résultat qu'on a observé. L'étanchéification horizontale
21:26ne va pas empêcher le sol de subir la dissipation, mais va permettre de la réduire là où on veut,
21:32dans les zones vulnérables. Et puis ça n'a pas nécessité, c'est des zones boisées,
21:38ça n'a pas nécessité de mettre en place des écrans anti-racines, ça suffit uniquement
21:41avec l'étanchéification horizontale. Et ça, c'est un résultat très important. Donc ça,
21:46c'est l'autre étanchéification avec un enduit de surface, vous le voyez ici, de la GMP,
21:50du calcaire pérannulométrique 0,4 ou 0,6 sur 5 cm, couche d'apréniation et de la terre végétale
21:57de nouveau, avec un reprofilage des fossés. Et on a observé exactement le même phénomène,
22:02ça veut dire qu'on arrive à réduire à la fois la durée de dissipation du sol et puis la zone
22:08de dissipation, donc l'éloigner pour protéger la structure de chaussée. Donc ça, c'est un
22:13comparatif sur les deux techniques, sur les années de 2020 jusqu'à 2022. Et on voit aussi
22:20l'impact de la sèche-ferme 2022, puisqu'on a une dissipation plus importante comparée par exemple
22:25à 2020 ou encore 2021, qui n'est pas vraiment réellement une année de sèche-ferme. Donc
22:32aujourd'hui, sur ces démarches, on a élargi le dispositif à l'échelle nationale, et vous le
22:37voyez ici. Donc on travaille avec les collectivités, avec les départements essentiellement, dans les
22:43différents types du CRMA, pour justement expérimenter, mais aussi faire de l'auscultation,
22:48par exemple au département du Nord, c'est ce que font mes collègues en Haute-France,
22:55avec le département du Nord, avec d'abord une première période de diagnostic ou d'état des
23:00lieux et d'auscultation. Et ensuite, donc là, je pense qu'ils sont déjà rentrés dans la phase
23:05de travaux pour expérimenter des solutions de confortement. Et donc ailleurs, on expérimente
23:11soit les mêmes solutions, mais dans un autre contexte, soit on expérimente d'autres types
23:15de solutions pour en réussir, c'est le retour d'expérience à l'échelle nationale. Et je vais
23:21finir juste par ce point avec des projets de recherche, nouveaux projets de recherche qu'on
23:26a remportés, qu'on va mener au CRMA avec nos partenaires, sur la compréhension à la fois
23:32de l'évolution du phénomène, mais aussi sur la recherche de solutions et qui orientait le bâtiment,
23:37qui est porté par France 2030 et qui est piloté par l'ADEME. Donc un premier projet César avec
23:42le BRGM, et un deuxième projet CFRGA avec l'Agence qualité de construction, Fondasol,
23:47l'Université d'Orléans et le cabinet d'expertise. Donc rapidement sur le projet César, l'idée c'est
23:53de créer un réseau de stations d'instrumentation qui mesure le taux de distillation des sols qui
23:57n'existent pas aujourd'hui. Aujourd'hui vous avez uniquement des mères stations de météo France
24:01qui mesurent l'humidité des sols, uniquement à 30 cm de profondeur et qui sont toutes localisées
24:06à côté de Toulouse. Donc l'objectif de ce projet c'est de créer un réseau à l'échelle nationale,
24:12France métropolitaine, avec une cinquantaine de sites qui mesure à la fois la météo et l'humidité
24:19des sols jusqu'à 2 mètres de profondeur, pour alimenter à la fois un outil, donc tout sera dans
24:25le bien commun, ça veut dire que toutes ces données, tous ces résultats seront acceptables à la fin
24:30du projet, via un outil qui nous permet d'avoir le niveau, de connaître le niveau de dessiccation
24:35des sols en temps réel et en quantité. Donc ça c'est à la fois pour faire de la prévention mais
24:40aussi pour faire de l'adaptation, ça veut dire pour justement par exemple appliquer le dispositif
24:45MAX sur des sites qui sont exposés, qui sont instrumentés avec ces stations César.
24:53Sur le projet TFRGR, on va plutôt rechercher des solutions pour deux volets, à la fois préventif
24:59et à la fois remédiation. Donc préventif, on va tester des solutions, des procédés sur des
25:04maisons qui sont exposées mais non sinistrées, donc pour justement voir est-ce que ces procédés
25:09sont préventifs ou pas. Et puis sur les maisons exposées et sinistrées, on va tester de nouveaux
25:14procédés, comme par exemple l'ajout de sable et de sel au niveau du sol et l'injection de
25:20lait de chou, qui permet de réduire la sensibilité de ces sols à ce phénomène. Et donc on va procéder
25:27par analyse, par différentes échelles, à l'échelle du laboratoire, à une échelle intermédiaire qu'on
25:32va développer et à l'échelle insecure, directement au niveau de l'ouvrage, on va tester ces solutions
25:36à la fois sur le volet préventif et remédiation. Et je vous remercie pour votre attention.
25:48Merci Lamine. Est-ce qu'il y a des questions ?
26:01Oui bonjour, merci pour cette présentation. J'ai juste une question de curiosité, c'est pour les
26:06projets, les tests que vous faites in situ, comment vous recrutez les sites qui
26:12sont volontaires pour ces expérimentations ? Merci pour cette question. Alors c'est vrai que
26:20tout ce qui est travaux in situ, instrumentation, expérimentation, on a besoin de sites pilotes.
26:25Quand c'est des routes, ce que je vous ai montré, c'est les départements avec lesquels on est en
26:30partenariat, on signe une convention recherche et développement, et donc on identifie les
26:36sites sur les maisons, sur la base soit de remonter de propriétaires qui nous indiquent qu'il met à
26:44disposition sa maison pour expérimenter telle ou telle solution, soit dans les cadres des projets
26:50César et SFRGA, on va avoir besoin de plusieurs sites, de plusieurs dizaines de sites, et là on
26:57va aller directement auprès des collectivités. Il y a des collectivités qui nous contactent pour
27:01dire que nous on est prêt à mettre à disposition à la fois des bâtiments publics de la
27:05collectivité, mais aussi des maisons de propriétaires qui sont d'accord pour devenir un
27:10site pilote, soit nous on va aller solliciter, parce que ça dépend de la localisation
27:15géographique, tel ou tel territoire qui nous intéresse, si on n'a pas une collectivité qui
27:20nous a contacté, on va aller les voir pour demander si on peut avoir des sites pilotes dans cette vie.
27:25D'autres questions ?
27:31Bonjour, merci pour la présentation. En termes de gestion de l'eau, on conseille de plus en plus
27:46de désinfermabiliser et d'aller vers les solutions fondées sur la nature et sur la végétalisation,
27:52et du coup ça m'interpelle beaucoup par rapport à la présentation et à cet enjeu RGA. Est-ce que
28:00dans le cadre de vos travaux, vous intégrez cette dimension-là et l'impact aussi des solutions sur
28:09le cycle de l'eau ? Alors en effet c'est une vraie question aujourd'hui, à toutes mes présents mes
28:16interventions posent la question sur le paradoxe des imperméabilisations, donc imperméabilisation
28:23au niveau localisé, autour de la maison, au niveau des accotements des routes, et puis à la végétation
28:30aussi, suppression de la végétation qui est trop proche des ouvrages, et puis en parallèle par
28:35politique de végétalisation pour réduire les élots de chaleur urbain et tous les bénéfices qu'on a.
28:42Je dis juste que chaque cas est un cas étudié dans son contexte, dans son environnement proche,
28:48par exemple chaque maison est un cas particulier, chaque route est un cas particulier, chaque site
28:52est un cas particulier, et donc quand on propose ce genre de solution, ce n'est pas pour généraliser
28:58sur des surfaces importantes, là pour les maisons c'est vraiment un trottoir périphérique d'un mètre
29:03cinquante de large, au niveau des accotements c'est en fonction de la largeur des accotements,
29:08donc on ne généralise pas ça, par exemple sur les routes on ne demande pas à supprimer, à couper
29:13les arbres qui bordent les routes, on essaye de trouver d'autres solutions, même d'ailleurs pour
29:17les arbres qui sont dans la parcelle, on essaie de les conserver, on travaille aussi sur comment on
29:21peut concilier présence de la végétation et réduction de l'impact de la dessication au niveau
29:27des fondations, on y travaille aussi, mais si je reviens sur l'autre côté, sur les politiques de
29:33végétalisation et de désinferméabilisation, je dis juste attention, vigilance, quand on est sur
29:38des contextes de sols argileux, à bien le prendre en compte, parce que ça peut engendrer des
29:44conséquences sur les ouvrages, les aménagements qui sont à proximité, donc il faut bien étudier,
29:49prendre en compte le ERGR quand on fait une politique de désinferméabilisation et de végétalisation.
29:54Bonjour, merci, j'aurais une petite question aussi sur le procédé, vous avez parlé de l'expérimentation
30:11de la réhydratation ciblée en période de sécheresse, et là on vient de faire plein
30:15de présentations sur la pression sur la ressource en eau, au regard du changement climatique,
30:21donc là aussi ça me semble une solution qui risque d'avoir encore une pression supplémentaire sur la
30:28ressource en eau dans les années à venir ? Alors nous, dans le dispositif Mac aujourd'hui,
30:36on utilise l'eau de pluie, donc l'eau de pluie qu'on récupère pendant les périodes de précipitation,
30:39donc c'est pour ça qu'on a une cuve de stockage, et donc on y pense aujourd'hui sur la ressource en
30:47eau, comment on peut trouver une alternative à cette ressource en eau, parce que justement la
30:51ressource en eau sera réflite, et puis il y a des zones géographiquement qui n'ont pas un niveau de
30:58précipitation important pour remplir justement les stocks nécessaires pour réhydrater le sol pendant
31:03toute une période de sécheresse. Donc aujourd'hui le prototype qu'on a développé avec cette
31:09ressource en eau de pluie, mais on travaille sur trouver une alternative, et parmi les alternatives,
31:16il y a le recyclage des eaux usd, et on pense tout de suite au niveau des maisons, aux eaux grises,
31:21qui sont localement présentes, donc il n'y a pas besoin d'aller faire du transport, mais il faut
31:28travailler sur comment les filtrer sur place pour avoir une eau infiltrable dans le sol sans
31:32provoquer de pollution, donc ça on y travaille aujourd'hui. Oui, Jean-Raphaël Chacques, Météo
31:41France. Lors d'une présentation que j'avais faite, j'avais présenté le risque de retrait
31:46gonflement d'argile, et j'avais eu des questions de la part d'un bailleur social. J'avais dit qu'il
31:53y avait des solutions techniques opposées à ce risque-là, et qu'il fallait prendre ces précautions-là.
31:59Est-ce que, et lui il semblait dire que eux, bailleurs sociaux, ils n'avaient pas l'air très au courant du
32:05risque, et ils n'avaient pas l'air d'avoir vraiment des contraintes en termes de construction, donc je
32:11voulais savoir s'il y avait un traitement différent entre l'habitat collectif, l'habitat individuel,
32:18et s'il y en a un qui est plus sensible que l'autre, et en fait qu'est-ce qu'on a devant nous
32:25pour un peu contraindre à ce que ce risque-là soit traité, parce que si on continue à construire
32:31sans en tenir compte, on se prépare, devant nous c'est les 70 prochaines années, et donc ce qu'on
32:38construit aujourd'hui, c'est ce qui subira les contraintes dans 70 ans. Juste pour répondre à la
32:46question, est-ce qu'il y a des habitats plus vulnérables que d'autres ? En fait, ça dépend de la nature du bâtiment.
32:50Si vous prenez un bâtiment de niveau max, on est sur des fondations superficielles,
32:57donc plus sujettes à ces déformations du sol. Si on est sur un bâtiment de plusieurs étages,
33:03le système de fondation est fait de telle sorte à reprendre facilement ces déformations liées
33:09au retrait gonflement, donc c'est pour ça qu'on parle pas de bâtiment de plusieurs étages quand
33:13on parle de RGA, on parle d'un bâtiment qui peut être une maison habitée, un habitat, soit un bâtiment
33:18public, une école primaire par exemple, et qui sur deux niveaux, tout dépend de son système de
33:23fondation, peut être concerné. Ensuite, sur le volet 9, donc la construction 9, il y a l'article 68 de la
33:31loi Élan qui est entré en vigueur en 2020, qui était censé justement réduire la sinistralité liée au
33:36retrait gonflement à l'avenir. Aujourd'hui, il y a deux choses, telle qu'il est appliquée, il y a une
33:43obligation soit de faire une étude de sol pour mieux caractériser les sols en place et donc
33:47mieux dimensionner les fondations, puisque c'est de ça dont il s'agit, et puis soit suivre des
33:54mesures forfaitaires. Donc il y a le choix qui est posé aujourd'hui et tout ce qui est facteur
33:59environnement proche, c'est des recommandations, ça veut dire que c'est à chacun, soit il est informé,
34:04sensibilisé, il va prendre en compte et il va le faire en même temps que le dimensionnement des
34:08fondations, soit il n'est pas sensibilisé, il n'est pas informé, il le fera pas parce que c'est un coût
34:12supplémentaire. Mais si on lui explique que ce coût vaut mieux le dépenser tout de suite pour
34:18éviter d'avoir des dommages et avoir par exemple des bâtiments qu'il faut déconstruire plus tard
34:25parce que ça ne vaut plus rien, donc le choix sera vite fait, mais encore faut-il faire ce
34:32travail d'information et de sensibilisation. On n'y est pas encore, il faut encore en parler,
34:36il faut encore sensibiliser. Donc on le voit, il y a la réglementation qui évolue pour
34:42réduire la sinistralité, mais il y a ce qui se passe sur le terrain. Et ce qui se passe sur le
34:46terrain, c'est si on ne commence pas par informer, sensibiliser, on ne peut pas atteindre cette
34:52volonté ou cet objectif de réduire la sinistralité. On a des retours d'expérience de bâtiments qui
34:57sont construits récemment, même en 2020, et qui subissent des dommages RGA, ce n'est pas normal,
35:05mais parce que justement il manque l'information, il manque la sensibilisation, il manque aussi la
35:10prévention RGA. Très bien, il n'y a plus de questions. Merci beaucoup Lamine. Merci à tous.