Améliorer la résilience des territoires des Hauts-de-France face au changement climatique : Replay de la conférence technique territoriale du 25 mars 2025
https://www.cerema.fr/fr/actualites/ameliorer-resilience-territoires-hauts-france-face-au
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00:00Je vais accueillir Florian Boutor du syndicat Mix Baie-de-Somme
00:05Grand littoral Picard, directeur de l'aménagement
00:08et de la prévention des risques,
00:11qui va nous parler de résilience et d'anticipation
00:13du changement climatique sur le littoral de la Somme.
00:17Merci beaucoup.
00:30Bonjour à tous.
00:32Florian Boutor, syndicat Mix Baie-de-Somme,
00:33Grand littoral Picard.
00:35En effet, je vais vous parler de la démarche
00:38qu'on appelle aujourd'hui résilience territoriale,
00:40que nous portons sur toute la façade maritime littorale
00:44du département de la Somme
00:45et que nous avons engagée il y a une dizaine d'années.
00:49A l'époque, on ne parlait pas de résilience,
00:52mais on l'avait appelée stratégie littorale
00:54et sur laquelle nous poursuivons le travail.
00:56Alors d'abord, quelques diaporamas, c'est moi qui les passe.
01:00Donc voilà.
01:01Tout simplement pour présenter le territoire,
01:05on est effectivement sur cette façade littorale
01:08du département.
01:09On a aujourd'hui 18 communes littorales,
01:113 EPCI qui sont un peu réparties en tranches,
01:15qui partagent en transversalité ce littoral
01:19qui représente 100 000 habitants
01:22et qui, depuis 2018,
01:23nous ont transféré la compétence Gemapi.
01:27On agit dans ce cadre,
01:29sachant que notre syndicat mixte préexistait
01:32et a été créé il y a maintenant 50 ans
01:37pour, je dirais, concilier environnement, écologie.
01:41On est gestionnaire de milieux naturels,
01:42gestionnaire de la réserve nationale de la baie de Somme
01:45et aménagement.
01:47On est aussi aménageur du territoire,
01:49que ce soit sur des études un peu prospectives,
01:53sur la démarche Grands Sites de France, par exemple aussi,
01:56où on porte aussi des opérations d'aménagement opérationnel
02:01de type ZAC, etc.
02:02Et donc, depuis 2018, la Gemapi,
02:05mais les questions du littoral avaient été anticipées
02:08depuis une douzaine d'années.
02:11Alors 100 000 habitants sur l'ensemble des 3 EPCI.
02:14Sur la façade littorale,
02:15on a à peu près 30 000 habitants en zone inondable
02:19et donc directement concernés par la Sumer-Soumarie.
02:22Ensuite, on est plutôt, sur cette façade littorale,
02:25sur une faible densité d'urbanisation,
02:29des petites stations balnéaires, pas plus de 3 000 habitants,
02:32bien sûr, de vastes espaces naturels et agricoles,
02:36quelques ports,
02:38et par contre, un impact économique très important
02:41là, à l'échelle du département,
02:42puisque, bien sûr, une économie touristique importante.
02:47Je l'ai dit, en tout cas, c'est un territoire
02:49qui est très concerné par les enjeux écologiques.
02:52Et là, on a un peu tous les différents zonages,
02:55mais aussi les zones de gestion écologique qu'on peut gérer
02:58avec un partenaire particulier,
03:01en particulier avec le Conservatoire du littoral,
03:03mais également avec d'autres.
03:05Je ne vais pas plus loin.
03:07Alors, avant de regarder les risques sur notre territoire
03:10et puis les solutions qu'on a abordées,
03:12nous, on a l'habitude aussi de rappeler
03:14que c'est un territoire qui évolue, qui a toujours évolué,
03:17un territoire en mouvement,
03:19et donc, il faut bien avoir ça en tête.
03:20Alors, bien sûr, en haut,
03:22on est plutôt à la grande échelle, plus de 1 000 ans,
03:25mais aussi que c'est un territoire qui a une culture
03:28et qui a développé historiquement
03:30un savoir vivre avec l'eau, je dirais.
03:33Et là, on a un zoom sur la partie sud,
03:36mais en tout cas, on voit en rouge
03:37ce qu'on appelle chez nous les ranclatures,
03:39donc, en tout cas, les différents ouvrages
03:40qui, successivement, ont été construits
03:43pour gagner des terres sur la mer.
03:44C'est aussi ça, l'histoire du territoire.
03:46Mais également, pour se dire que les digues,
03:50donc, aujourd'hui, ici, sur un système d'endiguement,
03:53on en a 4 à l'échelle du territoire,
03:55les digues qui nous protègent, la plus récente est de 1830,
03:58et c'est celle qui fonctionne encore aujourd'hui.
04:03Sur les enjeux historiques,
04:04là, j'ai une diapo plus sur un site urbain,
04:06je vais passer rapidement, mais j'y reviendrai
04:08parce que je vais développer un petit peu ce qu'on y fait.
04:11En tout cas, c'est aussi important de se rappeler
04:12qu'y compris les installations urbaines,
04:15là, c'est une zone urbaine, Mers-les-Bains-le-Tréport,
04:17avec, au milieu, un port assez important
04:20qu'on voit en pointillé noir.
04:23En tout cas, sont installées, là aussi,
04:25sur des zones d'eau, de marais et de rencontres
04:28entre les eaux continentales, les eaux maritimes.
04:34Là, c'est quelques photos des risques qu'on peut connaître.
04:37Bien évidemment, la sumer sous-marine,
04:39c'est quelque chose qui est aujourd'hui très fréquent,
04:41quasiment, les images qu'on a ici,
04:43c'est des choses qu'on voit quasiment annuellement
04:45en l'occurrence au Crotoy ou à Cahiers-sur-Mer.
04:48On a également des problématiques de recul du trait de côte.
04:51En bas, une côte à falaises avec Holt,
04:54où le schéma parle de Nième en sentant un fort recul,
04:59chose qu'on a aussi sur la partie nord,
05:01où c'est plutôt un massif dunaire,
05:04mais avec des forts enjeux de recul du trait de côte.
05:07Et puis, l'inondation, c'est maritime et fluviale.
05:12Et je pense que c'est aussi l'intérêt
05:14des 2 présentations qu'on a vues avant.
05:16Les 2 aléas sont différents.
05:18Ils sont gérés différemment, mais par contre, ils se combinent
05:20et il faut gérer les 2 en même temps.
05:24Quelques autres exemples ici en 90.
05:27Alors, bien évidemment, le constat, en effet, on vit avec,
05:32on a l'habitude de gérer ces événements courants.
05:34Le changement climatique vient là-dessus
05:35et donc, évidemment, ça nous interroge.
05:38Et donc ici, en bleu, finalement, l'ensemble des zones basses,
05:42c'est-à-dire l'ensemble des zones qui, s'il n'y avait pas ces digues,
05:44seraient submergées, les 30 000 habitants
05:46dont je parlais tout à l'heure.
05:48Donc, bien sûr, l'importance de ces digues,
05:49de ces systèmes d'endiguement.
05:53Des enjeux de recul du trait de côte,
05:54il y a du plus, il y a du moins, c'est un vrai sujet en soi
05:57et ça, on commence, je dirais, maintenant seulement à l'aborder,
06:00mais c'est un sujet d'avenir qu'il faut bien sûr combiner
06:03puisque le recul du trait de côte
06:05va aussi devoir être combiné avec les aléas fluviaux, maritimes.
06:09Et puis se dire aussi qu'on a la particularité
06:12d'avoir un territoire assez...
06:13un linéaire de côte assez conséquent,
06:16donc des linéaires de digues très conséquents également
06:19et une densité d'habitation un peu faible,
06:21donc forcément aussi des choix à un moment à faire,
06:23en tout cas, une contrainte forte sur les coûts d'entretien.
06:27Alors, la démarche qu'on a portée,
06:30démarrée il y a une dizaine d'années, stratégie littorale.
06:33Chez nous, c'est important de se dire...
06:35Alors maintenant, on l'appelle résilience
06:37et c'est beaucoup plus facile d'en parler,
06:40notamment avec la définition qu'on a faite,
06:42le céréma avec la boussole de la résilience,
06:44telle qu'on l'a approchée à l'époque, c'était de se dire,
06:46il faut que ce soit aussi... C'est un sujet de risque,
06:48mais il faut que ce soit un projet de territoire
06:51et un projet porteur qui, quelque part,
06:56apporte des solutions, bien sûr, à la gestion des risques,
06:58mais à toutes les autres problématiques
06:59que peut rencontrer le territoire.
07:02Et donc, pour construire cette stratégie,
07:05c'est d'abord ce travail-là qui a été fait avec les élus,
07:08avec, bien sûr, toutes les modélisations
07:10des impacts hydrauliques, etc.,
07:11mais aussi avec une analyse des enjeux socioéconomiques
07:14du territoire,
07:16de ces perspectives en matière notamment d'habitat, etc.
07:22Et donc, un projet partagé, d'adaptation,
07:27qu'ensuite, on va venir progressivement
07:30traduire en plan d'action.
07:31Et là, on va parler de PAPI,
07:32dont on a déjà parlé ce matin,
07:34plan d'action de prévention des inondations,
07:36qui va porter cette stratégie.
07:38Donc là, on a un synoptique très simpliste
07:41de la stratégie du territoire,
07:43qui, ensuite, est décliné par entité géographique
07:46très précisément,
07:48qui est de se dire que, évidemment,
07:51je ne sais pas si ça fonctionne, en tout cas, sur la partie haute,
07:53on voit bien des zones urbanisées
07:55où, là, il va falloir protéger.
07:58Et nos digues de fin du 19e siècle ne suffisent pas,
08:01donc, forcément, un investissement important à prévoir.
08:05Se dire également que, sur les zones moins urbanisées,
08:09donc, là, c'est matérialisé plutôt au sud,
08:12l'enjeu d'avoir des zones tampons,
08:15de redonner de la place à l'eau, à la mer,
08:17et de le travailler correctement, c'est un sujet complexe,
08:20mais, en tout cas, de pouvoir reculer des digues.
08:22Donc ça, c'est l'approche vraiment ouvrage.
08:24Et puis, l'importance d'adapter les enjeux derrière,
08:28donc, bien sûr, adapter les enjeux urbains,
08:31travailler sur ce qu'on appelle la réduction de la vulnérabilité,
08:35mais pas que, également, les exploitations agricoles, etc.
08:39Et également, dès aujourd'hui,
08:42travailler à ce qu'on appelle la recomposition spatiale,
08:45en tout cas, la relocalisation d'un certain nombre d'équipements,
08:50voire, demain, aujourd'hui, on n'y est pas encore,
08:52mais voire demain, d'éléments d'habitation
08:55ou de quartiers ou de villages qui ne pourront plus rester,
08:59sachant, comme je le disais, que 30 000 habitants en habitat diffus,
09:02ça ne se relocalise pas,
09:03et donc, ça ne peut pas être la seule solution,
09:05même si c'est parfois celle qu'on entend.
09:07Ce n'est pas viable.
09:10Donc, bien sûr, tout ça est traduit dans un plan d'action
09:15avec des axes importants, comme dans tous les papilles,
09:17sur la connaissance du risque,
09:19et sur le littoral, il y a vraiment des besoins de connaissances,
09:21sur le partage de cette connaissance aussi
09:25avec la population, les scolaires,
09:28sur l'alerte et la gestion de crise,
09:31sur la surveillance, etc., ainsi que sur des travaux.
09:36Alors, je vais ensuite présenter un peu plus précisément
09:39certaines actions,
09:41mais simplement se dire aussi que cet outil papille,
09:44c'est aussi un outil puissant pour travailler, je dirais,
09:48en partenariat, bien sûr, avec l'Etat dans sa diversité,
09:52mais aussi pour mobiliser du financement,
09:54puisque là, on a celui du 1er programme
09:56qu'on vient de terminer,
09:58où on était sur 35 millions de budget,
10:02et finalement, un reste à charge, entre guillemets,
10:04aux blocs communales, c'est-à-dire aux EPCI communes,
10:06de l'ordre de 20 %,
10:07c'est-à-dire que sur des montants comme ça,
10:08on arrive à aller chercher,
10:11en tout cas jusqu'à aujourd'hui, 80 % de subventions,
10:14et on arrive à mobiliser l'ensemble des partenaires.
10:17Le second programme qu'on est en train de terminer d'écrire
10:20est sur 65 millions d'euros, donc plus conséquent que celui-là,
10:24puisqu'on a fait plutôt pas mal d'études au 1er papille,
10:27et on va accélérer en travaux, on l'espère,
10:30et on arrive encore, a priori,
10:32notamment à avoir des financements à peu près équivalents,
10:36avec une mobilisation plus importante du FEDER,
10:39je le souligne, sur ce 2e programme.
10:42En termes d'action, très rapidement,
10:43mais en tout cas, la question de la connaissance
10:46et donc d'avoir des partenariats scientifiques
10:47pour suivre les évolutions,
10:49mais aussi des lieux de diffusion,
10:51donc on a créé en haut une salle de sensibilisation
10:54dans un musée qui s'appelle la Maison de la Baie de Somme,
10:56qui nous appartient également.
10:58On a un travail avec les scolaires qu'on mène régulièrement.
11:02Bien sûr, se muscler en matière de surveillance,
11:04d'outils de prévention et de gestion de crise,
11:08et donc, notamment, bien sûr,
11:10on participe à la démarche du PMCO et du BRGM
11:14qu'on a eue juste avant.
11:16On a fait un travail approfondi
11:19pour la prise en compte du risque de l'urbanisme,
11:21notamment dans le cadre de l'appel à projets nationaux
11:24à NEL-CEREMA.
11:25Donc on a, les 3 dernières années,
11:27beaucoup travaillé avec le CEREMA,
11:29alors à la fois pour reformuler notre projet de territoire socle,
11:35puisque c'est vrai que dans les papilles,
11:36on est vite à des documents de 200, 300 pages.
11:39On a fait l'effort de le reformuler en 20 pages,
11:42de le partager, bien sûr, avec les élus,
11:44et surtout de lancer un certain nombre
11:46de ce qu'on appelait de démarches exploratoires
11:49qui vont nourrir notre savoir-faire local,
11:52mais même au national, je pense qu'il faut se dire
11:54que c'est des sujets sur lesquels on débute un peu,
11:58en tout cas sur lesquels on n'a pas d'outils efficaces rapidement
12:02pour travailler des sujets de rééquilibrage
12:05et donc de développement de rétro-littoral,
12:07des sujets de relocalisation, c'est ce qu'on voit en dessous,
12:10d'abord plutôt d'équipement touristique,
12:13camping, hôtel, voire habitation à halte,
12:17ou plus en haut à droite,
12:19des sujets de prise en compte du risque,
12:22de solutions constructives en zone inondable,
12:24c'est-à-dire comment mieux construire en zone inondable
12:27ou comment adapter le bâtiment.
12:29Ce sont des démarches exploratoires
12:30qui ont porté quand même un certain nombre de fruits
12:32et font avancer globalement le territoire.
12:37Bien sûr, un axe que je pense est assez connu,
12:39qui est l'axe 5 du PAPI,
12:41réduction de la vulnérabilité,
12:43qui sont là des diagnostics individuels
12:46proposés aux propriétaires, aux locataires ou aux entreprises,
12:50et on voit dans la réunion publique en bas à gauche
12:52qu'il y a un fort intérêt,
12:56notamment suite aux inondations de l'année dernière,
12:58avec 600 diagnostics réalisés aujourd'hui.
13:02Le passage aux travaux est un petit peu plus compliqué,
13:04je n'y reviens pas,
13:05mais en tout cas, c'est des diagnostics entièrement financés
13:08et des travaux qui sont financés à 80 % pour chacun.
13:13On a ensuite un certain nombre d'actions opérationnelles
13:20de plus ou moins grande importance
13:21et de plus ou moins grande complexité,
13:23mais en tout cas, ici, des sujets en haut à droite
13:27avec des pieux expérimentaux,
13:28des systèmes de pieux pour retenir le galet.
13:32En bas, un projet de renforcement de digreos, de digues,
13:38conjoint à une dépoldérisation partielle
13:42d'un périmètre de 25 hectares qui se développe.
13:45On a plusieurs projets comme ça qui sont en cours
13:49et par contre très complexes
13:51sur le volet administratif et réglementaire,
13:55des protections urbaines comme ici au Crotoy.
14:04Ensuite, si on a encore un peu de temps,
14:07on a proposé de développer un peu plus
14:11une démarche de résilience urbaine sur une zone urbaine,
14:16Mers-les-Bains-le-Tréport, qu'on porte actuellement.
14:21Bien sûr, un territoire concerné par diversité
14:26de risques d'inondations, submersions, ruissellements,
14:30qui a connu ce type d'inondations
14:34deux fois par le passé, de débordements.
14:38Et en fait, sur cette approche-là,
14:41c'est une zone urbaine, pour le coup, assez dense.
14:46On a fait le choix de missionner, bien sûr,
14:50des bureaux d'études en hydrologie
14:52qui ont mené à ce moment-là de modélisation,
14:55mais de missionner en mandataire
14:58un groupement plutôt urbaniste-paysagiste,
15:00c'est-à-dire de donner la main
15:04plutôt à l'aménagement de la ville
15:09en intégrant, bien sûr, les enjeux hydrauliques
15:11plutôt que l'inverse.
15:13Et c'est la 1re fois qu'on le faisait
15:15et ça a donné des résultats assez intéressants,
15:18donc, bien sûr, avec des modélisations
15:21qui intègrent également les effets du changement climatique,
15:24puisqu'on estime, chez nous,
15:25que ce qui est aujourd'hui une tempête décennale
15:28sera dans 50 ans...
15:30Enfin, ce qui est aujourd'hui centenal
15:31sera décennal dans 50 ans.
15:34Une évaluation des impacts,
15:35et puis un travail avec les élus
15:39pour trouver des solutions avec deux grands curseurs.
15:42La résistance qui serait plutôt des solutions
15:44de monter des murs ou des protections,
15:46des digues autour de cet espace, de cette ville.
15:50Ou la résilience,
15:52où là, on va plutôt chercher des solutions
15:54où on laisse rentrer l'eau dans cet espace urbain,
15:58mais par contre, où on la gère.
16:00Et bien sûr, le scénario qu'on a retenu,
16:03c'est une combinaison des 2 outils,
16:08mais plutôt axé majoritairement, en tout cas, sur la résilience,
16:13le fait de rehausser éventuellement la dite qui est en rouge ici.
16:18Ce sera pour plus tard.
16:19Aujourd'hui, on arrive...
16:22En tout cas, on a prévu un schéma d'aménagement hydraulique
16:29qui va s'installer dans l'espace public, essentiellement,
16:31puisqu'on a sur ces secteurs-là,
16:33notamment sur la partie portuaire
16:35et sur la partie prairie qui est au centre,
16:38de grandes zones qui ne sont pas vides.
16:40On a des stades de football,
16:41on a des stades de football, on a des terrains de tennis,
16:44on a des stades d'équipement,
16:46mais qui vont être mobilisés pour gérer le risque
16:50et donc passer d'une situation sans aménagement en haut
16:54à une situation aménagée en bas.
16:57Il y a ensuite, bien sûr, le travail de l'urbanisme,
17:00du paysagiste aussi sur les enjeux écologiques.
17:02On voit qu'on peut créer des milieux intéressants.
17:06Et un projet qu'on est actuellement en train de développer
17:09au stade d'avant-projet.
17:10On est assez avancé.
17:12En tout cas, le volet hydraulique a été complètement abouti
17:16pour maintenant passer à la partie conception,
17:21avec, de fait, un grand aménagement urbain et paysagé.
17:27Il y a à la fois porteuse, bien sûr,
17:31de choses d'amélioration du cadre de vie pour la commune,
17:35mais finalement aussi qui revient,
17:38puisqu'on a retrouvé ces photos historiques,
17:40au fonctionnement qui préexistait,
17:43c'est-à-dire que cet espace qui a été progressivement
17:46complètement aménagé, remblayé,
17:48finalement, historiquement, on voit bien
17:50que c'était d'ores et déjà une prairie décaissée
17:54et qu'elle avait cet usage-là.
17:58Voilà un exemple de...
18:01En tout cas, le projet n'est pas réalisé.
18:03Il est encore complexe.
18:05On parle d'un aménagement de 15 millions d'euros,
18:07mais en tout cas, je trouve qu'il permet de montrer
18:09une manière d'aborder le risque de manière...
18:13avec l'ingénierie et une réponse,
18:15mais aussi de manière positive pour le territoire
18:17et porteuse d'aménités nouvelles sur la commune.
18:23...
18:36Merci beaucoup.
18:37Est-ce qu'il y a des questions ?
18:39...
18:44Oui ?
18:45...
18:53Merci beaucoup pour cette présentation très éclairante.
18:56J'avais une petite question par rapport, justement,
18:58au choix de construction slash démolition.
19:02Est-ce que vous avez fait le choix, justement,
19:04sur certains espaces de démolir, en fait,
19:08et de rendre à la nature volontairement ?
19:11Et comment ça se passe, en fait ?
19:15Alors, je pense qu'on n'est pas tout à fait
19:17dans les mêmes caractéristiques que chez vous,
19:20dans le sens où, chez nous,
19:21ça serait vite des zones très, très étendues.
19:24Aujourd'hui, les seuls choix, très clairement,
19:27de recul de digue, parce que ça va se traduire comme ça,
19:29ça concerne plutôt des zones agricoles.
19:31Alors, il y a notamment une ferme,
19:35qui, d'ailleurs, n'est plus tellement habitée,
19:36mais enfin, c'est une zone agricole.
19:39Et sinon, ça va être...
19:40Enfin, oui, c'est des champs, essentiellement,
19:42des reculs de digue sur les champs.
19:44Par contre, là où on souhaite maintenant avancer,
19:48c'est sur la localisation d'un camping.
19:50Enfin, on a deux volontaires, un camping et un hôtel,
19:52qui souhaitent, eux, être, non pas démolis,
19:54mais en tout cas, relocalisés.
19:56Et plutôt sur un travail d'accompagnement.
19:59Et en tout cas, par rapport à cette question-là,
20:03aussi parce que, historiquement,
20:04ça a été travaillé chez nous, à Holt, au bord des falaises,
20:07où ça, je peux en dire quelques mots,
20:09je pense que c'est intéressant, où, il y a une dizaine d'années,
20:11il y a eu plutôt une démarche un peu descendante
20:13dans le cadre d'un appel à projet national
20:16qui s'appelait relocaliser les biens et les personnes.
20:18On avait été comme une teste pour, justement,
20:21anticiper ces choses-là.
20:23Et du coup, on avait développé toute une stratégie,
20:27une concertation avec la population en disant
20:30que la falaise va reculer, il va falloir se déplacer.
20:32Et vraiment, ça a été plutôt un fiasco.
20:35En tout cas, on n'avait pas du tout eu d'adhésion,
20:38voire même, ça a posé des problèmes politiques
20:42qu'on a encore aujourd'hui, des oppositions, etc.
20:46Et donc, aujourd'hui, on travaille un peu différemment,
20:48c'est-à-dire qu'on essaie d'anticiper,
20:51dans nos stratégies foncières,
20:53c'était une des expérimentations,
20:54comment on anticipe dans nos stratégies foncières
20:56en rétro-littoral du foncier,
20:59ou en tout cas des friges, des secteurs de projets
21:01qui pourront demain accueillir de nouveaux projets.
21:05Donc, on travaille plutôt à anticiper ça.
21:09Et pareil, à l'échelle d'Holt, d'ailleurs,
21:11on a créé une ZAC où on va construire du logement.
21:14On sait qu'on pourra en construire par anticipation,
21:16mais sans dire que c'est lui, lui, lui, lui,
21:19ou tel et tel quartier qui va déménager,
21:23parce que ce serait contre-productif,
21:25et aussi parce qu'en tout cas, chez nous, c'est un peu trop tôt.
21:27C'est-à-dire que soit tout le monde est concerné,
21:31parce que si on enlève une digue,
21:32l'eau va se déverser un peu partout,
21:36soit tout le monde est concerné, soit c'est un peu trop tôt.
21:38Et dans l'idée de se dire,
21:40notamment sur le recul de falaises,
21:42que par contre, assez vite,
21:43il y a eu un éboulement en 2023, donc ça commence assez vite,
21:48par contre, il y aura des volontaires, sans doute.
21:50Il y a des gens qui vont revenir nous voir en disant,
21:52mais attendez, le risque commence réellement à arriver.
21:56Et donc, je suis volontaire pour entrer dans une démarche de projet.
21:59On commence à en avoir, y compris des agriculteurs.
22:02Très récemment, on a un agriculteur qui m'a dit,
22:05notamment en lien avec le plan de prévention de risques
22:09qui empêche un certain nombre de développement de l'exploitation,
22:12y compris sa mise aux normes, etc.
22:14Justement, on a étudié son cas dans une des démarches exploratoires
22:17à temps des solutions qui permettraient de...
22:21Pas vraiment, donc lui, il nous dit,
22:22maintenant, j'aimerais bien être relocalisé.
22:26Ou des habitants aussi qui commencent,
22:29le long de l'OTI, on en parlait, en tout cas,
22:31pas encore les habitants, mais le maire qui commence à dire,
22:34le long de l'OTI, ça devient très, très dangereux,
22:37et donc, allons-y.
22:39Je ne sais pas si j'ai totalement répondu,
22:40mais en tout cas, dans la démarche, c'est déjà travailler à comment faire
22:44plutôt que cibler des personnes,
22:47parce que ce qu'on avait voulu faire à l'époque,
22:50c'est identifier un certain nombre d'habitations à relocaliser.
22:53Finalement, ça ne fonctionne pas, on ne sait pas le faire.
22:56Il faut anticiper plutôt que d'avoir une approche trop descendante,
23:03je pense, comme ça qu'on travaille mieux.
23:08Oui ?
23:16Oui, j'avais une question peut-être un petit peu naïve,
23:19mais on est bien d'accord sur le fait que la désimperméabilisation,
23:22c'est vraiment la solution contre la lutte des inondations,
23:25mais quand on traite de submersion où c'est la mer et où il y a du sel,
23:28comment, justement, quand on renature,
23:30les plantes, en général, elles réagissent
23:32vu que là, c'est du sel et elles n'aiment pas trop ça ?
23:35Comment ça s'articule ?
23:37Il y a deux manières.
23:39Il y a un sujet sur lequel on est actuellement réellement confronté,
23:45c'est sur un sujet réglementaire.
23:46C'est-à-dire qu'en effet, quand on va travailler un recul de digue,
23:49on va laisser rentrer de l'eau salée sur des milieux de zones humides douces
23:53et donc on va radicalement changer le milieu
23:56et donc détruire une certaine biodiversité,
23:58même si une autre va s'installer.
24:00Ça, au plan réglementaire, ça reste compliqué.
24:02Je pense que ce n'est pas le sens de votre question,
24:04mais c'est un sujet.
24:06Ensuite, en ville, c'est un peu différent.
24:10Je pense qu'il n'y a pas vraiment d'enjeux.
24:15Sur les milieux naturels, ce n'est pas tout à fait ma spécialité,
24:18mais les écologues diront qu'en effet, il y aura une perte de biodiversité
24:22quand on va faire rentrer de l'eau salée.
24:24C'est indéniable, même s'il y a autre chose.
24:27Se posant enfin la question de l'agriculture,
24:32des exploitants agricoles.
24:33Là, on a plusieurs niveaux de discours.
24:35On a parfois une parole agricole qui nous dit qu'il faut nous protéger
24:39parce que ce serait très difficile si on a l'eau salée qui rentre.
24:46Et une autre, notamment quand on parle de prévention de risque,
24:48qui nous dit qu'on a déjà été inondé en 91,
24:52on sait ce que c'est, on a mis du gypse, etc.
24:54Et au final, c'est un an, voire deux ans de perte de récolte,
24:59mais ça s'est bien passé.
25:01En tout cas, on a certains témoignages dans ce sens-là.
25:05Donc, en tout cas, la réponse, c'est surtout de s'adapter,
25:08d'anticiper et donc de prévoir une agriculture, une architecture
25:12ou une biodiversité qui soit la moins impactée possible
25:15le jour où ça se produira.
25:16Et là, une des réponses, c'est notamment l'élevage.
25:20En tout cas, bien sûr, des cultures intensives
25:24sont moins bien adaptées que des cultures plus résilientes
25:27et c'est à ça qu'il faut travailler.
25:32Merci.
25:36Oui, vous avez insisté sur le fait que la zone littorale
25:40n'est pas habitée.
25:42Évidemment, c'est une zone qui n'est pas très urbanisée,
25:45mais il y a quand même d'autres contraintes
25:47et d'autres réticences.
25:49L'exemple, c'est le hable de Holt.
25:52Il y avait un projet, effectivement, de remise en eau.
25:55On devait percer la digue et remettre en eau ce hable,
25:59sauf qu'on n'avait pas anticipé la réaction des chasseurs
26:03puisque c'est une résidence
26:06dans une zone de chasse protégée.
26:10Est-ce qu'on peut imaginer qu'il puisse se réaliser ?
26:21Alors, je n'ai pas dit qu'il n'y avait pas d'habitants.
26:23Il y en a partout.
26:25Par contre, c'est faiblement, densement peuplé.
26:27C'est ce que j'ai dit.
26:29Par contre, vous avez tout à fait raison.
26:30Je n'en ai pas assez parlé.
26:32Il y a des usages partout, y compris des usages écologiques.
26:35Et notamment, sur ces questions-là, il y a les mêmes débats.
26:39Et bien sûr, pour les chasseurs, etc.
26:41C'était avant que j'arrive, mais un peu comme à Holt,
26:43il y a eu, en effet, sur ce secteur-là,
26:45un projet très ambitieux, très volontariste
26:47de dépoldérisation volontaire du hableau d'Holt,
26:50une étude qui a coûté, je crois, 800 000 euros
26:53et qui était très, très loin, pareil, dans la modélisation,
26:57dans les impacts sociologiques, économiques, etc.
27:01Et bien sûr, qui n'a pas vu le jour
27:05parce qu'il y a eu des réticences et puis aussi, peut-être,
27:07parce que, encore une fois,
27:09cette approche assez descendante et assez ingénierie,
27:14j'ai envie de le dire, ce n'est pas toujours la bonne question.
27:16Enfin, je trouve que c'est, en tout cas, sur ces sujets-là,
27:18pas forcément toujours la bonne réponse.
27:21Nous, la manière dont on voit ce secteur-là,
27:25c'est de se dire qu'en effet,
27:26c'est protégé par un cordon de galets
27:30qui coûte très cher à entretenir,
27:31en moyenne 1 million d'euros par an à la collectivité
27:34pour remettre du galet en permanence, etc.,
27:37que derrière cette flèche de galets qui fait 3 km,
27:40on a, au nord, une zone assez fortement urbanisée
27:44avec cailloux sur mer et derrière, une urbanisation.
27:46Donc, a priori, cette zone-là,
27:49c'est là qu'il faudra continuer, en tout cas, coûte que coûte,
27:52à remettre du galet.
27:54Et en effet, on a une zone plus au sud,
27:57pratiquement pas habitée,
27:59avec des enjeux écologiques importants et des enjeux de chasse.
28:03Et surtout, un historique de débat là-dessus
28:06entre ceux qui disent qu'il faut dépoldériser.
28:08Dépoldérisés, ils n'étaient pas nombreux,
28:09et surtout ceux qui étaient contre.
28:11Nous, ce que l'on dit,
28:12et c'est ce qu'on a apporté dans le papy 2,
28:13c'est que la question, elle n'est pas de dépoldériser ou pas,
28:17elle est d'avoir une bonne gestion du risque
28:19en fonction des moyens qu'on a.
28:21Et donc, nous, ce qu'on préconise,
28:23et c'est ce qu'on va faire,
28:25c'est de porter une étude sur cette zone du sud du Hable-Dault
28:29d'anticipation, c'est-à-dire d'adaptation.
28:31C'est-à-dire, l'idée,
28:32ce n'est pas de dépoldériser volontairement ou pas,
28:35c'est que, de toute façon, ça peut arriver.
28:38Une grosse tempête, la mer peut passer,
28:41et puis, si elle passe, elle ne repassera pas.
28:44C'est un peu le discours qu'on essaie de tenir.
28:45Et donc, par anticipation, adaptons-nous.
28:47Et donc, regardons ce camping qui est là,
28:49en effet, qu'on souhaite,
28:50camping sur la commune de Wagnerue, pour être très précis,
28:53qu'on souhaite relocaliser.
28:54Regardons cette station d'épuration qu'il faut protéger.
28:58Travaillons avec les chasseurs, en effet,
29:00et pourquoi pas, là, on n'est pas allés jusque-là,
29:03mais des huts flottantes, ça existe.
29:06Travaillons avec les gestionnaires de milieux écologiques,
29:11c'est à tomber bien sur nos collègues,
29:12pour éventuellement anticiper sur les enjeux biodiversitaires.
29:15C'est plutôt l'anticipation,
29:17et après, ça sera une gestion du risque
29:19en fonction des moyens qu'on a de renforcer ou pas l'égaler.
29:21Un jour, je pense qu'il n'y aura plus assez d'argent.
29:23Autant être prêt, voilà.
29:24C'est plutôt comme ça qu'on le voit.
29:27Et ça, c'est vrai que c'est un changement
29:29par rapport à il y a quelques années.
29:35Bien, il n'y a pas d'autres questions.
29:37Je vous propose de faire une pause.
29:39En tout cas, merci, François-Anne Boutor.
29:41A la plus.