Séminaire résilience
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00:00Bien, je vais accueillir notre premier intervenant,
00:02donc M. Jean-Marc Piedzak,
00:04qui est directeur de la Direction interrégionale Nord
00:08de Météo-France
00:09et qui va nous parler du changement climatique
00:13en partant du globe et en zoomant vers le Hauts-de-France.
00:17C'est à vous.
00:19Merci.
00:20Bonjour à tous et à toutes.
00:24Donc c'est à moi qui reviens de fixer le cadre
00:29qui nous préoccupe aujourd'hui.
00:35Juste, j'en profite pour donner
00:39une ou deux informations sur Météo-France.
00:43Nous aussi, comme le SEMA,
00:45nous sommes opérateurs de l'État.
00:49Nous sommes représentés au niveau national
00:53d'à peu près 2 700.
00:56Et sur les territoires des Hauts-de-France,
00:59nous sommes une cinquantaine basés à Villeneuve-d'Ascq.
01:05Donc notre rôle, un peu comme le SEMA,
01:07c'est d'apporter un service, une contribution.
01:12On n'est pas un service régalien.
01:16Et donc nos centres de préoccupation,
01:20c'est la prévision météo,
01:23avec notamment la vigilance.
01:25La vigilance sur les Hauts-de-France,
01:27ça se décide à Villeneuve-d'Ascq.
01:30Et puis, depuis quelques années,
01:33ces préoccupations de changement climatique,
01:36c'est aussi un sujet qui nous occupe.
01:42Donc pour entrainer dans le but du sujet...
01:48Comme ça.
01:50Comme ça, voilà.
01:54Donc à quoi nous avons affaire ?
01:57Donc ça a été dit depuis tout à l'heure.
02:01On est déjà dans le changement climatique.
02:05Donc on est dans un contexte où, et c'est la clé de tout,
02:11la concentration en CO2 dans l'atmosphère
02:15est la plus élevée depuis 2 millions d'années.
02:19On a une tendance, et c'est toujours le cas,
02:23même si depuis une trentaine d'années,
02:25il y a des efforts qui sont réalisés,
02:27on est toujours dans une hausse d'année après année
02:33de l'émission de CO2 dans l'atmosphère,
02:37sachant qu'on vise les neutralités carbone pour 2050.
02:44Alors cette hausse, il y a une partie
02:48entre les pays de l'OCDE et ceux qui ne le sont pas,
02:53donc les pays développés qui font des efforts
02:56et finalement qui obtiennent une stabilité
02:59sur 30 ans de l'émission,
03:02et puis les pays émergents qui visent à améliorer
03:06leur niveau de vie,
03:08où ils ont pratiquement détruit l'émission de CO2.
03:12Donc on mesure comme ça, qu'on a devant nous,
03:14sur la question de l'atténuation,
03:18encore pas un chantier comme le mien est mené.
03:24Donc les autres conséquences, on en a un peu parlé,
03:28au niveau des mers les plus rapides
03:31en élévation depuis au moins 3 000 ans,
03:34la banquise qui fond,
03:39également le recul des glaciers,
03:42des choses qu'on n'a pas vues depuis 1 000 ou 2 000 ans.
03:49Donc concrètement, on voit sur les paramètres météo
03:54des évolutions qui sont très claires
03:57pour ce qui relève de la température.
04:00Donc à gauche, vous voyez depuis 1900,
04:03la progression sur l'hexagone de la température
04:06avec une croissance très nette depuis les années 80.
04:12C'est moins clair
04:14en ce qui concerne le régime de précipitation,
04:17puisqu'on voit qu'on a encore une variabilité interannuelle
04:21de ces précipitations,
04:22et que de façon moyenne,
04:26de façon moyenne, en tout cas,
04:29on n'a pas de signal particulièrement clair
04:32de cette évolution.
04:34Donc si je zoome sur les Hauts-de-France,
04:38il n'y a pas de raison, ce n'est pas très différent.
04:41On voit une petite tendance sur les précipitations,
04:46mais ce n'est pas quelque chose de très significatif
04:50en termes de climat.
04:55Donc voilà, ça, c'était un bref état des lieux de situation.
05:03On s'intéresse maintenant à l'adaptation
05:07et à ce qui va se passer d'ici la fin du siècle.
05:13Il y a énormément de travaux, des publications du siècle
05:18qui avaient tendance à un petit peu compliquer les sujets,
05:24parce qu'il y avait finalement des scénarios différents
05:27selon les politiques
05:31qui étaient menés justement dans le but d'obtenir une atténuation.
05:37Et finalement, pour simplifier l'équation,
05:40on a considéré qu'il y avait aujourd'hui
05:45des politiques qui étaient mises en œuvre
05:47et qu'il fallait être pragmatique
05:49et se dire, si on continue comme ça,
05:54où est-ce que ça s'allume ?
05:56Ce qui ne veut pas dire que les choses sont gagnées d'avance,
05:59c'est-à-dire que les politiques aujourd'hui,
06:01ça représente même des efforts considérables.
06:05Il faut poursuivre, il ne faut pas lever le stylo.
06:08Si on faiblit, on n'atteindra pas ces objectifs-là.
06:13Si on fait mieux, tant mieux,
06:15parce que tout ce qui sera à durer l'atténuation,
06:18ce sera autant d'adaptations à ne pas mettre en œuvre.
06:22Donc vers quoi se dirige-t-on aujourd'hui ?
06:25Je rappelle que les accords de Paris,
06:27c'était d'obtenir un réchauffement de 1,5°C
06:32à la fin du siècle.
06:34Aujourd'hui, avec les politiques qui sont en œuvre,
06:38c'est plutôt sur une trajectoire,
06:40alors au niveau mondial, 3°C,
06:44ce qui veut dire que sur la France,
06:47de façon générale, sur les continents,
06:49le réchauffement était plus fort,
06:51donc plus 4°C,
06:53avec des échanges intermédiaires.
06:57En 2030, 2°C.
07:00Vous voyez qu'ici, ce schéma-là nous conduit, en 2030,
07:03à ce que les accords de Paris annonçaient pour 2100.
07:07En 2050, donc 2°C mondial, 2,7°C sur la France,
07:12et à l'horizon 2100, 3 ou 4°C.
07:15À chaque fois que la température augmente,
07:17à chaque fois qu'il y a 0,1°C,
07:20ça induit des changements dans le climat.
07:30Voilà, donc ces changements.
07:32À gauche, vous voyez à peu près la vitesse
07:36à laquelle la température croît.
07:40Ça, c'est par décennie.
07:42On est de l'ordre de 0,4°C par décennie.
07:46Ce qui conduit à aboutir, à droite,
07:50à une répartition de la hausse des températures
07:53sur l'ensemble du globe.
07:55Donc on peut constater que ces températures
07:59croissent plus rapidement sur les continents,
08:03sur les hautes latitudes,
08:05et que ça, ça signifie
08:09que ce n'est pas uniquement la température qui va augmenter,
08:13mais c'est aussi la température, c'est le moteur,
08:16c'est l'énergie qui définit la circulation atmosphérique,
08:21et que le climat va changer
08:23parce que la circulation atmosphérique, également,
08:27va être complètement changée et modifiée.
08:33Donc là, c'est pour illustrer quelques exemples
08:37de ce que ça pourrait donner,
08:43notamment en termes de vagues de chaleur.
08:47Sur cette courbe-là, vous avez en deuxième,
08:51donc plus on va à droite, plus la durée,
08:54c'est une vague de chaleur.
08:57Plus vous allez à droite, plus la vague de chaleur dure longtemps,
09:02et plus vous montez dans les ordonnées,
09:04plus la température est élevée.
09:08Donc la bulle qu'on voit là, avec 2003,
09:11c'était la canicule de 2003,
09:14celle qui reste dans la mémoire
09:17parce qu'elle a eu des impacts très importants et très forts.
09:23Et voilà ce que ça va donner dans les projections
09:27qu'on a aujourd'hui si on suit la trajectoire de la traque,
09:32et ça fixe un peu les idées sur les conséquences
09:35de se dire 1,4°C, voilà, c'est ça.
09:39Et ça va donner, par exemple,
09:41voire d'ici la fin du siècle,
09:44des canicules qui vont pouvoir durer...
09:49Celle de 2023, elle avait duré simplement une quinzaine de jours.
09:56Des canicules qui pourraient durer deux mois
09:59avec des températures de l'ordre de...
10:04La plus élevée, entre 34 et 36°C.
10:07Ce chiffre-là, c'est la moyenne du jour le plus chaud,
10:12ce qui veut dire que ce jour-là, il fera entre 25 et 45°C.
10:17Et ça, ce sera une canicule
10:19qui, je vous laisse imaginer, dure deux mois sur le régime lent.
10:28Ça, c'était le sujet sur les températures.
10:33Là, je passe et je vais un peu plus détailler
10:36ce qui concerne les précipitations.
10:39Donc globalement, si vous regardez à gauche,
10:42selon la trache, sur le territoire hexagonal,
10:47on aurait, grosso modo, plus de 2% précipitation.
10:52Un peu plus dans le nord, un peu moins dans le sud.
10:57On pourrait se dire qu'il n'y a pas grand-chose qui change.
10:59Alors si on regarde un peu plus en détail,
11:03c'est...
11:06C'est la variabilité intersaisonnière de ces phénomènes.
11:11On va avoir des précipitations plus importantes en hiver
11:18et moins importantes en été.
11:21Donc les conséquences, les chiffres,
11:23ça peut paraître pas grand-chose, plus 17, moins 19.
11:27Il faut s'assurer qu'en 2023, 2024,
11:32qui sont quand même des périodes
11:34dont on sort, on a encore des inondations à gérer sur la somme.
11:39On a eu des inondations record dans le Pas-de-Calais.
11:44Globalement, sur l'année, on est de 2023,
11:47on va de l'ordre de plus de 20% selon les Hauts-de-France.
11:51En 2024, on pourrait être à plus de 10%.
11:55Donc les petits dégâts comme ça, ça a des vraies consistances.
12:01Et donc, voilà, plus de 17% en hiver,
12:06ça veut dire des risques d'inondations qui augmentent.
12:10Moins de 19%, ça veut dire des périodes de sécheresse
12:14qui sont plus importantes, qui sont plus longues,
12:18qui sont plus en tendance.
12:21Et donc, j'ai un petit peu zoomé sur les Hauts-de-France.
12:24Et donc, j'ai estimé que les chiffres seraient un peu plus marqués
12:31en termes de quantité globale de précipitation,
12:34ce qui fait qu'on en aurait encore plus en hiver
12:38et un peu moins de sécheresse,
12:40mais malgré tout, quand même des déficits pendant l'été.
12:47Alors ça, c'est pour les phénomènes moyens.
12:53Sachez qu'aujourd'hui, il y a des recherches,
12:56et on se travaille et on se concentre sur les phénomènes extrêmes.
13:01Et on peut commencer à dire que lorsque vous avez des phénomènes
13:07d'intensité forte et de pluie extrême,
13:10les valeurs, on va les voir croître.
13:13C'est-à-dire que quand il y aura des fortes pluies,
13:16elles seront encore plus fortes,
13:18et de l'ordre de plus 10 à plus de 20%
13:23quant au climat d'aujourd'hui.
13:27Juste une petite remarque,
13:29c'est qu'on est sortis en dessous de ces chiffres des incertitudes.
13:35Vous voyez qu'on se projette quand même
13:38à ce qui va se passer dans 80 ans.
13:41Donc il faut rester un peu modeste,
13:43il faut regarder la marge d'erreur qui est possible.
13:47Mais bon, les chiffres qu'on vous donne, c'est les médianes.
13:51Aujourd'hui aussi, dans la recherche,
13:53de plus en plus, on est sortis dans nos simulations
13:59de tenir compte des vraies évolutions.
14:03On commence à avoir un petit peu de recul,
14:05et on se rend compte que les simulations
14:08qu'on a pu faire les années précédentes
14:11se confirment avec la réalité de ce qui est observé.
14:18Voilà.
14:20Donc l'opposant de tout ça,
14:24c'est que ce n'est pas parce qu'il ne va plus voir autant
14:29que l'eau plus utile sera toujours émue.
14:33Parce que comme les températures augmentent,
14:36il y aura davantage d'évaporation.
14:40Et donc finalement, ça, ça va procéder
14:44de l'assèchement des sols.
14:46Donc il y aura toujours autant d'eau,
14:48mais cette eau sera moins utile.
14:51Et donc, il y a des conséquences.
14:54C'est de voir également des périodes de sécheresse.
14:57Donc ce schéma-là est un petit peu différent du précédent.
15:01Donc on a bien la durée en abscisse.
15:04Et en ordonnée, c'est le pourcentage du territoire français
15:07qui est concerné par la sécheresse.
15:10Et donc, si on se projette d'ici la fin du siècle,
15:15progressivement, sur les horizons 2030, 2050 et 2100,
15:20on voit que les phénomènes de sécheresse
15:23auxquels on a pu assister,
15:26c'est l'élément de 2022.
15:28En 2022, moi, je me souviens,
15:30on est dans des comités de ressources en eau.
15:33On était en juillet,
15:34on ne savait pas si on allait atteindre septembre,
15:37en tout cas, comment on allait s'en sortir.
15:39Vous voyez que cette année-là,
15:41c'est quelque chose qu'on n'a pas fait.
15:44Cette année-là, c'est quelque chose qu'on va retrouver
15:46de façon régulière et concurrente.
15:49Et surtout,
15:52l'intensité sera plus importante.
15:56La surface couverte également.
15:59Et vous voyez les deux buts qui sont en haut à droite,
16:02ça veut dire quoi ?
16:03Ça veut dire que pendant 20 mois,
16:05vous avez la totalité de la France
16:08qui est en situation de sécheresse.
16:12Ce qu'on a pu assister sur les Pyrénées-Orientales,
16:20sur les Pyrénées-Orientales
16:22qui sortent d'à peu près 20 mois de sécheresse,
16:26aujourd'hui, c'est à l'échelle d'un département.
16:29On peut imaginer que d'ici 2100,
16:32il y a des épisodes comme ça,
16:33mais sur l'ensemble du territoire.
16:37Voilà.
16:38Et puis, alors, si on a...
16:42Ce que je n'ai pas dit au moment où j'ai parlé du CO2,
16:45c'est que pourquoi on se concentre sur le CO2 ?
16:48Parce que c'est un composant
16:51qui reste longtemps dans l'atmosphère.
16:53C'est le CO2 que vous envoyez dans l'atmosphère.
16:56Il y est pour 100 ans.
16:58Aujourd'hui,
17:00l'effet des gaz à effet de serre
17:03sont les conséquences de ce qui s'est passé
17:05depuis 1925.
17:07Et ce qu'on émet aujourd'hui,
17:08ça sera encore dans l'atmosphère longtemps après 2100.
17:13Si, par exemple, on arrêtait aujourd'hui
17:15d'émettre des gaz à effet de serre,
17:17les conséquences de ce qu'il y a aujourd'hui dans l'atmosphère,
17:20ça ira pendant 200 ans.
17:22On en sentira les effets.
17:25Alors, c'est réversible.
17:28On voit certaines courbes.
17:29J'allais dire sur la courbe de la trappe,
17:30on voyait que si on faisait vraiment des efforts d'atténuation,
17:35on pouvait atteindre un pic
17:36et voir la température baisser ensuite.
17:39Donc, ça, c'est vrai pour la température.
17:41C'est vrai aussi pour la pluie.
17:43Ce n'est pas vrai pour la montée des océans.
17:48La montée des océans, c'est quelque chose...
17:52Comment dire ?
17:53Les dynamiques qui sont en jeu.
17:54Les océans qui ont une capacité d'atténuation
17:57plus importante que l'atmosphère,
17:59qui ont absorbé des surplus
18:02et qui ont des mécanismes d'inertie
18:07qui ne sont pas prêts de s'arrêter.
18:10Là, on voit l'océan qui monte
18:14et qui a monté pendant des centaines,
18:16des milliers d'années, voire des millénaires.
18:20Donc, là, j'ai l'exemple Vimre.
18:25On comprend qu'ici, selon le trajectoire de la traque,
18:29d'ici 2100, la température...
18:34Pardon.
18:36Le niveau de la mer monte d'environ 60 cm.
18:40Et on voit, dans les tendances,
18:42que ça va continuer à monter,
18:45sachant que...
18:47Considérant que certains points de bascule...
18:52...c'est...
18:55La hausse des océans, ça a à peu près trois origines.
19:01D'abord, la hausse de température, ça fait dilater l'océan.
19:05Ça, c'est pour un tiers.
19:07Vous avez la fonte des glaciers,
19:09vous avez la fonte des manchises.
19:11Et donc, tout ça, ça vient contribuer à la hausse de l'océan.
19:16Et là, vous voyez des projections.
19:18Alors, on n'est pas aujourd'hui sur ce sujet-là,
19:21mais on voit quand même que, d'ici 10 000 ans,
19:25la hausse, ça sera entre 10 et 25 m.
19:27Donc, si vous regardez le haut de France,
19:30il y a quand même pas mal, aujourd'hui,
19:33de points qui sont en dessous de cette hausse.
19:39Voilà.
19:40Donc, les impacts, tous ces changements-là,
19:44ça sera un peu le sujet de la journée,
19:46donc je ne vais pas forcément détailler l'idée florée.
19:50Et l'augmentation des températures,
19:53donc avec le problème des vagues de chaleur,
19:55avec des nuits très chaudes aussi.
19:57Le problème de la température,
19:59c'est aussi que les organismes
20:06auront du mal à récupérer la nuit
20:08quand les températures dépassent les 20 degrés.
20:11C'est ce qu'on appelle les nuits tropicales.
20:13Donc, voilà.
20:14Ensuite, les précipitations,
20:17j'en ai parlé en détail.
20:18La ressource en eau,
20:19donc un ou deux mois.
20:21Alors, dans les hauts de France, c'est plutôt un mois.
20:23Et il faut voir si les sols sont plus secs
20:27pendant plus longtemps.
20:28Ça veut dire qu'au milieu de la période de sécheresse,
20:30c'est encore plus intense, plus difficile à contrer.
20:35L'enneigement, on n'a pas de montagne,
20:37mais c'est le niveau de la mer.
20:40Donc, je viens d'évoquer.
20:42Les risques sont de toutes sortes.
20:45Des risques sanitaires, infectieux, épidémiques.
20:49Sur les infrastructures et les réseaux,
20:51ils subissent l'érosion des pluies
20:54et puis les dilatations liées à la température.
20:59Tout ça, c'est éprouvant pour les infrastructures.
21:05Donc, les inondations,
21:07on se souvient des événements de novembre 2023
21:11qui se sont suivis ensuite au printemps.
21:15Sur les usages de l'eau,
21:18avec la question des sécheresses,
21:20entre le souhait des agriculteurs
21:23d'irriguer les besoins en eau potable
21:27et les besoins pour l'industrie.
21:30Tout ça, c'est très consommateur d'eau.
21:32Il faudra, à un moment donné, faire des arbitrages
21:36et définir comment on va pouvoir gérer ça.
21:43Les feux de forêt et de végétation,
21:45oui, ça fait depuis 2018 qu'à Météo France,
21:50on utilise des méthodes qui, avant,
21:53étaient utilisées dans le sud de la France pour prévoir,
21:57et on est en lien avec les services de la sécurité civile
22:01pour prévoir les risques de feux de forêt.
22:07Production agricole, oui,
22:09les menaces à la biodiversité,
22:11la difficulté à continuer à produire
22:15de façon aussi intensive qu'aujourd'hui.
22:18Et puis, le sujet qui sera abordé aussi au cours du séminaire,
22:23celui sur les retraits gonflements des argiles.
22:29Ce que j'ai compris,
22:30c'est qu'on a 40 % des territoires de Haute-France
22:33qui sont concernés,
22:35soit environ un million d'habitations
22:38qui pourraient avoir plus ou moins un impact en lien
22:42avec ces retraits gonflements des argiles.
22:47Les argiles, il s'agit comme une éponge,
22:50et donc c'est très sensible aux précipitations et aux sécheresses.
22:56Et puis, les submersions marines,
22:58l'érosion côtière,
23:00tout ça, c'est les conséquences de la hausse de l'évolution climatique.
23:10Donc, nous, à Météo-France,
23:12ce qu'on a fait, c'est de mettre à disposition
23:15toutes les simulations sur l'évolution du climat.
23:21Donc, c'est un produit qui s'appelle Climediag,
23:26qui est accessible.
23:27Vous cherchez Climediag sur votre moteur de recherche
23:32et vous le trouvez assez facilement.
23:34Vous donnez le code postal de votre commune
23:37et vous avez un certain nombre d'indicateurs
23:39qui vous permettent de vous guider
23:42de ce qu'il y aura en 2030, en 2050, en 2100
23:49sur votre territoire.
23:51Et puis, on l'a fait aussi,
23:53mais là, c'est plus pour des professeurs
23:56pour l'agriculture,
23:58où on a mis en place des indicateurs.
24:00C'est plus sur la production agricole.
24:04Donc, là, les exemples commencent à se présenter.
24:07Vous avez la situation aujourd'hui à gauche et à droite.
24:11L'indicateur médian et ensuite la marge d'incertitude
24:16qu'on a par rapport aux valeurs qu'on annonce.
24:20Et donc, l'exemple ici,
24:21c'est le nombre de jours annuels de vagues de chaleur.
24:25Saint-Omer, l'écumule de précipitation.
24:28Donc, là, on voit bien en hiver, une augmentation.
24:32En été, une baisse.
24:33Et dans les saisons intermédiaires,
24:37certaines stabilités.
24:38Et puis, le nombre de jours par saison avec sol sec.
24:41Alors, Saint-Omer, c'est un très bon exemple.
24:43Et globalement, quand on expérimente,
24:45on est à peu près à un mois
24:47du prolongement de la période de sécheresse
24:52sur l'ensemble des communes des Hauts-de-France.
24:57Voilà.
24:58Donc, je ne sais pas si j'ai excédé sur mon temps de parole.
25:10Oui, si vous avez des questions.
25:18Je vais commencer par une petite question
25:21qui concerne un peu les gens qui font de la modélisation d'aléas,
25:25par exemple, inondations,
25:27qui nous concernent particulièrement, par exemple,
25:30pour ce qui s'est passé dans le Pas-de-Calais en 2023-2024.
25:34La question que j'avais, c'était, pour modéliser,
25:38on est obligé de collecter des données.
25:40Et en fait, on collecte des données
25:43sur des temps les plus longs possibles
25:46pour avoir des statistiques correctes.
25:49Et avec le changement climatique,
25:50on sait que ce qu'on appelait, par exemple,
25:53une pluie décennale il y a 40 ans,
25:56ça ne correspond plus à une période de retour
25:58beaucoup plus courte, etc.
26:00Et du coup, la question que j'avais, c'est que, d'un côté,
26:04si on prend des données sur une durée très longue,
26:08on sait qu'on va avoir des bonnes statistiques,
26:10mais on va entacher d'erreur les périodes de retour.
26:12Et d'un autre côté, si on veut avoir des périodes de retour
26:15qui sont représentatives de ce qui est en train de se profiler,
26:18on est obligé de prendre des données qui sont très récentes.
26:21Et du coup, on va dégrader la qualité de la statistique.
26:25Je sais que c'est un problème qui est un peu compliqué,
26:27mais vous y travaillez, je voulais avoir votre point de vue
26:29un peu sur le sujet.
26:32C'est sûr que les durées de retour,
26:35c'est quelque chose qu'on peut aujourd'hui manipuler avec les mains.
26:40On se dit, voilà, sur 100 ans,
26:43il y a des événements qui se produisent.
26:45On a une chance sur 100 que ça se produise aujourd'hui.
26:48Ça s'est passé une fois dans le siècle.
26:50On a des repères, on a des références.
26:53La façon dont on s'est organisé,
26:55la façon dont la société s'est structurée,
26:58passé autour des événements passés.
27:00Donc, finalement, tout ça, c'est une forme de résilience
27:03qui est naturelle, qui se met toute seule en place.
27:09Maintenant, avec effectivement un climat qui change,
27:12la durée de retour, c'est plutôt un concept mathématique.
27:15C'est quelque chose qu'on arrive à manipuler comme ça,
27:18entre les mains, pour le tout un chacun.
27:23Ça ne voudra plus dire grand-chose.
27:27C'est même une notion qui est peut-être amenée à revoir.
27:34En tout cas, aujourd'hui, nous, à Météo France,
27:37on a fait tous ces travails de projection.
27:40Aujourd'hui, il y a des travaux qui sont en cours
27:43pour se projeter sur l'évolution des durées de retour.
27:48Ce que je disais tout à l'heure sur les phénomènes extrêmes,
27:52on a travaillé sur les moyennes.
27:54Maintenant, on commence à avoir des résultats
27:55sur les données extrêmes.
27:58Et le corollaire, c'est qu'on va pouvoir dire
28:02les durées de retour, ça devient ça.
28:07Mais ça sera vraiment un concept mathématique.
28:10Et pourquoi on s'attache aux durées de retour ?
28:12C'est parce que c'est des éléments de référence
28:15qui servent pour la conception, pour les infrastructures.
28:19On construit pour résister à des phénomènes
28:22qui ont telle ou telle durée de retour.
28:25C'est vrai que c'est quelque chose qu'il va falloir repenser
28:29parce que dans un climat qui change,
28:31aujourd'hui, vous vous calez sur ce qui s'est passé
28:33les 30 dernières années.
28:35Mais ce n'est pas du tout ça qui va se passer
28:37dans les 30 prochaines.
28:44La parole est à François Clerc.
28:48Bonjour à toutes et tous.
28:50François Clerc, je suis en direction régionale
28:52environnement, aménagement, logement,
28:54responsable du pôle prévision des crues.
28:57Je complète le propos de Jean-Marc Piedsax
29:00sur la question des périodes de retour
29:04et de leur intégration, leur projection
29:07du point de vue des inondations.
29:10Effectivement, notre difficulté actuelle,
29:13c'est de pouvoir se projeter sur des nouveaux modèles mathématiques
29:17intégrant notamment les événements extrêmes.
29:21Les travaux sont en cours.
29:22Pour autant, on intègre déjà les derniers événements
29:28subis en novembre 2023 et janvier 2024, notamment,
29:33qui nous font réviser nos périodes de retour.
29:36En fait, on est déjà aux projections
29:39sur le climat futur de ce point de vue-là.
29:41C'était pour préciser que la question des périodes de retour,
29:47il ne faut pas forcément s'y attacher mordicus,
29:50mais elle est déjà prise en compte d'une certaine façon.
29:54Il faut la relativiser et on y travaille.
30:00Merci.
30:03Merci beaucoup. Je vois qu'il y a une autre question.
30:08S'il vous plaît.
30:10Juste une petite question.
30:12Météo France, vous êtes responsable également
30:14de la météo des forêts, le climat dans les forêts,
30:18et l'analyse du taux d'humidité,
30:19leur capacité à absorber le CO2, tout ça, ou pas du tout ?
30:23Et si ce n'est pas vous qui le faites ?
30:26Les forêts, proprement dit,
30:27c'est plus du domaine de l'OFB ou de la draphe.
30:33Nous, on a travaillé avec les services de la sécurité civile
30:38à définir les indicateurs et les indices
30:43qui leur permettent de connaître les risques.
30:47Donc, la combinaison des risques,
30:49ce sont pour les indices,
30:52c'est à la fois des paramètres météo,
30:56mais c'est aussi des suivis de la période dans l'année,
31:01de la façon dont les entretiens ont été réalisés,
31:04la présence, par exemple, de tourisme ou d'activités.
31:11Souvent, par exemple, on a des feux de culture,
31:16ce qui est très important,
31:18par exemple, on a des feux de culture,
31:21ce qui se produisent au moment où les agriculteurs font leur récolte.
31:26Ce sont les moissonneuses batteuses qui sont très chaudes
31:29et qui déclenchent des feux.
31:34On a beaucoup de ça, on a beaucoup de feux de culture,
31:38plus que vraiment des feux de forêt.
31:41Mais bon, on a des forêts, on sait que les forêts sont malades,
31:44on sait que les choses vont évoluer,
31:47c'est des choses qui pourraient apparaître.
31:50Donc nous, vraiment, nos indices,
31:53c'est pour que la sécurité civile à la fois alerte la population,
32:00mais aussi se mette en ordre de bataille en cas de sinistre.
32:11Bien, je suis en train de tester les deux micros,
32:13ça a l'air de marcher.
32:16Allez-y, je vous donne la parole.
32:20On lit de ça et là que pour un marin aussi,
32:24en fait, évolue avec le changement climatique.
32:27Et comment, du coup, les projections que vous nous avez présentées
32:31intègrent ce paramètre ou pas ?
32:34Ou est-ce qu'il faudra y penser à l'admettre ?
32:39C'est-à-dire que la circulation lune,
32:42c'est encore quelque chose qui est assez mystérieux,
32:44qui est encore du domaine de la recherche.
32:46Et il y a beaucoup d'interrogations,
32:49il y a beaucoup de recherches,
32:52on peut lire à droite, à gauche,
32:54attention, il va se passer ça ou ça sur tel courant,
32:58mais on découvre de plus en plus de choses,
33:01notamment ce qui se passe dans les grandes profondeurs.
33:04C'est vraiment une réserve d'énergie et de stockage
33:08avec des phénomènes qui sont très compliqués à appréhender.
33:13Après, pour répondre à nos modèles, de façon générale,
33:16ils sont globaux, ils sont atmosphère-océan,
33:19et notamment tout ce qui est échange thermique avec l'océan,
33:22c'est pris en compte.
33:24Donc pour répondre, on est capable de dire
33:26sur l'atmosphère, qu'est-ce qui va se passer.
33:29Sur l'océan, de façon précise, on est beaucoup plus modeste.
33:39Je vous remercie.
33:40Je vais encore prendre une à deux questions,
33:42et puis après, on partira sur l'intervention suivante.
33:46Je vous en prie.
33:48Bonjour.
33:50Charlotte Hies de la Croix-Rouge.
33:52Les informations que vous diffusez,
33:55est-ce que vous les diffusez à tout le monde
33:57ou est-ce qu'il existe des groupes de travail ?
33:59Et dans ce cas-là, avec quels acteurs ?
34:01Qui sont les acteurs de ces groupes
34:06et comment on peut les intégrer ?
34:11Au Météo France, on contribue à la recherche.
34:15On a un centre de recherche qui conjoint avec le CNRS.
34:21Donc il y a beaucoup de travaux à faire.
34:26Puis nous, on est plutôt à la disposition des uns et des autres.
34:31On est fournisseur de données.
34:33Comme aujourd'hui, on est capable de faire des présentations,
34:36de décrire un certain nombre de choses.
34:39Ensuite, on a des conventions
34:43avec un certain nombre d'acteurs
34:45qui peuvent se présenter sur ces sujets-là.
34:48Voilà ce qu'on a mis de façon publique.
34:51Alors là, je vous ai présenté les médias.
34:54On a, de façon un peu plus détaillée, un peu plus précise,
34:57toutes les simulations qui ont pu être faites
35:00sur un portail public qui s'appelle DRIAS,
35:04qui donne un certain nombre de conclusions.
35:07On est capable de sortir des cartes, de dire
35:09voilà ce que donne tel modèle par rapport à tel autre modèle.
35:13Mais ça demande un petit peu d'expertise et de manipulation.
35:18Donc si vous voulez vous approcher plus
35:21et manipuler les données, vous approchez-nous.
35:24Un partenaire avec lequel on travaille, c'est le CERN,
35:27c'est le Centre Régional des Ressources
35:31de Développement Durable au niveau régional,
35:34qui est vraiment l'acteur ressource
35:37dans lequel vous allez avoir certainement
35:40les informations les plus abouties
35:43et la synthèse de travail des uns et des autres.
35:45Nous, notre travail, ce n'est pas de synthétiser.
35:48C'est vraiment d'être opérationnel au jour le jour
35:52et de faire la vigilance
35:55et de faire des prévisions météorologiques
35:58pour des clients particuliers.
36:00Très bien. Je vous remercie, M. Kodzak.