• il y a 4 jours
Mettez vous d'accord avec Jean Claude Beaujour, Arnaud Benedetti, Alex Darmon et Jean Luc Bennahmias

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##METTEZ_VOUS_D_ACCORD-2025-03-24##

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Transcription
00:00Mettez-vous d'accord jusqu'à midi sur Sud Radio.
00:05Un petit coucou à Valéry Expert qui nous écoute mais qui ne peut pas parler.
00:09Petite extinction de voix, ça arrive.
00:12En revanche, j'espère que vous, pour vos coups de cœur et vos coups de gueule, vous n'aurez pas d'extinction de voix.
00:18Jean-Luc Benamias, membre de la Ligue des droits de l'homme, ancien membre du CESE qui est avec nous.
00:23Bonjour Jean-Luc.
00:24Bonjour à toutes et à tous.
00:26Alex Darmon, journaliste politique de la chaîne YouTube Les Indécis qui est avec moi aussi tous les vendredis.
00:32Bonjour à tous.
00:34Jean-Claude Beaujour, avocat président du Forum Transatlantique.
00:38Et Arnaud Benedetti, professeur à la Sorbonne, rédacteur en chef de la revue politique parlementaire,
00:43auteur de « Aux portes du pouvoir, RN, l'inéluctable victoire »
00:47et qui travaille beaucoup aussi actuellement pour essayer d'avoir des informations à chaque fois autour de Boilem Sansalle, etc.
00:55D'ailleurs, avant de commencer par les coups de cœur et les coups de gueule, qu'est-ce qu'on sait en fait ?
01:00Qu'est-ce qu'on en sait aujourd'hui ? Où en est-on, Arnaud Benedetti ?
01:03Comme vous le savez, il a été déféré devant un tribunal jeudi dernier que le procureur a requis dix ans d'emprisonnement
01:13et qu'on devrait avoir en principe le résultat du délibéré ce vendredi 27 mars.
01:20Donc on reste évidemment très prudent, très circonspect.
01:24Il y a différentes lectures qui peuvent se faire de cette accélération du calendrier judiciaire algérien.
01:30On veut y voir, nous, de notre côté, si vous voulez, une petite porte qui s'entr'ouvrirait,
01:35mais il faut être extrêmement, extrêmement prudent.
01:38Tant les autorités algériennes nous ont habitués depuis quatre mois à souffler le chaud et le froid.
01:43D'où votre coup de cœur d'ailleurs, un appel de main, un rassemblement, c'est ça ?
01:48Oui, tout à fait, c'est un coup de cœur, c'est surtout je dirais un appel, mais j'en profite d'être au micro de Sud Radio.
01:54Qui d'ailleurs nous aide beaucoup, je dois le dire, pour relayer dans ce combat pour Boilem.
02:01Oui, un rassemblement qui se tiendra, place Édouard Hériot, à proximité de l'Assemblée Nationale.
02:08Où nous devrions être rejoints par la présidente de l'Assemblée Nationale, Mme Brande-Pivet,
02:14ainsi que par le président du Sénat, M. Larcher, qui sont très actifs dans notre comité de soutien.
02:20Il nous a semblé justement qu'à 48 heures de ce verdict, il était important que le comité de soutien se mobilise.
02:26C'est la première fois qu'on fait un rassemblement de ce type.
02:28On a organisé beaucoup de manifestations en province, on était il y a huit jours avec la LICRA à Strasbourg,
02:33on avait plein de monde, on était ce week-end à Saint-Raphaël dans une salle pleine à craquer.
02:37On constate que la mobilisation sur le terrain, à chaque fois qu'on monte des événements, fonctionne.
02:42C'est-à-dire qu'en fait, le sujet, évidemment, mobilise les gens, qui sont quand même sensibles à la cause de cet écrivain francophone
02:50enfermé dans les prisons algériennes.
02:54Mais il est important qu'on puisse se mobiliser, d'autant plus que l'Assemblée Nationale doit en principe mettre à l'ordre du jour,
02:59prochainement, une proposition de résolution demandant la libération immédiate et sans condition de Boilems-en-Salle.
03:06Vous savez que cette proposition de résolution avait été votée à l'Assemblée Nationale.
03:10Elle n'a pas été votée à l'unanimité, on le regrette, nous, au niveau du comité de soutien.
03:13Et on souhaite bien évidemment que, lorsqu'elle sera mise à l'ordre du jour, il y ait une adoption très large de cette proposition de résolution.
03:22– À quelle heure de cette manifestation ? – À 17h, oui, c'est important, vous avez raison, Jean-Claude, de me le dire, il faut être précis et concret.
03:27Oui, c'est uniquement à Paris pour l'instant, mais on n'écarte pas l'idée d'avoir des rassemblements en province plus tard, évidemment, si nécessaire.
03:37– Oui, je rappelle que vous êtes le fondateur du comité de soutien.
03:39– La présidente est Noël Lenoir, l'ancienne ministre des Affaires Européennes.
03:44– Oui, qui sera demain matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin à 17h40 pour en parler.
03:49D'un mot, autour de la table et avec vous aussi, Jean-Luc Benhamias,
03:54est-ce que vous avez le sentiment que ça bouge un peu, ou pas trop finalement, la mobilisation de la société française ?
04:01Jean-Luc Benhamias.
04:02– Non, ça bouge, mais je ne suis pas sûr, enfin très bien, je pense, moi j'ai signé très vite la pétition pour l'élibération de Moalem, évidemment.
04:11Après, est-ce que je suis suffisamment au courant de ce que veut vraiment faire le gouvernement algérien ?
04:18J'écoute ce que dit Arnaud, il dit qu'il y a quelques possibilités de… il est plus au courant que moi, moi j'en sais rien.
04:25– Avec une très grande prudence, je le dis.
04:27– J'ai bien entendu Arnaud, j'ai bien entendu.
04:30– Oui, moi je pense qu'à défaut de savoir ce que veulent les autorités algériennes,
04:36c'est surtout de rappeler à nos auditeurs que c'est un homme qui est malade, qui a un cancer,
04:44qui est incarcéré dans des conditions difficiles, donc sur le plan des droits humains, c'est quand même inacceptable,
04:51et je veux dire, même pour ceux qui nous disent que c'est justifié au regard du droit algérien,
04:55non, on parle véritablement de conditions humaines minimales,
05:00et puis je voudrais redire aussi en tant qu'avocat que j'ai été particulièrement choqué,
05:05et là encore je dis bien sur la forme que les autorités algériennes
05:09est indiquée que parce que l'avocat de Moalem a été juif,
05:15qu'il ne pouvait pas venir à la défense de son pays.
05:20– L'enjeu complet, c'est que l'avocat Maître Zimré n'a jamais eu son visa pour se rendre et rencontrer son client.
05:27– Oui, c'est ça, j'y venais, donc c'est pour cela que je disais que les conditions élémentaires
05:32de procédure de respect des droits de l'homme dans ce dossier, et je dis bien,
05:37quelles que soient, et non pas que je cautionne, attention, non pas que je cautionne sur le fond,
05:42mais je dis bien, sans même entendre ce que l'on dit sur le fond,
05:47les conditions minimales relatives aux droits de l'homme ne sont pas là au demeurant respecté,
05:53c'est axé à un avocat de son choix.
05:55– Vous irez demain, Alex Sarmo ?
05:57– Je vais vous cacher, j'ai un tournage demain après-midi à l'Assemblée nationale juste avant,
06:01et donc je viendrai, c'est certain.
06:03– Allez, nous poursuivons dans un instant avec vous Jean-Claude Benamias,
06:08donc… – Jean-Luc.
06:10– Jean-Luc, allez, j'ai fait un switch, Jean-Claude, Jean-Luc, voilà c'est ça,
06:14Jean-Claude, bonjour, Arnaud Bénéditi, Alex Sarmo et Jean-Luc Benamias,
06:18nous poursuivons juste après le point des infos à 11h.
06:21– Sud Radio. – Sud Radio.
06:23– Parlons vrai. – Parlons vrai.
06:25– Sud Radio. – Parlons vrai.
06:27– Sud Radio, mettez-vous d'accord, Patrick Roger.
06:30– Mettez-vous d'accord, ben là vous étiez plutôt d'accord quand même,
06:33autour de Boilem Sansalle globalement,
06:35mis à part peut-être certains partis politiques,
06:39il y a une forme d'unanimité pour essayer de défendre l'écrivain…
06:44– Il me semble qu'on a des valeurs, non, enfin, ou alors on n'est pas français,
06:47ou les valeurs élémentaires des droits fondamentaux…
06:50– Oui, oui, mais certains disent non, mais il y a de la manipulation,
06:53bon, on va pas refaire le débat, mais…
06:55– Non, mais on va pas refaire le débat, Patrick,
06:58mais entre nous, si on est français, il y a des valeurs,
07:02quel que soit ce qu'a fait un homme, il faut qu'il soit en état
07:05de répondre à ses accusations et à ses accusateurs,
07:08il faut qu'il ait libre accès à son avocat,
07:11pardonnez-moi, mais depuis quand on demande à un avocat sa religion
07:16pour pouvoir accepter qu'il soit l'avocat de…
07:18– Oui, franchement, c'est bien compris que ce n'est pas un procès…
07:20– Non, mais j'ai bien compris, on s'est compris.
07:22– Je rappelle juste un élément factuel, l'audience a duré moins d'une demi-heure.
07:26– Mais on s'est compris, c'est bon.
07:28– Allez, on va y revenir, vous l'avez entendu, Jean-Claude Beaujour,
07:30Arnaud Benedetti, Alex Darmon et Jean-Luc Benhamia
07:33sont avec moi et avec vous jusqu'à 11h,
07:35donc mettez-vous d'accord, on va voir tout à l'heure
07:37justement les Français qui sont plutôt favorables
07:40qui visent l'Algérie avec Bruno Tailloux qui est en première ligne,
07:43le rabbin agressé à Orléans…
07:45– Jusqu'à midi.
07:47– Jusqu'à midi, oui, jusqu'à midi.
07:49– T'as dit à 11h.
07:51– Ah, j'ai dit à 11h !
07:53J'ai mis un changement d'heure ce week-end.
07:55– C'est le gros chien qui a parlé.
07:57– Ça doit être ça.
07:59– Donc le rabbin agressé à Orléans,
08:01et les filles qui entretiennent ou pas l'antisémitisme,
08:07et puis les 100 jours de Bayrou, c'était hier,
08:09et la menace de censure qui plane de nouveau sur le Premier ministre.
08:13Avant ça, nous avons entendu votre appel, Arnaud Benedetti,
08:17voyons vos coups de cœur ou vos coups de gueule.
08:21Jean-Luc Benamias, tiens justement Jean-Luc,
08:23vous c'est un coup de cœur pour des Israéliens
08:27qui manifestent contre le gouvernement Netanyahou, expliquez-nous.
08:31– Oui, c'est quelque chose dont on parle assez peu en France,
08:35ça fait plusieurs semaines que ces manifestations existent.
08:37Il est bon de rappeler que, puisque Israël est une démocratie,
08:43il existe des gens qui ne sont pas forcément totalement d'accord
08:45avec le gouvernement Netanyahou.
08:47D'ailleurs, je baisse mes mots, pas totalement d'accord,
08:49ces manifestations demandent à Netanyahou et au gouvernement de démissionner.
08:55Et surtout, ce qui est pris en compte par ces manifestants et manifestantes,
08:59Israéliens et Israéliennes, c'est la libération des otages,
09:03et que ce phénomène, que cette demande soit absolument prioritaire.
09:09Le terme coup de cœur n'est pas génial.
09:11– Non, je comprends.
09:13– C'est vraiment l'expression qu'il existe quand même
09:17dans la démocratie israélienne, des centaines de milliers de personnes.
09:23Alors évidemment, c'est plutôt la gauche israélienne,
09:27parce qu'il y a une gauche qui existe en Israël,
09:29des gauches qui existent, qui en ont largement assez
09:35de voir que les otages, ça passe après,
09:37et qu'en même temps, les discussions de négociations
09:41qui se passent un peu partout, mais qui se passent surtout
09:47en Arabie Saoudite, traînent énormément.
09:49Je veux dire, clairement, il y a un ras-le-bol, je pense,
09:53d'une bonne partie de la population, d'une partie de la population israélienne,
09:57pour que les otages redeviennent prioritaires.
10:00– Oui, Alex Darmon, j'y ai complété.
10:02– Je trouve ce fait très important, Jean-Luc a raison,
10:05c'est qu'on ne parle jamais de ces gens-là en Israël.
10:07On ne montre jamais ces images, on parle beaucoup de Benjamin Netanyahou,
10:09ce qui est normal, c'est le Premier ministre israélien,
10:11et il incarne la politique diplomatique et la politique nationale israélienne,
10:15mais il est de bon ton de rappeler qu'effectivement,
10:17Israël est une démocratie, que tous les samedis soirs,
10:19à Tel Aviv, mais ailleurs dans le pays,
10:21vous avez des milliers de personnes qui manifestent,
10:23ce n'est pas depuis que quelques semaines,
10:25c'est parce qu'avant même le 7 octobre,
10:27vous avez cette même frange de gauche qui manifestait contre la réforme,
10:30rappelez-vous d'ailleurs, de la justice voulue par Netanyahou,
10:33et c'est d'ailleurs sans doute ce qui a peut-être causé le désunion
10:36au moment du 7 octobre et un peu d'errance dans la sécurité israélienne.
10:41Donc c'est intéressant et c'est important de signaler
10:43qu'effectivement des milliers d'Israéliens se réunissent
10:45pour demander à Benjamin Netanyahou
10:48de trouver enfin un accord sur la libération des otages
10:53et d'arrêter d'une certaine manière
10:55ce qui se passe à Gaza et au Liban.
10:57Après, vous avez une autre partie de la population
10:59parce qu'Israël est une démocratie,
11:01on l'a encore vu le week-end dernier,
11:03quand Benjamin Netanyahou décide de limoger le chef du Shin Bet
11:05et qu'il est repris par le conseil constitutionnel
11:07qui dit non, ce n'est pas à vous de décider de ça,
11:09il est aussi de bon ton de rappeler que comme Israël est une démocratie,
11:11vous avez le pendant à l'inverse de cette population-là,
11:15et que la société israélienne est encore déchirée aujourd'hui
11:17et encore plus qu'avant le 7 octobre.
11:19Jean-Claude, bonjour, vous voulez attirer notre attention
11:22sur une arrestation en Turquie.
11:24Oui, en Turquie, l'arrestation,
11:26finalement on est dans le même mouvement autour de cette table,
11:30l'arrestation d'une maire d'Istanbul,
11:33Ekrem Imamoglu,
11:35qui est le principal opposant d'Erdogan aujourd'hui
11:39pour la présidentielle,
11:41bien placé dans les sondages
11:43et qui considérait qu'il était le seul
11:45à pouvoir battre le président sortant.
11:49Eh bien, Erdogan, il a été arrêté
11:52au motif pris de collusion,
11:56corruption, et puis accusation de proximité avec des terroristes,
12:03comme par hasard le jour où il a été désigné candidat.
12:06Alors évidemment, on ne connaît pas le dossier,
12:08on ne va pas rentrer dans le détail,
12:10mais il est pour le moins surprenant
12:12que la Turquie,
12:14où il, il y a encore quelques années,
12:16voulait réintégrer l'Union Européenne,
12:20ne se souvienne pas, en tout cas,
12:22qu'il y a un certain nombre de règles élémentaires,
12:24et c'est la raison pour laquelle je dis,
12:26sans rentrer dans le détail, dans le dossier,
12:28mais arrêter le principal opposant,
12:30alors même qu'il démarre une campagne présidentielle,
12:34voilà, donc j'attire...
12:36Ça se fait pas dans tous les pays, ça se fait un petit peu en Russie.
12:38J'attire, je veux vraiment attirer l'attention
12:41parce qu'on dit souvent que l'état de droit,
12:43c'est la tarte à la crème,
12:45le droit peut ne pas être parfait,
12:47mais l'état de droit, c'est le respect d'un certain nombre de valeurs,
12:49et oui, je dis,
12:51il nous faut se signaler,
12:53relever, combattre,
12:55dire que nous ne sommes pas d'accord
12:57à ce que, dans un pouvoir,
12:59l'opposition ne puisse pas s'exprimer.
13:02Oui, absolument.
13:06Alex Darmon, votre coup de cœur, coup de gueule, vous ?
13:09C'est un coup de cœur, mais en décalage de tout ce qu'il m'a dit.
13:12Merci Alex.
13:14Mais la vie, elle est faite de complexités et d'un tas de choses, mon cher Alex Darmon.
13:18J'étais au Stade de France hier soir,
13:19et j'ai vu l'hommage qui a été rendu à Olivier Giroud,
13:21qui est un joueur magnifique,
13:23en réalité, qui a fait 113 matchs avec l'équipe de France,
13:26qui a marqué 57 fois,
13:28qui est champion du monde,
13:29qui a toujours baissé la tête,
13:30même lorsqu'il était critiqué,
13:31pour pouvoir faire en sorte d'être encore meilleur
13:33et de pouvoir mériter sa place,
13:34et l'hommage qui lui a été rendu hier
13:36était magnifique et a été mérité,
13:38et je voulais simplement adresser un coup de cœur à ce joueur
13:41qui, pour plein de raisons et plein de caractéristiques,
13:46représente la France dans toute sa complexité,
13:48comme vous venez de le dire,
13:49sur le fait qu'on a le droit de ne pas être d'accord,
13:52mais la méritocratie,
13:54comme vous êtes le meilleur, vous êtes le meilleur,
13:56et vous êtes obligé d'être sélectionné,
13:57de pouvoir aller au bout.
13:58Et je trouve que c'est un joueur formidable,
14:00et qu'on a souvent, dans toutes les émissions que j'ai eu à faire,
14:03émissions de foot que j'ai eu à faire ici et ailleurs,
14:06on ne lui a pas souvent rendu hommage,
14:07on disait juste quand ça n'allait pas,
14:08mais on ne disait jamais quand il était bon.
14:10Et quand il est rentré sur le terrain,
14:11il était toujours à la hauteur,
14:12et hier, il a eu enfin un hommage à la hauteur de son talent.
14:15Il était courageux pour aller au bout, entre guillemets.
14:18Oui, et puis il a marqué 57 buts en équipe de France de football,
14:21ça a été un attaquant formidable,
14:23et qui a joué avec plein de générations,
14:26et qui ne s'est jamais plaint,
14:28en quelque sorte, des critiques qu'on lui a adressées.
14:30Et ça, c'est la valeur primaire dans le sport,
14:32ce n'est pas se plaindre.
14:34Jean-Luc ?
14:37J'ai regardé le match comme vous,
14:39enfin, comme certains sans doute,
14:41j'ai regardé l'hommage,
14:42il était bien mérité.
14:43Comme quoi, on peut être non pas surdoué,
14:46car ce n'était pas un surdoué,
14:47mais avoir une carrière absolument formidable.
14:50Clairement.
14:52C'est ça qu'il a eu quelques hauts et bas,
14:54en tout cas, qu'il était parfois critiqué,
14:56mais globalement, Alex l'a rappelé,
15:01marqué 57 buts, c'est énorme.
15:05Il a été plus de 140 fois sélectionné,
15:07si je me rappelle bien.
15:09L'hommage est naturel,
15:11mais il y aura d'autres hommages,
15:12parce qu'il y en a un autre à qui on va rendre hommage,
15:14c'est Griezmann.
15:15J'espère qu'il va revenir.
15:17Griezmann, sa carrière n'est pas terminée.
15:19Non, mais en équipe de France,
15:21il a pris sa retraite,
15:22mais on espère qu'il va revenir,
15:23on ne sait jamais.
15:24Vous pensez que c'est possible ?
15:25Ah oui ?
15:26Il devait y avoir le match hier,
15:27et ils l'ont annulé.
15:28Enfin, c'est lui qui l'a annulé.
15:30Sans remettre de l'huile sur le feu aussi,
15:32mais bien sûr, à l'époque de Giroud,
15:36il y avait la rivalité avec Benzema,
15:38et il y avait les anti-Giroud,
15:41les pro-Benzema,
15:43les pro-Giroud,
15:45les anti-Benzema aussi.
15:47Ça fait partie...
15:48Non, mais bien sûr !
15:49À tel point qu'il y a des politiques
15:51qui se sont emparées,
15:52souvenez-vous de la question.
15:53Quelle politique ? Manuel Valls ?
15:54Manuel Valls !
15:56Non, mais c'était remonté jusque-là.
15:59C'est la transition avec l'Algérie.
16:01Nous allons en parler dans un instant
16:03sur Sud Radio dans
16:04Mettez-vous d'accord ?
16:05Les Français largement favorables
16:06aux mesures qui visent l'Algérie.
16:08Et c'est Bruno Rotailleau
16:09qui est en première ligne
16:10dans notre sondage
16:11IFOP fil du ciel pour Sud Radio.
16:19Mettez-vous d'accord avec ce matin
16:21Jean-Claude Beaujour,
16:22Arnaud Benedetti,
16:23Alex Darmon,
16:24Jean-Luc Benhamia,
16:25c'est vous d'ailleurs,
16:26si vous voulez réagir,
16:270826 300 300,
16:28vous avez la parole
16:29sur les réseaux sociaux également.
16:31Valérie Expert sera,
16:32je l'espère,
16:33de retour demain.
16:34Elle est à Faune,
16:35donc c'est la raison
16:36pour laquelle, évidemment,
16:37je suis là pour vous accompagner
16:39jusqu'à midi,
16:40comme le disait Jean-Claude.
16:43Jean-Luc !
16:44Décidément,
16:45j'ai des problèmes
16:46avec les heures
16:47et avec les prénoms.
16:48Je suis un petit peu fatigué.
16:49Edgar Ford aurait dit
16:50Jean-Claude c'est moi
16:51et c'est pas l'autre.
16:53Oui, c'est ça.
16:54La confiance en Bruno Rotailleau
16:56sur des sujets de sécurité.
17:0051% pour lutter
17:01contre l'insécurité,
17:02lutter contre le terrorisme,
17:0351%,
17:04contre le trafic de drogue
17:05et le narcotrafic,
17:0650%,
17:07c'est l'enquête
17:08de l'IFOP pour Fiducial.
17:10Ça progresse
17:11par rapport
17:12à une enquête précédente
17:14qui datait du mois de novembre
17:16pour lutter contre l'insécurité.
17:17Comment vous le jugez, vous ?
17:19Jean-Luc Benhamia,
17:20on va commencer par vous.
17:23Moi, je le juge
17:24en candidat
17:25à la Fidu présidentielle.
17:26Tout ce qu'il fait
17:27tourne autour d'une chose,
17:28c'est être le leader
17:29avec l'ensemble
17:30des candidats de droite
17:31qui peuvent exister,
17:32Jean-Claude Thauvin est 5,
17:33ce serait trop long à raconter,
17:34mais voilà,
17:35je le juge en pleine campagne.
17:36Après,
17:37globalement,
17:38j'ai du mal
17:39à penser.
17:40Je suis des sondages
17:41comme tout le monde
17:42depuis très longtemps
17:43que sur un certain nombre
17:44de questions,
17:45les gens qui répondent
17:46soient suffisamment au courant
17:47pour y répondre.
17:48Après,
17:49sur les questions,
17:50des questions très précises,
17:51j'en prenais une autre
17:52sur un nom de sondage
17:53de l'IFOP
17:54qui consolère
17:55M. Retailleau
17:56sur ce que pensaient
17:57les Français
17:58de la décision
17:59de M. Macron
18:00par rapport
18:01au peuple saharoui.
18:02Il y a des questions
18:03sur lesquelles
18:04tout d'un coup,
18:05les gens répondent.
18:06Moi-même,
18:07je suis obligé
18:08de réfléchir
18:09à deux fois,
18:10d'aller revoir la carte
18:11où c'est le Saharoui.
18:12Voilà,
18:13je vous donne cet exemple-là.
18:14Après,
18:15je finis,
18:16M. Retailleau
18:17est en campagne
18:18face à M. Wauquiez,
18:19face à M. Darmanin
18:20et j'en oublie.
18:21Oui,
18:22c'est vrai.
18:23Quand on regarde
18:24le soutien
18:25aux différentes mesures
18:26qui visent d'Algérie,
18:27il y a une adhésion
18:28quand même
18:29qui va de
18:3060 à 70 %
18:31quand on regarde
18:32la réduction
18:33de l'aide
18:34au développement
18:35de la France
18:36en faveur d'Algérie,
18:37révocation
18:38de l'accord
18:39gouvernemental
18:40de 68.
18:41On a l'impression
18:42qu'à ce niveau-là,
18:43il a le soutien
18:44d'une bonne partie
18:45des Français.
18:46Je laisse la parole
18:47après,
18:48mais qui connaît
18:49réellement ?
18:50Quelle sont les Françaises
18:51et les Français
18:52de 68 ?
18:53Non, sérieux !
18:54Oui,
18:55on en parle quand même
18:56beaucoup dans les médias.
18:57Oui, d'accord,
18:58on parle,
18:59c'est d'accord,
19:00mais de ce qu'il y a dedans ?
19:01Oui,
19:02ce qui est vrai
19:03pour l'accord de 68,
19:04c'est vrai
19:05sur des tas
19:06d'enjeux politiques,
19:07sociaux,
19:08économiques.
19:09Les sondages
19:10n'ont pour but
19:11que de recueillir
19:12ce que Machiavel
19:13appelait l'humeur du peuple
19:14à un moment donné.
19:15Voilà,
19:16c'est ce qui est important
19:17et on fait comme ça
19:18en démocratie
19:19d'une certaine façon aussi,
19:20même si ce n'est pas
19:21que Bruno Retailleau
19:22qui est en phase
19:23avec l'opinion,
19:24parce que, in fine,
19:25quand on regarde,
19:26malgré tout,
19:27l'évolution de ce sondage
19:28depuis quelques mois,
19:29clairement,
19:30on a
19:31une demande
19:32très forte
19:33de fermeté
19:34de l'opinion publique
19:35vis-à-vis
19:36d'un changement
19:37de notre politique
19:38à l'égard
19:39de l'Algérie,
19:40clairement.
19:41Donc,
19:42Retailleau s'aligne aussi
19:43sur cette position,
19:44même si c'est sa position,
19:45indéniablement,
19:46à lui,
19:47et qu'il n'est pas du tout
19:48opportuniste
19:49sur cette question.
19:50En tout cas,
19:51ce qui est sûr,
19:52moi, je vais parler
19:53de ma fenêtre,
19:54c'est-à-dire,
19:55ce qu'on voit quand même,
19:56c'est que l'attitude
19:57qui a été l'attitude
19:58depuis 4 mois,
19:59depuis l'arrestation
20:00de Boilem Sansalle,
20:01c'est-à-dire,
20:02une attitude plutôt
20:03de réserve
20:04et de grande prudence
20:05de la part de la France,
20:06manifestement,
20:07n'a pas fait évoluer
20:08d'un yota
20:09l'attitude algérienne.
20:10Clairement,
20:11on juge l'arbre
20:12à ses fruits,
20:13en l'occurrence.
20:14Donc,
20:15aujourd'hui,
20:16ce que l'on peut constater,
20:17c'est que,
20:18notamment,
20:19je ne sais pas
20:20si vous avez pu suivre
20:21le discours du président
20:22Théboune,
20:23ce samedi,
20:24c'est que,
20:25je veux dire,
20:26on voit aussi que du côté français,
20:27il y a eu un infléchissement
20:28de la position,
20:29notamment sur l'accord
20:30de 68,
20:31malgré tout,
20:32même si on voit
20:33que ça fait débat
20:34au sein du gouvernement,
20:35notamment sur les visas,
20:36sur l'accord de 2007,
20:37les fameux accords
20:38Kouchner avec son homologue
20:39ministre des Affaires étrangères.
20:40Donc,
20:41il y a une évolution.
20:42Moi, ça ne me surprend pas,
20:43sur le fond,
20:44parce que,
20:45si vous voulez,
20:46la position algérienne
20:47c'est que,
20:48mécaniquement,
20:49vous ne pouvez avoir
20:50qu'un retour,
20:51je veux dire,
20:52de bâton du côté français.
20:53En tout cas,
20:54c'est du pouvoir.
20:55Non mais,
20:56du pouvoir,
20:57après la population,
20:58c'est autre chose.
20:59Nous,
21:00on parle tout le temps
21:01du régime algérien.
21:02On ne parle pas
21:03du peuple algérien
21:04qui est victime
21:05de son régime.
21:06Théboune,
21:07il a dit que,
21:08lui,
21:09il parlait uniquement
21:10avec Emmanuel Macron.
21:11Oui,
21:12enfin,
21:13ça fait des mois,
21:14c'est-à-dire,
21:15depuis,
21:16il n'a pas vu
21:17le dégagé des signes,
21:18peut-être.
21:19Alex Armand.
21:20Moi,
21:21je vais vous dire,
21:22pour Bruno Retailleau,
21:23sur le fait qu'il soit
21:24en phase avec la population,
21:25la France est un pays de droite.
21:26On peut monter
21:27et descendre,
21:28se dire qu'il y a une place
21:29pour la gauche,
21:30sans doute,
21:31mais aujourd'hui,
21:32dans sa globalité,
21:33et dans les problématiques,
21:34et depuis plusieurs années,
21:35la France a pris,
21:36mais comme,
21:37d'ailleurs,
21:38vous regardez
21:39dans les pays voisins
21:40ou dans les autres pays
21:41du monde,
21:42a pris un certain virage
21:43à droite.
21:44Ça c'est le premier point.
21:45Moi j'avoue que je suis assez surpris le fait qu'on lui accorde ce crédit, pourquoi ?
21:49Effectivement c'est cessé depuis longtemps, mais quels sont les actes depuis qu'il est arrivé ?
21:52C'est ça le problème.
21:53Non mais quels sont les actes ?
21:54Les résultats vous voulez dire.
21:55Oui les résultats, mais c'est pas que de sa faute d'ailleurs.
21:59Il y a tellement une grande incertitude politique qu'il ne peut rien faire.
22:03Il n'a pas les moyens de faire politique ?
22:04Voilà, qu'il ne peut rien faire.
22:05Ah bah ça ce sont les arguments du RN d'ailleurs qui disent, oui alors il a des paroles, des paroles, mais les actes ?
22:08Mais d'une certaine manière ils ont raison, donc là il va y avoir une loi sur le narcotrafic que le RN va voter
22:14et donc qui va être dans sa grande globalité adoptée.
22:17Mais la réalité c'est que Bruno Retailleau, je trouve qu'il est assez malin et assez fort dans son attitude politique
22:22parce qu'il prend la parole, il est même plus fort que Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, sur certaines propositions.
22:28Mais en attendant, il ne peut pas agir, il n'a pas les moyens de sa politique.
22:32Bonjour Arnaud Benedetti.
22:34Alors tout d'abord vous avez demandé ce que ce sondage dit.
22:36Ce sondage dit aussi et surtout pour moi, au-delà de la personnalité du ministre de l'Intérieur,
22:41c'est que depuis un bout de temps les Français réclament un peu d'ordre.
22:45Ça peut choquer quand on dit, souvent on vous taxe d'extrême droite lorsqu'on dit qu'on a besoin d'un peu d'ordre.
22:51C'est de ne pas comprendre ou de ne pas connaître le pays profond
22:54parce que c'est vrai que les questions d'insécurité dans les quartiers, au quotidien,
22:59ça n'est pas forcément, je dis bien ça n'est pas forcément, on n'est pas victime au quotidien de grands banditismes,
23:07mais c'est vrai que toutes les infractions du quotidien,
23:11les incivilités qui sont devenues des infractions, etc.
23:14sont devenues insupportables aux Français
23:16et je pense que pendant trop longtemps,
23:18les hommes politiques ont minoré cet aspect au motif pris que c'était d'être d'extrême droite
23:23que de dire qu'on avait besoin...
23:24C'est que l'Église royale qui était à gauche disait l'ordre, l'ordre juste.
23:27Non mais il y a eu quelques incursions,
23:31mais globalement on disait, c'était mauvais d'en parler.
23:34Donc c'est vrai que le ministre Retailleau dit avec beaucoup de facon ce besoin d'ordre.
23:43Maintenant pour moi le vrai sujet, et ça a été un peu abordé,
23:46efficacité, parce qu'une fois qu'on a dénoncé, c'est qu'est-ce qu'on fait et comment on le fait.
23:52Qu'est-ce qu'on fait, je veux encore voir, et ce d'autant qu'on est sur des sujets complexes.
23:57Je vais vous dire, je suis allé, j'ai fait un déplacement récemment en Guyane.
24:00On parle de la drogue, du narcotrafic.
24:02Lorsque vous avez plusieurs centaines de kilomètres de frontières entre la France et le Suriname,
24:09comment contrôlez-vous la frontière ?
24:12Il faut arrêter de raconter à nos concitoyens des histoires.
24:15Alors on peut faire toutes les droits qu'on veut, tant qu'on ne se dira pas.
24:19Quels moyens, comment on le fait, avec qui on le fait, etc.
24:22Et pérennes, les mesures pérennes.
24:24Pas des choses où on va communiquer un moment, c'est là où il faut faire attention.
24:27Et je m'arrête là-dessus, pardonnez-moi, je m'arrête là-dessus.
24:30Une fois qu'on a dit qu'on fera, on est volontaire et on reconnaît aux ministres.
24:35Mais s'il ne se passe rien, je vais vous dire ce qui va se produire.
24:38C'est que dans deux ans, nos concitoyens vont se dire
24:40lui c'est encore un qui nous a raconté les histoires.
24:42Donc moi je préfère être moins communiquant et plus efficace.
24:46Il a une force parce qu'Alex parlait de comparer Darmanin et Retailleau.
24:55D'abord il a une force dans son parcours politique.
24:58Retailleau, oui, il a toujours été dans l'opposition à Emmanuel Macron.
25:01Il n'a jamais rallié Emmanuel Macron.
25:03Et il participe au gouvernement, non pas comme quelqu'un qui rallie Emmanuel Macron,
25:08mais pour peser sur le cours des choses et exprimer la voie,
25:11qui est la voie des LR au sein de ce gouvernement dans une coalition.
25:14Ça c'est un premier point, donc c'est une force pour lui.
25:16Deuxième élément, il a quelque chose dans sa stratégie comportementale
25:20et peut-être dans son comportement d'ailleurs, tout court,
25:22qui à mon avis, dont le crédite les Français,
25:24c'est à la fois une forme de sobriété dans l'expression et dans la communication,
25:28même s'il est très présent,
25:29et deuxièmement on le crédite d'une très grande sincérité.
25:32Et le gros problème aujourd'hui des politiques,
25:34c'est qu'on les crédite pratiquement tous d'une très grande insincérité.
25:37Et il bénéficie de cette perception d'une sincérité
25:41qui même malgré les difficultés qui sont les siennes,
25:43même malgré le peu de résultats qui sont les siens,
25:46et pour cause de toute façon parce qu'il n'a pas les moyens de sa politique,
25:49ça lui permet de tenir.
25:51Je termine, il y a un dernier point,
25:53on y revient au sujet précédent,
25:56la crise des relations franco-algériennes
25:59est une épreuve de vérité pour Bruno Retaillou.
26:02Je rappelle qu'il y a quelques semaines,
26:04le Premier ministre a annoncé la remise en cause éventuelle
26:08des accords de 68 dont on a parlé il y a quelques instants.
26:12Que va-t-il se passer si jamais les Algériens
26:16restent sur une position d'extrême, j'allais dire,
26:19dureté vis-à-vis de la France ?
26:21S'ils ne reprennent pas leurs OQTF ?
26:23Et si la France, contrairement à ce qu'elle a dit,
26:25à travers la voix du Premier ministre,
26:27ne réexamine pas les accords de 68 ?
26:29Là, il y a un problème pour Bruno Retaillou en ce sens.
26:31Je suis d'accord avec Diarno,
26:33le seul problème c'est qu'on oublie une variable dans cette équation,
26:35c'est le président de la République, Emmanuel Macron,
26:37qui semble avoir remis tout le monde d'équerre autour de la table
26:39en disant c'est moi qui décide sur la politique diplomatique.
26:42C'est un problème pour lui.
26:44Bruno Retaillou, il ne peut pas agiter le foulard,
26:46dire je vais démissionner autour de ces questions-là,
26:48et ne rien faire derrière, sans les actes en plus.
26:50Allez, dernier point,
26:52justement avec vous, Jean-Luc Bénamias,
26:54est-ce qu'il vous semble,
26:56comme le disait Arnaud Benedetti à l'instant,
26:58qu'il apparaît authentique et sincère, Bruno Retaillou ?
27:02Et que souvent, c'est ce qui manque
27:04chez certains politiques.
27:06Enfin, ce n'est pas facile, vous qui avez fait de la politique,
27:08mon cher Jean-Luc Bénamias.
27:10Oui, mais pas de la même manière.
27:14J'en sais rien.
27:16Pour moi tout ça est un jeu,
27:18un jeu politique dans une démocratie.
27:20Non, il n'y a pas que du jeu.
27:22Si, il y a beaucoup de jeux dans tout cela, excusez-moi,
27:24je le répète.
27:26J'entends là que
27:28M. Retaillou représente
27:30les Républicains.
27:32Demandez à M. Wauquiez s'il pense que M. Retaillou
27:34représente les Républicains.
27:36La politique en France
27:38est en phase
27:40de décomposition ou de recomposition.
27:42Chacun joue un rôle.
27:44Moi, j'en prends hâte,
27:46mais je ne mets pas M. Retaillou
27:48au-dessus de ce qu'il pourrait être.
27:52Clairement, M. Retaillou,
27:54quand je vois que tout d'un coup,
27:56la majorité des Français le connaissent,
27:58vous auriez fait ce sondage il y a un an,
28:00M. Retaillou était totalement inconnu.
28:02Justement,
28:04je crois que là encore,
28:06il est crédité de sincérité.
28:08Pour autant, ce crédit
28:10tiendra
28:12jusqu'à ce que les Français
28:16observent
28:18des résultats ou non.
28:20Parce que là encore,
28:22si ce qu'on promet n'est pas
28:24au rendez-vous, on cesse d'être crédible.
28:26Dans les résultats,
28:28est-ce qu'il y en aura aussi ?
28:30François Bayrou a atteint les 100 jours.
28:32On en parle dans un instant,
28:34à Orléans,
28:36avec ce défi.
28:38Comment combattre le poison
28:40de l'antisémitisme dans notre société ?
28:42Sud Radio.
28:44Parlons vrai.
28:46Parlons vrai.
28:48Bonjour, c'est André Bercoff.
28:50Tous les jours, de midi à 14h,
28:52on explore non seulement l'actu,
28:54mais les coulisses, la mécanique
28:56de ce qu'on vous cache, de ce qu'on ne vous dit pas
28:58sur tous les sujets de société et de politique.
29:00C'est dans Bercoff, dans tous ses états.
29:02A tout à l'heure, à midi.
29:04Mettez-vous d'accord, Patrick Rocher.
29:06Mettez-vous d'accord jusqu'à midi
29:08avec Jean-Claude Beaujour, Arnaud Benedetti,
29:10Alex Darmon, Jean-Luc Benamias,
29:12j'ai tout dans l'ordre, évidemment.
29:14Cette fois, quand même,
29:16pour les auditeurs
29:18qui nous suivent sur Sud Radio,
29:20Valérie Expert, j'espère, sera là
29:22demain, bien sûr, un petit problème
29:24de voix.
29:26Il y a cette affaire
29:28d'Orléans, du rabbin agressé,
29:30avec, derrière,
29:32des questions, comment combattre le poison
29:34de l'antisémitisme, est-ce qu'il y a
29:36un certain parti, vous voyez de qui je veux dire,
29:38qui entretient de l'antisémitisme en France.
29:40Et puis, l'enquête elle-même,
29:42sur ce jeune
29:44interpellé, on ne sait pas,
29:46il serait mineur, selon
29:48certaines sources, il est
29:50entendu actuellement, il aurait 16 ans,
29:52mais on a du mal à le savoir.
29:54Il est connu au moins sous trois identités,
29:56une marocaine, deux palestiniennes.
29:58Est-ce que, après,
30:00c'est le hasard, ou parce qu'il
30:02a croisé le rabbin dans la rue,
30:04ou alors est-ce que ça a été vraiment
30:06délibéré, il y a un certain nombre de questions
30:08derrière tout ça.
30:10Donc c'est pour ça que parfois,
30:12il faut s'exprimer aussi avec
30:14prudence et un peu de réserve.
30:16En tout cas, il y a quand même
30:18des agressions
30:20antisémites qui ont progressé
30:22ces dernières années en France.
30:24Et ça, c'est un
30:26vrai fléau
30:28qui plus est, probablement,
30:30aggravé par la situation et les conflits
30:32que nous connaissons. Alex Armand.
30:34Oui, mais franchement,
30:36c'est affligeant ce qui est en train de se passer
30:38dans notre pays. On est en train
30:40de dire qu'il faut combattre le poison de l'antisémitisme
30:42en 2025. Je crois qu'on ne prend pas
30:44la juste mesure des choses. Qu'est-ce qui s'est passé samedi ?
30:46Vous avez ce rabbin, le rabe Angelberg,
30:48qui sort de son autre culte
30:50après la prière du samedi, qui est avec son
30:52fils, qui rentre chez lui, et qui fait prendre
30:54parti, parce qu'il est juif.
30:56Donc après, qu'on concherce...
30:58Il y a des insultes et tout.
31:00Des insultes au nom, à travers
31:02tous les juifs, par rapport au conflit
31:04israélo-palestinien. Ce qu'on ne
31:06ne voulait pas faire est arrivé, c'est-à-dire
31:08transposer
31:10le conflit qui se passe là-bas,
31:12ici, en France. Et c'est d'une violence
31:14inouïe, en réalité.
31:16Parce que vous parlez de l'augmentation des actes
31:18antisémites. Il faut savoir qu'en
31:202023, les actes antisémites étaient
31:22peut-être un petit peu en dessous à 500 actes
31:24en France. Qu'en 2024,
31:26ils sont passés à 1500, et qu'en 2025,
31:28ils vont sensiblement être
31:30sur les mêmes chiffres. 1500
31:32actes antisémites dans notre pays
31:34aujourd'hui, en 2025.
31:36Et on dit qu'il faut combattre
31:38ce poison de l'antisémitisme, et dans le même temps,
31:40vous avez des manifestations contre le racisme,
31:42contre le soi-disant racisme,
31:44qui se tient, où vous avez des slogans...
31:46Le jour même de
31:48cette attaque, où vous avez des slogans
31:50et des drapeaux palestiniens, comment vous ne voulez pas
31:52réveiller la haine du juif
31:54en faisant ça ?
31:56C'est vraiment, quand vous faites de la politique et que vous dites
31:58que ce n'est pas votre intention,
32:00ou que vous pouvez avoir un avis,
32:02mais ça ne veut pas dire que vous êtes antisémite,
32:04peut-être, ça je ne le remets pas en cause,
32:06mais la responsabilité aussi, elle appelle au fait
32:08de faire attention à ce qu'on dit,
32:10et de faire attention aux propos
32:12ou aux actes qu'on aurait quand on fait des affiches
32:14électorales.
32:16C'est ça que vous vous demandez,
32:18par rapport à ce qu'elle a dit,
32:20et je suis désolé, la France Insoumise aujourd'hui,
32:22ne peut pas se dédouaner de ce qui peut se passer.
32:24Je ne dis pas qu'elle est responsable complètement,
32:26mais en tout cas, elle y participe d'une certaine manière.
32:28Et l'entretien, Jean-Luc Benamias,
32:30vous trouvez qu'elle
32:32entretient cet
32:34antisémitisme ?
32:36Revenir sur l'attaque de ce
32:38rabbin, je veux féliciter
32:40le riverain qui est intervenu immédiatement,
32:42ce qui montre
32:44qu'il y a des gens qui
32:46réagissent vite, et heureusement,
32:48parce que peut-être que ça aurait continué.
32:50Je vous l'avais vu comme moi à la télévision.
32:52Après,
32:54moi j'étais aux manifestations de
32:56samedi, à Marseille,
32:58qu'il y ait quelques
33:00slogans qui ne me
33:02vont pas du tout, c'est une évidence.
33:04Après, la lutte contre le fascisme
33:06et contre le racisme, s'il s'agissait de ça,
33:08demande évidemment aujourd'hui
33:10beaucoup de mobilisation,
33:12car nous sommes entourés
33:14en Europe
33:16et dans le monde, d'une
33:18montée de l'extrême droite,
33:20extrêmement puissante. Je ne pense pas
33:22qu'en Allemagne, je pense à d'autres pays aussi.
33:24Après, est-ce que
33:26la LFI
33:28ne fait pas d'erreur ?
33:30Est-ce que la direction de la LFI ne fait pas d'erreur ?
33:32Si, elle en fait. Elle en fait dans
33:34certaines images que nous avons vues circuler la semaine dernière,
33:36qui sont des erreurs
33:38qui peuvent apparaître, et qui le sont,
33:40que je peux juger comme
33:42gravissime. Après, est-ce que
33:44pour autant, je juge
33:46comme personne
33:48de gauche, et
33:50écolo par ailleurs, que
33:52la LFI et l'électorat de la LFI
33:54est antisémite ? Non, je pense que non.
33:56Peut-être certains quand même,
33:58parce que si on laisse passer ces affiches chaudes...
34:00Il y a dans l'électorat des gens qui sont antisémites.
34:02Jean-Luc, je veux bien, mais il y a un vrai problème.
34:04Il y a un vrai problème.
34:06Moi, j'ai été extrêmement,
34:08pendant des années et des années,
34:10prudent
34:12quant à la caractérisation de
34:14LFI et de
34:16Jean-Luc Mélenchon, mais force est de constater
34:18quand même qu'il y a une extrémisation,
34:20c'est le moins qu'on puisse dire, des positions de LFI
34:22maintenant, depuis plusieurs
34:24années, et encore plus depuis
34:26le 7 octobre.
34:28L'affiche, ce n'est pas une erreur, c'est une
34:30faute. Une erreur, c'est une
34:32chose. C'est une faute politique, et c'est une
34:34faute morale. Et quand on voit les
34:36arguments qu'ils ont utilisés pour essayer de se
34:38dédouaner, c'est des arguments de cours
34:40élémentaires.
34:42Je suis désolé,
34:44c'est des arguments de cours
34:46élémentaires, première année.
34:48Il y a bien un directeur de la communication
34:50à LFI qui a validé, à un moment
34:52donné, cette
34:54affiche qui, encore une fois,
34:56reprend à peu près,
34:58presque morphologiquement, tous les
35:00codes qui étaient les codes des affiches antisémites
35:02des années 30. Il suffit de faire
35:04une comparaison. Donc, c'est bien
35:06volontaire. Mais c'est volontaire.
35:08Il y a une partie, qu'on le veuille ou non,
35:10à LFI qui, aujourd'hui,
35:12entretient cette ambiguïté
35:14pour parler à une frange
35:16de son électorat. Je crois qu'il faut
35:18à un moment donné dire les mots sur la situation.
35:20Et ça, ce n'est pas acceptable. Et que ce sont
35:22ces mêmes gens qui viennent nous dire qu'il faut
35:24manifester contre le racisme, la
35:26xénophobie, et qui plus est, contre l'antisémitisme.
35:28Je veux dire, il n'y a aucune crédibilité
35:30malheureusement dans leur prise de position.
35:32Il y avait 140 associations, syndicats et partis politiques qui ont appelé aux manifestations.
35:34Je veux dire, manifester
35:36avec eux, c'est un problème quand même.
35:38Moi, je le sais.
35:40Je voudrais
35:42réagir à ce que vient de dire
35:44Jean-Luc, et à la question
35:46qu'a posée Patrick.
35:48Moi, à la limite,
35:50j'ai presque envie de dire,
35:52je ne veux même pas rentrer dans le débat
35:54de savoir est-ce qu'LFI est antisémite
35:56ou pas. Parce qu'on rentre dans
35:58un débat où finalement,
36:00ça déplace le débat. Moi, ce que je constate,
36:02c'est que le discours tenu
36:04par LFI, ce discours
36:06alimente
36:08l'antisémitisme. Il l'alimente
36:10indiscutablement.
36:12C'est ça le point. Il suffit pas
36:14si vous voulez, on peut qualifier, on va passer
36:16du temps à essayer, est-ce que oui, est-ce que non, etc.
36:18Moi, c'est moins mon sujet. Je ne dis pas
36:20que c'est le sujet mineur. Je dis simplement
36:22on rentre dans un autre débat. Ce que je constate,
36:24il l'alimente. À un moment donné,
36:26et nous étions tout à l'heure d'accord pour dire
36:28qu'il est normal qu'il y ait une gauche israélienne
36:30qui rappelle qu'il y a la démocratie.
36:32Je crois qu'à un moment donné,
36:34il faut savoir simplement dire que certains
36:36actes sont inacceptables,
36:38ne sont pas acceptables. En République,
36:40c'est tout. Et essayer de justifier
36:42tel ou tel...
36:44Alors, vous allez jusqu'où ? À partir du moment
36:46que vous dites ça, est-ce que ça veut dire qu'un tel
36:48parti doit être interdit ?
36:50Condamné ?
36:52Non, mais...
36:54Jean-Claude. Non, moi j'ai pas dit qu'il fallait être condamné.
36:56Non, mais j'ai dit clairement
36:58qu'il faut dire
37:00aujourd'hui quelles sont les positions de ce parti.
37:02Clairement.
37:04C'est pour cela que je...
37:06On se rejoint sur la conclusion.
37:08Je vous ai dit que le débat de savoir s'ils sont
37:10antisémites, c'est avant tout le débat
37:12des actes et des propos qui sont tenus.
37:14D'autant qu'on a une responsabilité
37:16lorsqu'on est un acteur
37:18public, un leader d'opinion.
37:20On a des responsabilités et donc il faut
37:22sanctionner systématiquement ceux et celles
37:24qui contribuent.
37:26Il y a une justice
37:28dans le pays, en réalité.
37:30Et moi je fais confiance à la justice de mon pays.
37:32Donc demain, s'ils ont
37:34des propos, s'ils ont des actes antisémites,
37:36il faudra les attaquer en justice.
37:38Ils devront être condamnés.
37:40Et pour le moment, ils n'ont pas été condamnés.
37:42Ça, il faut le constater aussi.
37:44Première chose. La deuxième chose, moi j'aimerais simplement
37:46dire une chose et être très clair
37:48avec vous. Je donnais ces chiffres tout à l'heure.
37:50Le vrai problème, il est là.
37:52C'est qu'en 2022, vous avez
37:54400 actes antisémites. En 2023,
37:561500. En 2024, 1500.
37:58Et on verra en 2025. Il y a une détresse,
38:00je vous le dis, vraiment.
38:02Je vais terminer là-dessus, Jean-Claude.
38:04Simplement, il y a une détresse dans la communauté juive.
38:06Pourquoi ? Parce que
38:08il l'a dit tout à l'heure,
38:10Jean-Luc. Effectivement, il y a un riverain
38:12qui est intervenu. Très bien.
38:14Mais vous savez qu'aujourd'hui, en France,
38:16il y a des actes, malheureusement,
38:18tous les jours, où personne n'intervient.
38:20Vous savez que malheureusement, aujourd'hui en France,
38:22quand vous êtes de confession juive et que vous allez
38:24prier le samedi matin à la synagogue, malheureusement,
38:26vous êtes obligés de passer devant les policiers.
38:28Vous savez qu'aujourd'hui en France, quand vous avez des enfants
38:30en école juive, vous êtes obligés
38:32de les amener à l'école et qu'ils sont une fois
38:34sur deux venus passer devant des militaires ou devant
38:36des policiers. Malheureusement, quand vous allez à un concert
38:38d'Enrico Macias, parce que vous avez une affinité
38:40avec cette chanson-là, vous êtes à un concert
38:42et il y a des boules puantes qui sont déversées
38:44dans une salle de concert. Et malheureusement,
38:46quand vous êtes juif français
38:48aujourd'hui, vous avez à subir ça.
38:50Mais depuis des années, on entend
38:52qu'il faut lutter contre le poison.
38:54Je vais porter témoignage.
38:56Je vais porter témoignage
38:58à ce que dit Alex.
39:00Il y a quelque temps, j'étais
39:02à un mariage à une synagogue, j'avais
39:04ma kippa et après la cérémonie,
39:06il faisait beau, on sort avec
39:08quelques copains, rigoler, s'embrasser.
39:10Et il y a le rabbin qui vient me voir
39:12et qui me dit, rentre, rentre, parce qu'avec
39:14ta kippa, tu peux
39:16subir une agression.
39:18Je vais vous dire, ça traumatise quand vous vivez
39:20cela au quotidien, c'est vrai,
39:22et je dis, c'est vrai, quand on vit
39:24cela, c'est insupportable et c'est cela
39:26qu'il y a d'inacceptable. Ce qui,
39:28d'ailleurs, parce que souvent on vous dit,
39:30vous ne parlez pas des actes islamophobes.
39:32Mais moi, je condamne tout autant,
39:34tout autant, sans réserve,
39:36les actes islamophobes.
39:38Arnaud Benedetti ?
39:40Je voudrais rebondir sur ce que disait Alex.
39:42La vérité, c'est que, si vous voulez, l'antisémitisme
39:44est rené
39:46de manière forte en France et visible
39:48depuis une vingtaine d'années. Je rappelle
39:50qu'il y a 13 ans, des enfants ont été
39:52assassinés dans une école
39:54parce qu'ils étaient juifs. C'était en 2012.
39:56Et là où, véritablement,
39:58il y a quelque chose d'absolument
40:00inacceptable chez ceux
40:02qui, qu'on le veuille ou non, aujourd'hui
40:04flirtent avec l'antisémitisme,
40:06c'est qu'ils n'ignorent rien de ce
40:08climat. Qu'ils n'ignorent rien de
40:10cette montée en puissance d'un antisémitisme
40:12sous une nouvelle forme. Et que,
40:14au lieu de le combattre,
40:16ils l'instrumentalisent à des fins électorales.
40:18Et vous voyez bien de qui je parle, en l'occurrence.
40:20C'est ça le vrai
40:22problème. C'est qu'un certain
40:24nombre de leaders de la France insoumise ne peuvent pas
40:26ignorer la réalité de la montée
40:28en puissance de l'antisémitisme, qui est
40:30depuis une vingtaine d'années une réalité dans ce
40:32pays. Qu'il a pris une nouvelle forme
40:34et que, clairement, le moins qu'on puisse dire,
40:36c'est que LFI ne sert pas, aujourd'hui,
40:38la cause de la lutte contre l'antisémitisme,
40:40loin de là.
40:42Parce qu'au fond, finalement, ils
40:44organisent la polarisation et
40:46une forme de séparatisme dans le pays.
40:48Oui. Allez, dans un instant,
40:50dans, mettez-vous d'accord, 100 jours de
40:52Bayrou, est-ce qu'il est, de nouveau, sous la menace
40:54d'une censure ?
41:02Mettez-vous d'accord jusqu'à midi,
41:04avant de retrouver André Bercoff et tous ses invités
41:06tout à l'heure, qui a dit
41:08« Je ne suis pas énarque, je ne suis
41:10pas parisien, je refuse les
41:12éléments de langage, là comme les Français
41:14veulent de l'authenticité,
41:16nous devons avancer. »
41:18C'est François Bayrou, ce week-end, interview
41:20dans La Tribune, à l'occasion des 100 jours
41:22de François Bayrou,
41:24Jean-Claude Beaujour, Arnaud Bénédetti, Alex Darmon
41:26et Jean-Luc Benamias.
41:28Parce qu'on l'accuse,
41:30entre guillemets, de faire de l'immobilisme.
41:32C'est pour ça qu'il dit « nous devons avancer ».
41:34Mais alors, il a du mal à avancer. Et puis, maintenant,
41:36il y a la menace de
41:38de nouvelles censures, Arnaud Bénédetti.
41:40Oui, mais enfin, vous savez,
41:42de toute façon,
41:44quel que soit le Premier ministre,
41:46compte tenu de la configuration de l'Assemblée nationale,
41:48il se retrouve dans une situation
41:50qui est absolument impossible. Parce qu'encore une fois,
41:52je le répète, pour la première fois sous la Ve République,
41:54nous avons une coalition gouvernementale qui est minoritaire.
41:56Donc, déjà, vous avez
41:58un problème de fond, un problème structurel.
42:00Après, on voit que François Bayrou,
42:02il a réussi
42:04une seule chose depuis qu'il est Premier ministre,
42:06c'est d'avoir réussi à faire adopter un budget.
42:08Ce que n'était pas parvenu
42:10à faire Michel Barnier.
42:12Après, aujourd'hui, on voit bien
42:14que sa durée de vie, elle est tout simplement
42:16indexée sur
42:18les intérêts stratégiques et tactiques
42:20de toutes ses oppositions.
42:22Quand, à un moment donné, le Rassemblement national
42:24jugera qu'il faut siffler la fin
42:26de la récréation, à ce moment-là,
42:28on peut imaginer que François Bayrou sera en difficulté.
42:30Et on voit que, sur la question des retraites,
42:32la question des retraites qui est importante,
42:34parce qu'on se souvient que c'était comme ça
42:36qu'il avait réussi à neutraliser
42:38le Parti socialiste,
42:40on voit bien que c'est en train, malheureusement,
42:42de devenir beaucoup plus compliqué.
42:44À partir du moment où les syndicats,
42:46je pense notamment à la CGTFO
42:48et vraisemblablement aussi la CFDT,
42:50ne vont plus suivre
42:52la ligne de discussion
42:54qu'essaye d'instiller le gouvernement, je ne vois pas
42:56comment le Parti socialiste peut continuer,
42:58lui, de son côté, à ne pas voter une censure.
43:00Donc, à un moment donné, inévitablement,
43:02la censure tombera. La vraie question,
43:04c'est de savoir quand est-ce qu'elle tombe.
43:06Avec, notamment, cet arbitrage
43:08ou pas du RN, ce que vous avez
43:10dit tout à l'heure, et donc,
43:12les politiques,
43:14une partie de la France est suspendue aussi
43:16à la décision qui concernera Marine Le Pen,
43:18est-ce qu'elle pourra se présenter,
43:20c'est la semaine prochaine, est-ce qu'elle pourra se présenter,
43:22ou pas, bien sûr. Jean-Luc Benamias,
43:24sur François Bayrou.
43:26Depuis le départ, le gouvernement Bayrou,
43:28c'est qu'il est forcément instable.
43:30Le miracle, déjà,
43:32c'est qu'il est tenu 100 jours.
43:34C'est déjà beaucoup. Évidemment que ça ne durera pas.
43:36Ça ne durera pas.
43:38Je n'ai pas le nombre de semaines.
43:40Mais, à un moment donné, évidemment, vous l'avez dit,
43:42bon, d'abord, il fait quelques erreurs.
43:44Très mauvaise défense sur Bétharame.
43:46OK. Première erreur,
43:48ce n'est pas suffisant. Deuxième erreur,
43:50c'est de demander aux forces
43:52syndicales et patronales de discuter
43:54et de dire, à un moment donné, on ne discutera pas de ce,
43:56alors que j'avais dit qu'on discuterait de tout.
43:58Évidemment, ça brouille.
44:00Il n'y a pas que les syndicats,
44:02les grands syndicats qui ont quitté la salle.
44:04Il y a aussi une partie des mouvements patronaux.
44:06Moi, je trouve que la ligne
44:08par rapport à cela,
44:10c'est assez souvent le cas, d'ailleurs,
44:12on va l'appeler, comment dire,
44:14centrale de la CFDT,
44:16c'est de dire, on va essayer de continuer
44:18à discuter, mais sous notre gouvernance,
44:20sous la gouvernance patronale,
44:22syndicale, syndicale et patronale.
44:24C'est plutôt, à mon avis, malin.
44:26Ce que je sais, c'est, vous l'avez dit,
44:28je n'invente rien et je pense qu'on peut être
44:30à peu près tous d'accord,
44:32ça dépend maintenant.
44:34Évidemment, il y a un congrès du PS,
44:36déjà, voir quel est l'état du congrès du PS,
44:38c'est pas joué, c'est en juin.
44:40Deuxièmement, évidemment,
44:42le procès qui entoure l'ORN,
44:44mais ça ne jura pas non plus tout.
44:46L'ORN a quand même
44:48une grande puissance dans les mains,
44:50c'est qu'il représente une des grandes fractions
44:52minoritaires à l'Assemblée, mais une des grandes fractions,
44:54et que s'il décide à un moment donné
44:56de voter, je n'apprends rien à personne,
44:58la censure avec l'ensemble
45:00de la gauche, le gouvernement tombe
45:02et ça aurait été le cas pour bien d'autres gouvernements.
45:04Voilà.
45:06Alex Zarmont ?
45:08Vous avez dit, c'était très bien dit,
45:10il a du mal à avancer. Par contre, il a plus de facilité,
45:12je trouve, moi, à reculer, François Bayraud.
45:14Et la vérité, c'est que
45:16le fait de convoquer un conclave
45:18en disant, comme tu l'as dit Jean-Luc,
45:20parler de tout, mais de poser comme condition
45:22au début de ce conclave, on ne va pas revenir
45:24sur l'âge de 62 ans, moi, je trouve
45:26ça un peu facile, quand vous êtes primiste, de faire ça.
45:28C'est de donner à chacun ce qu'il veut entendre à un moment donné
45:30et le moment arrivé de dire
45:32finalement, je me suis trompé.
45:34Et le vrai problème de François Bayraud, c'est que
45:36pour moi,
45:38le gouvernement est tellement éclaté
45:40qu'il n'a pas de ligne politique claire.
45:42Et comme il n'a pas de ligne politique claire,
45:44il aura beau vouloir avancer,
45:46il y a un moment donné où ça va bloquer, en fait.
45:48Et donc, ce n'est même pas des faits politiques
45:50qui aujourd'hui empêchent d'avancer, ce sont des faits
45:52extra-politiques, sur le procès
45:54de Marine Le Pen d'un côté,
45:56sur ce que fait la France insoumise de l'autre
45:58côté, et en fait, il faut qu'il mette tout le monde d'accord.
46:00Et de Bétarame de l'autre côté aussi, bien sûr.
46:02Et en fait, François Bayraud,
46:04plus qu'à la politique législative
46:06du pays, j'ai l'impression qu'il pense
46:08à l'élection 2027, et c'est pour moi
46:10là déjà l'erreur depuis le départ. C'est que
46:12quand il a été nommé, il aurait dû avoir une politique
46:14claire, il a pris beaucoup de temps
46:16pour nous, maintenant, gouvernement.
46:18Une politique claire, alors que vous avez un Premier ministre
46:20minoritaire, ça c'est...
46:22Ça fait longtemps qu'il se prépare
46:24à être Premier ministre, donc on
46:26pouvait espérer qu'il arrive
46:28en étant vraiment préparé,
46:30et avec un plan d'action de mettre tout le monde autour de la table.
46:32Alex, pardonne-moi, mais tu sais
46:34très bien que, quel que soit le temps
46:36de préparation, il y a une réalité politique
46:38sur laquelle nous sommes tous d'accord, donc en complément
46:40de ce qui vient d'être dit, c'est un
46:42Premier ministre qui n'est issu
46:44ni d'une élection
46:46présidentielle avec un programme
46:48clair, ni d'une élection
46:50législative avec un
46:52mandat de législature.
46:54C'est une personnalité qu'a pris
46:56le Président de la République, comme il aurait pu
46:58prendre Patrick Roger, ou bien
47:00chacun ici. Non, non, mais
47:02c'est une personnalité, certes...
47:04Qui a insisté, parce qu'il a quand même
47:06claqué la porte du bureau
47:08d'Emmanuel Macron pour dire
47:10si tu me prends pas, je te mets le bazar.
47:12Oui, mais
47:14précisément sur sa personne,
47:16c'est une chose,
47:18mais il n'y a pas ici de
47:20ligne politique qui résulte d'un
47:22mandat de législature, et donc on a
47:24ce sujet, parce qu'effectivement,
47:26quand Alex dit, eh bien,
47:28il répond à chacun, chacun dit ce qu'il veut,
47:30il dit oui ou non en fonction,
47:32c'est parce que de toutes les façons...
47:34C'est le résultat des élections législatives
47:36de 2024, bien sûr.
47:38Est-ce qu'il n'a pas surestimé
47:40ses capacités
47:42de rassembler...
47:44Jean-Luc Benhamias, vous le connaissez bien,
47:46c'était son Graal,
47:48enfin, son premier Graal, évidemment, c'est...
47:50Mais il a le droit aussi de...
47:52C'est pas choquant tant que t'es...
47:54Non, mais finalement, j'ai
47:56concogné pendant quelques années
47:58de très proche François Bayrou.
48:00L'homme est ce qu'il est,
48:02on commence à le cerner.
48:04C'est vrai que sa pensée principale
48:06depuis les années 80, c'est de devenir
48:08président de la République.
48:10Alors, il a le droit, pourquoi pas,
48:12mais la situation dans laquelle
48:14il se trouve,
48:16il prend... Il accepte
48:18d'être premier ministre sur un débat,
48:20vous le savez,
48:22qui a été quand même très
48:24costaud avec M. le Président de la République.
48:26C'est le moins qu'on puisse dire.
48:28Je vois bien comment,
48:30dans ces cas-là, un François Bayrou
48:32qui a l'air relativement doux,
48:34enfin, doux, c'est pas le terme,
48:36en tous les cas, aimable,
48:38dans ces cas-là, il n'est pas aimable, je peux vous le dire.
48:40C'est clair.
48:42Donc voilà,
48:44je le redis,
48:46c'est courageux
48:48que des gens veuillent vraiment devenir
48:50premier ministre dans cette situation, parce que
48:52quelle que soit la personnalité,
48:54quelle que soit la personne, homme ou femme,
48:56il n'y a pas de solution.
48:58On est tous d'accord.
49:00Autour de cette table, la maîtrise
49:02de cette Assemblée est impossible.
49:04Totalement impossible.
49:06Après, la maîtrise est totalement
49:08impossible, mais dire la vérité,
49:10je pense que ce suite était possible
49:12sur les 69 ans,
49:14depuis le départ.
49:16C'est primordial, c'est le point de bascule,
49:18parce que demain, les socialistes
49:20ou les insoumis, enfin pas les insoumis
49:22en l'occurrence, mais les socialistes ou les écologistes,
49:24ou même le RN, ne lui feront plus confiance.
49:26C'est pour ça que forcément, la censure
49:28va arriver tôt ou tard.
49:30En tout cas, il a fait mieux
49:32que Michel Barnier.
49:34Pour l'instant, Michel Barnier
49:36a essuyé les plâtres.
49:38Ce qui est dramatique,
49:40c'est que lorsqu'on était plus jeunes,
49:42on voyait tomber
49:44les gouvernements italiens,
49:46on se demandait comment est-ce possible ?
49:48Et nous, on se moquait à l'époque,
49:50et bien je regrette mes moqueries.
49:52Absolument, Jean-Claude,
49:54Jean-Luc Benamias, Arnaud Benedetti,
49:56Alex Zarmont, merci
49:58de nous avoir suivis, d'en mettrez-vous d'accord.
50:00Dans un instant, c'est André Bercoff,
50:02avec notamment la révolution
50:04et ce qu'elle va passer par les territoires,
50:06avec Eric Hazan, expert de la transformation numérique.
50:08Ce sera très intéressant, l'une des réflexions.
50:10Il y aura beaucoup d'autres sujets, évidemment,
50:12juste après le journal de midi sur Sud Radio.

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