« De la guerre en Ukraine à la guerre des étoiles : l'Europe en quête d'autonomie spatiale »
- Première partie : Caroline de Camaret reçoit Andrej Plenkovi?, premier ministre croate,
- Deuxième partie : Caroline de Camaret et Thibault Henocque reçoivent les eurodéputés François Kalfon (S&D, France) et Assita Kanko (ECR, Belgique), ainsi que Philippe Michel, chef de projet à l'Agence spatiale européenne (ESA) pour un débat sur le thème : « De la guerre en Ukraine à la guerre des étoiles : l'Europe en quête d'autonomie spatiale ».
Ici, l'Europe
Chaque semaine, LCP Assemblée nationale, Public Sénat et France24 vous plongent au coeur des questions qui secouent l'Europe : Covid-19, questions migratoires, « Green deal », Brexit ou encore souveraineté digitale. Quel avenir pour l'Union et ses 450 millions d'habitants ? Une demi-heure d'information pour mieux comprendre les enjeux européens.
- Première partie : Caroline de Camaret reçoit Andrej Plenkovi?, premier ministre croate,
- Deuxième partie : Caroline de Camaret et Thibault Henocque reçoivent les eurodéputés François Kalfon (S&D, France) et Assita Kanko (ECR, Belgique), ainsi que Philippe Michel, chef de projet à l'Agence spatiale européenne (ESA) pour un débat sur le thème : « De la guerre en Ukraine à la guerre des étoiles : l'Europe en quête d'autonomie spatiale ».
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Chaque semaine, LCP Assemblée nationale, Public Sénat et France24 vous plongent au coeur des questions qui secouent l'Europe : Covid-19, questions migratoires, « Green deal », Brexit ou encore souveraineté digitale. Quel avenir pour l'Union et ses 450 millions d'habitants ? Une demi-heure d'information pour mieux comprendre les enjeux européens.
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00:00France 24, LCP. Public Sénat présente.
00:25Bonjour à tous, merci de nous rejoindre pour « Ici l'Europe ».
00:28Alors, l'Union Européenne veut peser dans le monde, vous le savez,
00:31et se cherche des alliés pour partager ses valeurs et sa vision géopolitique.
00:36Elle offre des perspectives d'adhésion au club européen,
00:40non seulement à l'Ukraine mais aussi aux Balkans occidentaux.
00:44Et un pays aspire à être un pont entre l'Union Européenne et ses pays candidats.
00:49Il s'agit de la Croatie, pays balkanique de 3,9 millions d'habitants,
00:54qui est membre du club des 27 L depuis 12 ans, de l'euro depuis 2 ans.
00:58Nous avons le plaisir de recevoir aujourd'hui son Premier Ministre, Andrei Plenkovic.
01:03Bonjour. Je rappelle que vous, vous êtes depuis plus d'huit ans à la tête de ce pays,
01:08record de longévité pour le parti de l'Union démocratique croate.
01:13C'est la droite qui siège au Parti populaire européen, pour ce qui est du niveau européen.
01:18Vous avez été d'ailleurs eurodéputé en ce qui vous concerne,
01:21et maintenant vous êtes plutôt dans une cohabitation dure avec un socialiste, Zoran Milanovic,
01:27qui est reconduit président depuis le début de l'année.
01:30Alors on va parler évidemment d'abord de l'Ukraine.
01:33Votre pays fait partie de la fameuse coalition des volontaires.
01:37Vous soutenez l'Ukraine, beaucoup, jusqu'au bout.
01:41Mais par quels moyens et à quel point ?
01:43La Croatie a une expérience très riche d'être une victime de l'agression.
01:50C'était l'agression de la politique à l'époque, président de la Yougoslavie et de la Serbie,
01:56Slobodan Milosevic, qui a agressé la Croatie, qui a occupé nos territoires.
02:01Les dernières parties qui étaient occupées étaient libérées seulement sept ans après le début de la guerre.
02:08Alors notre expérience est unique.
02:11Pour cette raison, nous avons soutenu l'Ukraine politiquement,
02:16d'une manière économique, financière, technique, humanitaire et aussi militaire.
02:23On a adopté 12 paquets de l'aide militaire à l'Ukraine.
02:27Et normalement, avec les trois ans qui sont derrière nous,
02:32nous sommes un des pays qui aimerait bien voir la paix, la paix en Ukraine.
02:36Mais nous aimerions bien que cette paix soit juste et durable.
02:41Certains des pays sont prêts à envoyer ces soldats en Ukraine
02:47après une décision de cesser le feu, un processus de paix, un plan de paix.
02:54La Croatie n'est pas prête. On a toujours dit que...
02:57Alors vous n'êtes pas prêt pour diverses raisons.
02:59En termes de troupes au sol, vous avez le président dont je vous parlais, monsieur Milanovic,
03:05qui est le chef des armées et donc doit contre-signer leur envoi, refuse de le faire.
03:09Pour être clair, il y avait dans le passé récent deux situations.
03:14Un, c'était la mission Ehumam, c'était une mission militaire de l'Union européenne.
03:18L'autre, c'était la mission de l'OTAN, Ensatu.
03:22Et le président et l'opposition ne voulaient même pas que les soldats croates participent
03:28à ces deux missions qui étaient une participation légere, je dirais.
03:32Mais on n'a jamais proposé, comme gouvernement, que le militaire croate,
03:37que la force militaire croate participe au sol ukrainien une fois que la paix est établie.
03:43Alors ici, c'était une position très claire de mon gouvernement.
03:47Mais la coalition de volontaires signifie que chaque pays qui était aujourd'hui autour de la table
03:53peut trouver une niche, une mode de participation qui serait toujours pertinent
03:59pour achever les buts de cette initiative.
04:02Alors la Russie demande l'arrêt de sanctions agricoles financières.
04:06Est-ce que les Européens doivent finalement lever des sanctions ?
04:10Je dirais d'abord que la nouvelle administration de Président Trump, sa deuxième administration,
04:15il a un objectif clair.
04:17Paix au Moyen-Orient, paix en Ukraine.
04:20Il pense qu'il y a un phaseur de paix.
04:23Le président Trump, c'est une position légitime.
04:26Il utilise le pouvoir des États-Unis à l'échelle globale pour obtenir cet objectif.
04:35Et ça, c'est tout à fait clair.
04:37Et nous respectons ça parce que tout le monde est pour la paix.
04:40En même temps, il faut voir quel type de paix.
04:43Est-ce que c'est un type de paix où nous aurons d'abord un cessez-le-feu,
04:49un processus de négociation et un plan de paix
04:54qui peut-être laissera les territoires occupés de la Russie,
05:02et ce sont des territoires ukrainiens,
05:04de rester comme une partie constitutive de l'ordre constitutionnel russe ?
05:10Pour nous, ça, c'est inacceptable.
05:12Parce que comme ça, on va complètement effacer tous les principes de droit international.
05:17Ça, c'est le premier point.
05:19Deuxième point, quel est l'objectif de la Russie ?
05:22D'abord, créer une division entre les membres de l'OTAN,
05:26créer une disunité entre les membres de l'Union européenne
05:30et utiliser le processus de négociation sur la paix en Ukraine
05:35pour réétablir le dialogue avec les États-Unis.
05:38Et troisièmement, réhabiliter la position russe au niveau international.
05:44Ça, c'est complètement clair de tout ce qu'on a vu pour le moment.
05:47Mais il s'y arrive bien d'un certain point de vue.
05:48Regardez, si on prend le club européen des 27, Viktor Orban,
05:52maintenant, il ne signe plus les conclusions sur une aide immédiate et tout de suite à l'Ukraine
05:57et à court terme, un soutien inébranlable.
06:01Il y avait plusieurs occasions qu'on a eu des conclusions du Conseil
06:05qui étaient 27 moins 1.
06:08Alors, 26 d'un côté et un pays de l'autre côté
06:12parce que le Premier ministre Angoua, il pense d'une stratégie complètement différente.
06:19Il est tout à fait aligné avec la ligne, d'abord, je dirais,
06:24de cette nouvelle page qui était ouverte avec l'administration Trump 2.
06:29Et il n'est pas d'accord ni avec les modèles des sanctions,
06:33il n'est pas d'accord avec beaucoup de décisions de l'aide militaire
06:37que les autres pays de l'Union européenne ont déjà prises pour aider l'Ukraine.
06:41Mais les autres, alors 26, ils étaient toujours pour l'Ukraine.
06:46Alors, nous allons continuer.
06:47Dans votre pays, la Croatie, je le rappelais,
06:50le socialiste, donc le parti adverse du vôtre,
06:53Zoran Milanovic, a été réélu le 12 janvier avec 74% des suffrages.
06:58Il a certes condamné l'invasion de l'Ukraine par la Russie,
07:01mais il a régulièrement dénoncé l'Union européenne
07:04et le soutien occidental à l'Ukraine.
07:06Est-ce que votre population croate, puisqu'elle a voté pour lui,
07:10s'interroge sur ce soutien ?
07:12Je dirais que sa position et la position du gouvernement sont complètement différents.
07:18Alors, je peux dire que moi, j'ai été élu troisième fois
07:22pour être le premier ministre de la Croatie,
07:25c'est-à-dire qu'une grande partie de la population croate soutient la ligne politique
07:30que nous, le gouvernement de centre-droite,
07:33avons eue vis-à-vis de toutes les grandes questions internationales.
07:36Il était élu, je respecte son élection,
07:39mais il y a des dossiers internationaux où on ne trouve pas un accord.
07:44Moi, je trouve que la Croatie était aujourd'hui jusqu'où il devait être,
07:48c'est-à-dire à la table,
07:50où on décide de l'architecture nouvelle de la sécurité en Europe,
07:54où on décide comment aider l'Ukraine,
07:56où on décide comment respecter le droit international.
07:59Il y a tellement d'autres choses qu'on a fait.
08:01Vous achetez pas mal d'armes européennes aussi.
08:03Notons-le, 12 avions d'assaut, etc.
08:07Des chars allemands pour remplacer ceux que vous avez cédés à l'Ukraine, etc.
08:12Vous êtes d'ailleurs favorable aux principes de préférence européenne
08:17pour construire une défense européenne et des capacités sur toute production ?
08:21La politique de mes trois gouvernements était très claire.
08:25Il faut remplacer l'ancienne technologie militaire du bloc de l'Est
08:30avec la technologie occidentale,
08:33complètement compatible avec l'OTAN et l'Union européenne.
08:36C'est pour ça qu'on a acheté des Rafales,
08:4012 avions multicombats français, les plus modernes.
08:43Le deuxième doit arriver pendant le mois d'avril.
08:46Les 11 sont déjà à Zagreb.
08:48Ça nous donne un poids que nous n'avons jamais vu
08:51du point de vue des forces aériennes.
08:54On a acheté les chars allemands Leopard,
08:59qui sont les plus modernes.
09:01On a acheté le système antimissile français.
09:06On a acheté les drones turcs.
09:09On a acheté des HIMARS américaines.
09:13Notre objectif, c'est qu'on doit regarder le contexte global
09:19qui est en train de se changer.
09:21Et il faut, nous sommes certains,
09:24travailler sur le concept de l'autonomie stratégique de l'Europe.
09:28Y compris par rapport aux Etats-Unis ?
09:31Je préfère que les Etats-Unis soient avec nous
09:34parce que cet partenariat transatlantique,
09:36cette coalition, cette alliance que nous avons avec les Etats-Unis,
09:40nous sommes membres de l'OTAN depuis 2008,
09:43est très importante pour notre sécurité et notre liberté.
09:46Mais, en même temps, il faut que l'Europe soit beaucoup plus forte
09:51et qu'elle peut garantir sa propre sécurité.
09:54C'est pour ça que moi, au niveau de la Croatie,
09:57j'ai fait un investissement incroyable.
09:59Quand il s'agit de budget pour la défense,
10:02c'est déjà au-dessus de 2%.
10:04Je vais augmenter le budget pour la défense entre 2016,
10:08quand c'était ma première année comme Premier ministre,
10:11à 2027, 5 fois.
10:13Parlons de l'élargissement du club D-27,
10:16qui, évidemment, est un grand sujet.
10:18Est-ce qu'une adhésion rapide de l'Ukraine au club européen
10:21serait en mesure de régler un certain nombre de ses problèmes
10:25de sécurité, d'avenir aussi ?
10:29Moi, je trouve qu'il y a une nouvelle volonté politique
10:32au sein de l'Union européenne.
10:34Le deuxième mandat d'Ursula von der Leyen
10:36est clairement beaucoup plus ouvert vis-à-vis de l'élargissement.
10:39Parce que la Croatie est, pour le moment,
10:41la dernière arrivée.
10:43Et de la dernière arrivée, il y a déjà 12 ans.
10:46Les pays de l'Europe du sud-est, alors de notre voisinage,
10:50sont là, les premières en ligne pour entrer.
10:53Nous les soutenons tous, notamment la Bosnie-Herzégovine,
10:56où les Croates sont un peuple constitutif
10:59avec les Serbes et les Bosniaques.
11:01Et il faut que tous nos voisins, tous nos amis,
11:04remplissent les critères.
11:06Il y a aussi eu, finalement, un positionnement
11:08des six pays des Balkans occidentaux,
11:10qui est très différent.
11:12Il y a clairement une Russie qui drague activement
11:15la Serbie, le Monténégro, en Bosnie-Herzégovine
11:18aussi certains éléments.
11:20Est-ce que ça, c'est de nature à vous diviser, à vous inquiéter ?
11:23Le prochain Conseil européen, il faut qu'on discute
11:26sur la situation aux Balkans occidentaux,
11:28notamment en Bosnie-Herzégovine, avec les tensions
11:30qu'on a vues dernièrement.
11:32La situation en Serbie, la situation en Kosovo,
11:35la situation en Monténégro, en Albanie,
11:38la Macédoine du nord, parce que tous les six pays
11:42sont prêts à accélérer le chemin vers l'Union européenne.
11:46Mais il y a une situation politique et les tensions
11:49où l'Europe doit d'abord faire attention
11:52et agir, agir pour la stabilité,
11:55agir pour soutenir les forces politiques
11:57qui sont pour la stabilité et le chemin européen
12:00et les réformes qui vont au profit des gens et de la société.
12:04La Croatie et la Serbie étaient autrefois en guerre
12:08au moment de l'éclatement de la Yougoslavie
12:10dans les années 90, vous l'avez rappelé,
12:12mais ils ont signé un accord de coopération militaire en 2010.
12:16Mais les rapports se tendent, on sent bien, avec la Serbie,
12:19qui a un discours parfois très pro-russe.
12:21Le jour arrivera quand la Serbie doit choisir.
12:25Est-ce qu'elle est dans le siège de l'Europe
12:28ou est-ce qu'elle est dans le siège de la Russie ?
12:31Je crois que cette politique qui est un peu multivecteur,
12:35c'est-à-dire un peu avec l'Europe, un peu avec les Etats-Unis,
12:38un peu avec la Russie, un peu avec la Turquie,
12:40un peu avec la Chine, je la comprends,
12:42c'est une position spécifique,
12:45mais s'il y a une volonté vraie d'être un pays
12:48au sein de l'Union européenne, il faut faire des choix,
12:50des choix stratégiques.
12:52Par exemple, la Croatie et son société Yanaf,
12:56c'est une société qui est là pour transporter le pétrole,
13:01et le seul fournisseur, 95% de pétrole,
13:06vient à la Serbie de ports croates.
13:10C'est très important, c'est un signal de bon voisinage,
13:13mais on aimerait bien aussi qu'on règle toutes les questions
13:16quand il s'agit de minorités croates en Serbie.
13:19Nous soutenons la minorité serbe en Croatie
13:22et la minorité croate en Serbie,
13:24et aussi toutes les questions qui ont resté ouvertes
13:27pendant le temps de l'agression de la Serbie
13:30vis-à-vis de la Croatie il y a 30 ans.
13:32On parlait de cette Serbie voisine,
13:34la mort de 15 personnes dans l'effondrement d'un auvent
13:38de la gare de Novi Sad, deuxième ville du pays,
13:41a déclenché des manifestations monstres
13:43qui font d'ailleurs vaciller Aleksandar Vucic,
13:47le nationaliste qui est au pouvoir depuis 2014.
13:50C'est un mouvement de jeunesse transpartisan.
13:53C'est peut-être un petit peu confirmer
13:56une certaine vivacité démocratique
13:58et la possibilité de faire des manifs,
14:00finalement, à travers les Balkans occidentaux.
14:03Je dirais que c'est un peu plus que la vivacité démocratique.
14:06Malheureusement, c'était une grande tragédie
14:08où 15 personnes étaient mortes
14:10de cet effondrement à la gare de Novi Sad.
14:15Mais il y a eu un mécontentement,
14:17apparemment, dans la société serbe
14:19qui s'est articulé par ces démonstrations
14:22qui ont commencé par les étudiants.
14:24Après, on a vu qu'il y avait beaucoup d'autres,
14:26je dirais, parties de la société serbe
14:28qui ont participé.
14:30Même le président Vucic, je crois qu'il a reconnu
14:33qu'il y a un souci, qu'il y a un problème.
14:36Nous sommes toujours, pour la stabilité,
14:38un processus démocratique.
14:39Je trouve que ces démonstrations,
14:42on a vu différents groupes de la société serbe
14:46qui étaient très hétérogènes.
14:48Il n'y a pas un leader alternatif
14:51qui a dit, voilà, c'est moi,
14:52et que tout le monde est derrière lui.
14:54Ça, ça ne se voit pas.
14:55Nous attendons un nouvel gouvernement serbe
14:57parce qu'il a démissionné.
14:59Et je crois que la balle est maintenant
15:01dans le camp du président Vucic
15:03de proposer quelqu'un d'autre
15:05et de chercher à recréer la stabilité.
15:08En Serbie, vous savez que les élections
15:10sont toujours prématurées.
15:12Alors oui, nous sommes pour la stabilité
15:14et les processus démocratiques.
15:16Alors, vous regardez toujours de près, évidemment,
15:18ce qui se passe en Bosnie-Herzégovine.
15:20Vous disiez, un mandat d'arrêt international
15:22a été émis le 27 mars
15:24contre Mirola Dodik,
15:26le président du Parlement de la République serbska,
15:29qui est l'entité serbe de Bosnie,
15:32non reconnue.
15:33Son Premier ministre aussi est poursuivi.
15:37Ils sont soupçonnés de ne pas avoir respecté
15:39l'histoire d'après-guerre, justement, dans les Balkans
15:41et auraient quitté le pays illégalement.
15:43Oui, nous sommes très concernés
15:45avec la situation en Bosnie-Herzégovine.
15:47Nous sommes les premières qui ont un intérêt
15:49qu'il y ait une stabilité politique,
15:51une stabilité institutionnelle,
15:53un dialogue franc et constructif
15:55entre tous les trois peuples constitutifs
15:57et entre les deux entités,
15:59la République serbska et la Fédération
16:01de la Bosnie-Herzégovine,
16:03y compris les autorités centrales.
16:05Madame, qui est la première ministre,
16:07son nom de conseiller des ministres est une croîte.
16:09Il vient de notre partisseur en Bosnie-Herzégovine,
16:13Madame Christo.
16:14Nous la soutenons 100%
16:16tous les processus de réforme et tout ce qu'il faut faire
16:18pour ouvrir les négociations d'adhésion avec l'Union.
16:22Alors, notre objectif politique,
16:24c'est d'être de stabilité,
16:26calmer les discours, calmer les narratives
16:28et essayer de respecter les institutions
16:31et le droit de Bosnie-Herzégovine.
16:34Dans ce contexte-là,
16:36j'appelle tous les forces politiques,
16:38tous les leaders,
16:39d'être respectueux de l'ordre juridique
16:42en Bosnie-Herzégovine.
16:43Merci Andrei Piankovic
16:45d'avoir été notre invité aujourd'hui.
16:47Merci à vous de nous avoir suivis.
16:48Nous partons tout de suite en direction de l'espace,
16:50beaucoup plus loin, bien sûr,
16:52puisque nous allons nous projeter dans l'espace,
16:54la conquête spatiale,
16:56avec notre débat en compagnie de la chaîne parlementaire.
16:59C'est tout de suite au Parlement européen.
17:05Bienvenue au Parlement européen
17:07avec ceux qui regardent en direction des étoiles.
17:10Depuis quelques années,
17:11le spatial n'est plus seulement une aventure inspirante,
17:14mais aussi un champ de bataille de souveraineté
17:17avec des implications militaires bien réelles.
17:20Le rôle vital que joue pour la défense de l'Ukraine
17:23le réseau américain de communication par Internet
17:26Starlink d'Elon Musk
17:28interroge les Européens sur leurs propres capacités.
17:31Certes, l'Union européenne vient de lancer son programme Iris
17:36de 300 satellites,
17:38mais il n'en reste pas moins qu'il sera opérationnel en 2030.
17:42Et en ce mois de mars,
17:43l'Europe se félicite aussi
17:45du premier lancement commercial réussi d'Ariane 6,
17:49la fusée de l'agence spatiale européenne,
17:51qui va lui permettre de retrouver son autonomie
17:54par rapport à l'américain SpaceX, notamment.
17:56En attendant, le déficit d'investissement public
17:59se fait ressentir.
18:00Les Européens consacrent à peine 15 milliards d'euros par an à l'espace.
18:04Les Américains dépensent 70 milliards, de l'ordre de 6 fois plus.
18:08Pour la première fois, il y a cependant un commissaire européen
18:12avec le mot espace dans son intitulé.
18:14Il s'appelle Andrius Kubilius. Écoutez-le.
18:17Si nous n'agissons pas, notre industrie spatiale européenne
18:21risque le déclin par rapport à ses concurrents.
18:24Ce n'est pas acceptable.
18:26L'espace, c'est le futur.
18:28Qui contrôle l'espace, contrôle le futur.
18:31L'Europe doit maintenir un leadership dans l'espace.
18:34Nous ne pouvons pas laisser l'espace
18:36à l'axe des puissances agressives et autoritaires.
18:39Si nous voulons que l'espace soit source de biens,
18:42l'Europe doit rester une puissance spatiale.
18:45Pour parler de ce sujet assez passionnant,
18:48François Calfon, eurodéputé socialiste, vice-président
18:52du fameux intergroupe au Parlement, ciel et espace.
18:56Vous êtes aussi membre de ce groupe,
18:59eurodéputé des conservateurs et réformistes,
19:02la NVA, qui est au pouvoir en Belgique.
19:05Nous sommes aujourd'hui en compagnie de Philippe Michel.
19:09Vous vous occupez de stratégie à la direction de la navigation
19:13de l'agence spatiale européenne.
19:16L'ESA a été créée en 1975.
19:19Expliquez-nous en un mot en quoi cela consiste.
19:24L'agence spatiale européenne, autrement appelée l'ESA,
19:28a été créée il y a 50 ans.
19:31C'est un organisme intergouvernemental,
19:34qui travaille pour le compte de ses Etats membres.
19:37Aujourd'hui, il y a 23 Etats membres.
19:40L'objectif de l'agence spatiale européenne,
19:43c'est de proposer à ses Etats membres des activités spatiales.
19:47Les programmes que l'on connaît, ce sont les programmes Ariane,
19:51des fusées européennes, des programmes scientifiques,
19:55des satellites qui explorent l'univers,
19:58des programmes d'exploration, les astronautes européens,
20:01les rovers qui vont sur Mars.
20:04L'agence spatiale européenne travaille en étroite collaboration
20:07avec d'autres organismes, depuis une vingtaine d'années,
20:10notamment avec l'Union européenne.
20:13L'espace a pris une telle dimension qu'il est important
20:16de connecter la compétence technique de l'agence spatiale européenne
20:19avec la compétence politique de l'Union européenne
20:22pour des projets d'envergure et des projets phares.
20:25On va y revenir un peu plus tard.
20:27Un modèle européen assez singulier, on y reviendra peut-être.
20:30François Calfon, on entend que l'ambiance a changé
20:33autour de la conquête spatiale.
20:35On rêvait de Mars, on rêvait des étoiles, on en rêve toujours,
20:38mais il y a aussi des questions très concrètes qui se posent à nous,
20:41notamment depuis la guerre en Ukraine.
20:43La question de la défense, de la sécurité, des télécommunications,
20:46c'est un réveil un peu tardif, non ?
20:48Je vais prendre le titre d'un film bien connu,
20:50La guerre des étoiles, et ce n'est pas une vue fantasmée,
20:53ce sont des choses extrêmement concrètes.
20:55On parlait de Galiléo.
20:57À l'instant, Galiléo sert en Ukraine au guidage des missiles ukrainiens
21:01sur la Russie, c'est très concret.
21:03On sait qu'en 2021, les Russes, avec un missile,
21:06ont détruit un satellite en orbite géostationnaire.
21:10Et puis, nous avons la photo d'Ariane.
21:12Pour nous, ce sont les usages civils.
21:14Mais quand vous allez au Mureau, je révèle un secret qui n'en est pas un,
21:18vous avez la partie civile, qui s'appelle Ariane,
21:21et la partie militaire, dans la même usine,
21:23qui construit les missiles nucléaires français, M51, sa version M52.
21:28Vous voyez, la question de la défense est intimement liée
21:31aux applicatifs de défense.
21:33Mais pour l'instant, en Ukraine, c'est Starlink qui opère.
21:35L'Ukraine, c'est Starlink.
21:37Depuis que M.Musk, par son réseau social X,
21:40a insulté le ministre polonais,
21:42qui finançait pour 50 millions de dollars Starlink,
21:45progressivement, Dieu merci,
21:48nous avons une alternative européenne qui le permet,
21:52même s'il n'y a que 600 satellites à l'espace par rapport aux 6000,
21:56mais qui peut prendre le relais.
21:57Et la question qui est devant nous,
21:59c'est de retrouver l'autonomie stratégique
22:01sur les constellations de satellites
22:03où nous avons pris un retard énorme.
22:05Justement, Mme Kanko,
22:08on est quand même un peu partagés sur cette affaire d'Elon Musk.
22:11D'ailleurs, la droite et la droite de la droite
22:14se demandent si c'est, oui ou non,
22:17un danger pour nos démocraties.
22:19Et d'ailleurs, la droite italienne
22:21avait ce grand projet de lui acheter
22:24pour 1,5 milliard d'euros, justement,
22:27ses réseaux Starlink et pas l'européen
22:29et investir moins dans l'européen.
22:31C'est un vrai débat ouvert en Europe.
22:34Oui, je pense que le plus important,
22:37c'est d'être équipé.
22:39Parfois, on ne va pas regarder,
22:42on ne va pas faire les yeux doux au vendeur
22:44ou bien regarder qui il est avant de le faire.
22:46Il faut qu'on soit équipé et on doit être réaliste.
22:48On n'a pas les capacités qu'ils ont et qu'on peut acheter.
22:51Donc, ce n'est pas un choix pour Elon Musk,
22:53c'est un choix pour Starlink.
22:54Mais on voit qu'il y a une discussion
22:56et je trouve aussi que la discussion, elle est légitime.
22:58Parce qu'évidemment qu'il faut protéger la démocratie
23:00et le pouvoir de décision.
23:01Quand on a des opinions politiques,
23:03il faut alors rééquilibrer les choses.
23:05Il faut que la conversation ait lieu.
23:07Qui va contrôler notre pouvoir
23:09quand on aura fait ce genre d'achat ?
23:11Et les Canadiens se posent également la question.
23:13Je trouve que c'est des questions légitimes.
23:15Ça ne veut pas dire que l'intention n'est pas tout autant légitime.
23:17Donc aujourd'hui, il y a une discussion
23:19et cette discussion va avoir lieu en Belgique,
23:21on l'a aussi.
23:22Mais on doit mettre ça en parallèle avec autre chose
23:25et c'est pour ça que dans l'Intergroup,
23:27c'est pour ça que dans l'Intergroup,
23:29on est tous les deux vice-présidents
23:31de l'Intergroup Sky & Space,
23:33c'est qu'on doit contribuer
23:35à rendre l'Europe ambitieuse sur ce domaine-là
23:37parce qu'on en est aujourd'hui à se poser la question
23:39qu'est-ce qu'on achète et qu'est-ce qu'on n'achète pas ?
23:41Mais on devrait arriver à se poser la question
23:43qu'est-ce que les gens vont nous acheter à nous ?
23:45C'est là qu'on doit arriver.
23:47Une nuance, en réalité, c'est pas une nuance,
23:49c'est vraiment un désaccord.
23:51En matière militaire, le plus important
23:53n'est pas d'être équipé, c'est d'être souverain.
23:55Si vous êtes équipé
23:57de monsieur,
23:59par Starling, de monsieur Musk
24:01pour vos applicatifs de défense,
24:03c'est d'être entièrement dépendant
24:05de ce qu'il fera de ses applicatifs de défense.
24:07Je constate que le débat a eu lieu en Italie.
24:09Le président Mattarella,
24:11l'opposition italienne s'est opposée
24:13à ce contrat entre, finalement,
24:15monsieur Musk et madame Meloni
24:17qui lui était tombée dans les bras,
24:19on se souvient de cette image-là.
24:21Je constate que l'Italie est en train de faire
24:23machine arrière. C'est vrai que les solutions
24:25européennes, Iris II,
24:27Starling, Eutelsat,
24:29ne sont pas du même niveau.
24:31J'aimerais venir à bout de mon raisonnement
24:33parce que je n'ai pas pu dire ce que je voulais dire.
24:35Pour Eutelsat, nous avons 600 satellites
24:37à l'espace,
24:39qui est l'alternative à peu près disponible
24:41et qui a pris le relais des gens en Ukraine,
24:43tandis que celle de monsieur Musk, Starling,
24:456000 satellites à l'espace.
24:47Donc oui, il y a un retard, il faut le combler,
24:49mais il ne faut pas faire n'importe quoi pour le combler.
24:51Je dis qu'il faut
24:53qu'on soit équipé,
24:55non seulement en achetant ce qu'il faut,
24:57c'est pour ça qu'on doit investir dans notre défense,
24:59mais aussi en investissant dans notre propre capacité
25:01à produire. Maintenant, je dis
25:03aussi que les questions qu'il faut se poser
25:05sur la souveraineté sont extrêmement importantes
25:07et c'était mon deuxième point que je voulais faire
25:09et ça ne concerne pas seulement les Etats-Unis,
25:11ça ne concerne pas seulement Elon Musk,
25:13on peut aussi parler de Lockheed Martin,
25:15on peut parler de plein de situations,
25:17mais il y a aussi la Chine, il y a aussi la Russie,
25:19il y a par exemple le fait qu'il y a un pouvoir
25:21étranger sur des investissements
25:23autres que
25:25Starling, par exemple,
25:27dans nos entreprises ou dans nos ports
25:29qui peuvent aussi constituer
25:31un risque opérationnel et j'ai travaillé
25:33sur le sujet.
25:35Je crois qu'en ce qui concerne
25:37la situation technologique
25:39de l'Europe, on a besoin d'investir
25:41massivement et on a besoin d'avoir
25:43les conversations qu'il faut, mais on n'a pas les moyens
25:45de tourner le dos à Starling, on doit juste avoir
25:47les garanties qu'il faut et c'est important d'avoir cette discussion-là.
25:49Moi, je n'ai pas de préférence,
25:51je veux juste que l'Europe soit protégée.
25:53Sur ce projet, Iris, c'est vrai que l'Europe
25:55est bien placée dans certains domaines
25:57spatiaux, on pense aux orbites
25:59hautes, à Galiléo, au GPS,
26:01mais sur les orbites basses,
26:03on a pris du retard. Ce projet
26:05Iris Square,
26:07il va arriver dans plusieurs
26:09années. Comment expliquer ce retard
26:11à l'allumage ? Est-ce qu'on a les moyens d'aller plus vite ?
26:13Avant de parler peut-être d'Iris Square,
26:15laissez-moi rappeler que Iris Square,
26:17c'est le troisième grand programme
26:19phare de l'Union européenne
26:21que l'on développe en partenariat
26:23avec l'Union européenne.
26:25Les deux premiers programmes, ce sont les programmes
26:27Copernicus, programme d'observation de la Terre,
26:29qui est opérationnel, qui est
26:31reconnu comme étant un des meilleurs programmes
26:33d'observation de la Terre dans le monde,
26:35qui permet d'obtenir des images de la Terre
26:37pour l'agriculture, pour la sécurité civile,
26:39pour la surveillance de l'environnement
26:41et ça démontre
26:43toute la capacité européenne à mettre en œuvre
26:45ces grands programmes. Le deuxième
26:47grand programme phare, c'est le programme Galiléo,
26:49le GPS européen,
26:51qui d'ailleurs est trois fois meilleur que le GPS
26:53et qui permet non seulement
26:55de se positionner,
26:57de savoir où on va, mais permet
26:59aussi l'autonomie des véhicules,
27:01permet aussi de sauver des vies
27:03avec la fonction
27:05qui s'appelle Search and Rescue.
27:07Iris Square a démarré,
27:09les besoins sont apparus un peu plus récemment.
27:11Il ne faut pas oublier
27:13que le programme s'est mis en place en relativement
27:15peu de temps, 2-3 ans, entre le moment
27:17où l'Europe a décidé
27:19qu'il y avait un besoin et le moment où
27:21aujourd'hui le programme est en marche,
27:23il y a eu tout un processus
27:25politique et parlementaire
27:27pour mettre en place le programme, tout un processus
27:29de négociation pour mettre en place
27:31une grosse concession industrielle.
27:33Tout ça s'est fait dans un temps tout à fait remarquable
27:35et donc maintenant, le travail
27:37doit se faire pour le mettre en place.
27:39Comment expliquer quand même des écarts de budget de 1 à 6
27:41entre l'Europe et les Etats-Unis, dont on a parlé,
27:43le commissaire qui veut un triplement des fameux
27:4515 milliards par an dans le prochain
27:47budget qui démarre en 2028,
27:49l'économie spatiale va
27:51d'ailleurs tripler elle-même sa taille.
27:53Est-ce que ça va suffire pour être dans la course ?
27:55C'est très clairement le début de notre sujet,
27:57le changement d'ambiance en Europe.
27:59Aux Etats-Unis,
28:01la question du spatial est
28:03intimement liée au lobby militaro-industriel.
28:05L'Europe, elle est spatiale,
28:07elle est beaucoup française parce que
28:09les Français ont l'arme atomique et ont développé
28:11des capacités balistiques très importantes.
28:13Aujourd'hui, on s'aperçoit, on veut mettre en commun,
28:15peu importe les polémiques,
28:17des moyens pour recouvrer la souveraineté européenne.
28:19C'est un lanceur
28:21éventuellement réutilisable
28:23s'il y a les commandes nécessaires.
28:25Il y a eu 134
28:27lancements par
28:29les lanceurs de M.
28:31Musk contre un lancement
28:33avec Ariane 6. Pourquoi ? Parce que
28:35M. Musk a un modèle économique
28:37où il lance ses constellations de satellites
28:39qui financent finalement ses lanceurs
28:41avec 20 milliards
28:43de dollars d'argent public
28:45américain sur les 60 milliards,
28:4770 milliards de dépenses américaines
28:49en matière de défense. Donc, il faut
28:51maintenant changer de paradigme.
28:53Et il faut le dire aussi avec netteté et sans langue de bois,
28:55il y a beaucoup de pays
28:57qui, petit à petit, se sont désintéressés
28:59du programme Ariane,
29:01préférant leur propre solution.
29:03Les Italiens avaient leur propre fusée,
29:05les Allemands considérant que Ariane
29:07était une affaire française. Mais Ariane est
29:09une affaire européenne et vous avez parlé tout à l'heure
29:11des avions de chasse. Il est vrai que
29:13les F-35 peuvent être débranchés depuis
29:15les Etats-Unis. Pour les lanceurs,
29:17pour les satellites comme pour les avions de chasse,
29:19il faut des solutions de souveraineté
29:21européennes. Alors, on parle
29:23de ce modèle européen. C'est vrai qu'il est beaucoup plus
29:25basé du point de vue du financement sur les investissements
29:27publics par rapport aux Etats-Unis où le
29:29secteur privé est beaucoup plus présent.
29:31Est-ce que ce modèle est bon ? Est-ce qu'on ne va pas aussi avoir
29:33des problèmes de financement ? Je
29:35pense qu'on a déjà un problème de
29:37financement. Nous
29:39et en Belgique, on a l'intention de le faire.
29:41C'est non seulement même d'avoir
29:43une usine à Bruxelles pour développer
29:45certaines pièces qui sont nécessaires dans l'industrie
29:47de la défense. Mais au niveau de tout ce qui est
29:49space et
29:51défense, il faut qu'on soit beaucoup
29:53plus ambitieux. On ne peut pas uniquement compter
29:55sur l'argent public. Il faut que le secteur
29:57privé aussi s'en mêle. Et on a
29:59énormément
30:01de contrôle dans
30:03ce qui se passe. Il y a des règles dans ce qui se
30:05passe dans le secteur privé. Le secteur privé
30:07n'est pas l'ennemi du développement
30:09de notre défense. On doit les impliquer
30:11là-dedans.
30:13Et je pense qu'à ce stade-ci, on n'est
30:15vraiment même pas
30:17encore dans la course en termes d'investissement,
30:19ni dans la défense traditionnelle,
30:21ni dans tout ce qui est innovation au niveau
30:23espace. Donc, on s'est raréduit tout le temps
30:25à se poser la question de qui peut nous
30:27contrôler. Et ça, c'est une inquiétude qui est légitime.
30:29Je pense que quand on parle de défense, il faut
30:31éviter les polémiques parce que c'est un sujet
30:33qui parle de sécurité.
30:35Et donc là, c'est tellement objectif,
30:37c'est rationnel, c'est clair et net ce qu'on doit faire.
30:39Et donc, il faut rester concentré sur le sujet
30:41et voir ce qu'on peut faire.
30:43Il y a eu des beaux succès, d'ailleurs,
30:45en vérité, monsieur Michel,
30:47d'Ariane 6, de Galiléo,
30:49vous le rappeliez.
30:51Est-ce qu'on peut garder confiance, espoir
30:53dans notre industrie ?
30:55Est-ce que vous voyez
30:57se mettre en place,
30:59finalement,
31:01des lois spatiales
31:03plus favorables dans les mois
31:05et les semaines à venir ?
31:07Votre sentiment, c'est que l'ambiance
31:09a changé aussi ?
31:11Il est certain que le secteur
31:13évolue. Vous parliez tout à l'heure
31:15de l'investissement public.
31:17Il ne faut pas oublier qu'aux Etats-Unis,
31:19même SpaceX
31:21bénéficie d'énormes financements publics
31:23et d'une commande publique très importante.
31:25Aujourd'hui, en Europe,
31:27on a environ 10-12 milliards
31:29d'investissements publics par an
31:31qui représentent environ 10%
31:33de l'investissement public mondial.
31:35Aux Etats-Unis, c'est plus de 50%.
31:37L'investissement public américain
31:39est massif.
31:41Les Européens, pour autant,
31:43même avec des budgets plus faibles, ont vraiment
31:45des champions. Nous avons des industriels
31:47européens extrêmement compétents
31:49qui font non seulement les systèmes pour l'Europe
31:51– on a parlé de Galiléo, de Copernicus –
31:53mais qui exportent aussi
31:55dans d'autres pays et qui sont mondialement
31:57reconnus pour leurs compétences.
31:59Donc, on n'a pas à rougir.
32:01On a un modèle qui est un petit peu différent.
32:03L'initiative privée, aussi, se développe en Europe.
32:05Nous essayons d'accompagner, effectivement,
32:07cette initiative privée. Nous n'avons
32:09vraiment pas à rougir
32:11de la compétence européenne.
32:13– François Calfon, le mot de la fin, le commissaire
32:15Andrius Cubilius parle de bouclier spatial européen
32:17et il parle d'une loi spatiale
32:19à venir dans les prochains mois.
32:21À quoi est-ce qu'il faut s'attendre ?
32:23– Elle a été déjà programmée, cette loi spatiale,
32:25mais elle a été focalisée sur la destruction des déchets spatiaux.
32:27C'est des dizaines de milliers de déchets spatiaux.
32:29Mais qui dit détruire un déchet spatial
32:31dit aussi, c'est l'applicatif militaire,
32:33détruire un satellite ennemi.
32:35On en est là.
32:37Je vous rappelle qu'en France, on a développé
32:39un armement
32:41à côté du naval de l'aérien
32:43de l'espace. Il y a bien une
32:45guerre des étoiles et en Ukraine,
32:47l'avenir de la guerre des étoiles se joue aujourd'hui.
32:49Je voulais terminer le mot de la fin par le fait qu'il y a une prise
32:51de conscience, peu importe ce qu'on a pensé par le passé
32:53et comment on s'est dévisé, une prise
32:55de conscience de la nécessité de garder
32:57une longueur d'avance dans l'espace
32:59et de reconstruire, ou plutôt construire
33:01une véritable souveraineté européenne.
33:03Ce sera sans doute
33:05dans les 800 milliards d'euros annoncés par Madame
33:07von der Leyen, les 150 milliards.
33:09Il faut qu'il y ait un volet
33:11spatial pour passer de 10 milliards,
33:1312 milliards par an à plutôt 20 ou 30 milliards.
33:15Merci à tous d'avoir très bien
33:17illustré ce débat sur
33:19l'espace. Vous n'allez pas
33:21regarder de la même façon du côté
33:23des étoiles maintenant.
33:25On continue de les regarder
33:27et rester fidèles à nos chaînes en attendant.