Un déjeuner partagé avec Gabriel Amard, député La France insoumise du Rhône, pour parler de la commission d'enquête sur le scandale des eaux en bouteilles. Des auditions complexes, au Sénat, où les grands groupes concernés ne se montrent pas toujours très coopératifs.
Nous parlerons également des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents. Comment les agriculteurs s'adaptent pour cultiver avec toujours moins d'eau ?
Valérie Brochard et Jean-Pierre Montanay partagent un repas avec une personnalité : politiques, chefs cuisiniers, artistes.... L'occasion d'aborder un thème d'actualité, autour de reportages et d'un menu élaboré avec des plats typiques de leur région, souvenirs d'enfance ou qu'ils apprécient particulièrement. Comment le contenu de nos assiettes impacte-t-il nos modes de vie ? Tout en parlant gastronomie, c'est l'avenir de notre société et les enjeux de demain qu'ils questionnent.
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#LCP #Politiquesatable
Nous parlerons également des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents. Comment les agriculteurs s'adaptent pour cultiver avec toujours moins d'eau ?
Valérie Brochard et Jean-Pierre Montanay partagent un repas avec une personnalité : politiques, chefs cuisiniers, artistes.... L'occasion d'aborder un thème d'actualité, autour de reportages et d'un menu élaboré avec des plats typiques de leur région, souvenirs d'enfance ou qu'ils apprécient particulièrement. Comment le contenu de nos assiettes impacte-t-il nos modes de vie ? Tout en parlant gastronomie, c'est l'avenir de notre société et les enjeux de demain qu'ils questionnent.
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NewsTranscription
00:00Générique
00:02...
00:17Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Politique à table.
00:20On enfile une toque, un tablier,
00:22et comme chaque semaine, on va faire rissoler
00:25l'actualité politique et gastronomique
00:27pour vous servir une information claire
00:29sur la production et la consommation
00:31aujourd'hui en France.
00:33A notre table, nous avons le plaisir d'accueillir
00:35Gabriel Amard. Bonjour.
00:37Bonjour, monsieur Amard.
00:38Bonjour, Pierre Montaner.
00:39Gabriel Amard, vous êtes député
00:41de la France insoumise de la 6e circonscription du Rhône.
00:45Mais votre parcours politique et professionnel
00:47nous emmène d'abord à Viry-Châtillon,
00:50dont vous étiez l'édile pendant plus de dix ans.
00:52Un peu plus tard, à Lens-le-Saunier,
00:54où vous avez monté un organisme pour former des élus locaux.
00:57Vous vous êtes imprimé même jusqu'à Villeneuve-d'Ascq
01:00pour les élections municipales de 2020.
01:02Entre le Rhône, le Jura, le Nord,
01:04on s'attendait à parler de Pathé-en-Croute,
01:07de Soufflé-aux-Comtés ou d'Andouillette et de Welsch,
01:10mais ce qu'on retrouve sur tous ces territoires,
01:12et bien plus encore, c'est l'eau.
01:14Vous avez créé la régie publique eau des Lacs d'Essonne
01:18dès 2010. Vous avez participé
01:19à la coordination jurassienne eau et assainissement.
01:23Vous avez cofondé France Eau Publique
01:25et vous administrez le collectif ELU,
01:28Association Usagée, un acronyme qui fait OEAU,
01:32trois lettres qui guident depuis toujours vos combats
01:35et vos luttes pour une meilleure gestion
01:37et la préservation de cette ressource.
01:39Une fois n'est pas coutume,
01:41on sait déjà ce qu'on va boire à table,
01:43mais qu'est-ce qu'on va manger ?
01:45On va manger du menu végétal avec du petit épauletre aux chou-fleurs,
01:49avec du tahini, une sauce au sésame et en dessert,
01:52un crumble aux pommes et aux dates.
01:54Le dessous des plats, on vous emmène au Sénat,
01:57plus précisément dans la commission d'enquête
01:59sur le scandale des eaux en bouteilles.
02:01Des auditions complexes où les grands groupes concernés
02:04ne se montrent pas toujours coopératifs.
02:07Vous allez le découvrir.
02:08Dans les pieds en plat,
02:10les épisodes de sécheresse sont de plus en plus fréquents.
02:13Comment les agriculteurs s'adaptent-ils
02:15pour cultiver avec toujours moins d'eau ?
02:17Reportage à suivre.
02:18Voilà pour le menu.
02:20On passe à table et je vous propose de nous ouvrir l'appétit
02:23avec cuisine et confidence.
02:30Lorsque j'ai pris connaissance de votre menu,
02:33je me suis dit que vous nous refaites le coup de Mélenchon
02:36avec son taboulet au quinoa.
02:37Un vrai coup de com'.
02:39Un buzz dingue, les ventes de quinoa, qui explose.
02:41Qui ne se souvient pas de cette vidéo surréaliste en septembre 2016.
02:45On y découvre le patron des Insoumis,
02:47qui se met en scène, seul, dans sa cuisine,
02:50devant son bol de quinoa,
02:51pour vanter les vertus de cette petite graine.
02:53La plante de l'avenir, d'ailleurs, prophétise,
02:56celui qui est alors candidat à la présidentielle 2018,
02:59pour qui c'est une compétition sportive de haut niveau.
03:02Il en profite pour dévoiler les secrets et les objectifs
03:05de son régime minceur,
03:07revenir à son poids de forme avant de se lancer dans cette campagne
03:10et diminuer la part des protéines carnées,
03:13donc manger moins de viande.
03:14Voilà pour le message écolo.
03:16Un triomphe, un coup de maître avec Lerone et Mélenchon
03:19pour parler autrement de la souffrance animale.
03:22Rebolote, aujourd'hui, vous en remettez une couche,
03:24à la télé, bien sûr, avec cette fois une céréale oubliée,
03:28le petit épautre, peu gourmand en dos, c'est votre dada,
03:31adapté aux régions sèches.
03:32Un plat vegan, donc, pour remplacer de la viande,
03:35avec du chou-fleur et cette sauce au sésame.
03:38Ah, le sésame ! Alors, dites-moi,
03:40c'est cette vidéo du chef qui a été le sésame,
03:42le déclic, pour vous ouvrir les portes de la cuisine végétarienne ?
03:46Non, j'avais bien avant été sur ce chemin-là,
03:51notamment pour des raisons de santé.
03:54Je voyais mes taux de triglycérides augmenter,
03:57on me disait que j'allais finir
03:59avec un wagon de médicaments à ce rythme-là,
04:01et donc je suis allé chercher du côté de l'alimentation
04:05pour retirer des apports en gras, notamment,
04:09et les graisses animales, les beurres, les crèmes, etc.
04:13Le fromage, aussi,
04:16c'était pas spécialement bon
04:19pour ce dont je souffre pas,
04:22mais que nous avons l'air de nous transmettre
04:24de génération en génération, du côté de mon père,
04:27donc j'ai fait attention d'abord,
04:31et progressivement, la charcuterie,
04:34les viandes grasses, tout y est passé.
04:37Et puis, un jour, je me suis rendu compte
04:39que ça faisait plus d'un mois
04:41que j'avais pas croisé un morceau de viande,
04:43et comme j'avais compris qu'il fallait
04:46deux fois moins d'eau, c'est-à-dire
04:49moins de 5 000 litres pour faire un kilo de protéines végétales,
04:53et plutôt dans les 8 000 à 9 000 litres
04:56pour faire un kilo de protéines animales,
04:58je me suis dit,
05:00allons l'utile à l'agréable,
05:02parce que j'en avais besoin,
05:04et j'ai découvert plein de choses.
05:06Des céréales qui sont bonnes,
05:08des légumineuses que, maintenant, j'arrive à cuisiner.
05:12Ca a diversifié mon goût.
05:14Des fois, il y avait des choses un peu brutales.
05:16J'ai adoré passer du pain blanc aux seigles,
05:20du seigle au sarrazin,
05:24mais il y a eu un peu de difficulté à s'adapter,
05:27au début, bon.
05:29Et puis, je m'y suis fait, et j'apprécie des choses.
05:32On est libre, en fait.
05:33Je ne dis pas que c'est moi qui ai raison et que les autres ont tort.
05:37Moi, ça me correspond.
05:39Je suis allé plutôt vers les régimes méditerranéens,
05:42à cette occasion,
05:44et ça m'est agréable.
05:46J'ai aussi une épouse qui est totalement végétarienne,
05:49donc ça m'a aidé à bifurquer.
05:52On va goûter ce plat, et vous allez nous dire
05:54s'il ressemble à celui que vous faites, peut-être, chez vous,
05:58dans votre cuisine.
06:00Vous parlez, justement...
06:02Alors, Jean-Pierre parlait de repas végétal,
06:06vous dites végétarien.
06:09Et pour autant, vous nous expliquez aussi
06:12que les beurres, les oeufs, vous les avez enlevés.
06:15Vous êtes végane, végétarien, vous êtes quoi ?
06:17Quelles sont vos limites ?
06:19Je serai végétarien 99 % du temps,
06:22parce que je ne veux pas contrarier ceux qui m'invitent,
06:25et notamment, dans ma famille,
06:27ceux qui...
06:29Mange encore de la viande, même parfois, à tous les repas.
06:33Donc, je n'aime pas contrarier ceux qui m'invitent.
06:36Vous n'essayez pas de les convaincre ?
06:38Ils se laissent convaincre, parce qu'il y a un enjeu de génération.
06:42J'ai des petits cousins qui me disent
06:44que je suis le premier de ma génération
06:46à avoir retiré la viande de mon alimentation.
06:48Ce qui, apparemment, doit être vrai.
06:51Donc, eux, ils sont attentifs, pour des raisons écologiques,
06:54et aussi parce qu'ils ont à coeur de considérer
06:57que s'il y a des alternatives à faire souffrir
07:00ou à abattre des animaux,
07:01puisqu'on peut manger équilibré autrement, ils le font.
07:05Moi, je les encourage à le faire, c'est leur choix,
07:08c'est leur sensibilité, je suis ravi de les voir faire.
07:11Mais mes enfants mangent de la viande,
07:13et ça ne me contrarie pas.
07:15J'en fais pas un cheval de bataille.
07:17Vous aimez ça, vous ?
07:18Vous ne dites pas une bonne entrecôte
07:20ou vous êtes content de manger de l'épaule ?
07:23C'est fini.
07:24Je vais vous dire pourquoi, parce qu'une fois,
07:27j'étais en campagne pour les élections européennes,
07:30je me suis retrouvé chez un paysan,
07:33un éleveur de la Confédération paysanne.
07:36Il s'était plié en quatre pour recevoir un candidat,
07:39et il m'a servi un bœuf bourguignon.
07:41Je me suis adapté à la situation.
07:43Il y en a qui sont complètement hermétiques
07:46au fait de continuer à manger de la viande
07:48quand ils ont pu en manger.
07:50Ils sont radicaux, même.
07:51Oui, voilà. C'est pas mon cas,
07:53je veux pas être un donneur de leçons.
07:55Ils cassent les boucheries.
07:57On peut manger de manière équilibrée,
07:59avoir tout ce qu'il faut pour être en bonne santé,
08:02en ne mangeant pas de viande.
08:04Je le sais, je le fais.
08:06S'il y en a d'autres qui le font,
08:07je suis ravi et je les encourage à le faire.
08:10Mais là, en l'occurrence, j'ai mangé ce bœuf bourguignon.
08:13J'ai cru que j'allais appeler le SAMU.
08:15Ca faisait 10 ans que j'avais pas touché un morceau de bœuf,
08:19et mon estomac...
08:20-...n'a pas compris. -...n'a pas compris.
08:22J'ai eu une douleur, comme si on m'enfonçait
08:25une épée dans l'estomac.
08:26Et donc, je n'ai plus du tout...
08:28-"Surdigestif"...
08:29Je n'ai plus du tout repris, approché un morceau de bœuf depuis.
08:34Vous dites...
08:35Voilà, je n'ai rien contre le fait
08:38qu'on remplace justement la viande,
08:40qu'on aille chercher des protéines ailleurs.
08:43Qu'est-ce que vous pensez de ces industries
08:45qui développent des saucisses ?
08:47J'allais dire ailleurs.
08:48J'allais réagir sur ailleurs. Ailleurs.
08:51Dans la nature.
08:52Dans l'agriculture vivrière.
08:54Vous comprenez ma question.
08:56Pour vous, les saucisses végétales, c'est pas top.
08:59La charcuterie végétale, non.
09:00Non, non.
09:02Je suis contre les protéines de synthèse,
09:04les choses fabriquées.
09:06Ca, c'est pas de la synthèse, c'est du soja, souvent.
09:09Après, on peut travailler des choses.
09:11On peut travailler le blé, on peut travailler le petit épaute,
09:14on peut travailler les pois chiches, les légumineuses,
09:18on peut travailler les haricots rouges ou la lentille.
09:21Tout ça, ça m'intéresse.
09:22Vous en avez déjà goûté ?
09:24Moi, j'en ai acheté.
09:25Je ne suis pas un habitué de la nourriture industrielle.
09:29Depuis toujours, je n'aime pas ça, je ne suis pas tenté.
09:32Donc, du coup, je ne vais pas y aller à propos du régime végétarien.
09:36Ca ne vous attire pas ?
09:37Ca ne m'attire pas.
09:38Je suis plutôt pour qu'on aide et qu'on défende nos paysans
09:46pour qu'ils nous donnent une autosuffisance alimentaire,
09:50une souveraineté alimentaire en France,
09:53pour qu'on mange de manière équilibrée
09:55sans avoir besoin d'une industrie alimentaire.
09:58Si manger moins de viande,
09:59ça passe aussi par le fait de servir des hot-dogs
10:02avec des saucisses végétales dans les cantines.
10:05Moi, je pense qu'il vaut mieux proposer des céréales,
10:10des légumineuses, que des produits transformés dans les cantines.
10:15Après, je ne vous cache pas
10:17que j'aime les préparations de seitan à base de blé,
10:20parce que j'aime avoir de la consistance sous la dent.
10:24Oui, de la mâche, comme on dit.
10:27Il y a aussi le Gabriel Amart, cuistot, cuisinier,
10:30qui vous aimait de temps en temps.
10:32C'est quoi, votre cuisine ?
10:34Vous avez des racines italiennes, juives, même pieds noirs.
10:38Qu'est-ce que ça donne quand vous êtes au fourneau,
10:41si on vient chez vous, monsieur Amart ?
10:43Qu'est-ce que ça donne ?
10:44Je ne sais pas cuisiner, je dis toujours que je sais nourrir.
10:48C'est déjà pas mal.
10:50Je l'ai fait pour mes enfants, souvent, dans leur enfance.
10:53On a fait ensemble, à l'époque où je mangeais encore de la viande,
10:59on faisait du taquin, de la dinde roulée
11:03avec du prosciutto italiano, du jambon italien,
11:07de l'oeuf, du basilic, on faisait un roulé comme ça,
11:10on aimait le faire ensemble.
11:12J'aimais, plus jeune, et je me disais,
11:14en réfléchissant à votre émission,
11:16j'adorais faire des gnocchis de pommes de terre.
11:18Les super gnocchis.
11:20Les milles, il y a Romagne.
11:21Les gnocchis romagnoles.
11:23Avec la fourchette ?
11:24Les pommes de terre, la farine.
11:27Une astuce à nous donner ? J'en ai une sur les gnocchis.
11:31Astuce, je ne saurais pas.
11:33Le mélange, c'est 500 g de pommes de terre pour 250 g de farine.
11:37Vous les faites cuire comment ?
11:39J'ai un jaune d'oeuf, je vais les faire cuire à l'eau.
11:42Non, faites-les cuire au four, elles ne vont pas absorber de l'eau.
11:46Quand vous allez mettre de la farine pour assécher la pomme de terre...
11:50Vous avez raison.
11:51Elles seront moins aqueuses.
11:53Oui, c'est ça.
11:54Après, le choix de la pomme de terre va compter.
11:57Je n'aime pas qu'elle ait un goût trop...
11:59Il faut des pommes de terre farineuses,
12:01et mettre un peu de fécule de pomme de terre,
12:04mais surtout pas les faire cuire à l'eau.
12:06Vous mettez du beurre ou de l'huile ?
12:08Je mets de l'huile, pour les raisons...
12:11Un tout petit peu d'huile et l'oeuf.
12:13Le jaune uniquement ou tout l'oeuf ?
12:15Le jaune.
12:16C'est le jaune.
12:17Dans ce plat, on retrouve aussi de la sauce,
12:20on en a parlé, de la sauce sésame.
12:22Vous aimez bien mélanger un petit peu les influences.
12:25Vous parlez de vos influences italiennes.
12:27La sauce sésame, c'est plutôt quelque chose
12:30qui vient de la cuisine asiatique.
12:32C'est des choses que vous pratiquez ?
12:34Mélangez les influences ?
12:35Déjà, je vous disais,
12:37quand je tiens mes permanences sur les marchés à Villeurbanne,
12:40j'aime bien faire la fin du marché, voir ce qu'il y a,
12:43ce qu'il y a encore, juste avant la fermeture.
12:47Ca me permet aussi de m'évader que de cuisiner.
12:50Je suis malheureusement pas assez souvent chez moi,
12:53mais quand j'y suis, on me réclame...
12:57de faire le riz qu'il y a façon risotto.
13:00Ca prend de 20 minutes à 35 minutes,
13:02selon les riz.
13:04Et du coup, bon, moi, ça me permet de ranger mes idées
13:08tout en tournant dans une poêle en inox.
13:12On y reviendra sur le pourquoi, j'imagine.
13:15On l'a compris.
13:16Pour éviter les revêtements
13:18qui génèrent des pollutions et qui nous empoisonnent.
13:21Avec des pifasses.
13:22Donc, voilà,
13:24ça prend du temps, c'est vrai,
13:27mais ça permet de ranger ses idées.
13:30C'est intéressant.
13:31C'est des moments où on se détache un peu...
13:34C'est intéressant ce que vous dites,
13:36quand vous faites la cuisine.
13:37Votre batterie est en inox, vous le saviez.
13:40Vous avez tout changé récemment.
13:42J'ai la chance, dans ma famille, d'avoir une cousine
13:45qui, en fait,
13:48travaille à l'Agence européenne des produits chimiques.
13:51Très tôt, elle a fait passer le message
13:55par bouche à oreille dans la famille.
13:57Moi, je dirais que nous avons retiré le téflon
14:00il y a 25 ans de notre cuisine.
14:03C'est toujours 25 ans de gagné.
14:05Toutes les ménagères vous écoutent.
14:07Comment faites-vous des omelettes et des crêpes
14:10dans les poêles en inox ?
14:11Alors, j'utilise la fonte.
14:13Ah, la fonte. Je parlais d'inox.
14:15Oui, mais il y a de tout.
14:17J'utilise l'acier.
14:19La céramique ?
14:20J'utilise l'inox
14:24et j'utilise la fonte,
14:25de manière à avoir
14:28des revêtements un peu différents
14:30qui vont permettre, selon ce qu'on fait...
14:33L'inox est très bien conçu.
14:35J'ai pas retenu la céramique dans mes exemples.
14:39Souvent, c'est de la céramique
14:40avec des produits pulvérisés sur du revêtement métallique.
14:44Et il faut qu'il y ait des molécules de pifasse
14:47pour tenir la céramique sur le fer.
14:50J'ai acheté des casseroles en céramique.
14:53C'est intéressant.
14:55Le plat en céramique, peut-être que ça fonctionne mieux
14:58que ces pulvérisations.
15:00On en revient à notre belle assiette et ce petit épaule.
15:04Je ne connaissais pas ce petit épaule.
15:06Expliquez-moi, Jean-Pierre, d'où il vient.
15:08C'est le petit frère du grand.
15:10Vous ne connaissez pas non plus le grand.
15:13C'est aussi un cousin du blé.
15:14Il est considéré comme la céréale la plus ancienne cultivée
15:18par l'homme, il y a 10 000 ans,
15:20dans le croissant fertile, avant de gagner l'Europe.
15:23C'était un des aliments de base dans l'Antiquité,
15:26en Égypte, à Rome.
15:28Il a disparu au XXe siècle, au profit du blé,
15:31qui était préféré pour son meilleur rendement.
15:34Longtemps oublié, il est réapparu dans les années 90
15:37et revient aujourd'hui en grâce, en cuisine,
15:40puisqu'on en a sous les yeux, et c'est effectivement bon.
15:43Sa production est maintenue en Haute-Provence,
15:46où il bénéficie d'une IGP Indication Géographique protégée,
15:50à ne pas confondre avec le grand épautre qui se rapproche du blé,
15:53mais il a une vertu, il ne consomme pas beaucoup d'eau.
15:57C'est pour ça que M. Amart l'a choisi.
15:59Sous forme de farine, il est utilisé en pâtisserie
16:02pour confectionner des cakes, des biscuits, des cookies,
16:05à qui le petit épautre transmet de subtiles saveurs de noisettes.
16:09Il remplace des flocons d'avoine dans votre muesli
16:12et il sert à faire de la bière.
16:13Enfin, en cuisine en grain, si M. Amart aime le risotto,
16:16il peut faire du petit épautre façon au risotto.
16:20Attention, ça cuit 30 à 40 minutes,
16:22mais si vous le faites tremper avant, vous gagnez 10 minutes.
16:25Il se marie avec des asperges, des champignons, des petits pois.
16:28Le printemps arrive, osé, le risotto d'épautre.
16:31C'est vraiment délicieux.
16:33Evidemment, pour accompagner ce plat,
16:35comme tous vos combats politiques, on trouve de l'eau.
16:38On vous a même apporté un verre qui vient de la métropole de Lyon.
16:42Métropole, mais juste avant de parler de l'eau,
16:45on y reviendra plus longuement tout à l'heure, c'est promis.
16:48Vous ne buvez pas que de l'eau, du vin aussi.
16:51Vous nous avez ramené une bouteille, un vin blanc. Expliquez-nous.
16:55C'est un Vionnier, c'est un cépage de la vallée du Rhône
16:58qui plaît bien.
17:01On le connaît sans le savoir quand on boit du Condrieux, par exemple.
17:07Celui-ci vient de Saint-Sorlin,
17:09un petit hameau même de Saint-Sorlin qui s'appelle Posafolle,
17:13qui est à proximité de Lagneux, dans l'Ain,
17:15et les vignes trempent dans le Rhône,
17:17à limite Dauphiné-Buget.
17:19Du coup, on passe du Dauphiné, en venant de Villeurbanne,
17:23dans le Buget pour aller
17:25au domaine de M. Jean-Christophe Pellerin.
17:31Il a une culture en harmonie avec la nature.
17:34Il fait des vins qu'on dit nature ou naturel,
17:37sans intrants, en tout cas sans intrants chimiques.
17:41C'est ça qui m'intéresse dans son travail,
17:44parce qu'il y a ce souci de vivre en harmonie avec la nature
17:48et pas contre elle.
17:50Avec ce qu'on sait maintenant des molécules de pyphase
17:53qui accompagnent les herbicides, les pesticides,
17:56on se dit qu'autant pas s'injecter des polluants éternels
18:00dans les veines et choisir des boissons
18:03qui n'en véhiculent pas, au travers du végétal,
18:07du raisin, puis par la terre,
18:10et ensuite dans une bouteille.
18:12-"Vin naturel", vous l'avez dit, vous ne buvez que ça,
18:16vous ne sélectionnez votre vin que par principe,
18:19en fonction de sa naturalité ?
18:21Oui, j'allais vous parler à propos du petit épaule tout à l'heure
18:25d'un ami, le maire de Châtelledon, Tony Bernard,
18:29qui a attiré mon attention un jour
18:31sur le fait que les intolérances au gluten,
18:34qui ne pouvaient plus naître avec des blés moins riches
18:38et des levains moins riches,
18:40eh bien, pouvaient être jugulées
18:43par l'utilisation des pains aux petits épaules.
18:46C'est aussi pour dire qu'il y avait encore d'autres domaines
18:50dans lesquels cette céréale est bien utile.
18:52Il y a du gluten dans le petit épaule,
18:55dans le grand épaule.
18:56Il faut faire attention.
18:58Il peut l'accepter mieux, mais...
19:01Il est plutôt hérédite.
19:02Ils ne vivent pas avec les effets secours de leur intolérance
19:06quand ils prennent du pain aux petits épaules.
19:09C'est le raffinement des blés.
19:10J'en reviens à... Oui, je dois dire,
19:13mais autant que possible, parce qu'on court beaucoup,
19:17on a des vies faites d'engagement, de dons de soi,
19:20où on ne sait pas se fixer des limites.
19:22On prend ce qu'on a sous la main à la fin d'un marché,
19:26mais le plus possible, oui, j'essaye d'aller soutenir,
19:30au travers de mes choix de consommation,
19:32ceux qui vont, non seulement, nous permettre
19:35d'avoir une souveraineté alimentaire
19:37et une agriculture vivrière dans chaque bassin de vie,
19:41mais qui vont le faire sans détruire la nature autour,
19:44sans empoisonner le vivant en général,
19:47et nous, en particulier.
19:48Et donc, à côté de ce vin, je le disais,
19:51vous avez donc apporté votre...
19:53Vous avez donc apporté votre verre d'eau.
19:57Bon, là, c'est de l'eau d'ici, de l'eau parisienne.
20:02C'est de l'eau de Paris, un bon millésime
20:04d'une régie publique.
20:06Est-ce que l'eau de Lyon-Métropole est meilleure ?
20:10Si j'étais chauvin, je vous dirais que oui.
20:12Surtout, en amont de Lyon, à Villeurbanne,
20:15les captages seront peut-être moins compliqués
20:20à potabiliser qu'au sud de Lyon,
20:22dans la vallée de la Chimie.
20:24C'est l'enjeu d'Épiphasse.
20:27Mais la gestion publique de l'eau,
20:29qui a été choisie à Paris en 2010...
20:32J'étais contemporain de ce passage du privé au public.
20:36Certains l'ont fait depuis
20:40pour des raisons philosophiques et politiques,
20:43d'autres pour des raisons purement comptables.
20:45Aujourd'hui, il y a 31 000 services d'eau et d'assainissement,
20:49et le privé ne gère que 6 000 services d'eau et d'assainissement.
20:53Le modèle dominant français, c'est la régie publique.
20:56Mais les établissements publics
20:58que nous avons créés ces 15 dernières années,
21:00comme j'ai pu le faire en Essonne, dans une autre vie,
21:03comme j'ai pu avoir le plaisir
21:06d'être auditionné, de soutenir et d'accompagner
21:10les choix de Anne Gropérin pour les écologistes,
21:12de Floreste Angrou pour les Insoumis à la métropole de Lyon,
21:16qui ont bâti une régie publique
21:17avec un haut niveau d'implication citoyenne,
21:20qui sont allés au-delà de l'idée
21:22que les règles de la comptabilité publique
21:25font que la gestion publique est toujours moins chère
21:28que la gestion déléguée à un opérateur privé.
21:31Ils ont été aussi sur un contenu politique,
21:34une tarification différenciée en fonction des usages,
21:37des volumes gratuits au domicile principal.
21:39Bref, ils ont fait avancer l'idée
21:41que l'eau est l'égal du rayon de soleil et de l'air.
21:45Trois minutes sans air, on est morts.
21:47Trois jours sans eau, on est morts.
21:50Du coup, à l'arrivée, on est là sur un commun du vivant
21:54dont on ne peut pas se passer
21:56et qui n'est d'aucune manière une marchandise.
21:58La réponse à votre question sur si vous préférez l'eau de Lyon
22:02ou de Paris, il dit Lyon,
22:03ça m'institue à une question.
22:05Est-ce qu'on pourrait, à l'avenir, évoquer des IGP ?
22:08Indication géographique protégée pour la flotte.
22:11Il y a une directive européenne sur l'eau,
22:13elle est insuffisante, elle nous fixe des objectifs de qualité.
22:16J'ai une mission d'information à ce sujet
22:19pour la délégation aux collectivités locales.
22:24Je n'ai pas pensé à ça.
22:25Je voudrais déjà qu'on applique bien, en France,
22:30les cadres réglementaires qui sont censés nous protéger
22:33au plan sanitaire.
22:35Ca passe aussi par le fait que,
22:36comme je le dis pour d'autres sujets depuis tout à l'heure,
22:40nous vivions plus en harmonie avec la nature
22:42et nous sommes dans le même bain, le même jardin planétaire.
22:4560 % de notre corps est composé d'eau.
22:48Oui, bien sûr.
22:49Donc, nous sommes dans l'eau.
22:52C'est vrai.
22:53À l'état liquide ou à l'état gazeux,
22:55dans cette pièce, il y a de l'eau à l'état gazeux.
22:58Donc, il faut faire extrêmement attention
23:00à ce que l'activité humaine ne vienne pas, finalement,
23:03nous emmener dans le mur et détruire le vivant,
23:06et nous, avec.
23:07Et l'eau, à la différence de l'alcool,
23:09on peut la consommer sans modération,
23:11comme les couïses, c'est parti.
23:15Décidement, cette émission, c'est une histoire d'eau,
23:18mais celle-ci n'est pas interdite au moins de 18 ans.
23:21Grand spécialiste de l'eau, vous êtes incollable
23:24sur les poissons d'eau... Les poissons, pardon.
23:27Les poissons, c'est aussi votre histoire,
23:29mais c'est les poissons d'eau douce.
23:31Les espèces vivant en eau douce qui partent se reproduire en mer,
23:35comme l'anguille,
23:36sont appelées pota motoc.
23:38Vrai ou faux ?
23:39Je n'en sais rien. Il faut dire vrai.
23:41Alors, c'est faux.
23:42On les appelle les thalassotocs.
23:44Les poma... Les pomatom... Les pota motocs font l'inverse.
23:48Elles vivent en mer et se reproduisent en eau douce,
23:51comme le saumon de l'Argentique.
23:53Je connaissais pas les deux termes.
23:55Il faut laisser remonter.
23:57On l'a compris.
23:58Le plus grand silure jamais pêché
24:00mesurait 4 m et 5 cm.
24:02Oh !
24:03C'est pas vrai !
24:05C'est pas vrai !
24:06C'est pas vrai !
24:08Oh !
24:09Bah oui.
24:10Non. Faux.
24:112,85 m.
24:12Pêché en 2023 dans le Pau, en Italie.
24:16En France, on a sorti de l'eau du Rhône un spécimen à 2,73 m.
24:20Ca fait pas mal quand il faut lever les filets.
24:22Une belle vallée pour faire du riz, le Pau.
24:25Tous les riz du risotto sont de là-bas.
24:27Endémique dans les lacs alpins,
24:29la ferra avait disparu dans les années 20.
24:31C'est un poisson.
24:32Est-ce vrai ou est-ce faux ?
24:34Endémique dans les lacs alpins,
24:36la ferra avait disparu dans les années 20.
24:39Euh...
24:40Vrai.
24:41Oui, vrai.
24:42Elle doit son retour à l'implantation d'Alvin de Neuchâtel,
24:45le lac suisse.
24:47Avec sa chair fine, la lote de lac
24:49est la cousine de la lote de mer, la fameuse Beaudroit.
24:52Vrai ou faux ?
24:54Aucune idée. Je donne ma langue au chat.
24:56Faux. Rien à voir.
24:57La lota lota, dont de la lote de lac,
24:59est la cousine du Merlu,
25:00mais n'a rien à voir avec la lote de mer.
25:02Très bien. On passe à notre second quiz.
25:05Vous connaissez la formule avec des si, on mettrait Paris en bouteille.
25:08Rien d'insurmontable, je vous rassure.
25:114 affirmations sur la taille des bouteilles de champagne.
25:14Sauriez-vous nous dire si elles sont vraies ou fausses ?
25:17La fillette correspond à la moitié d'une bouteille d'un litre.
25:20Non.
25:22Vous avez raison, c'est faux.
25:243,37...
25:25Pardon, 1,5 centilitres,
25:27c'est-à-dire la moitié d'une bouteille normale.
25:30Euh...
25:31Le Jérôme Boham est un double magnum.
25:35Oui.
25:36Vous avez raison, c'est vrai.
25:383 litres, soit 2 fois 1,5 litre, qui est le volume d'un magnum.
25:42Le Matuzalem contient 8 litres.
25:45Allez, oui, d'accord.
25:47Non, vous avez faux. Non, c'est 6.
25:49C'était le piège.
25:50Vous ne vous faites pas compter la voile rouge.
25:52Et avec ces 30 litres,
25:55le Melchizedek est la plus grande bouteille de champagne qui existe.
25:5930 litres, le Melchizedek.
26:02Allez, joker.
26:04Allez, une chance sur deux, dites-nous.
26:06Vous pensez que c'est vrai ou faux ?
26:08Oui, c'est vrai.
26:09Vous avez raison, c'est l'équivalent de 40 bouteilles standards
26:13et de 240 coupes de champagne.
26:15Pour l'avoir acheté, c'est compliqué à mettre dans le coffre.
26:18Savez-vous pourquoi
26:20une bouteille de vin jaune fait 62 centilitres ?
26:26C'est vrai.
26:27Les bouteilles de vin jaune sont plus petites.
26:30Non, elles sont plus larges et moins hautes.
26:32Pourquoi ?
26:33Parce que c'est pour renvoyer l'image
26:36qu'une part des anges s'est envolée en 6 ans et 5 mois.
26:41Puisque le vin jaune, c'est un vin qui se réduit.
26:45Evidemment.
26:46Contrairement aux méthodes bourguignonnes
26:49où on complète chaque semaine, par exemple, le fût
26:53pour faire un vin houillé,
26:55parce qu'on complète en regardant et en versant à l'œil du fût,
26:59on laisse s'évaporer, se constituer un voile,
27:03et au bout de 6 ans et 5 mois, si tout s'est bien passé,
27:06on a une réduction.
27:08Et du coup, pour symboliser commercialement
27:12le fait que cette réduction s'est opérée pendant le vieillissement,
27:17la bouteille fait 62 centilitres.
27:19Je retiens ça pour un prochain quiz.
27:22Merci.
27:23Maintenant qu'on a creusé dans vos connaissances,
27:26on va chiner dans votre mémoire
27:27avec la Brève de Comptoir.
27:32Pour préparer cette émission, vous avez fouillé
27:35dans vos souvenirs pour nous raconter une anecdote,
27:37un fait marquant qui mélange, comme dans un mixeur,
27:40vos combats politiques et la gastronomie.
27:42Vous nous emmenez dans les Landes, en compagnie de Daniel Mitterrand.
27:46Un moment extrêmement émouvant pour moi.
27:49C'est l'unique fois que je me suis rendu à Latchez,
27:53dans la maison familiale des Mitterrand.
27:57C'était en août 2011,
28:00peu avant le décès de Daniel Mitterrand.
28:02C'est la première fois que j'ai mangé un hachiparmentier végétal,
28:06ce jour-là.
28:07C'était donc très bon,
28:10mais je n'étais pas encore passé au régime végétarien,
28:13mais peut-être que sur mon chemin, ça y aura contribué.
28:17J'étais, comme vous le voyez, en train de faire un échange filmé
28:21sur le droit à l'eau.
28:23L'eau n'est pas une marchandise.
28:24Nul ne peut cela qu'apparait au détriment du grand nombre.
28:28Daniel m'expliquait tout ça.
28:30Et elle s'arrête, tout d'un coup.
28:34J'avais mis à repérer qu'il y avait une tâche d'humidité.
28:37La pauvre en était gênée.
28:39Il y avait une fuite sur son réseau d'eau potable.
28:42Mais une petite grenouille était venue nous rendre visite.
28:46Nous nous sommes arrêtés pendant cet entretien filmé.
28:51Et je dois dire que nous étions très émus
28:54de faire cette rencontre...
28:55-...avec la grenouille. -...et d'accueillir
28:58cette grenouille dans notre conversation.
29:01Voilà, donc c'est un souvenir émouvant,
29:04parce que pour ceux qui aident des enjeux des droits fondamentaux,
29:08du respect et de la transposition dans le droit français,
29:11de la résolution des Nations unies en faveur du droit à l'eau
29:15comme un droit essentiel et préalable
29:17à l'exercice de tous les autres droits,
29:20Daniel a été, pour moi,
29:22une référence et quelqu'un
29:25qui m'a ouvert sur cette voie.
29:30Et notamment sur l'harmonie avec la nature,
29:34la prise en compte du vivant en général.
29:36Elle a beaucoup inspiré notre famille politique.
29:39J'avais le sens des services publics,
29:42que j'avais appris très jeune en étant adjoint au maire
29:44à l'âge de 22 ans, en rencontrant Jean-Luc Mélenchon
29:48puisque nous nous sommes rencontrés, à l'époque,
29:51d'un mouvement étudiant contre la réforme de Vaquet.
29:54Mais le passage de la notion
29:58des communs, services publics, éducation, hôpital,
30:01ce qu'on a l'habitude de prendre en référence,
30:05au fait qu'il y avait des communs du vivant
30:07et que ce ne sont qu'une manière des biens.
30:10Je ne dis pas biens communs pour l'eau,
30:12je dis communs du vivant,
30:13parce que l'eau est dans chaque corps vivant,
30:17plantes, animaux, animaux humains, animaux non-humains,
30:21si je puis un peu forcer le trait pour me faire comprendre.
30:24Et donc, on a plutôt intérêt à coopérer
30:30plutôt qu'à vivre les uns contre les autres.
30:33Daniel me l'a appris.
30:34Elle m'a aussi appris une grande chose,
30:36c'est qu'il ne fallait pas, à propos de l'eau,
30:39faire un grand service public de l'eau,
30:41mais qu'il fallait avoir des objectifs
30:44dans la communauté de la patrie républicaine des Français,
30:48en termes de sobriété, en termes de conditions d'accès,
30:51en termes de qualité de l'eau,
30:53mais qu'il fallait absolument,
30:54pour vivre en harmonie avec le cycle de l'eau,
30:57travailler dans la proximité, autour des sources,
31:00et c'est pour ça que la France insoumise
31:02défend la cogestion de l'eau
31:04entre les représentants des collectivités,
31:07les usagers de l'eau et les salariés.
31:09On va y revenir, on va parler
31:11et poursuivre cette discussion sur l'eau,
31:14mais je vous propose d'abord de revenir sur un scandale sanitaire
31:17révélé il y a plus d'un an par nos confrères de Mediapart,
31:20Radio France et Le Monde.
31:22Le groupe industriel Nestlé Waters,
31:24qui commercialise les bouteilles de Perrier et Vittel
31:27au Contrexte, est accusé de vendre de l'eau
31:30étiquetée comme minérale naturelle
31:32malgré l'usage de traitements totalement interdits.
31:35On en parle tout de suite dans Le Dessous des Plats.
31:40Musique rythmée
31:43L'affaire sort au début de l'année dernière.
31:46Certaines eaux en bouteilles étiquetées minérales, naturelles
31:50et de source sont en réalité infestées de produits chimiques.
31:53L'opinion publique est scandalisée
31:55et le Sénat décide de s'emparer du sujet
31:57à travers une commission d'enquête sur les pratiques
32:00des industriels de l'eau en bouteille
32:02et les responsabilités des pouvoirs publics
32:05dans les défaillances du contrôle de leurs activités.
32:08Dans cette enquête, l'Etat avait conscience
32:10de certaines pratiques depuis au moins 2020.
32:13Les explications de Dario Borgogno.
32:15...
32:17Ces bouteilles de Perrier seraient loin d'être pures.
32:20Nestlé Waters aurait utilisé depuis des années
32:22des filtres inadaptés pour filtrer des eaux contaminées
32:25par des bactéries et de les avoir vendues
32:28sous l'appellation eau minérale.
32:30Des faits reconnus par la filiale du groupe alimentaire,
32:33selon plusieurs médias, cette commercialisation
32:35a été facilitée par l'Etat.
32:37Information démentie.
32:38Je ne suis pas au courant de ces choses-là.
32:41Il n'y a pas d'entente avec personne.
32:43Depuis novembre, le Sénat a décidé de s'emparer du sujet.
32:46Les géants de l'industrie ont été auditionnés,
32:48mais les sénateurs sont aussi allés sur site,
32:51dans le Gard, pour rétablir l'origine des fraudes,
32:54comme l'a constaté sur le terrain Public Sénat.
32:56On va aller voir un des forages, également.
32:59Nous avons visité la partie de l'usine,
33:02on va dire, qui nous a intéressés, l'embouteillement.
33:05On a les agents de l'Etat qui nous fassent voir
33:08comment ils contrôlent.
33:09Je vous rappelle que pendant des années,
33:11il y a eu de cachés derrière des armoires,
33:14des filtres interdits, et qu'aujourd'hui encore,
33:16il y a des filtres non conformes à la réglementation
33:19sur le site.
33:21Cinq heures de visite, sans caméra et sans réponse.
33:24Les sénateurs de la commission d'enquête espéraient
33:27trouver les responsables avec l'audition
33:29de la PDG de Nestlé Waters, sans succès.
33:31On a refusé de répondre à la question
33:33de cette commission d'enquête, qui est de savoir
33:36qui vous a informé, quels étaient leurs postes.
33:39Cette question porte sur des faits
33:41qui font l'objet du procédure judiciaire,
33:43et donc, je ne peux y répondre.
33:45Le tribunal de Paris a ouvert une enquête en février
33:48pour tromperie.
33:49La multinationale doit désormais prouver
33:51que les filtres utilisés ne nuisent pas à la santé.
33:54Sinon, Perrier pourrait perdre son label d'eau minérale naturelle.
33:58Monsieur Amar, est-ce que le manque de réponses
34:02de Nestlé Waters vous agace, voire vous met en colère ?
34:08Il me choque.
34:09Excusez-moi.
34:10Non, non, mais...
34:12C'est bon, alors j'en profite.
34:13Vous avez raison.
34:15Il me choque.
34:16Avec Clémence Guilletet, nous avions réagi
34:19immédiatement après l'enquête de Mediapart.
34:22Nous avions fait une demande de commission d'enquête.
34:25Plus récemment, nous avons, dans cette législature,
34:28pour recommencer avec mon collègue René Pilateau,
34:31j'ai fait un certain nombre de saisines
34:33du procureur de la République avec l'article 40.
34:36C'est un scandale.
34:38C'est un scandale parce qu'en effet,
34:41des pratiques de filtration et de traitement
34:44ont été utilisées sur des eaux qui sont réputées
34:46être buvables à l'état naturel.
34:50Mais il y a aussi tromperie du point de vue du code du commerce
34:54parce que les consommateurs auraient dû être informés
34:58du fait que le produit n'était pas celui affiché sur les bouteilles.
35:03Après, globalement, moi, j'attire l'attention
35:07que non seulement nous sommes exposés à ce risque-là aujourd'hui,
35:10parce que nous sommes dans la pollution généralisée
35:13qu'il nous faut évoquer,
35:15et du coup, les aquifères, le cycle de l'eau,
35:19il n'y en a qu'un seul sur la planète.
35:21Le grand cycle est commun.
35:22Donc forcément, à un moment donné,
35:25ce sur quoi nous nous mobilisons pour sécuriser l'eau du robinet,
35:29qui est la plus contrôlée,
35:30contrairement à l'eau en bouteille,
35:32qui est bien moins contrôlée et qui est stockée en bouteille
35:35de nombreux mois ou années avant sa consommation...
35:38On va passer sur le sujet de l'eau du robinet,
35:40parce qu'on sait que c'est votre sujet, votre combat.
35:44Mais juste avant, dans ce scandale-là,
35:46on sait qu'Alexis Kholer, secrétaire général de l'Elysée,
35:49sera auditionné en avril prochain, le 8 avril.
35:52A qui la faute ? Aux industriels ? A l'Etat ?
35:55Il y a forcément des responsables
35:57et des coupables, au sens des praticiens,
35:59qui ont mis en oeuvre quelque chose
36:01qui n'était pas respectueux du cadre législatif et réglementaire.
36:05Il y a forcément des responsables politiques,
36:07à partir du moment où ils sont informés
36:09et qu'ils ne rappellent pas que la loi doit s'appliquer.
36:12Donc, selon vous, l'Etat, sans jeu de mots,
36:15est mouillé dans cette affaire ?
36:16Il y a eu des échanges avec Nestlé au plus haut niveau ?
36:19Ca le laisserait penser.
36:21Moi, je ne suis pas ici... Nous partageons un bon repas.
36:25Nous n'allons pas nous transformer en tribunal
36:28ou en juge d'instruction, s'il vous plaît.
36:30Je respecte...
36:31Vous êtes prudent pour un insoumis.
36:34Non, la justice de mon pays va faire son travail.
36:37Je veux avoir un a priori favorable.
36:41Mais vous comprenez que cela est intrigant
36:46et quand on sait qu'en plus,
36:50c'est parfois dans des aquifères communs,
36:52à l'eau du robinet, que ces eaux sont prélevées,
36:55comme à Vitel,
36:56que cette eau part à l'exportation,
36:58imaginez, en pleine sécheresse,
37:01on dit aux habitants, faites attention à Volvic.
37:04On a même été à Volvic jusqu'à assécher de la pisciculture.
37:09Il y a eu des incidences importantes pour les habitants.
37:13Pendant ce temps-là, en plein mois de doute,
37:15on continue à envoyer de la Volvic à l'étranger en bouteille.
37:19C'est 60 % de ce qui est pris dans la nature.
37:22En France, qui part à l'étranger.
37:24Dans les contextes que nous connaissons,
37:26il y a des arrêtés préfectoraux sur la sécheresse.
37:29Vous vous rendez compte ce que cela veut dire ?
37:31On a l'enjeu de la qualité que vous soulevez avec ce scandale,
37:34mais il y a aussi un conflit d'usage
37:36sur lequel il va falloir mettre les choses au clair
37:41et privilégier l'eau pour être vivante
37:43en bonne santé dans chaque bassin de vie.
37:45Si l'eau est contaminée, on serait tenté de se tourner
37:48vers l'eau du robinet.
37:49Là aussi, un gros problème de contamination,
37:52comme nous l'explique cet expert.
37:54Sur 30 collectivités territoriales,
37:57dans lesquelles nous avons recherché
37:5933 molécules différentes de pyphase,
38:01lorsqu'on cherche des pyphases, on les trouve à tous les coups
38:05puisque dans 96 % de nos échantillons,
38:08il y a présence de pyphase.
38:10C'est pour ça qu'il y a urgence à agir.
38:12Chaque année, quand on va attendre pour prendre des mesures,
38:17on va avoir les taux de pyphase
38:19qui vont augmenter régulièrement dans notre environnement
38:23et qui rendront la dépollution de l'eau
38:25plus difficile techniquement, mais plus coûteuse.
38:28Il n'y a plus aucune solution.
38:30L'eau en bouteille est contaminée, l'eau du robinet,
38:33qu'est-ce qu'on fait ?
38:34Vous voyez que la représentation nationale
38:37n'est pas à la hauteur, madame.
38:39Nous venons de voter un texte qui, pour moi, je l'ai voté,
38:43les Insoumis l'ont voté,
38:45mais qui est à des années-lumières de ce qu'il faut faire.
38:49Nous n'interdisons toujours pas,
38:50dans tous les domaines de la vie courante,
38:53l'utilisation de ces molécules.
38:55Vous parlez d'épiphase.
38:56Oui, c'est ce dont on parle, là, à propos de l'eau du robinet.
39:00Déjà, nous avons une problématique.
39:02Il y a 14 000 molécules en circulation,
39:04et pas 20, et pas 33.
39:07Il y en a 14 000.
39:08Il faut savoir si on veut protéger nos concitoyennes et concitoyens.
39:12Moi, je suis partisan de l'interdiction.
39:14Dans tous les domaines où on n'en a pas besoin,
39:17d'épiphase, et de toute la famille d'épiphase,
39:20et pas molécule par molécule, pour en évaluer la dangerosité,
39:24on y va encore dans 100 ans.
39:25Il faut protéger.
39:26La réglementation européenne prévoit,
39:29par l'article 129 du règlement Riche,
39:31que l'on peut, en France,
39:33aller plus loin que la réglementation européenne
39:36et protéger nos concitoyens.
39:38On pourrait en soumettre combien ?
39:40Non, pour dire, on ne produit plus d'épiphase
39:44dans les domaines de la vie quotidienne.
39:46Je pense aux textiles, à l'hygiène de vie, aux cosmétiques.
39:50Ca, ça a été prévu par le texte que nous venons d'adapter,
39:53mais dans la cuisine, on peut avoir du bois, du métal,
39:56comme on en a parlé, avec les fontes,
39:58avec les inox et les aciers.
40:00On peut avoir plein de choses sans avoir ce que cohabitent
40:05des polluants éternels, des épiphases,
40:07avec l'alimentation.
40:08Dans l'agriculture, nous sommes à des années-lumière de réagir.
40:12Le texte que nous venons d'adopter ne parle pas du fait
40:15qu'il y a des épiphases qui sont répandues dans la nature
40:18parce que ces molécules accompagnent,
40:20parce qu'elles ont une durée de vie plus longue,
40:23les herbicides et les pesticides.
40:24Il y a urgence à interdire l'épiphase
40:27dans les cultures destinées à l'alimentation.
40:29Je travaille à un texte de cette nature.
40:31Après, il y a tout le stock.
40:33Comme maintenant, on est dans une pollution généralisée.
40:37Il nous faut détruire ces polluants.
40:39Vous avez des filtres, chez vous ?
40:41Je sais pas, à la maison ?
40:43Je parle de l'idée que le service public...
40:45Non, je n'utilise pas, parce que nous avons un problème,
40:48c'est que nous avons déjà un souci de traitement
40:54des charbons actifs ou des membranes
40:56qui sont utilisés et qui captent ces polluants.
40:59Aujourd'hui, il n'y a aucune sécurisation
41:01pour savoir ce qu'on en fait.
41:03J'allais y venir en vous disant qu'il nous faut détruire
41:06ce qui est dans la nature.
41:08Pour ça, ça commence par le fait que la France doit se préoccuper
41:11du fait qu'elle utilise des charbons actifs
41:14pour potabiliser l'eau,
41:15elle incinère des déchets,
41:18mais à des températures insuffisantes
41:20si on veut que les mâches faires qui sortent des fours
41:23n'aient plus de piphase à l'intérieur.
41:26Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ?
41:28Nous n'avons pas la capacité à régénérer les charbons actifs,
41:32à détruire l'épiphase en général.
41:34Donc, on va, pendant quelques années, devoir d'abord
41:38avoir une filière de régénération des charbons actifs.
41:41On prétend aujourd'hui
41:43que les industries chimiques,
41:45comme les opérateurs de l'eau potable,
41:48qu'ils soient publics ou privés, d'ailleurs,
41:50disent les envoyer en Belgique.
41:52Certains nous disent ne pas savoir où ils vont.
41:55C'est pour vous dire l'état du problème.
41:58Ca fait pas l'unanimité, le charbon actif ?
42:01Peut-être pas, mais on n'a pas encore trouvé d'alternative.
42:04Si on me parle des osmoses inversées basse pression,
42:09il y a des macérats qui représentent 15 %
42:14du volume d'eau traité avant distribution au robinet.
42:18Ces macérats ont une densité de piphase incroyable.
42:21Qu'en répondent les opérateurs ?
42:23On les rejette dans la nature.
42:25On les a sous la main, on pourrait les détruire.
42:28Donc, on a un vrai problème de planification budgétaire
42:31et donc de choix politiques à faire.
42:33J'ai déposé une PPL en ce sens
42:35pour qu'à la fois on sache détruire l'épiphase
42:38qu'on a captée en potabilisant l'eau avec les charbons actifs,
42:42qu'on sache incinérer des déchets à des températures suffisantes.
42:47L'Académie des sciences vient de publier un rapport mardi.
42:51La communauté scientifique nous confirme depuis des années
42:54qu'il faut monter à 1 400 degrés
42:56pour être sûr d'avoir détruit
42:58tout l'épiphase dans l'incinération.
43:00Donc, il faut le faire,
43:02parce qu'on aura beau interdire à la source...
43:04Il y a des domaines dans lesquels on les aura encore.
43:07Les sapeurs-pompiers ne doivent pas avoir
43:10des vêtements adaptés à la haute température.
43:12Il en faut dans les hauts fourneaux de Pont-à-Mousson
43:16où on fabrique les tuyaux qui transportent notre eau potable.
43:19Il faut protéger les salariés.
43:21Il y a des domaines où on ne sait pas faire autrement.
43:24Dans tous les autres domaines où il y a des substituts naturels,
43:28il faut absolument avancer,
43:30attaquer la montagne de la pollution
43:32et détruire ces molécules,
43:34parce que sinon, elles vont rester sans fin
43:36et elles vont dans nos organismes.
43:38Je lisais une étude.
43:40Le prix de l'eau courante, ça coûte cher.
43:43C'est pas gratuit, l'eau courante.
43:45Il a augmenté.
43:46En 2010, c'était 3,62 euros pour 1 000 litres,
43:50donc un mètre cube,
43:51et en 2003, c'est 4,52 euros.
43:54Avec ce système de dépollution, comment ?
43:56Je veux dire que ça sera toujours moins cher
43:58que l'eau en bouteille.
44:00C'est une première information.
44:02Je veux dire que le mètre cube dont vous parlez,
44:05c'est celui qui nous permet d'être vivants chaque année.
44:08C'est ce qu'il nous faut.
44:09900 litres, trois jours sans eau.
44:11Je disais, 3 litres d'eau par jour et par personne
44:15qu'il nous faut ingurgiter, soit directement,
44:18soit au travers des aliments.
44:19Ca représente 900 litres à l'année.
44:22Ca coûte moins cher que les 300 euros.
44:24A 900 euros, le mètre cube,
44:27d'eau achetée dans des bouteilles en plastique,
44:30qui sont aussi des emballages qui peuvent générer
44:32des taux de pollution dans l'eau en bouteille.
44:35Donc, ce sera déjà moins cher.
44:38Après, en effet,
44:40nous ne pouvons pas considérer,
44:42alors que 90 % de la pollution est générée
44:45par l'activité industrielle,
44:47parfois par une partie de l'agriculture agricole,
44:52eh bien, c'est l'usager domestique au robinet
44:54qui va devoir porter la charge de la dépollution.
44:57Ce n'est pas possible.
44:58Et aujourd'hui, il y a une anomalie.
45:00A l'Assemblée nationale,
45:02il n'y a toujours pas de majorité
45:04pour relever le taux de redevance autorisé
45:09pour que les industriels qui prennent dans la nature de l'eau
45:13payent une redevance au mètre cube.
45:15Les agriculteurs ont un taux à zéro.
45:18Il est plafonné à zéro.
45:19C'est-à-dire qu'il n'y a aucune autorité organisatrice
45:22de l'eau du robinet,
45:23un service qui s'occupe et qui a la responsabilité
45:26de la quantité et de la qualité d'eau potable,
45:29n'a le droit de dire aux agriculteurs
45:31qu'ils prennent x milliers ou millions, selon les exploitations,
45:35de mètre cube par an,
45:36dont ils ont une redevance pour l'agence de l'eau,
45:39qui, elle, va la consacrer à la dépollution.
45:44Voilà. Donc, moi, ce que je cherche à faire,
45:46c'est que l'usager domestique ne se voie pas matraquer
45:50au travers des prix que vous annoncez
45:52par le fait que c'est à lui qu'on va demander
45:54de dépolluer ce qu'il n'a pas vraiment pollué.
45:57Je dis pas qu'il n'a pas pollué, il l'a forcément pollué,
46:00puisqu'il y en avait dans la cosmétique,
46:02dans les textiles et dans un certain nombre d'aliments consommés
46:06et qu'il y en a, malheureusement, encore à ce jour,
46:08au travers de certaines molécules de pyphase
46:11qui accompagnent des engrais, des pesticides, des herbicides.
46:14Mais il y a un principe pollueur-payeur
46:17qui doit s'appliquer.
46:18Il ne faut pas oublier
46:19que les charges eau sont déduites
46:22du calcul de l'impôt sur les sociétés.
46:25Je veux dire, aujourd'hui,
46:26les professionnels qui utilisent de l'eau
46:29peuvent déduire cela, alors que les usagers
46:31qui peuvent passer d'eau pour être vivants
46:34ne déduisent rien de leurs impôts.
46:36C'est pas à eux de porter la charge de la dépollution.
46:39C'est une redevance qui est à la loi de finances de 2026.
46:42J'abjure les parlementaires de bien réfléchir.
46:45S'ils sont conscients de cette pollution généralisée,
46:48il faut autoriser des redevances sur les prises d'eau
46:54qui sont faites dans la nature pour l'activité professionnelle.
46:58Après l'eau que l'on boit, nous, les humains,
47:01je vous propose d'aller voir,
47:02du côté de l'eau que l'on verse dans nos champs.
47:05Celle qui nourrit nos cultures n'est malheureusement pas illimitée.
47:09Elle se raréfie même alors certains agriculteurs s'adaptent.
47:12On va voir comment, tout de suite, dans les Pieds dans le plat.
47:18Musique rythmée
47:21Valérie Fassa, ce manque d'eau de plus en plus récurrent
47:24qui touche culture, mais aussi les élevages.
47:26Les agriculteurs n'ont pas d'autre solution
47:29que de s'adapter saison après saison, sécheresse après sécheresse.
47:32Ca passe par des nouvelles technologies
47:35et aussi par des cultures moins gourmandes.
47:37C'est un reportage de Dario Borgogno avec Marion Devauchelle
47:40et Clément Perrois.
47:42Céréales, pétraves, orges, plantes aromatiques.
47:45Dans cette exploitation,
47:47des cultures varient pour faire face aux dérèglements climatiques.
47:51Les préconisations de beaucoup de météorologues
47:53sont que demain, on n'aura pas forcément moins d'eau,
47:56mais pas d'eau de manière aussi régulière.
47:58Pour cet agriculteur, s'adapter à ce nouveau climat
48:01passe par les nouvelles technologies.
48:04Ces sondes, plantées chaque année pendant le printemps,
48:07enfoncées à plus de 60 cm dans le sol,
48:09lui permettent de mieux gérer son irrigation.
48:11On a la partie capteur qui nous indique
48:13la quantité d'eau que la plante peut chercher dans le sol,
48:17combien il reste d'eau dans la parcelle.
48:19Grâce à ces outils, on pilote, on gère,
48:21on anticipe et on apporte de l'eau vraiment toujours pareille,
48:26la bonne dose au bon endroit et au bon moment,
48:28de manière à limiter mon impact sur le prélèvement
48:31dans la nappe phréatique
48:33et avoir un bon développement de ma culture.
48:36Grâce à ces outils, cet agriculteur estime économiser
48:39entre 10 et 15 % de son eau,
48:41une gestion aidée par une station météo au milieu de ses terres.
48:45Ici, on est devant ma station météo connectée.
48:48Cette station météo a la capacité d'envoyer directement
48:51sur mon téléphone portable les données météo nécessaires,
48:55que ce soit la pluviométrie, la température, l'humidité de l'air.
49:00Ca me permet d'avoir les informations en direct,
49:02d'avoir l'écumule et de pouvoir aussi travailler
49:06à la sauvegarde sur mon logiciel
49:08directement pour savoir quand mes plantes pourraient être malades,
49:12quand je dois irriguer et aussi avoir une fonction de prévision.
49:15300 agriculteurs disposent de cette station météo en Ile-de-France,
49:19un outil essentiel quand on sait que cette région
49:22est menacée par des sécheresses de plus en plus sévères.
49:25Certains agriculteurs se tournent aussi vers d'autres cultures
49:28pour remplacer celles gourmandes en eau,
49:30comme ici, en Touraine.
49:32Le sorgho, plante d'Afrique subsaharienne,
49:34devient une alternative au maïs.
49:36Là, c'est les graines qu'on récolte, du sorgho.
49:40C'est pour faire de la farine pour les animaux, principalement.
49:44C'est des terrains où il faut qu'il n'y ait pas d'irrigation,
49:47donc on essaie de faire des cultures adaptées au terrain
49:50et aux années sèches.
49:51Avec 103 000 hectares cultivés sur son territoire,
49:54la France est même devenue le 1er producteur européen de sorgho.
49:58Que vous inspirent toutes ces initiatives ?
50:00Vous, le spécialiste de l'eau, c'est une goutte d'eau dans un océan ?
50:04Je suis un spécialiste...
50:06Oui et non.
50:08J'épouse une cause, celle du droit à l'eau.
50:10Peut-être bientôt, d'ailleurs.
50:12Parlons de l'adaptation des agriculteurs.
50:14Station météo qui permet mieux gérer la gestion d'eau,
50:17est-ce une solution ou est-ce qu'il faut être plus radical
50:20en changeant carrément de modèle ?
50:22Non, on a besoin de ces outils pour être plus sobres
50:25et les choses ne vont pas se faire d'un coup de baillette magique.
50:28Il faut, d'abord, je pense que si on repart des besoins
50:32en alimentation de la population de notre beau pays,
50:35il nous faut développer une agriculture vivrière
50:38et qui soit nous permette d'avoir une alimentation équilibrée
50:42et en même temps, du coup,
50:44chercher, soit par les choix de culture,
50:46soit...
50:48C'est le sorgho, là.
50:49...soit par des technologies,
50:51à être plus sobres en eau.
50:53Le vigneron, dont nous dégustons le vin depuis tout à l'heure,
50:57un plant des cépages de vieux cépages,
51:01des cépages qui résistent mieux à la maladie,
51:03qui demandent moins d'eau,
51:05parce qu'il a une pleine conscience
51:07qu'à la fin du siècle, Lyon sera semi-désertique
51:11et que, par ailleurs, le débit du Rhône,
51:14que nous aimons tant,
51:16qui alimente la population aux abords,
51:18aura un débit et un nettiage de moins de 30 %,
51:21ce qui, d'ailleurs, pose un problème sur notre modèle énergétique,
51:25puisque refroidir des centrales
51:27avec moins ou pas d'eau ou de l'eau plus chaude,
51:30ça va aussi poser un problème à la filière nucléaire.
51:35Mais sur ce que vous dites, là, il y a un souci.
51:38Si on fait de l'agriculture et de la culture
51:41pour l'exportation avant de nourrir notre peuple
51:45et que nous exportons
51:48des produits agricoles qui sont gourmands en eau,
51:52on exporte de l'eau.
51:54Et donc, on l'éloigne du cycle court
51:57qui régénère le cycle dont nous avons besoin pour vivre.
52:01Le sujet, c'était s'adapter.
52:03Est-ce que ces solutions sont bonnes ou pas suffisantes ?
52:06C'était ça, plutôt.
52:08Pour moi, elles sont...
52:09On arrête le soja et le maïs ? On arrête.
52:11On arrête le soja et le maïs en France.
52:14On estime que c'est trop gourmand.
52:16A partir du moment où on n'a pas notre souveraineté alimentaire,
52:21on peut se poser la question d'avoir une culture plus diversifiée
52:24ou avoir de la monoculture sur des ensembles de plus en plus grands
52:29et, finalement, en spécialisant des régions
52:32toutes entières.
52:33Donc, moi, je vous dis, on diversifie
52:36pour répondre à des besoins en France,
52:39sur le vieux continent,
52:41en ayant des accords commerciaux loyaux avec nos voisins,
52:44avant d'avoir une course folle à l'exportation
52:48pour faire du chiffre,
52:50alors qu'on a besoin de terres vivrières
52:52pour alimenter la population en France.
52:55On ne finit jamais un repas sans une note sucrée.
52:58C'est maintenant l'heure du Pêcher mignon.
53:04Sans savoir, Gabriella Barre vous a fait une spéciale dédicace,
53:07un crumble aux pommes et aux dattes,
53:09mais surtout avec plein de pâtes et pas beaucoup de fruits.
53:13Si on fait une sonde, plus de pâtes que de fruits,
53:16mais ça, je suis sûr que c'est bon pour vous.
53:18Il y a des dates dans ce crumble.
53:20Je n'en avais jamais vu un au date.
53:22Les dates, c'est pour les randonneurs,
53:24parce que c'est hyper calorique,
53:26mais je ne vous vois pas faire de la randonnée.
53:28Pourquoi il y a des dates ? C'est vos racines, ça ?
53:32Je suis un ancien éclaireur de France, pendant 13 ans.
53:35J'ai vu, le scout, toujours.
53:37Les Éclaireuses et Éclaireurs de France
53:39est un mouvement d'éducation populaire du scoutisme français
53:43auquel je suis très attaché, un mouvement laïque.
53:45Nous faisions beaucoup de randonnées.
53:48Mon père aimait à dire
53:50que lui qui avait grandi aux portes du Sahara,
53:55à Béchard,
53:56disait que les Touaregs arrivaient à s'en sortir
54:00avec deux dates et un verre d'eau,
54:02c'était l'équivalent d'un steak.
54:03Je me suis dit, tiens, mon père, qui mangeait beaucoup de viande,
54:07m'a, sans savoir, montré ou envoyé un signal
54:12qu'il y avait des alternatives à la viande.
54:14Voyez-vous ? J'aime beaucoup les dates.
54:17Je les mange sans faim.
54:18Je dois reconnaître que c'est vraiment, pour moi,
54:22quelque chose...
54:23C'est la petite gourmandise.
54:26C'est mieux que des bonbons, non ?
54:28C'est mieux que des bonbons, c'est sûr.
54:30Vos enfants, ils mangent des dates ?
54:32Très bien, Valérie.
54:34Il y avait une question un peu technique.
54:36Est-ce que vous préférez la Deglet Nour du Maghreb
54:39ou la Medjoul charnue d'Israël ?
54:41Je connais la réponse, mais...
54:43C'est un peu une question culinaire et géopolitique.
54:45Je comprends. Celle de mes ancêtres,
54:48du côté de mon père,
54:50celle d'Afrique du Nord, bien entendu,
54:53et du Maghreb.
54:54Je connais peu ou pas les autres.
54:56Je pense même que, dans la période,
54:59je dois, consciemment ou inconsciemment,
55:02mon cerveau étant bien fait, les boycotter.
55:05Allez, on termine cette émission en musique,
55:08sur un air très connu,
55:10qu'on écoute quelques secondes ensemble.
55:13Appena alzate
55:21O bella ciao, bella ciao
55:25O bella ciao, ciao
55:28On a reconnu le bella ciao, très connu,
55:31mais dans une version très particulière.
55:34Expliquez-nous pourquoi ce choix.
55:36C'est la version originale.
55:38Originelle, devrais-je dire.
55:40C'est celle du 19e siècle et du début du 20e siècle.
55:43C'est une lamentation de femmes ouvrières
55:47qui ont les pieds dans l'eau,
55:49dans des cultures de riz,
55:51et qui se plaignent de leurs conditions de travail,
55:54avec l'humidité, la fatigue, le poids
55:58de ce qu'elles transportent,
56:00et aussi les moustiques qui leur apportent de la maladie.
56:03Et donc, c'est cette lamentation
56:06qui vient de l'histoire du mouvement ouvrier,
56:09qui donnera naissance au chant de la résistance italienne,
56:12que nous connaissons,
56:13puis aux versions plus contemporaines,
56:16des motivés, ou de la musique de Casadelle Papel,
56:20pour ne pas faire de publicité pour une plateforme.
56:26Donc, voilà, je tenais à rappeler l'origine de ce chant,
56:31qu'il était d'abord un hymne au féminisme,
56:37aux conditions de travail qui doivent changer,
56:42dans les domaines qui sont pénibles,
56:44et c'est encore, dans bien des domaines,
56:46encore le cas aujourd'hui.
56:48Donc, voilà, et puis, elle a aussi bercé mon enfance,
56:52c'est un peu notre hymne de ralliement,
56:54Bella Ciao, dans la famille,
56:56pas que dans la famille politique,
56:58aussi dans la famille tout court,
57:00parce que nous parlons tous italien
57:01et nous aimons chanter en italien en famille.
57:04Grazie mille d'avoir participé à ce repas avec nous,
57:09d'avoir partagé notre table. Merci, Jean-Pierre Montaner.
57:12On remercie le Bourbon, qui nous a concocté ce menu.
57:15On se retrouve très vite
57:17pour un prochain numéro de Politique à table.