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Transcription
00:00Et on va tenter de se mettre d'accord autour de cette table avec nos 4 débatteurs que je salue tout de suite.
00:07Jean-Claude, bonjour.
00:09Bonjour Isabelle.
00:10Rapprochez votre micro Jean-Claude, rapprochez-le, rapprochez-le.
00:13Je rapproche mon micro.
00:15On vous entendra bien parce qu'en tant qu'avocat mais président du Forum Transatlantique,
00:19le sujet dont on va parler évidemment dans un instant va vous concerner avec un éclairage que l'on attend.
00:24Ça nous concerne à tous.
00:25Ça nous concerne à tous mais c'est votre éclairage que l'on attend.
00:28Jean-Philippe Ducoin Clément, bonjour.
00:29Bonjour.
00:30Jean-Philippe, homme maire de Mency et vice-président de la région Île-de-France.
00:34Baptiste Fournier, bonjour.
00:35Bonjour.
00:36Président et fondateur de l'agence de communication Virtus et Jean-Christophe Galen, bonjour.
00:40Politologue et conseiller en communication.
00:42Alors évidemment on va revenir avec vous 4 et longuement sur cette guerre commerciale
00:48qu'a déclarée cette nuit Donald Trump au monde entier
00:50qui entraîne l'intégralité des bourses ce matin
00:54qui ont ouvert dans une dégringolade assez spectaculaire.
00:57Les Etats-Unis entrent dans une incertitude économique
01:00et les répercussions sont très grandes ce matin pour la partie rien que française.
01:04François Bayrou alerte sur une immense difficulté pour l'Europe.
01:09Quelle sera la réponse des uns et des autres ?
01:11On sait d'ores et déjà qu'il y a plusieurs pays, dont la Chine,
01:14qui n'ont pas l'intention d'en rester là.
01:16Le jugement suite, donc on est à J4 concernant le jugement de Marine Le Pen
01:22avec cette mise au point d'Emmanuel Macron hier
01:27qui a mis les points sur l'EI concernant l'état de droit.
01:30Et puis cette manifestation qui se profile ce week-end.
01:34Est-ce que cette marche, cette manifestation que programme le Rassemblement National
01:40est-ce un coup de force contre la démocratie ?
01:44Et il y aura d'autres contre-manifestations cette fois ?
01:47Puisque par exemple à gauche aussi on veut une manifestation.
01:50Gabriel Attel fait un meeting.
01:51Bref, tout le monde va descendre dans la rue.
01:53Puis enfin, faut-il réguler l'installation des médecins ?
01:56La première partie de la proposition de loi a été adoptée hier à l'Assemblée Nationale.
01:59On verra si ça va résoudre ce problème qui concerne 6 millions de Français.
02:04Menu copieux, on est en forme, on est en jambes.
02:07Jean-Claude, on va commencer par les coups de cœur et les coups de gueule.
02:10Et c'est un coup de cœur pour un changement de tête au sommet de l'Église catholique française.
02:16Oui, effectivement, l'archevêque Jean-Marc Aveline a été élu
02:20à la tête de la Conférence des évêques de France.
02:24C'est l'une des belles figures de l'Église catholique.
02:28C'est un homme qui a l'habitude du dialogue inter-religieux.
02:32Il a un passé, une histoire personnelle
02:36qui devrait permettre à la fois de rassérener les esprits
02:40au sein de l'Église, au sein de la communauté catholique,
02:43mais aussi au moment où notre pays est traversé par des divisions.
02:47Sur fond religieuses, malgré tout, parce qu'il faut le dire,
02:51c'est important qu'il y ait de belles personnalités,
02:55de gens qui ont un peu de profondeur et un parcours
02:59pour pouvoir rétablir le dialogue au sein de la communauté nationale.
03:03Et je pense que c'est important, c'est la raison pour laquelle je voulais souligner cela.
03:07On aura l'occasion de parler tout à l'heure de choses très techniques, très compliquées, très politiques.
03:11Mais finalement, moi je constate quoi ?
03:14C'est que nos sociétés ont besoin d'un peu de sagesse et de spiritualité.
03:18Oui, j'ose le dire, de spiritualité et un peu de sagesse.
03:22Et je pense qu'il est important que nous ayons des hommes et des femmes
03:26spirituels, de paix,
03:30des philosophes qui nous aident un petit peu à...
03:34On va faire tomber la température et on va prendre un peu de temps.
03:38C'était un peu mon coup de cœur et je pense qu'il faut arrêter d'être dans l'urgence,
03:42dans la précipitation, dans le conflit. Et si on veut cela, il faut revenir
03:46à quelques fondamentaux. Et pour moi, ça c'est le fondamental du matin, la veille de ce week-end.
03:50Prenons un petit peu le temps de la réflexion et de l'apaisement
03:54parce que, et je m'arrête là-dessus, la réactivité,
03:58la réaction, le combat, finalement au fond qui paient l'addition
04:02sont tout d'abord les êtres humains, les plus vulnérables.
04:06On n'est pas dans une logique aujourd'hui d'apaisement.
04:10Oui, mais ce n'est pas grave. Il faut des figures emblématiques comme ça
04:14pour pouvoir, en dehors du cas
04:18de la nouvelle tête de file des évêques de France aujourd'hui
04:22qui va avoir des dossiers compliqués, mais il faut ramener un peu tout le monde
04:26à la raison. On atteint un seuil, ça n'en prend pas le chemin.
04:30C'est-à-dire que la raison, oui, mais c'est aussi
04:34prendre le temps, faire des temps de pause. On est tous amenés à être
04:38enfermés dans une espèce de vortex, de shaker.
04:42Je prenais cette image tout à l'heure où on a l'impression qu'on est tout le temps agité,
04:46qu'on ne sait pas trop comment les choses vont sortir, qui plus est, dans un contexte
04:50qui lui dépasse notre local. C'est-à-dire que c'est notre local
04:54qui est devenu intégral, qui a impacté, qui impacte lui-même d'autres localismes ailleurs.
04:58Donc il faut se dire, comme Jean-Claude le disait, c'est qu'au milieu de tout ça
05:02il y a une énergie qui est d'abord celle des êtres humains. Je vais être
05:06encore plus, presque pas ésotérique, mais oui, cette énergie naturelle qui est là
05:10et les espaces... Non mais je vous assure qu'à un moment donné,
05:14c'est pas faire... Vous voyez, quand on faisait des parareligions qui sont
05:18nées sur l'idée de la nature, il y a des fondamentaux qui sont là. Pour ça, il faut aussi
05:22effectivement des figures incarnantes. Non pas des gens qui vous amènent
05:26à prépenser, à organiser votre propre matrice
05:30à vous, mais qui donnent des directions. Et des directions
05:34qui soient différentes que celles en permanence de la conflictualité,
05:38de l'agitation, de l'obsession
05:42du court terme. Et vous savez, on en revient à ce qu'on va finir par dire,
05:46c'est-à-dire qu'aujourd'hui, le monde tel qu'il est, il est financiarisé. Nous-mêmes, chacun d'entre
05:50nous... Alors là, pour le coup, je vais être presque quelqu'un qui pourrait aller de gauche.
05:54Mais c'est ça, on a été marchandisé et chacun d'entre nous est devenu un actif
05:58financier. A partir du moment où on est là-dedans, il faut reprendre le temps long.
06:02Le temps long, il est bien loin de tout ça. Allez, on va continuer de parler de tout ça
06:06avec vous quatre. Dans un instant, on s'arrête. C'est l'heure des infos et des cours sur Sud Radio.
06:10On se retrouve juste après ça, tout de suite.
06:14La sélection de Jean-Paul Delperrier.
06:18Vous allez tout de suite sur sudradio.fr
06:22Sud Radio, le 10h midi. Mettez-vous d'accord.
06:26Christine Bouillaud. Et en compagnie, ce matin, de Jean-Christophe Guérien,
06:30politologue, conseiller en communication, Baptiste Fournier, président et fondateur de l'agence
06:34de communication Virtus, Jean-Philippe Dugoin-Clément, maire UDI de Méncy
06:38et vice-président de la région Elle-de-France. Je dis bien Méncy ?
06:42Méncy, hein, on ne dit pas Mé-ne-ci. Méncy, très bien. Et Jean-Claude Beaujour,
06:46avocat, président du forum Trois Atlantiques. Dans un instant,
06:50on va revenir sur ces questions de droit de douane, cette guerre commerciale
06:54qui a été enclenchée cette nuit dans un espèce de décorum,
06:58une mise en scène absolument spectaculaire à la Maison Blanche par Donald Trump.
07:02On fait le tour avant cela de vos coups de cœur et vos coups de gueule de l'actualité.
07:06Jean-Philippe, un autre coup de cœur concernant un vote au Sénat ?
07:10Oui, parce que pour une fois, on a un vote sur une proposition de loi pragmatique.
07:14On sort un peu l'idéologisme. C'est un vote qui a eu lieu le 1er avril,
07:18ça ne s'invente pas, sur une proposition de loi venant assouplir
07:22et adapter le calendrier des DPE. Les DPE, c'est quoi ?
07:26C'est les interdictions de mise en location des passoires énergétiques,
07:30les G depuis le 1er janvier, puis à venir les F et les E.
07:34C'est quelque chose qui est extrêmement souhaitable, louable, qu'il faut faire,
07:38parce que c'est la qualité de vie, c'est la lutte contre les gaz à effet de serre,
07:42et puis c'est l'économie des personnes qui vivent dedans qui payent plus cher.
07:46Mais on se retrouve aujourd'hui dans l'application d'un texte de loi qui pose
07:50des problèmes majeurs dans un pays qui est en crise du logement et dans des régions
07:54où la crise du logement est particulièrement forte. Les étiquettes G,
07:58qui sont sorties au 1er janvier, et sur une région comme l'Île-de-France,
08:02à 2034, c'est la moitié du parc qui ne pourra plus être louée quand on prend les EFG,
08:06et donc on mesure bien que l'argent mis par l'État
08:10n'est pas suffisant pour permettre l'effort de rénovation énergétique.
08:14Par ailleurs, on se rend compte qu'on a un certain nombre de difficultés techniques,
08:18de logements qui ne peuvent pas ou n'arrivent pas à être upgradés,
08:22si vous me passez l'anglicisme dessus, et la proposition de loi du Sénat
08:26ne vient pas remettre en cause l'objectif, mais elle vient permettre, lorsque
08:30sur des bâtiments collectifs ou sur des maisons individuelles,
08:34il y a une impossibilité technique de pouvoir procéder
08:38à la montée en qualité du bien. Soit parce qu'il y a un refus des bâtiments
08:42de France, soit parce que la copropriété refuse
08:46de le faire, ou que certains appartements en rez-de-chaussée, quand on est sur cave
08:50ou au dernier étage, ne peuvent pas individuellement sortir
08:54de ces étiquettes-là, mais que l'immeuble dans son ensemble sort de l'étiquette énergétique
08:58concernée, permettre de maintenir une mise en location. La proposition
09:02de loi vient aussi permettre, dans certains cas, plutôt que d'interdire
09:06la location, de permettre aux locataires d'exiger la
09:10mise en conformité du bien, et si ça n'est pas fait,
09:14de venir déduire le surcoût énergétique des loyers, c'est-à-dire rendre du pouvoir
09:18d'achat aux locataires sans sortir le bien du parc.
09:22C'est un sujet majeur, parce que d'un côté, on ne peut pas dire
09:26que l'écologie, l'environnement, ce n'est pas une priorité. On en parlait en aparté il y a quelques minutes.
09:30Mais est-ce que ce n'est pas des tricotés, justement, la rénovation des
09:34obligations ? Ce n'est pas des tricotés, parce qu'il y a des cas où vous ne pouvez pas. Lorsque vous avez
09:38des interdictions, par exemple d'isolation par l'extérieur par les bâtiments de France, et que l'isolation
09:42par l'intérieur revient vous faire perdre la surface qui vous permet d'avoir un logement
09:46qui est louable, vous vous retrouvez à sortir du parc locatif des logements. Sur une région
09:50comme l'Île-de-France, où on compte aujourd'hui 1 300 000 mal logés,
09:54sur ce pays où on a 4 millions de mal logés, où le coût du logement
09:58est quelque chose, on manque de logements dans ce pays. Le coût du logement est quelque chose
10:02qui surimpacte... Parce qu'il n'aurait pas mieux valu, peut-être, que le Sénat
10:06où on pousse pour que l'on relance la construction...
10:10Mais ça c'est un autre débat.
10:14Il faut le faire, bien évidemment. Après relancer la construction, ça fait 4 ans qu'elle s'effondre
10:18parce que les taxes sont trop élevées, les normes sont trop élevées, les maires ne veulent plus de construction,
10:22les taux d'intérêt ont remonté, il y a plein de facteurs qui font que c'est compliqué.
10:26Actuellement, sur une région comme l'Île-de-France qui souffre du mal logement,
10:30à moins de 10 ans, c'est la moitié du parc qui n'est plus louable. Alors il faut pousser
10:34au maximum pour accompagner la rénovation, pas être dans la sanction mais accompagner,
10:38mais tenir compte des cas où ça n'est matériellement pas faisable, ou pas faisable
10:42dans le cas où l'endroit est imparti, pour ne pas aggraver les difficultés sociales.
10:46En fait, c'est une proposition de loi qui est pragmatique, qui vient de manière extrêmement technique
10:50permettre de donner un peu de souplesse à des cas où l'on se retrouve dans une situation
10:54totalement schizophrénique. Il faut atteindre les décrets d'application, que ça redescende et tout ça.
10:58Et puis déjà que ça soit voté par l'Assemblée, etc. Pour une fois, on a un débat
11:02qui vient de manière un peu dépassionnée, ne pas venir casser une ambition
11:06mais venir essayer de mettre un peu d'huile dans les rouaches. Alors on continue les coups de cœur
11:10et les coups de gueule parce que notre menu est copieux. Jean-Christophe, vous avez aussi un coup de cœur
11:14ce matin, donc on est à 3 à 0.
11:18Oui, c'est bien. Pour le coup, c'est pas mal. Mais je trouvais que c'était
11:22quelque chose qui a été ouvert hier à l'Assemblée.
11:26On fait face dans les trois grandes villes de France, Paris, Lyon et Marseille
11:30à un mode de scrutin municipal qui est particulier, qui est différent
11:34dérégatoire à celui qui existe dans les villes de France
11:38en particulier. C'est-à-dire en gros
11:42qu'on a une espèce d'élection à deux vitesses dans des arrondissements
11:46on vote pour un maire d'arrondissement qui ensuite, on va créer un corps
11:50de conseillers municipaux centraux qui vont ensuite élire le maire
11:54de la grande ville, de la ville finale. Donc c'est comme si on élisait des grands électeurs
11:58qui allaient à la manière américaine, ensuite élire non pas le président des Etats-Unis
12:02mais le maire de chacune de ces grandes villes. Et je trouve qu'enfin, hier, a été lancé
12:06le début d'un travail de rénovation de cette loi
12:10particulière. Alors elle ne fait pas l'unanimité à travers l'échiquier politique
12:14mais moi je trouve que c'est plutôt une bonne chose. C'est-à-dire en gros de revenir à la base, c'est-à-dire que oui on élira
12:18des conseillers municipaux d'arrondissement, mais chacun des habitants
12:22de chacune de ces villes va pouvoir élire un homme, une femme
12:26qui incarnera la ligne, ou en tout cas qui sera le candidat à l'élection municipale
12:30centrale, c'est-à-dire celle de Paris, Paris dans sa totalité
12:34Lyon dans sa totalité et Marseille dans sa totalité. Ça veut dire qu'en gros, on évite
12:38on n'a plus cette élection à trois tours en réalité, qui est celle de quelque chose
12:42qui fabrique d'abord une élection municipale d'arrondissement et ensuite les grands électeurs qui ont été
12:46élus dans chacun des arrondissements vont élire le maire. Je trouve ça intéressant
12:50dans l'idée là aussi de renforcer ce qui pour moi aujourd'hui, alors je vais un tout
12:54petit peu plus loin, dans la crise institutionnelle que nous traversons et politique que nous traversons
12:58rappelons-nous qu'on est dans une grande fragilité, alors c'est une crise parce que
13:02on a élu une assemblée nationale qui représente ça, sans majorité, sans vote. Je pense que
13:06le local va être très important, c'est-à-dire qu'en gros l'élection municipale l'année prochaine
13:10sera un grand moment, c'est-à-dire qu'on nous l'a enlevé, rappelons-nous
13:14avec le Covid, on revient à l'avant-dernière élection
13:18municipale pour trouver quelque chose. Et 12 ans c'est très long sur le temps démocratique
13:22alors on revient au temps long, mais l'élection municipale c'est aussi une élection du temps long
13:26une élection du temps de la proximité et on ne peut pas croire que Paris, Lyon et Marseille
13:30fut-elle les plus grandes villes de France, doivent déroger à la règle normale, c'est-à-dire un
13:34électeur pour un maire. C'est une anomalie.
13:38Même si ça vient tard, un an des municipales, à mon avis c'est plutôt pas mal.
13:42Allez, on va continuer avec le tour de table des coups de cœur et des coups de gueule.
13:46Moi je voudrais faire un mi-coup de gueule, mi-coup de cœur, mais c'est cette énième
13:50tentative, c'est mon prisme sportif pardonnez-moi, cette énième tentative
13:54du gouvernement pour mettre les Français et les jeunes au sport, parce que c'est quand même
13:58aussi un gain pour la société, si on fait un peu de sport on est moins malade
14:02etc. Enfin bref, tout ça est parfaitement documenté. Et enfin, 6 mois après
14:06un petit peu plus de 6 mois après les JO, on propose un test de forme physique pour les élèves
14:10de 6ème pour la rentrée prochaine, pour favoriser l'activité des collégiens
14:14à travers plusieurs mesures, il y a eu plein de tentatives pour mettre les enfants au sport, bref on a l'impression
14:18qu'on tricote, il suffit de mettre des profs de sport, il suffit de mettre des terrains de sport
14:22il suffit de laisser de la place au sport, et de financer un peu le sport aussi.
14:26Et de financer un peu le monde sportif, exactement, ça irait
14:30on verra comment on crée encore certainement un bidule, mais on verra la réaction aussi du côté
14:34de l'enseignement sportif des profs d'éducation physique qui sont souvent
14:38la 5ème roue du carrosque.
14:42Est-ce qu'on a le temps ? Oui, on va attaquer avec vous Baptiste, pardonnez-moi
14:46mais ça va nous permettre de rentrer aussi dans d'autres sujets, mais vous aviez vous
14:50un coup de gueule contre les politiques qui critiquent les magistrats
14:54ce à quoi on assiste depuis lundi 13h.
14:58Là on vient d'avoir deux très beaux exemples de politiques qui sont dans le pragmatisme
15:02à travers la réforme de la loi ou la modernisation de la loi PLM
15:06et de l'autre sur la rénovation énergétique des bâtiments
15:10dans le débat public parfois ils ne sont pas à la hauteur de mon point de vue
15:14c'est le chat qui se mord un peu la queue, c'est-à-dire que les politiques se plaignent
15:18de décisions de magistrats qui eux-mêmes appliquent la loi, or
15:22il faut quand même rappeler que les politiques légifèrent quand ils sont
15:26parlementaires et qu'à un moment donné où ils se plaignent assez régulièrement
15:30d'une forme de perte de pouvoir ou autre, je trouve qu'ils sont
15:34dans une posture de déresponsabilisation sans même
15:38évoquer la séparation des pouvoirs et l'état de droit
15:42je pense que là ils sont dans une forme d'irresponsabilité
15:46ils instillent par ailleurs une forme de poison mortifère quand on voit aujourd'hui
15:50la montée des populismes de Orban en passant par Erdogan et en arrivant
15:54à Trump, or ils sont les premiers responsables de cette loi
15:58c'était la loi Sapin qui avait été adoptée à l'époque dans une large majorité
16:02et si aujourd'hui ils s'en soucient, ils n'ont qu'à la réformer tout simplement
16:06alors il y a ce sujet-là qui reviendra rapidement, alors Jean-Claude ce que je vous propose
16:10parce que sinon on va se retrouver débordés, on se fait une courte pause, on en reparle
16:14ensemble juste après ça, à tout de suite
16:18Parlons vrai ! Parlons vrai ! Parlons vrai !
16:22Alors Jean-Claude Beaujour qui appelait à la sérénité des débats
16:26on est déjà très en forme
16:30on était avec vous, Baptiste Fournier, Jean-Philippe Ducoin-Clément, Jean-Claude Beaujour
16:34et Jean-Christophe Yallain, Jean-Baptiste vous nous disiez que vous étiez agacé
16:38d'entendre effectivement cette musique depuis quelques jours
16:42des responsables politiques qui critiquent
16:46des lois qu'ils ont eux-mêmes votées, on va continuer là-dessus
16:50parce que ça va arriver sur la manifestation de dimanche
16:54mais c'est un autre sous-sujet. On a un contrat social et une république qui sont régulièrement esquintées
16:58on a un contrat social et une république qui sont régulièrement esquintées, attaquées
17:02là il y a un pacte qui est celui de l'état de droit et de la séparation des pouvoirs
17:06sur cette décision-là je trouve de la part des politiques que c'est un peu facile
17:10de taper sur les magistrats et ça ne donne pas une bonne image
17:14de ce qu'est aussi le pouvoir politique, c'est-à-dire ce pouvoir de légiférer.
17:18Je suis d'accord sur l'idée que les politiques ne peuvent pas se laver
17:22de leurs responsabilités dans la prise de décisions
17:26Alors permettez-moi quand même qu'ils motivent leurs décisions sur 154 pages
17:30Oui mais au-delà de l'affaire, dans le fond de l'affaire
17:34le texte et les motivations du juge, on pourrait les discuter
17:38le fond qui a été exprimé c'est de dire
17:42les politiques qui réagissent à des phénomènes de société
17:46et après Jean-Claude va nous faire l'exégèse de tout ça
17:50on fait dans l'émotion de la loi d'émotion, la première loi sapin est déjà compliquée
17:54la deuxième loi sapin ne laissera pas une grande marque dans l'édifice juridique
17:58et surtout dans la vie économique de ce pays. Donc après derrière, qu'est-ce qui se passe ?
18:02Oui d'accord on peut critiquer les politiques sur l'idée qu'eux-mêmes viennent derrière se dire
18:06on s'est trompé, ils ont le droit de se dire on s'est trompé, ils ont le droit de reprendre
18:10à vous maintenant de prendre ce texte en main, si vous voulez le changer, si vous voulez le modifier
18:14faites-le, non pas dans l'émotion mais faites-le correctement, ça c'est un premier point
18:18et deuxième point, je ne veux pas que moi si vous êtes dans un pays
18:22d'état de droit comme vous dites, on ne puisse pas
18:26au risque de se faire taxer de populistes, de tout ce que vous voulez
18:30on ne peut pas évaluer à un moment donné une décision de justice, oui il y a besoin d'évaluer
18:34une décision de justice, notamment en première instance, vous devez pouvoir le faire
18:38comment on doit pouvoir évaluer la formation des juges, comment on doit pouvoir évaluer la manière dont ils recrutent
18:42donc comment on doit pouvoir le faire, suivre leur carrière, je ne veux pas qu'on fasse comme au Mexique
18:46où on va élire des juges comme aux Etats-Unis, je veux par contre qu'on ne puisse pas, ne pas
18:50ne pas, en tout cas qu'on ne s'interdise pas, d'avoir une sorte de
18:54vare si vous voulez des jugements qui viennent de temps en temps et qu'on puisse
18:58appuyer sur un bouton, avoir, déterminer, mais il n'y a pas, il n'y a pas de pouvoir
19:02judiciaire, il n'y a pas de capacité isolée comme ça de faire, ils rendent le justice
19:06du peuple français, ce n'est pas à leur titre propre, et de fait ce sont des êtres humains
19:10de fait on le sait, des idéologies traversent le corps
19:14de la magistrature, ou les juges aujourd'hui, on ne peut pas s'interdire d'aller voir de temps en temps
19:18comment ça fonctionne et de corriger aussi les fonctionnements.
19:20J'apporte une information, c'est que les trois juges qui ont jugé Marine Le Pen, enfin rendu leur décision
19:24sont non syndiqués. Oui mais au-delà de l'affaire du syndicat, c'est-à-dire
19:28on ne peut pas s'interdire d'aller voir de temps en temps ce qui se passe.
19:32Je voudrais très rapidement pour nos auditeurs rappeler deux ou trois choses
19:36et là encore je ne connais pas ce dossier, je n'ai pas eu accès au dossier
19:40et je ne veux pas commenter, rentrer dans le débat purement politicien
19:44RN, pas RN, ce n'est pas mon sujet. Première chose, l'état de droit.
19:48Qu'est-ce que c'est ? Souvenez-vous Christine, très souvent sur ce plateau
19:52on s'est moqué de nous en disant oui c'est la tarte à la crème. Non.
19:56L'état de droit, c'est le mécanisme suivant lequel la puissance publique
20:00ou les institutions privées comme publiques prennent des décisions au regard
20:04de la loi votée par le Parlement ou par les élus
20:08ou par les représentants du peuple.
20:12C'est-à-dire qu'on ne peut pas prendre une décision à la tête du client.
20:16Si je licencie, il faut que je licencie et aucun de vos auditeurs
20:20ne contestera le biais fondé de cette mécanique
20:24en fonction d'une règle, en fonction d'un règle qui existe. Ça c'est l'état de droit.
20:28Première chose. Deuxième chose, il arrive effectivement qu'une décision
20:32de justice, on la conteste. Bien sûr que je conteste des décisions de justice
20:36parce que parfois je fais appel. Souvent nous faisons appel quand nous ne sommes pas d'accord.
20:40Mais nous ne sommes pas d'accord sur l'interprétation. Il y a un débat intellectuel.
20:44Pas contre l'institution. Moi je ne sais même pas qu'elles sont. Je n'ai même pas en tête
20:48le nom des magistrats qui parfois prennent des décisions qui peuvent me choquer.
20:52Mofus, je ne sais pas qui ils sont. Je conteste la décision en tant que telle.
20:56Il y a une chose qu'il faut comprendre. S'attaquer à l'institution,
21:00c'est quoi ? C'est s'attaquer à toutes les institutions.
21:04Et quand j'entends dire, très souvent, on ne respecte pas les professeurs,
21:08on ne respecte pas les journalistes, on ne respecte pas... Vous vous rendez compte
21:12que depuis que nous sommes nés, avant on pouvait rentrer et sortir d'une pharmacie,
21:16maintenant les pharmacies mettent des agents de sécurité parce qu'on ne respecte
21:20plus ce qui était respectable. Souvenez-vous que les voyous
21:24respectaient même les policiers. On ne respecte plus personne. Et bien c'est ça
21:28aussi la conséquence de mettre en cause de l'institution. On peut contester
21:32une décision, on peut contester la décision d'un policier, mais on respecte un policier.
21:36On peut contester la décision d'un juge, mais on respecte. Et de ce point de vue,
21:40je veux être clair, il est inacceptable qu'on s'en prenne aux magistrats
21:44dont la plupart, le gros bataillon, fait correctement son travail. Et dans
21:48toutes les communautés, vous avez toujours des gens qui déraillent. Dans toutes les communautés.
21:52Ça arrive chez les médecins, les avocats, les rabbins, les prêtres, partout.
21:56Mais on ne peut pas toucher à l'institution. Dernière chose.
22:00Dernière chose. Très souvent on a dit, arrêtons de faire des lois
22:04dans la rapidité, parce qu'il faut tout de suite dans l'émotion, et il faut se montrer plus ferme,
22:08il faut se montrer, la justice tremble, et puis c'est pas si. C'est le risque
22:12lorsqu'on fait des textes trop rapidement, parce qu'un texte, il est fait, et puis
22:16il faut le sentir, il faut le lire, le relire, et nous-mêmes parfois, nous juristes, nous avons
22:20du mal à comprendre un texte. Et on peut comprendre qu'il y a des poches,
22:24et bien là, il y a peut-être eu une poche, on a laissé au tribunal la possibilité
22:28de, il ne m'appartient pas de juger du bien fondé, du mal fondé,
22:32mais c'était une poche qui autorisait le magistrat, parce que si
22:36cette poche n'avait pas existé, le tribunal n'aurait pas pu
22:40prendre cette décision. C'est que cette poche, cette possibilité
22:44a existé dans le texte, et on ne s'est pas rendu compte au moment où on a fait le texte
22:48qu'il y avait une poche. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? C'est la précipitation
22:52et l'arbitration. Arrêtons de faire de la justice de l'émotion, ou de la législation
22:56de l'émotion, je parle devant des élus. 58% des peines prononcées, c'est décidé du ministère de la Justice,
23:00sont avec des exécutions provisoires, donc des exécutions immédiates.
23:0458%, c'est quasiment 6 sur 10 aujourd'hui, donc elle n'est pas un cas unique.
23:08Non, on parle de permis de conduire.
23:12Pas forcément. Souvent, quand même. C'est quand même des réflexions de ce type.
23:16C'est pas exactement pareil.
23:20Question, Jean-Christophe, et après je vous fais circuler.
23:24La démocratie est-elle en danger avec cette décision de justice ?
23:28Bien sûr que non.
23:32Mon premier, mon grand 1, c'est bien sûr que non, après on ne développera pas.
23:36Mais mon grand 2, c'est qu'il faut, je vous le redis...
23:40Est-ce que le RN a raison de manifester pour défendre la démocratie ?
23:44Je ne suis pas au RN.
23:48C'est le jeu politique.
23:52La matière politique, quand vous jugez la matière politique,
23:56pas sanitaire, c'est pas un laboratoire pharmaceutique,
24:00c'est pas une matière éducative, quelqu'un qui a attaqué quelqu'un dans un collège,
24:04en tout cas, ce dont on parle là, c'est une matière politique.
24:08Et ne pas croire que le jugement est politique alors qu'on est dans une matière politique,
24:12c'est beaucoup de naïveté. Et moi, je veux qu'on accepte l'idée qu'il est possible
24:16de faire un jugement politique aussi, mais je veux qu'on puisse examiner
24:20régulièrement, je vous le dis, cette affaire-là me permet, au-delà de Marine Le Pen, au-delà de l'URN,
24:24au-delà de l'élection présidentielle, dans le temps d'instabilité, je vous le redis,
24:28dans lequel nous vivons, politique, nationale, et ce shaker global
24:32qui est agité par quelqu'un notamment qui se trouve à Washington, dont on va parler tout à l'heure,
24:36il faut faire très attention et il faut qu'on ne s'interdise pas de regarder,
24:40je vous le redis, comment sont formés les juges, comment ils sont ensuite évalués...
24:44Ils passent par l'école nationale de la magistrature du côté de Bordeaux.
24:48Je crois qu'il faut revenir quand même à des questions simples.
24:52Marine Le Pen et le Rassemblement National ont fait du détournement
24:56d'argent public de plus de 4 millions d'euros sur un système organisé
25:00pendant 10 ans, au frais du contribuable européen. C'est ce dont ils sont
25:04accusés. On ne parle pas de pécadilles, on parle de plus de 4 millions
25:08d'euros. Première chose. Deuxième chose, Marine Le Pen
25:12se voit appliquer un texte de loi qui est mal fichu,
25:16qui a été mal voté, qui a été voté entre autres à l'instigation de la pression
25:20à l'époque Front National, qui demandait l'inégibilité à vie
25:24des élus pouvant être concernés par des détournements de fonds publics
25:28et la loi Sapin 2, c'est une loi d'opportunité, c'est une loi
25:32communicationnelle qui a été mal écrite, mal conçue, et aujourd'hui
25:36ceux qui ont demandé à ce qu'elle soit créée, ceux qui l'ont soutenue, se retrouvent
25:40à pleurer parce qu'elle l'aurait appliquée. Alors, est-ce qu'il faut revoir
25:44repenser ce texte ? Oui, probablement, mais il y a quand même une certaine hypocrisie
25:48de la part du RN et de beaucoup d'élus sur ce sujet.
25:52D'autant plus que quand cette loi Sapin 2 s'applique au maire de Toulon,
25:56à l'ancien maire de Toulon, M. Falco, qui est déclaré inéligible, la porte-parole du Front National
26:00qui est son opposante à Toulon, Mme Lavalette, ne met pas un mot pour dire
26:04que cette loi est choquante quand il s'agit d'un de leurs adversaires politiques. Je n'ai pas remarqué que le RN
26:08fasse des manifestations à Toulon de soutien à M. Falco, rendu inéligible
26:12à titre provisoire. Ils le font à Paris. Donc on voit bien le jeu et la manipulation
26:16politique de l'extrême droite là-dessus. Ensuite,
26:20troisième point, ce qui est profondément choquant là-dedans, c'est qu'on se retrouve
26:24à avoir des magistrats qui soient mis sous protection policière. Parce qu'on se retrouve
26:28à avoir une telle mise en cause de magistrats qui font leur travail, qui
26:32appliquent les lois qui ont été votées par d'autres, qu'on se retrouve à devoir les protéger
26:36parce qu'ils sont mis en situation de danger. Et quatrième chose, on constate
26:40que deux tiers des Français, on peut discuter de l'inéligibilité provisoire, mais trouvent
26:44que, globalement, c'est quelque chose qui est justifié. Et je pense que le brouhaha de l'extrême droite
26:48n'est pas ressenti, n'est pas perçu par les Français.
26:52Est-ce que cette manifestation de dimanche, vous avez la parole
26:56pour vous, est justifiée, en tous les cas, elle a du sens ?
27:00C'est un paravent politique, c'est justifié si on est militant
27:04du Rassemblement National, si on est soutien de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella
27:08parce qu'ils se préparent déjà à faire l'inversion. Vous saviez, il y a eu Poutine-Medvenev,
27:12ils ont inversé un moment. Très bien, Bardella et Le Pen sont totalement
27:16interchangeables, ce qui fait d'ailleurs que le Rassemblement National n'est pas
27:20empêché. Mais c'est une réponse politique à une accusation
27:24juridique. Vous avez détourné 4 millions d'euros. Plutôt que de dire
27:28je n'écoule pas, j'aurais pas dû, c'est pas bien, vous faites une manifestation pour dire que c'est la faute des juges.
27:32Pour être très clair, moi je redis que le Rassemblement National
27:36a parfaitement le droit de manifester. On est
27:40dans un état de droit. Moi ça ne me choque pas qu'il manifeste
27:44en tant que tel, ça c'est son problème. En revanche
27:48et surtout j'insiste sur le fait que... Le thème de la manifestation
27:52c'est sauvons la démocratie. Mais la démocratie n'est pas en danger, je suis désolé
27:56pour vous, je viens de vous dire que le magistrat, de ce que
28:00je comprends, il y a eu une décision qui est en fonction probablement
28:04d'un texte qui est imparfait, dont on n'a pas vu toutes les conséquences. On peut
28:08contester, je le redis, on peut contester l'interprétation de la loi
28:12mais moi quand je conteste et je peux vous dire que je fais
28:16souvent appel de certaines décisions, je ne considère pas que la démocratie
28:20est en danger. Je considère que je suis en
28:24désaccord avec le magistrat mais je ne considère pas que la démocratie
28:28soit en danger. Juste une précision Jean-Claude, beaucoup parlent de la défense
28:32qui a été menée à l'époque, la critique qui a été faite de la défense menée
28:36par le RN pendant son procès, qui pourrait être en cause également
28:40dans le jugement. C'est quelque chose qui est apprécié dans les tribunaux ça ?
28:44Mais bien sûr, je veux dire, vous savez, parce que
28:48ça peut être l'occasion pour que nos auditeurs comprennent bien comment la justice
28:52se passe. Moi, pour passer un peu de temps quand même devant
28:56les magistrats, un magistrat apprécie un ensemble. Lorsque
29:00j'ai un client, personne privée, personne morale, etc.,
29:04peu importe, qui les faits sont avérés, jamais
29:08je ne dirai à un client, contester jusqu'au bout. Pourquoi ?
29:12Parce qu'à ce moment-là, vous vous arc-boutez et le magistrat
29:16parce que le tribunal ce sont des hommes et des femmes aussi,
29:20vous faites des documents écrits, etc. Vous vous arc-boutez sur
29:24le fait que je ne suis pas coupable ou je n'ai pas fait
29:28telle ou telle chose, alors qu'en insistant sur
29:32par exemple, je ne savais pas, par exemple, il peut y avoir
29:36vous voyez, vous pouvez déplacer le débat en incitant le tribunal
29:40à vous accorder, au pénal on dirait des circonstances atténuantes,
29:44au civil on dirait des excuses. Ajoutons à cela que
29:48la FN et Marine Le Pen pendant des années ont fait en sorte de repousser
29:52ce procès à travers toutes les manœuvres dilatoires possibles, justement pour pas que ça vienne percuter
29:56parce qu'elle s'y attendait, en tout cas ses conseils s'y attendaient, pas percuter
30:00les précédentes élections présidentielles. Donc on n'est vraiment pas dans le dossier, mais
30:04j'ai voulu expliquer les principes qui font qu'il vaut mieux
30:08se rendre à l'évidence plutôt que de contester l'évidence. Dans la rue, dimanche à Paris,
30:12ça sera aussi un duel de communication évidemment en fonction
30:16des images qui seront données puisque du côté de la gauche aussi on prévoit une manifestation
30:20il y a un meeting également du côté du bloc central avec Gabriel Attal, donc
30:24dimanche il y a de l'actu comme on dit et on en reparlera évidemment sur Sud Radio
30:28et il fera beau, surtout plus de 20 degrés. Allez dans un instant on va s'intéresser
30:32à cette annonce cette nuit des droits de douane pour le monde entier décrétée par Donald Trump
30:36à tout de suite.
30:40Et on continue de débattre en rentaine
30:46avec Jean-Christophe Gallien, Baptiste Fournier, Jean-Philippe Dugoin-Clément
30:50et Jean-Claude Beaujour. On ouvre la page américaine de cette émission
30:54avec cette offensive protectionniste inédite contre le reste du monde
30:58déclenchée par Donald Trump cette nuit. Les produits européens taxés à 20%,
31:02la Chine à 34%, le Vietnam notamment à 46%.
31:06Les réactions ne se font pas attendre. Déjà les bourses asiatiques se sont effondrées
31:10pendant quelques minutes après l'ouverture des séances. J'ai pas vu la bourse de Paris
31:14dans quel état elle était, mais en tous les cas les réactions politiques sont
31:18unanimes. En ce qui concerne la France, première réaction
31:22de notre premier ministre, c'est une catastrophe pour les Etats-Unis
31:26une immense difficulté pour l'Europe selon François Bayrou.
31:30Emmanuel Macron réunit cet après-midi les secteurs
31:34concernés pour voir comment tout cela va fonctionner. Jean-Claude Beaujour
31:38président du forum Transatlantique
31:42il y a la mise en scène cette nuit, on peut en dire un mot
31:46cette espèce de décorum de la télé
31:50de la télévision, puis il y a les mots qui ont été prononcés
31:54qui sont de la sémantique Donald Trump. J'ai entendu aussi
31:58qu'on nous conseille de respirer un coup, d'attendre de voir comment ça va
32:02se passer et de voir ensuite.
32:06C'est quoi l'étape d'après ?
32:10La première chose, je vais volontairement, comme je le fais chaque fois, passer sur la personnalité
32:14de Donald Trump, parce que dire que nous avons été très méchants
32:18et donner le sentiment au peuple américain que nous sommes vraiment des vices-là
32:22j'ai envie de dire qu'un président ne devrait pas dire cela, et puis on va passer au-delà.
32:26Sur le fond, et je sais qu'il va y avoir
32:30tout à l'heure des compléments un peu techniques sur le plan
32:34purement financier, mais c'est vrai que le président
32:38prend, le nouveau gouvernement américain, parce que c'est de ce dont il s'agit
32:42prend une responsabilité énorme, responsabilité sur le plan interne aux Etats-Unis
32:46qui dit inflation, dit problème économique, et moi je pense
32:50notamment, j'ai envie de dire, je vis sur le terrain, je pense
32:54notamment à côté d'un Elon Musk qui a une fortune
32:58j'arrive même pas à réaliser le niveau de sa fortune
33:02moi je vois ce que je rencontre au quotidien
33:06aux Etats-Unis, aux 40 millions de pauvres
33:10et 40 millions de pauvres être pauvres aux Etats-Unis, c'est pas simplement
33:14c'est vraiment pauvre.
33:1840 millions de pauvres lorsque vous avez 80 ans, c'est pas comme en France
33:22et donc moi je pense aux conséquences, parce que l'inflation ça va être ça
33:26ça va être plus de chômage, ça va être plus de détresse
33:30ça va être plus pour une société.
33:34Après il y a l'électrochoc pour l'ensemble de la planète
33:38puisque l'économie américaine est une économie interconnectée
33:42avec le reste de la planète, bien sûr en Europe, bien sûr
33:46ailleurs, et donc ça va être cataclysmique pour tout le monde
33:50pas seulement pour les Français, en Europe, en Asie, en Afrique
33:54aux Etats-Unis, pour tout le monde. Pourquoi ?
33:58Tout à l'heure on aura quelques éléments complémentaires, donc je ne vais pas aller sur ce terrain
34:02parce que je pense que là encore
34:06on fait du va-et-vient, on est dans l'incertitude
34:10et pourtant, j'ai envie de vous dire pourquoi, parce qu'il y a une déraison
34:14parce qu'il y a des gens qui sont sur le temps court, probablement pour satisfaire
34:18à des politiques de l'opinion, il faut rapidement
34:22il a fallu dire au peuple américain ce qu'il entend pendant la campagne
34:26donc c'est à cause des Européens, c'est à cause d'autres choses que simplement des Européens
34:30donc au fond, on fait beaucoup de communication, beaucoup d'incertitudes
34:34et pour une politique économique qui n'est pas visible, y compris sur le terrain
34:38parce que la bourse commence à dévisser sérieusement aux Etats-Unis.
34:42Il y a beaucoup d'incertitudes, alors j'aimerais avoir avec vous Jean-Philippe, parce que en tant que vice-président de la région Île-de-France
34:46vous avez de la compétence économique aussi, les régions
34:50on a calculé, on regarde, on a des capteurs
34:54on sait que c'est quand même un partenaire commercial
34:58et un partenaire économique important, tous les Etats-Unis.
35:02Quand l'économie mondiale va mal, l'économie des pays va mal, la région Île-de-France
35:06c'est la première puissance économique européenne, si on était un Etat à part
35:10on serait le 6 ou 7ème PIB de l'Union Européenne
35:14donc bien évidemment, si on a un durcissement
35:18hausse de taux d'intérêt, inflation, certains produits qui deviennent difficilement accessibles
35:22problèmes sur nos industries automobiles
35:26nos industries agricoles, là encore
35:30le luxe, c'est des choses que nous ressentirons partout
35:34mais ce sur quoi je voudrais insister, c'est deux choses
35:38la première, en fait, on ne découvre rien
35:42Trump fait ce qu'il a dit, Trump est quelqu'un de belliciste
35:46qui a des méthodes de bandits, de voyous, de mafieux
35:50et c'est ce qu'il applique. Trump avait annoncé une guerre économique
35:54une guerre économique, c'est une guerre. Une guerre, c'est quelque chose qui fait mal
35:58une guerre, c'est quelque chose qui produit des effets extrêmement difficiles
36:02qui détruit des vies, qui détruit des familles. Une guerre économique, c'est quelque chose
36:06qui va mettre des gens au chômage, qui va détruire des vies, qui va détruire des familles
36:10et la deuxième chose que je voulais dire, c'est qu'on a beaucoup parlé de Marine Le Pen, du Rassemblement National
36:14de Jordan Bardella et de toute cette extrême droite française. Cette extrême droite française
36:18aujourd'hui, elle est soutenue par M. Trump, par M. Poutine, par M. Orban, par M. Musk
36:22les deux figures tutélaires auxquelles se référait Marine Le Pen pendant des décennies
36:26c'était M. Poutine et M. Trump et aujourd'hui ce que fait M. Trump
36:30ça n'est ni plus ni moins que ce que voulait Marine Le Pen.
36:34Un premier point d'intention qui me paraît important, on sait qu'il y a
36:38les annonces de Donald Trump et ensuite il y a souvent une phase de négociation
36:42et aussi de faisabilité de certaines des mesures puisqu'on l'a vu avec le Canada
36:46et il y a eu plusieurs revirements et encore aujourd'hui on n'est pas fixé et pas au clair
36:50sur les droits de douane et les taxes qui seront appliquées au Canada.
36:54Néanmoins, comme le disait Jean-Philippe à l'instant, c'est l'impulsion de guerre
36:58appliquée aujourd'hui aux relations commerciales mondiales avec un risque
37:02si jamais il allait au bout de sa démarche, d'une récession internationale inédite.
37:06On est dans un cadre où on revient d'une certaine manière potentiellement
37:10125 ans en arrière, c'est-à-dire que dans les années 30
37:14il y a eu des taxes ouvertes très importantes, là on est encore au-delà de ce
37:18principe de taxes appliquées au début du siècle dernier.
37:22Donc il va y avoir un grand basculement, on ne s'est pas préparé
37:26alors que c'était annoncé, c'est aussi la force de Trump, c'est-à-dire que
37:30en politique pour le coup il y a un principe de réalité pour lui qui est qu'il annonce
37:34et qu'il fait derrière. Alors maintenant il va falloir voir comment
37:38l'Europe réagit. La commissaire européenne von der Leyen ce matin
37:42a annoncé qu'elle avait un plan déjà en place pour
37:46éventuellement mettre des actions de rétorsion à la mesure de ce qui a été
37:50annoncé. A suivre.
37:52En tous les cas la riposte c'est d'attaquer les services numériques américains
37:56autour de 10% minimum et 20% sur d'autres produits.
38:00Il y aura une deuxième vague qui sera prête à la fin du mois d'avril, c'est ce que
38:04dit ce matin la représentante de l'Union Européenne et la porte-parole du gouvernement français.
38:08Donc ça veut dire qu'il faut coûte que coûte montrer
38:12il n'y a que ça qui comprend. Il ne faut pas avoir peur du rapport de force.
38:16Est-ce qu'on a le choix de Xi Jinping et de Trump ? On est dans un retour des impérialismes.
38:20Vous n'avez pas une capacité à résister.
38:24Vous êtes sur des gens qui ne respectent que ce qui leur résiste et le principe
38:28c'est qu'ils avancent, ils vous marchent dessus, ça résiste ou pas.
38:32D'autant que sur les services, la relation transatlantique
38:36est en faveur des Etats-Unis de plus de 100 milliards d'euros
38:40sur les services.
38:44La critique est un peu rapide puisque Donald Trump
38:48parle de taxes qu'on imposerait aux Etats-Unis. Non, notre TVA
38:52existe parce que notre TVA est un moyen de financer nos politiques publiques.
38:56Mais elle s'applique aussi bien aux Etats-Unis pour les produits qui rentrent
39:00que pour un produit qui viendrait d'Argentine ou je ne sais d'où.
39:04C'est là où il faut bien comprendre que
39:08là-dessus, les choses ne sont pas aussi claires.
39:12C'est pour ça que je disais que c'était un peu rapide parce qu'il aurait fallu rentrer dans le détail.
39:16Dans le détail, Jean-Christophe, par rapport à ça, il ne connaît que le rapport de force.
39:20J'ai participé à deux négociations pour deux pays
39:24avec les Etats-Unis sur l'enjeu tarifaire, qui sont restés d'ailleurs à 10 points.
39:28Très loin de ce qui se passe au niveau européen. Alors, ils n'ont pas la même puissance ni des Chinois
39:32en termes commerciaux que la Chine et ainsi de suite. Ils sont même moins des amis des Américains
39:36en général que pour des raisons géopolitiques. Maintenant, derrière cette guerre tarifaire
39:40qui est une arme qui est utilisée, la vraie guerre n'est pas tarifaire.
39:44Elle n'est même pas celle de la défense. En gros, le chantage est ce suivant.
39:48Si vous voulez bénéficier du marché américain, qui est quand même le premier marché mondial
39:52pour que les autres pays puissent vendre leurs services, leurs produits,
39:56surtout pour ce qui concerne l'Europe, c'est très vrai, ou bénéficier du barracule militaire américain,
40:00vous devez nous aider à sauver les Etats-Unis
40:04d'une dette galopante et maintenir le dollar
40:08comme monnaie de réserve principale au monde, voire maintenant de monnaie de transaction
40:12prioritaire. Ça, c'est l'intérêt des grands acteurs qui sont derrière nos amis
40:16de Trump, c'est-à-dire surtout Meta, Alphabet et compagnie.
40:20Donc, en gros, qu'est-ce qui se passe ? C'est une guerre monétaire. Derrière cette guerre tarifaire,
40:24il y a une façade. En gros, on dit aux pays, si vous ne voulez pas
40:28racheter nos bons du trésor à un taux extrêmement bas,
40:32parce qu'aujourd'hui, l'idée, c'est ça, c'est-à-dire faire baisser le prix du dollar,
40:36dévaluer compétitivement le dollar, faire en sorte que les taux d'intérêt qui payent
40:40ceux qui achètent du dollar soient très bas, et derrière, revaluer vos monnaies.
40:44La principale critique de Trump et des autres, ce n'est pas du tout, et de l'acteur qui est derrière Donald Trump
40:48sur cette affaire, il s'appelle Stéphane Myrin, il a écrit le livre, donc c'est encore plus vrai,
40:52c'est quelque chose qu'il a écrit il y a à peu près 6 mois, 1 an. Il a été recruté, d'ailleurs, dans l'équipe de Trump sur cette base-là.
40:56Donc, la bataille est monétaire. Elle est monétaire, donc elle est décisive.
41:00Elle est long-termiste, c'est-à-dire que quelque chose, si on ne résiste pas, si vous voulez, aujourd'hui, sur cet enjeu-là,
41:04c'est un asservissement géopolitique et financier qui est programmé pour tous les pays.
41:08Ce n'est pas commercial, simplement. C'est-à-dire, en gros, il va falloir, en gros,
41:12le discours de Trump, c'est on fait de la guerre tarifaire, on fait de la guerre sur le soutien militaire
41:16parce qu'on veut que vous achetiez nos dollars à un plus bas prix qu'aujourd'hui et sur 100 ans.
41:20Tenez-vous bien, les bons du trésor tels que sont proposés, alors c'est très technique ce que je vais vous dire,
41:24c'est acheter et s'endetter en dollars, en plus de racheter du dollar, pour 100 ans.
41:28Donc, en gros, si vous ne le faites pas, on continue à vous matraquer. Donc, en gros, il y a un pari extrêmement puissant.
41:32Myrin dit, écoutez, on n'aura pas d'inflation, sauf dans les premiers mois, à partir du moment où les gens vont céder sur la monnaie.
41:36Et c'est très concret. Donc, on est dans une vraie guerre, non pas commerciale,
41:40mais c'est une guerre monétaire. C'est une guerre économique absolue. Absolue.
41:44C'est-à-dire qu'en gros, ils font le pari que tout le monde va céder. Moi, je l'ai vu concrètement en face de nous,
41:48si vous voulez, sur ces deux pays. C'est très vrai. Donc, il n'y a pas de solution autre que de résister extrêmement puissamment,
41:52de faire en sorte qu'effectivement, vous vous battiez sur l'aspect de la monnaie.
41:56Et donc, la monnaie, surtout pas rentrer dans l'idée que si vous mettez un pied dans la menace monétaire,
42:00c'est fini. Sur la barre tarifaire, il y a plein d'entreprises françaises qui ont des usines aux États-Unis et ailleurs
42:04qui ne vont pas souffrir. La réalité de l'impact économique sur l'économie française, il est très faible.
42:08Mais par contre, si vous rentrez à travers l'euro dans cette bagarre-là, si vous voulez,
42:12et derrière, la deuxième lame qui va venir, je vous le dis tout de suite, elle n'est pas encore maintenant,
42:16c'est l'utilisation de crypto-monnaies qui s'appellent les stable coins, qui sont des cryptos régulés
42:20et qui ont pour objectif de faire en sorte que quand vous achèterez sur Airbnb, Amazon
42:24et compagnie, vous ne paierez plus dans votre monnaie à vous, mais dans vos dollars digitalisés.
42:28Et donc, ça veut dire que vous renforcerez le poids du dollar globalement. Donc, c'est un plan énorme,
42:32extrêmement puissant, très concret, pas du tout délirant, comme on veut dire sur Donald Trump
42:36et sa mise en scène. C'est un plan de bataille guerrier qui n'a jamais existé dans l'histoire du monde.
42:40Cette après-midi, à 16h, Emmanuel Macron va réunir les filières françaises affectées à 16h,
42:44dont le patron d'Airbus, Guillaume Faury,
42:48l'industrie de la chimie, l'industrie également de tout ce qui est agricole et viticole,
42:52les spirituels... Est-ce que je peux me permettre juste quelque chose en plus ? Il faut aussi
42:56faire très attention, et quand je vois que CMA, CGM, je ne vais pas m'assurer des amis,
43:00tout de suite, elles allaient dire, je vais investir 25 milliards de dollars aux Etats-Unis pour
43:04moderniser les ports américains. Il faut aussi du patriotisme économique. Sans ça, sans cet ensemble-là,
43:08ça sera compliqué de lutter. Si tout le monde part, comme Volkswagen qui va enlever deux usines
43:12en Allemagne pour les installer aux Etats-Unis, c'est très compliqué.
43:16On s'arrête un court instant, il y a quelques minutes qui restent.
43:20Je voudrais qu'on parle quand même de ce sujet qui concerne beaucoup de Français qui sont près de nous,
43:24et c'est du quotidien, et c'est immédiat, c'est cette proposition de loi pour tenter
43:28de lutter contre les déserts médicaux et l'obligation d'installation. A tout de suite.
43:32On continue d'évoquer tous ensemble les sujets d'actualité.
43:36On en vient donc à la question des déserts médicaux.
43:406 millions de Français sont sans médecin traitant.
43:448 millions vivent dans un désert médical, ce qui est colossal.
43:48Hier, l'Assemblée nationale a fini par adopter l'article phare
43:52d'une proposition de loi transpartisane visant à réguler l'installation
43:56de médecins sur le territoire français. Autrement dit, aujourd'hui,
44:00l'installation d'un médecin libéral ou salarié
44:04devra se faire avec l'aval de l'Agence régionale de santé.
44:08Il sera octroyé un droit dans une zone qui connaît un déficit de soignants,
44:12et si un médecin veut aller dans une zone en non-tension,
44:18il devra attendre qu'un médecin cède sa plaque,
44:22et en tous les cas son agrément, avec la sécurité sociale.
44:26C'est 155 voix contre 85, contre l'avis du gouvernement,
44:30et contre l'avis aussi de la quasi-totalité des syndicats
44:34de médecins libéraux qui s'étaient posés à la mesure en affirmant
44:38que la coercition ne marchait pas, que c'était contre-productif
44:42sur l'accès aux soins. Je m'adresse à l'élu.
44:46Enfin, vous dites cette loi, ou vous craignez que, justement,
44:50ça fasse fuir les candidats potentiels à l'installation.
44:54Il y a 10 ans d'études pour un médecin traitant.
44:58Je le vis dans une commune à 40 km de Paris, en Ile-de-France,
45:02où aujourd'hui on a des habitants qui ne trouvent plus de médecin traitant.
45:06C'est la réalité de ce que nous vivons, y compris dans des secteurs métropolitains,
45:10denses, urbains. Après, quand on a dit ça, c'est la résultante
45:14du fait qu'on n'a pas formé suffisamment de médecins depuis 40 ans,
45:18que le temps de travail par médecin s'est réduit, parce que dans une société
45:22où on a l'image du médecin de famille qui travaillait 12 heures par jour, 6 jours par semaine,
45:26et qui faisait un infarctus à 50 ans, c'est quelque chose qui se perd aussi.
45:30Donc, plus suffisamment de médecins, moins de temps de travail par médecin,
45:34et beaucoup de médecins qui ont une activité libérale tellement contraignante
45:38qu'ils préfèrent aller sur des logiques de salariat auprès de médecine du travail,
45:42auprès d'assurance, auprès de PMI, et donc on a cette déperdition-là.
45:46Et on se retrouve aujourd'hui à chercher à écoper les choses avec des collectivités,
45:50qui financent des maisons de santé, qui financent des équipements, et où derrière on essaye de débaucher ce qui n'existe pas,
45:54tirer vers soi une couverture qui est trop petite, des habits en pierre pour habiller Paul.
45:58Bon, ça c'est la situation actuelle.
46:02Le fait de dire dans quelle mesure il faudrait rationaliser ou essayer de permettre
46:06sur des études qui sont financées publiquement,
46:10une rationalisation de l'installation, c'est quelque chose qui dans l'esprit me va bien.
46:14Quand on est fonctionnaire, par exemple, quand on fait la magistrature, quand on fait l'école des impôts,
46:18l'école de la police, on doit un certain nombre d'années, ou alors on les rachète.
46:22On les rachète et on s'en absout. Ce qui me gêne un petit peu plus,
46:26c'est de confier ça aux ARS. Les ARS, aujourd'hui, c'est un système
46:30de blocage. J'ai l'exemple, dans ma commune, depuis 3 ans,
46:34d'un centre d'imagerie médicale. On a les locaux, on a les porteurs de projets,
46:38la communauté médicale est pour, c'est bloqué, ce qu'il faut une autorisation de l'ARS.
46:42Aujourd'hui, les ARS sont devenus une machine à dysfonctionner, à suradministrer, et qu'on aille
46:46vers une logique de réguler avec les ordres. Ça m'irait bien. Avec les ARS, ça me fait très peur.
46:50Jean-Claude, vous aussi, vous êtes une profession réglementée, mais pas d'obligation d'installation
46:54chez les avocats. Alors, il n'y a pas d'obligation d'installation, encore que
46:58lorsque vous prêtez serment, vous prêtez serment dans un barreau
47:02spécifique. Mais ce qui vient d'être dit, et il faut que
47:06nos auditeurs l'entendent, sur le temps de travail,
47:10parce que nous sommes, c'est vrai pour les médecins, c'est vrai pour les avocats,
47:14nous sommes des métiers qui sont socialement reconnus. Nous n'osons pas
47:18parler de ces choses-là. Nous n'osons pas dire notre épuisement. Nous n'osons pas dire que
47:22nous travaillons. Moi, je ne sais pas ce que c'est qu'un week-end. Je ne sais pas ce que
47:26c'est qu'un congé de maladie. Moi, lorsque mon fils est né à 4h du matin,
47:30j'étais à mon cabinet à 9h.
47:34Je ne sais pas ce que c'est. Et vous avez une clientèle, c'est vrai pour les médecins,
47:38qui est exigeante parce que les gens souffrent ou les gens sont dans l'urgence. On parlait tout à l'heure de la
47:42judiciarisation de la vie, de ces textes qui sont prolifiques,
47:46de la mise en cause des professionnels dont ce sont des réalités. Et nous parlons
47:50par exemple au barreau de Paris de la maladie, de la santé
47:54des avocats. Nous parlons de ces choses-là. Donc oui, je ne vais pas dire qu'on est
47:58à plaindre au sens où, mon Dieu, nous sommes des pauvres. Ce n'est pas cela que je dis. Il faut bien
48:02l'entendre. Je suis en train de dire ce qui vient d'être dit. Au moment où on parle de
48:0635 heures, au moment où on parle du droit à des connexions, je suis
48:10en train de dire que nous aussi, nous avons aussi droit à un week-end, à une soirée.
48:14Je ne vous dis même pas le nombre de textos, de mails que je reçois à 22h, en me
48:18disant pour l'audience de demain, voici les pièces.
48:22Malheureusement, on arrive au bout. Désolé pour le tour de table sur ce sujet-là, mais
48:26effectivement, on a pris beaucoup de temps pour le reste et on y reviendra bien évidemment dans les débats. Merci beaucoup Jean-Claude Beaujour,
48:30Jean-Philippe Ducoin, Clément Baptiste Fournier, Jean-Christophe Gallien dans un instant, les infos
48:34et ensuite c'est André Bercov dans tous ses états. Bonne journée sur Sud Radio.
48:38Sud Radio, votre avis fait la différence.

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