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Transcription
00:00Christine Bouillaud.
00:01Allez, on est parti jusqu'à midi avec nos quatre débatteurs que je vais vous présenter dans un instant.
00:05Bien évidemment, on va continuer de parler des conséquences, des suites de la condamnation de Marine Le Pen
00:11pour détournement de fonds publics et inégibilité pour cinq ans.
00:14Un appel a donc été avancé hier et la justice dit elle-même que, a priori, cet appel devrait avoir lieu avant l'été 2026,
00:23le jugement en tous les cas, ce qui ouvre un tout petit peu la fenêtre pour une candidature pour la présidentielle.
00:28On verra aussi les secousses et les remonts qu'il y a derrière, les conséquences de cette stratégie de la part du Rassemblement National
00:34puisque hier, Marine Le Pen elle-même disait que c'était, ce procès en appel, une bonne nouvelle.
00:38Alors commentons ensemble la riposte annoncée dans le camp national.
00:41Faut-il sauver le soldat Marine Le Pen de leur côté avec ses pétitions, cette maintenant manifestation prévue dimanche ?
00:49Voilà les différentes questions que l'on se posera, les répercussions aussi au sein de la classe politique française.
00:55Hier, je vous rappelle François Bayrou qui s'est dit interrogatif, en tout cas les mains,
01:00que ce jugement suscite des interrogations et qui ne ferme pas la porte à éventuellement une refonte de la loi.
01:06C'est d'ailleurs ce que veut faire Éric Ciotti.
01:08Voilà toutes les conséquences et les interrogations que nous aurons ensemble.
01:13La reprise du dialogue entre Alger et Paris, est-ce l'oeuvre de Bruno Retailleau ou tout simplement le travail de la diplomatie que l'on ne voit pas ?
01:23Enfin, faut-il réguler l'installation des médecins ?
01:26Ou encore, dernier sujet, si on a le temps, par rapport à tout ce que l'on a à dire ensemble,
01:31la volte-face de François Bayrou, le Premier ministre, qui finalement dit qu'il veut interdire le voile dans les compétitions sportives.
01:39Autour de cette table, et je les salue, nos quatre débatteurs.
01:42Geneviève Götzinger, bonjour Geneviève, présidente de l'agence IMAGE.
01:46Samuel Lafon, bonjour Samuel, porte-parole de Reconquête.
01:50Rémi Branco, bonjour Rémi.
01:52Bonjour.
01:53Vice-président du département Dulotte, un des plus beaux départements de France.
01:57Auteur de « Loin des villes, loin du cœur » aux éditions de l'Aube.
02:00Et Yves d'Amécourt, bonjour Yves, viticulteur et ancien élu local.
02:03On va commencer avec vos coups de cœur.
02:05Alors Yves, puisque vous êtes ancien viticulteur, on attend la conséquence des droits de douane,
02:12ce fameux jour de libération de Donald Trump qui doit être annoncé dans la journée,
02:15son fameux décret de ces droits de douane.
02:19Est-ce que le monde de la viticulture retient son souffle ?
02:21Le monde de la viticulture est inquiet et le monde des alcools est inquiet.
02:27Vous savez que la balance commerciale de l'Europe avec les États-Unis sur les alcools
02:31est excédentaire de 8,5 milliards.
02:35Les États-Unis exportent en Europe 1,5 milliard d'alcools
02:40et l'Europe exporte vers les États-Unis 10 milliards.
02:43Donc 4,5 milliards d'excédents pour la France.
02:46Et donc on se demande pourquoi Madame van der Leyen a été mettre sur la table
02:50une taxation sur le bourbon qui est un alcool qui n'est quasiment pas consommé en Europe.
02:55C'est un peu comme si on allait à la guerre avec un lance-pierre.
02:59Enfin c'est hallucinant.
03:00Il fallait mettre sur la table ce que les États-Unis exportent en Europe
03:05qui sont notamment des services via les GAFAM et montrer les trucs.
03:11Ça c'est ce qui était avant.
03:13Mais là, est-ce qu'on peut dire que vous vous préparez à encaisser le choc ?
03:19On sait par exemple, dans le domaine de l'armagnac par exemple,
03:22ils ont déjà exporté massivement, en tous les cas fait des stocks aux États-Unis
03:26pour essayer d'encaisser le choc.
03:27Moi-même j'exporte aux États-Unis et donc les importateurs des États-Unis
03:30depuis 6 mois ont complété leurs stocks.
03:33Mais bon, ils n'ont pas non plus fait des achats mirobolants.
03:36Mais les États-Unis c'est le seul marché mondial qui progresse sur l'alcool.
03:39L'Europe diminue, la consommation de vin en France diminue,
03:42la consommation de vin diminue à peu près partout.
03:45Les Chinois ont finalement fermé leurs frontières
03:48puisqu'ils ont planté 750 000 hectares de vignes,
03:51c'est-à-dire l'équivalent du vignoble français depuis 20 ans.
03:54Le Mercosur est arrêté.
03:56Aujourd'hui il y a une progression de la consommation d'alcool en Amérique du Sud.
03:59Mais honnêtement, les alcools c'est terrible.
04:03La bonne nouvelle du jour c'est les exportations de pommes
04:06puisque le fait que Donald Trump mette des barrières douanières sur les pommes
04:10fait que le Mexique a ouvert ses frontières aux pommes françaises.
04:13Et donc on va pouvoir avoir un nouveau marché avec le Mexique.
04:15Donc tout ça va bouger énormément.
04:17Sans doute que s'il y a des barrières douanières sur les alcools...
04:20La dernière fois que Donald Trump en avait mis, nos ventes avaient chuté
04:23mais il avait fixé les barrières à partir de 14,5 degrés d'alcool.
04:27Donc on ne sait pas s'il y aura un taux d'alcool
04:30à partir de quel il y aura des barrières douanières.
04:32Si c'est 14,5, il y a des tas de vins qui sont en dessous de 14,5
04:35donc ça ne touchera pas les vins.
04:36Par contre ça touchera le cognac.
04:38Le cognac s'est développé grâce à la clientèle noire américaine
04:41et grâce aux rappeurs qui se sont mis à boire du cognac
04:44pour justement ne pas boire du bourbon.
04:46Donc aujourd'hui, on est dans l'expectative
04:50et ce jeu de Donald Trump met un grand bordel
04:56dans la filière viticole française qui n'avait pas besoin de ça.
04:59Nos confrères des Echos parlent des tarifs sans précédent
05:03depuis la fin du 19ème siècle.
05:05C'est une véritable bombe commerciale.
05:07En tous les cas, c'est ce qui rebat complètement les cartes.
05:10La réponse de la France, de l'Europe, des autres pays.
05:12Tout le monde est concerné.
05:14Il rebat les cartes, Samuel.
05:15Oui, ça rebat complètement les cartes.
05:17Maintenant, il faut voir quelle sera la décision de la France.
05:20Est-ce que nous, on est prêts vraiment à se battre ?
05:22Et est-ce qu'on a, comme il a été dit à l'instant,
05:24est-ce qu'on aura des décisions qui seront correctes ?
05:28J'entends par là qu'on aura vraiment un impact
05:30avec les droits de douane qu'on peut mettre.
05:33Est-ce qu'on agira au niveau français seulement ?
05:34Est-ce qu'on agira au niveau européen ?
05:36Et est-ce qu'on laissera Von der Leyen décider à nouveau pour les peuples
05:39alors que personne ne l'a élu ?
05:41Le problème, ce n'est pas Von der Leyen.
05:43Vous l'avez dit, Donald Trump a déjà, lors de son précédent mandat,
05:47taxé, surtaxé nos alcools, nos vins, nos produits laitiers.
05:51Moi, ce qui m'embête un peu, c'est qu'on a les mêmes personnes
05:53qui vous disent « Trump est fantastique, il faut voter pour lui »,
05:56y compris depuis la France, et qui après viennent pleurer en disant
05:58« Ah mince, il faudrait qu'on réponde, est-ce que c'est la France, est-ce que c'est l'Europe ? »
06:02Le problème, c'est Donald Trump et sa politique agressive.
06:05Moi, je suis élu dans le territoire viticole, je suis dans la vallée du Lot,
06:08le Cahors, déjà qu'on a des aléas climatiques impossibles,
06:11le gel, la grêle, la sécheresse, etc.
06:14Là, on nous plante des droits de douane supérieurs.
06:17Demain, le vignoble entier de Cahors va disparaître
06:20si on n'arrive plus à vendre notre Malbec, parce que vous le savez,
06:22à Cahors, c'est le Malbec qu'on vend, c'est le cépage, bien sûr.
06:24Parce que depuis New York, Cahors, ils ne savent pas trop où c'est.
06:26En revanche, le Malbec, ils savent ce que c'est, le French Malbec.
06:28Si demain, on n'a plus cet export là, aux Etats-Unis,
06:31compte tenu du fait, effectivement, que la consommation en France,
06:34même en Europe, diminue sur le vin rouge, on est mort.
06:36Donc, il faut être cohérent, je pense, dans ce qu'on dit,
06:38ici ou là, on ne peut pas à la fois soutenir Trump aux élections américaines
06:42et après, venir pleurer parce qu'il taxe nos vins.
06:44On sait qu'il l'a déjà fait et qu'il le refera.
06:46On va juste, je ne dis rien, parce que...
06:48Oui, le problème, c'est Donald Trump.
06:49On est complètement d'accord avec ça.
06:51Le problème, c'est l'agressivité de Donald Trump,
06:54dans tous les domaines, effectivement, en matière de taxation.
06:57Donc maintenant, la question, c'est quand même de trouver la bonne riposte,
07:00la bonne réplique, pour arriver à être dans une démarche de protection
07:04de nos produits, parce que finalement, c'est la seule chose qui compte, en fait.
07:08Allez, on va s'arrêter parce que c'est bientôt l'heure des infos de 11h
07:12et on vous retrouve tous les 4, Yves Dammecou, Rémi Branco,
07:14Samuel Lafon, Geneviève Göttinger, on va tenter de se mettre d'accord.
07:17On va démarrer le tour de table avec vos coups de cœur et vos coups de gueule
07:20dans un instant, juste après l'info et les courses.
07:23A tout de suite.
07:24Sud Radio.
07:25Parlons vrai.
07:26Parlons vrai.
07:27Sud Radio.
07:28Parlons vrai.
07:29Dûr midi, mettez-vous d'accord, Christine Bouillaud.
07:31Et en compagnie, jusqu'à midi, Yves Dammecour, viticulteur, ancien élu local,
07:35Rémi Branco, vice-président du département du Lot,
07:38auteur de « Loin des vies, loin du cœur » aux éditions de l'Aube,
07:41Samuel Lafon, porte-parole de Reconquête,
07:43Geneviève Göttinger, présidente de l'agence Images.
07:46Dans un instant, on va revenir sur les suites,
07:48les derniers développements concernant le procès de Marine Le Pen
07:52et sa condamnation à 5 ans d'inégibilité,
07:55concernant ce procès des assistants parlementaires du RN.
08:00Les réactions des uns pour François Bayrou, Éric Ciotti et d'autres encore.
08:04On parlera aussi de la reprise du dialogue entre Alger et Paris.
08:08Avec un instant, on l'a appris.
08:10Donc, Willem Cinsal qui fait appel de sa condamnation.
08:13Enfin, on verra s'il faut absolument réguler l'installation des médecins
08:17puisqu'une proposition de loi a été déposée, examinée aujourd'hui.
08:21Les coups de cœur et les coups de gueule de l'actualité.
08:24Alors, mesdames, messieurs, il faut retenir le 15 avril,
08:26il y a un train de la colère, Rémi Branco,
08:28qui se prépare du côté de Cahors.
08:30Oui, Christine, vous connaissez la France des TGV,
08:32celle qui relie Paris au Grande Métropole.
08:34Vous connaissez la France des TER, des RER,
08:36ces trains du quotidien.
08:37Et puis, il y a la France des Intercités,
08:39qui relie Paris avec des territoires un peu plus éloignés,
08:42un peu moins denses démographiquement.
08:44Vous avez par exemple Clermont-Paris, par la Nièvre.
08:46Et puis, vous avez cette ligne Polte,
08:48qui relie Paris à Toulouse, que vous connaissez bien,
08:50par Limoges, la Creuse, la Corrèze, le Lot, etc.
08:53Il se trouve que ces lignes, elles ont été abandonnées.
08:55Et c'est des lignes, aujourd'hui, de la honte.
08:57En 1968, quand vous faisiez Cahors-Paris,
08:59vous mettiez une heure de moins qu'aujourd'hui, en 2025.
09:02Imaginez, mettez-vous la place d'un habitant comme moi du Lot,
09:05ou plutôt de mes parents et de mes grands-parents,
09:07qui ont vu depuis 40 ans, 50 ans, des lignes TGV fleurir partout,
09:10deux heures pour aller à Bordeaux, une heure pour aller à Lille,
09:12trois heures pour aller à Marseille.
09:13Et pendant ce temps-là, nous, on met une heure de plus
09:15pour aller rendre visite à de la famille, pour aller travailler
09:17à un rendez-vous professionnel à Paris, etc.
09:19Donc, comme ça fait des années qu'on râle,
09:21des années qu'on nous fait des promesses et qu'on n'a pas d'acte qui vient,
09:24on a décidé de se faire un peu entendre.
09:25Donc, on va affrêter un train.
09:27Je félicite les associations d'usagers en colère de la ligne Polte,
09:31qui affrètent un train depuis Cahors à 6h40, le 15 avril,
09:34pour remonter toute la ligne, par la Corrèze, par la Haute-Vienne,
09:37par la Creuse, par l'Indre, par le Loiret.
09:39Tous les usagers, les élus des collectivités, les chefs d'entreprise
09:42vont se réunir dans ce train pour aller manifester à Paris
09:45auprès du gouvernement et auprès de l'État.
09:47Et on va converger avec nos amis qui viendront de Clermont,
09:49qui viendront de La Neuve, pour eux aussi, de la Nièvre,
09:51pour pousser leur coup de gueule.
09:53Parce qu'il n'y a pas de citoyens de seconde zone en France.
09:55On doit tous être à égalité devant le service public.
09:57Et en plus, franchement, on ne demande pas la Lune,
09:59on ne demande pas de TGV, on demande juste des trains
10:02qui arrivent à l'heure et qui arrivent aussi vite qu'en 1968.
10:05Est-ce que vous croyez que la 5e ou 6e puissance du monde est capable de le faire ?
10:087e malheureusement, 7e désormais, mais même 7e capable, oui.
10:13Cette histoire d'aménagement du territoire et de trains du quotidien,
10:17parce qu'on parle aussi du train, moi je me souviens de ce qu'on appelait le Capitole.
10:21Oui, c'était le Capitole, exactement.
10:22Le Capitole, on partait, je crois, vers 7h du soir de Paris,
10:25on était vers 23h maximum du côté de Toulouse.
10:30Tout est TGV.
10:32Et en même temps, la LGV aujourd'hui pour le Grand Ouest,
10:36elle est attendue, Rémi, mais Samuel ?
10:38C'est un sujet essentiel, effectivement,
10:40puisque depuis Paris, souvent on ne voit que les distances entre Paris
10:44et les trajets entre Paris et les grandes villes,
10:45sauf que le train, qui était très développé en France,
10:48il faut savoir qu'aujourd'hui on ferme beaucoup de lignes
10:50et qu'il y a beaucoup de départements pour lesquels les trajets sont de plus en plus longs.
10:54Et donc ces Français-là, de certaines manières, sont oubliés des décisionnaires,
10:58sont oubliés de la capitale et ils peuvent moins bien se déplacer.
11:01Vous parliez à l'instant de rendez-vous professionnels, d'aller voir votre famille,
11:04effectivement c'est plus long, ça prend plus de temps.
11:06Et en plus de ça, on va en parler sûrement après,
11:08mais ces personnes-là, on leur dit
11:10vous n'avez plus de transport en commun, ou ils sont moins pratiques,
11:12vous avez moins d'horaires, etc.
11:13Et en plus, vous n'avez pas le droit d'utiliser votre voiture pour entrer dans la métropole,
11:16il y a les aides à feu qui se développent, etc.
11:18Donc effectivement, il faut qu'à un moment, on se rende compte
11:20que la France, ce n'est pas juste Paris, ce n'est pas juste les métropoles,
11:23il y a un ensemble de territoires,
11:25et que les Français qui habitent dans les campagnes, dans la ruralité,
11:28et même dans les petites villes et les moyennes villes,
11:30souvent on dit juste la ruralité et les métropoles,
11:32il faut qu'ils puissent avoir accès à des transports en commun.
11:34Oui, parce qu'il y a plus de liens, on va dire, économiques,
11:37ou en tous les cas de fonctionnement, par exemple,
11:39entre Cahors et Limoges, qu'entre Cahors et Paris.
11:42Ce lien-là entre deux grandes villes régionales
11:45est aussi important que le relié à la capitale.
11:47Si je prends mon département du Lot,
11:49beaucoup de Lotois vont faire leurs études,
11:51non pas forcément à Toulouse, mais à Limoges,
11:53parce que le logement est moins cher,
11:55parce que c'est plus facile d'accès.
11:57Donc c'est ces lignes-là qui sont aujourd'hui essentielles,
11:59parce que c'est très symbolique.
12:01Une ligne abandonnée, c'est un territoire abandonné,
12:03et c'est des populations.
12:04Et les premiers signaux, c'est souvent la fermeture des gares.
12:06Oui, ou alors vous arrivez à Brive,
12:08et on vous dit, vous êtes au mois de mai,
12:10et on vous dit, il y a du givre, on va finir en quart, au mois de mai.
12:12Vous finissez en quart, vous descendez du train,
12:14à Brive, et vous finissez en quart.
12:16Je ne vous dis pas le symbole de déclassement que c'est
12:18quand vous êtes un usager de cette ligne et que vous habitez à la campagne.
12:20Je vous mets au défi de faire des transversales aussi.
12:22C'est toujours un grand moment avec le train.
12:25Yves, sur l'aménagement du territoire,
12:28ça c'est quelque chose qui,
12:30véritablement, c'est un des marqueurs forts
12:32de ce sentiment d'abandon, souvent.
12:34Oui, c'est clair.
12:36En fait, c'est le patrimoine de Napoléon III,
12:38à l'époque, qui avait fait la grandeur de la France,
12:40toutes ces lignes ferroviaires qu'on avait installées partout,
12:42et qui permettait de relier les territoires entre eux,
12:44à la fois pour les usagers,
12:46et pour aussi les productions.
12:48Aujourd'hui, les productions agricoles et forestières
12:51ne peuvent plus circuler en France,
12:53alors qu'on avait des voies ferrées
12:55qui permettaient de relier les ports à toutes les zones de production.
12:57Il faut savoir qu'aujourd'hui, un conteneur...
12:59Est-ce que ça a été le tour routier aussi qui a pris le relais sur certains secteurs ?
13:01Un conteneur sur deux,
13:03qui arrive en France, ou part de France,
13:05arrive par les ports d'Europe du Nord.
13:07Rotterdam, Anvers, Bremen.
13:09Alors qu'on a Marseille, qui est idéalement placée,
13:11et Le Havre, qui est idéalement placée.
13:13Et donc, c'est hallucinant.
13:16Le train des primeurs qui avait été supprimé,
13:18qui a été remis en route par le ministre Castex,
13:20à l'époque, parce qu'il était de ce pays-là.
13:22Mais bon, il y a quand même des gens
13:24qui ont eu l'idée de supprimer ce train.
13:26On se plaint aujourd'hui des émissions
13:28de gaz à effet de serre par les camions.
13:30En fait, il faut savoir que
13:32un porte-conteneur, c'est 97 kilomètres de camions.
13:35Et donc, à chaque fois qu'il y a un porte-conteneur
13:37qui arrive à Anvers, au lieu d'arriver à Marseille,
13:39c'est 97 kilomètres de camions
13:41qu'on met sur les routes.
13:43Et donc, c'est tout ça qu'il faut revoir.
13:45On avait écrit une tribune avec Fromantin, à l'époque,
13:47en disant que 80% des Français
13:49voulaient habiter dans ces villes moyennes.
13:51Et donc, il fallait rééquiper les villes moyennes
13:53plutôt que de métropoliser à outrance la France.
13:55Et aujourd'hui, on voit ce que donne
13:57la métropolisation à outrance.
13:59On va continuer, parce que sinon,
14:01on ne va pas avoir le temps de faire tout le reste.
14:03Justement, Yves, vous avez la parole.
14:05C'est un coup de gueule.
14:07Quand le DPE contredit les ZFE.
14:09Oui, vous savez tous la mobilisation
14:11contre les ZFE, notamment la manifestation
14:13de dimanche 6 avril, qui est appelée
14:15par Alexandre Jardin et toute son organisation,
14:17et puis par les motards.
14:19En fait, c'est l'interdiction qui est faite
14:21depuis la loi de 2019 d'Edouard Philippe
14:23qui interdit
14:25à toutes les voitures qui ont un critère 3
14:27et au-delà d'accéder
14:29dans 43 métropoles,
14:31donc c'est énorme, c'est toutes les métropoles françaises,
14:33au motif qu'elles vont émettre
14:35des gaz à effet de serre.
14:37Pas des gaz à effet de serre, des micro-particules,
14:39qui sont mauvaises pour la santé.
14:41Les micro-particules ont trois origines.
14:43Les nuages, qui arrivent notamment d'Allemagne et de Pologne,
14:45et donc on ne peut pas leur mettre des critères
14:47et interdire les nuages d'avancer vers nos métropoles.
14:49Les véhicules
14:51et le chauffage domestique.
14:53Il faut savoir qu'une vieille chaudière
14:55à bois qui n'est plus aux normes d'aujourd'hui
14:57émet 1500 mg par mégajoule.
14:59Une chaudière au fioul ou au charbon,
15:01c'est entre 700 et 1500 mg.
15:03C'est-à-dire beaucoup plus que les véhicules.
15:05Or, les DPE,
15:07qui ont une autre loi absurde
15:09de ce gouvernement,
15:11encouragent
15:13les chaudières au fioul, au charbon
15:15et les vieilles chaudières au bois.
15:17Elle met un malus de 230%
15:19au chauffage électrique.
15:21C'est ce qu'on appelle
15:23le concept d'énergie primaire
15:25qui avait été conçu par les écolos
15:27dans les années 70, à l'époque où l'électricité
15:29était faite avec du charbon.
15:31Aujourd'hui, l'électricité est décarbonée à 93%.
15:33Dans le DPE,
15:35le chauffage électrique est affublé
15:37d'un coefficient de 2,3.
15:39On se bat depuis des mois et des années
15:41pour que ce coefficient disparaisse.
15:43Mais aujourd'hui, vous avez des appartements,
15:45des studios de 20 m²
15:47qui sont en G parce qu'ils sont chauffés
15:49à l'électricité.
15:51S'ils étaient chauffés au fioul, ils seraient en C ou en D.
15:53Voilà l'absurdité du système.
15:55C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on met des barrières
15:57aux gens qui veulent rentrer en ville
15:59avec des diesels.
16:01Il faut savoir qu'un ménage sur deux, d'après l'INSEE,
16:03c'est le revenu à une voiture
16:05qui a un critère supérieur à trois.
16:07Dans le même temps,
16:09on met un malus de 230% à l'électricité
16:11sur le chauffage
16:13dans les agglomérations.
16:15Peut-être pas tous les types de chauffage électrique.
16:17Tous les types de chauffage électrique.
16:19On a écrit au moins
16:214 tribunes sur ce sujet avec des experts.
16:232,3.
16:25C'est le coefficient d'énergie primaire
16:27qui est mis sur le chauffage électrique.
16:29Un studio à Paris de 20 m²
16:31avec un chauffe-eau est classé en G
16:33même s'il n'est pas chauffé.
16:35On continue.
16:37Je regarde mon réalisateur.
16:39Oui, on peut faire un petit coup de cœur
16:41de Samuel
16:43pour le livre de votre patron.
16:45Je voulais d'abord réagir là-dessus.
16:47Je pense que c'est un vrai sujet, le DPE,
16:49qui va suivre les ZFE. J'espère qu'on va gagner contre les ZFE.
16:51C'est fondamental.
16:53Pour être très clair, pour l'instant,
16:55il n'y a eu zéro mise en application de la mesure.
16:57Il n'y a pas d'application.
16:59J'espère qu'il n'y aura pas de mise en place
17:01et qu'on finira par gagner.
17:03Sur les ZFE, honnêtement,
17:05le combat est quasiment gagné,
17:07mais il y a déjà des étapes.
17:09Il y a un amendement qui a été voté, mais ce n'est pas la loi.
17:11On a fait une manifestation avec Reconquête
17:13dimanche dernier à Rouen. Il y a pas mal de monde.
17:15Beaucoup de partis politiques se mobilisent.
17:17On est vraiment sur le terrain, dans toutes les fédérations.
17:19C'est fondamental pour nous qu'on gagne contre les ZFE.
17:21J'ai envie de dire à tous ceux qui sont intéressés par le combat culturel,
17:23c'est une victoire culturelle à avoir face à la technocratie
17:25qui fait des choix, que ce soit sur les ZFE
17:27ou sur le DPE, sans véritablement voir les conséquences.
17:29C'est fondamental
17:31qu'on puisse gagner à la fois sur les ZFE et aussi sur les DPE.
17:33On parlait tout à l'heure des Français de classe moyenne
17:35ou des Français plus modestes.
17:37Ce sont les premiers touchés.
17:39On sait qu'il y a des problèmes de logements en France.
17:41Vous avez des logements qui ne pourront plus être disponibles
17:43si on maintient cette absurdité des DPE.
17:45À un moment, il faut penser à eux.
17:47On leur met les ZFE, il y a une baisse du pouvoir d'achat.
17:49On leur met le DPE.
17:51Au bout d'un moment, on voit que ces Français subissent.
17:53Ils n'ont pas le moyen de se faire entendre.
17:55On continue à leur faire subir toujours plus.
17:57Sur mon coup de cœur,
17:59j'ai un coup de cœur
18:01pour le livre d'Éric Zemmour
18:03de 1997.
18:05Ça remonte. C'était il y a 28 ans.
18:07Le coup d'état des juges.
18:09C'est un livre qui se lit assez facilement,
18:11que je conseille à tous les auditeurs de Sud Radio.
18:13Il prévoyait. D'autres en avaient parlé déjà auparavant.
18:15C'est vraiment lui qui a fait connaître le sujet en France.
18:17Le rôle des juges.
18:19Il faut savoir qu'il y a toujours eu un rapport de force
18:21historiquement entre le judiciaire,
18:23l'administratif et l'exécutif.
18:25Mais lui, ce qu'il pointait du doigt à l'époque,
18:27c'était à tous les niveaux, en première instance,
18:29en appel, conseil constitutionnel,
18:31il parle aussi du conseil d'État, de la Cour de casse,
18:33et au niveau européen.
18:35Il parle de la place que prend le juge,
18:37des conséquences des décisions judiciaires.
18:39Et puis il dit aussi, ce qu'on vit aujourd'hui,
18:41c'est qu'il y a une partie du politique
18:43et des décisions des juges,
18:45mais aussi une partie du politique qui a décidé
18:47de laisser au juge du pouvoir
18:49et donc de permettre ce qui est en train de se passer aujourd'hui,
18:51qu'on va certainement commenter ensuite,
18:53c'est-à-dire des décisions de justice
18:55qui font que les Français ont moins de choix,
18:57ont moins de choix politique.
18:59C'est-à-dire, on pourrait très bien considérer
19:01qu'il y a des peines, on parlera de l'affaire
19:03de Marine Le Pen après,
19:05et du Rassemblement national,
19:07on peut considérer qu'il y a des peines,
19:09mais est-ce que là, il fallait forcément
19:11que la peine soit exécutée tout de suite ?
19:13Est-ce que, de manière générale,
19:15ce ne sont pas aux électeurs de décider in fine ?
19:17Alors que là, le juge peut empêcher
19:19un candidat, voilà. Donc ce qu'il dit, voilà.
19:21Pourquoi je dis que ça n'arrivera rien ?
19:23Parce qu'il pose des questions
19:25et il montre la fin de la logique,
19:27c'est-à-dire, si on donne trop de pouvoir au juge,
19:29il peut avoir des conséquences concrètes
19:31au niveau démocratique, et en plus,
19:33c'est malheureusement souvent le politique
19:35qui a laissé le juge prendre cette place.
19:37Alors malheureusement, Samuel,
19:39on se met ça de côté, puis de toute façon,
19:41il y a aussi Geneviève derrière, parce qu'on va rentrer dans le sujet,
19:43effectivement, le dossier Marine Le Pen,
19:45avec cette contre-attaque massive
19:47qu'a enclenché le Rassemblement National,
19:49avec les conséquences,
19:51on va essayer de les décrypter tous ensemble.
19:53Vous ne bougez pas, on se retrouve juste après la pause
19:55sur Sud Radio, à tout de suite.
19:57Sud Radio, parlons vrai,
19:59Sud Radio, parlons vrai,
20:01le 10h midi, mettez-vous d'accord,
20:03Christine Bouillot.
20:05Et en compagnie, à 11h20, avec Yves Dameco,
20:07Rémi Branco, Samuel Lafion,
20:09Geneviève Göttinger, alors,
20:11on était à évoquer, donc,
20:13le cas Marine Le Pen, en tous les cas,
20:15de la décision judiciaire, mais avant,
20:17avec vous quatre, je voudrais quand même qu'on revienne sur l'information
20:19qui est tombée juste avant 11h,
20:21ce matin, c'est cette décision
20:23de l'écrivain franco-algérien
20:25Boilem Sansel, de faire appel de sa condamnation
20:27à 5 ans de prison en Algérie,
20:29c'est ce qu'on a appris de la part de son avocat
20:31ce matin, son avocat français,
20:33qui précise d'ailleurs que cela
20:35n'empêche pas une grâce
20:37présidentielle pour l'écrivain
20:39franco-algérien, alors que l'on sait
20:41depuis hier, évidemment, qu'il y a
20:43un desserrement, en tous les cas, un rapprochement
20:45dans les relations,
20:47Geneviève,
20:49la reprise de ce dialogue entre
20:51Alger et Paris, on le doit
20:53à la fermeté de Retailleau
20:55et derrière,
20:57ces fermetés gants de velours,
20:59comment on peut dire ?
21:01De toute façon, il y a toujours les deux dans ce type
21:03d'affaires, il y a effectivement
21:05la fermeté d'un côté,
21:07aller le plus loin possible dans la fermeté,
21:09il y a évidemment l'action
21:11du comité de soutien pour Boilem Sansalle
21:13qui a été lancé dès les premiers jours, tout de suite,
21:15avec Arnaud Benedetti,
21:17la revue politique et parlementaire, etc.,
21:19un comité de soutien international
21:21qui s'est mobilisé,
21:23qui se mobilise au quotidien et donc
21:25qui exerce une pression extrêmement forte.
21:27Après, cette condamnation,
21:29c'est une condamnation politique, elle était
21:31évidemment la conséquence immédiate
21:33des relations exécrables
21:35entre Paris et Alger, donc le fait que
21:37ces relations se dégèlent est évidemment
21:39une bonne chose puisque
21:41la grâce
21:43ne peut être que présidentielle, ne peut être qu'une
21:45décision politique, donc il y a toujours
21:47les deux aspects, l'aspect pression, l'aspect
21:49on va le plus loin
21:51possible dans des mots très durs,
21:53dans des actes éventuellement très
21:55durs, dans cette forme de pression, et en même temps
21:57de manière moins visible, il y a
21:59des médiations, il y a des négociations,
22:01il y a une action, oui, de médiation
22:03et aujourd'hui,
22:05le fait qu'à nouveau Emmanuel Macron
22:07et le président Théboune se parlent,
22:09c'est une bonne chose, parce que Théboune ne prenait
22:11plus Emmanuel Macron au téléphone, quand même, à un moment.
22:13Donc, voilà,
22:15maintenant, ce qu'on peut,
22:17le dépôt,
22:19enfin, un recours, évidemment, c'est
22:21normal, on appelle,
22:23c'est normal, et évidemment,
22:25ça n'hypothèque pas la grâce
22:27puisque, si on considère
22:29que la décision de justice est politique,
22:31la décision de grâce sera aussi
22:33politique, et la
22:35sortie de Bolem-Sensal, qu'on
22:37espère tous de l'ornière dans laquelle il se trouve,
22:39ne peut être qu'une décision politique.
22:41Samuel, on fait le tour de table sur ce
22:43sujet-là, comme ça ?
22:45On a plusieurs discussions en cours avec l'Algérie,
22:47que le ton est monté assez
22:49haut, en même temps, on a des exigences
22:51en France qui ne sont pas
22:53appliquées en Algérie, vous savez qu'on a le sujet des clandestins,
22:55on a le sujet des délinquants étrangers qui sont très nombreux
22:57dans nos prisons, savoir si on les renvoie,
22:59la plupart des Français, la majorité des Français
23:01sont pour l'expulsion des délinquants étrangers,
23:03mais sur le cas de Bolem-Sensal, évidemment,
23:05il faut qu'on fasse tout, il y a les actions
23:07de ce comité qui ont été importantes,
23:09d'ailleurs, il y a plusieurs fédérations
23:11conquêtes qui ont participé aux mobilisations,
23:13effectivement, il faut se faire entendre, moi j'espère qu'ils pourront
23:15rentrer sur notre sol, on a quand même quelqu'un qui est à la nationalité française
23:17qui s'est fait condamner, qui est détenu là-bas,
23:19par un choix politique,
23:21et contre la liberté d'expression,
23:23donc nous, il faut qu'on le soutienne jusqu'au bout, et j'espère qu'il pourra
23:25rentrer au plus vite.
23:26Il y a des sujets, donc,
23:28c'est ce qui est avancé pour la première fois,
23:30il y a des dossiers qui étaient un peu bloqués,
23:32et Bruno Retailleau fait part de son
23:34espoir qu'Alger applique strictement, par exemple,
23:36l'accord migratoire bilatéral de 1994
23:40sur le retour des étrangers, Rémi,
23:44c'est une victoire de
23:46Retailleau, ou de la diplomatie qu'on n'a pas
23:48forcément vue ?
23:49Pour l'instant, ce n'est pas encore une victoire.
23:51Oui, on s'en approche.
23:53On l'espère,
23:55mais tant qu'il ne sera pas sorti, ce ne sera pas une victoire.
23:57En tout cas, c'est le début du commencement
23:59d'une possibilité de solution.
24:01Ce qui est, franchement, déjà pas mal.
24:03On en parlait avec Geneviève il y a 15 jours, moi j'avais très peur
24:05de l'escalade qui était en train de se nouer,
24:07et derrière, des réactions
24:09d'orgueil, d'égo mal placé de dirigeants,
24:11quels qu'ils soient, mais notamment du côté
24:13algérien, et comme le disait Geneviève,
24:15le fait que le président de la France ne soit pas
24:17pris au téléphone, on en arrivait à un point qui était,
24:19selon moi, extrêmement grave.
24:21Aujourd'hui, le dialogue, il est indispensable.
24:23Pour Boalem-Sensal, d'abord,
24:25et pour les relations franco-algériennes, aussi.
24:27On parle là de deux peuples qui sont extrêmement proches,
24:29qui ont des liens culturels,
24:31nous on a 5 milliards
24:33d'échanges économiques avec
24:35Algérie, donc c'est un partenaire indispensable.
24:37Ça demande donc de la fermeté, mais ça demande du dialogue.
24:39Et moi, je me réjouis
24:41qu'enfin ce dialogue puisse se renouer,
24:43et qu'on puisse demain trouver, je l'espère,
24:45un début de solution. Moi, j'avais très très peur,
24:47je ne vous le cache pas, il y a 15 jours, au vu de l'escalade
24:49en cours, qu'on ne revoie plus
24:51Boalem-Sensal sur le territoire français.
24:53Geneviève l'a dit, c'est une décision politique.
24:55Malgré tout, ça ne va pas laisser des traces,
24:57Yves d'Amecourt,
24:59parce qu'on est allé très loin d'un côté.
25:01J'ai un oncle
25:03qui est missionnaire au Congo depuis
25:051963, et qui avait fait la
25:07guerre d'Algérie. Et un jour, dans une
25:09émission de la télévision congolaise,
25:11il avait dit, les Algériens
25:13ont gagné la guerre, mais ils n'ont toujours pas gagné la paix.
25:15Et en fait, je pense que
25:17cette citation, elle résume
25:19la situation de l'Algérie, en fait.
25:21Et c'est très compliqué. Il y a quelques jours, avec Arnaud
25:23Benedetti et David Lissner, on avait publié une tribune
25:25dans le Figaro, appelant
25:27le Président et le Premier Ministre
25:29à nommer Boalem-Sensal
25:31ministre de la francophonie.
25:33Pour bien montrer
25:35au gouvernement algérien que l'on tient
25:37à ce compatriote, à son oeuvre,
25:39et à tout ce qu'il a fait
25:41pour le français et pour la francophonie
25:43en France et dans le monde.
25:45Donc je crois qu'il faut se battre par tous les moyens.
25:47Ce comité de soutien est extraordinaire.
25:49Ils ont le don d'ubituité.
25:51Ils organisent des réunions partout, tout le temps.
25:53Je pense que
25:55l'action de ce comité de soutien,
25:57l'action et la fermeté de Bruno Retailleau
25:59ont poussé le Président à bouger.
26:01Il faut savoir
26:03quand même que la France, elle est tenue
26:05un petit peu par son gaz.
26:07Elle a besoin de gaz.
26:09Elle a besoin du gaz algérien, notamment
26:11depuis qu'on fait
26:13mine d'arrêter d'acheter du gaz russe,
26:15même si on en achète sous d'autres formes.
26:17Tout ça, c'est compliqué parce qu'il faut
26:19du gaz pour alimenter les chaudières
26:21qui sont classées au DPE dont on parlait tout à l'heure.
26:23On y revient.
26:25Il faudrait dire sur le gaz
26:27que si la France a besoin de gaz,
26:29c'est parce qu'elle a voté des lois s'interdisant
26:31d'explorer et d'exploiter ses propres
26:33gisements de gaz. On a quand même 30 ans
26:35de réserve de gaz en France qu'on refuse d'exploiter.
26:37Et donc si on veut être souverain, il y a un moment
26:39où il va falloir arrêter les conneries et le
26:41en même temps.
26:43Alors, donc,
26:45excusez-moi mais je ne m'attendais pas à cette sortie-là
26:47pour pouvoir rebondir derrière.
26:49On va revenir sur le dossier Marine Le Pen
26:51là maintenant avec vous Geneviève,
26:53votre coup de gueule.
26:55Et ça va nous permettre d'ouvrir
26:57les questions qu'il y a en cascade
26:59sur la séquence politique que nous vivons.
27:01Geneviève, coup de gueule sur les ingérences
27:03internationales dans ce dossier de Marine Le Pen.
27:05D'ailleurs,
27:07certains se demandent si ce n'est pas contre-productif.
27:09Ce n'est pas un repoussoir ?
27:11Un petit peu quand même. On disait tout à l'heure, le problème c'est Trump.
27:13Là aussi, le problème c'est Trump,
27:15Nîmes, Orban, Poutine, etc.
27:17Premier soutien, le Kremlin.
27:19Deuxième soutien, Victor Orban.
27:21Oui, franchement, Victor Orban, je suis Marine.
27:23Non mais franchement, qu'est-ce que c'est
27:25que cette ingérence de la part
27:27de pays dont les dirigeants
27:29n'ont pas à nous donner de leçons en matière
27:31d'État de droit, de respect de l'État de droit ?
27:33Qui ça choque autour de la table ?
27:35Évidemment.
27:37Ça vous choque tous ?
27:39Moi je pense que c'est une nouveauté à prendre en compte.
27:41Il ne faut pas qu'on confonde.
27:43Il y a quelques années, on aurait parlé vraiment d'ingérence.
27:45Là, j'ai l'impression que de plus en plus, avec ce qui s'est développé
27:47avec les réseaux sociaux, tout le monde a pris l'habitude
27:49de commenter partout ce qui se passe dans le monde.
27:51Vous allez me dire, oui, ce sont des chefs d'État et ce ne sont pas
27:53les mêmes citoyens, mais c'est une nouveauté.
27:55Il y a Elon Musk aussi
27:57qui a pris la parole. Beaucoup de gens se sont exprimés.
27:59C'est quelque chose à avoir à l'esprit,
28:01plutôt que de juger avec notre regard
28:03qu'on avait auparavant, de se dire, voilà,
28:05maintenant, je ne vous dis pas que c'est bien,
28:07mais tout le monde est en train de commenter ce qui se passe à l'étranger.
28:09Vous savez aussi que les médias français avaient beaucoup commenté la campagne
28:11entre Obama et Donald Trump aussi.
28:13Tout le monde commente ce qui se passe à l'étranger.
28:15Ce n'est pas du commentaire.
28:17Ce n'est pas du simple commentaire. C'est du soutien.
28:19C'est du même registre que quand
28:21M. Elon Musk va soutenir
28:23la FD en Allemagne à une élection.
28:25C'est la même chose.
28:27Les médias ont soutenu Obama. Les français ont soutenu Obama contre Donald Trump.
28:29Non, non, non. Emmanuel Macron n'a jamais soutenu...
28:31On n'a pas le droit de soutenir un candidat.
28:33Là, ils contestent une décision légitime
28:35d'un État souverain et démocratique.
28:37Comment ?
28:39Ils sont en train de soutenir Marine Le Pen
28:41pour l'élection. Il n'y a aucun problème.
28:43Contester une décision
28:45de la justice française
28:47de la part d'un chef d'État étranger, c'est choquant. Vous ne pouvez pas dire le contraire.
28:49Je pense qu'ils ont...
28:51Si vous lisez ce qu'ont dit certains, par exemple
28:53Elon Musk, ils parlent du fait
28:55que des juges... Elon Musk n'est pas élu.
28:57Elon Musk n'est pas chef d'État.
28:59Là, on parle de Poutine, d'Orban, de Trump.
29:01Vous n'allez pas me dire qu'Elon Musk
29:03ne compte pas dans le dispositif de Donald Trump.
29:05Ce qu'il faut voir sur le fond,
29:07c'est que vous avez des personnes qui disent
29:09il y a un poids de la justice dans différents pays
29:11qui fait que, si on parle de démocratie,
29:13si on parle de souveraineté populaire,
29:15à quel point... C'est ça les limites.
29:17Quel est le poids du juge ? Est-ce qu'on peut juste en discuter ?
29:19Quel est le poids du juge dans les élections ?
29:21J'allais dire, de quel droit
29:23il se permet de dire
29:25on a une bonne ou une mauvaise justice ?
29:27On a commenté Hong Kong à l'époque
29:29contre la Chine, quand des Hongkongais sont mobilisés.
29:31Vous avez beaucoup de personnes dans le monde.
29:33Hong Kong aurait mérité d'être un peu plus libre
29:35si vous me demandez à titre personnel.
29:37Mais la réalité, c'est que tout le monde s'est permis de commenter ce qui se passe à Hong Kong.
29:39Alors que du point de vue de la Chine, c'était pas...
29:41Mais il y avait une condamnation des Nations Unies.
29:43Vous avez vu les Nations Unies condamner la décision de justice sur Marine Le Pen ?
29:45Mais ce que je vous dis...
29:47Mais ça n'a rien à voir.
29:49Il faut bien comprendre que pour la suite,
29:51on aura de plus en plus dans le monde de commentaires
29:53de ce qui se passe à droite ou à gauche.
29:55Désolé, on ne fait pas un break comme ça par hasard.
29:57Mais je vais me faire rattraper par mon chef
29:59et mon réalisateur qui me demandent de faire une petite pause.
30:01Et on se retrouve juste après sur Sud Radio.
30:03A tout de suite.
30:13Allez, on continue d'évoquer
30:15avec Yves Dameco, Rémi Branco,
30:17Samuel Laffont, Geneviève Göttinger.
30:19Avec tous les 4, on était...
30:21Geneviève, votre coup de gueule,
30:23c'était effectivement sur cette ingérence.
30:25Vous disiez que vous n'êtes pas d'accord avec
30:27les soutiens que Marine Le Pen a pu avoir.
30:29Ce n'est pas elle qui les a demandé.
30:31C'est qu'ils sont arrivés tout seuls.
30:33Vous pensez que c'est...
30:35Déjà d'une,
30:37c'est insupportable.
30:39Mais est-ce que ça peut aider
30:41l'URN
30:43d'avoir ce genre de soutien dans l'opinion publique ?
30:45La résultat des électeurs ?
30:47Non, je ne pense pas que ça aide particulièrement.
30:49Je pense que Trump est un repoussoir
30:51auprès de son électorat.
30:53Poutine est plutôt un atout.
30:55Mais Trump est un repoussoir, donc ça n'aide pas.
30:57Pour moi, la limite, ce n'est pas ça le sujet.
30:59Le sujet, c'est respecter
31:01notre État de droit,
31:03l'indépendance de notre autorité judiciaire.
31:05Il n'y a aucune raison que des puissances
31:07étrangères viennent commenter des décisions
31:09de justice en France. C'est tout.
31:11Surtout d'États qui n'ont, encore une fois,
31:13aucune leçon à nous donner
31:15en matière de démocratie,
31:17de respect de l'État de droit,
31:19d'indépendance de l'autorité judiciaire
31:21par rapport au pouvoir politique.
31:23Donc, qu'ils restent chez eux
31:25et qu'ils s'occupent et qu'ils règlent
31:27leurs propres problèmes et qu'ils améliorent l'État de droit chez eux.
31:29Marine Le Pen a dit que
31:31l'annonce d'un nouveau procès en appel
31:33avant l'été 2026,
31:35quasiment moins d'un an, un petit peu plus d'un an
31:37après la première condamnation,
31:39la première instance,
31:41c'est une bonne nouvelle. Cette célérité,
31:43cette rapidité de la justice
31:45à trouver un espace
31:47assez grand pour ce procès-là.
31:49Quel effet aussi ça donne dans l'opinion ?
31:51Cette accélération du calendrier ?
31:53Est-ce que Rémi Branco,
31:55c'est pas aussi que la justice montre
31:57que finalement c'est allé très loin cette affaire ou pas ?
31:59Moi, je suis embêté parce que
32:01d'un côté, il y a un principe qui est l'égalité devant la loi,
32:03il y a un principe qui est que chacun est traité de la même façon
32:05et je pense à tous ces élus locaux
32:07qui ont été condamnés à un moment
32:09et qui ont eu l'exécution immédiate
32:11de leur peine et qui se disent, mais pourquoi elle,
32:13elle a droit à avoir un appel si vite
32:15et à pouvoir à nouveau se défendre ?
32:17Et en même temps, on voit bien que ça crée un émoi
32:19national. Moi,
32:21je soutiens d'abord la décision de justice,
32:23je soutiens les juges parce qu'ils sont libres
32:25et indépendants. En même temps, je vois bien aussi
32:27qu'il y a parfois des sentiments d'incompréhension.
32:29Donc je pense qu'il faut à la fois expliquer
32:31pourquoi elle a été condamnée, parce que
32:33les faits sont implacables.
32:35Il faut expliquer ça et en même temps,
32:37s'il y a la possibilité de faire appel, ça peut peut-être
32:39éviter une suspicion supplémentaire
32:41sur l'appareil judiciaire qui n'en a pas
32:43besoin en ce moment. Donc, je suis plutôt
32:45moi satisfait qu'il y ait cette décision, même si
32:47encore une fois, ça me pose au fond quand même un petit souci
32:49d'égalité de tous devant la loi.
32:51Yves, donnez le coup.
32:52Écoutez, moi j'étais dans l'équipe de François Fillon
32:54en 2016-2017
32:56et la façon dont il a été mis
32:58en examen de façon express,
33:00je crois que ça ne s'est jamais vu sur un autre dossier
33:04à poser question,
33:06surtout qu'il a été mis en examen juste avant
33:08l'entrée en vigueur de la loi
33:10Fenech, le 27 février 2017
33:12et cette loi Fenech, c'était une loi qui
33:14s'il avait été mis en examen après,
33:16les faits auraient été prescrits.
33:18La loi Legault, au même moment, était poursuivie pour emploi fictif
33:20qu'elle occupait au ministère de la Santé
33:22et elle, elle a été mise en examen deux jours après
33:24la loi Fenech, ce qui fait que ces faits ont été prescrits.
33:26Bon, ça pose question. Dans le
33:28procès Fillon encore,
33:30la question de la prescription
33:32a été jugée de manière défavorable
33:34pour François Fillon. Les mêmes critères
33:36dans l'affaire Ferrand ont été jugés de façon
33:38favorable. C'est-à-dire que dans l'affaire Fillon,
33:40on a pris comme fait générateur l'article du Canard Enchaîné.
33:42Pour l'affaire Ferrand, on a dit que
33:44l'ASCI avait été créée avant l'article et que donc
33:46c'est la création de l'ASCI.
33:48Qu'est-ce que vous voulez dire ? Que le dossier est vide chez Marine Le Pen ?
33:50Je veux dire que, moi, c'est pas la décision de justice
33:52qui me gêne. C'est la façon dont la justice
33:54organise le processus judiciaire.
33:56Et donc on n'est pas dans la loi.
33:58Je rappelle quand même qu'ils ont déposé 49
34:00recours en cours de la procédure.
34:02Non, mais moi, il y a 4 millions
34:04de détournements de fonds.
34:08La sanction, elle n'est pas
34:10discutable. La seule chose
34:12qui fait débat aujourd'hui, c'est l'exécution immédiate.
34:14Voilà, vous l'avez compris.
34:16Je voudrais qu'on revienne sur l'histoire
34:18du calendrier.
34:20Philippe Bilger, lui-même.
34:22Mais les juristes,
34:24j'ai écouté le premier président de la Cour de Cassation qui est venu,
34:26président de la Cour d'Appel,
34:28expliquer qu'attention,
34:30aller très loin sur la vindicte
34:32concernant la justice, c'était peut-être quelque chose
34:34de très contre-productif pour les politiques.
34:36Moi, je voudrais venir sur le calendrier judiciaire.
34:38Admettons qu'il y ait un procès à l'été
34:402026, décision avant
34:42la fin de l'année 2027, qui condamne
34:44à nouveau Marine Le Pen. Admettons,
34:46même fait, même conséquence.
34:48Cour de Cassation qui met,
34:50j'entendais le président de la Cour de Cassation,
34:52entre un an ou pas pour se décider.
34:54Donc ça veut dire qu'on peut avoir une candidate,
34:56et donc c'est suspensif,
34:58elle est toujours présumée innocente,
35:00à la présidentielle
35:02qui est déjà condamnée par deux fois
35:04devant un tribunal.
35:06Est-ce que ça n'est pas une séquence
35:08qui abîme durablement le lien
35:10entre tous les hommes et les femmes politiques
35:12et les citoyens ?
35:14C'est même juste hallucinant qu'une femme
35:16qui est condamnée
35:18puisse envisager
35:20de se présenter à l'élection présidentielle.
35:22Moi, je suis peut-être un peu
35:24vieux jeu, mais pour moi, quand on est
35:26condamné sur des faits qui sont
35:28implacables, on ne songe même
35:30pas à aller concourir pour la fonction
35:32suprême dans ce pays.
35:34Vous ne laissez pas les électeurs décider ?
35:36Si elle est condamnée en appel, honnêtement,
35:38ce qui est un peu gênant, c'est que le procureur
35:40après la cour de cassation a validé
35:42déjà le jugement de la première instance.
35:44Or, ce n'est pas son rôle.
35:46C'est quand même curieux.
35:48Par contre, si elle est condamnée, bien sûr.
35:50D'ailleurs, elle le demandait elle-même il y a 15 ans
35:52en disant qu'un élu condamné
35:54pour des détournements de fonds publics
35:56dans le cadre de ses fonctions doit être
35:58inéligible à vie.
36:00Vous avez posé la question essentielle.
36:02C'est une question de confiance
36:04dans les institutions.
36:06Typiquement, si finalement,
36:08elle a été candidate et que derrière,
36:10elle a été condamnée définitivement,
36:12est-ce qu'on peut encore faire confiance
36:14à ce qu'elle devait être candidate ?
36:16L'autre question, c'est est-ce que, in fine,
36:18ce sont les électeurs qui doivent choisir,
36:20quels que soient les cas,
36:22est-ce que quelqu'un peut se présenter ?
36:24Et dans ce cas, c'est l'électeur,
36:26quel qu'il soit, qui est libre, citoyen,
36:28de dire je vote pour telle ou telle personne
36:30ou est-ce que le juge peut empêcher
36:32quelqu'un de se présenter ?
36:34Dans ce spectre-là,
36:36où est-ce qu'on met le curseur ?
36:38Rémi, si n'importe quel élu
36:40qui a accusé de détournement de fonds
36:42se dit je me présente à une élection
36:44comme ça, je suis tranquille, j'ai l'immunité,
36:46comme à Koh-Lanta, on n'en sort plus.
36:48C'est pas parce qu'on est élu ou qu'on se présente
36:50à une élection qu'on est au-dessus d'un citoyen.
36:52Je tiens à le dire.
36:54Ce n'est pas n'importe quel fait.
36:56On parle de détournement de fonds publics
36:58pour enrichissement partisan.
37:00Elle n'a pas été condamnée pour
37:02un vol de voiture.
37:04Elle a concrètement pris de l'argent public
37:06pour enrichissement partisan.
37:08C'est quelque chose d'extrêmement grave
37:10quand on se présente devant des électeurs.
37:12Le droit prime.
37:14Vous vous souvenez de l'affaire Guérini ?
37:16Le problème c'est que vous avez
37:18des personnes qui sont condamnées,
37:20je ne vous rappelle plus la décision définitive
37:22pour M. Guérini en l'espèce,
37:24mais vous avez des personnes qui étaient parfois
37:26très peu condamnées en plus, donc elles avaient plutôt
37:28intérêt à continuer ce qu'elles faisaient.
37:30C'est quand des personnes sont concernées,
37:32quand elles ont fait en sorte d'acheter
37:34plus ou moins des personnes autour d'elles
37:36pour avoir des voies.
37:38L'autre sujet, c'est que si en fait vous êtes condamnées
37:40parce que vous avez fait en sorte d'être élue,
37:42parce que vous avez fait des arrangements avec telle ou telle personne sur place,
37:44vous avez une chance que les électeurs en question
37:46continuent de voter pour vous parce qu'ils avaient l'intérêt à voter pour vous.
37:48Mais de manière générale, on parle de la présence de la République,
37:50on parle aussi de confiance des institutions,
37:52est-ce qu'elle peut se présenter ?
37:54Parce que si jamais on considère,
37:56là on parle de Marine Le Pen dans ce cas-ci,
37:58mais ça peut être n'importe qui d'autre,
38:00on peut parler de Jean-Luc Mélenchon, n'importe qui.
38:02Si jamais on considère qu'elle ne peut pas se présenter,
38:04il va y avoir un doute, on parle de la justice,
38:06mais sur les institutions en général et sur la justice.
38:08Malheureusement, le doute vis-à-vis de la justice,
38:10il n'y a pas besoin d'avoir l'affaire Le Pen pour avoir un doute.
38:12Vous savez bien que malheureusement,
38:14vous parlez des justiciables, vous parlez des élus condamnés,
38:16mais pas seulement. Les Français qui sont concernés par la justice,
38:18notamment les victimes qui doivent attendre des années,
38:20des années, des années avant d'avoir des appels
38:22et qui subissent ça pendant longtemps,
38:24ils peuvent se dire qu'il y a un deux poids, deux mesures.
38:26Dans tous les cas, la question majeure,
38:28c'est, un, est-ce que les citoyens peuvent décéder,
38:30in fine, oui ou non ?
38:32Et deux,
38:34qu'il y ait des conséquences pour la confiance dans les institutions.
38:36Et vous quatre autour de la table,
38:38est-ce que là, on ne se trompe pas
38:40non plus de débat en pensant
38:42qu'on prive les électeurs du RN
38:44d'une candidate, en sachant qu'il y a d'autres
38:46candidats potentiels ? Le RN peut
38:48continuer d'exister ? Est-ce que
38:50finalement, il faut sauver
38:52le soldat Marine Le Pen au sein du RN ?
38:54Coute que coûte. D'ailleurs,
38:56les premiers sondages après cette condamnation
38:58ont montré que
39:00finalement, Jordan Bardet,
39:02s'il se substitue à Marine Le Pen
39:04comme candidat à l'élection présidentielle
39:06pour le RN, avait aujourd'hui
39:08les mêmes scores qu'elle. Donc, le sujet
39:10n'est pas de sauver Marine Le Pen. Si
39:12Marine Le Pen est condamnée, elle est condamnée.
39:14Le RN aura un autre... Vous savez,
39:16moi, je travaille beaucoup sur l'Afrique.
39:18Il s'est passé un cas de figure
39:20au Sénégal, où
39:22l'homme qui devait être président
39:24de la République, candidat, Ousmane Sonko,
39:26l'homme,
39:28a été dans l'impossibilité
39:30de se présenter, suite à une condamnation
39:32judiciaire.
39:34Il a dit, à son fidèle second,
39:36Baciro Diomayfay,
39:38je te soutiens. Il y a même eu un slogan,
39:40Sonko c'est Diomay, et Diomay c'est Sonko.
39:42Diomayfay est aujourd'hui président de la République
39:44du Sénégal. Donc, ça n'empêche
39:46rien. Ça n'empêche rien.
39:48Effectivement, les électeurs tranchent.
39:50Marine Le Pen a beaucoup de chance de ne pas avoir été présidente,
39:52parce qu'elle prenait l'inéligibilité à vie.
39:54Est-ce que vous l'avez dit ?
39:56À un moment donné, ce que je trouve d'ailleurs,
39:58moi, personnellement, excessif. On a droit à la rédemption,
40:00qu'on soit élu, qu'on soit simple citoyen.
40:02Je trouve, pour le coup, que le RN
40:04a le droit de présenter des candidats à des élections, et Marine Le Pen
40:06aura le droit, à l'issue de son inéligibilité,
40:08de se présenter à nouveau à des élections, comme n'importe
40:10quel élu qui est condamné.
40:12On va s'arrêter un court instant sur
40:14Sud Radio. On va continuer avec vous,
40:16puisqu'on va parler aussi de cette
40:18discussion qui a commencé
40:20à avoir lieu hier à l'Assemblée nationale,
40:22lors des questions au gouvernement.
40:24Le gouvernement ne ferme pas la porte
40:26à modifier cette loi,
40:28pour supprimer cette fameuse
40:30exécution provisoire que lui-même
40:32avait votée, il y a quelques années,
40:34dans ce cas de figure-là.
40:36Quel rapport ça peut avoir avec les parlementaires ?
40:38Entre la classe politique
40:40et les citoyens,
40:42est-ce que ça ne fait pas un peu tripatouillage ?
40:44C'est la question qu'on va se poser.
40:46Où est-ce qu'on est allé trop loin, à chaque fois
40:48qu'on décide de faire une loi, comme on dit,
40:50sous le coup de l'émotion ? Allez, à tout de suite.
40:52Sud Radio, votre attention
40:54est notre plus belle récompense.
40:56Vous êtes vraiment une radio exceptionnelle,
40:58et merci à vous de donner la parole aux auditeurs.
41:00Christine Bouillaud.
41:02Toujours en compagnie d'Yves Lamecourt, viticulteur
41:04ancien élu local Rémi Branco,
41:06vice-président du département du Lot, et je renvoie aussi
41:08à votre livre, Loin des villes, loin du cœur,
41:10aux éditions de l'Aube, Samuel Laffont,
41:12porte-parole de Reconquête, Geneviève Götzinger,
41:14présidente de l'agence Images.
41:16On évoquait les différents
41:18derniers rebondissements,
41:20en tous les cas, les déclarations. Hier,
41:22à l'Assemblée nationale, François Bayreau
41:24a été questionné, et qui, après s'être
41:26dit troublé par cette décision
41:28de justice concernant Marine Le Pen,
41:30sa condamnation à 5 ans d'inégibilité
41:32avec effet immédiat.
41:34Je rappelle que le Rassemblement
41:36national a confirmé avoir fait appel,
41:38et que cet appel aura certainement lieu
41:40à l'été 2026.
41:42Certains demandent,
41:44comme Éric Ciotti pour l'UDR,
41:46un allié du Rassemblement national,
41:48à ce qu'on supprime
41:50tout simplement aujourd'hui
41:52l'exécution provisoire qui est prévue
41:54dans la loi, et qui a amené
41:56à la condamnation de Marine Le Pen.
41:58Yves,
42:00dame court, cette
42:02on va dire, c'est l'hérité des hommes
42:04et des femmes politiques actuelles aujourd'hui, de dire
42:06oh là là, mon Dieu, c'est très
42:08dur ce qu'elle subit, c'est très méchant,
42:10et donc il faut tout revoir, parce que ça ne va pas
42:12ce qu'on a voté il y a trois mois. Quel effet ça peut avoir
42:14dans l'opinion publique aujourd'hui ?
42:16En fait, c'est désastreux, parce que
42:18l'opinion publique aussi,
42:20de son côté, est demandeuse.
42:22Elle veut que les députés proposent des choses, et comme
42:24les députés n'ont que des lois à proposer,
42:26c'est comme ça qu'on a une espèce d'inflation.
42:28Donc, dans l'urgence de l'affaire
42:30Cahuzac, on a fait voter l'inégibilité,
42:32et puis maintenant, dans l'urgence
42:34de l'affaire Le Pen, on veut la supprimer,
42:36et c'est comme ça que notre
42:38arsenal législatif augmente,
42:40etc., et que finalement, il ne faut pas s'étonner
42:42derrière si les juges jugent,
42:44puisqu'en fait, on leur met
42:46des tas de lois,
42:48et donc ça fait bosser les juges et les avocats.
42:50Donc tout ça est pour moi
42:52désastreux, et à côté
42:54de ces procès hors normes
42:56et qui font
42:58le buzz médiatique, il y a une multitude
43:00de procès avec des gens qui sont dans l'attente
43:02de décisions, et qui n'avancent
43:04pas, parce qu'on va préférer s'occuper
43:06de Depardieu parce que ça passe à la télé,
43:08de Le Pen parce que ça passe à la télé, de Cahuzac
43:10parce que ça passe à la télé, et derrière
43:12on a une force
43:14judiciaire qui s'occupe de ces dossiers-là,
43:16et il y a une multitude de gens
43:18qui attendent des décisions de justice,
43:20des enquêtes
43:22qui n'en finissent pas,
43:24et des incompréhensions, parce qu'au moment où il y a eu
43:26l'affaire Le Pen, il y avait l'affaire du Modem, il y avait l'affaire
43:28de la France Insoumise, tous avaient
43:30des parlementaires qui étaient
43:32utilisés à l'usage de leur parti.
43:34Les gens ne comprennent pas pourquoi ces affaires n'ont pas
43:36avancé conjointement, pourquoi est-ce que
43:38la France Insoumise est toujours en instruction judiciaire,
43:40est toujours pas jugée, pourquoi est-ce que le Modem, il y a eu
43:42des choses disparates,
43:44les gens ne comprennent pas.
43:46Donc en fait, si on veut que la démocratie fonctionne,
43:48il faut que les gens comprennent les actions de justice,
43:50il faut qu'ils comprennent le processus judiciaire,
43:52il faut qu'il y ait une communauté d'objectifs,
43:54il faut que les députés arrêtent de légiférer sur tous les sujets,
43:56tout le temps, en fonction de l'actualité.
43:58Le rôle du Parlement ?
44:00Contrôler, représenter,
44:02légiférer. Malheureusement, comme il a été dit
44:04à l'instant, le seul
44:06élément médiatique, le seul outil médiatique
44:08pour eux, c'est de légiférer. Donc on a, depuis des
44:10années, un empilement de normes
44:12plus qu'excessif,
44:14délirant.
44:16Je sais que chez Eau Conquête, on n'est pas les seuls, mais en tout cas,
44:18c'est un combat important pour nous, pour combattre
44:20cet empilement de normes. Ce qu'il faut voir, en revanche,
44:22vous parlez du délai de refaire une loi,
44:24si on considère que le Parlement,
44:26c'est l'expression de la souveraineté nationale, via un système
44:28représentatif, et bien c'est le peuple
44:30qui, via ses représentants, peut décider
44:32de changer une loi, même s'il a
44:34fait une loi un mois avant. Il a toute la
44:36liberté de le faire, vu que c'est la loi qui est
44:38au sommet de tout, avec
44:40les représentants du peuple. Donc on peut très
44:42bien décider d'offrir une loi. Mais évidemment,
44:44ça peut choquer
44:46de se dire, regardez, il y a un problème là,
44:48on trouve rapidement une solution, alors qu'il y a des problèmes.
44:50On parle d'aménagement du territoire.
44:52Il y a eu des millions de gens dans la rue, par exemple, pour la réforme des retraites.
44:54C'est ce que j'ai voulu dire.
44:56On parle d'aménagement du territoire,
44:58on parle évidemment d'insécurité, on parle d'immigration,
45:00on parle des hôpitaux, du logement, on a l'impression qu'on ne trouve
45:02jamais de solution. Et là, du jour au lendemain, on a l'impression
45:04qu'on peut claquer les doigts et trouver une solution.
45:06Si on considère que
45:08l'exécution immédiate, qui est effectivement prévue
45:10par la loi Sapin 2,
45:12n'est pas une bonne chose,
45:14une bonne disposition...
45:16Si on considère ça, on peut effectivement
45:18revoir la loi. Cela dit, donner le sentiment
45:20qu'on va créer une loi, pour une
45:22personne, pour sauver aujourd'hui Marine
45:24Le Pen, pour contourner
45:26une disposition préexistante,
45:28juste pour quelqu'un, c'est
45:30totalement catastrophique.
45:32Pour la démocratie.
45:34Bien sûr.
45:36Est-ce que ça n'entache pas,
45:38et c'est Marine Le Pen qui le disait dimanche soir,
45:40enfin lundi soir à la télévision, déjà,
45:42quelque part,
45:44celui ou celle qui sera élu en 2027.
45:46C'est une espèce de poids du soupçon,
45:48quoi qu'il arrive, cette affaire.
45:50Enfin, il y a une décision de justice qui est prise.
45:52À un moment donné,
45:54tous ceux qui fragilisent cette décision de justice
45:56vont forcément fragiliser le processus démocratique
45:58qui suit derrière. Moi, je suis
46:00abasourdi quand j'entends le Premier ministre dire,
46:02devant l'Assemblée, devant les représentants du peuple,
46:04je m'exprime en tant que citoyen. Alors lui, je ne comprends pas.
46:06Soit il s'exprime comme maire de Pau,
46:08soit il s'exprime comme citoyen. Il faut que quelqu'un lui explique
46:10qu'il est Premier ministre de la France, et que quand on est Premier ministre
46:12de la France, on défend, on soutient la justice
46:14de son pays. La justice a rendu
46:16une décision de justice,
46:18aujourd'hui, elle sera peut-être
46:20discutée en appel, mais on ne conteste pas,
46:22on ne dit pas qu'on est troublé, on ne jette pas
46:24le trouble et la suspicion sur une décision
46:26de justice dans un état de droit. Donc là, moi,
46:28je pense qu'il est temps que tout le monde se reprenne, moins que
46:30certains, parce qu'ils ont eu aussi des déboires
46:32avec la justice pour les mêmes raisons d'enrichissement
46:34partisans, soient un peu gênés aux entournures,
46:36je le vois bien, je le comprends du côté
46:38de la France insoumise, parfois du côté du MoDem,
46:40mais une fois qu'on est Premier ministre, là, on défend la justice
46:42de son pays et les décisions qui sont prises par elle.
46:44Samuel Lafond. Oui, c'est vrai, quand on entend François Béroud,
46:46on se demande s'il a bien compris qu'il était Premier ministre.
46:48J'ai l'impression qu'il a, mais vraiment, j'en avais parlé déjà ici
46:50sur le plateau de Sud Radio, quand il a décidé
46:52d'aller à Pau, alors qu'il y avait des urgences à gérer au niveau national,
46:54j'avais l'impression de dire, peut-être que tu aimes
46:56ta mairie de Pau, très bien, mais maintenant tu es Premier ministre,
46:58tu as changé de rôle,
47:00c'est un rôle qui est extrêmement important pour les Français,
47:02il faut d'abord gérer ce que tu as à faire
47:04comme Premier ministre. On a l'impression qu'il est nuancé,
47:06seulement quand ça concerne ses petits intérêts,
47:08c'est-à-dire son intérêt immédiat aujourd'hui,
47:10c'est de rester. François Béroud, c'est l'homme qui veut
47:12rester, durer le plus longtemps possible à son poste de Premier ministre
47:14pour ne pas être viré. C'est délirant,
47:16honnêtement, je n'étais pas trop surpris
47:18du taux de son intervention,
47:20mais on peut se poser des questions sur ce qu'il va faire
47:22derrière, parce qu'il a promis la proportionnelle,
47:24il n'arrête pas d'en parler, elle n'arrive jamais,
47:26il parle de différents sujets, on se dit qu'il ne va rien faire
47:28tout le long de son mandat, comme il n'avait rien fait au commissariat
47:30au plan.
47:32Quand on est Premier ministre,
47:34on ne s'exprime pas à titre personnel.
47:36Quand on est Premier ministre, on n'a pas
47:38d'avis personnel. Quand on est Premier ministre,
47:40on ne se pose pas de questions.
47:42Quand on est Premier ministre, quand on est dans l'hémicycle, on s'exprime
47:44en tant que Premier ministre, on respecte la fonction de Premier ministre
47:46qu'on exerce, et donc on défend l'autorité judiciaire.
47:48C'est tout.
47:50Je voulais terminer avec vous quatre également.
47:52Démocratie française exécutée,
47:54état de droit violé, régime
47:56autoritaire, ce sont des termes qui ont été
47:58utilisés depuis 48 heures maintenant
48:00par beaucoup de personnalités politiques
48:02aujourd'hui. Est-ce que vous considérez
48:04que cet axe-là
48:06de sémantique et de
48:08défense est dangereux
48:10aujourd'hui dans l'état actuel des choses ?
48:12Geneviève, je commence par vous. Vous avez la parole.
48:14Oui, absolument, c'est très dangereux.
48:16C'est la stratégie qu'a choisie Marine Le Pen.
48:18Une stratégie de victimisation.
48:20Ce n'est pas une victime,
48:22c'est quelqu'un qui a été déclaré coupable
48:24de détournement de fonds à un
48:26niveau extrêmement élevé.
48:28Et encore une fois, c'est des fonds
48:30publics. C'est des fonds européens
48:32ou c'est des fonds... Ça sort de notre
48:34poche à tous. Je ne veux pas de
48:36populisme, mais les détournements
48:38de fonds de la part d'élus, c'est
48:40quelque chose d'extrêmement
48:42grave. Il faut quand même
48:44revenir aux faits.
48:46Elle est déclarée coupable,
48:48elle n'est pas une victime.
48:50Cette stratégie politique
48:52me semble en outre contre-productive
48:54pour notre démocratie. Et en ce sens,
48:56sa stratégie me semble particulièrement
48:58grave.

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