Officiellement invités par les autorités locales, le président du Rassemblement national Jordan Bardella et la petite-fille de Jean-Marie Le Pen, Marion Maréchal, se sont envolés pour Israël. Ils ont participé à une conférence contre l'antisémitisme à Jérusalem. Une visite qui suscite de vives polémiques, en France comme en Israël. Regardez le sentiment de Louis Aliot, maire RN de Perpignan et premier vice-président du Rassemblement national.
Regardez L'invité de RTL avec Thomas Sotto du 27 mars 2025.
Regardez L'invité de RTL avec Thomas Sotto du 27 mars 2025.
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00:00RTL Matin
00:04Et tout de suite, c'est l'invité de RTL Matin, Thomas, vous recevez aujourd'hui Louis Alliot, le maire de Perpignan, vice-président du Rassemblement National.
00:11Bonjour et bienvenue sur RTL, Louis Alliot.
00:13Bonjour.
00:14Vous êtes à Jérusalem où vous participerez tout à l'heure avec Jordan Bardella mais aussi avec Marion Maréchal à une conférence contre l'antisémitisme
00:20qui réunit des représentants de nombreux partis d'extrême droite européens.
00:24Quel est le but de ce voyage ? Quelle est l'idée, Louis Alliot ?
00:27Vous tournez la page définitivement de Jean-Marie Le Pen, de ses propos négationnistes, de ses condamnations ?
00:31C'est surtout pour parler de la situation en France et en Europe sur l'antisémitisme.
00:36Mais c'est vrai que l'invitation par le gouvernement d'Israël fait que c'est une avancée, je pense, déterminante dans la mutation ou la mue du Rassemblement National.
00:47Pourquoi Marine Le Pen n'est pas du voyage ? Pourquoi elle n'est pas avec vous ?
00:49Écoutez, parce qu'elle le sera très certainement une prochaine fois.
00:53Et que c'est une invitation qui a été faite au groupe des patriotes européens dont Jordan Bardella est le président.
01:00Mais après avoir discuté depuis maintenant 48 heures avec un certain nombre de responsables israéliens,
01:05je pense que ça ne ferait pas le moindre problème que Marine Le Pen vienne en Israël.
01:10Certains s'étranglent, Louis Alliot, vous les entendez, et disent en gros que sans remettre au RN pour lutter contre l'antisémitisme,
01:15ça revient à demander des conseils de santé aux responsables du funérarium.
01:18Est-ce que vous leur répondez à cela, à ce qui ne voilà qu'une manœuvre ?
01:21Que le fonds de commerce qu'ils ont utilisé pendant des décennies est en train de se tarir.
01:27Et qu'aujourd'hui, que ce soit dans les intentions de vote ou dans les votes d'ailleurs,
01:32à l'accueil que nous réservent nos compatriotes juifs en France, ce sujet n'est plus un sujet qui fait peur à beaucoup de monde.
01:42Ça reste un fonds de commerce pour la gauche et l'extrême gauche.
01:45Il n'y a pas que eux, Louis Alliot. Le CRIF a pris ses distances avec votre visite en Israël.
01:48Cette invitation est le fait d'Israël et n'engage pas les institutions juives de France, a dit son président Yonatan Arfi.
01:53Oui, oui, c'est bien ce que je vous dis. La gauche, donc. Le CRIF pour moi est une organisation de gauche.
01:57Vous avez d'autres organisations juives qui ne sont pas du tout sur cet axe-là.
02:02Et encore une fois, comme vous avez Serge Klarsfeld qui, je pense, en matière de symbole est important dans notre pays et dans le monde entier,
02:11je pense que la parole de Serge Klarsfeld est certainement beaucoup plus importante que celle de M. Arfi,
02:17à la tête d'un conseil représentatif qui est aujourd'hui très affaibli.
02:21Est-ce que votre présence aujourd'hui est un soutien à Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, et à sa politique ?
02:26Très honnêtement, non, puisqu'on est venu parler antisémitisme en Europe et qu'on est allé voir quand même les conséquences des massacres du 7 octobre.
02:37Mais il n'en reste pas moins que c'est un gouvernement dans un pays démocratique et qu'on écoute ce que ses dirigeants ont à nous dire.
02:46Et on peut constater par nous-mêmes, je vais dire sur place, quelle est la situation et les difficultés du contexte et malheureusement la tragédie de ce conflit qui dure maintenant depuis très très longtemps.
02:57Mais vous, à titre personnel, vous soutenez sa politique à Netanyahou ?
03:00Moi je soutiens le droit pour Israël à se défendre.
03:03Il y en a une qui ne croit pas du tout à la dédiabolisation, comme on dit, c'est Elisabeth Borne.
03:06Je vais vous lire ce qu'elle écrivait dans son livre, 20 mois à Matignon.
03:09Le Rassemblement National s'applique désormais à se présenter paradoxalement comme le meilleur défenseur des juifs.
03:14Il ne fait que hiérarchiser l'urgence de ces combats. Dans un premier temps, il s'en prend aux musulmans.
03:18Quand la besogne sera achevée, il s'en prendra de nouveau aux juifs.
03:21Qu'est-ce que vous lui répondez à l'ancienne Première Ministre ?
03:23Quel est l'idiote utile de l'islamisme radical ?
03:26C'est avec des gens comme elle que l'islamisme radical progresse partout,
03:29parce qu'elle tente de faire croire que nous dissimulerions donc des combats inavoués,
03:36alors que nous avons été totalement clairs dans notre approche concernant la lutte contre l'antisémitisme
03:43et la lutte contre l'islamisme radical, et d'ailleurs la dénonciation de l'extrême-gauche qui est complice de cet islamisme radical.
03:50Madame Borne se trompe, mais ça ne m'étonne pas.
03:52Elle s'est trompée au gouvernement, et elle s'est toujours trompée dans son combat politique, et elle continue à le faire.
03:57Elle a gardé son ADN de socialiste sectaire, c'est dommage, mais c'est comme ça.
04:03Vous accusez souvent ORN, la France Insoumise, d'instrumentaliser le combat des palestiniens pour séduire l'électorat musulman ici en France.
04:09Est-ce que vous êtes en train de faire la même chose avec l'antisémitisme, Louis Alliot ?
04:12Non, évidemment que non.
04:14Le soutien à la lutte palestinienne, c'est une forme du soutien qu'ils apportent à l'islamisme,
04:21mais on voit bien aujourd'hui qu'ils sont au soutien...
04:23À l'islamisme ?
04:24Oui, oui, à l'islamisme.
04:25On voit bien qu'ils sont au soutien du port du voile un peu partout,
04:29et que chaque fois qu'il faudrait défendre la laïcité et la république,
04:33ils sont du côté du fait religieux, et notamment de la présence de l'islam radical dans un certain nombre de secteurs de la politique publique,
04:40pourtant qu'il faudrait contester et qu'il faudrait combattre.
04:43Louis Alliot, je le disais, il y a Jordan Bardella qui est là avec vous, il y a également Marion Maréchal.
04:47Est-ce que sa présence a un sens ? Est-ce que ça y est, elle est rentrée au Bercaï, Marion Maréchal ?
04:51Écoutez, Marion Maréchal fait partie d'un autre groupe au Parlement européen,
04:55le groupe des conservateurs avec Madame Mélanie en Italie,
04:58et c'est à ce titre qu'elle a été invitée.
05:00Mais Marion, à sa place, je crois, partout dans le combat démocratique...
05:05Vous souhaitez qu'elle revienne au RN avec vous ou pas ?
05:07Non, ça c'est encore autre chose, et ne le demandez pas,
05:11et il n'y a pas non plus de volonté du Rassemblement National de l'associer pour l'instant.
05:16Voilà, on verra bien la suite.
05:18Alors vous allez rentrer en France ce soir, après cette conférence,
05:20à la veille d'une semaine qui s'annonce très intense,
05:22puisque lundi, Marine Le Pen saura si elle est condamnée dans l'affaire des assistants parlementaires du FN,
05:27au Parlement européen, et surtout peut-être si elle est immédiatement inéligible.
05:30Si c'est le cas, il se passera quoi, Louis Alliot ?
05:32Écoutez, il se passera quoi ? On est un mouvement démocratique,
05:36on réunira le bureau exécutif et le bureau politique et on discutera de la situation.
05:40Mais dans tous les cas de figure, ce sera une condamnation politique symbolique
05:45et nous la contesterons par toutes les formes et notamment en faisant appel de la décision.
05:51On sait que gouverner, c'est prévoir. J'imagine que vous avez envisagé toutes les hypothèses.
05:55Jordan Bardella est-il aujourd'hui le dauphin naturel au RN ?
05:59Écoutez, il est le président du Rassemblement National et...
06:01Ça ne m'avait pas échappé.
06:03Mais est-il le dauphin naturel ?
06:05À mon avis, oui, mais ça reste que mon avis.
06:08Il faudra que les instances du Rassemblement National le reprécisent par la suite.
06:12Mais à mon avis, évidemment, oui.
06:14Mais encore une fois, la question ne se pose pas.
06:16Car je rappelle que la présidentielle est lée dans deux ans.
06:18C'est encore long le chemin jusqu'à la présidentielle et il va se passer encore beaucoup de choses.
06:23Si il y a cinq ans d'inéligibilité comme a demandé le parquet,
06:26ça compliquera évidemment les choses pour Marine Le Pen.
06:28On saura ça lundi soir.
06:29Vous aussi, vous êtes prévenu dans cette affaire, Louis Alliot.
06:31Si vous êtes condamné, vous devrez quitter la mairie de Perpignan également ?
06:34Oui, on fera payer aux Perpignanais les conséquences d'une affaire qui n'a rien à voir avec la mairie de Perpignan.
06:39Mais très honnêtement, je ne vois pas comment je pourrais être condamné à de l'exécution provisoire
06:44pour être dans le dossier dit des assistants parlementaires,
06:47le plus petit cas en importance, en durée et en montant.
06:53Votre projet à vous, c'est de vous représenter à la mairie de Perpignan dans un an ?
06:55Écoutez, il y a un sondage de l'IFOP qui vient de sortir en me créditant de 70% de bonnes opinions de Perpignanais me concernant.
07:01Donc, évidemment, je serai candidat au renouvellement de mon mandat.
07:05Alors, il y a l'actualité judiciaire mais aussi l'actualité politique.
07:07Et François Bayrou dans tout ça, Louis Alliot, quelle espérance de vie accordez-vous désormais au gouvernement de François Bayrou ?
07:13Écoutez, très honnêtement, on regarde ça aujourd'hui avec inquiétude
07:17parce qu'on ne peut pas dire qu'il soit très dynamique dans sa politique.
07:22Et il est dans une forme d'immobilisme qui, quand même, inquiète beaucoup.
07:26Donc, on regarde ça et surtout, par rapport aux retraites, les propos qu'il a eus,
07:32qui ne sont pas de nature à rassembler la France et les Français.
07:35Et puis sur l'énergie, toujours l'énergie.
07:37On voit bien que les mesures qu'il tente d'en mettre en place pour l'avenir,
07:41contribueront à augmenter encore la facture des Français.
07:44Et ça, c'est inadmissible.
07:46C'est un argument qu'on entendait déjà au moment de faire tomber Michel Barnier.
07:48Pour être clair, est-ce que ces deux sujets, le niais de François Bayrou au retour aux 62 ans pour l'âge légal de la retraite
07:53et ce sujet sur l'énergie, sont deux sujets sur lesquels vous êtes susceptible d'appuyer sur le bouton motion de censure, oui ou non ?
07:59Écoutez, je ne siège pas au palais Bourbon.
08:01Ça ne m'a pas échappé.
08:02Je suis le premier vice-président du parti.
08:04Mais je pense qu'ils sont, ou ils seraient de nature effectivement, à censurer ce gouvernement
08:09qui manifestement fait peu cas de ce que pensent les Français
08:12et surtout de ce que pense le premier parti d'opposition dans cette Assemblée Nationale.
08:16Dernier point, il y a un sommet, une coalition des volontaires, comme on dit autour d'Emmanuel Macron aujourd'hui.
08:20Est-ce que vous soutenez les efforts du chef de l'État sur le dossier ukrainien Louis Elio ?
08:24On peut soutenir les efforts pour obtenir la paix.
08:27Pour l'instant, c'est Donald Trump qui est à la manœuvre et l'Europe qui est à la peine.
08:32L'Europe est très divisée puisque vous avez vu que Mme Mélanie et quelques autres
08:35ne sont pas sur la même longueur d'onde que le président Macron.
08:39Il faut tout faire pour la paix.
08:41Il y a beaucoup de jeunes gens qui meurent.
08:43Cette guerre a trop duré et dure trop.
08:45Et il faut d'abord, un, se rappeler que l'agresseur est russe.
08:48Deux, tout faire pour obtenir ce plan de paix
08:51et peut-être appuyer aussi ce que fait Donald Trump pour obtenir ce plan de paix.
08:56Est-ce que la France doit participer à l'envoi d'une force de dissuasion sur place ?
08:59Je ne sais pas ce que veut dire une force de dissuasion.
09:01Il y a un droit international, il peut y avoir des forces d'interposition
09:04mais des forces de dissuasion, je ne sais pas ce que ça veut dire.
09:07C'est un peu clair quand même.
09:08C'est envoyer des troupes pour empêcher les Russes de continuer le combat
09:11sans les mettre en première ligne.
09:13Tout ce qui fera que la France peut être engagée sur le front en Ukraine
09:17n'a pas l'assentiment des Français et donc je pense que ce n'est pas de bonne politique.
09:20Vous soutenez Benyamin Netanyahou quand il montre les muscles
09:23mais vous tremblez quand on montre les nôtres ?
09:25Pas du tout. Le problème c'est qu'on n'a pas les moyens de les montrer.
09:27Il y a la parole de M. Macron et puis qu'est-ce qu'on met dans cette politique-là ?
09:32Quelle armée avons-nous ? Combien d'hommes ? Combien de matériel militaire ?
09:35Avons-nous même les moyens financiers de mettre à disposition un certain nombre d'équipements ?
09:40Même pas. Donc M. Macron encore une fois fait de la communication
09:43mais c'est de la communication qui est appuyée sur du vent et il est là le problème.
09:48Si on avait un pays prospère avec une grande armée, on pourrait peut-être essayer de le faire
09:52mais là même pas.