• il y a 4 jours
Avec le lancement réussi d’Ariane 6, l’Europe est-elle en train de renouer avec sa capacité de puissance autonome ? C’est en tout cas ce qu’il faut espérer si elle veut rester maître de son destin spatial. Une souveraineté qui doit passer par la maîtrise de toute la chaîne de valeur. On en parle avec Stéfano Pezzana, le directeur programme d’Aldoria, qui développe son propre catalogue de données sur l’environnement spatial.

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Transcription
00:00Bonjour Stéphano Pizzana, merci beaucoup d'être avec nous.
00:07Vous êtes directeur de programme chez Aldoria, une start-up qui s'est fixée la mission d'améliorer la surveillance de l'espace pour éviter les collisions de satellites.
00:16Déjà, expliquez-nous comment vous faites ça ?
00:19Alors, Aldoria, justement, comme vous l'avez dit, c'est une start-up qui a été fondée en 2017.
00:24Nous opérons un réseau de télescopes optiques qui sont distribués un peu sur toute la planète, en Europe, en Amérique du Sud et en Australie principalement, pour le moment.
00:36Et ces télescopes, ils surveillent en permanence la boue de Céleste et détectent tout objet qui passe sur différents régimes orbitaux,
00:47que ce soit des orbites basses, comme les satellites Starlink, pour ceux qui connaissent, ou les orbites géostationnaires qui sont jusqu'à 36 000 km de la Terre.
00:57Et alors, vous couvrez l'ensemble des continents ?
01:01On couvre toute la voûte Céleste, tous les ciels autour de la Terre, et justement, pour pouvoir couvrir toute la voûte Céleste,
01:07il faut que les télescopes soient distribués un peu sur tous les continents pour avoir une visibilité totale à partir de n'importe quel point de la Terre,
01:16pour ne pas avoir d'angle mort.
01:18Vous avez évité combien de collisions ?
01:20Pour le moment, on n'a pas encore des chiffres consolidés, mais disons que les rapproches entre satellites et entre objets aussi se font de plus en plus fréquentes
01:30au vu de l'augmentation exponentielle des objets en orbite.
01:35Et du coup, les messages d'alerte et les suggestions de manœuvres vont aussi augmenter de façon proportionnelle au nombre d'objets en orbite.
01:44Pour nous donner une idée, un ordre de grandeur, c'est combien de collisions à anticiper par mois par exemple ?
01:51Disons une centaine, c'est non négligeable.
01:57Non négligeable. Je voulais aussi vous interroger sur l'Europe et la souveraineté spatiale.
02:02C'est une thématique qu'on va beaucoup développer ces prochaines semaines dans Smartech, la question de l'indépendance technologique.
02:08Dans l'espace, qu'en est-il aujourd'hui de notre dépendance des technologies américaines, chinoises ?
02:14Aujourd'hui, disons que la très bonne nouvelle qu'on a eue il y a deux semaines, c'est le lancement d'Ariane 6, le premier lancement commercial d'Ariane 6.
02:26C'était un vrai plaisir de revoir une fusée Ariane voler depuis un petit moment qu'elle était à l'arrêt en attendant le passage d'Ariane 5 et Ariane 6.
02:37Ça, c'était un enjeu majeur pour récupérer une indépendance technologique et stratégique, surtout très importante sur toute la chaîne de valeur.
02:46Parce que si vous voulez maîtriser toute la chaîne de valeur de l'espace, vous devez avoir des champions et des entreprises qui conçoivent et fabriquent des satellites et des systèmes pour les envoyer en orbite.
02:59Il faut les moyens pour pouvoir les envoyer en orbite. Et ça, c'est ce qui manquait un peu.
03:03Ce qui manquait, c'était un lanceur lourd qui puisse envoyer des charges très importantes en orbite, qui est la fusée Ariane.
03:12Et là, on était un peu dépendant de la société SpaceX américaine.
03:16Il faut après des opérateurs qui opèrent tout ça, côté civil et côté militaire.
03:23Et c'est là où les segments se positionnent derrière.
03:26Il faut avoir des systèmes de surveillance, il faut monitorer, il faut protéger et il faut vérifier que tout se passe bien une fois que les engins sont en orbite.
03:36Du coup, je dis malheureusement, entre guillemets, on n'est pas encore complètement indépendant parce qu'il y a une assez forte dépendance des technologies extra-européennes, notamment américaines.
03:48Mais notamment avec la remise en route des fusées Ariane avec Aliens 6, on commence à regagner l'indépendance qu'il nous faut.
03:58Est-ce que vous avez dit un petit peu dépendant de Starlink ? Je pense que c'est une façon de parler.
04:04Mais à quel point vous pensez que c'est problématique aujourd'hui cette dépendance à SpaceX ?
04:09C'est problématique dans le sens qu'il ne faut pas oublier aussi que SpaceX, à la base, c'est une société privée qui dépend un peu des décisions prises par son PDG et par ses propriétaires.
04:28Quand il s'agit de services commerciaux, pourquoi pas ? Je ne vois pas trop le problème.
04:34Mais quand il s'agit de services où une souveraineté ou des enjeux étatiques sont prioritaires,
04:42être dépendant d'une société étrangère privée pourrait poser quelques soucis au cas où il y ait des événements majeurs pour lesquels il faudrait prendre des décisions à un niveau politique et étatique.
05:00La coopération est très bien, mais il faut savoir aussi être indépendant et autonome quand il faut.
05:10Vous nous dites qu'avec Ariane 6, on reprend un peu la main sur ce secteur spatial en Europe.
05:18C'est que le début du chemin, j'ai bien compris.
05:20Merci beaucoup Stéphano Pezzana d'avoir été avec nous et de nous apporter votre éclairage.
05:24Je rappelle que vous êtes le directeur programme chez Aldoria.
05:27Merci beaucoup.
05:28Merci encore. Nous, on continue notre discussion, on va parler de la consommation énergétique de l'IA.

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