• avant-hier
Avec Thierry Baillet, , Anthony Rispal, Nicolas Chabanne, Françoise Roch, Françoise Dirate, David Aubrée, Pierrick Horel, Frédéric Denhez, Éric de La Chesnais et Stéphane Layani

Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

---

🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

---

🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr

##LA_VERITE_EN_FACE-2025-02-23##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00En direct du salon international de l'agriculture, depuis le stand de la coopération agricole, agriculture et territoire, Jean-Marie Bordry.
00:11L'agriculture, les territoires et la transmission entre les générations. On va parler d'agriculture au moins jusqu'à 11h sur Sud Radio.
00:17On est toujours dans le hall 4 en direct du stand de la coopération agricole. Alors bienvenue à vous si vous nous rejoignez.
00:23On est ravis de vous accompagner, on est ravis de faire la fête de l'agriculture toute la semaine d'ailleurs.
00:27Sud Radio il sera, Patrick Roger il sera, Cécile de Ménibus sera là aussi, Jean-Jacques Bourdin sera là.
00:33Toute la famille de Sud Radio va passer un moment ou un autre dans cette plus grande ferme du monde où vous êtes des centaines de milliers à être attendus pour venir célébrer nos agriculteurs.
00:42Tout de suite, tiens, on va parler de deux générations différentes.
00:45Agriculture et territoire, Jean-Marie Bordry.
00:49On avait décidé de parler de l'agriculture loin des clichés parce que Dieu sait s'il y en a quand on n'est pas agriculteur.
00:54Et c'est pour ça qu'on était ravis et qu'on est toujours ravis d'accueillir Thierry Bayer.
00:58Bonjour, bienvenue sur Sud Radio. Alors votre métier, vous, polyculteur, éleveur, vous avez une pension de chevaux ?
01:04Oui, tout à fait.
01:05Vous êtes à Los Angoel, est-ce que je l'ai bien prononcé ?
01:07Los Angoel, oui, tout à fait.
01:09Dans les Hauts-de-France, exploitation de 150 hectares avec votre épouse et votre fils.
01:13Vous faites aussi des pommes de terre, des betteraves, des carottes, du blé, des pois cultivés en partie bio.
01:20Vous êtes par ailleurs YouTuber ?
01:22Oui.
01:23Thierry, agriculteur d'aujourd'hui.
01:25Vous avez plus de 110 000 abonnés où vous racontez votre quotidien.
01:28Pourquoi vous avez eu ce déclic ? Vous allez nous le raconter.
01:30Mais j'ai dit, on est deux générations ici.
01:32On a un champion qu'on avait promis que vous viendriez.
01:35On est très content que vous soyez là.
01:36Moi aussi je suis très content.
01:37Bienvenue.
01:38Anthony Rispal, mesdames et messieurs, c'est le meilleur jeune berger de France 2025 quand même.
01:42Bravo à vous.
01:43Rapprochez-vous du micro.
01:45N'ayez pas peur.
01:46Franchement, vous avez remporté ce tournoi.
01:48C'était les Olympiades hier.
01:49Voilà, hier, oui.
01:50Vous êtes d'où ?
01:51Je suis du Nord-Cantal, après mon lycée dans la région Occitanie.
01:55C'est ma première participation.
01:57C'est votre première participation.
01:58Vous arrivez, vous faites mouche, comme ça, tranquille, normal.
02:01Qu'est-ce qui fait que vous avez gagné ?
02:03Je ne sais pas.
02:04D'être sûrement premier devant tout le monde.
02:06Mais je ne voyais pas du tout la victoire.
02:08Vous n'y attendiez pas ?
02:09Non, pas du tout.
02:10Et vous avez remporté les épreuves, petit à petit.
02:12Il y en avait beaucoup des épreuves, on peut rappeler les Olympiades.
02:14C'est technique ?
02:15C'est assez technique, oui.
02:16Il y a surtout de la théorie et beaucoup de pratiques après derrière.
02:18La théorie tient question.
02:19La plus piège que vous ayez eu, c'était quoi ?
02:21Je ne sais plus.
02:23La largeur d'un couloir d'alimentation en brebis minimum.
02:25Et c'est quoi, du coup, la largeur d'un couloir d'alimentation ?
02:28Je crois que c'était 3 m.
02:293 m, exactement.
02:30Pas sûr.
02:31C'est technique.
02:32C'est quand même très concret.
02:33Bon, manifestement, vous en êtes bien sorti puisque vous avez gagné.
02:35Comment s'appelle votre chien ?
02:36Parce que si vous êtes berger, j'imagine que vous avez un chien de berger.
02:38Non, je n'ai pas de chien de berger.
02:39Vous n'avez pas de chien.
02:40Vous avez fait comment, alors ?
02:41Non, c'est des épreuves où on doit faire poser d'agneau, tri de brebis.
02:44Oui.
02:45Il n'y a pas de chien.
02:46Et chez vous, dans le Nord-Cantal, en tout cas, vous n'en avez pas.
02:48Vous n'en avez pas besoin.
02:49Non, on ne travaille pas avec des chiens.
02:50J'ai dit agriculture, loin des clichés.
02:51Vous voyez, moi-même, j'en ai.
02:52Donc, on est là pour se guérir, précisément.
02:54Vous avez quel âge ?
02:55J'ai 20 ans.
02:5620 ans.
02:57Vous vous lancez.
02:58Oui.
02:59Avec enthousiasme, en tout cas.
03:00Qu'est-ce qu'on peut dire à un jeune de 20 ans, Thierry Baillet, qui vient de décrocher
03:04un titre pareil et qui débute tout de suite sa carrière ?
03:07C'est très bien.
03:08Voilà.
03:09Il a montré aussi, expliqué que c'était un métier technique.
03:12Ça, il ne faut pas l'oublier.
03:13Ce n'est pas non plus… On n'acquiert pas ça.
03:15Voilà.
03:16C'est beaucoup de temps, j'imagine.
03:17C'est beaucoup de travail.
03:18Oui.
03:19Ça fait trois ans que je suis dans la filière Rovin.
03:20Et pour autant, voilà, tout le monde peut aussi s'y mettre.
03:23Et c'est des métiers qui sont super agréables et que les jeunes aiment bien parce qu'il
03:26y a un vrai sens dans nos métiers agricoles.
03:28Oui.
03:29Surtout d'avoir ce concours.
03:30Je trouve que c'est vachement enrichissant.
03:32Vous allez rentrer quand dans le Nord-Cantal ?
03:34Normalement, ce soir.
03:35Ce soir.
03:36Il y a une fête qui est prévue ?
03:37Oui, normalement.
03:38Avec tout le monde.
03:39Le lycée, j'imagine, la famille, les amis, les proches.
03:41Bon, on a deux générations ici, sur le plateau de Sud Radio, dans le centre de la coopération
03:44agricole.
03:45On a aussi deux régions, l'Eau-de-France et le Nord-Cantal.
03:48Et pourtant, vous parlez le même langage, Thierry Baillet ?
03:50Oui, oui, on parle le même langage, mais on a des agriculteurs qui sont complètement
03:53différentes.
03:54À travers la France, on a la chance d'avoir des terroirs.
03:56C'est le seul pays au monde où on parle de terroir.
03:58Et voilà, de montrer qu'il y a beaucoup de choses à apprendre quand on va voir d'autres
04:03agriculteurs.
04:04Parce que je ne connais pas du tout son métier.
04:05J'imagine que vous ne connaissez pas forcément le mien.
04:07C'est ça.
04:08Parfois, de se rencontrer, c'est génial aussi.
04:09Exactement.
04:10Et pourtant, vous avez la même passion, notamment pour la terre, celle qui fait vivre votre
04:13production, qui vous fait vivre donc.
04:15Moi, je suis content que vous soyez en plus avec notre invité qui est avec nous, Anthony
04:19Rispal.
04:20Parce que dans votre parcours, j'ai un peu lu, je me suis documenté sur vous.
04:23Il y a une anecdote qui m'a fait mal au cœur.
04:25Vous racontiez votre fils, Thierry, lui, il était parfois l'objet de moqueries parce
04:30que son père était agriculteur.
04:31C'était un de vos déclics.
04:32Oui, ça a été un déclic parce que retrouver son gamin qui a été harcelé à l'école
04:36parce qu'il était fils d'agriculteur, ça fait mal aux tripes.
04:39Et de se dire, tiens, pourquoi on a cette réaction-là ?
04:43Bon, alors, il y avait dire je vais réagir et puis aller casser la gueule des gamins.
04:47Mais je ne pense pas que ce soit une solution.
04:49On passe tous par là.
04:50Puis après, on se retient parce que ça ne sert à rien.
04:52Ça ne sert à rien.
04:53Mais de dire, je vais expliquer mon métier tout simplement en montrant la réalité.
04:57Et c'est là où j'ai démarré sur YouTube.
04:59À l'époque, il n'y avait pas beaucoup de monde qui faisait ça.
05:02Et quelque part, de dire, on a un métier qui est responsable et on le vit dans un cadre
05:08extraordinaire.
05:09Et ça fonctionne très bien.
05:10On a énormément de monde qui nous regarde sur les réseaux.
05:12Et puis, on a un métier moderne aussi.
05:14Alors, si vous avez 116 000 abonnés, j'espère que vous en aurez encore plus bientôt sur
05:18Sud Radio.
05:19Grâce aussi, après votre passage sur Sud Radio, c'est que ça attire.
05:22Justement, vous, vous avez été l'objet de moqueries ou pas ?
05:25Non, jamais, non.
05:26Après, au niveau du Cantal, il y a vachement d'éleveurs.
05:28Et toujours, j'ai toujours été dans des classes avec des fils d'éleveurs.
05:30C'est plus dangereux de se moquer des agriculteurs dans le Cantal, parce que globalement, la
05:33moitié des gens que vous croisez, ils le sont, non ?
05:35Voilà, tous les copains, c'est des fils d'agriculteurs, oui.
05:39Donc, forcément, qu'ils connaissent mieux le métier, qu'ils voient la réalité.
05:42Alors que nous, moi, je suis dans le bassin minier, zone plus urbaine.
05:45Et les gens ne connaissent pas la réalité de notre métier, quoi.
05:47Et c'est d'autant plus cruel ce que vous racontez, Thierry, que concrètement, en France,
05:51on a tous été à l'école, on a tous eu les mêmes bouquins d'histoire.
05:54On est au moins 98 ou 99 % à descendre d'au moins un agriculteur.
05:59On était tous du tiers d'Etat, à l'origine.
06:01Oui, oui, on vient de ce monde-là.
06:04Malheureusement, les relations se sont perdues.
06:06Il y a des gens qui ont plus de grands-pères, de grands-tons que l'agriculteur.
06:09Moi, c'est pour ça que j'ai développé aussi l'application DanslesBot.fr
06:12pour pouvoir justement faire revenir les gens dans les fermes
06:14et découvrir ce que c'est que l'agriculture.
06:16Parce qu'on ne sait plus ce qu'on mange aujourd'hui.
06:17Exactement, on ne sait plus d'où ça vient.
06:19On a l'impression qu'on achète un produit, qu'on le prend dans un rayon
06:22et que ça vient d'une industrie.
06:23Il y a des gamins qui ne savent pas qu'une brique de lait, ça vient forcément d'une vache.
06:26Et pour eux, presque. On n'est pas américains, quand même, on est français.
06:30Oui, mais je pense que dans certains coins, on peut se poser la question.
06:34Vous êtes d'accord ou pas, Anthony Rispal ?
06:35Oui, je pense qu'il y a certaines personnes qui ne connaissent pas le métier du tout.
06:40Alors, comment vous faites, vous, meilleur berger de France, pour le transmettre et l'expliquer, ce métier ?
06:45Pour l'instant, je n'ai jamais eu l'opportunité de l'expliquer.
06:49Vous n'avez plus le choix, vous êtes champion maintenant.
06:51Il faudra lui ouvrir ses réseaux sociaux et puis l'expliquer,
06:54montrer comment il fait pour donner envie à d'autres de le faire.
06:57Oui, exactement.
06:58Le plus simple, c'est de montrer comment on fait.
07:02De montrer justement la réalité du travail.
07:04Qu'est-ce que vous dites aux jeunes qui voudraient se lancer ?
07:06De se lancer, d'y aller.
07:08Et pourquoi ?
07:09Parce que moi, je trouve que c'est une super filière, c'est un super beau boulot.
07:13Après, moi, c'est aussi une passion.
07:15Ça s'entend, je pense. On ne devient pas champion sans passion, ça paraît difficile.
07:19Oui, c'est des métiers de passion, mais qui ont aussi beaucoup de sens
07:22et qui plaisent à ces jeunes générations qui en cherchent, justement, du sens.
07:25Alors, les clichés sur l'agriculture, on en parle avec vous, notamment Thierry Bayer,
07:29je le rappelle, chaîne YouTube.
07:31Thierry, agriculteur d'aujourd'hui.
07:33Qu'est-ce qu'il faut abandonner comme cliché débile sur l'agriculture ?
07:38Il y en a des quantités.
07:39Je pense que chacun, en fonction du vécu qu'il peut avoir, en a.
07:44Mais c'est vrai que, pour moi, le meilleur moyen,
07:46c'est de rencontrer, d'aller voir des agriculteurs et d'aller discuter,
07:48d'aller leur poser des questions.
07:50C'est tout simple.
07:51On en parlait là juste avant.
07:52Les questions du grand public sont souvent très simples.
07:55Pourquoi vous mettez de l'eau pour arroser ?
07:57Pourquoi vous arrosez vos poireaux ?
08:00La réponse paraît évidente, pourtant.
08:02Mais ils posent quand même la question.
08:04Donc voilà, c'est des choses.
08:05Et si on ne leur explique pas ce qu'on fait, pourquoi on sort avec un tonneau à traiter,
08:09pourquoi on soigne nos plantes, on soigne nos animaux,
08:13pourquoi on les surveille, comment on les cajole et comment on s'en occupe,
08:18pourquoi le loup, c'est compliqué dans certaines régions et on a du mal à cohabiter avec,
08:24il faut arriver à le faire comprendre.
08:26Parce que sinon, le grand public dit, pourtant c'est naturel.
08:29Mais la nature n'est pas aussi évidente que ça.
08:31Et la nature est parfois cruelle aussi.
08:33Vous êtes tous bien placés pour le savoir.
08:34Vous avez des problèmes avec le loup dans le Cantal ou pas dans le Nord-Cantal ?
08:36Oui, on est en zone de présence.
08:39Exactement, ça veut dire qu'il y a eu des attaques ou pas ?
08:41Il y a eu des attaques, oui.
08:42Chez vous, par exemple, ou des gens que vous connaissez ?
08:45Oui, plus haut dans les montagnes, oui.
08:46Effectivement, avec beaucoup de dégâts.
08:48En plus, on est sur une zone plutôt montagneuse.
08:50Et ça, ça vous inquiète ?
08:52Oui, parce que moi, en étant jeune et dans le futur, c'est sûr que j'y serai confronté.
08:56On est sur Sud Radio, on se parle tous.
08:58Vous avez des gens de la ville qui vous écoutent, des gens de la campagne,
09:00des gens de la banlieue, des gens de la zone périurbaine.
09:02Qu'est-ce que vous dites à ceux qui ne comprennent pas que les éleveurs,
09:05par exemple les bergers, soient hostiles aux loups ?
09:09Parce que déjà, c'est nos animaux, on les aime.
09:12Et ça fait quand même une grosse perte de perdre des animaux.
09:15Après, il a été éradiqué, il est revenu.
09:17Mais je pense qu'il va falloir qu'on vive avec et qu'on sera obligé.
09:20Oui, effectivement.
09:21Puis d'ailleurs, c'est possible de vivre avec le retour du loup, ou pas pour vous ?
09:26Oui, je pense.
09:27De toute façon, on sera obligé, je pense, fièrement.
09:29C'est ce qui a continué en Italie pendant des décennies, d'ailleurs, c'est vrai.
09:32Après, il faut prendre les moyens et donner les moyens aux éleveurs
09:34de pouvoir le gérer, de pouvoir le contrôler.
09:38Oui, voilà, de pouvoir au moins se défendre.
09:40Au moins se protéger.
09:41Bon, vous n'avez pas ce problème encore dans les Hauts-de-France ?
09:44Non, mais par contre, on voit le sanglier parfois qui approche aussi les villes.
09:47Alors nous, on n'en a pas encore tellement dans notre secteur.
09:49Mais c'est là où on se rend compte que les animaux sauvages, a priori,
09:52peuvent devenir gênants aussi, même dans des jardins maintenant,
09:55parce qu'ils se rapprochent de plus en plus.
09:56Nous, ça fait des dégâts énormes.
09:57Et on se rend compte que vouloir sauvegarder, j'allais dire,
10:01sans réfléchir tout animal qui peut être nuisible pour nous.
10:06Voilà, on a les problèmes de confinement avec les volailles,
10:08les problèmes de maladie.
10:10Ça montre que notre métier, il est compliqué.
10:12Il n'est pas toujours facile.
10:14Et on doit composer avec la nature, avec le vivant.
10:16Alors si quelqu'un vient au Salon de l'agriculture cette semaine,
10:19ce sera ma dernière question Thierry Baillet,
10:21pour découvrir pour la première fois l'agriculture,
10:24le monde de l'agriculture,
10:25qu'est-ce que vous voulez en premier qu'il retienne ?
10:28Qu'il aille voir un éleveur ou un producteur,
10:30puis qu'il aille discuter avec pour poser ses questions.
10:32Je pense que ce serait le meilleur moyen pour lui de découvrir réellement
10:35et d'avoir une réponse à ses questions.
10:36Il ne faut pas hésiter, il y a plein d'éleveurs,
10:38il y a plein d'agriculteurs ici ou de personnes qui peuvent, voilà.
10:41N'hésitez pas à aller voir les gens et puis discuter avec.
10:43Vous, vous êtes là toute la semaine ?
10:44Moi, je suis là toute la semaine.
10:45Où est-ce qu'on vous trouve ?
10:46Alors moi, je suis au stand du CoFarming,
10:48et puis aussi à Pro une partie du temps,
10:51puis après à droite, à gauche,
10:52et on peut me retrouver aussi sur DanslesBottes.fr
10:55pour retrouver aussi d'autres agriculteurs
10:57pour discuter à côté de chez vous, pourquoi pas.
10:59DanslesBottes.fr, et puis la chaîne YouTube Thierry Agriculteur d'aujourd'hui.
11:04Merci de passer sur Sud Radio.
11:06Merci à vous de m'avoir accueilli.
11:08Bon retour à vous aussi, Anthony Rispal.
11:10Encore bravo.
11:11Merci.
11:12Meilleur jeune berger de France 2025.
11:14Vous rentrez où ce soir ?
11:15À la maison.
11:16C'est où la maison ?
11:17Dans le Lot, je pense, pour l'instant.
11:19Dans le Lot, vous y allez tranquillement, et ensuite le Cantal.
11:21Et après le Cantal.
11:22C'est bien, comme ça, ça fait plusieurs fêtes.
11:24On va dire ça.
11:25Allez, restez avec nous.
11:26On va se retrouver dans quelques instants.
11:28Comment le consommateur peut aider nos agriculteurs ?
11:30Comment il faut qu'on regarde ce qu'on achète
11:33et qu'on achète responsable
11:35pour que ça profite à nos agriculteurs ?
11:37On va en parler avec Nicolas Chaban,
11:39notamment qui est entrepreneur, fondateur de la marque de lait.
11:41Vous l'avez vu, la brique de lait.
11:42C'est qui le patron ?
11:43Ça s'appelle, on en parle dans un instant.
11:45Agriculture et territoire.
11:47Jean-Marie Bordry.
11:49En direct du Salon international de l'agriculture,
11:52depuis le stand de la coopération agricole.
11:56En direct du Salon international de l'agriculture,
11:59depuis le stand de la coopération agricole.
12:02Agriculture et territoire.
12:04Jean-Marie Bordry.
12:06On est là jusqu'à midi sur Sud Radio,
12:08dans le hall 4 précisément du Salon de l'agriculture,
12:11porte de Versailles à Paris.
12:13C'est la plus grande ferme du monde.
12:14On va parler de l'agriculture.
12:16On va parler aussi du rôle des consommateurs.
12:18Comment les consommateurs peuvent aider nos agriculteurs ?
12:22Et tout de suite, on va parler d'une brique de lait.
12:25Agriculture et territoire.
12:27Jean-Marie Bordry.
12:28Une brique de lait qu'on commence à connaître.
12:30Elle est bleue.
12:31Il y a marqué ce lait rémunère au juste prix.
12:34Son producteur.
12:35Le nom de la marque, c'est...
12:36C'est qui le patron ?
12:37Marque créée par notre nouvel invité Nicolas Chaban.
12:39Bonjour.
12:40Bonjour.
12:41Bienvenue sur Sud Radio.
12:42Merci.
12:43Vous avez longuement parlé au président de la République hier,
12:45dans le Salon de l'agriculture, Emmanuel Macron.
12:47Vous allez nous raconter vos échanges,
12:49ce que vous vous êtes dit.
12:50Vous n'êtes pas venu seul, vous êtes venu avec un producteur.
12:52Ce producteur, c'est Régis Magui.
12:54Bonjour.
12:55Bonjour.
12:56Bienvenue sur Sud Radio.
12:57Merci de votre invitation.
12:58Bienvenue chez vous.
12:59On est sur le stand de la coopération agricole.
13:01On est aussi dans le Salon de l'agriculture.
13:03C'est plus vous qui nous accueillez que le contraire.
13:05Vous êtes producteur de C'est qui le patron ?
13:07Producteur de lait dans le Ménéloir, précisément.
13:09Vous avez une histoire particulière.
13:11Comment vous êtes arrivé à cette marque C'est qui le patron ?
13:14C'est quoi votre histoire ?
13:16Je suis producteur de lait depuis plus de 20 ans,
13:20à la suite de mon père et de mon grand-père.
13:22Je suis associé avec mon frère et un de mes cousins.
13:26On était producteur de lait pour Lactalis.
13:29On a été viré de chez Lactalis en 2017,
13:35à la suite d'un reportage effectué par France Télévisions,
13:39dans lequel j'expliquais nos déboires en tant que producteur de lait en pleine crise.
13:46Ce qui nous manquait pour vivre décemment,
13:49ça n'a pas plu à cette grande société.
13:54Vous vous êtes retrouvé sans rien.
13:56Exactement.
13:57Comment vous avez rencontré Nicolas Chaban ?
13:59Par les réseaux sociaux.
14:01C'est-à-dire ? Racontez-moi.
14:03En fait, je cherchais un nouveau collecteur de lait.
14:08Je n'avais que des réponses négatives.
14:11J'étais arrivé au bout de deux mois de recherches infructueuses.
14:18Ça devenait urgent de trouver une solution pour éviter d'envoyer les vaches à l'abattoir.
14:25Il me fallait trouver une solution.
14:28L'idée a été de diffuser, de se recommander,
14:33comme quoi on était mis à la porte.
14:36Ça a fait tache d'huile dans ce pays.
14:39Énormément de consommateurs ont dit que ce n'était pas possible,
14:43qu'il fallait leur venir en aide.
14:46À un moment donné, je reçois un message sur un réseau social bien connu
14:51d'un monsieur Chaban que je ne connaissais pas,
14:54que je n'ignorais qui il était.
14:56Il a des lunettes, il est barbu.
14:58Il est juste à côté de vous, dans le studio de Sud Radio.
15:00C'est là que vous vous êtes rencontré Nicolas Chaban ?
15:02Oui.
15:03Précisément, c'est là que vous avez trouvé une solution.
15:05On va revenir sur ce qu'est cette marque.
15:07On commence à la connaître, la brique de lait.
15:09Son principe, c'est quoi ?
15:11Ce qui nous a amené vers Régis,
15:13c'est qu'on est des consommateurs.
15:15C'est très important d'avoir en tête qu'il y a une coopérative de consommateurs.
15:18Il n'y a pas d'enjeu financier,
15:20donc il n'y a pas de fonds, de gens qui nous disent
15:22qu'il faut faire de l'argent.
15:24Comme il n'y a pas de résultat de dividende renversé en fin d'année,
15:27on a pu prendre le principal de l'argent qu'on générait avec les ventes
15:31pour les amener aux producteurs.
15:33Quand Régis s'est retrouvé avec six familles un peu sur le côté,
15:37ce sont des consommateurs de la région qui m'ont appelé en disant
15:40qu'il y en a un qui est en difficulté.
15:43Ce n'est pas très juste qu'il se retrouve mis de côté
15:45parce qu'il a simplement dit qu'il n'allait pas bien.
15:48C'était une tellement incroyable histoire.
15:52On s'est retrouvés ensemble, on s'est parlé.
15:54Ensuite, Martial Darbon, un des producteurs qui a créé l'initiative,
15:58s'est rapproché de Régis.
16:00Et leur vie est passée de, je parle sous son contrôle,
16:03une angoisse folle où quand tu es largué par une très grande laiterie,
16:06tu ne retrouves pas de laiterie.
16:08Il y a une espèce de système où on ne veut pas trop prendre.
16:11Il n'y en a pas beaucoup, c'est difficile.
16:13C'est une belle histoire à la fin.
16:15C'est une belle histoire à la fin.
16:17Ce principe, cette marque, c'est qui le patron ?
16:19Vous l'avez longuement expliqué hier à Emmanuel Macron,
16:21le président de la République.
16:23Quels ont été vos échanges ?
16:25Il connaissait la démarche, il en avait parlé en 2016.
16:27Mais il avait tenu à venir nous voir, nous les consommateurs,
16:31sur le stand, on est dans le hall 1.
16:34Et ses questions sont celles de tout le monde.
16:36Qu'est-ce qui se passe quand on achète cette brique de lait ?
16:39La meilleure des réponses, c'est de...
16:41Il y avait Régis qui était là, et ça s'est passé comme ça.
16:44On le voit sur les réseaux sociaux.
16:46Ça a été de dire, écoutez, nous, ça nous coûte,
16:49consommateurs, 8 centimes de plus.
16:51Voilà ce qu'il faut rajouter sur un litre de lait.
16:53C'est ce qui manque aux producteurs.
16:558 centimes.
16:56Pour moi, si j'achète votre brique, je vais payer 8 centimes de plus.
16:59Et en revanche, ces 8 centimes, ils se transforment en...
17:02Comme je l'ai dit à Emmanuel Macron hier,
17:058 centimes pour vous, consommateurs, par litre de lait,
17:07c'est, sur une exploitation comme la mienne,
17:0970 000 euros à la fin de l'année.
17:1170 000 euros à la fin de différence.
17:13Ça paraît incroyable.
17:15Et voilà.
17:16Comment on explique qu'un grain de sable comme ça
17:18puisse avoir autant d'impact, Nicolas Chaban ?
17:20C'est la grande découverte de tout le monde.
17:22On regardait tous que du côté du prix le plus bas.
17:25Il faut dire une chose, on est tous...
17:27Ce qui est logique, par les temps qui courent.
17:29C'est logique.
17:30Mais la petite chose qu'on n'avait pas bien en tête,
17:32c'était qu'il y a 30% de familles en France,
17:34il ne faut jamais les oublier,
17:36qui ne peuvent pas rajouter même quelques centimes
17:38par litre de lait.
17:3930%, c'est beaucoup.
17:41Il faut trouver des solutions.
17:42À mon avis, le stade de France rempli à ras-bord
17:44de gaspillage alimentaire, ça peut être
17:46de la nourriture qu'on pourrait ramener à bas prix
17:48vers toutes ces familles qui en ont besoin.
17:50Ça, c'est un autre chantier, mais c'est un véritable chantier.
17:52Mais les 70% qui peuvent rajouter les 4 euros par an,
17:57ceux-là ne pouvaient pas le faire.
17:59Donc ce que ça a dénoué, c'est qu'à partir du moment
18:01où la brique est arrivée, ces 70% de Français,
18:04c'est beaucoup, ont pu venir apporter une aide,
18:07quelques centimes de plus, mais qui ont changé
18:09la vie des producteurs et qui leur permettent
18:11de nous nourrir tous les jours.
18:13Ce qui est quand même la moindre des choses
18:15quand vous remplissez nos assiettes,
18:17vous les producteurs, c'est normal qu'on vous aide
18:19à faire votre métier.
18:20Et vous, ça a changé votre vie ?
18:21Totalement.
18:22C'est ce que j'explique régulièrement.
18:24En fait, on est passé d'un système
18:28où on crevait la dalle pour être poli.
18:31D'ailleurs, j'en profite parce que vous êtes passé par là aussi.
18:34Vous avez vécu ce que vivent ces 30% de Français
18:37qui, eux, sont aux centimes près.
18:38Et précisément, quand vous étiez dans cette situation,
18:40vous ne regardiez pas qui produisait le lait que vous achetiez.
18:42Vous l'achetiez au moins cher à l'époque, j'imagine.
18:44On faisait partie de ces gens qui...
18:46Alors nous, on n'achetait pas du lait.
18:48Merci de me rappeler que la question est idiote.
18:50Tout à fait.
18:51Il n'y avait pas si idiot que ça.
18:52Mais complètement.
18:53Lorsqu'on faisait nos achats pour la famille,
18:56on regardait à tous les prix.
18:59Parce que quand vous ne vivrez plus de salaire,
19:01parce que votre exploitation n'est plus en mesure
19:03de vous procurer un salaire...
19:05Il n'y a que les dettes qui augmentent.
19:06Voilà. Tout à fait.
19:07Et grâce aux consommateurs français,
19:10grâce à la population française,
19:12grâce à la démarche des Gilles Patron et à son équipe,
19:15aujourd'hui, c'est plus qu'un sourire qu'on a retrouvé.
19:18C'est une vraie joie de vivre.
19:19C'est une vraie joie de travailler.
19:21Et un vrai bonheur pour toutes nos familles.
19:23La famille va bien, surtout.
19:24Vous n'êtes pas venu seul.
19:25Elle est un peu timide. C'est normal.
19:26Elle s'appelle comment, votre petite fille qui est à côté de vous ?
19:28Elle s'appelle Sarah.
19:30C'est comme ça qu'on donne le goût à la ruralité à nos enfants.
19:34Grâce à des démarches comme ces Gilles Patron,
19:38comme tant d'autres en France.
19:40Mais celle-ci, elle va vraiment dans le bon sens pour les producteurs.
19:43Et Sarah, elle veut déjà être productrice.
19:46Déjà ?
19:47A quel âge ?
19:48C'est-à-dire que...
19:498 ans.
19:508 ans, tu veux devenir, Sarah ?
19:52Tu veux faire quoi ?
19:55Tu veux devenir quoi plus tard, comme métier ?
19:57Vétérinaire.
19:58Vétérinaire. Sur quels animaux tu veux soigner en particulier ?
20:00Tous.
20:01Tous les animaux ?
20:02Oui.
20:03Absolument. Et pourquoi, ça te plaît ?
20:04Oui.
20:05Mais c'est formidable, en tout cas.
20:06Voilà. Mais vous voyez, à 8 ans, elle voulait être productrice.
20:08Mais c'est un très beau métier aussi, vétérinaire.
20:11Et en fait, les jeunes générations, soyons clairs,
20:14quand tu vois tes parents, s'ils ne gagnent pas leur vie,
20:16ne pas partir en vacances,
20:18le laisser deux traites par jour, je pense, sous le contrôle de Régis,
20:216h30, 18h30, du lundi au dimanche,
20:23le vendredi, il n'y a pas de week-end,
20:25le samedi, c'est encore un jour de traite,
20:27le dimanche aussi, et on redémarre.
20:28Quel fils, fille, va prendre le relais de ses parents
20:31quand ça a été si difficile ?
20:33Il faut qu'il y ait un revenu.
20:35Cette nourriture à nos portes, rappelons-nous,
20:37dans le contexte géopolitique compliqué,
20:39c'est un trésor.
20:40Il faut qu'on le protège,
20:41parce que demain, si on veut nous nourrir tranquillement,
20:44il faut que ceux qui produisent cette nourriture
20:46le fassent dans de bonnes conditions.
20:48Mais sauvons ce trésor qui vient de nos terroirs, tout simplement.
20:52Merci Nicolas Chaban.
20:53Merci pour votre invitation.
20:54Fondateur de la marque, c'est qui le patron ?
20:56Bonne chance, Sarah.
20:57Merci.
20:58Et tu viendras soigner nos animaux bientôt,
21:00dès que tu seras vétérinaire, en tout cas.
21:02A bientôt.
21:03Et merci à vous aussi, bravo.
21:04En tout cas, c'était une belle histoire, Régis Minguet.
21:06Merci.
21:07Bon courage, et puis bonne chance à toute votre famille.
21:09Allez, restez avec nous.
21:10Merci à vous.
21:11Sur Sud Radio, agriculture et territoire.
21:12On est entre 10h et 11h sur Sud Radio.
21:14Vous avez une habitude, en général,
21:15c'est qu'on parle gourmandise, terroir et cuisine, un petit peu.
21:18Alors on va parler de l'excellence des produits du terroir,
21:21du terroir à la table.
21:22Dans un instant, on va parler notamment foie gras, mais pas que.
21:24Sud Radio.
21:25Sud Radio.
21:26Parlons vrai.
21:27Parlons vrai.
21:28Sud Radio.
21:29Parlons vrai.
21:30En direct du Salon international de l'agriculture,
21:32depuis le stand de la coopération agricole.
21:35En direct du Salon international de l'agriculture,
21:38depuis le stand de la coopération agricole.
21:41Agriculture et territoire.
21:43Jean-Marie Bordry.
21:45On a dit agriculture et territoire,
21:46on pourrait dire agriculture et terroir.
21:48On est dans la plus grande ferme du monde,
21:49les amis, dans le hall 4 du Salon de l'agriculture.
21:53On est ensemble jusqu'à midi sur Sud Radio.
21:55Dans une demi-heure, vous retrouverez Alexandre Devecchio.
21:57Pour en toute vérité, on parlera de l'avenir de l'agriculture.
22:00Mais là, on va aussi respecter une tradition,
22:02chaque dimanche, entre 10h et 11h,
22:05on parle gourmandise, on parle terroir, précisément, sur Sud Radio.
22:08On en parle avec d'habitude, Vincent Fergnaud, qu'on embrasse.
22:11Et bien là, on va en parler avec des producteurs.
22:13Agriculture et territoire.
22:15Jean-Marie Bordry.
22:17Du terroir à l'assiette.
22:18C'est comme ça qu'on a décidé d'appeler cette séquence,
22:21parce qu'elle est très importante.
22:22L'excellence agricole du terroir à la table.
22:24Françoise Roque, bonjour.
22:26Bonjour.
22:27Bienvenue sur Sud Radio.
22:28Vous êtes productrice de pommes, de prunes et de raisins de table.
22:31C'est précisément du chasselas.
22:32On est d'accord ?
22:33Exactement.
22:34À Moissac, c'est dans le Tarn-et-Garonne.
22:35On est aussi avec Françoise Dirat.
22:37Bonjour.
22:38Bonjour.
22:39Et bienvenue sur Sud Radio, productrice de foie gras
22:41et membre de l'entreprise familiale Maison Micoulot,
22:44à Beaumont de l'Aumagne, dans le Tarn-et-Garonne.
22:47C'est ça ?
22:48Tout à fait, c'est ça.
22:49Et on est également avec David Aubray.
22:50Bonjour.
22:51Bonjour.
22:52Et bienvenue sur Sud Radio, producteur de camembert et de beurre
22:54à la fromagerie Réo à l'Essay.
22:57On est dans la Normandie, précisément.
22:59On a eu du beurre breton tout à l'heure.
23:00Il fallait qu'on parle aussi un petit peu de beurre normand.
23:02Chacun son tour, oui.
23:03Chacun son tour, exactement.
23:04Il n'y a que le sel qui a disparu, c'est ça, entre les deux, j'imagine ?
23:06On fait aussi un peu de beurre salé.
23:07Ça vous arrive quand même.
23:08On va commencer avec vous, justement.
23:10L'excellence du lait, de la crème précisément,
23:13du camembert et des fromages français.
23:15On pense quand même instinctivement à la Normandie en premier.
23:18Oui, tout à fait.
23:19Donc, nous, notre premier métier, c'est de fabriquer du camembert de Normandie
23:22à eau paix ou lait cru, un camembert qui est moulé à la louche,
23:25une façon traditionnelle de mouler le cahier.
23:28Et donc, on fabrique aussi trois autres familles de produits laitiers,
23:31le beurre de baratte, le fromage blanc et la crème.
23:34Et ces quatre produits sont régulièrement imprimés
23:38au concours général agricole.
23:39Au concours général agricole, on rappelle ce que c'est
23:41que cette compétition parce que c'est important.
23:43Oui, alors c'est un concours qui se passe tous les ans
23:45au salon de l'agriculture où il y a des tables
23:48où les produits sont anonymes.
23:50Et les juges doivent donner une ou quelques médailles,
23:55mais vraiment seulement aux produits excellents.
23:58C'est toujours bien répété par nos encadrants.
24:01Et donc, on peut avoir une médaille d'or
24:04ou de bronze ou d'argent à ce concours.
24:06Et l'excellence française, on pense aussi aux produits du canard.
24:09Vous n'allez pas me dire le contraire, François Zirath.
24:11Tout à fait.
24:12Exactement. Vous êtes où précisément?
24:14Nous, on est à Beaumont de l'Aumagne.
24:16Beaumont de l'Aumagne.
24:17Dans le Tarn-et-Garonne.
24:18Dans le Tarn-et-Garonne.
24:19Vous produisez quoi précisément?
24:20Alors, nous, on fait tout ce qui est foie gras, confit, cassoulet,
24:23plats cuisinés, terrines, pâtés.
24:24Tout ce qu'on aime exactement.
24:25Foie gras, confit, cassoulet, pâtés, exactement.
24:28Tout à fait.
24:29Et c'est vous qui transformez ou c'est vous
24:31ou vous avez juste les canards?
24:32Non, nous, on transforme.
24:33Voilà. Donc, ça se passe comment?
24:34Alors, en fait, on reçoit la marchandise locale.
24:37Qui vient de juste à côté.
24:38Tout à fait.
24:39Toujours.
24:40On travaille nos produits naturellement.
24:41Il n'y a pas de colorant, pas de conservateur.
24:43Sel, poivre et épices.
24:44Vous m'avez dit que vous faisiez du confit, que vous faisiez...
24:47Bon, vous êtes dans le Tarn-et-Garonne.
24:49Oui.
24:50Le cassoulet de Montauban.
24:51C'est quoi la recette du cassoulet de Montauban?
24:53C'est quoi la différence avec Toulouse?
24:54C'est le cassoulet de Beaumont de l'Aumagne.
24:55Alors, il y a encore quoi?
24:56C'est quoi la différence avec Toulouse?
24:57Non, c'est...
24:59Avec Toulouse ou Castelnaudary?
25:00En fait, c'est notre recette particulière.
25:01Justement.
25:02Une ancienne entreprise qui a été créée en 1888 par l'arrière-grand-père.
25:05Oui.
25:06Et donc, nous, on a continué.
25:07On est les petits-enfants de l'arrière-grand-père.
25:09Oui, petits-enfants.
25:10Oui.
25:11On est la cinquième génération.
25:12C'est formidable.
25:13Bon, et vous ne m'avez pas donné la recette.
25:14Qu'est-ce que vous avez de différent?
25:15Alors, il y a quoi dans votre cassoulet?
25:16Non, il y a un jus cuisiné maison qu'on fait nous-mêmes,
25:20qui va mijoter toute la nuit.
25:22Le matin, après, on fait la saucisse de Toulouse.
25:24C'est la nôtre.
25:25C'est nous qui la faisons aussi.
25:26C'est ça.
25:27Et après, on a le confit qu'on fait revenir à la Grèce
25:29et qu'on fait après le cassoulet.
25:30Exactement.
25:31Ce qui veut dire que, bon, on a les canards, on a le porc.
25:34Oui.
25:35On a absolument...
25:36On a tout sur place et on fait tout nous-mêmes.
25:37Les haricots.
25:38Et c'est quand même formidable comme endroit.
25:39Absolument.
25:40On a également...
25:41Ben, alors, on passe au dessert, hein, tout de suite, hein,
25:42avec Françoise Roque.
25:43Vous, vous êtes aussi dans le Tarn-et-Garonne.
25:45Eh oui.
25:46Le chasselat, d'abord.
25:48Alors, le chasselat, c'est un raisin de table qui s'est installé
25:51il y a quasiment 200 ans dans le Tarn-et-Garonne,
25:54sur les coteaux, c'est-à-dire ce qu'on appelle le kersi.
25:58C'est des terres un peu compliquées, pentues, un peu pauvres,
26:02et le raisin de table va très, très bien dans ce type de terroir.
26:06Ah ben, c'est formidable, évidemment.
26:07Alors, vous le mangez comment, d'ailleurs, le raisin de table, vous ?
26:10Eh ben, on peut le mettre avec du foie gras.
26:13On peut faire une poêlée, si on a envie, avec du foie gras
26:16ou du confit, mais après, on le grignote toute la journée.
26:21On le grignote toute la journée par gourmandise.
26:23Vous avez une corne d'abondance devant vous.
26:25Vous verrez les images, les amis, sur la chaîne YouTube de Sud Radio.
26:27Je le précise, dans quelques heures ou quelques jours ou plus tard,
26:30vous serez un million à nous suivre sur Sud Radio.
26:33Et là, vous pourrez regarder notamment Françoise Roque
26:35avec sa corne d'abondance.
26:36Donc, on a un peu tout, mais on a notamment du raisin.
26:39Vous produisez aussi des pommes, des prunes, des raisins de table.
26:42Bon, ils sont déjà en fleur ou pas chez vous ?
26:44Ah non, pas du tout.
26:45Non, non, ça démarre à peine.
26:47Après, on a eu un très bel hiver parce qu'on a eu froid.
26:51Donc, les arbres se sont bien reposés et on croise les doigts
26:55que ça se passe bien au printemps.
26:56On croise toujours les bras, pardon, pourquoi je dis les bras ?
27:00On croise toujours les doigts, évidemment, pour que ça se passe bien.
27:03C'est pareil, vous êtes aussi sujet à la saisonnalité
27:05ou pas quand vous êtes plutôt dans la production du lait ?
27:09Un peu moins parce que nous, en Normandie, il n'y a pas beaucoup de neige.
27:13Donc, on a de l'herbe pratiquement les 12 mois de l'année.
27:16C'est vraiment les 2 mois de décembre et janvier où les vaches restent à l'étable.
27:20Mais dès que le soleil est là, les vaches vont pâturer en journée,
27:23par exemple, en février et mars.
27:25Dans une très belle région.
27:26En plus, la Normandie, il faut le rappeler quand même.
27:28Vous êtes où précisément ?
27:29Nous, on a l'essai dans la Manche.
27:30On est à 5 km de la mer, à 5 km de Pirou.
27:33Donc, on a vraiment un temps qui est très doux.
27:37Même l'été, quand il fait chaud, chez nous, il fait doux.
27:40C'est ça, c'est tout vert.
27:41La carte de la Manche ou au Cherbourg est toujours une ville assez froide l'été.
27:47Ou fraîche.
27:48Ça dépend comment on voit les choses.
27:49C'est ça, exactement.
27:50Ce n'est pas tout à fait la même température que dans le Tarn-et-Garonne, j'imagine.
27:53Pas du tout.
27:54Il faisait combien chez vous, là, ce matin ?
27:55Il faisait peut-être une dizaine de degrés.
27:57Et chez vous, il faisait combien dans le Tarn-et-Garonne, Françoise Dirat ?
28:00A peu près pareil.
28:01Pour cette fois-ci, c'était pareil.
28:02Mais c'est l'été.
28:03Vous voyez !
28:04C'est l'été, la différence.
28:05Exactement.
28:06Et comment vous ?
28:07Est-ce que vous êtes sujette aussi à la saisonnalité, au risque des saisons ou pas ?
28:12Oui.
28:13Nous, déjà, on essaye de moins produire l'été.
28:15L'été, on ne fait pas trop de production.
28:17C'est là où on fait l'arrêt de l'atelier, où on fait l'entretien.
28:20Parce que la barchanise peut souffrir avec la chaleur.
28:23Oui, oui, c'est sûr.
28:24Ça paraît évident.
28:25Puis en plus, quand il fait chaud, on mange moins de cassoulet, quand même.
28:27C'est un peu plus lourd.
28:28C'est normal, quand même.
28:29Qu'est-ce que vous nous conseilleriez, tiens, comme repas de fête, vous, en ce moment,
28:32comme repas de fête de l'agriculture ?
28:34Comme repas de fête ?
28:35Du foie gras, c'est obligatoire.
28:39Où je mets le beurre, là ?
28:41À mon avis, en France, on arrivera à mettre…
28:43Un bon camembert, pour le…
28:44Voilà, pour le fleuvre.
28:45Voilà, une petite poêlée de pommes, de raisins, pour aller avec le foie gras.
28:51Et s'il y avait un producteur, on fait un tourne-d'eau Rossini.
28:57Un tourne-d'eau Rossini.
28:58Alors, ça, c'est quand même une recette… Il n'y a pas plus français que cette recette.
29:01C'est difficile.
29:02Vous allez me rappeler ce que c'est qu'un tourne-d'eau Rossini ?
29:04Donc, c'est du filet de bœuf que l'on poêle.
29:08Oui.
29:09Et on poêle le foie gras, et on met du foie gras.
29:12Et on met du foie gras.
29:13Sur du filet de bœuf, et c'est extraordinaire.
29:15C'est extraordinaire.
29:16On peut même l'accompagner, d'ailleurs, en toute modération, évidemment, avec un bon vin, j'imagine.
29:20Vous, ce serait quoi, votre repas du terroir typique pour vous ?
29:24Typique normand ?
29:25Oui.
29:26Écoutez, on va commencer avec un peu d'andouille pour l'évêque.
29:30Donc, devire pour l'andouille, j'imagine, si vous êtes normand.
29:33Exactement, l'andouille devire.
29:34Donc, il se marie très bien avec du pain et du beurre.
29:38Ensuite, une bonne poule normande à la crème, avec du poireau et des carreaux de créance.
29:43Avec une crème bien normande, bien épaisse.
29:47Un beau plateau de fromage avec du camembert, du livaro et du neuchâtel.
29:52Et puis, on finit avec de la torgoule.
29:54Et la torgoule, ça, c'est très bien aussi.
29:56C'est comme un riz.
29:58C'est comme un riz au lait, mais non, pas tout à fait.
30:00C'est un riz au lait qui est cuit à température très longtemps.
30:03Aussi longtemps que le cassoulet, presque.
30:05C'est à peu près pareil, oui.
30:06C'est ça, exactement.
30:07On l'oublie dans le four, en fait.
30:08On l'oublie dans le four, tellement que le riz a fondu.
30:11Et qu'est-ce qu'on a avec ? On a aussi un peu de cannelle ?
30:13Oui, ça dépend des recettes.
30:15Il y en a qui n'aiment pas la cannelle, donc ils n'en mettent pas.
30:17Un peu de vanille.
30:19Mais oui, traditionnellement, on mettait de la cannelle.
30:21Traditionnellement, on en mettait.
30:22On avait raison de toute façon.
30:23On a toujours raison de se faire plaisir.
30:24Merci d'être venu transmettre votre passion.
30:26On peut vous retrouver dans quel stand, vous ?
30:28Alors nous, on est au stand Fromage de Normandie AOP Hall 1,
30:32avec la race normande.
30:34Avec nos vaches normandes qui donnent du lait très riche.
30:36On rappelle comment on choisit bien son camembert,
30:38parce que j'en trouve partout, du camembert dans les étals.
30:40Mais le meilleur, c'est ?
30:41Alors il faut qu'il y ait l'appellation d'origine protégée,
30:43le sigle jaune et orange.
30:45Ça, c'est très important.
30:47Et après, on choisit l'affinage selon...
30:50Alors si vous aimez le fromage très affiné,
30:52il faut que l'on soit près de la date.
30:53Oui, près de la date, tout simplement.
30:55Merci beaucoup aussi à vous, Françoise Dirat.
30:57On vous retrouve où ?
30:58Alors nous, on est sur le stand Hall 3,
31:00à l'est A, stand 162.
31:03Bon, mais c'est formidable.
31:04Tous les produits Micoulot, on est d'accord ?
31:06Voilà.
31:07Et cette année, on a eu une médaille au concours général agricole,
31:09hier, sur la rillette au foie gras.
31:12Parlement de la rillette au foie gras.
31:13Félicitations.
31:14C'est 100% canard.
31:16C'est viande de canard mélangée avec du foie gras.
31:20Et après, on met un morceau de foie gras anti à l'intérieur.
31:22Au cas où ça viendrait à manquer.
31:24Voilà.
31:25Exactement.
31:26C'est pour ça qu'on a quand même un terroir merveilleux.
31:27Merci beaucoup.
31:28C'est nous qui vous remercions.
31:29Bravo à vous quand même.
31:30Vous avez gagné les Jeux Olympiques de l'agriculture,
31:31en quelque sorte.
31:32On est content.
31:33Il y a de quoi être content quand même.
31:34Merci à vous également, Françoise Roch.
31:35Merci beaucoup.
31:36A bientôt.
31:37A bientôt.
31:38On n'oublie pas les pommes, les prunes, le raisin de table.
31:40Exactement.
31:41Et le chasselat.
31:42Allez, restez avec nous sur Sud Radio.
31:43Tiens, dans quelques instants, on va retrouver quelqu'un,
31:45dans quelques minutes, chez qui vos produits arrivent
31:47assez facilement d'ailleurs, puisque c'est le président
31:49du marché de Rungis, le ventre de Paris,
31:51le plus gros marché du monde, en tout cas d'Europe.
31:54C'est mon plus gros client.
31:55C'est votre plus gros client.
31:56Ça tombe très bien.
31:57Stéphane Laiany sera avec nous dans quelques instants.
31:59On va parler du lien aussi entre la campagne et la ville.
32:02Parce qu'il ne faut pas couper le cordon ombilical.
32:04Il n'y a pas de raison que vous nous serviez seulement
32:06à nous nourrir dans la ville.
32:07Donc ça, on va en parler avec notre invité aussi,
32:09Eric Delacheney, qui est journaliste.
32:11Et puis on va vous parler de l'avenir de l'agriculture.
32:13Il y a un dossier en partenariat avec Sud Radio dans Marianne
32:16sur l'avenir de l'agriculture.
32:18Quelle agriculture pour demain ?
32:19On en parlera avec un journaliste de Marianne
32:21et le président des Jeunes Agriculteurs.
32:23A tout de suite sur Sud Radio.
32:25Agriculture et territoire.
32:27Jean-Marie Bordry.
32:29En direct du Salon international de l'agriculture,
32:32depuis le stand de la coopération agricole.
32:35En direct du Salon international de l'agriculture,
32:38depuis le stand de la coopération agricole.
32:41Agriculture et territoire.
32:43Jean-Marie Bordry.
32:45La plus grande ferme du monde, elle est sur Sud Radio.
32:48En tout cas, Sud Radio est plutôt dans la plus grande ferme du monde.
32:50On est dans le hall 4 précisément du Salon de l'agriculture.
32:53On est là au moins jusqu'à midi, puisque dans 20 minutes,
32:56Alexandre Devecchio nous rejoindra pour En toute vérité.
32:59On va continuer à parler de l'avenir de l'agriculture.
33:02On en parle aussi avec tous nos invités
33:04qui nous rejoignent sur Sud Radio.
33:06On est ravi d'accueillir Eric Delacheney,
33:08qui est journaliste au Figaro. Bonjour.
33:10Et bienvenue sur Sud Radio.
33:12Vous avez rejoint un cercle qui s'appelle le cercle de la campagne.
33:15Oui, tout à fait.
33:16Vous allez nous parler de son objectif dans quelques instants.
33:18On va en parler également avec Eric Laiany qui nous rejoint.
33:20Stéphane Laiany.
33:21Stéphane Laiany, pardonnez-moi.
33:22Excusez-moi, c'est la fin de l'émission.
33:24Qui est le président du marché international de Rungis.
33:26A peu près tous les agriculteurs que vous croisez ici
33:28envoient leurs produits chez Stéphane Laiany.
33:31Et c'est pour ça qu'on a été content de le recevoir.
33:33On parle de l'avenir de l'agriculture également
33:35avec nos confrères de Marianne.
33:37Dossier spécial dans Marianne,
33:39cette semaine en partenariat avec Sud Radio.
33:42On en parle avec Rédéric Donnet. Bonjour.
33:44Bonjour.
33:45Bienvenue sur Sud Radio.
33:46Journaliste à Marianne.
33:47Spécialiste des questions environnementales.
33:49Ça tombe bien, les deux sont complètement abriqués.
33:51L'avenir de l'agriculture.
33:52Dans ce dossier, on va découvrir notamment en deux mots.
33:54On en parle dans un instant avec vous.
33:56Il y a dix mots, dix solutions
33:58contre le suicide, l'appauvrissement,
34:00l'amélioration des prix, etc.
34:02Et c'est une thématique qui sera là aussi
34:04pour parler à notre dernier invité
34:06qui est Pierrick Aurel. Bonjour.
34:08Président des Jeunes Agriculteurs.
34:10C'est avec vous qu'il fallait parler de l'avenir de l'agriculture
34:12puisque vous représentez l'avenir.
34:13En tout cas, vos adhérents représentent l'avenir.
34:15En termes de génération, vous nous parlerez de vos solutions.
34:18Mais avant ça, le lien entre la campagne et la ville.
34:21Agriculture et territoire.
34:23Jean-Marie Bordry.
34:24Eric Delachenez, journaliste au Figaro.
34:26Vous avez rejoint ce cercle de la campagne.
34:28Concrètement, l'objectif de ce cercle en quelques mots ?
34:30En quelques mots, c'est rapprocher les urbains
34:32des ruraux, des agriculteurs.
34:34C'est-à-dire qu'en fait, on se rend compte
34:37que les urbains ne connaissent pas du tout bien
34:40les agriculteurs, ce que c'est que les contraintes
34:42du métier d'agriculteur.
34:43C'est-à-dire se lever le matin, à l'heure où on parle,
34:46ils ont déjà fait la moitié de leur journée de boulot
34:48pour traire les vaches.
34:49Et puis aussi le soir, rebelote, même le dimanche,
34:52il faut traire les vaches.
34:53Et il n'y a pas de vacances.
34:55Il n'y a pas de week-end, il n'y a pas de RTT,
34:57il n'y a pas de congés payés.
34:59Il n'y a pas tout ce qu'on connaît à la ville.
35:01Par exemple, l'éleveur d'Oupette, dont j'ai fait le portrait
35:04dans le Figaro ce samedi, il n'a pris qu'une semaine
35:07de vacances.
35:08Il me dit, je suis parti à l'étranger.
35:09Je m'imaginais être très loin.
35:10Non, il est parti au Balaire, il n'a pris que 5 jours.
35:12Donc il faut un peu ramener l'église au centre du village
35:16et dire que ceux qui nous nourrissent,
35:17ils ont des contraintes, des exigences,
35:20et que ce n'est pas les bobos des villes
35:22qui vont imposer leur boulot.
35:24Non, mais c'est vrai.
35:25Moi, j'invite tous ceux des villes à venir dans la campagne
35:27et commencer un peu à apprendre à bêcher
35:29ce que c'est de pouvoir produire des tomates,
35:32de pouvoir produire des pommes de terre.
35:33Peut-être qu'après, ils auront un autre regard
35:36du travail d'agriculteur.
35:38Et notamment, savoir ce qu'on mange.
35:40C'est important.
35:41Aujourd'hui, vous avez des gens, autant de la campagne
35:43qu'à la ville d'ailleurs, qui n'ont plus une idée
35:45de la manière dont a été produite leur alimentation.
35:48Oui, on est dans une société complètement déconnectée,
35:52qui vit en communauté sans savoir ce qu'est l'eau.
35:56On est tous en vase clos.
35:57Tous en vase clos.
35:58Et c'est aussi peut-être dû au mondialisme à outrance,
36:01où c'est toujours la recherche du prix le plus bas,
36:03sans se soucier d'où vient notre nourriture.
36:06Et en fait, dans le cercle de réflexion,
36:08ou think tank, de nos campagnes,
36:10on veut, à travers la grande diversité de nos adhérents,
36:15il y a Stéphane, qui est le président de la FNSOA,
36:18qui va nous rejoindre.
36:19Il y a Christiane Lambert, l'ancienne présidente de la FNSOA,
36:22qui sait ce que c'est que produire,
36:23parce qu'elle a une ferme que j'ai visitée,
36:25on est voisins en Maine-et-Loire.
36:28Il y a aussi quelqu'un qui est dans le tourisme.
36:31Tout ça, si on travaille dans le même sens,
36:34si on travaille dans le même sens,
36:35si on arrive à irriguer nos territoires ruraux,
36:37ça sera bénéfique pour le pays.
36:39Et ça nous donnera vraiment une bouffée d'oxygène
36:42dont on a vraiment besoin.
36:44Merci, Eric Delacheney, d'être venu en parler sur Sud Radio.
36:47C'est votre passion depuis toujours.
36:48Depuis toujours.
36:49L'agriculture.
36:50C'est vous qui tenez les pages,
36:51notamment sur l'agriculture, dans le journal.
36:53La ruralité, c'est très important.
36:54La ruralité, exactement.
36:56On a fait un livre avec Timothée Dufour,
36:58qui s'appelle La Défense est dans le pré.
37:00C'est tout à fait important,
37:01parce que nos agriculteurs sont désarmés au niveau juridique
37:04face à ceux qui les attaquent,
37:06face à des associations de défense dans l'environnement.
37:09Et Timothée Dufour les aide.
37:11Moi, je l'ai vu à l'oeuvre,
37:12je l'ai vu à la barre, au tribunal de Troyes,
37:15et il les défend très bien.
37:16Exactement.
37:17Il sera l'invité, d'ailleurs, de Sud Radio, cette semaine,
37:19en direct du Salon de l'Agriculture,
37:21dans La Vérité en face, chez Patrick Roger.
37:23Merci à vous, Éric Delacheney.
37:24On va accueillir dans un instant Stéphane Laiany,
37:26le président du marché international de Rungis.
37:29Mais parlons de ces dissolutions.
37:31Ce dossier, en partenariat, Marianne et Sud Radio.
37:35Dissolutions pour protéger nos agriculteurs.
37:39Pourquoi protéger ?
37:40Parce qu'aujourd'hui, il y a danger, d'abord.
37:41Il y a danger que cette population disparaisse.
37:44Il y a danger que les éleveurs disparaissent.
37:46Il y a danger que les agriculteurs
37:47continuent à être invisibles dans la société,
37:49parce qu'ils le sont.
37:50Il y a danger que les agriculteurs
37:52se replient trop sur eux-mêmes, justement,
37:54par le constat effarant
37:56que les gens ne s'intéressent pas à eux,
37:58en particulier les politiques.
37:59Et pour rejoindre les propos de mon confrère du Figaro,
38:01oui, une des solutions, c'est de s'ouvrir.
38:03Une des solutions, c'est le dialogue.
38:05Or, la France n'est pas un pays de dialogue.
38:07Les agriculteurs sont finalement assez coupés
38:09du reste de la population, y compris de la ruralité.
38:11Mais on est un pays de confrontation,
38:13historiquement, depuis toujours.
38:15On est un pays manichéen.
38:16On est un pays où il faut se foutre sur la gueule.
38:18On est un pays où les agriculteurs se retrouvent
38:20isolés en leur propre territoire.
38:22On est un pays où la société demande aux agriculteurs
38:24de tout faire, mais où, en même temps,
38:26les agriculteurs ne supportent pas,
38:28ou pas trop souvent,
38:30d'avoir un autre regard
38:32des autres usagers des paysages.
38:34Et pourtant, il y a des organes
38:36qui permettent de faire l'améliation.
38:38Il y a les parcs régionaux,
38:39il y a les centres permanents d'initiatives
38:41pour l'environnement, il y a les collectivités
38:43qui, via les plans d'alimentation territoriale,
38:45permettent aux agriculteurs d'être à nouveau visibles.
38:47C'est vraiment ce qui manque.
38:49Moi, je suis assez effaré, je voyage beaucoup en France.
38:51Personne ne connaît les agriculteurs,
38:53et donc les agriculteurs restent dans leurs fermes
38:55et ont peur que, s'ils en sortent,
38:57ils se fassent attaquer.
38:58Donc, ils sont dans une citadelle assiégée.
39:00Vous parlez d'un aspect qui est quand même assez nouveau,
39:02le dénigrement des influenceurs.
39:04Ça a un vrai impact sur l'image de l'agriculture aujourd'hui ?
39:07Moi, il me semble que, plutôt que de parler
39:09d'agribashing,
39:11le mot agribashing
39:13n'est plus utilisé depuis deux ans,
39:15aussi lié aux YouTubeurs, aux fermiers YouTubeurs
39:17qui, je pense, ont largement redoré
39:19l'image des agriculteurs et, surtout,
39:21ont répondu aux outrances de certains
39:23parmi les écolos,
39:25non pas par de l'outrance syndicale,
39:27mais par des faits.
39:29Avec ma GoPro, je vais vous montrer ce que je fais chaque matin
39:31et je pense que ça a été nettement plus efficace
39:33que certains discours syndicaux.
39:35En tout cas, ces YouTubeurs sont très suivis.
39:37Il y en a une centaine aujourd'hui.
39:39Il y en avait un il y a trois quart d'heure à peu près, Thierry,
39:41agriculteur d'aujourd'hui, vous le trouvez sur YouTube,
39:43si vous l'abonnez. On accueille aussi
39:45notre invité, Pierre Ycorel,
39:47président des Jeunes Agriculteurs. Dans tout ce que vient de dire
39:49Frédéric Donnet de Marianne,
39:51vous vous êtes reconnu.
39:53Oui, en partie, mais
39:55néanmoins, on ne le partage pas
39:57vraiment. En tout cas, c'est une autre approche qu'on a,
39:59c'est-à-dire qu'on sait
40:01qu'on a un défi démographique qui est face à nous,
40:03avec un vieillissement de la population agricole
40:05et si, en fait, on continue à dire
40:07que, socialement, c'est un métier
40:09qui n'est pas acceptable, on n'attirera
40:11personne. Et donc, en fait,
40:13la vérité m'oblige à vous dire que
40:15le président de Jeunes Agriculteurs que je suis, qui est
40:17en tout un agriculteur sur sa ferme,
40:19part en vacances... Vous êtes où d'ailleurs ?
40:21Je suis agriculteur-éleveur dans les Alpes d'Eau de Provence,
40:23en Gaeque, et donc
40:25éleveur de vaches à viande.
40:27Et donc, en fait, l'honnêteté m'oblige à vous dire
40:29que je suis parti cette année en vacances
40:31dans les îles et au ski, donc
40:33je m'intègre pleinement à, finalement,
40:35une société. Mais oui, ça va. Et il faut le dire,
40:37il y a des projets qui marchent, il y a des projets qui vont
40:39bien, et on a besoin de les valoriser, de les
40:41dire, parce qu'on a besoin de relever
40:43tout ça. On a besoin aussi de casser
40:45ces clichés qui sont ancrés, et on le
40:47voit quand on a des initiatives
40:49comme les Youtubers, on arrive à
40:51renverser des codes et des clichés qui nous font mal.
40:53Comment on réconcilie les deux, justement ? Parce qu'il y a le
40:55cliché, effectivement, de l'agriculteur qui n'a pas de week-end,
40:57qui n'a pas de vacances, qui n'a pas de RTT, je le disais avant.
40:59C'est qu'il est forcément pauvre. Ils existent aussi,
41:01ceux-là, et il y a celui comme vous qui arrive
41:03à trouver un mode de vie
41:05florissant.
41:07Notre but, nous, syndicalement,
41:09c'est de s'appuyer sur ceux qui
41:11fonctionnent, sur les filières qui réussissent, pour
41:13tracter ceux qui sont un peu plus dans la difficulté.
41:15On a besoin d'accompagner tout le monde, on a besoin
41:17de tirer tout le monde vers le haut, et donc
41:19on a un gros défi là, parce qu'on a
41:21ce changement climatique qui vient pressuriser
41:23encore un peu plus la profession,
41:25ce problème politique
41:27qu'on voit là dans le pays depuis un petit moment,
41:29qui donne aussi peu de perspectives,
41:31et donc, en fait, notre rôle à nous,
41:33c'est de coordonner ça, c'est de redonner de la visibilité
41:35avec des outils tels que sont les
41:37plans et contrats d'avenir qu'on porte chez GIA,
41:39pour donner de la visibilité, pour s'installer,
41:41et pour enfin être un peu serein, parce que sinon,
41:43je le redis, on n'attirera personne
41:45et on aura tous perdu notre souveraineté alimentaire,
41:47malgré tous les efforts qui sont faits par tout le monde
41:49autour de notre filière agricole.
41:51Donc, restez sereins, restez optimistes.
41:53Stéphane Laiany est avec nous, bonjour !
41:55Vous êtes le client d'à peu près les trois quarts des agriculteurs
41:57qui passent ici, vous êtes le président du marché international
41:59de Rungis.
42:01Précisément, c'est le ventre de Paris,
42:03c'est le ventre de la France.
42:05Oui, et c'est aussi le marché des agriculteurs.
42:07C'est une chose que les gens ne savent pas,
42:09c'est qu'on a plus de 400 agriculteurs
42:11sur le marché de Rungis, sur 1200,
42:13on a toutes les grandes coopératives,
42:15on a des petits producteurs
42:17d'Île-de-France qui vendent tout,
42:19tous les jours,
42:21des carottes, des navets,
42:23des salades, des tomates,
42:25des fraises, il y a tout sur le marché de Rungis,
42:27et il y a aussi la fleur.
42:29Il ne faut jamais oublier l'horticulture,
42:31qui est une activité extrêmement importante
42:33et qu'on soutient.
42:35Cette année, on a fêté les 20 ans
42:37du carreau des producteurs
42:39avec, comme parrain,
42:41Guillaume Canet.
42:43Ça a été une fiesta pas possible.
42:45Moi, je pense,
42:47comme Pierrick, qu'il faut
42:49positiver.
42:51Il faut enfin positiver.
42:53Le Fernand Reynaud, ça eut payé,
42:55mais ça ne paye plus.
42:57C'est les années 50.
42:59On est en l'an 2020,
43:01et donc, clairement, en 25.
43:03Et donc, clairement,
43:05je pense qu'il faut redonner de la fierté aux agriculteurs.
43:07On ne méconnaît pas les difficultés de trésorerie,
43:09les cataclysmes naturels,
43:11les problèmes de simplification.
43:13On les connaît, on est derrière eux,
43:15on les soutient.
43:17Maintenant, je pense qu'il faut redonner une fierté
43:19parce que si on ne redonne pas
43:21de fierté aux agriculteurs,
43:23il n'y aura pas d'attractivité.
43:25Et si les jeunes ne rentrent pas,
43:27ce que je crains, moi, à Rungis,
43:29mon problème,
43:31ce n'est pas de ne pas avoir
43:33de produits français,
43:35c'est qu'on ne les produit plus, on les produit moins.
43:37Il y avait 400 000 tonnes de fruits à noyaux
43:39dans les années 2000,
43:41il y en a 200 000.
43:43Parce qu'il faut des jeunes,
43:45il faut de la démographie agricole,
43:47il faut des gens qui les produisent,
43:49et puis il ne faut pas trop
43:51de contraintes environnementales.
43:53Bien sûr, on veut des produits
43:55de qualité. J'étais le premier à faire
43:57la plus grande halle bio d'Europe.
43:59Donc, clairement,
44:01on y croit, et on va lancer
44:03un bel marché durable.
44:05Mais en même temps, il faut
44:07quand même être raisonnable.
44:09C'est-à-dire qu'il y a un rapport
44:11coût-bénéfice. Si on écrase
44:13une mouche avec un marteau, évidemment,
44:15les gens vont continuer à manger des cerises.
44:17Il n'y a pas de problème.
44:19Frédéric Donnet, vous étiez d'accord,
44:21journaliste à Marianne, et resté positif malgré tout.
44:23Oui, et puis arrêtez,
44:25ne tombez pas dans les clichés, c'est l'écologique
44:27qui est la cause de tout.
44:29Si les agriculteurs ont du mal à vendre leurs produits,
44:31ce n'est pas à cause de l'écologie, c'est parce que la grande distribution
44:33leur achète sous le prix de production.
44:35Deuxièmement, oui, restez positif, et arrêtez
44:37de s'enfermer dans un schéma victimaire.
44:39Les agriculteurs sont des malheureux,
44:41sont forcément des pauvres, ils ne s'en sortent pas.
44:43Non, il y en a qui s'en sortent. Et oui, c'est ce modèle-là,
44:45ces gens-là qu'il faut mettre en avant,
44:47et pas ceux qui soi-disant...
44:49Souvenez-vous de l'AMSA en 2017,
44:51les agriculteurs sont pour un tiers d'entre eux
44:53à gagner 450 euros, c'est faux et archi-faux.
44:55Les agriculteurs gagnent bien plus leur vie
44:57que ce que l'on dit, et c'est ça qu'il faut montrer.
44:59Et c'est ce qu'on peut aussi découvrir dans les pages
45:01de Marianne, dans vos kiosques.
45:03Cette semaine, dossier spécial
45:05en partenariat avec Sud Radio.
45:07On termine par un mot d'avenir
45:09du président des jeunes agriculteurs.
45:11Écoutez, tout simplement, moi j'invite
45:13tout le monde à rejoindre notre métier,
45:15venir découvrir pendant le salon de l'agriculture
45:17ce que c'est que l'agriculture. Nos fermes sont ouvertes
45:19et on a besoin de capter tout ça.
45:21Et voilà, on est en capacité d'avoir
45:23des belles filières qui sont soutenues.
45:25Maintenant, tout ça c'est des projets économiques aussi
45:27parce qu'on est dans du marché qui est mondialisé,
45:29qui est ouvert. On est des chefs d'entreprise,
45:31on a besoin d'être formés, et tout ça se passe
45:33plutôt bien. Et voilà, on a juste
45:35besoin de sortir de ce marasme
45:37parce que, je le dis, quelqu'un
45:39qui est heureux dans sa vie, dans son travail,
45:41il est forcément productif.
45:43Et c'est pas un gros mot d'être productif en France quand on est agriculteur.
45:45Laissez-nous produire, ce sera le mot de la fin.
45:47Merci beaucoup, Pierre Icorel,
45:49président des Jeunes Agriculteurs. Merci Frédéric Denez,
45:51journaliste à Marianne. Je le rappelle
45:53toujours, dans vos kiosques, dossiers en partenariat
45:55avec Sud Radio. Merci,
45:57Stéphane Laiany, passé à Rungis aussi
45:59un jour, allez visiter quand même.
46:01On aime les bons produits, surtout en France.
46:03Merci à tous. Allez, restez avec nous,
46:05on va se retrouver dans un instant,
46:07juste après, on va retrouver
46:09Alexandre Devecchio, tiens, qui va me rejoindre en studio.
46:11Alexandre Devecchio, ici, en toute vérité,
46:13vous le savez, vous l'avez toujours en direct
46:15de 11h à midi.
46:17Alexandre Devecchio, en studio,
46:19est demandé en studio maintenant.
46:21Alexandre, bonjour. On vous retrouve
46:23en partenariat, on vous retrouve
46:25en direct, sur Sud Radio, en toute
46:27vérité, de 11h à midi.
46:29On va parler d'agriculture. Oui, tout à fait.
46:31On aura comme invité
46:33la députée européenne et agricultrice
46:35Céline Imat. On sera
46:37également rejoint par Jérôme Bell,
46:39figure de la contestation
46:41paysanne, et par
46:43Thomas Le Noir, député UDR de
46:45la Creuse. On parlera, effectivement,
46:47du monde rural, voir si les
46:49malheurs de l'Europe, enfin, les malheurs
46:51de l'Europe, pardon, les malheurs du monde rural
46:53et agricole sont causés par l'Europe.
46:55Est-ce qu'il y a réconciliation possible
46:57avec les écolos ? On parle de tout
46:59ça, en toute vérité, tout
47:01de suite, là, entre 11h à midi.
47:03Et puis, n'oubliez pas, il y a un autre rendez-vous, on est sur Sud Radio,
47:05les amis, à 16h, coup d'envoi.
47:07Italie, France, allez les Bleus,
47:09évidemment, c'est le tour de nos destinations, sur Sud Radio,
47:11la radio du rugby.
47:13Sud Radio, parlons
47:15vrai, parlons vrai, Sud Radio,
47:17parlons vrai. En direct
47:19du Salon international de l'agriculture,
47:21depuis le stand de la coopération
47:23agricole.

Recommandations