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00:00Face à Philippe Devilliers, 10h-11h sur Europe 1, Eliott Deval.
00:10Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur Europe 1 pour Face à Philippe Devilliers de 10h à 11h chaque samedi matin, c'est votre rendez-vous chers auditeurs.
00:20Philippe Devilliers, bonjour. Bonjour Eliott. Bonjour Geoffroy.
00:23Geoffroy Lejeune est avec nous, cher Geoffroy, comment allez-vous ?
00:25Moi je suis très très en forme, mais moins que Philippe.
00:28J'ai eu Philippe à minima 10 fois cette semaine et je peux vous dire que Philippe Devilliers est en pleine forme.
00:37Accrochez-vous, restez avec nous jusqu'à 11h parce que Philippe Devilliers a beaucoup de choses à dire aujourd'hui.
00:42On est ensemble jusqu'à 11h sur Europe 1.
00:46Face à Philippe Devilliers, 10h-11h sur Europe 1, Eliott Deval.
00:53Et pour commencer d'abord Philippe, bravo. Philippe Devilliers, vous entrez un peu plus dans l'histoire des Sables d'Olonne.
00:59Cette semaine le conseil municipal a décidé de vous rendre hommage en baptisant une promenade en votre nom, la promenade Philippe Devilliers.
01:08Alors pour que les auditeurs comprennent, vous avez en quelque sorte votre étoile sur Hollywood Boulevard Philippe.
01:14Alors voilà, j'étais très surpris. C'est le conseil municipal des Sables d'Olonne, conduit par son maire Yannick Porreau,
01:24plein de gratitude, c'est rare en politique, qui a dit il faut qu'il y ait un lieu au nom de celui qui a cofondé le Vendée Globe avec Philippe Janteau.
01:37C'était en 1700... en 1900 ! Donc en 1988 et j'étais jeune président du conseil général.
01:51À l'époque je peux vous dire qu'il n'y avait pas un Sablé, pas un Vendée qui croyait que c'était raisonnable.
01:57Aujourd'hui le Vendée Globe a fait le tour du monde, c'était un immense succès et ça me touche beaucoup.
02:05Tout à l'heure on disait qu'une distinction à bienfait doit toujours se recevoir avec un léger mouvement de recul mais elle ne se refuse jamais.
02:13Et quand j'ai appris ça, Eliott, Geoffroy, j'ai écrit à l'ARCOM.
02:22Ah bon ? Vous avez demandé quoi à l'ARCOM, au nouveau directeur de l'ARCOM qui nous regarde j'imagine ?
02:29Parce que je me suis dit qu'ils vont être jaloux de ne pas avoir leur rue et j'ai la réponse de l'ARCOM.
02:37Si oui, un quai de Seine, Eliott Deval, Geoffroy Luchon, ils m'ont simplement dit que la décision sera prise en dernier ressort, en appel, par Madame Dialgaud.
02:56Et cette promenade, elle va des Sables d'Olonne, mais elle va jusqu'où ? Est-ce qu'elle va par exemple, je regardais jusqu'au 55 du promenade ?
03:04Alors je vous réponds, j'ai deux voisins qui sont morts tous les deux, John Kennedy et moi je suis au milieu.
03:15Donc c'est le prolongement de la promenade John Kennedy, c'est ce que j'ai compris, et de là de Tassini qui est vendéen comme vous le savez.
03:23Eh bien écoutez, ça ne va pas jusqu'au 55 rue du Faubourg Saint-Honoré, je le dis pour l'ARCOM, ça ne va pas jusque-là.
03:32Avec un drone peut-être.
03:34Philippe Devilliers, autre chose évidemment et là on va entrer dans le dur.
03:41Nous venons de vivre une semaine, pas comme les autres, avec la décision en première instance de condamner Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires.
03:49Je vous rappelle la condamnation aux téléspectateurs, 4 ans de prison dont 2 fermes aménageables sous bracelet électronique à domicile,
03:55100 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, c'est-à-dire l'application immédiate malgré l'appel.
04:03Appel dont on connaîtra la décision à l'été 2026, au moins avant les élections de 2027.
04:10Incroyable aurait dit Marine Le Pen avant de se lever et de quitter la salle d'audience sans même attendre le prononcer de sa peine.
04:18Geoffroy Lejeune, vous nous racontez toutes les semaines des épisodes de votre vie politique qui a duré 30 ou 40 ans.
04:24Est-ce que vous avez déjà vécu un tel séisme ?
04:28Incroyable. Je reprends l'interjection de forme exclamative pour dire que c'est incroyable.
04:43Qu'est-ce que ça veut dire incroyable en fait ?
04:46Ça veut dire, quand on a beaucoup vécu, quelque chose d'inattendu, d'imprévisible, une éruption d'un monde dans un autre monde.
05:03Et là, en l'occurrence, vous avez les murs porteurs, les institutions qui sont délégitimées à travers l'institution judiciaire.
05:12On va en parler, j'imagine.
05:14Et vous avez la clé de vote qui elle-même, de toute façon, sera branlante.
05:18Parce que le président qui sera élu ou la présidente qui sera élue, ce sera soit malgré une condamnation, soit à cause d'une condamnation.
05:26Et donc, oui, c'est incroyable.
05:30Et pour répondre à votre question, vous me demandez si j'ai vécu des événements comme ça.
05:37Alors, pas du même ordre, mais j'ai vécu mai 68.
05:47J'ai dit incroyable, en mai 68, à mes camarades de classe, en apprenant que le pouvoir était vacant.
05:58Le 29 mai, je me souviens, j'ai passé mon bac.
06:02J'ai eu mon bac dans une pochette surprise, c'était d'ailleurs.
06:07Incroyable.
06:09Bernard Tricot, le secrétaire général de l'Elysée, va voir Georges Pompidou, le premier ministre, et lui dit, le général a disparu.
06:18Il est à Colombais ? Non, il n'est pas à Colombais.
06:20Et en fait, il est à Baden-Baden.
06:22On n'a jamais su pourquoi.
06:24Et là, il y a Mitterrand qui s'excite, il y a Madeleine de France qui dit, mais nous on est prêts.
06:28Stade Charleti, vous êtes trop jeunes pour avoir vécu ça, mais le pouvoir est vacant pendant plusieurs heures.
06:35Mais incroyable, ça veut dire quoi ?
06:37Mais qu'est-ce qui va se passer après ?
06:39En fait, c'est ça quand on dit incroyable.
06:41Qu'est-ce qui va se passer ?
06:43Et qu'est-ce qui va se passer ?
06:45La deuxième fois, je me suis dit, qu'est-ce qui va se passer ?
06:47J'étais à l'Assemblée, à côté de mon ami Charles Millon,
06:51et il me dit, en apprenant que le mur de Berlin est tombé,
06:58il me dit, j'aurais pensé que ce fut pour nos arrières petits-enfants peut-être,
07:04mais jamais pour nous.
07:06Et il me prend le bras et me dit, à ton avis, qu'est-ce qui va se passer ?
07:09Je dis, j'en sais rien.
07:11Et là, tous les politiciens français, y compris Mitterrand, flottent.
07:15Qu'est-ce qui va se passer ?
07:17Alors là, ce détour historique ne doit pas me dispenser de répondre au cœur de votre question.
07:25Incroyable, pourquoi ?
07:28Il y a un mot de Camille Desmoulins que j'ai toujours médité.
07:37Desmoulins dit avec beaucoup de verve,
07:43« Pour éliminer un adversaire, les tyrans malhabiles usent de baïonnettes.
07:51Les tyrans habiles usent de la loi. »
07:56Il faut rapprocher cette recommandation d'une phrase lâchée par Ursula von der Leyen au moment des élections italiennes.
08:06Je ne sais pas si vous vous souvenez.
08:08Elle avait dit, « Si les choses tournent mal, nous avons les outils. »
08:13Tiens, tiens, la boîte à outils.
08:17Qu'est-ce qu'il y a dans la boîte à outils ?
08:20Le Parlement européen avait dans la boîte à outils les juges et l'État de droit.
08:28L'État de droit, c'est un truc flottant qui s'adapte comme une arme, un fusil à tirer dans les coins.
08:37Et spécialement dans les coins de la droite, comme vous le savez.
08:40Ah, l'État de droit.
08:43En fait, il y a eu cette semaine un très bon papier de Noël Lenoir, membre honoraire du Conseil constitutionnel.
08:53Elle a parlé du messianisme judiciaire.
08:57Le mot est juste et j'explique pourquoi.
09:01À Rome, il y avait ce qu'on appelait, sous la République, la puissance tribunicienne.
09:07Face à l'Imperium, il y avait le tribun de la plèbe qui était censé représenter le petit peuple face aux patriciens.
09:19Et il avait un droit d'interceptio, c'est-à-dire il avait un droit de veto.
09:25Il était la puissance tribunicienne.
09:28Tribunicia potestas.
09:32Et pourquoi je dis ça ? Parce qu'en fait, dans ses attendus, le tribunal correctionnel de Paris se comporte de manière tribunicienne.
09:46C'est-à-dire qu'il se dit qu'il est le défenseur du peuple contre les puissants.
09:53C'est sa motivation.
09:56En d'autres termes, la puissance tribunicienne est passée du politique au prétoire.
10:02Et ça donne quoi ?
10:04Ça donne une double interférence entre le judiciaire et le pouvoir politique.
10:11Avec un double affaissement.
10:14Le premier affaissement, c'est le pouvoir législatif.
10:19Puisque, ce qui est inouï pour moi, quand on a vécu il y a 40 ans, et j'expliquerai pourquoi tout à l'heure.
10:27Le pouvoir judiciaire définit désormais ce qu'est la vie parlementaire, ce que doit faire un parlementaire, ce qu'il ne doit pas faire, ce que doit faire un assistant, ce qu'il ne doit pas faire.
10:39Donc en fait, c'est une émission formidable dans la vie politique elle-même.
10:47Le législatif.
10:49Donc le législatif est mort.
10:51Il est un pouvoir soumis au judiciaire.
10:54Et deuxièmement l'exécutif, puisque c'est désormais le pouvoir judiciaire qui fait le casting de la prochaine présidentielle.
11:01En d'autres termes, et comme le dit Noël Lenoir, c'est plus une justice de juge, c'est une justice de justicier.
11:10Qu'est-ce que ça veut dire ?
11:11Quelle est la différence ?
11:12Une justice de juge, elle juge en droit.
11:15Une justice de justicier, elle juge à partir d'une morale.
11:21Et cette morale, l'état de droit flottant.
11:25Philippe de Villiers, on se retrouve dans un instant sur Europe 1.
11:28C'est la première fois que vous prenez la parole pour réagir, décrypter, commenter cette décision en première instance qui a fait l'effet d'une bombe politique, un séisme démocratique disent certains.
11:41Et on va parler dans un instant sur Europe 1 de l'exécution provisoire.
11:45Restez avec nous pour Face à Philippe de Villiers.
11:56De retour pour Face à Philippe de Villiers sur Europe 1, on est ensemble jusqu'à 11h.
12:00Philippe de Villiers, parlons de l'exécution provisoire.
12:03Puisque la Cour d'appel a décidé d'un nouveau procès à l'été 2026, sans quoi cette mesure empêchait Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle ?
12:12Philippe de Villiers, quelle analyse faites-vous de cette situation ?
12:16Alors, je fais tout de suite un préalable pour que les choses soient très claires.
12:21Moi, je suis l'homme de personne.
12:25Je suis libre.
12:28Je suis le porte-parole de personne.
12:31Et si je monte à Paris depuis ma Vendée le vendredi pour venir vers vous, c'est pour déposer ici ce que je crois être la vérité cristalline.
12:44Je suis sur la fin de ma vie, moi.
12:46Je n'ai rien à gagner, je n'ai rien à espérer.
12:49Je suis libre.
12:51Et donc, je réponds à votre question.
12:55La qualification délictueuse du tribunal correctionnel de Paris concernant le RN ne correspond pas aux faits qui sont reprochés au RN.
13:16Ça peut paraître incroyable, je l'explique.
13:21Vous venez de le dire.
13:22L'accusation, c'est détournement de fond.
13:25Alors là, tous les gens qui nous regardent, et beaucoup d'autres, beaucoup de Français, j'imagine, se disent
13:30Oh là là, détournement de fond, Marine Le Pen, détournement de fond.
13:34Ils ont tapé dans la caisse.
13:36Ils ont mis la main dans le pot de confiture, c'est ce qu'on entend dans tous les bistrots.
13:41Bref, c'est la corruption, quoi.
13:44C'est habituel.
13:47On a eu Cahuzac, on a eu tout ça.
13:49Maintenant, c'est le RN.
13:52Alors, allons au fond des choses, au fond de l'accusation.
13:56Détournement de fond.
13:57Très bien.
13:59Alors d'abord, les juges disent eux-mêmes, j'allais dire à vous, qu'il n'y a pas d'enregistrement personnel.
14:13C'est important que les Français le sachent.
14:15Ah bon, alors il y a détournement de fond, mais il n'y a pas d'enregistrement personnel.
14:18Ah, quand même.
14:19Bon.
14:20Il n'y a pas de corruption.
14:22Il n'y a personne qui a mis des sous dans la poche, des sous d'argent public.
14:31Pas un assistant qui a détourné de l'argent, pas un député qui a détourné de l'argent.
14:41Mais ça va plus loin.
14:43Il n'y a même pas d'emploi fictif.
14:44Ce n'est pas ça le reproche.
14:48On ne reproche pas aux assistants de ne pas avoir travaillé.
14:53C'est la nature du travail qui est en cause.
14:56Et là, il y a un vrai débat.
15:00Moi qui étais parlementaire national et européen, je sais ce que ça veut dire ce vrai débat.
15:08C'est la nature du travail.
15:09C'est-à-dire, pour le Parlement européen, pour le parquet, pour les juges et pour les européistes,
15:20pour les eurofédéralistes, pour l'État profond, un assistant parlementaire à Strasbourg, à Bruxelles,
15:27c'est l'employé du Parlement européen.
15:29Et pour la défense, pour ceux qui sont attaqués, et moi c'est ma conception du parlement, du assistant parlementaire,
15:43l'assistant parlementaire c'est l'employé, le collaborateur du parlementaire, du député.
15:51Et c'est d'autant plus vrai ce que je dis que quand un député au Parlement européen est au pouvoir, dans la majorité,
16:02il fait des résolutions avec tout le monde sur la longueur des essieux, des tendeaux à gazon,
16:08enfin tout ce qu'occupe le Parlement européen pour nous simplifier la vie, comme vous le savez.
16:12Mais quand il est dans l'opposition, il devient tribunicien.
16:16Il devient tribunicien, c'est-à-dire que c'est une parole sur l'Europe, sur la manière dont elle est faite,
16:22dont elle est construite, dont les nations sont déconstruites, etc.
16:25Et donc forcément, dans la fonction du parlementaire, il y a une double fonction,
16:31il y a la fonction parlementaire, je fais les lois, et la fonction politique, je combats les lois qui sont faites.
16:37On ne peut pas couper en deux le parlementaire.
16:40Et l'idée de dire, attention, la fonction politique, ça ne concerne pas les assistants, c'est absurde.
16:48J'ajoute quelque chose qui m'a choqué.
16:52Le tribunal correctionnel a inventé deux délits.
17:00J'espère que la Cour d'appel va s'en apercevoir.
17:04Premier délit, elle a dit, il n'y a pas d'enrichissement personnel, mais il y a un enrichissement partisan.
17:13Mais ça, ce n'est pas dans le code pénal, ça.
17:16Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Enrichissement partisan.
17:19Quand j'ai vu ça, je suis tombé de l'armoire.
17:22Je fais trois fois le tour de ma maison en me disant, mais ils sont complètement hors du temps.
17:28Hors du temps.
17:30Ils inventent, ce sont des funambules de la sémantique juridique, ces nouveaux juristes.
17:36Et deuxièmement, alors ça, c'est pas mal.
17:42Le juge dit, d'ailleurs, ils sont hostiles aux institutions européennes.
17:49Et l'hostilité aux institutions européennes, elle fait partie de l'architecture de la décision.
17:56Ah, vous êtes hostile aux institutions européennes, donc vous êtes suspect.
18:02Mais c'est Fouquetinville.
18:05Incroyable, on a toutes les caractéristiques d'un tribunal révolutionnaire.
18:11Et enfin et surtout, et là j'ai apporté mon expérience et les conversations que j'ai pu avoir.
18:18Je me souviens, en 1991, j'avais lancé un combat incroyable.
18:25Dans l'affaire Urba, les anciens s'en souviennent probablement.
18:29Urba et Torbi d'ailleurs, parce que c'était gauche et droite.
18:32Mais à l'époque, j'attaquais les socialistes.
18:35Et les cahiers Delcroix, etc.
18:37C'est qu'en fait, Jospin, qui a fait le beau sur une autre chaîne il y a deux jours,
18:41il ne se souvient pas que son nom était dans les cahiers.
18:43Ils étaient tous mouillés, les grandes surfaces, les pots de vin, etc.
18:47Et à un moment donné, je rencontre un juge qui demande à me voir, il s'appelle Jean-Pierre.
18:52On l'appelait le petit juge.
18:54Et qu'est-ce qu'il fait Jean-Pierre ?
18:56Il part perquisitionner le Parti Socialiste et ensuite, avec Van Roenbeck un peu plus tard,
19:02il demande à perquisitionner l'Assemblée Nationale et le Sénat.
19:05Et là, il tombe sur un bec.
19:07Je me souviens de Jacques Chaban-Delmas, qui était un grand président,
19:11et Pierre Mazeau, je me souviens des conversations que j'ai eues avec eux en disant,
19:16il faut que le petit Jean-Pierre apprenne une chose,
19:19c'est que c'est l'inviolabilité de la Chambre des députés, l'inviolabilité du Parlement.
19:24C'est une autorité, nous sommes le pouvoir.
19:27Et il n'est pas question que des juges viennent perquisitionner chez nous.
19:31Là, avec cette anecdote, vous mesurez la pente descendue.
19:38En fait, nous sommes devant un pouvoir évanescent.
19:43Pourquoi ? Parce que le pouvoir c'est deux choses, c'est l'apotestas et l'auctoritas.
19:49C'est comme ça qu'on obtient l'obéissance d'un sentiment.
19:53Or, l'apotestas, c'est-à-dire le pouvoir juridique, il est parti à Bruxelles,
19:58et l'auctoritas, c'est-à-dire le pouvoir moral, le fameux état de droit, il est parti chez les juges.
20:03Philippe Devilliers, on reste ensemble avec Geoffroy Lejeune dans les studios d'Europe 1.
20:07On continue de parler du procès des assistants parlementaires du RN.
20:12J'ai encore quelques questions à vous poser, on a besoin de comprendre.
20:16Et on va se projeter vers ce nouveau procès en 2026, puisque Marine Le Pen a décidé d'interjeter appel.
20:21On est de retour sur Europe 1 pour la suite de Face à Philippe Devilliers.
20:35Philippe Devilliers, depuis mardi, les uns et les autres envisagent les voies de recours.
20:40Marine Le Pen parle d'un chemin étroit.
20:43Philippe Devilliers, qu'en pensez-vous de ce nouveau procès, donc de cet appel à l'été 2026 ?
20:49Alors, c'est compliqué, il faut simplifier les choses pour que ça soit compréhensible.
20:56L'exécution provisoire, qui porte mal son nom, on va voir pourquoi, c'est l'idée qu'on exécute la peine au prononcé du jugement.
21:10Et non pas quand toutes les voies de recours sont épuisées.
21:15Par exemple, Georges Tron, il a été inéligible, mais il a eu toutes les voies de recours, et à la fin, il a eu sa peine.
21:30Il a exécuté sa peine, sauf erreur de ma part.
21:34Là, en l'occurrence, on a, dès la première instance, la peine.
21:40L'exécution provisoire, qu'est-ce que c'est l'exécution provisoire ?
21:44En l'occurrence, c'est l'exécution définitive, c'est l'exécution capitale, on devrait dire.
21:52C'est la peine de mort politique, la décapitation.
21:56C'est-à-dire que les juges empêchent Marine Le Pen de concourir à l'élection présidentielle.
22:03Les deux motivations des juges, là encore, sont extravagantes.
22:11La première, c'est le risque de récidive.
22:16On appelle ça, dans le langage empoulé de la magistrature, la réitération.
22:24Alors, la récidive, en fait, c'est pour les grands délinquants.
22:28Alors, la récidive, en fait, c'est pour les grands délinquants.
22:33On ne veut pas qu'ils s'enfuient à l'étranger, donc on leur met l'exécution provisoire tout de suite.
22:39Mais Marine Le Pen, à supposer qu'elle ait commis un délit au Parlement européen, elle n'est plus au Parlement européen.
22:46Donc il n'y a aucun danger de récidive sur les faits tels qu'ils sont qualifiés.
22:52Deuxièmement, alors là, c'est le pompon.
22:59Les juges expliquent qu'il y a un danger, un risque de trouble à l'ordre public démocratique.
23:13Et là, je fais deux réflexions. Première réflexion, l'ordre public démocratique, c'est une notion qui n'existe pas en droit pénal.
23:21L'ordre public démocratique, je ne sais pas ce que c'est.
23:25Et apparemment, tous les juristes qui ont été consultés, il n'y en a pas un qui a pu définir ce qu'est l'ordre public démocratique.
23:33C'est une invention des funambules de la sémantique de la 11e chambre.
23:44Mais il y a plus fort que ça.
23:49C'est que la juge explique qu'il y a danger de trouble à l'ordre public si Marine Le Pen a été élue.
23:59Et là, on comprend mieux. C'est-à-dire qu'il y a danger d'élection.
24:05Et si Marine Le Pen est élue, ça constitue aux yeux de la magistrature un trouble à l'ordre public.
24:19En d'autres termes, Marine Le Pen ne peut pas concourir.
24:24Elle est un risque de récidive, elle est un risque de trouble à l'ordre public.
24:31Et alors, il y a deux arguments fallacieux que j'ai entendus toute la semaine.
24:34Le premier, c'est que les juges n'ont fait qu'appliquer la loi.
24:39Alors, les faits incriminés, j'ai bien regardé, ça date d'avant le 15 février 2016.
24:48Et la loi en question, la loi Sapin, la fameuse loi Sapin, c'est 11 décembre 2016.
24:53Or, il y a un principe en droit, surtout en droit pénal,
24:57aucune loi n'est rétroactive quand elle est plus sévère que la loi précédente.
25:01Donc, ils n'ont pas pu appliquer cette loi, alors s'ils l'ont fait, ils se sont trompés.
25:06Et ensuite, on dit qu'ils ont appliqué la loi.
25:08Mais c'est curieux parce qu'il y a d'autres gens qui sont dans le même cas que Marine Le Pen.
25:13Et j'ai une pensée pour eux dans cet instant.
25:15Notamment LFI, chacun comprendra cette pensée.
25:19J'ai entendu aussi que, en fait, tout ce processus était un processus qui sort de l'état de droit.
25:36Mais l'état de droit, c'est quoi ? De quoi on parle, là ?
25:41Vous savez ce qui me frappe en ce moment ?
25:43Quand on voit toutes les affaires judiciaires qui succèdent,
25:47en 40 ans, tout s'est troublé.
25:51Avant, vous aviez l'indice concordant et grave pour être mis en examen.
26:02Ensuite, pour aller au tribunal, il fallait des charges.
26:06Et ensuite, pour condamner, il fallait des preuves.
26:08Et là, en fait, c'est l'état de droit.
26:11L'état de droit, c'est l'intuition du juge et sa volonté idéologique.
26:16Parlons de volonté idéologique à présent.
26:18Et je voudrais vous montrer deux communiqués du syndicat de la magistrature.
26:22Nous sommes d'abord en juin 2024,
26:25et le syndicat de la magistrature, qui représente 30% des magistrats syndiqués en France,
26:30publie un communiqué où il dit
26:32« Le syndicat de la magistrature appelle l'ensemble des magistrates et des magistrats,
26:36ainsi que toutes celles et ceux qui participent à l'activité judiciaire,
26:39à se mobiliser contre l'accession au pouvoir de l'extrême droite. »
26:43Et puis, en avril 2025, le 1er avril,
26:47je vous promets que ce n'est pas un poisson rouge, Philippe, c'est sérieux,
26:50voilà ce que dit le syndicat de la magistrature,
26:52après cette affaire et cette condamnation en première instance.
26:55« Il convient de rappeler qu'aucun magistrat, aucune formation de jugement,
27:02ni individuellement ni collectivement,
27:04ne saurait être satié, assimilé ou tenu comptable des prises de positions
27:08passées ou à venir des organisations syndicales indépendantes,
27:11fustes telles de portée politique,
27:13comme le permet au demeurant toute expression syndicale. »
27:16Geoffroy Lejeune.
27:17Philippe, dans votre livre « Mémoricide »,
27:19vous avez consacré un chapitre de nombreuses pages
27:21à ce que vous appelez la République des juges.
27:24Alors déjà, qu'est-ce que vous appelez la République des juges
27:27et surtout, est-ce que vous pensez qu'on est en train d'y rentrer ?
27:30La République des juges, c'est la « res publica »,
27:33qui appartient aux juges, c'est-à-dire les juges, les magistrats,
27:36deviennent des souverains.
27:41Je dis ça par rapport à Jean Baudin, le grand légiste,
27:44qui a défini la souveraineté dans les six livres de la République
27:47et qui dit que la souveraineté, c'est le caractère d'une puissance
27:52qui ne relève d'aucune autre
27:55et qui n'entend pas être soumise au concours d'une autre.
28:00C'est clair.
28:02Or là, on est dans une situation
28:05où les juges ont pris le pas sur le pouvoir politique.
28:12Regardez ce qui se passe avec les Cours suprêmes.
28:14Les Cours suprêmes, elles se nourrissent d'une idéologie
28:18qui n'est plus l'idéologie nationale,
28:21qui est une idéologie du paradis diversitaire
28:25et d'un droit de l'homisme qui abandonne la citoyenneté,
28:28la souveraineté populaire, la souveraineté nationale,
28:31au profit des droits de l'homme,
28:34ce que Marcel Gaucher a très bien défini,
28:37et finalement de l'hédonisme consumériste
28:40qui vise à détruire la société.
28:43Il suffit de voir la jurisprudence du Conseil d'État,
28:46comment le délit de séjour est régulier,
28:49du principe de la fraternité, etc.
28:52Je ne développe pas.
28:54Par contre, vous avez parlé du syndicat de la magistrature.
29:01Alors, on a des ministres aujourd'hui qui disent
29:04le syndicat de la magistrature c'est épouvantable,
29:06le mur des cons, etc.
29:07Eux ils n'étaient pas sur le mur des cons, moi j'y étais.
29:10Moi j'étais sur le mur des cons, vous pouvez regarder,
29:13en bonne compagnie d'ailleurs,
29:15avec le papa d'une jeune fille qui avait été violée
29:18et assassinée dans le métro.
29:21Donc je peux parler du mur des cons.
29:23Mais quand vous dites quelque chose,
29:28si ça ne va pas, il faut changer.
29:30Donc le syndicat de la magistrature, moi aujourd'hui je dis,
29:33il ne suffit pas de déplorer,
29:35il faut le supprimer.
29:37Il faut interdire aux magistrats d'être syndiqués,
29:41comme on l'interdit aux militaires.
29:43Moi étant une famille de militaires,
29:45je sais ce que ça veut dire, la grande muette.
29:49Et donc le militaire, il n'est pas là pour aller sur la place publique
29:52et expliquer ce qu'il faudrait faire pour
29:54prendre à l'envers le champ de bataille.
29:57Donc les magistrats,
29:59sous les cas magistrats, il a ses opinions,
30:01tout le monde a ses opinions.
30:03Mais qu'il fasse de son opinion une occasion
30:06de réformer la société,
30:08c'est extrêmement dangereux.
30:10Or c'est ça qui se passe aujourd'hui.
30:12Il y a un magistrat, non des moindres,
30:14très haut placé,
30:16qui m'a appelé, ça m'a vachement surpris.
30:18Et pour me dire, vous savez,
30:20aujourd'hui il y a trois sortes de magistrature,
30:22il y a la magistrature debout,
30:24la magistrature assise,
30:26donc la magistrature debout c'est le parquet,
30:28la magistrature assise c'est le siège.
30:32Et il y a une troisième forme de magistrature
30:34qui respecte le corporatisme syndical de la magistrature,
30:37la magistrature debout, la magistrature assise
30:39et la magistrature couchée.
30:42Depuis mardi, Philippe de Villiers, les uns et les autres
30:44envisagent les voies de recours.
30:46Marine Le Pen parle d'un chemin étroit.
30:48Et vous ?
30:52Sur un chemin montant, sablonné,
30:54sablonneux, mal aisé.
30:58Oui, alors il y a,
31:00j'énumère, premièrement,
31:02la saisine de la Cour européenne de justice
31:04parce que là, dans le monde entier,
31:06dans tous les pays,
31:08l'appel suspensif est respecté,
31:11la présomption d'innocence est respectée,
31:13or, dans ce jugement, elle ne l'est pas.
31:15On ne respecte pas les deux
31:19les deux degrés de juridiction.
31:23Deuxièmement,
31:25le Conseil constitutionnel,
31:27pour le rappeler
31:29à sa jurisprudence,
31:31puisque le 28 mars dernier, le Conseil constitutionnel a dit
31:33qu'il faut que la décision soit proportionnée,
31:35elle ne l'est pas,
31:37et qu'elle garantisse
31:39la liberté de l'électeur.
31:41Moi, ce qu'on peut se dire, c'est que,
31:43sans être juriste,
31:45chacun comprend ce que je veux dire. Elle ne l'est pas.
31:47Donc, le Conseil constitutionnel peut très bien dire
31:49attendez, je redis
31:51ce que j'ai dit le 28 mars.
31:53Et troisièmement, l'appel.
31:55Et je redis ce que j'ai dit tout à l'heure,
31:57c'est que, pour l'appel,
31:59si on est sur la promenade
32:01Philippe de Villiers aux Sables d'Olonne,
32:03je propose que François Bayrou et Marine Le Pen
32:05montent dans le même bateau
32:07vers la haute mer,
32:09vu qu'ils vont passer ensemble.
32:11Et si jamais ils coulent,
32:13les deux couleront.
32:15Mais il n'y a pas de raison que
32:17Marine soit coulée
32:19sur son embarcation
32:21et que Bayrou s'en tire.
32:23Et il va passer
32:25juste après Bayrou, donc ça va être intéressant.
32:27Ça va être un moment
32:29très intéressant à observer.
32:31Et puis enfin,
32:33il y a la voie législative,
32:35la loi Ciotti.
32:37C'est-à-dire une loi
32:39qui permettrait
32:41de rétablir
32:43que l'appel,
32:45en France, est suspensif
32:47et que quand
32:49on n'est pas condamné de manière définitive,
32:51on est toujours innocent.
32:53Philippe de Villiers, on a tout dit sur le procès
32:55des assistants parlementaires du RN
32:57et la condamnation en première instance
32:59de Marine Le Pen. C'est une affaire
33:01qui va durer, bien sûr,
33:03puisque, vous l'avez bien expliqué,
33:05il y aura ce procès en appel
33:07à l'été 2026.
33:09Je vous propose qu'après la publicité,
33:11on parle de Donald Trump
33:13qui lance une guerre commerciale.
33:15Voilà ce que disent des spécialistes.
33:17Restez avec nous, on en parle dans un instant
33:19sur Europe 1 pour Face à Philippe de Villiers.
33:21Face à Philippe de Villiers.
33:2510h-11h sur Europe 1.
33:29Eliott Deval.
33:31Face à Philippe de Villiers sur Europe 1.
33:33On est ensemble, je le rappelle, jusqu'à 11h.
33:35Philippe de Villiers, voilà une guerre,
33:37un bras de fer que vous annonciez
33:39depuis l'élection américaine
33:41et la victoire de
33:43Donald Trump. L'oncle Sam pense
33:45d'abord Amérique, avant de penser
33:47libre-échange. Donald Trump a annoncé
33:49mettre en place des droits de douane bien plus
33:51importants qu'auparavant. Minimum 10%
33:53sur toutes les importations.
33:5520% pour les produits arrivant
33:57de l'Union Européenne. Philippe de Villiers,
33:59est-ce que nous entrons dans
34:01un nouveau monde ?
34:03D'abord, il faut partir de l'ancien monde que j'ai bien connu.
34:05L'ancien monde,
34:07c'est le monde
34:09des préférences régionales.
34:11C'est avant la chute du mur.
34:13Le monde des préférences régionales,
34:15vous aviez l'ENA en Amérique, vous aviez l'ASEAN
34:17en Asie, vous aviez la CEE.
34:19Et puis tout à coup, les dividendes
34:21de la paix, la chute du mur
34:23de Berlin, la mondialisation heureuse
34:25pour reprendre le terme de Minc.
34:27La mondialisation heureuse, ça veut dire quoi ?
34:29Ça veut dire qu'on pense
34:31que la prospérité, ça sera un marché
34:33planétaire de masse.
34:35C'est un système
34:37dans lequel ce sont les pauvres
34:39des pays riches qui subventionnent les riches
34:41des pays pauvres. C'est un système
34:43dans lequel l'entrepreneur
34:45va un temps.
34:47Et c'est un système dans lequel
34:49il y a les chaînes
34:51de valeurs globales qui sont interconnectées
34:53et au nom de cette interconnection, on se dit
34:55que ce sera la paix définitive.
34:57Ils se sont tous plantés. Résultat,
34:59la désindustrialisation.
35:01Chez nous et aux Etats-Unis.
35:03Or, comme c'est un Américain,
35:05Trump, qui est attentif
35:07aux intérêts vitaux de son pays,
35:09la ceinture de rouille, vous vous souvenez,
35:11qui a voté pour lui, il dit moi je veux
35:13réindustrialiser.
35:15Qu'est-ce que ça veut dire ?
35:17Ça veut dire que jusqu'à présent,
35:19c'est le consommateur qui l'emporte
35:21sur le producteur dans le marché planétaire
35:23Je veux que ce soit le producteur
35:25qui à nouveau l'emporte sur le consommateur.
35:27Jusqu'à présent,
35:31avec les chaînes de valeurs globales,
35:35chaque pays perdait sa personnalité
35:37et on pensait que
35:39on aurait le bien-être cosmique.
35:41Et puis voilà,
35:43qu'on change de monde.
35:45Dans ce monde-là,
35:47la frontière
35:49revient.
35:51Dans ce monde-là,
35:53la nation revient.
35:55Dans ce monde-là,
35:57le politique revient.
35:59Dans ce monde-là,
36:01la puissance revient.
36:03J'ai décrit
36:05le miroir sans teint
36:07de l'Europe finissante.
36:09Je le répète, au moment de l'élection de Donald Trump,
36:11vous nous présentiez
36:13ce qui était en train de se passer
36:15et ce qui est en train de se passer
36:17du côté des États-Unis, qui a des conséquences,
36:19notamment, sur le reste du monde.
36:21Geoffroy Lejeune, c'est à vous.
36:23Philippe, cette semaine, le 1er avril, nous avons commémoré
36:25la naissance de
36:27Edmond Rostand, le grand dramaturge
36:29français, et vous avez souhaité,
36:31pour votre apologue, nous parler de sa pièce maîtresse,
36:33celle qu'il a rendue célèbre, Cyrano de Bergerac.
36:39C'est un grand moment
36:41de la littérature française.
36:45On est ensemble, au théâtre
36:47de la Porte Saint-Martin.
36:49Théâtre prestigieux, s'il en est.
36:51C'est la couturière,
36:53c'est la panique, c'est l'angoisse.
36:57L'auteur agite son monocle.
37:01La presse a déjà
37:03titré « Ce sera un four ».
37:07Parce que le héros est inconnu,
37:09l'auteur n'est pas sûr de son verbe,
37:11la pièce est trop longue, etc.
37:13Et avant la première,
37:15pendant la couturière,
37:17il y a Sarah Bernhardt
37:19qui est là, qui assiste à la couturière.
37:21Sarah Bernhardt, c'est immense.
37:25Et il y a Constant,
37:31le rôle principal,
37:33qui joue Cyrano,
37:37et qui est l'ami d'Edmond Rostand.
37:41Et là, Edmond Rostand le prend dans ses bras, en larmes,
37:43et lui dit « Pardon, pardon,
37:45pardonnez-moi de vous avoir entraîné
37:47dans cette aventure désastreuse. »
37:51Et puis finalement,
37:53le lendemain, c'est la première,
37:57et il y a les premiers sifflets,
37:59mais très vite, ça s'arrête,
38:01et à la fin du premier acte,
38:03il y a neuf rappels.
38:05Et puis ensuite,
38:07les gens applaudissent et réclament et acclament
38:09l'auteur, ils réclament l'auteur.
38:11Et alors, il y a
38:13la fameuse séquence
38:15de la tirade du nez,
38:17que je connais bien pour l'avoir expérimenté.
38:21Les gens qui ont un grand nez
38:23ont un fort caractère.
38:31« Oh non,
38:33c'était un peu court,
38:35jeune homme.
38:37On pouvait dire au Dieu
38:39bien des choses. En somme,
38:41c'est un roc,
38:43c'est un pic,
38:45c'est un cap.
38:47Que dis-je, c'est un cap.
38:49C'est une péninsule.
38:51Vous aimez à ce point
38:53les oiseaux
38:55que paternellement
38:57vous vous préoccupâtes
39:01de tendre
39:03ce perchoir à leurs petites pattes.
39:05Et puis ensuite,
39:07les gens sont debout
39:09à petites pattes
39:11et se rassoient.
39:13Les acteurs sont troublés et ne savent plus
39:15comment dire leur texte.
39:17Et arrive la séquence du « Non, merci.
39:21Être terrorisé,
39:23barre de vagues,
39:25gazette.
39:27Se dire sans cesse.
39:29Comment
39:31pourrais-je
39:33être présent
39:35dans les petits papiers du Mercure François
39:37à voir ça une ?
39:41Lors même qu'on n'est pas
39:43le chêne ou le tilleul,
39:45monté moins haut peut-être,
39:47mais tout seul.
39:49Ah, le public se relève.
39:51Et à la fin,
39:53il y a la séquence
39:55du panache.
39:59Je sais bien qu'à la fin,
40:03vous me mettrez à bas.
40:05N'importe.
40:07Je me bats.
40:09Je me bats.
40:11Je me bats.
40:15Et à la fin, il dépose son panache.
40:17Le public est debout.
40:21Edmond Rostand va rentrer
40:23à l'Académie Française.
40:25Et là, il a ce mot.
40:27Le panache,
40:29c'est la victoire de l'esprit qui voltige
40:31sur la carcasse
40:33qui tremble.
40:35Et puisque je parle du panache,
40:37je suis heureux
40:39de vous annoncer
40:41Eliott Jofroy,
40:43qu'il y a un événement littéraire
40:45majeur dans notre pays,
40:47sur une colline
40:49de Vendée.
40:51Bientôt,
40:53les Français brandiront
40:55le panache.
40:57C'est le magazine du roman national.
40:59Enfin, il sort.
41:01Chacun peut s'abonner.
41:03Et
41:05c'est un
41:07magazine qui est fait pour les jeunes,
41:09pour les enfants.
41:11C'est magnifique.
41:13C'est
41:15l'esprit
41:17d'élévation, de beauté,
41:19de pérennité française.
41:23C'est tout le légendaire français.
41:25La mémoire visante du dépôt
41:27millénaire. Dans l'esprit
41:29des apologues
41:31que vous écoutez avec
41:33attention
41:35et
41:37beaucoup d'affection
41:39et de délicatesse chaque
41:41vendredi. Voilà, le panache.
41:43Un grand merci, Philippe Devilliers.
41:45Je vous souhaite un excellent week-end.
41:47Merci, Eliott. Merci, Jofroy.
41:49On se retrouve la semaine prochaine
41:51à la même heure, 10h, 11h
41:53sur Europe 1. Mais dans
41:55un instant, c'est la table des bons vivants
41:57avec Laurent Mariotte, cher Laurent.
41:59Bonjour. Quel est le menu ce midi ?
42:01Bonjour, Eliott. Bien consommer
42:03et rémunérer au juste prix
42:05ceux qui nous nourrissent, eh bien, c'est possible.
42:07On en parle avec Nicolas Chaban de la
42:09marque C'est Qui le Patron. Et puis,
42:11Nina Metteyer nous apporte le dessert.
42:13C'est la meilleure pâtissière du monde.
42:15Oh, il y a du niveau. À tout de suite.

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