Marine le Pen : 2 ans de prison et 5 ans d'inéligibilité. Exécution provisoire d'une peine d'inéligibilité en débat? Quel recours possible?
Invités:
-Bryan Masson, député "Rassemblement National" des Alpes-Maritimes
-Pierre Cazeneuve, député "Ensemble pour la République" des Hauts-de-Seine
Invités:
-François Cormier-Bouligeon, député "Ensemble pour la République" du Cher
-Marianne Maximi, députée "La France insoumise" du Puy-de-Dôme
Suivez en Exclusivité ce temps fort de la vie politique et parlementaire sur LCP-Assemblée nationale !
Tous les mardis, LCP-Assemblée nationale propose une grande session d'actualité parlementaire à l'occasion des Questions au Gouvernement à l'Assemblée nationale. Interviews, duplex, reportages... un panorama complet avant d´entrer dans l'Hémicycle où les députés questionnent les membres du Gouvernement.
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-Pierre Cazeneuve, député "Ensemble pour la République" des Hauts-de-Seine
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-Marianne Maximi, députée "La France insoumise" du Puy-de-Dôme
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NewsTranscription
00:00Bonjour à tous, on se retrouve dans un instant sur LCP
00:04pour les questions au gouvernement.
00:06Tout le monde ne parle que de cela.
00:08La condamnation de Marine Le Pen,
00:104 ans de prison, 100 000 euros d'amende,
00:12mais surtout 5 ans d'inéligibilité avec effet immédiat.
00:16A tout de suite.
00:17...
00:29Bienvenue pour les questions au gouvernement.
00:32La séance est à suivre en direct et en intégralité.
00:35A partir de 15h, le décompte est lancé.
00:38On va revenir sur ce que l'on qualifie
00:41de coup de tonnerre, de séisme politique.
00:43Marine Le Pen, condamnée, inéligie pendant sa cance,
00:46candidature pour 2027, grandement menacée,
00:50est la présidente du groupe RN, qui contre-attaque ce matin.
00:54Le système a sorti la bombe nucléaire.
00:58Et s'il utilise une arme aussi puissante contre nous,
01:04c'est évidemment parce que nous sommes sur le point
01:07de gagner les élections.
01:09Si ce sont les dirigeants politiques ou des magistrats
01:12qui décident qui peut se présenter
01:16et pour qui les Français peuvent voter,
01:18alors nous ne sommes plus dans une démocratie.
01:21On reviendra sur cette actualité,
01:23on s'interrogera sur les conséquences politiques
01:26et on entendra les différents groupes parlementaires.
01:29Nous retrouverons, depuis la salle des Quatre Colonnes,
01:32Stéphanie Despierres et Clément Perrault.
01:34On suivra l'arrivée du Premier ministre un peu avant 15h
01:38et des membres du gouvernement.
01:40Stéphanie Despierres, le Rassemblement national,
01:42qui va utiliser cette séance de questions au gouvernement
01:45pour faire des comptes.
01:47Oui, parce que le RN n'a pas du tout décidé de faire profil bas.
01:50Bien au contraire, il communique à tout valent.
01:53Ce n'est pas Marine Le Pen qui va interroger le gouvernement,
01:56mais trois de ses lieutenants, de ses proches,
01:59cet après-midi, à propos de son jugement.
02:01Son allié de l'UDR, de l'Union des Droites,
02:04aussi posera une question au gouvernement.
02:06Et puis la gauche va interroger le Premier ministre.
02:09Elle veut lui demander d'être garante de l'indépendance
02:12et de la protection des juges.
02:14Stéphanie Despierres, on va parler de cette condamnation
02:17avec nos invités en plateau.
02:19Bonjour, député Ensemble pour la République des Hauts-de-Seine.
02:22Député Rassemblement national des Alpes-Maritimes,
02:25vous avez retrouvé Marine Le Pen ce matin
02:28lors de la réunion de votre groupe.
02:30Quelle était l'ambiance ?
02:31Une ambiance d'union, de rassemblement.
02:34C'est Marine Le Pen qui a été acclamée par les députés.
02:37Elle a tenu un discours de mobilisation
02:40comme je ne m'y attendais pas.
02:42En réalité, quand on ne connaît pas Marine Le Pen,
02:45on peut se dire que ça y est, elle est abasourdie,
02:48elle a le moral dans les chaussettes.
02:50En fait, pas du tout. Elle est combattive, réactive.
02:53On ne va rien lâcher, parce qu'il en va de la démocratie.
02:56Le RN qui n'entend rien lâcher, Pierre Cazeneuve,
02:59est-ce qu'on peut déjà mesurer les conséquences politiques
03:02de cette décision de justice ?
03:04Déjà, m'étonner et rebondir sur ce que vient de dire mon collègue,
03:08quand une personnalité politique est condamnée à 4 ans de prison
03:11pour avoir détourné 4,1 millions d'euros d'argent public,
03:15je ne crois pas que la bonne réaction,
03:17ce soit de l'acclamer.
03:18On devrait collectivement s'offusquer
03:21de cette condamnation,
03:23parce que c'est très grave ce qui a été reproché à Mme Le Pen.
03:27Et la justice, qui a tranché, qui a rendu son jugement
03:31de manière parfaitement indépendante,
03:33a justement saisi cette gravité
03:35avec cette peine extrêmement lourde à son encombre.
03:38Dans les conséquences politiques,
03:40il y a effectivement cette inéligibilité,
03:42dont on va beaucoup parler, qui fait couler beaucoup d'encre.
03:46Je retiens surtout cette condamnation,
03:48puisque c'est ça, pour moi, le fait politique majeur
03:51de la décision d'hier.
03:52Encore une fois, une dirigeante politique a été condamnée,
03:55reconnue coupable d'avoir détourné 4 millions d'euros d'argent public.
03:59On ne devrait pas l'acclamer.
04:01On devrait collectivement appeler à sa démission.
04:04Justement, on va revenir sur cette décision ensemble.
04:07Clément Perrault, vous étiez hier au tribunal correctionnel
04:10de Paris, et donc Marine Le Pen a été très lourdement sanctionnée.
04:16Oui, Marine Le Pen, hier, a été reconnue coupable
04:18de détournement de fonds publics.
04:21Elle a été condamnée à une peine de 4 ans d'emprisonnement,
04:24dont 2 fermes, mais aménageables avec un bracelet électronique.
04:27Elle a été également condamnée à une amende de 100 000 euros
04:31et à 5 ans d'inéligibilité,
04:34assortie d'une exécution provisoire.
04:37L'exécution provisoire, c'est bien sûr l'élément clé.
04:40Il signifie que Marine Le Pen ne pourra plus se présenter
04:45à des élections dans les 5 prochaines années en l'Etat.
04:48Ca signifie que, malgré son appel,
04:51la sentence est tout de suite effective.
04:54Et comment a réagi la double finaliste
04:56à l'élection présidentielle, Clément Perrault ?
05:01Marine Le Pen était hier soir, vous l'avez peut-être entendu,
05:04au journal télévisé de TF1.
05:06Ce matin, elle était à l'Assemblée nationale
05:08pour rassembler ses troupes.
05:10C'était la réunion de groupe du Rassemblement national
05:13en présence notamment de Jordane Bardella.
05:15Marine Le Pen a redit son indignation
05:18devant cette décision.
05:19Elle l'a qualifiée, je la cite,
05:21de bombe nucléaire sortie par le système.
05:24Ensuite, Marine Le Pen a tenté de galvaniser les troupes,
05:27de galvaniser les députés autour d'elle avec ses mots.
05:30Cette indignation, cette blessure, il faut s'en servir.
05:33L'heure a-t-elle dit qu'on sera là jusqu'au bout,
05:36jusqu'à la victoire.
05:37Depuis hier soir et aujourd'hui à nouveau,
05:39les députés et les cadres du parti
05:41semblent particulièrement mobilisés
05:43pour organiser la contre-attaque, notamment médiatique.
05:47Ils enchaînent les plateaux de télévision
05:49avec des éléments de langage que l'on reconnaît.
05:52Décision politique, déni de l'Etat de droit
05:54ou encore dictature des juges, voilà leur propos.
05:57Jordane Bardella, lui, a annoncé,
05:59eh bien, appelé à une mobilisation populaire et pacifique.
06:03Il a notamment lancé une pétition
06:05sur les réseaux sociaux par les députés.
06:08Merci beaucoup, Clément Perreault.
06:10Brian Masson, on entend beaucoup ce terme,
06:12décision politique.
06:14Pourtant, les juges, il y a eu une audience,
06:17des mois de débat, une enquête,
06:19et à la fin, ils ont décidé de déclarer Marine Le Pen
06:23coupable de détournement de fonds publics.
06:25C'est très simple, on peut refaire la genèse.
06:28Il y a un désaccord administratif
06:30qui nous sépare du Parlement européen
06:32et de notre vision de faire de la politique.
06:35Vous dites désaccord administratif,
06:37mais on dirait que c'est un problème de signature sur un bout de papier.
06:40Il s'agit de millions d'argent que le Parlement européen
06:44vous accuse d'avoir utilisé pour rémunérer
06:46des assistants parlementaires pour exercer des fonctions.
06:49Le Parlement européen s'immiscit dans les affaires des parlementaires
06:53car ils veulent dicter la manière dont on conçoit
06:55le travail de nos attachés parlementaires.
06:58Nous avons cette liberté-là de pouvoir définir
07:00les missions de nos collaborateurs,
07:02mais là, en l'occurrence, ce qu'on nous reproche
07:05et ce qu'on reproche à nos collaborateurs,
07:07c'est de faire de la politique.
07:09Et oui, nous assumons faire de la politique.
07:12D'ailleurs, dans ce qui a été dit hier, pendant le jugement,
07:15il a été dit, et je ne comprends même pas pourquoi,
07:17c'est écrit et prononcé par la juge.
07:20Il est dit que nous sommes en opposition
07:22avec l'Union européenne, mais pardonnez-moi,
07:24on a le droit de penser ce que l'on veut,
07:26d'avoir un avis politique, et on ne doit pas être condamné.
07:29Donc oui, il y a un déni de démocratie,
07:32parce que, justement, il doit y avoir aussi
07:34la possibilité pour Marine Le Pen de faire appel,
07:37et là, on lui prive de ses droits
07:39et on prive la voix de millions de Français.
07:41Pierre Cazeneuve, on l'a bien vu,
07:43on a reparlé de cette condamnation,
07:45le RN parle de désaccord administratif,
07:47mais on voit bien que c'est sur cette exécution provisoire
07:50que le débat aussi va, c'est-à-dire que cette décision
07:53fait que Marine Le Pen ne peut pas se présenter
07:55aux futures élections, s'il y a une dissolution à l'Assemblée.
07:59Vous semblez regretter que le débat se porte sur cette question-là,
08:02mais c'est important pour une femme politique.
08:05Je le regrette, parce qu'il détourne l'attention
08:07de ce qui s'est passé, c'est-à-dire que Marine Le Pen
08:10a été condamnée à 4 ans de prison
08:12pour avoir détourné 4 millions d'euros d'argent public,
08:15c'est toujours important de le répéter.
08:18De ferme, de aménager.
08:20Ce que je trouve grave, c'est les propos de mon collègue,
08:23et c'est la ligne de défense du RN depuis hier,
08:25il parle d'attaque à la démocratie, de déni de démocratie,
08:28c'est extraordinairement grave.
08:30Je veux alerter nos concitoyens sur ces propos-là.
08:33Qu'est-ce qui n'est pas démocratique ?
08:35Nous avons le peuple, qui a voté pour des représentants,
08:40élus à l'Assemblée nationale, qui ont eux-mêmes fait des lois
08:43pour encadrer, justement, les délits et les peines
08:46liées à toutes les infractions qui peuvent être commises,
08:49notamment par les ANU, notamment le détournement de fonds publics.
08:52Et vous avez ensuite des juges qui,
08:55de manière parfaitement indépendante,
08:57ont rendu un jugement sur la base de la loi votée démocratiquement
09:00par les représentants du peuple.
09:02Si ça, c'est pas la démocratie, je ne sais pas ce que c'est.
09:05Et donc, attaquer les juges,
09:07parler de politisation, parler de manigance,
09:11de complotisme, c'est extraordinairement grave.
09:14Et ce que fait le RN, c'est souffler sur les braises,
09:18alimenter les théories complotistes,
09:21alimenter le procès contre les juges,
09:23au lieu de respecter l'état de droit,
09:25au lieu de respecter l'indépendance de la justice.
09:28M. Masson, si Marine Le Pen n'avait pas volé 4 millions d'euros,
09:31elle n'aurait pas été condamnée à de l'inéligibilité.
09:34Il faut, d'abord, avant de commenter ces décisions,
09:37pointer du doigt des juges, quitte à leur faire risquer leur sécurité.
09:40Il y avait des menaces sur les juges en question.
09:43Il faut le condamner, vous regarder en face,
09:45regarder ce que vous avez fait, encore une fois,
09:48et reconnaître votre culpabilité.
09:50On n'est pas condamnés à de l'inéligibilité
09:52quand on n'a pas détourné d'argent public.
09:55C'est pas plus compliqué que ça.
09:56Pierre Cazeneuve dit que les juges appliquent les lois,
09:59les députés, les hommes et les femmes politiques.
10:02Marine Le Pen était même pour une peine d'inéligibilité à vie
10:05en cas de détournement de fonds publics
10:07quand elle critiquait les affaires des autres.
10:10C'était pas du tout sur la même chose.
10:12Je veux rebondir...
10:13C'était sur la question des détournements de fonds publics.
10:17Je rebondis.
10:18M. Cazeneuve appartient à l'archive, et on l'a vu.
10:21C'était sur détournement de fonds publics.
10:24Si vous voulez faire un monologue,
10:26il y a des théâtres qui le permettent.
10:28On est bien au théâtre.
10:29M. Cazeneuve, je vous ai laissé la parole.
10:33M. Cazeneuve, vous appartenez à un bloc central
10:36et vous êtes bien minoritaire sur cette ligne.
10:38Nombre de vos collègues ont défendu Marine Le Pen.
10:41On en écoutera dans quelques instants.
10:43Le chef du gouvernement, M. Bayrou,
10:45qui, même ce matin...
10:47On en reparlera, bien évidemment.
10:49Les juges, ils appliquent la loi, la loi que votent les députés.
10:53Je... OK.
10:55Nous, nous avons voté, évidemment, contre.
10:58D'accord ?
10:59C'est juste faux, la loi Saint-Pas-deux.
11:01Les deux députés de l'époque n'ont pas voté contre.
11:04On rappelle qu'il n'y avait pas de groupe
11:07du Rassemblement national.
11:08Est-ce que Gilbert Collard s'est abstenu ?
11:10Non, il a voté contre et il s'est abstenu.
11:12On voit que la loi Saint-Pas-deux ne concerne pas exactement...
11:16C'est pas la loi Saint-Pas-deux qui concerne.
11:18Sur les questions de détournement de fonds publics,
11:21tous les groupes sont pour une justice très ferme,
11:23des condamnations lourdes.
11:25Marine Le Pen l'a été également.
11:26Mais encore une fois...
11:28Attendez, on parle de choses qui sont quand même...
11:30Revenons à la genèse de l'affaire.
11:32Non, mais pardon...
11:34Vous en avez parlé, ce débat de l'accord administratif.
11:36Apparemment, les juges ont une autre lecture.
11:39Il est essentiel, parce que, pardonnez-moi,
11:41il a suscité beaucoup de dialogues,
11:43beaucoup d'éléments de langage.
11:45Il est pourtant essentiel aujourd'hui
11:47pour mieux comprendre cette affaire.
11:49Pierre Cazeneuve vous dit que les juges appliquent les lois.
11:52Si vous voulez changer les lois, changez-les.
11:55Pour l'instant, les juges appliquent les lois
11:57telles qu'elles sont rédigées par les législateurs.
11:59Il y a une libre appréciation.
12:01Cette libre appréciation parle d'un certain ton.
12:04Et puis, remontons aussi.
12:05Au lendemain de la campagne des Européennes,
12:07le syndicat de la magistrature a fait un communiqué de presse
12:10appelant les magistrates et les magistrats
12:12à se mobiliser contre l'arrivée au pouvoir du RN.
12:16Oui, il y a une partie de la justice
12:17qui, malheureusement, est politisée et elle est politique
12:20et elle a, comme fer de lance, ce combat
12:22contre le RN.
12:24Et je pense, justement, qu'a dit le Haut conseil de la magistrature
12:27sur tout cela ? Rien.
12:29Mais rien.
12:30Donc, on laisse une partie de la justice se politiser
12:33et on laisse les Françaises et les Français...
12:35Parce qu'eux ne considèrent pas que la justice est politique.
12:38Ils considèrent qu'elle est indépendante
12:39et qu'elle a le droit de rendre une décision.
12:41Un syndicat aussi important que le syndicat de la magistrature
12:44qui manifeste contre les forces de l'ordre,
12:46qui appelle, justement, à se mobiliser
12:49contre le RN, ça veut dire quoi ?
12:51Là, vous remettez en cause, ce n'est pas le syndicat de la magistrature,
12:54ce sont les juges qui ont rendu cette décision.
12:56Donc, on ne va peut-être pas faire le procès des syndicats de magistrats.
13:00Est-ce que c'est vraiment ça qui compte ?
13:01Ah bah, excusez-moi, ça pose une question...
13:04Vous pensez que l'appartenance d'un juge à un syndicat,
13:07quel qu'il soit, remet en doute toute son indépendance ?
13:09Un syndicat qui a comme objectif de descendre le RN,
13:12ça pose une sacrée question, pardonnez-moi.
13:14On va aller à celle des quatre colonnes.
13:16On va entendre différents groupes politiques.
13:17Gabrielle Catala est députée de la France insoumise du Val-d'Oise.
13:20Elle est au micro de Clément Perreault.
13:24Bonjour, madame Catala.
13:25On vient de l'entendre sur notre plateau.
13:27Il y a une réaction très vive.
13:28Il fallait s'y attendre des députés du RN
13:30suite à cette décision.
13:32Ils remettent en cause, notamment,
13:33l'impartialité et l'indépendance de la justice.
13:36Qu'est-ce que vous pensez de cette défense ?
13:38Eh bien, je vois qu'ils remettent en cause l'impartialité
13:41et la sévérité de la justice uniquement quand ça les arrange,
13:44puisque, moi, il me semble qu'habituellement,
13:46madame Le Pen dit que la justice est laxiste,
13:48qu'elle réclamait elle-même des peines d'inégibilité à vie
13:51et que, lorsqu'on défend des principes,
13:54il faudrait faire attention à ce qu'ils ne nous retombent pas dessus ensuite.
13:57Moi, je crois que les faits sont accablants.
13:59Dans notre code pénal, il y a des infractions.
14:02Et donc, les juges ont caractérisé cette infraction.
14:04On parle quand même d'un jugement de plus de 100 pages, très étayé,
14:07où il y a des faits accablants.
14:08Par exemple, que madame Le Pen a embauché son propre ex-mari
14:12à 5 000 euros bruts par mois pour un mi-temps,
14:15que ces personnes-là n'ont jamais vues,
14:16le député pour lequel ils travaillaient,
14:18elle-même a fait courir un préjudice de 1,8 million d'euros
14:22au Parlement européen.
14:23Et donc, il est normal qu'elle soit sanctionnée pour ces faits-là.
14:26Le RN, évidemment, je pense, est dans une très mauvaise posture
14:29et là, en difficulté, puisqu'il ne s'attendait pas à cette décision.
14:32On avait parlé récemment du deal avec Richard Ferrand,
14:34qui allait peut-être rendre à Constitutionnel
14:36l'exécution provisoire. Pour l'instant, ce n'est pas le cas.
14:39Et malgré ce qu'elle dit,
14:41elle a toujours droit à un recours, puisqu'elle peut faire appel.
14:44Et d'ici 2027, la cour d'appel pourrait se prononcer.
14:47Et si la cour d'appel reconnaît que la peine prononcée
14:49en 1re instance a été trop sévère,
14:51elle pourra supprimer l'exécution provisoire
14:53ou réduire l'inégibilité.
14:54Mais en tout cas, le fait est que les magistrats
14:57n'ont fait qu'appliquer une loi qui a été votée par des parlementaires,
15:01une loi que madame Le Pen avait toujours défendue.
15:03Alors, madame Katala, hier, Jean-Luc Mélenchon a estimé,
15:06je le cite, que la décision de destituer un élu
15:08devrait revenir au peuple.
15:10Qu'est-ce que ça signifie, exactement ?
15:11Ça ne signifie pas, malgré ce que certains peuvent raconter,
15:15que monsieur Mélenchon est contre l'inégibilité.
15:17Dans notre programme, nous avons, et nous sommes d'accord,
15:19l'inégibilité pour les personnes condamnées pour corruption,
15:22pour détournement de fonds publics, pour escroquerie,
15:24comme c'est le cas de madame Le Pen.
15:25Et donc, la révocation des élus,
15:27c'est quelque chose que nous avons toujours proposé,
15:29en plus, pour laisser aux citoyens la liberté
15:31de révoquer un élu en cours de mandat,
15:33que ce soit un élu local, un maire ou un élu national,
15:35puisqu'on le propose aussi pour le président de la République.
15:38Et c'est avant tout aussi pour mettre en valeur
15:40notre campagne sur la 6e République,
15:42puisqu'on le voit, avec la crise politique qui dure depuis un an,
15:45nos institutions sont à bout de souffle.
15:46Nous, on propose la 6e République depuis 2012,
15:48c'est un élément central de notre programme,
15:50et c'est dans cela que s'inscrit la révocation des élus.
15:54Mais en tout cas, il ne faut pas mettre en balance les deux,
16:00puisque les deux vont ensemble.
16:01Très bien, merci pour cette précision.
16:03Merci beaucoup, Clément Perroux, on le voit, Pierre Cazeneuve.
16:06Voilà, les Insoumis qui considèrent qu'il est normal
16:09que Marine Le Pen soit condamnée, mais c'est vrai qu'ils disent aussi
16:12qu'ils préfèrent la battre dans les urnes que dans les tribunaux.
16:15On entend aussi l'argument de Brian Masson, qui est de dire,
16:18en fait, pour un élu, ce qui doit se jouer, c'est l'élection,
16:21c'est la liberté de l'électeur de choisir quel élu il veut.
16:26Est-ce que vous comprenez que, du coup,
16:27l'empêchement probable de Marine Le Pen à se présenter
16:29puisse poser question, au-delà du RN, pour certains Français ?
16:33Déjà, je veux juste revenir, parce que j'ai laissé M.Masson parler.
16:36Marine Le Pen a dit à la télévision,
16:38de manière extrêmement claire,
16:40en cas de condamnation pour détournement public,
16:43je souhaite une inéligibilité à vie.
16:45Donc, ça, elle a dit, et donc, l'accusation...
16:47Elle a dit, et l'archive a très largement circulé.
16:49Exactement, et l'accusation du RN,
16:52ce que vous faites est extrêmement dangereux,
16:54d'accuser de déni démocratique.
16:55C'est non seulement dangereux, et c'est aussi parfaitement hypocrite.
16:57Donc, ça, je préfère vous le dire les yeux dans les yeux.
17:00Premier point. Deuxième point, je veux dire,
17:02le débat sur la possibilité ou non
17:06pour le juge de pouvoir prononcer de l'inéligibilité,
17:08et donc, d'avoir un impact de facto sur qui...
17:11Sur les candidats et sur qui a le droit ou non de se...
17:13C'est-à-dire, c'est un débat légitime.
17:14Et j'ajoute, avec exécution provisoire,
17:16c'est-à-dire que la peine n'est pas suspensive.
17:18Exactement, ce qui n'a pas été retenu,
17:19parce qu'encore une fois, ça n'a pas été jugé
17:21sous la loi Sapin II, la condamnation de Marine Le Pen,
17:23mais c'est un débat parfaitement légitime.
17:25Il a déjà eu lieu dans cet hémicycle,
17:27en 2016, en 2017, à de nombreuses reprises,
17:30et par ailleurs, le suffrage universel est déjà encadré.
17:33Pour se présenter, il faut avoir plus de 18 ans,
17:34il faut être de nationalité française.
17:37Dans un scrutin local, il faut avoir une résidence fiscale.
17:40Encore une fois, toutes ces questions-là...
17:42Il ne faut pas se faire du judiciaire vierge.
17:43On n'est pas encore allé aussi loin.
17:45Mais moi, je fais partie des gens qui pensent
17:47que quand on est condamné, et notamment à l'inéligibilité
17:49quand elle est prescrite par le juge,
17:51on n'a pas le droit de se présenter,
17:53parce que je pense que quand on fait la loi,
17:54on doit d'abord la respecter.
17:57Et j'ai entendu peu de personnes,
17:58encore moins au Rassemblement national,
18:00aller sur des plateaux télé, expliquer que ce n'était pas grave
18:01si des personnes étaient condamnées
18:03et qu'elles avaient le droit quand même de se présenter.
18:04Moi, ce n'est pas ma ligne, encore une fois.
18:06Jordan, votre part d'élève, il semblait dire
18:08que c'était une condition, mais en semblant oublier...
18:10À la rigueur, ça, c'était pour les investitures.
18:12C'était le propre du Rassemblement national.
18:14Ils ont leur droit aussi.
18:16Donc, c'est encore plus hypocrite et contradictoire
18:18avec tout ce qui vient d'être là.
18:20Mais moi, je fais partie...
18:21En tout cas, moi, à titre personnel, en tant que député,
18:23je considère que notre premier rôle,
18:24c'est de respecter la loi.
18:25Et donc, quand on est condamné pour des faits suffisamment graves,
18:28eh bien, c'est logique qu'on n'ait pas le droit de se présenter.
18:31Brian Maisson, sur cet argument qu'on entend,
18:34que le Rassemblement national demande une justice ferme,
18:37une justice dure pour les autres,
18:40et on ne vous a jamais entendu dire que l'exécution provisoire,
18:43ça vous choquait quand ça concerne d'autres Français ?
18:46On ne peut pas réduire le débat sur le laxisme de la justice
18:49à ce procès-là, à ce procès qui fait couler beaucoup d'encre
18:52et qui, encore une fois, je vous le dis, fait part...
18:55Il n'y a pas de corruption et pas d'enrichissement personnel.
18:57On est sur un désaccord administratif,
18:59on peut parler tant qu'on vous voulait,
19:00mais c'est pour nous essentiel.
19:02Ce n'est pas l'interprétation des juges.
19:03Vous le savez, eux parlent de système,
19:04parlent d'un système instauré sur la durée
19:06avec des montants très importants.
19:08Les 4 millions d'euros, ce n'est pas un désaccord administratif.
19:10On constate, si vous voulez, le laxisme judiciaire
19:12en matière de crime, en matière délictuelle grave
19:15et en matière de l'ensauvagement de la société
19:18qui aujourd'hui contribue.
19:19Vous avez aussi, sur ce sujet-là,
19:21mais sur les autres, vous avez aussi dénoncé les affaires
19:23dans d'autres partis en voulant dire,
19:25on est le parti tête haute, mains propres.
19:27On l'a toujours été et on estime aujourd'hui
19:28que nous sommes innocents.
19:30Et c'est la ligne de conduite de Marine Le Pen
19:32et des députés du Rassemblement national.
19:34Nous sommes innocents.
19:35On peut faire un débat...
19:36Ce n'est pas suffisamment grave pour vous
19:38pour requérir de l'inéligibilité par un élu représentant du peuple ?
19:41C'est l'inéligibilité qui vous pose problème
19:42ou c'est l'exécution provisoire ?
19:44On sait que le débat est très...
19:46C'est sur l'exécution provisoire,
19:47c'est sur le fait que Marine Le Pen ne puisse pas faire appel
19:49et qu'elle puisse retrouver sa présomption d'innocence.
19:51Elle peut faire appel, retrouver sa présomption d'innocence,
19:54mais pas sur l'inéligibilité.
19:55C'est sur le fait aussi qu'un tribunal de première instance
19:58peut se tromper, des erreurs judiciaires, il y en a eu.
20:00Donc, excusez-moi, c'est sur cet ensemble de choses
20:03et c'est sur tout cela aussi que nous entendons des voix
20:05un peu partout, y compris dans le Bloc central...
20:08Je vous ferai réagir, Pierre Cazeneuve,
20:09avant cela, des tours par la salle des quatre colonnes.
20:12Beaucoup de réactions aujourd'hui.
20:13Mélanie Thaumin pour le Parti socialiste,
20:15au micro de Stéphanie Despierre.
20:17Bonjour. Comment réagissez-vous
20:18à cette condamnation de Marine Le Pen ?
20:20D'abord, vous dire que, pour le groupe socialiste,
20:23nous sommes particulièrement inquiets de l'ambiance,
20:27du climat qui règne aujourd'hui concernant les attaques
20:30à l'égard de nos magistrats.
20:32Et aujourd'hui, la remise en cause de l'impartialité de nos juges
20:35est une question extrêmement préoccupante.
20:37Donc, nous considérons, au groupe socialiste,
20:39que lorsqu'il y a une faute lourde,
20:41et c'est le cas de Marine Le Pen au Parlement européen
20:43lorsqu'elle a détourné des fonds publics
20:45pour plus de 4 millions d'euros,
20:47eh bien, il doit y avoir des sanctions exemplaires,
20:49comme la loi le stipule depuis l'instauration
20:53de la loi Sapin II.
20:54Est-ce que ça va changer les choses
20:56dans les semaines qui viennent à l'Assemblée ?
20:57Est-ce que, par exemple, cette condamnation,
20:59ce jugement pourraient rendre plus difficile
21:01pour les socialistes l'idée d'une censure
21:03parce qu'il y aurait le risque que le RN s'y joigne ?
21:07Je crois qu'aujourd'hui, nous ne sommes pas en train
21:09de réfléchir à la censure ou pas la censure.
21:13Aujourd'hui, lorsque mon président de groupe prendra la parole,
21:15il aura l'occasion d'interpeller
21:17monsieur le Premier ministre François Bayrou
21:19au sujet de sa vision de l'Etat
21:21et du respect de l'Etat de droit dans notre pays.
21:23Et nous allons notamment l'interroger
21:26sur sa vision concernant la protection
21:29des magistrats de notre pays qui ont besoin
21:30du soutien plein et entier du front républicain
21:34face aux attaques de l'extrême droite,
21:35qui, aujourd'hui, nous le sentons bien,
21:37est complètement désarçonné par la condamnation
21:40de Marine Le Pen et d'un certain nombre
21:42d'ex-parlementaires européens.
21:44Et donc, nous souhaitons qu'il y ait
21:46un peu plus de cohésion nationale dans ce moment
21:48et que, surtout, nous respections
21:50la stricte séparation des pouvoirs
21:52et que les juges puissent juger dans notre pays
21:54en toute sérénité sans subir les foudres
21:58de l'extrême droite, les pressions, les menaces.
22:00On le sait, derrière, il y a aussi l'influence étrangère,
22:03le Kremlin, Viktor Orban, Donald Trump et Elon Musk.
22:07Et donc, il faut absolument être ferme
22:09dans notre démocratie face à ces attaques.
22:11Merci beaucoup.
22:12Merci beaucoup, Stéphanie Despierre.
22:14Les socialistes qui interrogeront François Bayrou,
22:16vous le sous-entendiez, Brian Mason, j'y viens.
22:19Le Premier ministre, qui s'est dit hier
22:21troublé par cette décision, qui, ce matin, redit
22:24que c'est le seul pays où on fait ça,
22:26parlant de l'inéligibilité avec exécution provisoire.
22:30Est-ce que vous comprenez ce trouble
22:31du Premier ministre, Pierre Cazeneuve ?
22:33Non, je pense que ce qu'a voulu dire François Bayrou,
22:36il est, encore une fois, sur le débat légitime ou non
22:39de est-ce que la loi doit prévoir ou non
22:42des peines d'inéligibilité et donc encadrer,
22:44de facto, le suffrage universel et parfois se mettre
22:47à l'encontre du suffrage universel ?
22:48Encore une fois, je pense que c'est un débat légitime.
22:50Il a déjà eu lieu dans cette assemblée.
22:52Il a été tranché par la représentation nationale.
22:54Et donc, s'il faut réouvrir ce débat, réouvrons-le.
22:57Mais en tout cas, ne revenons pas...
22:58Mais est-ce que c'est son rôle de commenter
22:59une décision de justice ?
23:00Non, mais encore une fois, il n'a pas commenté
23:02une décision de justice.
23:03Il a, encore une fois, sur l'appréciation
23:05de l'interférence ou non vis-à-vis du suffrage universel.
23:09Encore une fois, ça reste un débat,
23:11que moi, je trouve parfaitement légitime à avoir
23:13et j'ai pu m'exprimer sur le sujet à l'instant.
23:17Mais il ne faut pas, encore une fois,
23:19et le piège dans lequel il ne faut pas tomber,
23:21c'est se laisser embarquer dans cette spirale médiatique
23:24où on ne fait que commenter cette décision ou non
23:27de l'applicabilité immédiate de l'inéligibilité.
23:31Encore une fois, le fait politique d'hier,
23:33c'est la condamnation de Marine Le Pen à 4 ans de prison.
23:35Elle a été prise les doigts dans le pot de confiture.
23:37Un grand pot de confiture à 4 millions d'euros.
23:39Elle a été condamnée. Il y a un rapport de 152 pages
23:41qui étrille le Rassemblement national.
23:44Ce sont des agissements extrêmement graves.
23:46Et donc, quand il y a 4 ans de prison,
23:48encore une fois, on ne devrait pas se soucier,
23:51le débat médiatique ne devrait pas se focaliser
23:53sur ou non l'inéligibilité.
23:54Il devrait être, encore une fois, sur l'appel à la démission.
23:56Est-ce que Marine Le Pen a légitimement le droit
23:57de continuer à faire de la politique ?
23:59Le Rassemblement national, dans un même cas de figure
24:01pour une autre personnalité politique,
24:03ne se serait pas gêné de lancer une pétition
24:06pour faire démissionner ou appeler à la sortie...
24:08La parole, Brian Masson, mais on va écouter ce qu'en dit
24:10la droite républicaine. Jérôme Nuret est au micro.
24:12Stéphanie Despierre, salle des Quatre Colonnes.
24:14Comment réagissez-vous à la condamnation de Marine Le Pen ?
24:17D'abord, je trouve que c'est toujours délicat
24:19de commenter une décision de justice.
24:22Le verdict lui-même, finalement, j'ai envie de dire,
24:24il paraît assez logique.
24:26Et quelque part, c'est quand même aussi un peu
24:28l'arroseur arroseux, parce que le RN,
24:31durant des années, nous a dit qu'il était tout à fait clean.
24:35Après, ce qui pose plus de problèmes
24:36et ce qui fait que nos concitoyens s'interrogent,
24:38c'est l'exécution provisoire,
24:40qui, pour le coup, effectivement, peut poser des questions
24:45et, en tout cas, aujourd'hui, interroge nos concitoyens.
24:48Ca veut dire que vous souhaiteriez qu'on réforme la loi
24:51pour enlever cette exécution provisoire
24:54qui est en fait l'application immédiate d'un jugement ?
24:57Moi, je pense qu'il faut regarder aujourd'hui
24:59quelles sont les solutions, effectivement,
25:01au niveau juridique, pour qu'on n'arrive pas
25:03sur ces aberrations.
25:04Alors, je...
25:06Ca veut dire qu'il ne faut pas condamner tout élu
25:08qui pourrait avoir à courir à une nouvelle élection ?
25:11C'est ça que ça veut dire ?
25:12Votre président de groupe, Laurent Wauquiez, a dit
25:14qu'il n'est pas sain qu'une élue soit interdite
25:16de se présenter à une élection.
25:17C'est surtout, je crois, qu'il faut surtout respecter l'appel
25:21et que l'appel, normalement, est suspensif,
25:22ce qui n'est pas le cas dans le cas de Marine Le Pen
25:25et c'est ce qui, aujourd'hui, interroge de nombreuses personnes.
25:27Donc, c'est peut-être là-dessus qu'il faut revenir,
25:30sur l'automatisé, quasiment, de l'appel,
25:34qui fait qu'on a aujourd'hui un cas
25:37sur lequel nombre de nos concitoyens
25:38sont même en colère.
25:40Donc, je crois qu'il faut revoir le système
25:42et surtout regarder, maintenant, comment est-ce qu'on peut envisager
25:45les textes à venir pour modifier, peut-être, la loi.
25:48Merci beaucoup.
25:50Merci, Stéphanie Dépierre.
25:52Laurent Wauquiez, pas sain de cette décision de justice.
25:55François Bayrou, troublé.
25:57Ces démarques, vous vivez comment au Rassemblement national ?
26:00Des marques de soutien ?
26:02François Bayrou, on le sait, il est aussi
26:03dans une situation politique fragile.
26:05Est-ce que, pour vous, c'est aussi une façon de vous montrer
26:08qu'il n'est pas tout à fait en désaccord avec Marine Le Pen ?
26:10François Bayrou a connu ce genre d'affaires.
26:12Il a connu, évidemment, ce désaccord administratif
26:15avec le Parlement européen.
26:16Alors, lui, il y a eu la relaxe, le parquet a fait appel,
26:18mais il y a eu aussi un procès
26:19dans le cadre des assistants parlementaires du Modem.
26:21Je pense que François Bayrou connaît le sujet
26:22et je le trouve lucide.
26:24Et je trouve, d'ailleurs, pas mal de responsables politiques
26:26lucides sur la question, lucides sur le sujet,
26:29lucides sur l'état démocratique de notre pays,
26:31lucides sur les conséquences qu'une décision peut avoir
26:33dans le climat actuel de notre vie politique.
26:36Je le crois lucide, je le crois, à mon avis,
26:39intéressant, dans ses propos.
26:41Et je constate, au-delà d'une minorité
26:44comme M. Cazeneuve, la bave aux lèvres,
26:47qui a envie, évidemment, de pointer du doigt,
26:50d'accuser Marine, de crier au scandale,
26:52je crois qu'il y a une grande majorité de responsables,
26:55et le sens du mot est noble,
26:57de responsables politiques qui comprennent l'enjeu.
26:59Dans les premiers sondages, il faut faire attention aux sondages,
27:01mais une majorité de Français semble dire
27:03qu'il n'y a pas de scandale, c'est normal,
27:05une décision de justice doit être respectée.
27:07Il y a des sondages aussi, et vous n'en avez pas parlé,
27:10de la manière dont ils perçoivent la justice,
27:12et c'est pas très bon pour la justice.
27:14Ce genre de sondages, on peut aussi en parler,
27:16on peut les évoquer, on peut les travailler,
27:18mais la chose est certaine,
27:20c'est qu'il y a des responsables politiques aujourd'hui
27:21qui ont pris la mesure de la décision d'hier.
27:24Et on verra s'il y a des inquiétudes dans l'opinion publique
27:26et dans les conséquences politiques.
27:27Stéphanie Despierres, effectivement,
27:29il y a eu les mots de François Bayrou,
27:30il y a un contexte aussi compliqué ici à l'Assemblée.
27:33Oui, alors hier, François Bayrou a fait dire à son entourage
27:36qu'il était troublé par la décision à propos de Marine Le Pen,
27:39sans plus d'explications.
27:41Eh bien, au modem, le parti, pourtant, de François Bayrou,
27:44ce matin, la députée Périne Goulet disait
27:46« Nous, nous ne sommes pas troublés,
27:48nous sommes en phase avec ce qu'ont décidé les juges ».
27:51François Bayrou a été plus clair encore ce matin
27:54au petit-déjeuner de la majorité du Bloc central,
27:57il a dit « La France est le seul pays où on fait ça »
28:01en référence à cette décision et à l'exécution provisoire
28:04du jugement de Marine Le Pen.
28:05Ça a suscité des interrogations,
28:07voire de la consternation dans ses propres troupes,
28:10ici, au groupe Ensemble pour la République et au modem.
28:13On a un champion, ironisait tout à l'heure une députée,
28:16ce sont des propos inquiétants,
28:17renchérissait un élu de premier plan,
28:19car ça interroge la séparation des pouvoirs.
28:22Et alors, la semaine dernière, on sentait monter la petite musique
28:24de la motion de censure.
28:25Est-ce qu'elle est encore plus d'actualité aujourd'hui, Stéphanie ?
28:27Alors, c'est difficile à dire.
28:29Les députés ici ne savent pas trop sur quels pieds danser.
28:32Tous disent, évidemment, que c'est un coup de tonnerre,
28:33un fait politique majeur pour 2027.
28:36Mais quelles seront les conséquences, ici, à l'Assemblée,
28:38dans les semaines qui viennent ?
28:39Eh bien, du côté du Bloc central,
28:40certains estiment que ça ne changera rien.
28:43D'autres se disent que ça peut être plus compliqué,
28:45notamment pour les socialistes, de voter une censure,
28:47parce que, vous le savez, pour que le gouvernement tombe,
28:49il faut que la gauche vote une censure
28:51et que le RN vote également la censure.
28:54Du côté du RN, qui avait fait monter la pression la semaine dernière,
28:57on explique que le jugement ne change rien,
28:59qu'on continue à travailler.
29:00S'il doit y avoir une censure,
29:01ce sera sur des éléments donnés avant
29:04et que François Bayron connaît, expliquait ce matin
29:06Jean-Philippe Tanguy, et ce n'est pas parce qu'il y a ce jugement
29:09que cela nous interdit de voter la censure,
29:11expliquait un autre député RN, Philippe Ballard.
29:14Merci beaucoup, Stéphanie.
29:16On va voir ce qu'en pense le groupe Lyott.
29:17Harold Duvart est au micro de Clément Perreault.
29:22Stéphanie Despierre, à l'instant, on parlait d'une possible censure,
29:25en tout cas d'un climat qui pourrait changer à l'Assemblée.
29:27On pense notamment à la réaction des députés RN.
29:30Comment, vous, Harold Duvart,
29:32vous voyez ces semaines à venir à l'Assemblée ?
29:35Je crois qu'on est dans une situation très particulière.
29:37C'est qu'aujourd'hui, à l'Assemblée nationale,
29:38on a des forces politiques qui se déterminent d'abord
29:41par rapport à leur intérêt personnel et leur propre agenda
29:43que par rapport à l'intérêt du pays.
29:45Et donc, il est assez évident que le RN va être tenté
29:49dans les jours ou dans les semaines qui viennent
29:51de créer les conditions d'un chaos,
29:53d'un renversement du gouvernement avec l'appui
29:55d'une partie de la gauche ou de l'extrême-gauche.
29:57Et il faut s'y préparer.
29:59Et dans ce contexte, qu'est-ce que vous attendez, vous,
30:00du Premier ministre qu'on entendra tout à l'heure dans l'hémicycle ?
30:03Je crois qu'on attend deux choses du Premier ministre.
30:05D'abord, une réaction ferme face à la situation
30:09qui est créée par la condamnation de Marine Le Pen.
30:11On est face à une forme d'ingérence étrangère
30:14qu'aucun autre pays n'accepterait.
30:15Et on est aussi face à une forme d'ingérence politique
30:17dans le fonctionnement de la justice qui n'a pas de précédent.
30:20Moi, je n'ai pas le souvenir qu'un parti politique
30:22qui est par le passé appelé à manifester
30:24contre une décision de justice.
30:25Donc d'abord, de la fermeté dans l'autorité de l'Etat républicain
30:28qui est indissociable de l'autorité des lois et des juges.
30:30Et puis, deuxième chose, je pense que pour éviter la censure,
30:34en réalité, François Bayrou n'a qu'une chance,
30:36une seule option, c'est de revenir affronter le Parlement
30:39avec des projets forts,
30:40avec des projets de réforme ambitieux.
30:42C'est peut-être même d'ailleurs de solliciter la confiance,
30:44mais enfin, il faut affronter le Parlement.
30:46L'immobilisme ne fera qu'accélérer la censure
30:48et le renversement du gouvernement.
30:50Merci à vous.
30:51Merci beaucoup.
30:52Pierre Cazeneuve, est-ce que vous craignez des réactions
30:54dans l'opinion publique ?
30:55Et est-ce que vous craignez, ici, une censure, par exemple,
30:58du Rassemblement national ?
30:59Enfin, un moment de trouble politique ?
31:02Non, parce qu'encore une fois, je ne pense pas que la réaction
31:04à une condamnation de Marine Le Pen, ça ne doit pas être la censure.
31:08Encore une fois, elle a été jugée coupable
31:10de détournement de fonds publics.
31:11Ce serait d'autant plus étonnant que sa prochaine réaction
31:14soit la censure du gouvernement derrière.
31:16Ce serait parfaitement incompris.
31:18Je veux juste réagir aux accusations de mon collègue Masson.
31:20Je n'ai pas la bave aux lèvres ou je ne me réjouis pas
31:22de la situation.
31:23Je ne minimise pas les conséquences que ça a
31:25sur la vie politique française.
31:27Marine Le Pen a été deux fois qualifiée au second tour
31:30de l'élection présidentielle.
31:31Elle est à la tête du groupe le plus important
31:33de l'Assemblée nationale.
31:34C'est un fait politique extrêmement important.
31:35Je ne le dénigre pas.
31:37Mais c'est de sa propre responsabilité
31:39et peut-être plus encore de par sa position
31:42dans la vie politique française actuelle.
31:43Elle avait un rôle d'exemplarité.
31:45Vous parliez, il n'y a aucun autre pays qui font ça.
31:46Mais dans beaucoup de démocraties,
31:48notamment les démocraties du Nord de l'Europe,
31:50si vous achetez un carambar avec la mauvaise carte bleue,
31:53vous démissionnez automatiquement.
31:54Ce n'est pas vrai.
31:56On est encore très loin des leçons de probité
31:58à donner aux autres pays du monde sur ce point-là.
32:00Et donc, oui, ça a de très lourdes conséquences.
32:02Je ne dénigre pas le fait que ça peut largement
32:05interroger les Français.
32:06Mais rappelons-nous qui est coupable.
32:09La seule responsable de cette situation,
32:11la seule responsable de son inéligibilité,
32:12la seule responsable de sa condamnation à 4 ans de prison
32:15pour avoir détourné 4 millions d'euros d'argent public,
32:17c'est Marine Le Pen elle-même.
32:18C'est troublant, mais c'est la vérité.
32:19Quelle est la suite pour le Rassemblement national ?
32:21Mobilisation ? Censure ?
32:24Est-ce que vous avez envie de déstabiliser
32:26aussi un peu la vie politique ?
32:27Non, on ne va pas rentrer dans la vie politique.
32:29On a un calendrier législatif.
32:32On a des textes qui arrivent à l'Assemblée nationale.
32:34On fera toujours le choix des intérêts de la France, des Français.
32:38On ne va absolument pas faire rentrer
32:42ce qui s'est passé à l'extérieur dans le travail législatif
32:46et dans notre prise en considération
32:47de ce qui peut améliorer la vie des gens.
32:49Donc il n'y a pas de risque de censure.
32:50J'entends un peu tout et n'importe quoi.
32:53Il n'y a pas de manifestation publique.
32:55Il va y avoir simplement quelque chose qu'on sait faire
32:58et que nous sommes les derniers à faire,
32:59c'est être sur le terrain, à l'écoute des Français,
33:01distribuer des documents.
33:03Et la préparation de Jordan Bardella pour 2027 ?
33:05Ça, c'est autre chose.
33:07Le plan B viendra quand on aura épuisé le plan A.
33:09Il y a encore des recours possibles.
33:11Alors certes, la voie, elle est minime,
33:12mais la voie, on va la prendre, on va se battre pour la prendre,
33:14on va se battre pour essayer de faire un peu respecter tout ça.
33:17Mais c'est la détermination de Marine Le Pen
33:19qui nous décidera plus tard.
33:20Merci beaucoup, Brian Maxon.
33:22Merci, Pierre Cazeneuve, de nous avoir donné vos opinions,
33:25d'avoir décrypté cette situation politique.
33:26Clément Perrault, on ne parle que de ça aujourd'hui à l'Assemblée,
33:29cette condamnation de Marine Le Pen.
33:33Oui, exactement, Elsa, vous le voyez sur ces images d'André Laffont,
33:36cette grappe de journalistes en salle des quatre colonnes,
33:39des journalistes particulièrement nombreux aujourd'hui,
33:42y compris des confrères de la presse étrangère.
33:44Là, c'est le porte-parole du Rassemblement national,
33:46Thomas Ménager, qui est en train de s'exprimer.
33:48Vous avez vu le mur de caméra qui lui fait face,
33:52preuve de l'impatience des journalistes,
33:54de la volonté, notamment, d'interviewer
33:57les députés du Rassemblement national.
33:59Mais pas eux seulement, tous les députés qui passent ici,
34:02en salle des quatre colonnes, sont interrogés, bien sûr,
34:05sur la condamnation de Marine Le Pen,
34:08les députés du Rassemblement national en particulier.
34:11J'en ai vu plusieurs depuis ce matin.
34:13Ils ont le visage fermé,
34:14mais ils s'expriment beaucoup dans les médias
34:17et ils ont tous, à la bouche, le même message aujourd'hui.
34:20On ne va pas se laisser faire.
34:24Bienvenue à vous, si vous nous rejoignez sur LCP.
34:26Nous sommes à 25 minutes de la séance des questions au gouvernement,
34:30à suivre en direct, en intégralité, évidemment, sur LCP.
34:33On parle, évidemment, de la condamnation de Marine Le Pen,
34:35la riposte du RN et des conséquences politiques.
34:38On n'est pas les seuls à en parler.
34:39Regardez, dans cette salle des pas perdus,
34:41la garde républicaine est bien présente
34:43et beaucoup de journalistes sont là également.
34:46Aujourd'hui, vous retrouverez, dans cette émission,
34:48depuis la salle des 4 colonnes, Stéphanie Dépierre
34:51et Clément Perreault.
34:52Hugo Perchoir est présent, il est connecté,
34:54il interpellera nos deux députés.
34:57Vous verrez en direct l'arrivée de François Bayrou un peu avant 15h.
35:00Stéphanie Dépierre, la séance des questions au gouvernement
35:03sera très largement consacrée aux conséquences politiques
35:06de la condamnation de Marine Le Pen.
35:08Oui, au moins six questions sur ce sujet.
35:10C'est Jean-Philippe Tanguy, député du RN,
35:13qui va commencer.
35:15Deux autres députés du RN poseront aussi une question
35:18sur la condamnation de Marine Le Pen.
35:20Le parti n'a pas du tout décidé de faire profil bas.
35:23Son allié de l'UDR va aussi interroger le gouvernement.
35:27Et puis, le PS a deux questions liées à cette condamnation.
35:31Le PS s'inquiète des tensions, des menaces contre les juges,
35:35mais aussi des déclarations du Premier ministre.
35:37Le PS va donc demander au Premier ministre
35:40d'être le garant de l'indépendance de la justice
35:43et à soutenir les juges.
35:46Merci beaucoup, Stéphanie Dépierre.
35:49Dans cette deuxième partie d'émission,
35:51j'ai le plaisir d'accueillir Marianne Maximi.
35:54Députée La France insoumise du Puy-de-Dôme,
35:56François Cormier-Boulijon.
35:57Députée Ensemble pour la République du Cher,
36:00on va commencer par notre rendez-vous avec Hugo Perchoir,
36:03qui, évidemment, avec sa communauté,
36:05suit l'actualité du jour, de la semaine.
36:07Vous avez une question pour chacun de nos invités.
36:10Bonjour à tous, effectivement. La communauté on fire, évidemment,
36:13sur ce qui s'est passé hier.
36:15Twitch était en feu.
36:17Effectivement, question pour nos invités.
36:20La première pour, je crois, Marianne Maximi,
36:23qui vous demande, est-ce que vous craignez
36:25des possibles manifestations de l'extrême droite
36:27dans les rues opposées à cette condamnation,
36:30à cette décision de justice ?
36:32Une colère de l'opinion publique
36:33qui pourrait se manifester dans la rue.
36:35En tout cas, c'est ce que le RN essaie de mettre en scène.
36:39Le droit de manifester, il existe.
36:41C'est pas ça qui fait difficulté.
36:43Par contre, la menace vis-à-vis des magistrats,
36:45des juges qui ont délibéré dans cette affaire,
36:48c'est interdit, inacceptable, et c'est très grave.
36:50Moi, je crains vraiment une montée, justement,
36:53du harcèlement et des menaces.
36:54On est en train d'évoluer les photos,
36:56les quartiers de vie de ces magistrats
36:58par des articles de journaux d'extrême droite.
37:00C'est excessivement grave.
37:02J'espère que le gouvernement aura une réaction très ferme
37:05vis-à-vis des attaques vis-à-vis des magistrats
37:07et que Gérald Darmanin-Gardessot a réagi.
37:09Peut-être qu'il en parlera dans l'hémicycle.
37:12Plusieurs communiqués de presse aussi,
37:14de procureurs appelant à respecter l'indépendance.
37:17Votre question à François Cormier-Boulijon, Hugo.
37:19Oui, M. le député.
37:21Est-ce que ça vous inquiète,
37:23les très nombreuses remises en question
37:25d'une décision de justice ?
37:27C'est illégal, j'ai plus l'article exact du Code pénal,
37:30mais jeter le discrédit sur une décision de justice,
37:33c'est illégal.
37:34Il y a un constitutionnaliste qui dit
37:36que la peine fait oublier la culpabilité.
37:38Comment réagissez-vous à tout ça ?
37:40En réalité, ceux qui pensaient
37:43que le Front national s'était dédiabolisé
37:46en sont pour leurs frais,
37:48car Mme Le Pen et ses complices du RN
37:51montrent leur vrai visage, le visage de l'extrême droite,
37:54qui consiste à attaquer les institutions
37:56de la République française,
37:58en l'occurrence l'autorité judiciaire,
38:00en attaquant avec une violence inouïe
38:03les juges qui ont rendu leur décision hier
38:06et qui ont rendu leur décision, je le rappelle, fondée en droit,
38:09sur la base des lois qui ont été votées
38:12par la représentation nationale.
38:14Et donc, nous voyons là une trumpisation
38:17de la vie politique française
38:18de la part de Mme Le Pen et de ses comparses.
38:21Trumpisation ? Vous reprenez ce terme ?
38:24Je pense qu'il est assez juste.
38:25Je ne suis pas souvent d'accord avec mon collègue député.
38:28On remet en cause plein de choses,
38:31mais pas que dans l'affaire Le Pen.
38:32On pourrait la regarder dans ce qui se passe à l'Assemblée,
38:36dans les votes qui ont eu lieu il y a quelques jours
38:38sur la proposition de simplification de la vie politique
38:41dans remise en cause d'institutions.
38:44On est aussi là-dedans,
38:45suppression de beaucoup de choses qui sont utiles dans notre pays
38:49et avec un discours très simpliste,
38:51digne de ce qu'on voit aux Etats-Unis.
38:53Quand on regarde les conséquences que ça a
38:55sur la recherche, sur l'éducation,
38:57on ne peut être qu'inquiets et se dire qu'il faut combattre
39:00dans la question du procès du RN et de Mme Le Pen,
39:04mais plus largement dans tout ce qui s'immisce dans la vie politique
39:07à l'Assemblée nationale.
39:09Une vie politique plus généralement inspirée
39:11de Donald Trump, François Cormier-Boulijon ?
39:13Oui, on voit qu'il y a une montée de la violence
39:16qui inquiète nos concitoyens,
39:18qui m'inquiète aussi que je regrette une montée des violences.
39:21D'ailleurs, ça m'interroge.
39:22Si vous comparez l'accession au pouvoir du président Macron,
39:26elle s'est faite au terme d'une campagne électorale calme,
39:30pacifique, basée sur des programmes, sur des arguments,
39:34et on voit que la montée vers le pouvoir,
39:37et j'espère que nous n'y arriverons pas, de Mme Le Pen,
39:40est émaillée d'affaires, de violences,
39:43d'attaques contre les institutions,
39:45et de fait, je vois d'un très mauvais oeil
39:48que ce parti, en dehors même de ses idées racistes,
39:52xénophobes, d'exclusion,
39:55que ce parti qui est désormais déclaré un parti de voleurs,
39:59parce que les faits qui sont reprochés sont graves,
40:02plus de 4 millions d'argent public détourné,
40:05ses faits sont graves,
40:06et je ne souhaite pas qu'à aucun moment
40:09notre République puisse être dirigée
40:12par des gens qui ont détourné de l'argent public
40:14à cette hauteur-là, avec cette gravité-là,
40:17et cette longueur dans la commission du délit.
40:20On va revenir sur la séance de questions au gouvernement.
40:23Le RN va monter au créneau,
40:25mais aussi les opposants au RN.
40:27Je vous propose d'écouter Sandrine Runel, députée socialiste.
40:31Elle est au micro de Stéphanie Despierres.
40:33Bonjour. Le PS va poser 2 questions sur cette affaire.
40:36Une première par Boris Vélo et une autre par vous.
40:39Que voulez-vous demander au gouvernement ?
40:41Je veux demander au gouvernement quelle est sa réaction.
40:44Aujourd'hui, nous avons entendu très peu de réactions
40:47de la part du gouvernement.
40:48Une réaction du Premier ministre, qui se dit troublée,
40:51et qui questionne.
40:53Et puis, une absence de réaction
40:54de la part du ministre de la Justice,
40:56sur la question de la protection des magistrats,
40:59sur la question des invectives
41:01et des menaces même qui pèsent sur ces juges.
41:03Aujourd'hui, nous voulons l'entendre
41:06sur les fondements de notre Etat de droit.
41:08Est-ce qu'il est menacé ? Et que comptent-ils faire ?
41:11Est-ce qu'il faut renforcer la protection policière
41:14des magistrats qui ont rendu jugement ?
41:16C'est une réponse, mais ce qui nous inquiète,
41:19c'est les déclarations, notamment de l'extrême droite,
41:22sur la justice qui est rendue par ces magistrats
41:24et par les magistrats de manière globale.
41:27Il y a deux choses.
41:28Il y a effectivement des juges qui ont rendu cette décision
41:31et qui sont menacés personnellement, physiquement.
41:34Depuis hier, ils ont été victimes de nombreuses insultes
41:37et même menaces.
41:38Et puis, à côté de ça, il y a la justice dans son ensemble,
41:42l'autorité judiciaire.
41:43Nous, ce qu'on demande, c'est qu'on puisse se rappeler
41:46qu'en France, il y a une séparation des pouvoirs
41:49et qu'on doit pouvoir garantir l'indépendance de la justice
41:52et des juges.
41:53Merci beaucoup, Stéphanie Despierres.
41:55Il y a évidemment les accusations du RN
41:59qui parlent de décision politique.
42:01François Cormier-Boulijon, le Premier ministre,
42:03a aussi dit, s'est dit troublé par le jugement,
42:06ce matin, au petit déjeuner du bloc gouvernemental.
42:09Il dit que la France est le seul pays où on fait ça,
42:12en parlant de l'inéligibilité avec exécution provisoire.
42:15Pour le coup, il n'y a pas tellement de séparation des pouvoirs,
42:18il ne parle pas tellement d'indépendance de la justice.
42:21Lui, c'est lui, et moi, c'est moi.
42:23En l'occurrence, je ne commande pas la décision de justice,
42:27je soutiens nos juges,
42:28parce que la démocratie a besoin
42:31de magistrats indépendants, neutres,
42:34qui sont là pour faire appliquer les lois que nous votons.
42:37Il est maladroit, François Bayrou, quand il dit ça ?
42:40Ou c'est aussi qu'il a eu un procès pour les assistants parlementaires ?
42:44Je ne crois pas que ce soit le fait du jour.
42:46Je vais vous dire ce qui est pour moi le fait du jour.
42:49Madame Le Pen est l'indignité de se comparer à monsieur Navalny,
42:53qui est mort dans les prisons russes de monsieur Poutine,
42:56et à monsieur Imamoglou, le maire d'Istanbul,
42:59qui est emprisonné par monsieur Erdogan.
43:01Elle est en train de les comparer à elle,
43:03qui est une prévaricatrice, qui a détourné des fonds publics.
43:07Elle est en train de jeter l'opprobre sur ses opposants
43:11qui luttent contre des régimes dictatoriaux.
43:13Elle est en train de comparer la France à la Russie et à la Turquie.
43:17C'est dire que cette dame, Madame Le Pen,
43:19ajoute le déshonneur à la malhonnêteté.
43:22On a entendu de la voix de Jean-Luc Mélenchon
43:26ou d'autres de la France insoumise dire
43:28qu'on veut la battre dans les urnes,
43:30qu'on n'est pas à l'aise avec l'idée de la battre au tribunal.
43:34Pouvez-vous nous expliquer un peu quelle est votre position ?
43:38On dit que ce n'est pas une décision politique
43:41qui s'est passée par les magistrats.
43:43La vraie bataille contre l'extrême droite
43:45se déroule dans les urnes, dans la rue et à l'Assemblée nationale.
43:49L'extrême droite, ce n'est pas que Mme Le Pen ou M. Bardella.
43:53C'est la pénétration des idées dans la société qui est très visible.
43:57On le voit avec des alliés, même à l'Assemblée nationale,
44:00qui diffusent ces idées, qui ne font plus barrage à ces idées-là.
44:04On le voit sur le débat.
44:05On a un problème dans notre pays, le pouvoir d'achat.
44:08Les femmes portent le voile dans le sport.
44:10C'est la pénétration de ces idées-là.
44:12Une chose simple, c'est que la bataille contre l'extrême droite
44:15a s'incarner dans les échéances électorales.
44:18Quel que soit le candidat, je ne vois pas de problème
44:21à cette déclaration, parce qu'elle nous semble essentielle
44:24de rappeler l'obligation de se bagarrer contre ces idées-là.
44:27On voit sur nos images, depuis la salle des 4 colonnes,
44:30Sébastien Chenu, député très proche de Marine Le Pen,
44:33qui répond aux sollicitations des journalistes.
44:36Au-delà de l'affaire, du procès et de sa condamnation,
44:39sur la question de ne pas pouvoir se présenter à une élection,
44:43parce que même si elle fait appel,
44:45l'inéligibilité s'applique avec effet immédiat.
44:48Est-ce que vous vous dites, François Cormier-Boulijon,
44:51qu'il y a un problème démocratique si, en 2027,
44:53elle est empêchée de se présenter alors qu'elle a fait appel
44:56à la décision ? C'est la théorie de Marine Le Pen.
44:59Est-ce qu'il faut un droit particulier,
45:01une justice particulière pour Mme Le Pen
45:04parce qu'elle est haut placée dans les sondages ?
45:07La réponse est non.
45:09Le même droit, la même justice pour tous les citoyens français.
45:13Vous noterez que Mme Le Pen sera peut-être empêchée
45:17de concourir à l'élection présidentielle de 2027
45:20en raison de ses turpitudes,
45:22mais qu'en aucun cas, le Rassemblement national
45:25n'est empêché de présenter un candidat.
45:27Nous sommes bien dans un pays démocratique,
45:29dans un Etat de droit.
45:31Le Rassemblement national pourra proposer un candidat.
45:34Mais Mme Le Pen, du fait de ses turpitudes,
45:36parce qu'elle a détourné 4 millions d'argent public
45:39avec ses complices du RN,
45:42elle sera peut-être empêchée.
45:43Une majorité de Français considère que c'est une bonne chose
45:46parce qu'ils veulent des femmes et des hommes politiques
45:49probes, intègres, et ils ont raison.
45:51On a vu Sébastien Chenu sous la meute des caméras.
45:54On le retrouve à présent au micro de Stéphanie Despierre.
45:57Pourquoi la décision du tribunal est-elle politique ?
46:00Parce que la magistrate l'a motivée comme telle.
46:03Elle explique qu'elle rend l'exécution provisoire
46:06pour empêcher M. Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle
46:09puisqu'elle provoquerait, selon elle, un trouble à l'ordre public.
46:13Donc elle motive cette exécution provisoire,
46:16c'est-à-dire cette sanction avec des conséquences irrémédiables,
46:20par des motifs politiques, voire partisans, en réalité.
46:23Sauf que l'exécution provisoire, c'est dans la loi.
46:25Donc les magistrats appliquent la loi.
46:27Non, pas le fait que ce soit automatique.
46:30Ce n'est pas prévu que ce soit automatique.
46:33Ils en ont décidé.
46:34C'est à l'appréciation de la magistrate.
46:35C'est bien ce qu'on lui reproche pour des raisons politiques.
46:37Elle apprécie le fait que M. Le Pen ne faudrait pas
46:40qu'elle se présente à l'élection présidentielle.
46:42Nous, nous disons que ceci n'est pas juste
46:44et que c'est un grave trouble à la démocratie
46:47qui est en train de s'installer dans notre pays.
46:48Ce n'est pas une anecdote ce qui est en train de se passer.
46:50C'est un grave trouble à la démocratie.
46:52Mais à vous entendre, c'est comme si aucun élu
46:54qui aura une élection dans quelques mois, quelques années
46:57ne pourrait être condamné à de l'inéligibilité.
46:58Est-ce que vous voulez supprimer cette peine-là ?
47:01Non, rien à voir, puisque lorsque vous êtes condamné
47:02à de l'inéligibilité, vous avez la possibilité de faire appel
47:05comme dans n'importe quelle juridiction
47:07où il y a un second degré d'appel.
47:08C'est ce que nous réclamons, que M. Le Pen puisse faire appel.
47:11Elle le fait, mais que la levée, que l'exécution provisoire
47:14ne l'empêche pas d'être candidate à l'élection présidentielle.
47:16Donc il faut supprimer l'exécution provisoire de la loi ?
47:18C'est en tous les cas, aujourd'hui, quelque chose
47:20qui pose de vrais problèmes de démocratie.
47:22On est en train, effectivement, de s'en rendre compte.
47:24Merci.
47:25Merci beaucoup, Stéphanie Despierres.
47:28Marianne Maximi, puisqu'il faut bien...
47:29Voilà, c'est un peu technique, c'est judiciaire,
47:32mais ce que vous avez précisé, c'est que l'exécution provisoire
47:34fait que la peine d'inéligibilité va s'appliquer
47:37et que, quand bien même M. Le Pen fait appel,
47:39c'est pas suspensif, donc elle est inéligible.
47:43M. Le Pen dit, regardez, imaginez, je fais appel,
47:46ça vient après l'élection de 2027,
47:48mais en appel, je suis innocentée.
47:50Est-ce que sur cette question spécifique
47:52de l'exécution provisoire, il y a un débat,
47:54effectivement, qu'on peut avoir ?
47:56Nous, par exemple, on a toujours été contre
47:58cette mesure d'exécution provisoire.
47:59C'est un principe vis-à-vis de la justice
48:00et pas géométrie variable.
48:01C'est-à-dire, quand ça concerne nos adversaires,
48:03on a la même position.
48:05Mais ça pose d'autres questions, par exemple,
48:06sur la durée des recours en appel.
48:08Aujourd'hui, quand on veut défendre la justice,
48:10on lui dote de moyens à la hauteur pour fonctionner.
48:13Tous les justiciables dans ce pays doivent attendre
48:14des délais insupportables,
48:16que ce soit d'ailleurs en première instance ou en appel.
48:18Et donc, du coup, moi, j'entends le Rassemblement national
48:20aujourd'hui nous expliquer qu'il y a des délais trop longs,
48:22mais est-ce qu'ils se sont mobilisés
48:24pour renforcer les moyens donnés aux juges,
48:27le fait que raccourcir, justement, ces délais de justice
48:29qui sont insupportables,
48:30qu'on soit du côté des victimes ou de l'autre, d'ailleurs.
48:33Et aujourd'hui, nous avons une démonstration
48:35de Mme Le Pen qui instrumentalise, elle, politiquement, par contre,
48:39ce qui est en train de lui arriver.
48:40Moi, ce que je veux dire, c'est que tout ça,
48:41ça s'inscrit dans des délibérations
48:42qui ont eu lieu ici depuis 2016 ou même après,
48:46et que si on écoutait d'ailleurs,
48:47et si on appliquait le programme de Mme Le Pen,
48:49elle serait directe inéligible à vie,
48:51il n'y aurait pas de bracelet électronique
48:53parce qu'elle aurait exécuté sa peine.
48:54Donc, c'est intéressant de regarder les discours politiques
48:57et quand ça nous concerne,
48:58c'est ce qu'on change dans nos discours politiques.
48:59François Cormier-Boullijon, dans ses justifications,
49:02les juges disent que les élus ne doivent bénéficier
49:05d'aucune immunité et aussi s'interrogent sur le fait
49:09qu'une élue condamnée en première instance
49:11puisse être candidate, voire gagner l'élection présidentielle.
49:14Mais c'est bien cette question de l'impossibilité
49:17que l'appel suspende l'inéligibilité provisoire
49:22qui pose aussi question dans le débat.
49:24Moi, je suis député législateur.
49:26Je n'ai pas à commenter la décision prise par les juges
49:29sur le fondement de la loi.
49:31Ce que je note, c'est que jusqu'à maintenant,
49:33cette loi n'a pas dérangé les gens du Rassemblement national.
49:37Ils n'ont pas déposé de loi pour modifier la règle.
49:40Et je vais vous dire, s'ils ont un mécontentement à avoir
49:44par rapport au jugement d'hier,
49:46c'est qu'il ne soit pas plus sévère.
49:48Parce que jusqu'à maintenant,
49:50Mme Le Pen demandait l'inéligibilité à vie
49:53pour les élus condamnés.
49:55Or, elle a bénéficié d'un jugement plus clément.
49:58Si elle doit être mécontente,
49:59c'est du fait de la moindre sévérité que ce qu'elle demandait.
50:02Détour celle des 4 colonnes. Olivier Faure,
50:04Premier secrétaire du PS, s'exprime.
50:07Il n'est pas acceptable que dans une grande démocratie
50:10comme la nôtre, celui qui préside au destiné du gouvernement
50:14soit aussi celui qui mette en doute la loi
50:18et ce qui l'applique.
50:20Et moi, ce que je souhaite, c'est que le chef de l'Etat,
50:22qui, au terme de la Constitution, en 1964,
50:25est le garant de l'indépendance de la justice,
50:27je souhaite qu'il s'exprime et qu'il vienne, à un moment,
50:30protéger le corps de la magistrature
50:32et venir dire à celles et ceux qui, aujourd'hui, l'attaquent
50:36que ce n'est pas admissible et que la démocratie,
50:38c'est un équilibre des pouvoirs
50:40entre l'exécutif, l'initiatif et le judiciaire,
50:43et que ça suppose que les magistrats soient défendus
50:47comme piliers de l'Etat de droit.
50:50Mais je souhaite qu'il vienne simplement dans un moment
50:52où, visiblement, entre Gérald Darmanin,
50:54qui a été très long à réagir
50:56et qui avait déjà pris ses distances
50:58avec les magistrats du tribunal correctionnel de Paris,
51:04que dans sa majorité, je pense à Laurent Wauquiez, par exemple,
51:06il y a des gens qui, aujourd'hui,
51:08sont dans une prise de distance avec la justice,
51:10je souhaite que le chef de l'Etat vienne rappeler
51:12quelle est la règle. Il est le garant
51:14de cette indépendance des magistrats,
51:17de la justice, de l'équilibre des pouvoirs,
51:19et donc, c'est à lui de dire quelle est la règle
51:21et de rappeler à la règle chacun de ceux
51:23qui, aujourd'hui, s'en affranchissent.
51:24Vous vous censurez ?
51:26La question n'est pas là.
51:27La question, c'est votre question, mais c'est ma réponse.
51:30En fait, la réalité, c'est que je ne suis pas là
51:33pour venir brandir des menaces.
51:35Je dis simplement une seule chose,
51:37c'est que nous faisons face à une attaque inédite
51:39de la part de l'extrême droite,
51:41qu'elle soit nationale ou même internationale.
51:43Regardez les soutiens qui sont ceux, aujourd'hui, de Marine Le Pen.
51:46C'est une collection d'autocrates,
51:48de gens qui ont soit dénoncé la justice,
51:51soit l'ont mise au pas quand ils étaient au pouvoir,
51:53et qui, les uns et les autres, ont le plus grand mépris
51:56pour l'indépendance des contre-pouvoirs.
51:58Donc, moi, ce que je crois, c'est que, dans un moment
52:01où nous faisons face à une vague de trumpisation
52:04du débat public, eh bien, il faut remettre
52:06toutes les pendules à l'heure et faire en sorte
52:08que nous soyons à la hauteur d'un moment
52:10qui est un moment populiste,
52:12et nous devons être de ceux qui rappelons
52:16fermement ce qu'est la République.
52:17Et donc, aujourd'hui, le débat, c'est un débat
52:19entre ceux qui défendent la République et les autres.
52:21Et la République, elle repose sur cet équilibre des pouvoirs.
52:25Merci à vous.
52:28Voilà, Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste.
52:31Beaucoup de réactions, aujourd'hui, à l'Assemblée nationale.
52:33Marianne Maximi, au-delà de la politique
52:35et du fait que le Rassemblement national
52:36dénonce une décision politique,
52:38est-ce que vous pensez que l'opinion publique,
52:40les électeurs du Rassemblement national,
52:43mais peut-être plus largement aussi des Français,
52:44comprennent cette décision ?
52:46Est-ce que vous craignez que certains se disent
52:47mais attendez, c'est pas normal,
52:49on doit pouvoir choisir qui on élit,
52:51on trouve pas ça tout à fait normal,
52:53quand bien même ils soient d'accord ou non
52:54avec les idées de Marine Le Pen ?
52:56Je sais pas si l'opinion de mon public en tant que telle existe.
52:58Après, chez les électeurs du Rassemblement national,
53:00je les fréquente peu, donc je ne peux pas vous dire
53:02ce qu'il se passe dans leur tête, mais...
53:03Bien sûr, mais que ça puisse créer un trouble
53:05parmi les Français.
53:06Ce qui est intéressant, c'est les déclarations très rigoureuses
53:08du Rassemblement national, d'exigence de justice.
53:10Quand on a Jordan Barnella qui dit
53:12qu'on ne peut pas être candidat avec un casier judiciaire,
53:15quand on nous dit qu'il faut être inéligible à vie,
53:16quand on a fait des détournements de fonds,
53:18c'est intéressant, c'est ce discours-là
53:20auxquels semblent adhérer les électeurs du RN,
53:25que va-t-il se passer aujourd'hui dans leur tête ?
53:28C'est une vraie question.
53:29Je pense que le travail des journalistes,
53:31c'est d'aller sur le terrain et de voir un peu ce qui se passe,
53:33mais en tout cas, c'est incohérent
53:35avec ce qu'ils montraient comme exigence
53:37vis-à-vis du discours pour lequel ils adhéraient et ils votaient.
53:39Et on a vu deux protagonistes du jour,
53:42le Premier ministre François Bayrou qui vient de passer,
53:44et Marine Le Pen qui s'avance avec ses conseillers,
53:46conseillers presse et conseillers politique.
53:48Je vous redonne la parole.
53:49Moi, ce que j'entends dans ma circonscription des électeurs,
53:52c'est une exigence vis-à-vis de leurs élus,
53:54de probité, de transparence de leur activité,
53:57de leur financement, d'ailleurs, et évidemment, c'est important.
54:00Et en tout cas, moi, je pense que c'est une responsabilité
54:02pour laquelle on doit être à la hauteur.
54:05Et moi, c'est en tout cas ce que j'entends de mes électeurs
54:07et des habitants de ma circonscription.
54:09François Cormier-Boulijon, sur ce que peut penser l'opinion publique,
54:11on voit que le Rassemblement national appelle
54:13à une mobilisation populaire.
54:15Pour l'instant, c'est une pétition.
54:16On ne sait pas tout à fait la forme que ça pourrait prendre,
54:18mais est-ce qu'il peut y avoir une incompréhension des Français
54:21par rapport à cette décision de justice ?
54:23En tous les cas, ce qui est certain, c'est que les Français que je croise
54:26ne pensent pas comme M. Ford.
54:27Il y a une affaire Le Pen, et lui, il parle de M. Bayrou.
54:30Quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt.
54:33On a commémoré, il y a quelques jours,
54:35le 75e anniversaire de la disparition de Léon Blum.
54:38Je pense que les sociodémocrates regrettent.
54:41M. Léon Blum, je suis persuadé que nos concitoyens
54:45veulent des élus intègres.
54:47Et nous tous devons faire preuve d'une grande intégrité
54:51dans nos comportements personnels.
54:53Et ce que je crois, c'est que nos concitoyens,
54:57et notamment, je leur parle,
54:59les électeurs du Rassemblement national,
55:01doivent aujourd'hui comprendre
55:02que non seulement le Rassemblement national
55:05ne propose aucune mesure, aucune solution à leurs problèmes,
55:09mais qu'en plus, c'est un parti de Madonnette,
55:13de prévaricateur, et qu'il faut arrêter de voter pour lui.
55:16Et pour la suite, on entendait déjà, dès la semaine dernière,
55:19monter un peu la petite musique de la motion de censure.
55:21On sait que vous, les Insoumis, vous y travaillez.
55:23Vous avez des contacts avec vos collègues communistes
55:26et écologistes.
55:27On sait que c'est un peu plus compliqué avec les socialistes.
55:29Vous espérez quoi ? Que Marine Le Pen,
55:31que le Rassemblement national se disent
55:33que c'est peut-être le moment de créer un peu d'instabilité
55:36aussi politique ? Votons cette motion de censure.
55:38Vous le savez, il faut que le RN la vote
55:40pour qu'elle puisse s'adopter.
55:41On ne réfléchit pas en regardant ce que va faire
55:43le Rassemblement national ou non.
55:45Nous avons une orientation qui est claire,
55:47une cohérence que nous avons depuis le début de ce mandat,
55:50depuis juillet 2024, c'est de dire que ce gouvernement
55:53est illégitime et que dès qu'on aura l'espace,
55:55nous déposerons des motions de censure.
55:56Nous l'avons fait à plusieurs reprises.
55:58Le Rassemblement national ne l'a pas voté,
55:59ni le PS d'ailleurs.
56:01Mais nous ne construisons pas notre action politique
56:03par rapport aux discussions de réunion de groupe
56:05du Rassemblement national. Nous le combattons.
56:07Nous combattons, je le dis, ce parti,
56:08mais aussi ces idées qui pénètrent, et là encore, je le dis,
56:11c'est une arnaque sociale, ce sont des gens dangereux
56:13qui sont racistes, xénophobes, antisémites, islamophobes,
56:16et qui représentent un vrai danger pour notre pays
56:18et qui ne répondront à rien aux besoins des habitants
56:20de notre pays.
56:22François Cormier-Boulijon, est-ce qu'il y a un risque
56:24d'instabilité politique ?
56:26Est-ce que le RN pourrait, en un mot,
56:27voter une motion de censure,
56:29aller pour engranger un peu d'instabilité ?
56:32La situation politique est claire.
56:34Pour qu'une motion de censure soit votée,
56:36il faut qu'elle le soit par la France insoumise,
56:39alliée au Rassemblement national,
56:41avec les écologistes et le Parti socialiste.
56:44Chacun doit prendre ses responsabilités.
56:46Chacun doit prendre ses responsabilités.
56:48Moi, je ne mêle jamais ma voix
56:50aux voix de la France insoumise de monsieur Mélenchon
56:53ou du Rassemblement national de madame Le Pen.
56:55Jamais. C'est un comportement de républicain
56:58que je dois à mes électeurs.
57:00François Cormier-Boulijon, Marianne Maximi,
57:02merci beaucoup de nous avoir accompagnés en plateau
57:04jusqu'à les quelques minutes avant la séance de questions au gouvernement.
57:07On va retrouver Stéphanie Despierre, celle des 4 colonnes.
57:10On va parler lors de cette séance de Marine Le Pen
57:12et de sa condamnation.
57:13Oui, il y aura au moins 6 questions consacrées à ce sujet,
57:17dont 3 posées par le Rassemblement national.
57:20La première, ce sera celle de Jean-Philippe Tanguy,
57:23député RN de la Somme,
57:24qui va ouvrir cette séance de questions au gouvernement.
57:27Son allié de l'UDR aussi va interroger le gouvernement
57:31sur le jugement à l'encontre de Marine Le Pen.
57:33Le Parti socialiste s'inquiète des menaces et des répercussions
57:37sur l'indépendance de la justice.
57:39Il y aura aussi d'autres sujets de la vie quotidienne des Français.
57:43On parlera des urgences, des reculs écologiques
57:46du quinquennat d'Emmanuel Macron pour la gauche.
57:49On parlera aussi de la situation internationale à Gaza
57:52et notamment des Etats-Unis et des relations, vous le savez,
57:54les relations commerciales compliquées
57:56entre la France et les Etats-Unis et de Trump.
57:59On suit tout ça à 15h.
58:01C'est dans quelques instants, tout est prêt, Clément Perroux.
58:04Vous avez eu passer les deux personnages du jour,
58:07François Bayrou et Marine Le Pen, il y a quelques instants.
58:12Exactement, je crois qu'on les a vus à l'antenne.
58:14Ils sont arrivés pratiquement en même temps.
58:16La voiture de François Bayrou a même doublé Marine Le Pen,
58:19qui, elle, arrivait à pied.
58:20Marine Le Pen était entourée de son conseiller presse,
58:23Victor Chabert, et de Renaud Laval, son conseiller politique.
58:26On a vu une Marine Le Pen souriante.
58:28C'est la première fois depuis hier matin.
58:30On l'avait vue jusqu'ici avec un visage très grave.
58:33Là, elle est arrivée plus détendue pour cette séance,
58:36où elle sera, bien sûr, au coeur des discussions,
58:39au coeur des questions des députés et, bien sûr,
58:41des réponses des ministres.
58:43On attend notamment la réaction de François Bayrou,
58:46qui, jusqu'ici, ne s'est pas encore exprimé dans la longueur
58:49sur cette condamnation de Marine Le Pen.
58:51Ce sera le cas, sans doute, dans quelques instants.
58:53Merci beaucoup, Clément Perroux.
58:55On suit, évidemment, cette séance de questions au gouvernement,
58:58dans la salle des Pas Perdus.
59:00La présidente de l'Assemblée nationale,
59:02Yelle Braun-Pivet, traverse et va donner,
59:05dans quelques instants, le coup d'envoi de la séance.
59:08...
59:20La condamnation de Marine Le Pen
59:22au coeur de cette séance des questions au gouvernement,
59:25elle envoie ses fidèles poser des questions.
59:27Jean-Philippe Tanguay, Sébastien Chenu.
59:29A gauche, il y aura des questions sur l'indépendance de la justice.
59:32On attend donc des prises de parole très attendues du gouvernement.
59:37Sachez qu'après cette séance de questions au gouvernement,
59:40on revient, on débriefe rapidement,
59:42avant de passer au vote sur les lois de narcotrafic.
59:44Assemblée, beaucoup d'actualités.
59:47On suit ça ensemble et on se retrouve juste après.