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Regardez Édition Spéciale - Procès du RN avec Yves Calvi du 31 mars 2025.

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00:00RTL, édition spéciale, avec Yves Calvi.
00:04Et nous accueillons maintenant dans ce débat,
00:07Émilie Zapalski qui est spécialiste en communication politique
00:10et fondatrice de l'agence Émilie Conseil.
00:12Bonsoir Émilie Zapalski.
00:13Aurélien Taché, député France Insoumise du Val-d'Oise.
00:16Bienvenue monsieur le député.
00:17Bonsoir.
00:18Christophe Barbier, éditorialiste et commentateur politique.
00:20Christophe, soyez le bienvenu.
00:21Bonsoir Émilie.
00:22Et Olivier Bost, chef de notre service politique à RTL.
00:25On a encore un petit peu de mal à mesurer, Olivier Bost,
00:29le choc que génère au moment où on en parle,
00:31cette situation politique et judiciaire concernant la députée.
00:36Est-ce que l'on sait où on est au moment où on parle ?
00:41Marine Le Pen, est-ce qu'elle a un petit peu en tête ?
00:43Est-ce qu'elle s'est exprimée d'une quelconque façon,
00:45je dirais même discrètement ?
00:46Non, et c'est pour ça que son intervention ce soir
00:50au journal télévisé est extrêmement importante.
00:52Ça va être le deuxième moment très important de cette journée
00:55parce qu'on va savoir réellement quelle est la contre-attaque
00:58du Rassemblement National ce soir.
01:00Très probablement, il ne s'agira pas de lancer Jordan Bardella
01:05en orbite pour l'élection présidentielle à sa place.
01:09Il s'agira de contre-attaquer.
01:11Ça veut dire qu'elle est, je vous le rappelle toujours,
01:14présidente des députés du Rassemblement National
01:17et qu'elle va donc continuer d'agir.
01:19Présidente du groupe à l'Assemblée.
01:20Voilà, présidente du groupe à l'Assemblée, du groupe du Rassemblement National.
01:23Et donc qu'elle va pouvoir mener un combat politique
01:27qui va prendre, et c'est ce qui est intéressant ce soir,
01:30voir ce qu'elle va dire précisément.
01:32Elle va se lancer dans un combat politique
01:35et dans une réplique à cette décision très lourde
01:38contre elle aujourd'hui.
01:40Et c'est pour ça que ce qu'elle va dire est très attendu.
01:43Émilie Zapalski, je suis Marine Le Pen.
01:45Vous me faites préparer cette soirée, cette prise de parole.
01:47Qu'est-ce que vous me donnez comme conseil en termes de communication ?
01:50Je pense qu'il faut être combattif.
01:52Si j'avais quelque chose à lui proposer,
01:55c'est ça, je pense qu'il faut séquencer,
01:57comme on dit en communication,
01:59c'est-à-dire d'abord commencer par
02:02je me relève, je ne m'abats pas,
02:04et puis essayer d'imaginer la suite.
02:06Mais comme Olivier l'a dit,
02:08c'est impossible de commencer à imaginer
02:10passer la main tout de suite.
02:12Elle sort pour l'instant, elle essaie de garder la tête haute
02:15par rapport à cette décision de justice.
02:17Bon, ils ont décidé de jouer manifestation,
02:19tract, je ne suis pas sûre que ça aille très très loin.
02:22Mais c'est la seule stratégie.
02:24Il n'y aura pas de manifestation, ça nous a été confirmé par Laurent Jacobelli.
02:26Des tracts, en tout cas l'idée de dire
02:28que c'est comme un déni de démocratie
02:30et qu'il fallait que ce soit les électeurs
02:32qui jugent si elle pouvait être élue ou pas.
02:35Moi, je pense qu'il n'y a pas grand-chose à faire.
02:37Maintenant, c'est vraiment un trou de souris
02:39dans lequel elle doit se mettre
02:41parce que c'est très limité.
02:43Moi, j'ai l'impression qu'ils sont un peu pris à leur propre jeu.
02:45C'est-à-dire que c'est un parti qui a cherché
02:47depuis des années à se normaliser
02:49et maintenant qu'il est normal, il passe dans les affaires.
02:51On a envie de dire qu'il est un peu normal
02:53puisque c'est ce que les autres partis font.
02:55Mais ils ont des électeurs qui, à mon avis,
02:57ne vont pas aller à l'encontre de cette décision de justice
02:59parce que c'est des électeurs aussi
03:01qui respectent ça.
03:03Ils ont beau avoir l'idée,
03:05comme on a entendu là auparavant
03:07des responsables du RN dire
03:09que c'est un déni de démocratie, je ne suis pas sûr
03:11que ça prenne beaucoup dans la population.
03:13Mais l'appel étant l'appel, il y a encore une chance
03:15qu'elle puisse être, de son point de vue,
03:17candidate à l'élection présidentielle,
03:19à la future élection présidentielle.
03:21Dans un calendrier qu'elle ne maîtrise absolument pas
03:23puisqu'on ne sait pas
03:25quand aura lieu
03:27un procès en appel.
03:29Est-ce que c'est avant l'élection présidentielle ?
03:31Probablement, oui.
03:33Mais avec le rendu du second jugement,
03:35avec une possibilité ensuite de faire appel
03:37à la cour de cassation, tout ça est
03:39très aléatoire pour Marine Le Pen.
03:41Elle ne maîtrise pas
03:43ce calendrier-là.
03:45C'est une difficulté, mais c'est effectivement
03:47quelque chose qu'elle peut tenter
03:49en se disant, j'ai fait appel, donc je suis
03:51innocente, puisque pas condamnée définitivement,
03:53et continuer
03:55le combat politique et continuer
03:57d'expliquer qu'elle est candidate à l'élection présidentielle
03:59et que sa détermination n'est en rien
04:01stoppée.
04:03Ça vous choquerait Aurélien Taché, vous qui êtes un opposant
04:05politique à Mme Le Pen ?
04:07Qu'est-ce qui me choquerait ?
04:09De quelconque façon, elle trouve un biais pour pouvoir se présenter.
04:11En fait, moi,
04:13si la justice l'accepte, rien ne me choque.
04:15Et que finalement,
04:17Marine Le Pen puisse faire
04:19appel et utiliser toutes les voies de recours
04:21à sa disposition, c'est bien normal. Je crois qu'il y en a
04:23d'ailleurs d'autres. On parle aussi
04:25de cette fameuse question de constitutionnalité
04:27devant le Conseil constitutionnel. Enfin, il y a encore
04:29un certain nombre de choses qui s'ouvrent à elle.
04:31Non, mais moi je crois en revanche que
04:33effectivement, Marine Le Pen
04:35est prise à son propre jeu et le Rassemblement national
04:37est pris à son propre jeu.
04:39Parce que ça fait quand même
04:41des années, des décennies même,
04:43si on reprend les premières interventions de Marine Le Pen,
04:45les archives sont cruelles,
04:47que ces gens-là expliquent que tout le monde a tapé dans la caisse
04:49au feu, que tout le monde est pourri
04:51au feu, qu'il faut être intransigeant avec tout le monde,
04:53qu'il faut aller
04:55chercher le moindre fraudeur,
04:57surtout d'ailleurs,
04:59s'il n'a pas le
05:01bon prénom ou la bonne religion.
05:03Et donc, tout ça se retourne contre eux.
05:05Ces gens qui ne cessent
05:07à l'Assemblée nationale d'avoir des mots
05:09toujours de plus en plus durs sur
05:11la nécessaire répression,
05:13la dureté,
05:15l'intransigeance, se retrouvent effectivement
05:17aujourd'hui pris à leur propre jeu.
05:19Ils ont pendant des années mis en place un système
05:21on ne peut pas parler d'erreur
05:23d'interprétation sur les assistants politiques,
05:25un système parallèle de détournement
05:27de l'argent public au Parlement européen
05:29qui recouvre 7 millions d'euros, 500 000 euros
05:31pour Madame Le Pen.
05:33Et aujourd'hui, effectivement, il y a une condamnation
05:35et tout ce qu'on a vu pendant le procès
05:37de Madame Le Pen ne donne pas une seconde
05:39le sentiment qu'elle a pris conscience
05:41que tout cela n'était peut-être pas normal
05:43et que la loi s'appliquait aussi à elle.
05:45Je rappelle que ce soir Marine Le Pen prend la parole et que vous pourrez l'entendre
05:47au fur et à mesure de sa prise de parole
05:49bien entendu sur notre antenne.
05:51Qu'est-ce qu'elle peut nous dire, Christophe Barbier ?
05:53Qu'est-ce qu'elle a encore à nous dire ?
05:55Je pense qu'elle va continuer comme elle avait réagi
05:57après le réquisitoire, c'est-à-dire par une phase
05:59de victimisation, de protestation,
06:01c'est-à-dire le système contre moi,
06:03le système contre les électeurs du RN.
06:05Ça marche encore, ça ?
06:07Oui, ça marche encore pour mobiliser un électorat
06:09et puis parce qu'une partie de l'opinion est choquée
06:11de la sévérité du jugement d'aujourd'hui.
06:13Ensuite, elle ne peut pas, après
06:15des années d'avoir dit « nous ne sommes coupables de rien »,
06:17dire « je comprends que je suis coupable
06:19de quelque chose ». Ce sera un renversement de stratégie.
06:21Autant au moment de l'appel il faudra être plus subtil
06:23qu'en première instance, autant là c'est compliqué.
06:25On n'a pas senti Laurent Jacobelli, qui était notre invité,
06:27très inhibé dans la première partie de l'émission.
06:29Maintenant, il faut qu'elle dévoile aussi sa stratégie
06:31pour l'emporter, c'est-à-dire pour
06:33pouvoir être candidate
06:35sur la ligne de départ lors de la présidentielle
06:372027. Il y a une partie de cette stratégie
06:39qui est juridique. Comment on fait
06:41appel ? Qu'est-ce qu'on peut espérer ? Est-ce qu'on peut
06:43espérer faire sauter cette exécution
06:45provisoire par un premier appel ?
06:47Est-ce qu'on peut espérer un calendrier d'appel
06:49rapide pour qu'elle repasse devant les juges
06:51rapidement ? Le procès du Modem,
06:53le procès similaire, il s'est terminé il y a 13 mois.
06:55On attend toujours la date fixée pour l'appel.
06:57Donc, là-dessus, il y a peu d'espoir.
06:59Et puis, il y a la réponse politique. Est-ce que Marine
07:01Le Pen, ce soir, va dire K.O. pour K.O. ?
07:03Vous allez voir ce que vous allez voir à l'Assemblée nationale.
07:05C'est-à-dire ? La prochaine motion de censure
07:07déposée par exemple par LFI, nous la voterons.
07:09Et nous ferons tomber ce gouvernement. On nous
07:11empêche de participer à la démocratie,
07:13nous le ferons. Est-ce qu'elle ira jusque-là ?
07:15Ou pas ?
07:17Elle perdrait son siège de députée.
07:19Elle risquerait aussi de perdre le sel.
07:21S'il y a dissolution par le président.
07:23Mais je suis assez d'accord que cette stratégie
07:25jusqu'au boutiste, elle peut lui servir.
07:27Ce serait très très dur. Parce que ça voudrait
07:29dire mener deux stratégies. On sait qu'en communication,
07:31c'est toujours très difficile. Donc, Marine
07:33Le Pen, candidate, si elle le peut. Et en
07:35même temps, préparer le poulain qui est quand même
07:37pas très très près. A peine 30 ans et
07:39on a vu ses faiblesses pendant les législatives.
07:41Donc, préparer Bardella pour prendre
07:43le relais si jamais elle n'arrivait pas au bout.
07:45Ça serait vraiment très compliqué.
07:47Mais par contre, là, pour le coup,
07:49le contre-le-système pourrait être porteur.
07:51C'est-à-dire, je suis vraiment celle
07:53qui se bat contre vents et marées
07:55pour respecter votre vote
07:57et pour vous représenter puisque vous en avez
07:59besoin. Olivier Bost, que va nous
08:01dire ce soir Mme Le Pen ?
08:03Alors, Marine Le Pen est en train de parler.
08:05Elle intervient déjà au journal télévisé
08:07et elle conteste très largement
08:09la décision, bien évidemment,
08:11qui a été prise par la
08:13présidente du tribunal et qui a été annoncée
08:15par la présidente du tribunal ce midi.
08:17Elle considère que cette décision
08:19est une décision politique
08:21et que l'état de droit
08:23a été totalement violé
08:25par cette décision.
08:27L'état de droit violé ?
08:29Bon, ce sont des propos
08:31maximalistes.
08:33Ils sont excessifs.
08:35C'est la surenchère pour essayer de montrer
08:37que c'est une décision politique. Je pense que
08:39au démarrage du procès, elle n'avait pas envie
08:41d'en faire ce combat-là
08:43contre un procès politique.
08:45C'est après avoir vu ce qu'on lui reprochait
08:47et ce qu'elle risquait d'avoir
08:49et monter sur ce créneau-là. Je pense que c'est
08:51un énorme risque d'aller là-dessus.
08:53Aurélien Taché. Je suis choqué d'entendre dire
08:55que l'état de droit a été violé
08:57puisque précisément, ce qui s'est passé
08:59en justice est tout simplement
09:01l'application d'une loi que les amis de Marine Le Pen
09:03ont votée. Ils ont voté une loi
09:05pour l'automaticité de la peine d'inéligibilité.
09:07Vous savez, à la France Insoumise, nous sommes
09:09pour la personnalisation des peines. Nous ne vantons jamais
09:11les peines automatiques, les peines planchées ou aucune d'entre elles.
09:13Le Rassemblement National a voté cette loi.
09:15Cette loi, aujourd'hui, mise en oeuvre
09:17dans notre pays par la justice.
09:19Qu'est-ce que ça pourrait être de plus que ça, l'état de droit ?
09:21Finalement, j'aimerais bien comprendre, j'aimerais bien qu'on m'explique.
09:23Donc non, là, je pense que je ne suis pas
09:25l'avocat de Marine Le Pen, loin s'en faut, mais je pense
09:27que c'est véritablement la dernière défense qu'elle devrait
09:29avoir parce que l'état de droit s'est précisément
09:31appliqué, peut-être avec trop de fermeté,
09:33peut-être ça a des conséquences sur le plan démocratique, on peut discuter
09:35de tout, mais en tout cas, l'état de droit, lui,
09:37il s'est fait respecter et il s'est appliqué.
09:39Christophe Barbier. Oui, avec peut-être pour elle un angle d'attaque.
09:41C'est pas le jugement de fond
09:43sur ce qui s'est passé, c'est pas l'inéligibilité
09:45qui est automatique, c'est l'application de la loi,
09:47c'est l'exécution provisoire.
09:49La motivation de la présidente du tribunal, c'est de dire
09:51qu'il y a risque de récidive. Ah bon ?
09:53Elle n'est plus députée européenne, les assistants
09:55parlementaires du RN sont rentrés dans les clous,
09:57évidemment. Ça veut dire quoi, possibilité
09:59de récidive ? Ah ben, la présidente dit
10:01qu'ils ont tellement nié les faits qu'ils n'ont pas
10:03compris la gravité de ce qu'ils faisaient. Un peu comme
10:05un assassin qui dirait « j'ai tué, mais c'est pas si grave ».
10:07Donc, il faut les empêcher de récidiver.
10:09C'est un peu léger comme argumentation de la part
10:11de la présidente. Là, il y a peut-être un angle d'attaque
10:13pour le RN. Alors, ce soir, en tout cas,
10:15elle dénonce et juge que l'état de droit
10:17a été totalement violé par la décision
10:19dont nous débattons, et elle l'évoque
10:21et elle dénonce là aussi une décision
10:23politique. On continue d'en débattre avec nos invités
10:25dans un instant.
10:27RTL, édition spéciale
10:29avec Yves Calvi.
10:31Yves Calvi, édition spéciale
10:33sur RTL. Et nous poursuivons cette édition spéciale
10:35jusqu'à 21h sur RTL afin de vous informer.
10:37Les juges veulent m'empêcher
10:39de me présenter à l'élection présidentielle.
10:41C'est un des propos tenus, Julien Fautrat,
10:43par la présidente du groupe
10:45à l'Assemblée nationale, en l'occurrence
10:47quand même Mme Le Pen. Qu'a-t-elle dit d'autre ?
10:49Elle a dit que l'état de droit
10:51avait été violé. Donc ça, ce sont des mots
10:53extrêmement forts. Elle a parlé de justice
10:55politique. Elle a parlé de
10:57jours funestes
10:59pour notre démocratie
11:01que représente ce 31 mars.
11:03Les juges ont fait fi
11:05des explications que nous avons données. Nous avons été
11:07jugés de façon partiale.
11:09Elle parle d'ingérence dans le choix des Français.
11:11« Je n'ai pas confiance dans la date de l'appel,
11:13dit Marine Le Pen, puisque la question lui a été posée
11:15sur TF1 ce soir.
11:17Si l'appel a lieu dans un an,
11:19il peut y avoir un appel et elle pourra
11:21peut-être, si la Cour d'appel
11:23dit que c'est l'inverse de la Cour
11:25de première instance, participer à l'élection présidentielle.
11:27Mais elle dit, il faut que la justice
11:29se hâte. C'est un appel que je fais
11:31ce soir. Il faut que la justice se hâte.
11:33Mais je n'ai pas confiance dans la date de l'appel.
11:3518 mois à 2 ans, il sera trop tard
11:37admet Marine Le Pen. Et puis, dernier
11:39petit élément, elle a dit au début, pourquoi
11:41elle avait quitté la salle d'audience
11:43avant même de recevoir
11:45elle-même
11:47ce que les juges avaient décidé pour elle.
11:49« J'ai compris ce que la présidente
11:51expliquait », indique Marine Le Pen.
11:53« J'avais compris », dit-elle.
11:55Et c'est pour ça qu'elle est partie de façon un peu théâtrale,
11:57un peu à la Le Pen,
11:59comme on fait souvent.
12:01Et c'est pour ça qu'elle est partie. « J'avais compris », dit Marine Le Pen.
12:03Et j'ajoute un propos à l'instant.
12:05« Je suis combative », vient de dire Marine Le Pen.
12:07« Je ne vais pas me laisser éliminer comme ça ».
12:09« Je ne vais pas me laisser éliminer comme ça ».
12:11Est-ce qu'elle a raison d'utiliser cette
12:13terminologie pour qualifier sa situation
12:15au moment où nous parlons,
12:17Christophe Barbier ? Depuis le début de cette
12:19asphère, elle essaye de transformer le juridique
12:21en politique. Le Parlement
12:23européen lui reproche de mal utiliser
12:25les assistants parlementaires. Elle répond,
12:27c'est Bruxelles qui veut la peau d'un parti souverainiste.
12:29La justice française lui demande
12:31des comptes. Elle dit, on veut m'éliminer,
12:33c'est le système. Donc, à chaque fois,
12:35elle essaye de transformer en force politique,
12:37en créant de l'indignation dans son électorat,
12:39les malheurs juridiques qui lui arrivent. Sauf qu'au bout d'un moment,
12:41elle arrive dans une impasse.
12:43Si inéligibilité il y a,
12:45elle ne sera pas candidate.
12:47Alors, si elle cherchait à soulever
12:49le peuple dans une sorte de révolution contre les juges,
12:51on pourrait comprendre cette logique.
12:53Mais à un moment donné, il faut qu'elle en sorte.
12:55Parce que si la justice lui répond, ben non, l'appel,
12:57c'est trois ans, c'est les délais réguliers,
12:59qu'est-ce qu'elle aura à répondre ?
13:01C'est une position qui est assez paradoxale.
13:03C'est une position qui me semble stérile à terme.
13:05Émilie Zappalsky ?
13:07Je pensais à Trump.
13:09Parce qu'avec Trump, c'est bizarre,
13:11mais ça marche. C'est-à-dire,
13:13ses principes, jamais se laisser abattre,
13:15jamais se laisser accepter
13:17vaincu. C'est un petit peu ce qu'elle
13:19essaie de faire. Elle dit qu'elle est innocente,
13:21elle dit que c'est
13:23l'état de droit qui a été violé, qu'elle a été
13:25éliminée. Donc elle essaie de transformer
13:27le truc en se victimisant, comme vous l'avez
13:29dit, et en essayant d'embarquer tout le monde
13:31là-dedans. Sauf qu'en France, c'est pas la même
13:33chose, et qu'elle n'est pas Trump, déjà
13:35dans sa façon d'être, et puis la population
13:37autour est quand même assez
13:39respectueuse de la justice.
13:41Donc je pense qu'en effet, cet axe-là,
13:43qui est à peu près le seul qu'elle peut avoir aujourd'hui
13:45pour ne pas dire plus, et bien
13:47il est sans issue. Mais finalement,
13:49elle risque de le tenir pendant très longtemps
13:51parce que, pour l'instant, elle ne peut pas donner
13:53le flambeau à Bardella, ça serait beaucoup trop tôt.
13:55Aurélien Taché, député France Insoumise.
13:57Non, mais moi je crois d'abord que, bon,
13:59à qui s'adresse Marine Le Pen, je suis pas
14:01tant sûr que ce soit
14:03à la justice judiciaire qu'à Richard Ferrand,
14:05président du conseil constitutionnel, je le redis.
14:07Non, mais vraiment. Après,
14:09ça me choque, son attaque
14:11de l'institution judiciaire me choque. Les juges,
14:13ils ont constaté quelque chose de simple.
14:15Un détournement de fonds publics, un système mis en place,
14:177 millions d'euros, donc ils ne peuvent qu'appliquer la loi.
14:19Qu'on ait ensuite un débat sur le plan
14:21démocratique et politique pour savoir
14:23si finalement, c'est bien,
14:25on doit en rester là
14:27dans un cas comme celui
14:29de Madame Le Pen qui est finalement candidate à la présidentielle
14:31et que, par exemple, l'exécution provisoire
14:33s'applique immédiatement.
14:35Ça, c'est un autre sujet.
14:37Nous, l'exécution provisoire, par exemple,
14:39on a toujours considéré qu'effectivement,
14:41ça privait quelqu'un de recours et ça peut avoir
14:43des incidences sur la vie démocratique. Et à mon avis,
14:45ce qu'essaie de faire Marine Le Pen ce soir,
14:47c'est de considérer que
14:49vous avez sans doute vu dans la décision du Conseil constitutionnel
14:51il y a deux jours, une motivation
14:53qui disait que si l'électeur était trop largement privé
14:55de son choix, alors le Conseil constitutionnel
14:57qui lui est à cheval entre le politique et
14:59le judiciaire, pourrait statuer autrement.
15:01Je pense que c'est ce qu'elle essaie de faire. Et moi, j'irai plus loin.
15:03Je vais toujours considérer que la justice était un pouvoir,
15:05que le peuple devait avoir son mot à y dire,
15:07que les électeurs devaient pouvoir trancher d'une
15:09manière ou d'une autre. Et là aussi, on a aujourd'hui
15:11quelque chose qui est que finalement,
15:13la justice est déconnectée de toute
15:15réalité citoyenne, démocratique ou autre
15:17parce qu'elle est rendue par des professionnels qu'il faut
15:19respecter, mais que du coup, elle n'est pas à même
15:21de prendre en compte, effectivement,
15:23de manière suffisamment fine
15:25les conséquences politiques d'une telle décision.
15:27Moi, je n'avais pas très bien compris la prise
15:29d'opposition de
15:31pardonnez-moi,
15:33de Jean-Luc Mélenchon lorsqu'il nous disait que
15:35il faut que la décision
15:37de destituer un responsable
15:39politique devait être réservée au peuple.
15:41Qu'est-ce qu'il veut dire ? Il fait juste une allusion aux élections ?
15:43Non, ce qu'on veut dire, vous le savez,
15:45nous nous plaidons pour un modèle
15:47radicalement différent et nous considérons qu'aujourd'hui,
15:49effectivement, le peuple n'a pas
15:51suffisamment son mot à dire
15:53dans quelque matière que ce soit. En matière de
15:55justice, les jurys populaires ont été supprimés.
15:57En matière démocratique, les citoyens n'ont
15:59très rarement le droit à la parole. Nous, nous proposons
16:01les référendums révocatoires. En matière démocratique,
16:03il n'y a pas d'équité aujourd'hui
16:05et de réelle égalité dans la vie publique et démocratique
16:07entre les différentes formations politiques.
16:09Tout ça fait qu'on arrive en bout de course avec
16:11une justice qui doit finalement tout trancher,
16:13tout décider. Elle a fait son devoir,
16:15la justice. Elle a appliqué la loi, je n'ai rien à redire
16:17à ça et même je la soutiens. Elle est même attaquée.
16:19Les magistrats sont même
16:21attaqués nominalement et ça me choque. En revanche,
16:23est-ce que le système est normal et est-ce que le citoyen
16:25a suffisamment son mot à dire ? La réponse est non.
16:27Christophe Barbier,
16:29elle dénonce ce soir Mme Le Pen dans sa prise de parole
16:31des pratiques réservées au régime
16:33autoritaire. Des pratiques réservées
16:35au régime autoritaire.
16:37Vous croyez que les Français sont prêts à entendre ça ?
16:39Oui, c'est un peu gros, d'autant que dans les régimes autoritaires
16:41souvent les politiques
16:43s'amnistient eux-mêmes
16:45et s'exemptent de la justice et ne veulent
16:47pas rendre de compte à la justice.
16:49Donc c'est plutôt dans les démocraties les plus
16:51abouties que la justice se mêle
16:53du politique et parfois se mêle trop du politique.
16:55Il est vrai que par exemple
16:57la maire de Montauban qui avait été démie de son mandat,
16:59qui avait dû quitter sa mairie parce qu'il y avait exécution provisoire,
17:01elle a gagné en appel.
17:03Mais on n'a pas pu réparer évidemment
17:05le mandat qui était perdu. C'est peut-être pour ça d'ailleurs
17:07qu'aujourd'hui Louis Alliot a échappé
17:09à cette exécution provisoire.
17:11Donc on peut critiquer une justice qui
17:13empiète sur la démocratie,
17:15mais on ne peut pas dire que c'est le propre des régimes autoritaires.
17:17Au contraire, les régimes autoritaires utilisent la justice
17:19pour se mettre à l'abri de toutes poursuites.
17:21Alors je salue Yohann Gilet, porte-parole
17:23du Rassemblement National et député du Gard,
17:25qui nous rejoint dans ce débat.
17:27Olivier Boss, je vous voyais abonder en écoutant Christophe Barbier.
17:29Quelques éléments importants
17:31de ce que vient de dire Marine Le Pen
17:33ce soir. Il n'est pas question
17:35pour elle d'un retrait de la vie politique.
17:37En aucune manière, en aucune façon,
17:39précise-t-elle.
17:41Donc ça confirme qu'elle veut combattre
17:43la décision qui a été rendue
17:45aujourd'hui. Et une autre information
17:47importante, elle a été interrogée sur
17:49un ticket Jordan Bardella
17:51qui deviendrait président de la République,
17:53donc candidat à l'élection présidentielle, et elle,
17:55pourquoi pas, Premier ministre.
17:57Je ne suis pas dans cet état d'esprit, précise
17:59Marine Le Pen ce soir, qui considère que
18:01le joker Bardella, c'est trop tôt pour le sortir.
18:03Elle considère qu'elle a encore une chance
18:05de pouvoir se présenter à l'élection présidentielle.
18:07Elle dit, elle dit, je ne suis pas dans cet état
18:09d'esprit. Vous connaissez le ticket ?
18:11C'était Marine Le Pen
18:13candidate à l'Elysée, Jordan Bardella candidat
18:15à Matignon. L'idée d'inverser
18:17le ticket Marine Le Pen n'est pas du tout
18:19dans cet état d'esprit-là,
18:21dit-elle. Elle dit c'est un atout formidable
18:23mais pas pour tout de suite. Et dans une interview
18:25au Figaro, elle a dit
18:27il y a quelques jours que pour
18:292032, Jordan Bardella, ce sera très bien
18:31mais sous-entendu pour tout de suite
18:33on n'est pas prêt. Je crois en la capacité
18:35de la cour d'appel à analyser avec neutralité
18:37ce dossier pour constater que nous
18:39n'avons rien à nous reprocher, nous dit
18:41Marine Le Pen. Est-ce que vous pensez que c'est audible par la plupart
18:43de nos auditeurs ce soir ?
18:45Johan Gillet. Oui, parce
18:47que Marine Le Pen est innocente
18:49des faits qui lui sont reprochés
18:51et clairement, nous avons
18:53eu la démonstration aujourd'hui, comme
18:55les mois qui viennent de passer
18:57lors du procès, et bien
18:59que la juge se
19:01comportait en militante politique.
19:03C'est bien ça la réalité.
19:05Quand une exécution provisoire
19:07est prononcée comme ça
19:09fut le cas au moment du...
19:10Vous remettez en cause l'honnêteté de la justice française ?
19:12Je ne parle pas de la justice. Je vous parle
19:14de cette juge précisément.
19:16En l'occurrence, dans ses fonctions
19:18elle représente la justice française.
19:20Si je vous critique, je ne critique pas
19:22l'ensemble des journalistes. Là, en l'occurrence
19:24je dis que cette juge est
19:26devenue magistrate, elle le dit
19:28elle-même d'ailleurs, par admiration pour Eva Jolie.
19:30Ensuite, quand cette juge
19:32ordonne
19:34l'exécution provisoire de l'inégilibilité
19:36de la candidate
19:38Marine Le Pen, qui est
19:40donnée vainqueur de l'élection présidentielle
19:42dans un certain nombre de sondages,
19:44qu'elle motive cette exécution provisoire
19:46par un risque de récidive
19:48où personne n'y comprend rien d'ailleurs, parce qu'il n'y a aucun
19:50risque de récidive. Je vous rappelle d'ailleurs que
19:52Marine Le Pen n'est plus députée européenne.
19:54Et que ce même risque de récidive
19:56est lui justifié
19:58par la défense des accusés
20:00parce qu'ils se sont défendus lors du procès
20:02alors que c'est le droit de tout accusé
20:04et bien je dis oui qu'il y a un problème
20:06et que oui, c'est une décision
20:08de justice politique.
20:10Est-ce que vous pensez que ce soir, que Marine Le Pen
20:12peut sortir de cette seringue judiciaire
20:14en pouvant se présenter en 2027 ?
20:16Est-ce que vous croyez à cette probabilité ?
20:18Ecoutez, je l'espère
20:20parce que Marine Le Pen
20:22est l'espoir de millions de français.
20:24Marine Le Pen est la candidate
20:26naturelle à l'élection présidentielle
20:28et très probablement la future présidente
20:30de la République française
20:32si des juges ne l'empêchent pas
20:34de se présenter à l'élection présidentielle.
20:36Il faut voir de quoi nous parlons
20:38aujourd'hui quand même. On est en France,
20:40on donne des leçons...
20:42On donne des leçons
20:44de démocratie
20:46à tout le monde, alors même que nous sommes
20:48dans un pays qui ferme
20:50de manière autoritaire, arbitraire
20:52des chaînes de télévision
20:54qui condamnent un ancien président de la République
20:56à des peines de prison
20:58plus élevées que certains trafiquants de drogue
21:00et qui empêchent une candidate
21:02à l'élection présidentielle
21:04de se présenter.
21:06C'est très grave ce qui se passe ce soir.
21:08Christophe Barbier. Je comprends votre attaque
21:10sur l'exécution provisoire contre l'argumentation
21:12qui est donnée par le tribunal, mais je ne comprends
21:14pas votre volonté de continuer
21:16à dire qu'il y a innocence sur tout le dossier.
21:18À travers le procès du Modem
21:20et celui du RN, la justice a tranché.
21:22On ne pouvait pas utiliser cet argent du Parlement
21:24européen pour faire faire
21:26d'autres tâches que des tâches réservées
21:28au Parlement européen. Pourquoi ne pas dire...
21:30On avait mal compris le règlement,
21:32on pensait que les individus pouvaient travailler
21:34et pour le parti et pour leurs députés,
21:36même un garde du corps, même une assistante.
21:38On revient dans les clous, on rembourse ce qu'on vous doit.
21:40Des tâches d'un collaborateur
21:42parlementaire pour son député.
21:44Et évidemment
21:46que l'activité d'un député est éminemment
21:48politique. Donc oui, nous sommes innocents
21:50et nous continuons à le dire
21:52et nous espérons pouvoir
21:54le prouver lors de l'appel.
21:56Mais en l'occurrence, le sujet du jour
21:58c'est l'empêchement de Marine Le Pen
22:00à se présenter à l'élection présidentielle
22:02et c'est très grave ce qui se passe.
22:04Aurélien Taché veut vous répondre.
22:06Député France Insoumise, ce sera dans un instant.
22:18Dans un premier temps, j'étais en colère
22:20parce que je me dis, on a tué
22:22le Rassemblement National, mais
22:24je pense que non. Je pense que finalement, il va y avoir
22:26des réactions et que ça peut peut-être même
22:28booster le parti et lui redonner
22:30beaucoup, beaucoup, beaucoup
22:32de vigueur à la personne de
22:34Jordan Bardella.
22:36C'est un message d'auditeur
22:38sur le 3210
22:40que vous venez d'entendre il y a quelques instants.
22:42Un auditeur d'RTL. Je vous rappelle que nous sommes
22:44avec Aurélien Taché, député France Insoumise du Val-d'Oise.
22:46Émilie Sapalsky, spécialiste
22:48en communication politique
22:50et fondatrice de l'agence
22:52Émilie Conseil. Christophe Barbier
22:54qui est éditorialiste. Olivier Bosse, chef de notre
22:56service politique et que nous avons été rejoints par
22:58Yoann Gillet, porte-parole du Rassemblement National
23:00et député du Gard.
23:02Qu'est-ce que vous pensez de ce que vient nous dire
23:04cet auditeur ?
23:06Aurélien Taché
23:08et je sais que vous souhaitiez reprendre la parole
23:10après ce dont nous débattions
23:12il y a quelques instants.
23:14Mon collègue Yoann Gillet
23:16sur la démocratie. La démocratie
23:18c'est en fait avoir la même justice
23:20et les mêmes règles pour tous. Alors effectivement
23:22ça devrait permettre par exemple sur la question
23:24de l'exécution provisoire à Madame Le Pen
23:26d'avoir une possibilité de recours. Mais par contre
23:28vous entendre dire que finalement
23:30parce qu'un ancien président de la République
23:32serait moins condamné qu'un dealer, c'est ce que vous avez dit
23:34on parle d'une affaire de corruption absolument
23:36terrible, du financement de l'affaire
23:38libyenne avec M. Kadhafi pour M. Sarkozy
23:40je ne savais pas que vous défendiez M. Sarkozy mais je la prends
23:42ce soir. Vous entendre vous en prendre à une juge
23:44de manière nominale.
23:46Vous dire ensuite qu'on ferme
23:48des chaînes de télévision de manière arbitraire.
23:50Alors là vraiment vous êtes dans une défense qui n'a plus rien
23:52à voir avec la démocratie. Vous êtes dans complètement autre chose
23:54vous essayez de nous faire croire que finalement les décisions
23:56seraient prises comme ça.
23:57Je suis inquiet pour la démocratie de notre pays.
23:59Oui mais la démocratie monsieur c'est d'abord de considérer
24:01que chacun a le droit aux mêmes règles
24:03nous avons toujours défendu ça dans mon mouvement politique
24:05vous c'est rarement le cas. Vous êtes
24:07prompt à demander des sanctions exemplaires
24:09des peines automatiques, finalement des jugements
24:11plus durs que durs pour la moitié des gens
24:13mais quand ça vous concerne tout d'un coup là ça devient antidémocratique.
24:15Il faut être un petit peu sérieux et s'en prendre de manière
24:17à une juge de manière nominale me semble extrêmement grave
24:19monsieur. Enfin véritablement quand on respecte un petit peu
24:21la démocratie on ne s'attaque pas à une fonctionnaire
24:23de justice qui n'a fait que finalement son travail.
24:25Vous allez faire appel, vous allez faire
24:27vous allez utiliser les recours à votre disposition
24:29vous en avez le droit. Moi personnellement en tant que
24:31parlementaire je défends ce droit que vous avez
24:33mais je ne vous laisse pas parler de la démocratie
24:35de la justice dans ces termes monsieur le député c'est vraiment pas possible.
24:37Et je rappelle que madame Le Pen ce soir a dénoncé
24:39des pratiques de régime autoritaire.
24:41C'est intéressant quand même ça parce qu'on entend
24:43les messages de Poutine, on entend les messages
24:45de soutien d'Elon Musk, de Poutine
24:47et de Viktor Orban qui ne sont pas quand même
24:49la plus grande démocratie en tout cas chez Poutine.
24:51On ne peut pas dire cela.
24:53C'est bizarre d'utiliser ça.
24:55Je me questionne plus puisque tout à l'heure vous m'avez demandé
24:57pour la stratégie de communication de Marine Le Pen
24:59combative, ok. Là j'ai plus de doutes
25:01c'est à dire comment transformer cette colère
25:03parce que vous dites finalement
25:05elle est innocente. C'est intéressant ce glissement
25:07parce que c'est vrai que depuis le début de la journée
25:09on entendait plutôt des reproches
25:11sur l'exécution provisoire. On ne remettait pas
25:13en question son innocence
25:15ou pas. Là vous revenez et je pense
25:17que c'est normal dans votre stratégie
25:19de dire en gros elle n'a pas
25:21fait de détournement de fonds publics
25:23alors que c'est ça qui est en cause et pour lequel
25:25elle serait condamnée. La stratégie
25:27c'est quoi ? C'est de dire c'est un déni
25:29de démocratie, la juge n'était pas la bonne
25:31la peine est trop élevée
25:33et qu'est-ce qu'on en fait de ça puisque
25:35comme l'a dit Aurélien Taché vous ne pouvez pas
25:37faire autrement que de suivre le
25:39droit chemin d'une démocratie
25:41la justice. Vous avez construit
25:43et d'ailleurs Marine Le Pen a construit
25:45ce parti renouvelé
25:47en Rassemblement National comme étant normalisé
25:49institutionnalisé. Vous n'allez pas faire
25:51le capitol, vous n'allez pas lancer
25:53les gens à l'assaut dans la rue
25:55donc ça va être simplement
25:57des appels, ça va être simplement essayer
25:59de contredire cette décision de justice.
26:01Réponse de Yohann Gillet pour le Rassemblement National
26:03Vous parlez vous de stratégie
26:05moi je ne vous parle pas de stratégie
26:07je vous parle simplement de démocratie
26:09en France
26:11dans notre démocratie
26:13lorsque l'on est condamné on peut faire
26:15appel du jugement. En l'occurrence
26:17le jugement qui a été
26:19rendu ne permet pas
26:21à Marine Le Pen de faire appel correctement
26:23puisque quand bien même
26:25elle ferait appel, elle va faire appel, elle l'a
26:27annoncé et bien
26:29l'inéligibilité et bien
26:31aurait quand même été prononcée
26:33et exécutée donc ce serait trop tard
26:35mais il y a des exemples très concrets
26:37vous parliez tout à l'heure de
26:39Madame l'ancien maire de Montauban
26:41Madame Arege qui avait été condamnée
26:43à 5 ans d'inéligibilité
26:45avec exécution provisoire
26:47donc on est exactement dans le même cas de figure
26:495 ans après la justice l'a entièrement
26:51blanchie. Mais le mal était fait
26:53elle avait été rendue inéligible
26:55elle avait dû rendre son mandat de maire
26:57du jour au lendemain
26:59ça prouve à quel point cette exécution
27:01provisoire est anti-démocratique
27:03qui ne permet pas aux accusés de se défendre
27:05correctement
27:07Elle existe, elle a été votée
27:09et on est censé l'appliquer ?
27:11Non, c'est une peine complémentaire
27:13qui a été appliquée spécifiquement
27:15pour Marine Le Pen. Ce n'était pas une peine
27:17automatique. Donc ça veut dire que la juge
27:19en toute connaissance de cause, avec les
27:21répercussions qui vont avec
27:23a décidé elle-même d'appliquer
27:25une peine complémentaire qui n'était pas
27:27prévue dans la loi initiale
27:29pour faire en sorte que Marine Le Pen ne soit
27:31pas candidate à l'élection présidentielle
27:33c'était un objectif assumé totalement
27:35de la part du tribunal. Moi je ne suis pas
27:37juge, mais quand on entendait les témoignages
27:39des personnes qui étaient impliquées dans cette affaire
27:41c'était assez léger et franchement
27:43cette histoire de déni
27:45je ne suis pas juge, je ne suis pas judiciaire
27:47mais franchement on avait l'impression un peu, excusez-moi
27:49mais de rigolo qui ne se rendait pas compte
27:51de 4 millions, 4,1 millions
27:53d'euros et c'était très léger
27:55très léger parfois
27:57Ah je suis désolé mais c'était
27:59pas une prise de sérieux
28:01c'était pas une prise au sérieux de
28:03cette affaire
28:05Sur le dossier, je vous réaffirme ici des yeux
28:07dans les yeux, que Marine Le Pen et l'ensemble
28:09des prévenus de ce procès sont
28:11innocents. On en a eu d'autres, on a eu des
28:13Cahuzac qui juraient à l'Assemblée nationale
28:15et à TF1, donc ça
28:17franchement, et vos électeurs je pense qu'ils connaissent
28:19les politiques qui racontent beaucoup beaucoup de choses
28:21et qui yeux dans les yeux disent qu'ils sont
28:23innocents et puis après... Dans une affaire totalement
28:25identique, François Bayrou, lui,
28:27a été relaxé. C'était
28:29230... C'était combien ? C'était 230
28:31000 euros. Olivier Bosse, on vous a entendu, pardonnez-moi
28:33François Bayrou n'a pas été considéré
28:35comme l'organisateur d'un système, en tout cas
28:37la justice n'est pas arrivée à prouver
28:39qu'il était l'organisateur d'un système pour
28:41Tout comme la justice n'a pas été en capacité de le prouver
28:43pour Marine Le Pen. C'était 10 fois moins.
28:45Ça c'est votre point de vue, oui. Christophe Barbier
28:47Le Parquet a fait appel. C'est pas l'avis de la justice. Jusqu'où
28:49êtes-vous prêt à aller ? Quelle est la stratégie ce soir
28:51dans la mobilisation politique
28:53de vos électeurs et de vos sympathisants ?
28:55Une opération de tractage est annoncée, on nous a parlé
28:57d'une manifestation, puis visiblement ce n'est plus
28:59le cas. On a vu par exemple avec
29:01Donald Trump que mettre des gens dans la rue
29:03c'était aussi un moyen de protester contre
29:05des avancées de justice. Jusqu'où
29:07êtes-vous prêt à aller ? Vos électeurs, vous leur
29:09demandez de se mobiliser dans les urnes ou dans la rue ?
29:11Christophe Barbier Mais ne faites pas
29:13de comparaisons
29:15inappropriées.
29:17Nous appelons à une mobilisation
29:19populaire et pacifiste.
29:21Les choses sont très
29:23claires. De même, d'ailleurs,
29:25les Français nous apportent leur soutien.
29:27Nous recevons tous des centaines
29:29de messages depuis ce midi.
29:31Qu'est-ce que vous attendez de cette mobilisation ?
29:33Qu'est-ce qu'elle peut provoquer ?
29:35Je pense que quand un pays est en danger,
29:37quand son propre pays
29:39est en danger et que la démocratie est
29:41en train de s'effondrer,
29:43il y a une nécessité de prise de conscience populaire.
29:45La démocratie est en train de s'effondrer ? Vous vous rendez compte des propos que vous tenez ?
29:47Je les assume entièrement.
29:49On empêche Marine Le Pen
29:51qui représente
29:53au minimum 13 millions d'électeurs
29:55et bien plus d'ailleurs si l'on en croit
29:57les sondages de ce week-end.
29:59On est dans un pays aussi où on ferme
30:01– excusez-moi, je reviens sur le sujet –
30:03on ferme des chaînes
30:05de télévision. On est dans
30:07un pays qui condamne très lourdement
30:09un ancien président de la République avec des peines
30:11totalement disproportionnées.
30:13Qu'est-ce qui peut concrètement se passer ?
30:15Vous attendez quelque chose de la part du garde des Sceaux ?
30:17Mais ça c'est
30:19à eux de le dire.
30:21Ce ne sera pas le cas parce que M. Darmanin qualifie
30:23les menaces visant les magistrats d'inacceptables
30:25dans une démocratie.
30:27Oui, sauf qu'il n'y a aucune menace envers les magistrats.
30:29Si vous considérez que critiquer un magistrat c'est le menacer,
30:31excusez-moi, alors aussi vous êtes
30:33vous aussi complice
30:35de cette fin
30:37de démocratie qu'on est en train de vivre.
30:39On est encore dans un pays où on a le droit de s'exprimer,
30:41on a le droit de critiquer.
30:43Hier on me reprochait sur une chaîne de télévision
30:45de critiquer la décision de justice.
30:47Mais on est en liberté,
30:49on a le droit de parler, on a le droit de s'exprimer.
30:51La liberté d'expression ça a un sens.
30:53Moi j'estime effectivement
30:55que ce jugement n'a pas de sens,
30:57c'est totalement incohérent et est un jugement politique.
30:59Mais j'ai le droit de le dire.
31:01On marque une pause.
31:03Je précise qu'une magistrate
31:05interviendra dans quelques instants
31:07et bien entendu vous voulez y intervenir vous aussi Aurélien Taché.
31:09A tout de suite.
31:11RTL, édition spéciale.
31:13Avec Yves Calvi.
31:15Yves Calvi.
31:17Édition spéciale sur RTL.
31:19Et nous allons continuer de débattre
31:21jusqu'à 21h sur RTL.
31:23Une édition spéciale, nous serons rejoints dans un instant
31:25par Évelyne Sirmarin, ancienne présidente
31:27du syndicat de la magistrature.
31:29Christophe Barbier quand même, je voudrais qu'on revienne sur cette notion
31:31d'exécution provisoire.
31:33Est-ce que vous pouvez rappeler
31:35de quoi il s'agit exactement
31:37à nos auditeurs ?
31:39Est-ce que vous pouvez estimer que c'est un danger ?
31:41L'appellation est abusive.
31:43Elle est maladroite, il faudrait dire.
31:45Et c'est le cas, exécution par provision.
31:47C'est-à-dire que la justice considère qu'on va exécuter la peine
31:49tout de suite, comme si on prenait une provision
31:51avant même le jugement définitif.
31:53Pourquoi ?
31:55Il y a des cas très précis.
31:57Par exemple, si vous considérez que quelqu'un est dangereux,
31:59vous n'allez pas le laisser en liberté pendant qu'il fait appel.
32:01Vous allez l'emprisonner.
32:03Il y a la récidive, il y a la capacité de fuir
32:05qui est prise en compte aussi.
32:07Et puis, il y a une notion plus floue qui est
32:09la durée de l'affaire.
32:11Si la justice considère que vous avez fait traîner l'affaire
32:13en faisant des recours et des recours et des recours
32:15et des manœuvres dilatoires, on vous dit
32:17qu'on va vous faire exécuter votre peine tout de suite
32:19en n'attendant pas que vous ayez purgé tous les recours.
32:21Ce n'est pas ça qui a retenu la justice aujourd'hui.
32:23Ça a été de dire
32:25qu'il peut y avoir récidive.
32:27Ça, ça me semble un petit peu incongru.
32:29Et évidemment, ça crée un dommage quand même
32:31pour Marine Le Pen
32:33et les autres qui en subissent là aujourd'hui.
32:35Ils perdent certains de leurs mandats.
32:37Elle perd son mandat de conseillère départementale
32:39avant même que la chose ait été jugée au fond.
32:41Et si au bout du bout, elle est déclarée
32:43innocente, comment on lui rend
32:45les années de mandat ? Ce n'est pas possible.
32:47Et donc là, en effet, il y a une sorte
32:49de faiblesse. Et l'argumentation
32:51du tribunal sur cette exécution provisoire
32:53me semble intellectuellement fragile.
32:55Bon, si ce n'est que tout cela a quand même été
32:57voté au Parlement.
32:59Oui, c'est l'application de la loi.
33:01L'inéligibilité automatique en cas
33:03de détournement de fonds publics et l'exécution
33:05provisoire possible, c'est l'application
33:07de la loi. La justice n'a rien inventé
33:09aujourd'hui contre Marine Le Pen.
33:11Mais l'argumentation détaillée,
33:13le pourquoi les attendus du
33:15jugement, semble un peu étrange.
33:17D'autant que, pour lui, à Lyo, il n'y a pas
33:19l'exécution provisoire. Pour Julien Audoul,
33:21qui est député, il n'y a pas d'exécution provisoire.
33:23Pour Marine Le Pen, il y a exécution provisoire.
33:25Alors Audoul ne pouvait pas récidiver à Lyo
33:27non plus, mais elle est le peu...
33:29Ça me semble un peu confus.
33:31Donc ce soit l'invité du journal de TF1.
33:33Parce que j'ai parfaitement compris
33:35ce que la présidente expliquait,
33:37à savoir qu'elle était en train de rendre une décision
33:39qui était une décision politique.
33:41La magistrate
33:43a assumé très clairement
33:45de mettre en oeuvre
33:47l'exécution provisoire
33:49de l'inéligibilité, c'est-à-dire
33:51en réalité de rendre mon appel
33:53inutile sur ce sujet
33:55pour m'empêcher
33:57de me présenter et d'être
33:59élue, dit-elle, à l'élection présidentielle.
34:01C'est donc une décision
34:03politique qui était en train d'être
34:05rendue. Il ne m'en fallait pas plus,
34:07j'avais compris.
34:09Vous contestez cette analyse, Aurélien Taché ?
34:11Ce n'est pas du tout ce qu'a dit la justice. La justice a dit qu'il y avait
34:13un risque de récidive possible,
34:15puisque la défense de Mme Le Pen et de ses
34:17coprévenus devant le tribunal a été
34:19de dire exactement ce que dit M. Gillet
34:21ce soir. On conteste tout, on n'a rien
34:23fait, on s'en fiche, on fait ce qu'on veut.
34:25Les assistants, après tout, on leur demande bien ce qu'on veut, etc.
34:27Écoutez, je suis parlementaire comme vous, je n'ai pas
34:29du tout la dimension politique que peut avoir le travail
34:31de mes collaborateurs. Simplement, quand
34:33des gens ne sont même pas capables de donner le nom de leur
34:35patron, il y en a qui vont défiler devant la barre en disant
34:37je ne sais même pas pour quel élu je travaillais,
34:39on peut quand même se dire qu'il y avait un petit peu autre chose
34:41qui se jouait. Et moi je le redis, vos propos sur la démocratie
34:43sont problématiques. Il faut
34:45donner les mêmes règles à tout le monde, c'est vrai.
34:47Et effectivement, est-ce que le
34:49Rassemblement National, par exemple, a été interdit
34:51de se présenter aux élections ? Vous dites on n'est pas en démocratie. Non, le
34:53Rassemblement National peut se présenter, il peut avoir d'autres
34:55candidats. Les chaînes de télé
34:57que vous évoquez comme exemple sans cesse,
34:59c'est pareil, on ne les a pas fermées arbitrairement, c'est parce que des lois
35:01ont été violées. Et ainsi de suite, je peux
35:03vous redire
35:05que ce que vous avez dit sur M. Sarkozy me choque
35:07parce que vous donnez le sentiment, monsieur, que quand on
35:09a finalement plein d'électeurs derrière soi
35:11ou quand on a une certaine fonction, on aurait le droit
35:13à avoir une application différente de la loi.
35:15A mon avis, c'est, encore une fois, je ne suis pas votre avocat,
35:17bien loin sans faux, mais c'est une très mauvaise défense.
35:19Vous devriez plutôt, à mon avis, insister
35:21sur le fait que vous avez le droit à des recours,
35:23effectivement, je le redis, l'exécution provisoire
35:25est plutôt choquante. Il devrait y avoir la possibilité
35:27pour Marine Le Pen de faire un recours,
35:29puisqu'elle est, comme tous les autres, justiciable, mais
35:31ne vous en prenez pas en cause
35:33aux institutions de votre pays, parce que là, véritablement,
35:35vous faites peur à tout le monde et le travail que vous avez fait
35:37depuis 15 ans pour vous faire passer pour un parti
35:39comme les autres, moi je n'y ai jamais cru, est en train de
35:41s'effondrer en quelques heures.
35:42Demandons à Evelyne Sirmarin,
35:44magistrate, ce qu'elle pense justement de cette
35:46notion d'exécution provisoire.
35:48Elle vous choque ou pas, Evelyne Sirmarin ?
35:50C'est-à-dire que, là,
35:52dans cette affaire-là,
35:54le tribunal a appliqué la loi votée par les politiques,
35:56donc on ne peut pas reprocher
35:58quoi que ce soit aux juges.
36:00Maintenant, l'exécution provisoire, effectivement,
36:02fait que
36:04le droit de recours
36:06est en quelque sorte supprimé
36:08un peu
36:10par le fait que la peine va s'exécuter
36:12alors que la cour d'appel
36:14pourrait tout à fait contredire le jugement
36:16qui vient d'être prononcé.
36:18En cela, l'exécution provisoire,
36:20effectivement, peut-être que le législateur
36:22et pas le juge, le législateur
36:24pourrait à nouveau réfléchir
36:26ou le Conseil constitutionnel,
36:28mais en même temps, l'exécution provisoire,
36:30elle est nécessaire
36:32dans certains cas, comme par exemple
36:34si quelqu'un qui est
36:36dans une profession de l'éducation
36:38commet une agression sexuelle
36:40sur un enfant, c'est assez normal
36:42qu'on l'empêche
36:44d'exercer en attendant l'appel.
36:46Donc, il faut que ce soit possible
36:48mais le fait qu'elle soit
36:50automatique pose
36:52sans doute un problème
36:54à un certain nombre de juristes.
36:56Mais en même temps, le Rassemblement
36:58national a toujours été
37:00pour les peines immédiates et
37:02automatiques, donc c'est ça qui est
37:04un peu curieux, c'est que
37:06c'est ce qu'on prononce, effectivement
37:08ces peines-là
37:10quand un délinquant,
37:12quelqu'un qui commet une infraction,
37:14par exemple en matière de stupéfiants,
37:16par exemple voleurs,
37:18on se dit que la personne
37:20n'a pas du tout compris,
37:22est dans le déni malgré les preuves
37:24et risque de récidiver.
37:26Donc voilà, c'est la jurisprudence ordinaire
37:28des tribunaux qui s'applique
37:30mais il faut admettre que
37:32cette exécution provisoire
37:34en effet pose
37:36un problème juridique
37:38qui pourrait être revu
37:40par le législateur. Puis la deuxième chose,
37:42et j'ai fini, c'est que
37:44le traitement inégal
37:46entre les élus locaux et les élus
37:48nationaux en matière
37:50d'inéligibilité automatique,
37:52ça effectivement pose aussi problème
37:54donc la balle est dans
37:56le camp du législateur. Maintenant
37:58Marine Le Pen est traitée
38:00comme toutes les personnes
38:02qui sont dans le déni,
38:04malgré toutes les preuves qu'il y a eues
38:06dans le procès absolument évidente
38:08de sa culpabilité semble-t-il,
38:10en tant qu'aladine tribunale, et qui
38:12ne veut pas reconnaître
38:14qu'elle a commis une infraction.
38:16Le détournement de fonds publics au préjudice
38:18du contribuable européen,
38:20il est absolument
38:22établi. Maintenant
38:24pour Madame Le Pen, elle n'a pas
38:26d'enrichissement
38:28personnel. Mais c'est pas ça
38:30la loi. La loi c'est
38:32il y avait de l'argent pour l'Europe,
38:34pour les assistants parlementaires,
38:36pour l'Europe, et pas pour le Rassemblement
38:38national. Donc
38:40l'infraction est constituée
38:42et la peine est automatique.
38:44Et comme le
38:46Rassemblement national dit que
38:48non, l'infraction n'est pas constituée,
38:50il semble que dans ces cas-là,
38:52quand les gens n'ont pas compris, malheureusement
38:54la peine est plus sévère
38:56que quand les gens reconnaissent
38:58qu'ils ont commis une infraction. Ça c'est vrai
39:00que la justice fonctionne comme ça.
39:02Et on va donc donner la parole à Yohann Gillet qui est porte-parole du Rassemblement national.
39:04Oui, Madame, je ne peux pas vous laisser
39:06dire tout et n'importe quoi.
39:08Excusez-moi, mais en l'occurrence,
39:10l'exécution provisoire qui a été
39:12prononcée ne l'a pas été
39:14sous forme de peine automatique, mais bien
39:16sous forme de peine complémentaire
39:18donc à l'appréciation du juge
39:20qui a été motivé, et je l'ai
39:22dit tout à l'heure, par le risque
39:24de récidive qui n'a aucun sens puisque
39:26Marine Le Pen n'est plus députée européenne
39:28et qui lui-même a été motivé d'ailleurs
39:30par le fait que les accusés se sont
39:32défendus. Donc on n'est pas du tout
39:34dans le même cas de figure. Ensuite, vos
39:36comparaisons avec des tueurs, des
39:38violeurs, des dealers est totalement
39:40inappropriée. Excusez-moi, on n'est pas du
39:42tout dans le même cas de figure
39:44et Marine Le Pen n'est
39:46ni dealer, ni tueur
39:48ni une délinquante. Donc on ne peut
39:50pas raconter tout et n'importe quoi. En l'occurrence
39:52ici, et vos propos
39:54d'ailleurs le prouvent, et bien
39:56en réalité nous sommes dans un pur jugement
39:58politique. C'est tout. On ne peut pas dire
40:00l'inverse. On est là dans une
40:02peine complémentaire qui a été appliquée
40:04alors que le juge avait la possibilité de ne pas
40:06l'appliquer. Et le juge
40:08l'a appliquée avec des motivations
40:10que tout le monde conteste
40:12d'ailleurs, y compris nos opposants politiques.
40:14Emeline Sirmarin vous répond.
40:16Oui, le problème
40:18c'est que la justice économique et financière
40:20depuis quelques années
40:22effectivement, elle s'est
40:24alignée sur la justice ordinaire
40:26et que
40:28elle a sans doute compris
40:30vous pouvez le contester, mais que
40:32une grande partie
40:34des Français, je ne parle pas des électeurs du Front
40:36National, bon il y a des enquêtes
40:38comme l'enquête fracture française
40:40d'Ipsos qui dit que
40:4263% des Français
40:44considèrent malheureusement
40:46que le personnel
40:48politique est corrompu
40:50et n'a pas confiance. Ils ont
40:52raison les Français, mais
40:54la justice financière
40:56considère que, donc quand
40:58quelqu'un ne reconnaît pas
41:00ce qu'il a fait, considère
41:02qu'il n'a pas commis d'infraction alors que l'infraction
41:04est établie, eh bien
41:06évidemment, la peine doit
41:08s'appliquer immédiatement
41:10parce que c'est plus grave
41:12que quelqu'un qui reconnaît qu'il a commis une infraction.
41:14Voilà tout, c'est simplement, je compare
41:16à la délinquance ordinaire,
41:18tout le monde doit être traité pareil.
41:20Je sais très bien qu'il y a
41:22une peine d'inéligibilité
41:24automatique, mais ça ne veut pas dire
41:26inéligibilité immédiate.
41:28Mais quand les personnes
41:30n'ont pas compris ce qu'on leur reprochait
41:32semble-t-il, et continuent à
41:34le contester malgré l'évidence,
41:36là on se dit, il ne faut pas que ça
41:38recommence. Or,
41:40tout le personnel du Rassemblement
41:42national condamné est encore
41:44dans le monde politique et peut encore recevoir
41:46des subventions du contribuable.
41:48Et en tout cas, Mme Le Pen, ce soir, demandait à cela la justice,
41:50en tout cas souhaitait que la justice se hâte. On l'écoute.
41:52Il faut que la justice
41:54se hâte, mais votre journaliste
41:56elle-même disait tout à l'heure
41:58qu'il faut, en général, 18 mois
42:00à 2 ans. Il sera trop tard.
42:02Et imaginez, M. Boulot,
42:04imaginez que je sois
42:06relaxée dans le cadre d'un
42:08arrêt de la Cour d'appel
42:10postérieurement à une élection présidentielle
42:12où je n'aurais pas pu me présenter.
42:14Quelle sera la légitimité
42:16de celui qui sera élu
42:18lors de cette élection ? Voilà un vrai sujet.
42:20Marine Le Pen, donc, ce soir,
42:22chez nos confrères de TF1, elle vient de soulever
42:24une vraie question, Alien Taché, non ?
42:26Oui, je suis d'accord. C'est pour ça que sur l'exécution
42:28provisoire, moi, j'ai dit qu'effectivement,
42:30il me semble que ce n'est pas la bonne
42:32manière de faire.
42:34Mais la magistrate, avant...
42:36C'est un argument puissant, en tout cas.
42:38Elle a bien expliqué s'il y avait eu la moindre début
42:40de reconnaissance devant le tribunal. Et d'ailleurs,
42:42elle n'a pas du tout comparé, contrairement à ce que vous dites, chers collègues,
42:44avec les affaires de droit commun. Au contraire, elle disait que c'était peut-être
42:46un problème. Mais vous lui avez répondu
42:48exactement l'inverse. Vous voyez que depuis le début,
42:50on a l'impression que, finalement, vous êtes
42:52un peu comme vos collègues du Rassemblement
42:54National mis en cause dans les tribunaux. On a beau dire
42:56ce qu'on veut, on a beau essayer de vous dire qu'il y a peut-être
42:58d'autres manières de faire pour faire valoir
43:00ces droits que de nier tout en bloc
43:02et de dire que le Rassemblement National n'a jamais rien
43:04fait et ne fera jamais rien, parce que ça, plus personne ne va y croire
43:06dans les jours
43:08qui viennent, que de
43:10remettre en cause l'ensemble des institutions. Maintenant,
43:12je le redis, oui, l'exécution provisoire,
43:14à mon avis, dans ce cas précis,
43:16sur le plan démocratique, pose question.
43:18C'est clair. Je crois qu'il y aura
43:20un recours de fait par Madame Le Pen
43:22sur ce point. Je crois que le
43:24Conseil constitutionnel va
43:26peut-être aussi être amené à se prononcer,
43:28et que lui, il peut être dans une logique où, finalement,
43:30le fait démocratique, c'est dans sa nature,
43:32il le prend davantage en compte.
43:34Ça ne me choquera pas nécessairement, mais par contre,
43:36véritablement, je pense
43:38que reconnaître
43:40un certain nombre de choses et demander
43:42un traitement équitable n'est pas la même chose
43:44que de, finalement, dire tout ce pourri
43:46et les institutions et la justice et les jugements politiques, etc.
43:48Parce que ça, c'est véritablement anti-démocratique.
43:50Yohann Gillet, porte-parole URN.
43:52Écoutez, nous avons toujours
43:54assumé une chose, c'est que
43:56les collaborateurs parlementaires en question
43:58dont vous parlez, étaient également
44:00des militants politiques,
44:02et des collaborateurs parlementaires, et des militants
44:04politiques, comme le sont les vôtres,
44:06je l'imagine, bien.
44:08On parle là, uniquement,
44:10d'un désaccord administratif avec
44:12le Parlement européen. Ni plus,
44:14ni moins. C'est uniquement
44:16ça, le fond de cette affaire.
44:18Et, encore une fois...
44:20Un désaccord administratif ?
44:22Oui, c'est un désaccord administratif, parce que
44:24le Parlement européen...
44:26A 4 millions d'euros ?
44:28Ne rigolez pas, mais c'est la vérité.
44:30Le Parlement européen
44:32empêche des députés
44:34européens d'embaucher des collaborateurs
44:36qui seraient également
44:38des militants politiques,
44:40en plus de leur travail. Excusez-moi, c'est juste
44:42aberrant, mais c'est une réalité. Encore
44:44aujourd'hui, les collaborateurs... Les députés
44:46européens, pardon, ont bien du mal à recruter
44:48des collaborateurs
44:50parlementaires
44:52qui ont, en plus, une activité
44:54militante sur leur temps
44:56personnel. Voilà la réalité aujourd'hui.
44:58Emelie Zapalski ? Oui, je ne sais pas comment
45:00vous allez parler à vos électeurs des petites entreprises
45:02ou quoi, parce que, moi, des petits désaccords
45:04comme ça, réglés à 4 millions d'euros,
45:06je trouve que c'est difficile à défendre
45:08de dire que c'est pas grand-chose
45:10et que c'est qu'un désaccord administratif.
45:12Oui, mais vous dites désaccords administratifs
45:14comme si c'était rien, alors que c'est
45:16un détournement de fonds éventuel
45:18de 4 millions
45:20d'euros, donc c'est pas rien. Et je pense
45:22que c'est pas du tout compréhensible
45:24de la part des électeurs qui se battent
45:26dans leur vie quotidienne pour, quelquefois,
45:28même 5 000 euros d'Urssaf ou des choses
45:30comme ça. Non, je suis désolée,
45:32c'est aussi ce que vous vendez la plupart du temps
45:34en disant, nous, on n'est pas pourris,
45:36nous, on est
45:38pour que les politiques prennent autant
45:40que les autres, et là, ça se renverse complètement.
45:42C'est vrai que quand vous entendez la magistrate,
45:44on avait vraiment l'impression de la roseur arrosée,
45:46c'est triste à dire, mais vous en êtes à ce point-là,
45:48et c'est pour ça qu'à mon avis, cette défense,
45:50elle tiendra pas la route, elle tient juste
45:52parce que Marine Le Pen est coincée pour le moment
45:54et d'ailleurs, elle l'a dit, elle a dit Jordan Berdella
45:56est un atout formidable,
45:58mais pas pour le moment, il l'est pas pour le moment
46:00pour deux raisons, c'est que d'abord,
46:02il est trop jeune, et on a vu qu'il était beaucoup
46:04trop frais par rapport à la mission,
46:06on l'a vu pendant les législatives,
46:08il a été coincé par moments
46:10très très sérieusement, et deuxièmement,
46:12c'est la guérilla qui va commencer
46:14au rassemblement national, parce qu'on sait qu'il est pas du tout
46:16sur la même ligne que Marine Le Pen,
46:18il est beaucoup plus identitaire, libéral,
46:20elle était beaucoup plus axée sur le pouvoir
46:22d'achat et sur le social, et que si
46:24elle libère ça, ça va déjà être la guerre
46:26et que globalement, ça doit l'être
46:28dans les souterrains...
46:30Et c'est bien ce qui inquiète nos opposants,
46:32nous sommes très soudés, et
46:34nous faisons d'ailleurs peut-être exception
46:36dans le monde politique, mais je réaffirme
46:38que cette affaire ne repose que sur
46:40un désaccord administratif, et d'ailleurs
46:42le procès a prouvé qu'il n'y avait eu
46:44ni enrichissement personnel, ni corruption,
46:46ni pour Marine Le Pen, ni
46:48pour aucun des autres accusés,
46:50ça c'est une réalité.
46:52C'est du détournement de fonds ?
46:54Non, nous nous disons que nous sommes
46:56innocents,
46:58et nous espérons
47:00que l'appel pourra le démontrer,
47:02mais ce qui nous occupe aujourd'hui,
47:04c'est cette peine
47:06d'inéligibilité avec exécution
47:08provisoire, qui peut priver
47:10des millions de Français
47:12de leur candidate à l'élection présidentielle,
47:14et très potentiellement d'ailleurs,
47:16de leur future présidente de la République.
47:18Une toute dernière question, comment accueillez-vous
47:20le soutien du Kremlin, donc de Vladimir Poutine,
47:22ou encore ce soir d'Elon Musk ?
47:24C'est des soutiens importants ?
47:26Vous les percevez comme des démocrates
47:28de progrès ?
47:30Arrêtez, vous savez très bien
47:32ce que nous pensons sur ce sujet,
47:34pour...
47:36Le Kremlin
47:38a fait bien ce qu'il veut, ça m'importe
47:40peu, mais vous citez
47:42un exemple, alors qu'il y en a des dizaines
47:44dans le monde entier, et que
47:46un certain nombre de gouvernants
47:48dans le monde entier,
47:50s'inquiètent du fait de Vladimir Poutine.
47:52D'accord,
47:54mais on ne lui a pas demandé
47:56de prendre la parole sur le sujet, peut-être
47:58l'aurait-il fait pour d'autres
48:00politiques français ? Ce n'est pas la question.
48:02Ce que je dis, c'est que la France,
48:04qui donne des leçons de démocratie
48:06au monde entier, à longueur de temps,
48:08eh bien, aujourd'hui, ne peut plus
48:10donner de leçons au monde entier,
48:12puisque la France est clairement la risée
48:14du monde, et que des dirigeants du monde
48:16entier, eh bien, et qui ne sont
48:18pas d'ailleurs des alliés du Rassemblement
48:20National, disent clairement
48:22qu'il y a un problème de démocratie en France, et que
48:24faire en sorte, par une
48:26décision de justice, qu'une candidate à l'élection présidentielle
48:28ne puisse pas se présenter, c'est extrêmement
48:30grave. Aurélien Taché, vous voulez réagir ?
48:32Non, vous n'avez pas le soutien de dirigeants
48:34de tous bords du monde entier. Vous avez le soutien de
48:36M. Poutine, de M. Orban, de M.
48:38Musk, tous qui ont
48:40la même chose que vous,
48:42comme projet politique et idéologique,
48:44et tous qui sont finalement ceux qui s'en
48:46prennent le plus à la démocratie, à l'état de droit,
48:48et aux juges. Donc, il y a une forme de cohérence et de constance,
48:50mais je n'ai vu personne d'autre s'inquiéter du fait
48:52qu'une décision de justice qui applique la loi,
48:54vous nous avez quand même dit...
48:56On a même des magistrats qui nous contactent
48:58et qui nous font savoir à quel point
49:00cette décision de justice...
49:02Laissez-moi finir, s'il vous plaît. Que les gens n'avaient pas le droit,
49:04selon le Parlement européen, d'aller militer sur leurs
49:06heures de travail. Vous vous rendez compte du déni ?
49:08Moi, j'invite les gens à regarder les audiences et les minutes
49:10du procès. Lisez les minutes du procès de Mme Le Pen
49:12et de ses co-prévenus, vous allez voir un petit peu
49:14ce qui est reproché aux gens. Ce n'est pas d'aller militer après 18h.
49:16Je vous laisse 20 secondes
49:18pour conclure.
49:20À un moment donné, il ne faut pas raconter tout, n'importe quoi.
49:22Vous êtes en train d'instrumentaliser
49:24les choses. Je crois que les Français sont très conscients
49:26de ce qui se passe et du danger qui pèse
49:28sur notre démocratie.
49:30Moi, je les appelle à se mobiliser.
49:32Je les appelle à venir nous soutenir. Je les appelle
49:34à adhérer au Rassemblement national
49:36et à faire savoir, de manière totalement
49:38pacifique, leur soutien
49:40envers Marine Le Pen.
49:42Je précise que demain, à 7h40 sur RTL,
49:44c'est Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti
49:46socialiste, qui sera l'invité de
49:48notre matinale. Merci à tous nos invités d'avoir participé
49:50à ce débat qui était passionnant
49:52et qui va continuer,
49:54on le sait très bien, dans les jours et dans les semaines à venir.

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