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Regardez RTL Evènement avec Julien Fautrat du 01 avril 2025.

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00:00RTL ÉVÈNEMENT
00:02Je suis combattif, je ne vais pas me laisser éliminer ainsi, ça ce sont les mots de Marine Le Pen, hier soir aux 20h de TF1, la chef de file des députés RN,
00:09bien déterminée à se battre pour pouvoir être candidate à la présidentielle de 2027.
00:14Bonjour Maître Rodolphe Bosselus, merci d'être en direct avec nous ici en studio, vous êtes l'avocat de Marine Le Pen.
00:20Est-ce que vous pensez sincèrement, pour commencer, quand vous regardez le calendrier,
00:24qu'un procès en appel puisse avoir lieu avant la présidentielle de 2027 ?
00:30En tous les cas, c'est ce que je vais tenter de mettre en œuvre, c'est clair.
00:36Mais vous avez raison, c'est la vraie question, et c'est la vraie question pourquoi,
00:40parce que ça pose la question de précisément l'exécution provisoire,
00:43et de l'impossibilité de tout recours contre l'exécution provisoire avant une instance au front.
00:49Donc vous avez raison de poser la question de façon, j'allais dire, dramatique, parce qu'elle l'est,
00:55et parce que cette décision qui a été prise, et encore une fois, je le dis tout de suite,
01:00moi je ne suis pas là pour taper sur les magistrats et tout ça, je parle d'une décision de justice.
01:05Et cette décision de justice, je dis qu'elle est en l'état actuel, une décision d'élimination délibérée
01:12d'une candidate à de prochaines élections.
01:15Ce qui vous gêne finalement, maître, ce n'est pas tant la condamnation, mais cette mesure d'exécution provisoire.
01:21Mais ce qui me gêne, c'est évidemment la condamnation, puisque j'ai quand même juste plaidé à l'appui
01:27d'une relax avec le succès que chacun sait, et que tout le monde connaît,
01:31mais ce qui est effectivement le problème de ce dossier, c'est l'exécution provisoire.
01:35Et cette exécution provisoire, elle a été prise avec deux arguments qui me semblent totalement surprenants.
01:43Et quand je dis surprenant, je parle par euphémisme.
01:47Le premier, c'est qu'on a considéré que la défense de Marine Le Pen,
01:52sur laquelle il est fait des observations subjectives par le jugement,
01:58était la marque d'une récidive possible.
02:02C'est-à-dire que le simple fait de se défendre, de dire que ce qui est reproché n'est pas une infraction,
02:08est à soi seul le marqueur de prétendument un risque de récidive.
02:14Vous demandez un procès rapidement, en tout cas suffisamment tôt,
02:18pour que si Marine Le Pen n'est pas condamnée en appel et qu'il n'y a pas d'inéligibilité derrière,
02:22elle puisse se présenter, mais qu'est-ce qui vous semble vous garantir
02:26que s'il y avait un procès, un deuxième procès, d'un coup elle deviendrait innocente ?
02:30Les peines prononcées hier ont été très lourdes quand même.
02:32Elle a été reconnue coupable.
02:34Bien sûr, mais vous savez, le double degré de juridiction,
02:38c'est précisément l'idée acquise par tout le monde
02:42qu'il faut pouvoir présenter le même dossier à d'autres juges différents
02:48qui peuvent avoir une autre décision.
02:50Et c'est tellement vrai que si on considérait que le premier juge ne se trompe jamais,
02:54il n'y aurait jamais d'appel.
02:56L'appel, c'est une garantie.
02:58Mais cette garantie, aujourd'hui, elle n'existe pas.
03:02Elle n'existe pas dans les délais qui sont faits de la politique.
03:06Et d'autant plus que la décision qui a été rendue,
03:09et j'en termine sur ce point,
03:11a dit que le trouble à l'ordre public serait que Marine Le Pen,
03:16mais c'est exprécise verbis, ce n'est pas de l'interprétation de Rodolphe Voslu,
03:20serait candidate ou élue à l'élection présidentielle.
03:26Alors la présidente relève que la question d'empêcher Marine Le Pen de concourir à la présidentielle
03:30se pose de façon singulière dans une décision rendue au nom du peuple français.
03:34C'est ce qui est écrit.
03:36Mais elle poursuit, et je la cite,
03:38l'égalité devant la loi est un pilier de la démocratie.
03:41Les élus ne bénéficient d'aucune impunité.
03:44La proposition de la défense de laisser les électeurs tranchés
03:47revient à revendiquer un privilège.
03:49Maître, Marine Le Pen n'est pas au-dessus des lois.
03:52Bien sûr que Marine Le Pen n'est pas au-dessus des lois.
03:54A meilleure preuve, elle a comparu.
03:56Elle s'est défendue tous les jours devant le tribunal
03:59en essayant de faire entendre sa position.
04:02Elle n'a pas été entendue.
04:04Mais il y a un autre principe.
04:06C'est que le double degré de juridiction
04:08s'accompagne de ce qu'on appelle le principe de la présomption d'innocence.
04:11Et que ce principe, par l'exécution provisoire,
04:14il est directement foulé au pied.
04:16Donc moi, je veux bien qu'on me dise
04:19que Marine Le Pen est très gravement coupable,
04:22mais elle ne le sera que quand elle ne le sera définitivement.
04:26Or, à ce jour,
04:28un tribunal de première instance
04:30considère que sa décision
04:32devra prévaloir sur toute autre logique.
04:35Et on est d'accord qu'une décision devient définitive,
04:37condamnation ou pas, au moment de la décision de la Cour de cassation.
04:40Jusque là, on est tous présumés innocents.
04:42Juste, vous avez dit que vous n'aviez pas de jugement sur la justice.
04:45Quand vous entendez Marine Le Pen qui dénonce une décision politique,
04:48Jordan Bardella qui dit
04:50que c'est la démocratie française qui est exécutée.
04:52Quand ce même Jordan Bardella lance
04:55une pétition, est-ce que vous, l'homme de droit,
04:57vous êtes à l'aise avec ça ?
04:59Ou est-ce que là, on prend tout et on mélange tout ?
05:01Non, moi, je considère que
05:04je ne fais, et moi à mon niveau, pas de politique.
05:07Mais ça, c'est de la récupération politique ou pas ?
05:09La récupération politique, si vous voulez,
05:11quand on parle d'élimination,
05:13ce qu'il faut quand même voir dans cette décision,
05:15c'est que cette décision organise
05:18l'élimination en tant que telle
05:20de Marine Le Pen à l'élection.
05:22Vous dites que les juges ont voulu tuer Marine Le Pen ?
05:24Je ne dis pas qu'ils ont voulu tuer.
05:25Moi, je ne fais pas de procès d'intention.
05:27Je constate un résultat.
05:29Le résultat, c'est qu'en l'état actuel de cette décision,
05:31elle ne peut pas se présenter.
05:33On me parle de l'affaire Fillon, mais l'affaire Fillon,
05:35il n'a pas été empêché
05:37de se présenter.
05:39Certes, lesté de la décision
05:41de mise en examen, mais il s'est présenté.
05:43C'est en amont.
05:45Vous allez signer la pétition, vous, ou pas ?
05:47De Jordan Bardella ?
05:48De quelle pétition ?
05:49Moi, vous savez, je signe tous les jours la pétition
05:51en travaillant dans les intérêts
05:53de ma cliente.
05:55Merci beaucoup, Rodolphe Baustu, d'avoir été en direct.

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