Écoutez "On refait le monde" avec Isabelle Saporta, éditorialiste pour RTL, Yossef Murciano, président de l'Union des étudiants juifs de France, Antoine Leaument, député La France Insoumise de l'Essonne, et François Legrand, directeur d'études à l'Ifop, co-auteur de la "Radiographie de l'antisémitisme en France en 2024".
Regardez On refait le monde avec Yves Calvi du 24 mars 2025.
Regardez On refait le monde avec Yves Calvi du 24 mars 2025.
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00:00Il est 19h15, bienvenue à vous tous qui nous rejoignez.
00:07Samedi, c'est une agression particulièrement violente qu'ont subi un rabbin et son fils
00:11de 9 ans en pleine rue à Orléans.
00:13Des crachats, des insultes, des coups au visage et même des morsures.
00:16L'auteur de l'agression a été interpellé le soir même.
00:19Il est placé en détention provisoire jusqu'au jugement prévu pour avril devant un tribunal
00:24pour enfants.
00:25A-t-on franchi un cap ? L'antisémitisme a-t-il changé de visage en France ? Avec
00:28nous pour un débat de ce soir, Youssef Mursiano qui est président de l'Union des étudiants
00:32juifs de France.
00:33Soyez le bienvenu.
00:34Merci.
00:35François Legrand, directeur d'études Aliphop, co-auteur de la radiographie de l'antisémitisme
00:38en France en 2024.
00:39Bienvenue François Legrand.
00:40Merci.
00:41Antoine Léaumant qui est député France Insoumise, excusez-moi, de l'Essonne.
00:47Soyez le bienvenu monsieur le député.
00:48Merci.
00:49Et Isabelle Saporta, éditorialiste à RTL.
00:51On vous retrouve notamment tous les jours à 6h45 dans les petits matins de notre antenne.
00:56Bienvenue Isabelle.
00:58On refait le monde dans RTL Soir.
01:01Une précision pour commencer, l'auteur de l'agression prétend être marocain, avoir
01:0616 ans.
01:07Information impossible à vérifier pour l'instant, nous dit le parquet d'Orléans car ce jeune
01:11homme avait déjà été arrêté trois fois à Marseille et Orléans et à chaque fois
01:15il a donné une identité différente.
01:17Youssef Mursiano, cette attaque d'un rabbin en pleine rue est-elle un révélateur de ce
01:22qu'est notre pays aujourd'hui ?
01:23Je pense que ce qui est intéressant dans cette agression qui est terrible, et j'aimerais
01:28bien envoyer tout mon soutien à Aria Engelberg, je trouve que ce qui est intéressant c'est
01:34la façon d'écraser le chapeau, de frapper le chapeau du rabbin, d'essayer de s'attaquer
01:40aux signes distinctifs du judaïsme, celui qui se porte avec fierté dans la rue.
01:45C'est ça qui me touche avec cette agression, une nouvelle agression violente, physique
01:52mais avec ce symbole-là du chapeau du rabbin écrasé au sol, comme si cet agresseur ne
01:58supportait pas de voir un juif se balader tranquillement pour entrer chez lui, depuis
02:03la synagogue jusqu'à chez lui avec son enfant.
02:05Monsieur le député, notre pays est-il oui ou non selon vous, confronté à un antisémitisme
02:09qui progresse ?
02:10Il y a une augmentation des actes antisémites dans notre pays et c'est un problème qui
02:16doit tous nous toucher.
02:18Je pense que c'est un des objets qu'il faut combattre fermement et je voudrais moi aussi
02:23apporter tout mon soutien à ce monsieur mais aussi à son fils parce que son fils était
02:27présent et c'est une agression qui a été extrêmement brutale.
02:30Je voudrais apporter mon soutien à sa famille aussi parce qu'on sait que dans ce genre
02:35de moments c'est particulièrement important, y compris, je le dis depuis ma place particulière
02:39qui est celle d'un député, c'est-à-dire d'un représentant du peuple français.
02:42Je pense que c'est particulièrement important que la nation assemblée aie ce genre de propos,
02:50dise que ces agressions sont insupportables et d'une manière générale je pense qu'il
02:54faut lutter contre l'antisémitisme, contre le racisme parce que malheureusement les formes
02:59de racisme sont complexes et multiples dans notre société et on avait eu d'ailleurs
03:03une proposition de loi il y a quelques temps à l'Assemblée nationale où ce qu'on
03:08envisageait c'était ce qu'on appelle le chiffre noir du racisme, c'est-à-dire un
03:10million d'actes racistes estimés chaque année, on est autour de 10 à 12 000 plaintes
03:15qui sont déposées.
03:16Donc il y a en réalité de très lourdes formes de racisme qui existent dans la société
03:21et qui ne sont peut-être pas assez évaluées, pas assez envisagées, pas assez questionnées
03:25dans l'ensemble de notre pays.
03:27Je vous interroge sur l'antisémitisme, vous me répondez par le racisme.
03:30Non, je vous ai répondu aussi sur l'antisémitisme.
03:33Non, mais j'entends bien, mais je voulais savoir si vous intégriez l'antisémitisme
03:38comme quelque chose de spécifique au sein de ce qu'on appelle plus largement le racisme.
03:42Vous comprenez ma question ?
03:43Bien sûr, le racisme c'est un phénomène qui existe dans l'ensemble de la société
03:47et chaque forme de racisme, il y a des formes spécifiques de racisme, l'islamophobie,
03:51l'antisémitisme, il y a d'autres termes qui peuvent être utilisés, la négrophobie,
03:56il y a plein de manières différentes de véhiculer du racisme, des propos racistes.
04:00Mais ce qu'il faut bien comprendre à mon sens, c'est que le racisme c'est un phénomène
04:03qui est systémique.
04:04Ce sont des systèmes de domination, de la même manière qu'on peut le dire pour le système patriarcal.
04:09Il y a des systèmes de domination, parfois certains peuvent produire, reproduire des comportements racistes,
04:15y compris sans le vouloir, y compris à leur corps défendant.
04:18Et c'est précisément ça, je pense, l'enjeu de la compréhension des phénomènes racistes dans notre société,
04:23mais aussi des phénomènes antisémites, spécifiquement sur la question de l'antisémitisme,
04:27parce qu'il peut y avoir des phénomènes qui sont produits, qui sont reproduits
04:31de manière involontaire dans la société.
04:33Vos enquêtes, François Legrand, indiquent une montée d'antisémitisme,
04:36oui, en tout cas, une peur éventuellement des Juifs de France d'être victimes d'antisémitisme.
04:41Je dirais d'abord, même au-delà de la peur, je pense que l'agression qu'on a vue ces derniers jours,
04:46elle est symptomatique du très très haut niveau d'exposition à des agressions physiques par les Français de confession juive.
04:53Dans nos enquêtes, l'IFOP est un des seuls instituts qui a mené des enquêtes auprès de Français de confession juive.
04:58C'est des enquêtes très importantes.
04:59On en a d'ailleurs mené avec l'Union des étudiants juifs de France.
05:03Également, Radiographie de l'antisémitisme avec l'American Jewish Committee.
05:07On observe que parfois, jusqu'à 20% des personnes de confession juive qu'on interroge
05:12ont déjà été exposées à des formes d'agressions physiques.
05:15Je dis bien des formes d'agressions physiques.
05:16D'agressions physiques !
05:17D'agressions physiques.
05:18Et je crois que c'est vraiment un point de distinction qui est très important.
05:20C'est faramineux, ce chiffre ?
05:22Ce sont des chiffres qui sont très impressionnants, qu'on retrouve de façon constante dans plusieurs enquêtes,
05:27qui sont avérées, qui sont des chiffres qui nous disent effectivement
05:31que les niveaux d'actes enregistrés par le service du SPCJ et le ministère de l'Intérieur,
05:38qui reposent uniquement sur les plaintes,
05:40sont probablement des chiffres en réalité très sous-estimés.
05:43Et donc, ce climat d'agressions physiques réel,
05:47il entraîne en effet un niveau d'insécurité et d'angoisse
05:50qui est extrêmement fort dans la communauté juive.
05:52Un point par rapport à la distinction qui était faite sur la question du racisme.
05:56Je crois, et on laissera Youssef Murciano en parler,
05:59mais les Français de confession juive ne déplorent pas le fait d'être victimes de discrimination,
06:03ils déplorent le fait d'être exposés à de la violence.
06:06Et donc, on est vraiment sur des choses qui sont différentes,
06:08effectivement, des discriminations systémiques dont vous parliez.
06:11Effectivement, nos compatriotes noirs, nos compatriotes de confession musulmane
06:17sont très largement exposés à des formes de discrimination dans l'accès à l'emploi.
06:21Et ce sont des choses qu'on mesure à travers des testings.
06:24La spécificité de l'antisémitisme, c'est aussi l'exposition à la violence.
06:28Quand on a votre âge, et qu'on a vos responsabilités,
06:31et qu'on vit dans un pays démocratique comme la France,
06:33est-ce qu'on peut se préparer à ce que nous sommes en train de décrire depuis le début de cette émission ?
06:38La seule façon de se sentir préparé à ce qu'on décrit depuis le début de l'émission,
06:43c'est de se sentir entouré.
06:45Entouré, pas seulement par des juifs,
06:46entouré par des forces politiques,
06:49entouré par des organisations antiracistes.
06:52Et vous, président de l'Union des étudiants juifs de France, Youssef Murciano,
06:55vous vous sentez entouré ?
06:57Eh bien, parfois oui, parfois non.
07:00Et il se trouve que je ne me sens pas très entouré par la France insoumise,
07:06parce qu'il y a une difficulté à faire accepter.
07:09C'est marrant, vous parliez tout à l'heure de cette inconscience antisémite
07:16qui peut exister chez plein de gens, etc.
07:17Mais vous avez, à la France insoumise, beaucoup de mal à accepter en réalité
07:21quand les victimes d'antisémitisme disent
07:24« Là, il y a de l'antisémitisme, dans cette phrase, il y a de l'antisémitisme. »
07:26Quand vous accusez un étudiant juif, un juif, une personnalité juive,
07:33une institution juive d'être celui qui crie à l'antisémitisme
07:37et d'être un relais de l'extrême droite,
07:39en réalité, il y a une forme d'antisémitisme là.
07:42C'est toujours très compliqué en réalité de leur faire entendre.
07:46Et c'est pour ça qu'on essaye tant bien que mal de le faire.
07:49Bien sûr, Antoine Léaumont, je dois vous redonner la parole.
07:52Non, pour préciser les choses, parce que je ne suis évidemment pas d'accord avec vos propos,
07:55même si je suis obligé d'entendre la critique que vous me faites.
08:00Ce que nous avons toujours dit, nous, nous avons mis dans notre programme
08:04la lutte contre l'antisémitisme.
08:06Je veux dire, je ne suis pas sûr qu'il y ait beaucoup de forces politiques
08:08qui aient mis la lutte contre le racisme,
08:10mais spécifiquement aussi contre l'antisémitisme.
08:12C'est ce que nous avions fait avec le programme du Nouveau Front Populaire.
08:15Il faudrait sans doute regarder les programmes des autres forces politiques.
08:17Mais en tout cas, nous, ça fait partie des choses que nous fictions,
08:21comme des objectifs, qu'il puisse y avoir des imperfections
08:26dans la manière dont nous menons les choses.
08:27Sans doute que ça peut arriver, mais dans ce cas-là,
08:30il faut aller regarder dans l'ensemble des forces politiques.
08:31Par exemple, quand l'Uni fait des saluts nazis,
08:34quand ils font des jeux de cartes littéralement antisémites,
08:37il y a une volonté antisémite.
08:39Je veux dire, il y a un acte qui pose des faits antisémites.
08:43Vous avez tout à fait raison.
08:44Ce que nous, nous avons dit, c'est qu'il ne fallait pas mettre sur le même plan
08:48la politique de M. Netanyahou et les Juifs de France, précisément,
08:52et les Juifs d'une manière générale.
08:53Et parce que nous avons beaucoup parlé du conflit entre Israël et la Palestine,
09:00parce que nous avons beaucoup parlé de ce sujet-là,
09:02parfois, on nous a accusés d'antisémitisme de manière, à mon sens, odieuse.
09:07Parce que jamais, d'aucune manière, d'aucune façon,
09:11nous n'avons pointé des gens en raison de leur religion.
09:13À la France Insoumise, jamais vous ne verrez cela.
09:15Désolé, je n'ai pas du tout parlé, moi, d'Israël.
09:18Je pense, par exemple, à cette affiche.
09:20Je dis ça parce que vous aviez posé la question sur cette base-là.
09:24Non, non, je n'ai pas de posé de question.
09:26Moi, je dis juste, il y a une forme de trop antisémite
09:31dans certaines prises de parole de Jean-Luc Mélenchon,
09:33dans certaines prises de parole de la France Insoumise.
09:36Moi, je pense que, par exemple, le fait de nier complètement l'antisémitisme
09:40qui peut se retrouver dans cette affiche de Cyril Hanouna,
09:43moi, ça m'inquiète qu'un responsable politique
09:46qui a été candidat à la présidentielle puisse dire, dans un meeting,
09:50nous, on ne sait pas ce que c'est qu'une affiche antisémite.
09:54Ça m'inquiète pour la culture antiraciste de ce parti.
09:58Et voilà, moi, je suis prêt à vous expliquer
10:02ce en quoi c'est antisémite, cette affiche.
10:05Et on est prêt à discuter aussi...
10:06Je pense que M. le député le sait très bien.
10:08Non, mais précisément, ce qui définit, à mon sens, l'antisémitisme,
10:13c'est la volonté de cibler une personne en raison de sa culture, de sa religion.
10:19Ça, c'est... Je veux dire...
10:20Par exemple, quand madame...
10:21Ou de la caricature qu'on fait de son visage.
10:23Précisément, je vais venir dans le détail sur ce sujet.
10:26Cette affiche...
10:27Que faisaient les nazis pendant la guerre.
10:29Non, non, vous ne pouvez pas dire ça, M. le député.
10:31Je ne vous traite pas de nazis.
10:32Je vous dis simplement que nous avons traversé une histoire commune
10:36qui, évidemment, dans ces cas-là, ressorte.
10:38Allons jusqu'au bout de l'idée.
10:39Vous êtes en train de mettre la France Insoumise sur le même plan que les nazis.
10:42C'est ça, ce que vous venez de faire.
10:43Ça ne vous pose aucun problème de faire cela.
10:46Alors même qu'il y a un parti politique qu'est le Rassemblement National,
10:49il y a quelques mois de ça, il y avait une candidate avec une casquette nazie.
10:52Antoine Lyaumont, juste...
10:52Non, je vais...
10:53Non, non, mais moi, je vais juste rebondir.
10:56Excusez-moi, juste, je vous interromps deux secondes.
10:58Je voudrais répondre à la question.
11:00Non, non, mais vous allez répondre...
11:02Juste deux secondes.
11:03Quand, au meeting de Brest, Jean-Luc Mélenchon dit,
11:07en parlant des milliardaires qui possèdent les médias,
11:10il dit, il vous couperait les cheveux pour faire des hédredons s'il pouvait.
11:14Il fait référence à quoi ?
11:15Parce que moi, les seuls que je connaisse qui coupaient les cheveux des juifs
11:19pour faire des hédredons ou des coussins, c'étaient les nazis.
11:21Donc quand vous dites, bon, il n'y a aucun lien à faire,
11:25moi je connais la culture de Jean-Luc Mélenchon,
11:26il se trouve que je le connais personnellement,
11:27je pense que c'est quelqu'un d'éminemment intelligent.
11:29Dites-moi, qu'est-ce qu'il veut dire quand il dit ça ?
11:32Est-ce que ce n'est pas de l'ordre de Durafour Crématoire de Jean-Marie Le Pen ?
11:35Mais c'est quoi alors ?
11:36Pardonnez-moi, monsieur Léaumont, qu'est-ce que ça veut dire ?
11:39À quoi il fait référence ?
11:40Je ne sais pas, je ne suis pas dans les postes.
11:41Il peut pas y faire référence ?
11:42On aurait préféré que vous puissiez y répondre,
11:45mais ce sera le cas dans un instant, monsieur le député,
11:47car on marque une première pause.
11:49Vous allez pas nous faire le sketch, je vous le confirme.
11:52Vous me traitez de nazi, ensuite je ne peux pas répondre.
11:54Si, vous allez le faire dans un instant.
11:56J'aimerais bien pouvoir le faire en détail.
12:07RTL Soir, on refait le monde avec Yves Calvi.
12:11Le rappel des titres de l'actualité avec Rachel Sadodine.
12:13Un adolescent de 17 ans mort tellement poignardé
12:15devant le lycée Louis Armand de Hyères et dans l'Essonne.
12:19Sa mort intervient dans le cadre d'une rixe entre quartiers
12:21impliquant une quinzaine de jeunes, selon le procureur de la République d'Evry.
12:25Six personnes ont été interpellées.
12:27Deux compagnies de CRS sont mobilisées sur place.
12:30L'État fait appel de l'arrêt du chantier de l'A69.
12:33Le ministre des Transports demande aussi un sursis
12:36pour permettre la reprise rapide des travaux de l'autoroute
12:39devant relier Castres à Toulouse.
12:41Chantier interrompu il y a un mois sur décision du tribunal administratif.
12:45158 400 euros, c'est le prix auquel a été adjugée
12:50la Panthère de Ville de Johnny Hallyday.
12:52Luxueuse voiture anglaise personnalisée offerte au rockeur
12:55par Sylvie Vartan en 1975, puis perdue au poker.
12:58Elle a été mise en vente par la maison Osna
13:00et elle est donc partie à plus du double du prix estimé.
13:03Et dans une demi-heure, on retrouve Faustine Bollard, Rachel.
13:06Et ce soir, c'est l'amour à l'EHPAD.
13:08Martine et Jean-Claude ont 94 ans.
13:10Ils se sont rencontrés dans une résidence senior.
13:12Et depuis, c'est l'amour fou, une histoire pleine de joie, d'optimisme.
13:16Rendez-vous à 20h avec Faustine Bollard pour Héros.
13:18A tout à l'heure, Rachel.
13:21RTL soir, on refait le monde avec Yves Calvi.
13:25Avec Youssef Mourcianon, qui est président de l'Union des étudiants juifs de France.
13:28Antoine Léaumont, député France Insoumise de l'Essonne.
13:30François Legrand, directeur d'études à l'IFOP.
13:32Co-auteur de la radiographie de l'antisémitisme en France en 2024.
13:36Isabelle Saporta, qui est éditorialiste à RTL.
13:38On vous retrouve tous les matins à 6h45.
13:41Dans nos petits matins, très exactement, Isabelle.
13:44Alors, monsieur le député, je devais vous redonner la parole.
13:46Je m'y étais engagé il y a quelques instants.
13:48Au moment où vous prétendiez qu'on vous accède à l'antisémitisme.
13:51Bien sûr.
13:52Si vous le permettez, je voudrais, avant toute chose, apporter mon soutien à la famille
13:56et aux proches du jeune homme qui a été tué hier,
13:58puisque c'est dans mon département que ça s'est produit.
14:01Et signaler le fait que les RICS,
14:04le nombre de morts qu'on a à vivre dans mon département de l'Essonne,
14:08c'est quelque chose qui commence à faire beaucoup pour les familles.
14:12Et je souhaite, moi, que ça devienne un sujet qu'on prenne en compte dans la société.
14:16Parce que depuis que je suis élu député,
14:19j'ai déjà participé, je crois, à trois marches blanches.
14:22J'ai été élu député il y a deux ans.
14:26C'est nos jeunes qui se font tuer.
14:27C'est nos jeunes qui s'entretuent.
14:29Et je pense qu'il faut qu'à un moment donné,
14:31notre société prenne conscience de ce qui est en train de se produire sur ce sujet-là.
14:35Et qu'on prenne des mesures qui ne sont pas des mesures brutales, fortes, etc.
14:39Qui sont des mesures d'éducation, d'encadrement, d'entourage de ces jeunes.
14:43Pour essayer de faire en sorte qu'on sorte de ces logiques-là.
14:45Parce que, moi, à titre personnel,
14:47je n'en peux plus de voir des jeunes qui me disent qu'ils ont peur d'aller dans une autre zone.
14:50Parce qu'ils ont peur de se faire tuer, de se faire agresser.
14:52Dans ma circonscription, il y a un sujet qui est posé.
14:54Parce que, notamment, il y a une question de construction d'un collège.
14:57Les jeunes sont obligés de se déplacer pour aller dans un autre collège.
14:59Ils risquent de se faire agresser si ils vont au collège.
15:01Donc, ça pose des problèmes d'éducation.
15:02Et je ne pouvais pas laisser passer ce sujet sans en dire un mot.
15:06Parce que c'est quelque chose qui nous touche beaucoup dans mon département.
15:09François Legrand, dans votre enquête radioscopie de l'antisémitisme en France,
15:14vous expliquez notamment qu'on demande des comptes aux jeunes Français de confession juive
15:18sur la politique du gouvernement israélien.
15:20À tout propos, j'ai envie de vous dire, c'est terrifiant.
15:22C'est terrifiant et c'est un effet générationnel net
15:25qu'on observe effectivement dans les enquêtes.
15:2835% des moins de 25 ans pensent qu'il est justifié de s'en prendre à des Juifs
15:32en raison de leur soutien à Israël.
15:34On est à 18% chez les plus de 35 ans.
15:36Autre chiffre que je peux vous donner,
15:38quand on demande aux Français quel est le groupe le plus victime d'actes violents,
15:4252% disent que ce sont les Juifs.
15:45On est à 76% chez les plus de 75 ans.
15:47Et on tombe à 27% chez les moins de 25 ans.
15:50La baisse est linéaire avec l'âge.
15:51Il y a des effets générationnels très nets.
15:54Sous fond d'évolution du rapport des jeunes à l'état d'Israël.
15:57On observe le phénomène dans des enquêtes d'opinion
15:59qui sont réalisées dans la plupart des grandes démocraties occidentales.
16:03Et effectivement, c'est un point qu'on observe.
16:07Il est devenu presque acceptable de s'en prendre à un Juif
16:10au nom du fait qu'il serait sioniste.
16:14On a des situations où des étudiants sont ostracisés,
16:19mis de côté dès lors qu'ils osent dire
16:22qu'ils passent leurs vacances en Israël.
16:25Alors, on parle effectivement d'étudiants qui sont sionistes.
16:29On ne parle pas forcément d'étudiants qui défendent la politique de Netanyahou,
16:31mais qui ont un attachement raisonnable à l'état d'Israël
16:34parce qu'ils ont de la famille là-bas.
16:36Et ils sont obligés de taire cet attachement,
16:38car s'ils le font, ils sont victimes d'ostracisation.
16:42Alors justement, en France, la politique d'Israël
16:44et la vie des Juifs, des Français, est-ce qu'on les confond aisément ?
16:47C'est en tout cas ce que ressent Déborah,
16:49qui participait hier à Paris à un rassemblement
16:51de soutien aux rabbins d'Orléans. On l'écoute.
16:53On a peur. On a de plus en plus peur.
16:56Les gens ne connaissent pas forcément la position des Juifs de France.
16:59S'ils sont pro-Netanyahou ou contre Netanyahou.
17:02Mais il y a une espèce d'amalgame qui se fait,
17:04qui fait de nous des cibles.
17:06C'est nauséabond. C'est vraiment dégoûtant.
17:10Et surtout, on en a marre. On en a assez d'être ciblés.
17:14On aimerait pouvoir vivre dans notre pays
17:16où nous sommes nés pour la plupart,
17:18en liberté, en paix, en sérénité.
17:22Joseph Marciano, quelle est cette notion d'allié intérieur
17:25dont on parle de plus en plus ?
17:27Alors, la notion d'allié intérieur, c'est le fait de bouger
17:32d'un quartier qu'on considère comme difficile, inquiétant,
17:37pour aller dans des quartiers moins difficiles,
17:40pour essayer de fuir une sorte de pression.
17:45Des Juifs qui ne tiennent plus sur place
17:47dans le quartier où ils habitent.
17:48Et on parle souvent, par exemple, des villes de banlieue
17:52comme Sarcelles, où ma famille est arrivée
17:56quand ils sont arrivés du Maroc.
17:58Et ils ont dû, à un moment, se déplacer, changer de quartier
18:03parce que la vie devenait trop compliquée dans les environs.
18:07Et il se trouve que cet allié intérieur,
18:09on entend le mot alia.
18:11Alia, c'est normalement la montée religieuse vers Israël, etc.
18:16Et en fait, à la fois, quand on parle d'allié intérieur,
18:18on dit que les Juifs bougent pour essayer de fuir l'antisémitisme,
18:22mais on dit aussi que les Juifs vont changer de pays
18:26parce qu'ils ont peur de l'antisémitisme.
18:28Et moi, forcément, c'est contre ça que je me bats, en réalité,
18:32parce que je suis représentant président
18:34de l'Union des étudiants juifs de France.
18:36J'aimerais que les étudiants juifs continuent leurs études en France,
18:40investissent la France et qu'ils s'y sentent bien.
18:42Et c'est pour ça aussi qu'on avance dans ce chemin-là.
18:45Écoutons Muriel qui a changé d'école ses enfants qui étaient dans le laïc.
18:49J'ai quatre enfants, quatre garçons, qui ont été en école juive
18:52parce qu'ils ont été dans des écoles laïques,
18:55mais malheureusement, on ressentait l'antisémitisme.
18:57Pour les protéger, vous avez dû les sortir de l'école de la République ?
19:00Oui, oui, oui.
19:01Et on est triste de voir ce qu'il se passe en France.
19:05Dans votre enquête radioscopie de l'antisémitisme en France,
19:07vous expliquez notamment qu'on demande des comptes
19:10aux jeunes Français de confession juive
19:11sur la politique du gouvernement israélien.
19:14Nous sommes bien d'accord, François Legrand.
19:15J'ai envie de vous dire, c'est terrifiant.
19:17Oui, tout à fait, c'est terrifiant.
19:19Et on voit d'une part que les jeunes en population générale
19:22estiment que c'est beaucoup plus justifié de le faire.
19:24Et par ailleurs, les jeunes Juifs qu'on interroge
19:27disent beaucoup plus que les Juifs des générations plus âgées
19:30être pris à partie en raison de leur soutien réel
19:33ou supposé au gouvernement israélien.
19:35Et c'est une forme nouvelle d'antisémitisme, il faut le dire.
19:40Est-ce qu'on peut dire à la lumière de votre enquête
19:42que la France est devenue plus dangereuse
19:45qu'on ne l'imagine ou qu'on ne le perçoit
19:46pour les Juifs au quotidien ?
19:48Je sais que ma question est compliquée et délicate.
19:51Elle est un peu compliquée.
19:53Moi, en me basant sur les niveaux d'actes antisémites
19:57extrêmement élevés globalement,
19:59je comprends parfaitement l'inquiétude très forte
20:02qui est exprimée par les Français de confession juive
20:04par rapport à leur avenir en France.
20:07Isabelle Saporta ?
20:08Écoutez, moi, je vais mettre les pieds dans le plat
20:09parce qu'on tourne un peu autour depuis tout à l'heure.
20:11Et effectivement, je comprends que vous le preniez de façon très vive,
20:15Antoine Léaumont, mais il n'empêche que là,
20:18ce qu'on ne se dit pas depuis le début de cette émission,
20:20c'est quand même le rôle de la France insoumise là-dedans.
20:22Et c'est vrai que, pardonnez-moi,
20:25mais quand on reprend ne sera-ce que les dernières semaines
20:27sur l'affiche de Cyril Hanouna
20:29qui effectivement reprend tous les codes
20:32d'une affiche antisémite des années 30,
20:35quand je vous fais la citation que je viens de vous faire
20:37de Jean-Luc Mélenchon qui est brillant, qui est féru d'histoire,
20:40qui fait ses allusions aux cheveux coupés, etc.,
20:43en faisant une assimilation entre les nazis et les milliardaires.
20:46Enfin, moi, je pense que Mélenchon connaît suffisamment son histoire.
20:50Quand, il y a quelques années, je crois que c'était en 2020,
20:53il a commencé à parler, en fait,
20:55du fait que Jésus avait été mis sur la croix par ses compatriotes,
20:59quand David Giraud dit « dragon céleste »,
21:02sachant que ça fait référence très clairement aux juifs
21:05et que c'est une façon de dire « juif »,
21:07sans le dire, bien sûr que si, tout le monde le sait,
21:09donc arrêtez de nous prendre pour des idiots.
21:11Quand on a, au fond, « dragon céleste »,
21:15vous savez, c'est l'un d'eux, on sait très bien,
21:17vous savez très bien que ça vient de Jésus-Christ
21:19et que c'est effectivement comme ça que font tous les antisémites
21:25pour, effectivement, se cacher derrière ça.
21:28Quand on est là-dedans, quand on a Jean-Luc Mélenchon
21:30qui dit à Yael Brune-Pivet, qui est la patronne de l'Assemblée Nationale,
21:34qu'elle est partie camper à Tel Aviv,
21:36quand on a des ministres qui sont pris à partie par Jean-Luc Mélenchon,
21:40qui sous-entendent qu'ils ont quasiment une double allégeance,
21:43comme Benjamin Haddad, parce qu'il est juif.
21:45Précisément, j'allais parler de ça.
21:46Vous savez, moi je vais vous dire un truc.
21:47Précisément, moi j'aimerais qu'on parle des choses qui...
21:48Le seul que je connaisse, le seul que je connaisse qui fasse,
21:52au fond, griève aux juifs de pouvoir avoir une double allégeance,
21:55c'était le défunt Jean-Marie Le Pen.
21:58Donc, si vous voulez, il y a un truc qui est...
21:59Merci de le dire, c'est le seul.
22:00C'est pas l'alliance, c'est pas...
22:02C'est pas lui.
22:02Celui qui jouait sur du rafour crématoire,
22:05qui faisait des petites blagues, comme sur les cheveux, etc.
22:08C'était Jean-Marie Le Pen.
22:10Donc, moi la question...
22:11Juste, juste.
22:11La question que je voudrais vous poser, quand même, Antoine Léaumont,
22:14et ce que je voudrais poser à la France Insoumise,
22:15c'est que vous savez très bien ce que vous faites.
22:17Et moi, je voudrais quand même que demain, vous vous disiez,
22:19vous repreniez ce que disait Jean-Luc Mélenchon,
22:21qui était l'humain d'abord, parce que c'était ça qu'il disait,
22:24et d'arrêter de penser que, pour avoir des votes clientélistes,
22:27il faut jouer le communautarisme, et parfois surfer sur l'antispoutisme.
22:30C'est ça que je ne comprends pas.
22:32Je vais vous dire, Madame Saporta, les choses d'une manière extrêmement claire,
22:36aussi clairement que l'avait dit Jean-Luc Mélenchon
22:38dans la manifestation d'hommage à Méric Nol.
22:42Si un juif de France est menacé, il trouvera porte ouverte chez les Insoumis.
22:46Je le dis aussi simplement que ça.
22:48Parce que je ne peux pas le dire autrement.
22:50Jamais, d'aucune façon, nous ne ciblerons des gens
22:53en raison de leur origine, de leur religion, de leur culture,
22:56de leur couleur de peau.
22:58Pourquoi vous laissez passer des choses comme ça ?
22:59Ecoutez bien ce que je suis en train de vous dire.
23:01C'est moi qui, le premier ici, ai dit sur ce plateau
23:04que mettre sur le même plan les juifs de France
23:06et le gouvernement de M. Netanyahou, c'était une honte.
23:09C'est moi qui l'ai dit.
23:09Vous m'avez même dit que je n'ai pas abordé le sujet.
23:11Je l'aborde précisément parce que je sais qu'un certain nombre de personnes
23:14font ça, et que c'est l'un des problèmes qui est posé.
23:17Parce que moi, je ne mets jamais le gouvernement d'extrême droite de M. Netanyahou,
23:20sa politique que je trouve morbide.
23:24Il a tué 50 000 personnes, M. Netanyahou.
23:27Je ne suis pas d'accord avec la politique de M. Netanyahou.
23:30Le lendemain du 7 octobre, en fait, c'est un mouvement terroriste.
23:33Madame Saporta, je vous ai laissé parler et je vous ai laissé m'insulter
23:38parce que je considère que c'est des insultes.
23:39Ce ne sont pas des insultes, ce sont des faits.
23:40Je considère que c'est des insultes.
23:41Si vous n'êtes pas capable de répondre à des faits, ce sont des insultes.
23:43Et on se retrouve dans un instant pour continuer à débattre.
23:46Monsieur Calvi, ce n'est pas possible quand même.
23:47A chaque fois, vous...
23:48Non, vous étiez en train de répondre à Isabelle Saporta
23:50et vous avez repris le périphérique.
23:52Donc, on remonte la route avec vous dans un instant.
23:56Jusqu'à 20h, Yves Calvi refait le monde sur RTL.
24:03Yves Calvi jusqu'à 20h.
24:05On refait le monde sur RTL.
24:08Excusez-moi, mais nous sommes à l'antenne.
24:10Je vous en prie.
24:11Et tout le monde, on va essayer de faire circuler la parole.
24:14Vous étiez quand même en train de réagir, Yossi Fonciano,
24:16président de l'Union des étudiants juifs de France.
24:18Pour nous dire quoi ?
24:19Oui, c'est compliqué en fait.
24:21Quand j'entends Antoine Léaumant dire que la phrase
24:25« les dragons célestes » n'est pas un « dog whistle »
24:29comme on l'appelle, un sifflet à chiens antisémite,
24:31c'est documenté.
24:33Les Juifs vous le disent.
24:35On le ressent.
24:36Ça veut dire, comment c'est possible de ne pas écouter les victimes ?
24:40Vous faites ça pour toutes les victimes de racisme.
24:42Pourquoi, pour les Juifs, vous n'écoutez pas ?
24:45Mais précisément...
24:46C'est très simple.
24:47Je vous posais la question hors antenne par rapport à la phrase
24:50de Jean-Luc Mélenchon qui dit « les génuflexions »
24:53devant les Oukaz du CRIF.
24:55Il faut le dire, c'est antisémite.
24:57J'étais en train de vous répondre.
24:58David Guiraud, cette phrase-là, elle est antisémite.
25:01Vous pouvez essayer d'enchaîner des phrases
25:04en essayant de les mettre bout à bout
25:06pour donner l'impression qu'on essaierait de dire quelque chose.
25:09Mais qu'est-ce que vous entendez dans mes propos ?
25:11Est-ce que vous entendez dans mes propos
25:13la moindre accointance d'une quelque manière que ce soit
25:17avec les logiques antisémites
25:18qu'on peut présider, par exemple ?
25:20Dans les vôtres aujourd'hui, non ?
25:21En fait, mes camarades ne disent pas autre chose.
25:23Si vous écoutez réellement ce que nous disons,
25:26c'est-à-dire si on sort des machins qui sont répétés
25:29parfois en boucle sur les plateaux,
25:30un peu comme vous venez de le faire, je suis désolé de vous le dire.
25:32Mais « Campé a-t-elle la vie ? » ça veut dire quoi, par exemple ?
25:34Pourquoi il dit « Campé a-t-elle la vie ? » ?
25:35« Campé », c'est un terme qui est utilisé dans le vocabulaire militaire
25:37pour dire qu'on va sur un campement militaire.
25:40Donc il y a un point pilé ?
25:42Et vous savez quoi ? Moi, je le connais bien, Jean-Luc, en plus.
25:44Moi, c'est un ami, c'est un proche, c'est un camarade.
25:46Et Jean-Luc, quand il dit ça,
25:48au moment où il y a une réaction qui est faite sur le sujet,
25:51il dit « Mais ça n'est pas possible ! »
25:53Enfin, moi, jamais j'ai voulu dire ça.
25:55Et quand il dit que les cheveux ont été tués par leurs compatriotes,
25:57et quand il dit les cheveux...
25:59Vous voyez ce que je veux dire ?
26:00Ça fait beaucoup, quand même, à la fin.
26:02Le dérapage.
26:04Si vous regardez ce que nous...
26:05Attendez, je veux juste aller au bout de ça.
26:07Si vous regardez ce que nous disons, sur le fond,
26:09et c'était ce que j'étais en train de vous dire,
26:11hors antenne, ce que j'allais vous dire.
26:12J'ai fait un discours à l'Assemblée nationale,
26:14j'ai noté la date, le 12 mars 2024.
26:16C'était sur le racisme systémique.
26:18Justement, je parlais du racisme systémique,
26:20du fait qu'il faut être capable, chez chacun d'entre nous,
26:22d'aller chercher les phénomènes qui peuvent exister,
26:24comme on l'a fait, comme on est peut-être
26:26un peu plus capable de le faire sur le patriarcat.
26:28J'ai terminé mon intervention
26:30par les mots de Frantz Fanon, en disant
26:32« Quand vous entendez dire du mal des Juifs,
26:34dérissez l'oreille, on parle de vous. »
26:36J'ai spécifiquement utilisé cette phrase,
26:38parce que précisément...
26:40Le 12 mars 2024, c'est aussi une date
26:42vraiment importante pour moi.
26:44Il se trouve que c'est la date où
26:46une étudiante juive
26:48s'est fait interdire
26:50à Sciences Po d'entrer dans un amphithéâtre.
26:52Non, c'est pas vrai.
26:54Oui, mais c'est pas ça qui s'est produit.
26:56Donc en fait, il y a une jeune fille,
26:58victime de ce qu'elle dit être victime
27:00d'antisémitisme, elle s'est retrouvée
27:02devant un amphithéâtre
27:04qui s'était rebaptisé Gaza.
27:06On l'a empêchée de rentrer parce qu'elle était
27:08sioniste.
27:10Ça se disait devant elle, devant ses camarades.
27:12À ce moment-là,
27:14à ce moment-là, Emery Caron,
27:16qui est un de vos camarades, je crois,
27:18défend publiquement
27:20ceux qui ont bloqué
27:22l'étudiante juive. Il ne se pose pas
27:24la question de savoir si peut-être
27:26ces gens-là ont dépassé les bornes.
27:28Peut-être que ces gens-là ont dépassé les bornes.
27:30Je pense que vous devriez vous poser la question, vous dire...
27:32Avant de réagir, avant de parler
27:34de racisme systémique à l'Assemblée,
27:36le jour même où une étudiante,
27:38pour la première fois, parce que
27:40François Legrand l'a très bien dit,
27:42c'est rare que des Juifs soient victimes de discrimination.
27:44Ça fait depuis la Seconde Guerre mondiale
27:46qu'on n'a pas vu des Juifs victimes de discrimination.
27:48La haine, on l'a.
27:50Évidemment, la violence physique, on l'a.
27:52La violence verbale, on l'a, etc.
27:54Mais les discriminations, être empêchée d'entrer dans un endroit
27:56parce qu'on est Juif,
27:58ça fait très longtemps.
28:00Et à ce moment-là, au lieu d'avoir un mot de soutien,
28:02un mot de soutien pour cette jeune étudiante
28:04qui a 19 ans...
28:06Vous avez un mot de soutien
28:08qui dit
28:10que si cette jeune fille a ressenti
28:12de l'antisémitisme, il faut qu'on aille chercher les faits.
28:14Il faut qu'on aille comprendre.
28:16Peut-être qu'il faut faire une enquête. On demande à ce qu'il y ait une enquête.
28:18N'importe quoi. Vous ne la croyez pas ?
28:20Parlez à la justice.
28:22Je crois que c'est justement ce qui a eu lieu.
28:24L'enquête, je crois que c'est justement
28:26ce qui a eu lieu sur le sujet.
28:28Et les éléments
28:30qui ont été communiqués
28:32à ce moment-là,
28:34ce n'est pas qu'elle a été virée parce qu'elle était Juive.
28:36C'est qu'elle était dans une attitude
28:38vis-à-vis de ce qui se tenait dans cet amphi
28:40qui était une attitude assez agressive.
28:42Donc c'est normal.
28:44Attendez.
28:46Vous savez, il y a des personnes
28:48du collectif Nous Vivrons
28:50qui ont voulu venir perturber un meeting
28:52que je tenais. J'ai d'ailleurs porté plainte.
28:54Je vous dis juste que j'ai porté plainte.
28:56J'adore.
28:58Moi, je ne réponds pas à des blagues de Nous Vivrons.
29:00Je suis en train de vous dire
29:02que quand des gens
29:04essayent de perturber
29:06une prise de parole publique,
29:08ça n'est pas possible.
29:10Beaucoup plus simplement,
29:12il y a un problème
29:14à la France Insoumise
29:16pour avoir un tout petit peu d'empathie.
29:18Qu'est-ce que j'ai fait dans cette émission ?
29:20Qu'est-ce que j'ai fait dans cette émission ?
29:22Je suis désolé.
29:24Vous êtes celui qui, le 10 octobre
29:262023,
29:28est venu à Nanterre
29:30et a choqué des étudiants.
29:32Je vous le dis, vous avez choqué le 10 octobre
29:342023 en disant,
29:36dans le jardin de Nanterre, au micro devant
29:38un parterre d'étudiants, qu'on ne peut pas dire
29:40que le Hamas est terroriste. Moi, je dis
29:42le 10 octobre 2023, 3 jours
29:44après le coup de feu.
29:46Je suis désolé.
29:48Vous allez le préciser dans un instant.
29:50On va arrêter.
29:52On vous redonne la parole.
29:54Quoi qu'il arrive, vous êtes sur une radio
29:56aussi de la publicité. Donc, on passe la pub
29:58et je vous redonne la parole.
30:00RTL. On refait le monde.
30:02Avec Yves Calvi.
30:04Yves Calvi jusqu'à 20h.
30:06On refait le monde sur RTL.
30:08Je devais vous redonner la parole
30:10Antoine Léaumont, ce qui est normal.
30:12Vous êtes député France Insoumise de l'ISSON
30:14et vous répondiez, bien entendu,
30:16aux questions qu'on était en train de se poser
30:18sur votre...
30:20Non pas sur vos propos, mais sur le rôle que joue
30:22parfois votre parti
30:24dans ces questions relatives, notamment
30:26quant à, à la fois, à l'état d'Israël
30:28et à la communauté juive en France.
30:30On va essayer de redire les choses de manière très claire
30:32parce que, apparemment, ça ne l'est pas
30:34pour certaines personnes.
30:36Nous, nous avons une logique qui est
30:38une logique simple. C'est ne pas mettre sur le même plan
30:40le gouvernement d'Israël et les Juifs de France
30:42ou les Juifs d'une manière générale dans le monde.
30:44D'ailleurs, il y a plein de personnes qui sont
30:46de confession juive ou de culture juive
30:48qui sont des opposants au régime de monsieur Netanyahou.
30:50Mais, de manière assez simple,
30:52il y a d'ailleurs plein de gens qui, en Israël, sont des opposants
30:54au régime de monsieur Netanyahou.
30:56Est-ce qu'il définit une démocratie ?
30:58Oui, alors il y a quand même
31:00quelques bugs
31:02sur la démocratie, notamment vis-à-vis
31:04du lien avec la justice et la volonté
31:06de monsieur Netanyahou de...
31:08Pourquoi on parle d'Israël ? On est censé parler des Juifs de France.
31:10Ce n'est pas moi qui ai amené la question.
31:12C'est toujours cette espèce de double allégeance permanente pour les Juifs.
31:14Parlons des Juifs de France.
31:16Précisément, ce que je voulais vous dire,
31:18c'est que moi, je ne considère pas qu'il y ait de double allégeance.
31:20Je considère que les gens, ils ont une seule allégeance
31:22qui est celle à leur pays.
31:24Mais, si on décale le sujet
31:26aussi sur d'autres thèmes en ce moment qui existent
31:28dans la société, tout ce qui est fait par monsieur Retailleau
31:30sur l'Algérie, c'est une mise en cause...
31:32Vous ne répondez jamais aux questions qu'on vous pose.
31:34Je ne sais pas pourquoi vous me parlez de la double allégeance.
31:36Vous parlez de la double allégeance.
31:38Il y a quelqu'un qui se fait tuer dans ma circonscription.
31:40Je trouve ça assez agressif de parler comme ça, madame.
31:42Vous savez, la question de la défense...
31:44Vous trouvez ça très agressif votre manière de faire vis-à-vis d'un jeune homme
31:46qui se fait tuer dans ma circonscription.
31:48Il y a un jeune homme qui se fait tuer dans ma circonscription.
31:50Je n'ai pas le droit d'en parler.
31:52Donc, vous êtes là pour parler sur l'antisémitisme et vous parlez d'autres choses
31:54parce que vous n'avez pas envie de répondre aux questions.
31:56On peut voir faire.
31:58En quelques mots, merci.
32:00Je vous en prie.
32:02J'ai répondu à vos questions.
32:04Vous me parlez de double allégeance, je suis en train de vous répondre
32:06sur la double allégeance.
32:08Vous parlez d'Israël.
32:10Qu'est-ce que c'est l'antisémitisme en France ?
32:12Vous parlez de la loi sur le narcotrafic.
32:14J'ai pas parlé de la loi sur le narcotrafic.
32:16Ça, de Retailleau et de l'Algérie.
32:18Pardon, on peut parler de tout.
32:20Monsieur le député, s'il vous plaît.
32:22C'est rouge.
32:24Je ne crois pas que ce soit moi
32:26qui ai mélangé les questions.
32:28Je ne crois pas avoir parlé de la loi sur le narcotrafic.
32:30J'ai parlé de la question de l'Algérie
32:32et du fait que M. Retailleau essayait
32:34d'exciter les tensions chez nos compatriotes
32:36franco-algériens spécifiquement
32:38en essayant de dire qu'ils auraient d'une manière générale une double allégeance.
32:40Mais ce que vous avez dit tout à l'heure
32:42sur les juifs qui quittent notre pays,
32:44justement, il y a des problèmes majeurs
32:46qui sont posés à ce sujet-là.
32:48Il y a des juifs qui quittent notre pays parce qu'ils ont peur.
32:50Il y a des musulmans qui quittent notre pays parce qu'ils ont peur.
32:52Il y a d'ailleurs un très beau livre sur le sujet
32:54qui s'appelle La France, tu l'aimes mais tu la quittes
32:56et qui parle en particulier de nos compatriotes
32:58qui ont fait des études, qui ont essayé de faire tout ce qu'ils pouvaient
33:00pour réussir dans notre pays
33:04et qui finissent par le quitter parce qu'ils subissent
33:06une forme de haine religieuse,
33:08de discrimination à l'emploi
33:10dont vous avez parlé tout à l'heure, par exemple,
33:12sur l'accès au logement, qui est une discrimination
33:14qui est scandaleuse. Moi, qu'est-ce que je peux faire d'autre que dire
33:16que notre objectif à nous,
33:18les insoumis, c'est l'unité du peuple français,
33:20quelle que soit la religion,
33:22la couleur de peau, le genre,
33:24l'orientation sexuelle. D'ailleurs, j'ai un certain nombre
33:26de personnes qui me font la leçon
33:28sur le sujet qui sont en face de nous
33:30dans l'hémicycle. Je constate que
33:32à l'intérieur de leur programme, il y a la suppression du droit du sol
33:34qui est une mesure, mais qui est
33:36vraiment une négation de notre identité républicaine,
33:38qu'il y a M. Bardella
33:40qui dit qu'à terme, il veut interdire
33:42le voile dans l'espace public.
33:44Tout à l'heure, vous avez parlé du chapeau du rabbin.
33:46Et je suis d'accord avec vous.
33:48Taper sur le chapeau du rabbin, c'est une forme
33:50de mise en cause de sa religion.
33:52Mais taper sur le voile des musulmanes françaises, c'est aussi une forme
33:54de mise en cause de la religion, de celle qui souhaite le porter.
33:56Vous avez eu beaucoup de juifs qui t'y a tapé sur le voile.
33:58Il y a beaucoup.
34:00Contre l'antisémitisme, Isabelle.
34:02Contre l'antisémitisme
34:04qui est notre thème ce soir.
34:06Attendez.
34:08À chaque fois qu'on vous parle des juifs, vous parlez des musulmans.
34:10À chaque fois qu'on vous parle de l'antisémitisme, vous parlez d'autres choses.
34:12Vous ne répondez à aucune des questions.
34:14C'est fascinant à voir.
34:16Je pense que vos auditeurs ont pu voir que vous avez répondu
34:18d'une manière assez patiente.
34:20Je serais vraiment très heureux.
34:22Je pense que c'est vraiment très important.
34:24Je suis profondément antiraciste.
34:26Et je pense que si une femme musulmane se fait frapper dans la rue
34:28au visage
34:30et son voile jeté par terre et écrasé,
34:32je serais très heureux de participer
34:34à n'importe quelle marche, à n'importe quel rassemblement
34:36et à prouver mon soutien.
34:38Juste pour vous dire
34:40à la fois que
34:42quand vous parlez du chapeau du rabbin
34:44qui a été écrasé, vous parlez du voile
34:46des musulmans qui n'a pas été écrasé.
34:48Si vous voulez bien vous souvenir,
34:50il y avait eu le cas d'une dame juive
34:52dont la perruque avait été arrachée
34:54par la police en garde à vue une fois.
34:56Et moi, je me souviens
34:58avoir fait un mot de soutien à cette personne.
35:00Et justement, c'est dans ce genre de moment
35:02où il y a des agressions qui sont commises,
35:04des manières de mettre en cause la religion des anges.
35:06C'est pour ça qu'on parle de religion.
35:08C'est aussi quand on parle de religion,
35:10il faut, à mon sens,
35:12essayer de démêler les mécanismes
35:14qui font qu'il y a des haines religieuses qui peuvent exister,
35:16des détestations de telle ou telle religion.
35:18Et justement, moi ce que j'essaye de dire,
35:20c'est que je ne fais pas de tri, je ne tri pas
35:22à l'intérieur du peuple français. Pour moi, il n'y a pas
35:24des juifs, des musulmans, je ne sais quoi. Bien sûr qu'il y a des gens
35:26qui ont cette confession ou une autre confession.
35:28Mais par contre, moi ce que je vois, c'est des citoyens
35:30de la République française. Et précisément,
35:32qu'est-ce qui fait, je vais juste finir sur ça,
35:34qu'est-ce qui fait notre égalité si on pense en termes républicains ?
35:36C'est précisément dans notre égalité,
35:38dans notre capacité à faire la loi et dans notre
35:40devoir de la respecter. Donc c'est une égalité
35:42républicaine et citoyenne. Moi c'est ça
35:44que j'essaye de porter.
35:46François Legrand, vous voulez intervenir ?
35:48Oui, je rebondis sur un mot qui a été employé,
35:50que je trouve très juste, c'est la question de l'empathie.
35:52Et effectivement, je ne suis pas là pour donner des brevets
35:54d'antisémitisme à formation politique
35:56ou pas, mais je remarque
35:58quand même que c'est vrai qu'à la France Insoumise,
36:00vous avez peu d'empathie et vous l'avez
36:02avec cette étudiante.
36:04Et vous nous donnez un exemple.
36:06Avec cette étudiante, vous venez encore de le montrer,
36:08moi j'ai des informations
36:10précises qui me laissent apprécier
36:12que ce qui s'est passé avec cette étudiante à Sciences Po
36:14était un acte antisémite avéré.
36:16Et vous écoutez
36:18la parole des victimes quand il s'agit
36:20de sexisme et c'est très bien
36:22et vous écoutez la parole des victimes quand il s'agit
36:24de racisme, mais vous n'écoutez
36:26pas la parole des victimes quand il s'agit
36:29Est-ce que vous avez entendu là ?
36:31Je viens de parler d'un cas très précis.
36:33Je suis désolé, vous me dites que je n'ai pas d'empathie.
36:35Je viens de parler du cas très précis
36:37d'une dame qui s'était fait arracher sa perruque.
36:39Je viens de vous parler d'un acte précisément
36:41où nous disons des mots de soutien.
36:43Je rebondis précisément sur ce que vous avez dit
36:45par rapport à cette étudiante à Sciences Po
36:47qui a été exclue.
36:49Qui a été exclue.
36:51Je ne vous demande pas d'avoir de lecture aujourd'hui.
36:53Ce sera la dernière intervention d'émission.
36:55Merci. Je ne vous propose pas la même lecture à nous.
36:57De l'empathie.
36:59Juste de l'empathie.
37:01Si vous voulez bien avoir l'honnêteté de dire que
37:03dans cette émission, j'ai précisément essayé
37:05de parler de l'unité du peuple français.
37:07Et justement, moi j'essaye d'avoir de l'empathie
37:09pour cette étudiante qui s'est fait bloquer
37:11et pour tous les Français juifs
37:13qui se sentent menacés par la France insoumise.