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Anne Rosencher nous donne des nouvelles d’une ancienne chronique appelant à l'aide pour soutenir et financer l'étude et l'exploitation des cahiers de doléances ouverts sur proposition d'Emmanuel Macron pendant la crise des gilets jaunes. Cet appel lancé en septembre dernier a aboutit

Retrouvez « En toute subjectivité » avec Anne Rosencher sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/anne-rosencher-en-toute-subjectivite

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Transcription
00:00Quand on est éditorialiste, contente comme je le fais ici chaque semaine d'analyser
00:04l'actualité, de représenter ceux qui n'ont pas forcément voix au chapitre, voire parfois
00:10d'influer dans le débat, on le fait la plupart du temps un peu dans le noir, c'est-à-dire
00:14sans savoir si l'on est tombé juste, si l'on a contribué au débat, posé sa petite
00:20brique à l'intérêt général.
00:22Et puis parfois, il y a des choses qui viennent vous encourager.
00:26C'est l'une d'entre elles qui me donne ce matin l'occasion d'une chronique positive
00:30et reconnaissante.
00:31Le 5 septembre dernier, c'était un jeudi, je consacrais mon édito ici même au cahier
00:37de doléances qu'Emmanuel Macron avait ouvert à la suite de la crise des gilets jaunes.
00:42Je déplorais que les pouvoirs publics aient fait si peu de cas de ces 200 000 contributions
00:47manuscrites et du million et demi de participations en ligne.
00:51Le président avait promis une restitution d'ampleur, mais finalement, ces doléances
00:56avaient été traitées avec une certaine désinvolture démocratique.
01:00J'en appelais alors, dans ma chronique, aux entreprises privées.
01:03Je savais que des chercheurs travaillaient sur le sujet, notamment un de ma connaissance,
01:08le professeur à Sciences Po, Hugo Micheron, qui avait mis en place un outil permettant
01:13de traiter via l'intelligence artificielle ces millions de contributions.
01:17Mais il échouait à trouver un mécène, les entreprises auxquelles il s'adressait
01:23lui opposant tout un refus poli.
01:25Dans la foulée de la chronique, j'ai reçu un appel de la présidente de la fondation
01:29BNP Paribas, Isabelle Giordano, qui me demandait le contact d'Hugo Micheron.
01:34Depuis, j'ai suivi de loin, gardant un œil sur ce sujet qui me tient éditorialement
01:40à cœur.
01:41Et voilà, les choses ont bien avancé.
01:43La fondation finance la première partie du projet pour 2025 qui consiste à traiter
01:48l'intégralité des contributions numériques des cahiers de doléances.
01:51Une fois traité par l'outil d'intelligence artificielle, ces données devraient être
01:56analysées par les chercheurs du Cevipof à Sciences Po.
01:59Et le tout fera l'objet d'une grande recension publique, normalement au Conseil
02:04économique, social et environnemental.
02:07Voilà.
02:08Je ne vous raconte pas tout ça pour crâner, ou en tout cas pas seulement, mais parce que
02:12je trouve cette histoire assez emblématique.
02:15Dans l'époque où l'action publique semble comme paralysée et où la force de gouverner
02:20s'affaiblit, il faut garder en tête qu'une société, c'est mille autres choses.
02:25C'est aussi une somme de bonne volonté qui partage l'envie de faire mieux pour
02:30l'intérêt général et la chose commune.
02:33Ça ne saurait bien sûr se substituer à l'action publique, mais ça n'en reste
02:37pas moins indispensable à l'esprit de citoyenneté.

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