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Mardi 25 février 2025, retrouvez Jérôme Bouteiller (Fondateur, écranmobile.fr), Renaud Chaput (directeur technique, Mastodon) et Julie Huguet (directrice, Mission French Tech) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.

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00:00Bonjour à tous. Aujourd'hui, je reçois une grande invitée. Elle a pris les reines de la mission French Tech au moment où Clara Chapaz a été appelée à des missions gouvernementales.
00:17Ce sera donc la grande interview de Julie Huguet à la une de Smart Tech.
00:21On aura également dans cette édition un focus sur le mobile et l'économie de ce secteur avec les chiffres assez fous de la publicité dans ce domaine.
00:31Mais d'abord, je vous propose trois questions à Mastodon. C'est parti pour Smart Tech.
00:35Créée en 2016 par l'ingénieur allemand Eugen Roschko, Mastodon est un réseau social qui reprend les codes de Xfeu Twitter tout en adoptant une philosophie et une architecture absolument radicalement opposées.
00:53Bonjour Renaud Chaput.
00:55Bonjour.
00:56Merci beaucoup d'être connecté avec nous. Vous êtes le directeur technique de Mastodon.
01:00Je voulais qu'on rappelle pour démarrer ce qui fait la différence de Mastodon par rapport au réseau social auquel j'ai fait référence et qui s'est construit finalement en opposition à ce réseau.
01:10Oui, tout à fait. Au début, Mastodon s'est surtout construit en alternative à Xfeu, une alternative qui se veut être open source.
01:18L'ensemble du logiciel est disponible et installable par tout le monde.
01:23Mastodon est aussi basé sur un système que l'on appelle la fédération, c'est-à-dire qu'il n'y a pas un seul serveur Mastodon, mais il y a une dizaine de milliers de serveurs Mastodon à l'heure actuelle qui communiquent tous les uns avec les autres.
01:36Ce qui fait qu'il n'y a pas un seul endroit ou un seul propriétaire. C'est vraiment un réseau qui est distribué dans le monde entier.
01:42C'est ce qu'on appelle le fait divers ?
01:44Tout à fait, le fait divers. C'est le nom de l'ensemble des serveurs qui discutent avec Mastodon.
01:50Qu'est-ce que ça change finalement dans le fond, dans la manière dont on va discuter et communiquer avec les autres sur Mastodon ?
02:00La plus grosse différence, c'est que Mastodon n'est pas contrôlé par une seule personne ou une seule entreprise.
02:06Chaque serveur est indépendant, donc va être soumis aux lois locales de l'endroit où le serveur est installé et va pouvoir définir ses politiques de modération,
02:16les contenus qu'il souhaite autoriser ou interdire, ou même à quelle personne ce serveur est ouvert.
02:22Par exemple, je peux très bien créer un serveur Mastodon focalisé sur la communauté francophone et dire,
02:28j'ai mon petit coin d'Internet, mon petit coin de réseau social orienté autour de ma communauté.
02:34Un des griefs, je dirais, c'est le fait qu'on risque de rester enfermé dans nos propres bulles.
02:43Mais il faut quand même préciser que ces serveurs sont interconnectés et que je peux naviguer d'une communauté à une autre.
02:48Tout à fait, c'est la même manière que les e-mails fonctionnent actuellement.
02:52Quand vous créez votre e-mail, vous pouvez le créer chez Hotmail, vous pouvez le créer chez Gmail,
02:57ou vous pouvez aussi l'héberger chez vous, ou en tant qu'entreprise héberger votre serveur.
03:03Mais ce n'est pas pour ça que vous ne pouvez communiquer que seulement avec les gens qui sont sur le même hébergeur que vous.
03:10Avec les e-mails, vous pouvez communiquer avec tout le monde et c'est la même chose avec Mastodon.
03:14Peu importe où est votre compte, vous pouvez communiquer avec tous les autres gens qui sont sur le réseau.
03:18Et alors là, vous décidez de créer une fondation à but non lucratif. Pourquoi ?
03:24Parce que le projet a besoin de grossir. À la base, comme vous l'avez dit, le projet à 8 ans a été créé par Regen.
03:31Maintenant, on a un million d'utilisateurs et utilisatrices actifs mensuels et on a besoin de grossir l'équipe, de financement.
03:39Et on a aussi un vrai besoin de garantir l'indépendance de Mastodon parce que pour nous, c'est ce qui fait la grosse différence par rapport aux réseaux sociaux actuels.
03:47Ils sont tous ou à peu près tous contrôlés par de riches milliardaires américains.
03:54Et nous, on a cet état d'esprit qui est plus lié par exemple à ce que fait Wikipédia.
04:00Pour nous, Mastodon, c'est un commun numérique et donc en fait, personne ne doit pouvoir seul décider de ce qu'est Mastodon.
04:07Donc avec la création de cette fondation, on veut sanctuariser cette indépendance et s'assurer que Mastodon est géré et répond à la communauté Mastodon et pas à un quelconque intérêt ou une quelconque idéologie.
04:21Donc c'est aussi une protection du projet. Aujourd'hui, vous dites qu'on a besoin de grandir.
04:27Aujourd'hui, c'est quoi ? C'est plus d'un million d'utilisateurs aujourd'hui sur Mastodon.
04:31Et vous allez me répondre, mais j'en prie pour enchaîner sur ma deuxième question.
04:34Est-ce que vous avez senti un effet à la suite du Hello Quit X, un appel en fait à quitter X le 20 décembre, jour d'investissement de Donald Trump ?
04:44Est-ce que vous avez ressenti un effet ? Parce qu'on a beaucoup parlé de Blue Sky plus tôt.
04:47Alors oui. Donc là, à l'heure actuelle, c'est à peu près un million d'utilisateurs et d'utilisatrices actives mensuelles sur Mastodon.
04:55Et on a vu un énorme effet en France avec la campagne Hello Quit X.
04:59Beaucoup de gens sont venus sur Blue Sky, peut-être, mais sont aussi venus sur Mastodon.
05:04Je sais que des serveurs francophones ont eu leur nombre d'inscriptions mensuelles qui a été multiplié par 10 ou par 15 pendant cette période.
05:12Et on a vraiment un vrai afflux de citoyens français, en fait, ou de gens francophones suite à la campagne Hello Quit X.
05:20Un petit peu moins peut-être des institutions ou des médias, mais vraiment beaucoup, que ce soit des artistes, des journalistes, des professeurs.
05:27Enfin, on a une vraie communauté qui est en train de grossir très fortement en ce moment.
05:31On parle moins peut-être des initiatives européennes, c'est ça ? Un biais ?
05:35Oui. Et puis nous, en tant que projet open source, projet ouvert, on a, par exemple, si on compare à Blue Sky, beaucoup moins de moyens qu'eux.
05:44On n'a pas levé d'argent, on n'a pas d'investisseurs, ça veut dire qu'on a aussi probablement été moins efficaces,
05:50enfin même, on a été moins efficaces sur le côté marketing, parce qu'on n'a juste pas les moyens de faire ça à l'heure actuelle et ça compte beaucoup.
05:57Bon, et bien voilà, quand vous passez chez Smartech, c'est gratuit.
06:00Donc, on vous souhaite que la communauté continue de grandir. En tout cas, nous, on croit beaucoup en Mastodon.
06:07Merci beaucoup, Renaud Chaput. Je rappelle que vous êtes le directeur technique du réseau social.
06:14Merci.
06:20Ma grande invitée aujourd'hui a pris les rênes de la mission French Tech.
06:23C'était en octobre dernier, au moment où Clara Chappaz a été appelée à de nouvelles responsabilités au sein du gouvernement.
06:29A l'époque, Barnier, secrétariat d'État chargé de l'intelligence artificielle et du numérique.
06:35Aujourd'hui, rattachée d'ailleurs à nouveau à Bercy, comme la mission French Tech. Bonjour Julie Higuet.
06:40Bonjour.
06:41Directrice générale de la mission French Tech, racontez-nous comment s'est passée cette passation de pouvoir ?
06:46Comment on vous a mis au courant de cette mission qu'on vous confiait ?
06:50Oui, et bien, ça a été un process de recrutement assez traditionnel en fait.
06:56Donc, ce qui s'est passé, c'est qu'à l'origine, moi je suis entrepreneur.
06:59J'ai fondé ma start-up dans les territoires depuis Annecy.
07:02Donc, je connais bien l'écosystème et j'ai, tout au long de mon expérience entrepreneuriale,
07:06été investie aussi au sein de la capitale French Tech dans les Alpes,
07:10qui est une association qui gère l'innovation depuis Valence jusqu'aux Jeunes Voies français,
07:16en passant par Grenoble, Annecy, Chambéry.
07:19Donc, je connaissais bien l'écosystème French Tech.
07:22Et donc, j'ai eu l'occasion de travailler avec Clara Chapaz.
07:25Et lorsque j'ai vu qu'elle quittait son poste et qu'elle avait lancé finalement un processus de recrutement,
07:31eh bien, je me suis dit que j'avais envie de continuer mon engagement au niveau national.
07:36Et tout simplement, j'ai postulé.
07:38Combien de temps ça a pris ?
07:40On avait une période de deux mois.
07:43L'appel à candidature était ouvert tout au long de l'été, en fait, du début de l'été jusqu'à début septembre.
07:48Donc, il fallait quand même faire tout un dossier, réfléchir à une stratégie en amont des entretiens,
07:52qui permettait une première sélection.
07:55Et donc, à partir de septembre, j'étais retenue dans les premiers candidats, la première sélection.
08:00Ce qui m'a permis de passer une série d'entretiens tout au long du mois de septembre.
08:04Jusqu'à fin septembre, on m'a annoncé que j'étais retenue.
08:07Qu'est-ce qui fait que dans votre dossier, quelle est peut-être l'idée qui a fait la différence selon vous ?
08:13Alors, les retours que j'ai eus, je pense qu'il y a plusieurs choses.
08:17D'abord, il y a ma connaissance de l'écosystème.
08:19Je suis une femme, je suis entrepreneur, je viens des régions.
08:21J'étais impliquée aussi dans l'écosystème French Tech.
08:24Donc, je connais bien l'écosystème et la mission French Tech.
08:27Il faut le rappeler, c'est l'alliance réussie de l'État et des entrepreneurs
08:31qui travaillent main dans la main pour développer cet écosystème tech.
08:34Donc, j'avais quand même déjà un pied dans l'écosystème.
08:38Et je pense que ça a fait la différence.
08:40Et c'était un vrai signal qui a été aussi donné de la part de la Direction Générale des Entreprises
08:44de dire, on veut que la personne qui dirige la mission French Tech ait cette connaissance
08:48et soit proche des entrepreneurs.
08:50Parce que la mission French Tech, oui, je disais, est rattachée à Bercy,
08:53à la Direction Générale des Entreprises.
08:55Mais elle se développe au sein des territoires.
08:57Donc, vous avez évoqué, vous, votre présidence à la French Tech Alpes aujourd'hui.
09:01Il y a combien de territoires labellisés French Tech ?
09:04En fait, c'est vrai que la French Tech, c'est quelque chose de très particulier
09:08qu'on nous envie beaucoup à l'étranger, puisque c'est d'abord une marque.
09:11Une marque qui rayonne en France à l'international,
09:14dans laquelle on retrouve l'ensemble de l'écosystème,
09:17les entrepreneurs, les investisseurs qui se reconnaissent sous cette marque French Tech
09:21et qui portent fièrement le coq.
09:23C'est un label qui ouvre des portes.
09:25Et puis, c'est donc l'alliance de la mission French Tech
09:28qui appartient à la Direction Générale des Entreprises,
09:30où là, on va donner une impulsion,
09:32on va déployer des politiques publiques en faveur de l'innovation.
09:35Et on s'appuie, pour le faire, sur un réseau d'entrepreneurs,
09:40donc des associations de droits privés, en France et à l'international.
09:45Donc, il y a 17 capitales, ce que l'on appelle les capitales labellisées,
09:48qui sont les villes qui portent un peu plus les dispositifs nationaux.
09:52Et ensuite, on a 31 communautés en France,
09:55qui continuent aussi à déployer, à animer cet écosystème
09:58pour faire émerger les startups et les accompagner.
10:00Et on a également 66 communautés à l'international, dans 52 pays.
10:05Et je vous posais la question de ce qui avait fait la différence dans votre candidature,
10:09mais en fait, ma question en dessous, c'est votre feuille de route.
10:13Qu'est-ce que vous vous êtes fixée pour l'année 2025 ?
10:16Eh bien, ma feuille de route, c'est celle des entrepreneurs.
10:19C'est-à-dire que les entrepreneurs, ils ont trois objectifs.
10:23Ils ont un objectif principal, qui est de réussir avec leur entreprise,
10:26de se déployer, d'aller à l'international et de devenir des géants de la tech.
10:30Et pour les accompagner, nous, on a une seule boussole.
10:33C'est d'abord le business.
10:35Une entreprise, elle doit faire du business, elle doit aller vite.
10:38Donc, on est là aussi pour les accompagner et leur ouvrir des marchés.
10:42Donc ça, c'est notamment l'objectif du programme « Je choisis la French Tech ».
10:46On a un deuxième objectif, qui est de les accompagner dans l'accès au financement.
10:50C'est très important.
10:51Alors dans « Je choisis la French Tech », il faut préciser un petit peu,
10:53on n'oblige pas les entreprises à choisir la French Tech,
10:56il n'y a pas de quota imposé.
10:58Pour l'instant, c'est du volontariat, c'est une incitation.
11:01Alors oui, je peux vous détailler un petit peu ce programme.
11:03Il est très intéressant parce qu'à l'origine, en 2023,
11:05il a été lancé par Jean-Noël Barreau, qui était à l'époque ministre du numérique,
11:09avec un objectif qui était très clair et aussi très fort,
11:14de doubler la commande publique et privée d'ici 2027.
11:17Et pour ça, au démarrage, la mission French Tech a lancé le programme « Je choisis la French Tech ».
11:22Et aujourd'hui, c'est bien plus qu'un programme.
11:24En fait, « Je choisis la French Tech », c'est devenu un mouvement
11:27dont s'est emparé l'ensemble des personnes qui ont rejoint le programme.
11:31Alors, le programme, en fait, il a trois piliers.
11:34Le premier pilier, c'était donc de fédérer cet écosystème qui s'est emparé de ce mouvement.
11:39Et dans cet écosystème, on a des grands comptes publics, privés, des ETI, des PME,
11:44des startups qui s'engagent à utiliser, à adopter les solutions tech françaises.
11:50On a aussi des acteurs, donc 80 partenaires institutionnels,
11:54des acteurs du public, des administrations, des ministères qui se sont engagés.
11:59On a des fédérations, on a des associations.
12:01Je pense au MEDEF, à France Digital, à Numéum, qui sont très engagés dans le programme.
12:05Et tous ensemble, on déploie des actions.
12:07Ce n'est plus uniquement la mission French Tech,
12:09donc il y a des mises en relation qui sont faites,
12:11notamment aussi beaucoup au travers de nos fameuses capitales et communautés.
12:14Pour vous donner un chiffre, l'année dernière, c'est 9000 rendez-vous
12:17entre grands comptes et startups qui ont eu lieu en France en 2024,
12:21dont 50% sur l'ensemble du territoire.
12:23Donc ça, c'est le deuxième pilier, les mises en relation.
12:27Et le troisième, c'est la formation.
12:30La formation des startups ?
12:33Eh bien, la formation de tous.
12:35Puisqu'en fait, les grands comptes et les startups sont deux mondes
12:39qui font du business de manière très différente.
12:43On a identifié des freins structurels, mais aussi des freins culturels.
12:48Et donc, l'idée, c'était de former tous les acteurs à mieux se comprendre
12:53pour avoir une meilleure connaissance et pouvoir être en capacité
12:57de plus facilement aller faire un pas vers l'autre
12:59et travailler ensemble, trouver des solutions.
13:01Donc, pour former les grands comptes, par exemple,
13:03il y a la BPI France qui a lancé la formation d'API,
13:06qui s'adresse aux responsables d'innovation et aux responsables d'achat des grands comptes
13:10pour les aider à trouver aussi des solutions concrètes, actionnables rapidement
13:13pour travailler avec des startups.
13:15On a les ministères aussi qui forment directement les acheteurs
13:17à la commande innovante, aux startups.
13:20Et on a lancé, il y a quelques jours, notre première formation
13:26qui est créée par la mission French Tech dans le but d'ouvrir les portes
13:31de la commande publique aux startups.
13:33Oui, alors j'ai vu ça.
13:34Ça, c'est l'annonce la plus récente.
13:37C'est comment aider les startups, finalement, à accéder aux marchés publics.
13:41Donc, ça veut dire que c'est très compliqué, ça reste compliqué.
13:43J'avais même reçu d'ailleurs ici une entreprise qui est spécialisée dans l'aide
13:47aux startups à accéder à ces marchés publics.
13:50Pourquoi on ne simplifie pas simplement la commande publique
13:52plutôt que de faire des formations ?
13:54Alors, les commandes, qu'elles soient publiques ou privées de grands comptes,
13:58c'est quand même très réglementé.
14:00C'est un process à suivre qui s'assure aussi d'une égalité de traitement
14:04de toutes les entreprises.
14:05Donc, la première étape, avant d'essayer de simplifier,
14:10c'est surtout d'essayer de s'acclimater,
14:12donc de bien comprendre les enjeux.
14:14Dans cette formation, ce qui est très intéressant,
14:16c'est qu'on a travaillé avec 40 partenaires,
14:19donc 10 structures différentes, comme la direction des achats de l'État,
14:24comme différents ministères, le ministère des Armées, la Gendarmerie, etc.
14:28pour pouvoir vulgariser ce qu'est la commande publique
14:32et donner tous les tips aux entrepreneurs
14:34de manière facile et simple,
14:36d'une grille de lecture, en quelque sorte,
14:38de ce que va regarder un acheteur côté commande publique
14:41pour pouvoir, tout simplement, faire des réponses aux appels d'offres
14:46qui soient claires, qui correspondent
14:48et qui leur donnent toutes les chances de succès d'être retenues.
14:51Je choisis la French Tech Academy.
14:53C'est ça le nom du programme.
14:55Exactement.
14:56En fait, moi j'ai découvert ça, 52% des grands comptes publics
15:00nous disent que le frein principal,
15:02c'est qu'ils se retrouvent face à des startups
15:04qui n'ont pas une bonne connaissance du fonctionnement de ces marchés.
15:07Oui, dans beaucoup de startups, on n'a pas forcément de spécialistes
15:10déjà de la réponse à l'appel d'offres d'une manière générale
15:12puisqu'il faut déjà avoir une certaine taille
15:14pour se permettre aussi d'avoir et de recruter
15:16Tout à fait, des personnes spécialisées.
15:19Et puis ensuite, même quand on est spécialiste de la réponse à l'appel d'offres,
15:24on peut être très bon sur la partie privée,
15:26moins bon sur la partie publique,
15:27ou ne pas tout connaître non plus.
15:28Il y a des subtilités, il y a un jargon,
15:30il y a des acronymes,
15:32il y a des choses qui nous paraissent évidentes
15:34quand on répond à un appel d'offres,
15:35on va se dire, bah oui, c'est évident,
15:36je n'ai pas besoin de le préciser
15:37alors que l'entreprise a besoin qu'on lui détaille tout.
15:40Il y a plein de choses comme ça qui sont nécessaires
15:42dont la startup n'a pas la connaissance
15:44et donc l'objectif, c'est en seulement 4 heures,
15:46une formation, un MOOC gratuit en 4 heures,
15:49de comprendre vraiment comment est structurée la commande publique,
15:54comment y répondre,
15:55et avoir donc tout en main pour se lancer.
15:58Mais je me posais la question des 50 autres pourcents,
16:01enfin 48 pour être tout à fait précise,
16:03qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui,
16:05on a du mal à accéder à ces marchés publics
16:07quand on est dans la French Tech ?
16:10Alors, il y a plusieurs choses.
16:12Les startups n'ont pas le réflexe
16:14d'aller forcément vers de la commande publique,
16:17ils n'ont pas forcément en vue
16:19ce que ça peut leur apporter,
16:21ni les marchés qui sont ouverts,
16:22ils n'ont pas encore ce réflexe parce que, aussi,
16:24comme il y a une méconnaissance,
16:26ils n'osent pas y aller.
16:29Il y a des arbitrages à faire
16:30quand on est chef d'entreprise,
16:31donc on sait que ça prend du temps
16:32de répondre à des appels d'offres,
16:33on se dit qu'il faut maximiser les chances,
16:35donc bon, quand on connaît mal, on n'y va pas.
16:37Oui, mais de l'autre côté,
16:38du côté justement du carnet de commandes,
16:41qu'est-ce qu'il y a d'autre comme frein aujourd'hui ?
16:43Il y a peut-être un défaut de confiance
16:46dans l'écosystème startup ?
16:48C'est pareil, c'est plutôt une méconnaissance
16:50du fonctionnement des startups
16:52et les témoignages qu'on a,
16:54par exemple, lors du lancement,
16:56on a eu des témoignages très intéressants
16:58entre la startup 22,
16:59qui travaille beaucoup avec le ministère des Armées,
17:01où en fait, ils ont dit finalement,
17:03on a des fonctionnements business très différents,
17:05on ne se connaît pas
17:06et ce qui nous a permis de trouver des solutions,
17:08c'est l'humain.
17:09C'est d'avoir ce contact, de discuter
17:11et puis de mieux comprendre
17:13comment fonctionne l'autre
17:14pour arriver à faire des arbitrages,
17:15à trouver des solutions
17:16qui finalement aboutissent sur des vrais business.
17:20C'est pour ça que cet enjeu de formation
17:22est très important
17:23et également l'enjeu de mise en relation
17:25et des rencontres qu'on organise
17:26est aussi essentiel
17:27puisqu'il faut qu'à un moment donné,
17:28l'humain se parle.
17:30Et vous vous êtes fixé un objectif
17:32avec ce programme ?
17:33Et on s'est fixé un objectif
17:34pour cette première année
17:35qui est de former 1000 startups
17:37à la commande publique.
17:38Plus on a de startups
17:40qui répondent à la commande publique,
17:42plus on a de chances d'arriver à notre objectif
17:44de doubler la commande publique d'ici 2027.
17:47La French Tech, vous allez me dire,
17:49ce n'est pas que l'intelligence artificielle,
17:50mais il faut reconnaître qu'en ce moment,
17:52il y a quand même un énorme focus
17:53sur ces technologies en particulier.
17:56Je voulais avoir votre retour
17:57sur le sommet qui s'est passé
17:58pour l'action sur l'IA à Paris
18:00et en particulier le Business Day
18:02puisque vous étiez évidemment
18:04la personnalité phare,
18:06j'ai envie de dire,
18:07à Station F ce jour-là.
18:09Vous avez eu le sentiment de quoi à ce moment-là ?
18:12Est-ce qu'on fait trop de focus
18:14justement sur l'IA selon vous ?
18:15Est-ce que ça peut pénaliser les autres startups ?
18:18Est-ce qu'on a raison de faire
18:19de l'auto-congratulation ?
18:20En France, on n'en fait pas assez
18:21ou est-ce qu'on en fait trop ?
18:22Comment vous avez vécu ce sommet ?
18:25Ce sommet, c'est une véritable opportunité
18:27pour l'écosystème tech français.
18:29D'ailleurs, il y a eu un engouement incroyable
18:31puisque plus de 4500 personnes étaient présentes.
18:345000 personnes ont suivi l'événement
18:37en direct sur la chaîne YouTube.
18:39Donc, c'était un véritable succès.
18:41On a eu 200 décideurs politiques qui sont venus,
18:44le président Emmanuel Macron qui était là,
18:46une dizaine de ministres évidemment,
18:48dont Clara Chapaz en charge du sujet
18:50de l'intelligence artificielle et du numérique.
18:52Donc, un véritable engouement
18:54autour de ces sujets
18:55et particulièrement autour de cette journée business
18:58qui avait pour vocation
19:00de faire rencontrer les startups
19:02qui proposent des solutions
19:03autour de la chaîne de valeur
19:04de l'intelligence artificielle
19:05et des investisseurs ainsi que des clients.
19:08Tout le monde voulait être là.
19:09C'était incroyable.
19:10Exactement.
19:11Et en fait, pourquoi ?
19:12Parce qu'on a mis sous le feu des projecteurs
19:15le sujet de l'intelligence artificielle
19:17qui finalement est mal connu.
19:18On s'imagine que seulement quelques startups
19:20oeuvrent autour de l'intelligence artificielle
19:22alors qu'en réalité,
19:24ce sont donc plus de 50% des startups
19:28de nos programmes
19:29qui sont sur la chaîne de valeur
19:30de l'intelligence artificielle.
19:31Et pour les autres,
19:32elles l'utilisent en réalité
19:34pour améliorer leur process,
19:36l'expérience client,
19:37l'expérience collaborateur.
19:39Donc, l'intelligence artificielle,
19:40elle est déjà dans l'ensemble de nos startups.
19:43Ce sont avant tout des cas d'usage concret
19:47et ça aussi, c'était important
19:48et un des objectifs de la journée,
19:49c'est de montrer que ces startups
19:51qui proposent des solutions
19:52à l'intelligence artificielle
19:53sont des solutions concrètes,
19:54implémentables,
19:55qui sont parfois déjà dans la vie
19:57des utilisateurs tous les jours
19:58sans qu'ils s'en aperçoivent.
20:00Et c'était aussi pour ça
20:02que cette journée était très importante.
20:04Dernière question,
20:05et là, c'est vraiment beaucoup plus ouvert.
20:07Votre combat ?
20:08Eh bien, mon combat,
20:10c'est de continuer à accompagner les startups.
20:12On a aujourd'hui la chance
20:14d'avoir un écosystème qui est mature
20:16avec des entreprises beaucoup plus grandes
20:18qui commencent à être des leaders
20:20en France, en Europe, à l'international.
20:22Et donc, il faut continuer à accélérer,
20:23à en avoir encore plus.
20:24Donc, mon combat,
20:25c'est d'être à leurs côtés.
20:26Quoi qu'il se passe,
20:27de répondre à leurs enjeux.
20:29Leurs enjeux du moment,
20:30c'est le business,
20:31c'est l'accès au fond
20:32et c'est la compétitivité.
20:33Et donc, la mission French Tech
20:34continuera à les accompagner sur ces sujets.
20:36Merci beaucoup Julie Huguet
20:38pour toutes vos réponses.
20:39Je rappelle que vous êtes la directrice générale
20:41de la mission French Tech.
20:42Merci.
20:49C'est l'heure de notre rendez-vous
20:50mobile business,
20:51animé par Jérôme Bouteiller.
20:52Bonjour Jérôme.
20:53Bonjour Delphine.
20:54Fondateur d'écran mobile,
20:55on se penche ensemble cette semaine
20:57sur l'usage du mobile
20:58qui continue de progresser,
20:59bien évidemment,
21:00et surtout,
21:01ces chiffres un peu fous
21:02de la publicité.
21:03Alors effectivement,
21:04avant de parler de publicité mobile,
21:06un mot effectivement sur les usages
21:08puisque deux études parues récemment
21:10montrent que le mobile
21:11est non seulement majoritaire,
21:13mais qu'il capte désormais
21:14la quasi-totalité des audiences digitales.
21:16Il y a eu un premier bilan
21:18publié fin janvier par l'ACPM,
21:20l'ex-OJD,
21:21qui a étudié plus de 90 milliards
21:23de visites digitales
21:25et 93% de l'audience
21:27se fait désormais sur un écran mobile,
21:28smartphone ou tablette.
21:30Et 60% au sein des applications.
21:32Même tendance chez Médiamétri,
21:34puisque dans son dernier rapport,
21:35l'année Internet,
21:36publié la semaine dernière,
21:37l'Institut estime que 80% du temps digital
21:40se fait désormais sur un smartphone
21:42au travers d'une vingtaine de sessions
21:43quotidiennes d'environ 11 minutes.
21:45Et sur ces 2h40 quotidiennes,
21:4794% du temps mobile
21:48se fait au sein des applications.
21:50Donc le mobile et les applications
21:51sont non seulement majoritaires,
21:52mais pour de plus en plus de personnes,
21:54notamment les deux tiers des 15-24 ans,
21:56c'est devenu l'écran unique,
21:57on parle le mobile only.
21:58Alors est-ce que ces changements d'usages
21:59ont un impact sur la publicité ?
22:01Alors oui, pour ça,
22:02il faut regarder une autre étude
22:03qui a été publiée la semaine dernière aussi
22:04par l'Observatoire de l'e-publicité,
22:06réalisée chaque année par Oliver Wyman
22:09pour le SRI et l'UDCAM.
22:10Donc tout va bien,
22:11la publicité digitale est en croissance,
22:13plus 14% à 11 milliards d'euros.
22:15Alors quand on regarde par segments,
22:17dans le search,
22:18qui est aujourd'hui le premier levier,
22:194,5 milliards d'euros,
22:21il y en a 3,4 milliards
22:22réalisés dans le search mobile.
22:24C'est à peu près 77% des investissements.
22:27Quand on regarde le second levier,
22:28le social,
22:29sur les 3,4 milliards d'euros du social,
22:31il y en a 3,3 milliards
22:33qui sont réalisés sur mobile.
22:34Là, c'est 98% des investissements.
22:37Le troisième levier,
22:38c'est le display.
22:39Sur les 2,1 milliards d'euros d'investis,
22:42il y en a 41% qui sont sur mobile,
22:44c'est à peu près 900 millions d'euros.
22:46En additionnant les chiffres du search,
22:48du social et du display,
22:50on arrive à un total de 7,7 milliards d'euros
22:53en publicité mobile en France,
22:54à peu près 70% des investissements
22:57Et qu'est-ce que ça pèse face aux médias traditionnels ?
23:00On va connaître les chiffres officiels 2024,
23:02le mois prochain,
23:03mais quand on travaille sur les anticipations
23:05du Bump,
23:06le baromètre unifié du marché publicitaire,
23:08on peut estimer que la globalité
23:09du marché publicitaire en France en 2024
23:11devrait être aux alentours de 18 milliards d'euros.
23:13Là-dessus, il y en a 7,7 milliards d'euros
23:15qui sont réalisés sur mobile,
23:17et c'est déjà équivalent
23:19à la totalité des médias historiques,
23:22à savoir l'affichage extérieur,
23:24le print, la radio, le ciné,
23:25ou même la télévision.
23:26On le sait peu,
23:27mais aujourd'hui en France,
23:28les annonceurs investissent
23:30deux fois plus sur mobile
23:31qu'ils ne le font en télévision,
23:33alors que ça a été pendant des décennies
23:34le principal média en France.
23:36Deux fois plus !
23:37Est-ce que c'est une tendance
23:38qu'on observe aussi à l'international,
23:40ou partout dans le monde ?
23:41Alors oui,
23:42il faut se baser sur des études
23:43réalisées par Statista.
23:44La pub, globalement,
23:46c'est un marché de plus de
23:471100 milliards de dollars dans le monde,
23:49790 milliards pour les canaux digitaux,
23:52et la pub mobile,
23:53c'est 65% de cette somme,
23:54environ 513 milliards de dollars,
23:56340 milliards pour les publicités,
23:58c'est deux fois plus
23:59que les contenus digitaux.
24:00Et donc vous allez me dire
24:01que cette manne profite
24:02aux géants du numérique,
24:04que l'on connaît très bien.
24:05Effectivement,
24:06c'est les calculs qui sont toujours
24:07faits par le SRI,
24:08les géants, les GAFAM,
24:09on les connaît,
24:10Américains et Chinois,
24:11c'est 79% des revenus
24:12de la publicité digitale.
24:13Ils réalisent des dizaines,
24:15parfois des centaines
24:16de milliards de dollars
24:17de revenus dans le monde.
24:18Alors l'Europe,
24:19qui comptait des champions
24:20dans la presse ou dans la télévision,
24:21aimerait bien évidemment rivaliser,
24:23mais ils ont été un petit peu déclassés,
24:24ils sont un peu en seconde diffusion.
24:25Ils espèrent rebondir
24:27sur la télévision connectée,
24:28mais quand on y réfléchit,
24:29la télé connectée,
24:30c'est un smartphone géant,
24:31et les géants américains
24:33ou chinois du smartphone
24:34sont évidemment déjà là.
24:35Oui, on regarde beaucoup YouTube
24:37sur la télé maintenant.
24:38Merci beaucoup Jérôme Bouteiller,
24:40je rappelle que vous êtes
24:41le fondateur d'écrans mobiles,
24:42et puis merci à tous de nous suivre,
24:43c'était Smartech.
24:44Je vous dis à très bientôt
24:45sur BeSmartphone Change,
24:46on s'écoute aussi en podcast
24:47cette émission,
24:48à très bientôt.
24:53Sous-titrage Société Radio-Canada