Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo
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00:00:0019h, c'est l'heure, ravie de vous retrouver ce soir, en ce moment même, Emmanuel Macron est à Washington.
00:00:06Alors vous allez voir les images pendant toute l'émission, on va essayer de garder notre face à l'info classique
00:00:12puisque là c'est une conférence de presse que vous voyez mais qui est avant la vraie conférence de presse,
00:00:16donc une conférence de presse un peu improvisée, donc ils n'ont rien encore décidé sur l'Ukraine pour être très concrète.
00:00:22Donc c'est la raison pour laquelle on garde un oeil sur ce qui se passe mais on déroule quand même notre émission.
00:00:27Au sommaire ce soir, Emmanuel Macron, donc qui est à la maison blanche, a en visite officielle à Washington pour rencontrer Donald Trump.
00:00:35« Notre objectif est de bâtir une paix durable et solide », a déclaré Emmanuel Macron.
00:00:40« Si j'avais été président, il n'y aurait pas eu de guerre et mon rôle est de terminer cette guerre », lui a répondu Donald Trump.
00:00:46Zelensky, lui, doit venir dans les jours qui viennent pour signer un accord de paix.
00:00:50Nous sommes à trois jours de la guerre en Ukraine.
00:00:56D'abord, prenons de la hauteur, en quoi le monde a-t-il changé radicalement depuis cette guerre
00:01:02et pourquoi là, ce soir, on a entendu Donald Trump déclarer que cette guerre pourrait conduire à une troisième guerre mondiale ?
00:01:08L'édito de Mathieu Bocoté.
00:01:11Ne pas s'aplatir devant Donald Trump, c'est important ce soir pour Emmanuel Macron à Washington.
00:01:16En revanche, beaucoup ne comprennent pas comment la France n'arrive pas à demander à l'Algérie de reprendre comme le droit l'exige à ses ressortissants.
00:01:24Samedi à Melouse, un Algérien schizophrène sous OQTF a tué d'un coup de couteau au cri d'Allah Akbar un homme de 69 ans, Lino Souza Loureiro.
00:01:34Bruno Retailleau a révélé que l'Algérie avait refusé par dix fois d'accorder un laissé-passer consulaire à cet homme.
00:01:42Sommes-nous entrés dans une seconde guerre d'Algérie qui ne dit pas son nom ?
00:01:48L'analyse de Gabriel Cluzel.
00:01:50C'est un vaste coup de filet qui a suivi l'arrestation de Mohamed Amra.
00:01:5425 gardes à vue notamment pour tenter de détricoter cette organisation criminelle bien déterminée autour de lui.
00:02:02Plus de neuf mois après son évasion ultra-violente lors du transfert de prison au cours duquel deux agents de l'administration pénitentiaire avaient été tués,
00:02:11Mohamed Amra a été arrêté en Roumanie samedi.
00:02:14Arrêté ? Tous au réel.
00:02:16Le regard de Marc Menon.
00:02:18L'aide publique au développement n'en finit plus de faire parler et interpelle les Français.
00:02:24Le président de la cour des comptes Pierre Moscovici a attaqué le JDD jugeant que l'APD devait être évaluée évidemment mais pas dans l'ignorance et la mauvaise foi, je cite,
00:02:35en prétextant qu'elle est un atout pour notre rayonnement et notre présence économique dans le monde.
00:02:40Comment comprendre que personne n'arrive à expliquer simplement ce que devient cet argent et de quel argent nous parlons d'ailleurs ?
00:02:47Le décriptage de Charlotte Dorn, hélas.
00:02:49Et puis Emmanuel Macron, je vous le disais, rencontre Donald Trump à la Maison Blanche en ce moment même.
00:02:54Une conférence de presse commune est à suivre à 20h en direct après leurs échanges,
00:03:00puisqu'une conférence de presse a lieu en ce moment aussi.
00:03:02Chacun cherche à avancer sur le dossier de l'Ukraine, l'édito de Mathieu Bocoté.
00:03:10Voilà, une heure avec nos mousquetaires pour tout se dire et sans tabou, c'est parti.
00:03:17Générique
00:03:28Voilà, beaucoup d'informations ce soir.
00:03:31Mathieu Bocoté, tout de suite, on va essayer de prendre un peu de hauteur.
00:03:34Nous sommes à trois ans jour-bonjour de la guerre en Ukraine, c'est la raison pour laquelle, vous allez le voir,
00:03:39on va mettre en parallèle cette image d'Emmanuel Macron et de Donald Trump qui sont en train de discuter
00:03:44avant leurs avancées concrètes sur le sujet et on va écouter surtout la conférence de presse
00:03:50après la réunion qu'ils auront dans un instant.
00:03:54Cette guerre en Ukraine, Mathieu Bocoté, elle a changé l'ordre du monde.
00:03:58Elle a aussi changé de l'intérieur les démocraties occidentales.
00:04:02Comment expliquer cette double transformation ?
00:04:06Je dirais d'abord, à la manière d'un rappel, que la guerre d'Ukraine a changé, soit dit en passant,
00:04:10le cours de l'élection présidentielle française.
00:04:12S'il n'y avait pas eu cette invasion, eh bien, la fiche du deuxième tour aurait pu être tout autre.
00:04:18Je me permets de le rappeler, ça fait deux élections, la première 2017, la deuxième 2022,
00:04:24où la France, finalement, vit son élection présidentielle à l'extérieur d'elle-même,
00:04:28d'abord pour des raisons futiles, 2017, ensuite 2022 pour des raisons de politique internationale comme il se doit.
00:04:34Cela dit, ce que l'on voit, c'est qu'il s'agit d'une guerre de bascule.
00:04:39Une guerre qui a probablement une fonction historique semblable à la guerre d'Espagne de 1936 à 1939.
00:04:44C'est-à-dire une guerre où les puissances de notre temps s'affrontent indirectement,
00:04:49mais s'affrontent sans le moindre doute.
00:04:51Évidemment, je laisse de côté le fascisme, le communisme, je ne parle pas du contenu idéologique.
00:04:55Mais la guerre d'Ukraine aujourd'hui, les grandes puissances de notre temps, ce qu'on appelle les guerres proxies aujourd'hui,
00:04:59s'affrontent indirectement, mais sans envoyer leur char, leurs hommes se tuer les uns les autres directement.
00:05:05Alors, que s'est-il passé ?
00:05:07D'abord et avant tout, on a acté la fin véritablement de la post-guerre froide.
00:05:11La Russie est redevenue le grand ennemi, sinon de l'Occident, à tout le moins de l'Europe.
00:05:17On avait voulu, on avait espéré après 1989, démocratiser la Russie, en faire une démocratie parmi d'autres.
00:05:24On avait compris assez rapidement que ça n'arriverait pas ainsi.
00:05:27Et la Russie est redevenue dans l'imaginaire de tous, la puissance qui menace l'Europe occidentale.
00:05:33Et on redoute aujourd'hui, évidemment dans les Pays-Bas, évidemment en Pologne, évidemment en Roumanie,
00:05:39mais pas seulement, on redoute aujourd'hui les chars russes, comme au temps jadis de la guerre froide.
00:05:45Donc, ayons cela à l'esprit, pour nos élites, et pas seulement pour nos élites, il y a une réalité là-dedans,
00:05:50la Russie est redevenue une menace existentielle pour les Occidentaux.
00:05:54Fin aussi de l'ordre de 1989, on pourrait dire même post-45, c'est le retour de la guerre d'annexion.
00:06:01C'est-à-dire, la guerre d'Ukraine est une guerre de conquête territoriale qui a été menée
00:06:06et qui va résulter par une annexion de territoire, on avait beau dire le contraire pendant trois ans,
00:06:10ce qu'on va voir, c'est qu'au terme des négociations, la Russie va conserver le territoire gagné.
00:06:15Donc on retourne de ce point de vue, le 21e siècle ressemble davantage au 19e qu'au 20e.
00:06:20Ayons cela à l'esprit.
00:06:22La guerre d'Ukraine a aussi redonné vie, pour un temps, pour un temps seulement, à l'OTAN.
00:06:27Rappelez-vous quand Emmanuel Macron disait l'OTAN est en situation de mort cérébrale,
00:06:31c'est-à-dire il y a quelques années déjà.
00:06:33On peut dire qu'en 2022, l'OTAN retrouve le goût de vivre et sa raison d'être en disant
00:06:38ça y est, on doit se mobiliser, on ne doit plus simplement faire des forces d'opponistes un peu partout dans le monde,
00:06:43on a devant nous l'ennemi russe, on doit se mobiliser pour défendre à tout prix ce pays qui n'est pas membre de l'OTAN.
00:06:49Alors ça c'était donc une forme d'annexion symbolique de l'Ukraine dans l'OTAN
00:06:53en se disant on doit tout faire pour défendre ce pays attaqué par les russes,
00:06:57sauf que l'Ukraine, je le redis, n'était pas membre de l'OTAN.
00:06:59Mais on devait le défendre comme s'il était membre de l'OTAN,
00:07:01sans y aller complètement comme s'il était membre de l'OTAN.
00:07:03Ni être dans l'Union Européenne.
00:07:05Vous avez tout à fait raison.
00:07:07Donc là il y a une espèce de moment de bascule.
00:07:09Qui était exactement l'Ukraine ?
00:07:11Quand on attaque l'Ukraine, on attaque l'Europe, mais pas membre de l'Union Européenne.
00:07:13Quand on attaque l'Ukraine, est-ce qu'on...
00:07:15Vous voyez, il y avait quelque chose là-dedans,
00:07:17c'était un état tampon, un état bascule,
00:07:19et là aussi encore une fois,
00:07:21on a une accélération de l'histoire.
00:07:23Autre chose,
00:07:25c'est une guerre,
00:07:27et ça Pierre Lelouch a écrit un livre très important sur cette question-là,
00:07:29sur l'engrenage,
00:07:31qui a confirmé la désoccidentalisation du monde.
00:07:33J'entends par là que
00:07:35le reste du monde ne vit plus au rythme
00:07:37des préoccupations occidentales.
00:07:39Il fut un temps où autour de cette guerre,
00:07:41la plupart des nations
00:07:43qui sont en attente d'un appui de l'Occident
00:07:45ont dit qu'ils étaient d'accord avec l'Occident
00:07:47pour l'Ukraine, contre les Russes, etc.
00:07:49Et ce n'est pas du tout ce qui s'est passé.
00:07:51Il y a eu un relatif non-engagement
00:07:53ou un engagement très timoré
00:07:55dans ce conflit. En gros, on s'est dit que c'était une guerre
00:07:57de blancs entre eux. C'est une guerre
00:07:59civile européenne,
00:08:01c'est une guerre civile occidentale,
00:08:03mais qui ne nous concerne pas.
00:08:05Le Sud global, autrement dit, s'est tenu
00:08:07en retrait, et n'oublions pas, encore une fois,
00:08:09que la Russie
00:08:11a mené une politique depuis trois ans,
00:08:13plus longtemps que ça, dans les faits,
00:08:15pour exciter, pour travailler
00:08:17le ressentiment, les conflits
00:08:19du Sud global par rapport au
00:08:21monde européen, par rapport à l'Europe. Globalement,
00:08:23il y avait souvent cette rhétorique, voulez-vous vraiment
00:08:25regarder ce qu'est l'Ukraine? Voulez-vous vraiment être
00:08:27solidaire de ces décadents? Donc, c'était la politique
00:08:29russe qui, dans cet esprit, cherchait
00:08:31véritablement à détacher le Sud global
00:08:33de l'Europe, de l'ancien monde colonial.
00:08:35Dans le même état d'esprit,
00:08:37et ça, on doit l'avoir à l'esprit,
00:08:39c'est non seulement la guerre
00:08:41qui a réanimé l'OTAN, mais qui a aussi,
00:08:43probablement, à terme, marqué
00:08:45le dernier spasme de l'OTAN.
00:08:47Et c'est ce qu'on voit ce soir, en ce moment,
00:08:49quand Trump dit, bon,
00:08:51franchement, j'ai plus envie vraiment de financer
00:08:53cette guerre. Cette guerre, je ne veux plus la financer,
00:08:55sauf si je peux me
00:08:57rembourser directement à même la terre
00:08:59ukrainienne, à même les terres rares ukrainiennes.
00:09:01Donc là, on n'est pas du tout dans la logique
00:09:03de coopération ontarienne.
00:09:05Et les États-Unis, on l'a vu ces derniers temps, disent
00:09:07qu'on ne veut plus, véritablement,
00:09:09soutenir l'Europe à la manière d'un protectorat.
00:09:11Soit vous payez pour votre défense,
00:09:13et on sera dans la même alliance,
00:09:15soit vous ne payez pas pour votre défense, et soit on vous
00:09:17largue, ou vous vous soumettez à nous.
00:09:19Et le résultat, c'était la rencontre
00:09:21d'Ariane la semaine dernière, où les
00:09:23Russes comme les Américains ont dit, nouveau Yalta
00:09:25peut-être, mais l'Europe
00:09:27sera une variable d'ajustement
00:09:29dans tout cela. Donc là, on est,
00:09:31en fait, depuis trois ans, on a connu une révolution géopolitique.
00:09:33On a connu le retour des empires.
00:09:35On a connu un monde qui
00:09:37en fait marque
00:09:39la fin d'un certain Occident européano-centré.
00:09:41Et là, on n'est pas préparés
00:09:43à ça, parce qu'on croyait que le monde nous prenait
00:09:45comme modèle. On croyait que le monde voulait
00:09:47vivre comme nous. On croyait que nos
00:09:49valeurs allaient se répandre partout à travers le monde.
00:09:51Et finalement, ce qu'on constate, c'est que nous sommes
00:09:53bien seuls, souvent bien
00:09:55désarmés. Alors, les Européens se demandent,
00:09:57comment exister?
00:09:59Et là, il y a d'un coup, l'idée de l'Europe
00:10:01comme super, vous savez,
00:10:03soft power, plus soft que power,
00:10:06soyons sérieux, cette
00:10:08super puissance morale, surtout
00:10:10moralisatrice, et bien se demandent,
00:10:12comment exister politiquement? Et donc là,
00:10:14certains se disent, il faut exister militairement.
00:10:16Spontanément, on va dire oui. Mais ce qu'on constate,
00:10:18c'est que l'Europe de la défense, aujourd'hui,
00:10:20est le nouveau prétexte par lequel on veut
00:10:22accélérer la fédéralisation
00:10:24de l'Europe. On prend prétexte de cette
00:10:26guerre pour dire, finalement,
00:10:28après la Covid, et bien maintenant l'Ukraine
00:10:30permettra de faire un pas de plus
00:10:32dans la construction d'une souveraineté européenne.
00:10:34Et les Européens, à ce que j'en sais,
00:10:36n'ont jamais voté pour ce grand
00:10:38saut fédéral. Dernier élément
00:10:40à retenir là-dedans, dans la politique de Trump aujourd'hui,
00:10:42et c'est une donnée importante ces jours-ci,
00:10:44Donald Trump,
00:10:46son objectif, c'est par ailleurs d'empêcher
00:10:48une coalition définitive
00:10:50entre la Russie et la Chine.
00:10:52Donc, il veut ramener la Russie dans
00:10:54le dialogue global. Les Européens
00:10:56disent, non, mais franchement, on ne peut pas réintégrer ce monsieur.
00:10:58On ne peut pas réintégrer la Russie de Poutine.
00:11:00Trump dit, si on ne veut pas qu'il s'aide à la Chine,
00:11:02on est obligé de faire affaire avec lui.
00:11:04Et de toute façon, on ne fait pas la paix
00:11:06avec ses amis, on fait la paix avec ses ennemis.
00:11:08De ce point de vue, encore une fois, l'Europe était
00:11:10un peu décalée mentalement.
00:11:12Alors, vous disiez tout à l'heure
00:11:14que cette guerre en Ukraine a bouleversé
00:11:16la présidentielle de 2022.
00:11:18En quoi est-ce qu'elle a transformé
00:11:20les démocraties de l'intérieur?
00:11:22Ben, effectivement,
00:11:24il faut le rappeler, en 2022,
00:11:26il y a quelque chose... On a tendance à l'oublier.
00:11:28La semaine qui précède
00:11:30l'invasion, la journée.
00:11:32Je n'oublie rien.
00:11:34Même le jour de l'élection présidentielle,
00:11:36c'était un jour très important.
00:11:384 heures de direct sur Emmanuel Macron qui vote.
00:11:40Le jour du second tour
00:11:42de la présidentielle.
00:11:44C'était un moment de bascule capitale.
00:11:46Ah oui? Non, non, non.
00:11:48Vous avez raison de le rappeler.
00:11:50Et ce qu'on voit, en fait, rappelez-vous,
00:11:52les jours qui précèdent l'invasion,
00:11:54Éric Zemmour, qui à l'époque avait
00:11:56dépassé Valérie Pécresse,
00:11:58dans les sondages,
00:12:00mais avait aussi dépassé Marine Le Pen.
00:12:02Donc, on était dans une dynamique tout autre.
00:12:04Et il y a eu une chute à ce moment-là.
00:12:06Zemmour a payé le prix de certains de ses positionnements.
00:12:08Nul doute là-dessus. Je ne reviens pas.
00:12:10Je ne veux pas revenir sur le détail de la chose.
00:12:12Mais rappelez que la guerre d'Ukraine a été un moment de bascule
00:12:14intérieure en France et pas seulement en France.
00:12:16Ensuite, allant au-delà de la France,
00:12:18qu'est-ce qu'on a vu depuis 3 ans?
00:12:20Eh bien, la rhétorique sur la défense
00:12:22de nos démocraties. C'est le terme maintenant.
00:12:24C'est presque une formule. Nos démocraties, notre démocratie,
00:12:26eh bien, ça justifie
00:12:28une espèce d'étrange retournement
00:12:30où tous ceux qui ne sont pas d'accord
00:12:32avec l'orientation stratégique de l'OTAN
00:12:34au moment précis
00:12:36sont soupçonnés d'être des traîtres.
00:12:38Si vous ne partagez pas la vision
00:12:40de la guerre en Ukraine portée
00:12:42un temps par Biden et les Européens,
00:12:44aujourd'hui surtout par les Européens sans les Américains,
00:12:46vous êtes des traîtres à votre pays.
00:12:48Vous êtes potentiellement des pro-Russes.
00:12:50Donc, vous n'avez pas une autre vision stratégique
00:12:52pour votre pays. Vous êtes d'accord avec...
00:12:54Vous êtes otanophile, otanolâtre
00:12:56ou vous êtes un traître.
00:12:58Alors, on l'a vu depuis... Je donne quelques exemples.
00:13:00Si vous avez plaidé autrefois
00:13:02pour une vision plus équilibrée
00:13:04des relations avec la Russie, globalement,
00:13:06si vous disiez, il faut faire attention de ne pas provoquer la Russie,
00:13:08c'est un ours agressif.
00:13:10Si on la pousse trop, elle risque de réagir.
00:13:12Je ne sais pas si les gens qui disaient ça avaient raison.
00:13:14Ceux qui ont fait preuve
00:13:16de ce qu'ils croyaient être une prudence,
00:13:18on ne les voit pas comme des gens qui ont voulu être
00:13:20prudents devant l'ours russe.
00:13:22On les voit comme des prêtraîtres.
00:13:24C'est-à-dire des gens qui déjà trahissaient
00:13:26parce qu'ils voulaient tenir compte du point de vue
00:13:28russe dans la structuration
00:13:30géopolitique de l'Europe.
00:13:32On aurait pu dire tenir compte de la Russie, ce n'est pas aimer la Russie.
00:13:34C'est tenir compte d'une géographie,
00:13:36tenir compte d'un régime, tenir compte d'une réalité.
00:13:38Mais dire cela, on nous dit
00:13:40après coup, vous étiez les prêtraîtres.
00:13:42C'était scandaleux à l'époque.
00:13:44C'est assez fascinant. Encore une fois, on peut penser que les gens se trompaient de dire ça.
00:13:46On peut le penser. Mais il y a une différence entre
00:13:48se tromper et trahir. Du moins, je crois.
00:13:50Ensuite, si vous avez pensé
00:13:52ces trois dernières années,
00:13:54que c'est une guerre qui ne pouvait pas durer éternellement,
00:13:56qu'il fallait trouver tôt ou tard
00:13:58un cessez-le-feu, trouver tôt ou tard une paix.
00:14:00Pourquoi? Parce qu'elle était non seulement
00:14:02absolument meurtrière et pour les Ukrainiens
00:14:04et pour les Russes, mais aussi
00:14:06elle entraînait la ruine de l'Europe.
00:14:08Si vous disiez cela, vous étiez encore une fois
00:14:10un traître au service du Kremlin.
00:14:12Si vous rappelez que les sanctions
00:14:14finalement pèsent davantage
00:14:16sur les Européens que sur les Russes,
00:14:18vous étiez encore une fois un traître.
00:14:20Si vous affirmiez,
00:14:22et ça c'est important,
00:14:24qu'il faut tenir compte
00:14:26dans l'avenir, du point de vue des Russes.
00:14:28Je ne dis pas au passé. Dans l'avenir, si on ne veut pas
00:14:30que ça se reproduise, il faut au moins tenir compte
00:14:32de ce qu'ils... comment ils se voient eux-mêmes.
00:14:34Avec souvent cette comparaison, que feraient
00:14:36les Américains s'il y avait une base russe au Mexique?
00:14:38Bon, à tort ou à raison, la comparaison.
00:14:40Mais ayons ça à l'esprit.
00:14:42Eh bien, on nous dit, ah non, ça encore une fois, c'est de la trahison.
00:14:44Donc, qu'est-ce qu'on a vu?
00:14:47Tout ce qui ne relayait pas
00:14:49le point de vue de la
00:14:51nomenclatura occidentale, de l'oligarchie
00:14:53occidentale, était vu comme de la trahison.
00:14:55Et j'ajoute avec quelques inquiétudes
00:14:57que ceux qui disaient
00:14:59que ce n'est pas une guerre qui sert les intérêts
00:15:01du lobby militaro-industriel,
00:15:03ce n'est pas une guerre qui fait particulièrement
00:15:05plaisir au lobby de l'armement,
00:15:07eh bien ça, trahison encore une fois.
00:15:09Allons plus loin, c'est une guerre qui a permis
00:15:11en Roumanie d'annuler
00:15:13une élection. Désormais,
00:15:15on ne mentionne plus, mais on dit que c'était la chose à faire.
00:15:17On a annulé une élection en Roumanie parce qu'on a dit
00:15:19qu'il y a une stratégie d'ingérence
00:15:21russe par TikTok
00:15:23qui aurait été capable de manipuler complètement
00:15:25l'esprit d'un peuple soudainement hypnotisé.
00:15:27Donc, on annule une élection.
00:15:29Est-ce qu'on voit bien qu'à travers cette
00:15:31crise, cette guerre, il y a une restriction
00:15:33des libertés, une restriction de la démocratie?
00:15:35De même, toute forme de remise en question
00:15:37du récit médiatique dominant passe aujourd'hui
00:15:39pour de la désinformation au service
00:15:41du Kremlin. Est-il encore
00:15:43possible de remettre en question le récit dominant
00:15:45de nos sociétés sans croire qu'on est acheté
00:15:47par le FSB?
00:15:49Est-ce que la percée
00:15:51de l'AFD en Allemagne
00:15:53hier s'éclaire à la lumière de ce
00:15:55contexte? En bonne partie.
00:15:57Parce que l'AFD, vous savez, sur la question,
00:15:59elle n'a pas la même position que
00:16:01le reste de la classe politique allemande sur la guerre
00:16:03en Ukraine. Donc, ça, c'est un élément. La politique
00:16:05étrangère a compté dans la politique intérieure dans cette
00:16:07élection. Qu'est-ce qui s'est passé,
00:16:09cela dit, en Allemagne hier?
00:16:11Eh bien, la droite populiste identitaire
00:16:13nationale n'a jamais été aussi forte.
00:16:15J'ajouterais que la droite au sens large
00:16:17n'a jamais été aussi forte en Allemagne parce que
00:16:19les conservateurs de la CDU,
00:16:21c'est à peu près un positionnement retaillot.
00:16:23Et l'AFD est plus sur un
00:16:25positionnement reconquête qu'RN.
00:16:27Vous avez théoriquement, d'un côté retaillot,
00:16:29de l'autre côté Zemmour, qui font un score
00:16:31potentiellement majoritaire.
00:16:33Mais, donc les électeurs
00:16:35se sont exprimés clairement. Mais le résultat,
00:16:37c'est que c'est une toute autre politique qui sera menée.
00:16:39Pourquoi? Parce qu'il y a un cordon sanitaire
00:16:41en Allemagne, que les conservateurs
00:16:43vont gouverner avec les sociodémocrates,
00:16:45avec lesquels ils partagent très peu d'idées,
00:16:47plutôt qu'avec l'AFD, avec qui ils partagent
00:16:49beaucoup de diagnostics et de propositions.
00:16:51Pourquoi? Parce que, cordon sanitaire,
00:16:53on nous explique que l'AFD
00:16:55est un parti néo-nazi.
00:16:57Je précise que les gens de l'AFD disent sans cesse
00:16:59qu'on n'est pas néo-nazi, on n'est pas paléo-nazi,
00:17:01on n'est pas nostalo-nazi, on n'est pas nazi
00:17:03du tout. Le contexte de l'émergence
00:17:05de l'AFD, il faut le rappeler, c'est autour
00:17:07de la crise grecque au début,
00:17:09donc la question de l'euro, et ensuite
00:17:11autour de la crise migratoire en 2015.
00:17:13C'est un parti, quand on demande à Alice Weidel,
00:17:15êtes-vous nazi un peu?
00:17:17Peut-être un peu. Qu'en pensez-vous?
00:17:19Elle dit non, Hitler était un monstre.
00:17:21Donc il y a un désaveu complet,
00:17:23c'est la moindre des choses, si je peux me permettre.
00:17:25Donc il n'y a aucune revendication
00:17:27néo-nazi ou crypto-nazi.
00:17:29On peut être absolument contre eux.
00:17:31Mais ce qu'on voit, c'est que dans le cadre allemand,
00:17:33la seule manière de diaboliser ce parti,
00:17:35c'est de le ramener à la Deuxième Guerre mondiale.
00:17:37La stratégie rhétorique utilisée pour en finir
00:17:39avec lui, c'est que jamais depuis 1945,
00:17:41l'extrême droite, comme ils disent,
00:17:43n'avait eu un tel score. Autrement dit, résurgence du nazisme.
00:17:45Et je terminerai, donc autrement dit,
00:17:47c'est la diabolisation, la diabolisation,
00:17:49la diabolisation encore. Je terminerai avec une chose.
00:17:51Rappelez-vous, en 2022,
00:17:53quand les Russes envahissent l'Ukraine,
00:17:55qu'est-ce qu'ils disent?
00:17:57Il faut faire tomber le régime néo-nazi de Kiev.
00:17:59C'était un pur délire.
00:18:01Ce que je constate aujourd'hui, c'est quand on veut
00:18:03abattre à tout prix un ennemi, on le nazifie.
00:18:05Même si la Deuxième Guerre mondiale
00:18:07est à peu près un siècle derrière nous.
00:18:09Merci pour cette analyse.
00:18:11Dans votre deuxième édito,
00:18:13on va vous arrêter un peu sur cette relation
00:18:15entre Emmanuel Macron et Donald Trump
00:18:17qui vont tenir une conférence,
00:18:19normalement à partir de 20h.
00:18:21Là, dans ce qu'ils ont échangé tout à l'heure,
00:18:23Donald Trump a dit que Emmanuel Macron,
00:18:25c'est quelqu'un de très spécial à mes yeux.
00:18:27Emmanuel Macron a souligné,
00:18:29a remercié Donald Trump pour sa présence
00:18:31à Notre-Dame.
00:18:33Donald Trump a déclaré également
00:18:35que Volodymyr Zelensky doit venir
00:18:37la semaine prochaine ou la semaine d'après
00:18:39pour signer ses accords de paix.
00:18:41Selon Donald Trump, la guerre en Ukraine
00:18:43pourrait prendre fin d'ici quelques semaines.
00:18:45Les choses s'accélèrent.
00:18:47En tout cas, en ce moment même,
00:18:49Donald Trump et Emmanuel Macron
00:18:51sont en train de discuter de l'Ukraine.
00:18:53On attend votre édito à suivre dans un instant.
00:18:55Dans un instant aussi,
00:18:57on va faire un petit tour en Israël.
00:18:59Il y a quelque chose avec Rima Hassan
00:19:01qui a été refoulée. Elle voulait aller en Israël.
00:19:03Pourquoi ? On ira voir
00:19:05Julien Balloul sur place et lui demander
00:19:07ce qui s'est passé concrètement
00:19:09à propos de Rima Hassan
00:19:11puisque cela a beaucoup interpellé
00:19:13aujourd'hui. Poursuivons notre actualité.
00:19:15Sur le marché de Mulhouse,
00:19:17samedi après-midi,
00:19:19Brahim Amnestmed,
00:19:2137 ans, né à Batma,
00:19:23en Algérie, a tué d'un coup de couteau
00:19:25au cri d'Allah Akbar un homme de 69 ans.
00:19:28Lino Souza Loureiro.
00:19:30L'individu était
00:19:32un OQTF,
00:19:34inscrit au fichier des signalements
00:19:36pour la prévention de la radicalisation
00:19:38à caractère terroriste.
00:19:40Bruno Retailleau, de son côté, a révélé
00:19:42que l'Algérie avait refusé
00:19:44par dix fois
00:19:46d'accorder un laissé-passer consulaire
00:19:48à cet homme,
00:19:50atteint de schizophrénie. Question Gabrielle Guzel.
00:19:52Comment laisser à des seins sur notre sol
00:19:54un homme identifié
00:19:56comme dangereux pour la France ?
00:19:58On se pose une énième fois
00:20:00cette question et
00:20:02une question peut-être plus précise encore
00:20:04ce soir, on a vu que certains
00:20:06l'ont évoqué. Est-ce qu'on est
00:20:08entré dans une sorte de
00:20:10seconde guerre ou deuxième guerre
00:20:12d'Algérie qui ne dit pas son nom ?
00:20:14Alors peut-être en préambule
00:20:16on peut évoquer et puis comme ça
00:20:18on aura parlé de cela, on n'en parlera plus
00:20:20la justice dans ce dossier
00:20:22parce que j'entends dire
00:20:24que la justice a fait son travail
00:20:26il n'y a pas de problème de ce côté-là
00:20:28il y a quand même deux interrogations
00:20:30il est arrivé clandestinement
00:20:32cet individu en France en 2014
00:20:34donc il est resté 11 ans
00:20:36peu ou prou sur notre
00:20:38sol clandestinement
00:20:40et après le 7 octobre 2023
00:20:42il a été interpellé et condamné
00:20:44pour apologie du terrorisme
00:20:46il a écopé de 6 mois de prison mais il a été
00:20:48libéré après près de 2 mois
00:20:50avant la fin, 50 jours, et il a abouti
00:20:52dans le CRA, le centre de rétention administrative de Strasbourg
00:20:54Geis Paul Scheim
00:20:56donc il est resté durant 90 jours
00:20:58entre mars et juin 2024
00:21:00et c'est vrai qu'on a des interrogations
00:21:02la première c'est quel juge
00:21:04d'application des peines a trouvé pertinent
00:21:06d'aménager sa peine
00:21:08sachant que de toute évidence
00:21:10sa dangerosité était quand même
00:21:12tout à fait affirmée, connue
00:21:14et deuxième interrogation
00:21:16on parle toujours de ces 90 jours en CRA
00:21:18mais en fait en cas de
00:21:20de condamnation dans un contexte terroriste
00:21:22et d'expulsion pour un contexte
00:21:24terroriste, et bien
00:21:26la détention en CRA peut être prolongée
00:21:28jusqu'à 210 jours
00:21:30donc on voit qu'en réalité
00:21:32il y a près de 6 mois
00:21:34qu'il a passé à l'extérieur alors
00:21:36que la loi prévoit qu'il aurait
00:21:38pu soit être en prison au début
00:21:40puis dans un CRA, ensuite
00:21:42alors cela dit, soyons honnêtes, si on met tout bout à bout
00:21:44il aurait quand même été en liberté
00:21:46samedi, mais néanmoins
00:21:48c'est une vraie interrogation
00:21:50sur des personnages qui sont
00:21:52identifiés comme prodigieusement
00:21:54dangereux, alors
00:21:56cette parenthèse étant fermée, votre question
00:21:58est cruciale, est-ce que nous sommes
00:22:00rentrés dans une seconde guerre
00:22:02avec l'Algérie ?
00:22:04Vous savez à propos de l'Ukraine
00:22:06on dit de Starmer
00:22:08et Macron qui
00:22:10veulent développer l'effet drapeau
00:22:12parce qu'ils sont un peu fragiles, on va se demander
00:22:14si l'Algérie ne fait pas la même chose
00:22:16mais depuis soixante ans.
00:22:18On va se poser la question, d'autant plus que là
00:22:20on voit comment Emmanuel Macron il s'est
00:22:22bagarré pour entrer dans le jeu
00:22:24avec ce qui se passe
00:22:26on l'a vu avec Mathieu aux Etats-Unis
00:22:28et là devant l'Algérie
00:22:30c'est moutus et bouche
00:22:32cousue, nous on ne va pas se taire
00:22:34on va analyser tout ça, on marque une pause
00:22:36on revient tout de suite et on parle également
00:22:38d'Harima Hassan en Israël, on marque une pause
00:22:40à tout de suite.
00:22:42On retourne sur le plateau de face à l'info
00:22:47on parle de ce qui s'est passé à Mulhouse
00:22:49samedi après-midi, regardez les images en direct
00:22:51puisqu'il y a un rassemblement
00:22:53en ce moment même à Mulhouse
00:22:55en hommage à
00:22:57Lino Souza, l'héros, l'homme
00:22:59de soixante-neuf ans qui a été tué
00:23:01d'un coup de couteau par un algérien
00:23:03sous au QTF
00:23:05l'individu était inscrit
00:23:07au fichier des signalements pour la prévention
00:23:09de la radicalisation à caractère terroriste
00:23:11et Bruno Rotailleux, je le rappelle, avait révélé
00:23:13que l'Algérie avait refusé par
00:23:15dix fois d'accorder un laissé-passer
00:23:17consulaire à cet homme. Alors ça pose beaucoup de questions
00:23:19et la question qu'on était en train de se poser
00:23:21avec vous, Gabrielle Cluzel, c'était
00:23:23est-ce qu'on n'est pas entrés là dans une
00:23:25deuxième guerre avec
00:23:27l'Algérie ?
00:23:29En réalité nous ne sommes pas entrés dans une deuxième guerre parce que
00:23:31nous sommes encore dans la première, elle
00:23:33ne s'est jamais terminée.
00:23:35Une guerre ce n'est pas forcément
00:23:37des régiments constitués
00:23:39avec des soldats en pantalons Garance
00:23:41et des casques à pointes, il y a des guerres basse intensité
00:23:43larvées
00:23:45hybrides menées par des
00:23:47gouvernements qui se servent
00:23:49du cheval de Troie
00:23:51de l'immigration pour régler des rancœurs
00:23:53de coloniser
00:23:55et puis cacher leurs propres insuffisances surtout.
00:23:57Quand
00:23:59vous refusez par dix fois
00:24:01de reprendre un de vos ressortissants
00:24:03qui
00:24:05finit par tuer un Français au cri
00:24:08d'Allah Akbar
00:24:10c'est le même cri du reste que
00:24:12le FLN quand il
00:24:14tuait des pieds noirs, comment prétendent
00:24:16que la guerre d'Algérie est terminée ?
00:24:18Alors bien sûr tous les Algériens ne sont pas en guerre
00:24:20contre la France mais il est évident
00:24:22que le gouvernement algérien
00:24:24lui l'est à n'en pas
00:24:26douter et la vérité c'est que l'Algérie
00:24:28n'a jamais cessé de cultiver
00:24:30cet effet drapeau, c'est son
00:24:32carburant
00:24:34tout à fait
00:24:36privilégié
00:24:38et elle n'a jamais signé
00:24:40cette paix des braves, déjà
00:24:42le général de Gaulle l'appelait la paix des braves
00:24:44il brossait le FLN dans le sens du poil
00:24:46et c'est resté
00:24:48on n'a jamais osé
00:24:50hausser le ton avec
00:24:52l'Algérie et depuis le début
00:24:54nous ne voulons pas voir cette guerre
00:24:56moi j'ai été très frappée
00:24:58peut-être parce que j'ai entendu pour un reportage
00:25:00une des personnes concernées témoigner
00:25:02une dame qui est aujourd'hui très âgée
00:25:04qui a vu disparaître son mari à 23 ans
00:25:06vous savez quand j'ai vu
00:25:08les hommages aux otages israéliens
00:25:10la façon dont le gouvernement
00:25:12se battait pour les récupérer
00:25:14comme vous savez qu'en France il y a eu
00:25:161600 disparus
00:25:18on ne sait pas ce qu'ils sont devenus, des pieds noirs
00:25:20des harkis qui ont disparu en Algérie
00:25:22après les accords des viants
00:25:24et que personne n'a voulu faire la lumière
00:25:26c'est le grand tabou
00:25:28vous savez Anne Gennevard quand elle était députée LR
00:25:30en 2018 elle a posé la question
00:25:32est-ce qu'on pourrait répondre à ces familles-là
00:25:34il y a des gens qui meurent sans savoir ce que sont devenus
00:25:36leur fils, leur frère, leur mari
00:25:38leur père, est-ce qu'on pourrait leur répondre
00:25:40alors on lui a fait une réponse de circonstance
00:25:42c'était en 2018, moi je n'ai rien vu venir depuis
00:25:44quand je vois le président israélien
00:25:46monsieur Herzog
00:25:48demander pardon à son peuple
00:25:50je me dis mais que devraient dire nos gouvernants
00:25:52alors on continue à regarder
00:25:54Gabrielle Clest, ces images
00:25:56pendant que vous parlez
00:25:58on voit l'émotion à Mulhouse
00:26:00il n'y a pas de mots pour exprimer
00:26:02son émotion et son horreur
00:26:04il y a des drapeaux français
00:26:06il y a des drapeaux français effectivement
00:26:08alors justement comme si on sent là
00:26:10sur les visages une soif de
00:26:12justice, des interrogations
00:26:14est-ce que nos politiques
00:26:16ne sont pas aujourd'hui point et main
00:26:18liés Gabrielle Cluzel
00:26:20est-ce qu'ils peuvent objectivement réagir
00:26:22répondre à ces personnes que l'on voit ici
00:26:24à l'image qui sont en quête de justice
00:26:26oui il y a une très forte impression
00:26:28d'impuissance et pourtant
00:26:30oui on peut agir
00:26:32ça va peut-être vous surprendre
00:26:34la preuve par Jean Castex
00:26:36c'est le dernier dossier qu'il a eu à traiter
00:26:38avant de quitter Mamtignon
00:26:40durant les dernières semaines qui ont précédé son départ
00:26:42il s'est personnellement investi
00:26:44dans l'expulsion de Feta Malki
00:26:46vers l'Algérie, je ne sais pas si vous vous souvenez
00:26:48c'est cet homme qui avait armé Mohamed Merah
00:26:52la première fois ce franco-algérien
00:26:54devait être expulsé
00:26:56Alger a refusé l'expulsion
00:26:58en septembre
00:27:00les visas octroyés aux Algériens
00:27:02sont restreints
00:27:04en novembre
00:27:06l'homme est à nouveau condamné
00:27:08pour ne pas avoir respecté son assignation à résidence
00:27:10vous voyez c'est un peu le même parcours
00:27:12que l'individu qui est ici
00:27:14donc il purge sa peine
00:27:16et le 3 mai il est renvoyé
00:27:18en Algérie et cette fois l'Algérie
00:27:20consent, qu'est-ce qui s'est passé entre les deux
00:27:22on a réduit de moitié les visas
00:27:24on pourrait peut-être en tirer des conséquences
00:27:26alors ce n'est pas une question
00:27:28de pouvoir mais de vouloir
00:27:30et c'est vrai que nos politiques
00:27:32souffrent de toute évidence d'une complaisance
00:27:34coupable avec l'Algérie alors un héritage idéologique
00:27:36parce qu'on a porté au pinacle
00:27:38l'Algérie
00:27:40indépendante et ceux
00:27:42qui l'ont faite comme le FLN
00:27:44mais aussi une lâcheté qui elle est bien
00:27:46d'aujourd'hui parce qu'on craint sans doute
00:27:48une réaction aujourd'hui sur notre
00:27:50propre sol et moi je voulais parler de
00:27:52tous ces politiques parce qu'on parle beaucoup de la France insoumise
00:27:54alors c'est vrai, la France insoumise elle est
00:27:56le premier
00:27:58soutien objectif de
00:28:00l'Algérie, vous savez Manon Aubry elle a quand même
00:28:02réagi à ce qu'avait dit Bruno Retailleau
00:28:04en disant que Bruno Retailleau était
00:28:06xénophobe et stigmatisé tous les
00:28:08Algériens, voilà sa réponse
00:28:10à ce qui s'est passé à Mulhouse
00:28:12quant à Rima Hassan, on sait que Rima Hassan
00:28:14a refusé de
00:28:16signer un appel européen pour faire libérer
00:28:18Boalem Sansal, je rappelle que Boalem Sansal
00:28:20est 100 jours en détention, il fait aujourd'hui une grève
00:28:22de la faim, c'est un monsieur très âgé
00:28:24voilà où nous en sommes et Rima Hassan avait
00:28:26dit que les Français en Algérie
00:28:28s'étaient comportés comme
00:28:30les Israéliens à l'endroit
00:28:32des Palestiniens, vu tout l'estime qu'elle
00:28:34porte pour les Israéliens, on voit à peu près
00:28:36comment elle considère les Français
00:28:38d'ailleurs je crois que nous allons en parler mais
00:28:40elle n'a pas pu rentrer à l'aéroport
00:28:42Ben Gurion, enfin elle est rentrée
00:28:44à l'aéroport mais elle n'a pas pu pénétrer
00:28:46en Israël, apparemment les OQTI
00:28:49voyez, obligation de quitter le
00:28:51territoire israélien fonctionne mieux que les OQTF
00:28:53voilà. Justement nous irons en
00:28:55Israélien pour comprendre ce qui s'est passé avec
00:28:57Rima Hassan, c'est intéressant. C'est intéressant voilà
00:28:59mais charger la France insoumise c'est un peu
00:29:01facile parce que d'autres ont fait la même chose
00:29:03Medzhovo Tché vous voyez mais
00:29:05Emmanuel Macron quand il était candidat à la présidentielle
00:29:07la première fois en 2017
00:29:09il est allé en Algérie et il a
00:29:11qualifié la colonisation de crimes contre l'humanité
00:29:13une fois que vous avez dit ça
00:29:15comment voulez-vous que la France dise
00:29:17la moindre chose évidemment
00:29:19à l'Algérie. Gérald Darmanin
00:29:21il allait porter une gerbe sur
00:29:23le monument du
00:29:25FLN. Est-ce que vous voyez
00:29:27je vais faire là aussi des comparaisons avec Israël
00:29:29un ministre israélien
00:29:31allait porter une gerbe sur un
00:29:33monument du Hamas
00:29:35Gérald Darmanin il a dit
00:29:37aussi que si il s'était appelé
00:29:39Moussa il n'aurait pas pu être député
00:29:41ni maire. Il a dit ça c'est un peu drôle à côté
00:29:43de Rachida Dati, c'était pas très crédible
00:29:45mais néanmoins il a accrédité l'idée
00:29:47que véhicule l'Algérie
00:29:49que nous serions discriminants
00:29:51xénophobes, racistes avec
00:29:53les Algériens
00:29:55Bruno Retailleau est dans le
00:29:57vrai quand il dit
00:29:59il faut hausser le ton avec
00:30:01l'Algérie. Est-ce qu'il n'est pas
00:30:03le porte-parole en cela d'une
00:30:05immense majorité de Français ?
00:30:07Oui vous avez raison il est
00:30:09le porte-parole d'une immense majorité de Français
00:30:11mais plutôt que ministre de l'Intérieur il aurait
00:30:13peut-être fallu lui donner un ministère dédié
00:30:15le ministère de la parole et du
00:30:17constat, pour ça il est très bon
00:30:19mais il ne peut pas rester dans le ministère de témoignage
00:30:21toute sa vie
00:30:23car en attendant il ne se passe rien
00:30:25moi j'étais très frappée de la réponse hier qu'a faite
00:30:27Jean-Noël Barreau à Mathieu
00:30:29sur cette antenne
00:30:31où il a expliqué que non
00:30:33la diplomatie allait tout
00:30:35résoudre et que la seule alternative
00:30:37à la diplomatie
00:30:39c'était la guerre, voilà
00:30:41donc il y a
00:30:43une dichotomie très forte
00:30:45un hiatus entre le discours de Bruno Retailleau
00:30:47et le discours de Jean-Noël Barreau qui montrent
00:30:49bien que nous sommes absolument
00:30:51paralysés et pendant ce temps
00:30:53on peut détailler, il y a toujours l'accord de 68
00:30:55il y a toujours les lettres
00:30:57couchenaires de 2007 grâce auxquelles
00:30:59les notables algériens vennent se soigner
00:31:01en France, par voie de conséquence
00:31:03il y a toujours les factures algériennes
00:31:05auprès de nos hôpitaux impayés
00:31:0745 millions en 2023
00:31:09les enfants de notables algériens
00:31:11viennent toujours étudier en France
00:31:13il y a toujours 20 consulats algériens en France
00:31:15dont 2 très récents contre 3
00:31:17français en Algérie
00:31:19nos diplomates en Algérie
00:31:21sont toujours sous résidence surveillée
00:31:23pendant que les diplomates algériens en France
00:31:25sont libres comme l'air
00:31:27l'aide publique au développement
00:31:29existe évidemment toujours
00:31:31les visas n'ont pas été réduits
00:31:33les transports d'argent
00:31:35n'ont pas été touchés
00:31:37Boalem Sansal est à 100 jours de rétention
00:31:39on l'a dit, il entame une grève de la faim
00:31:41on lui a conseillé de changer
00:31:43son avocat parce qu'il était juif
00:31:45est-ce que ça aurait pu faire changer
00:31:47d'avis ceux qui soutiennent
00:31:49l'Algérie habituellement, est-ce qu'ils auraient pu
00:31:51se désolidariser, pas du tout
00:31:53pendant ce temps le président Tebboune se répand
00:31:55aussi sur la France, il dit que
00:31:57la colonisation a laissé l'Algérie en ruine
00:31:59et il qualifie
00:32:01Boalem Sansal d'imposteur
00:32:03et il dit que les français
00:32:05ont tué et massacré des Algériens
00:32:07alors pendant cet hommage à Mulhouse
00:32:09Emmanuel Macron il est aux Etats-Unis
00:32:11avec Donald Trump
00:32:13et il va lui expliquer qu'il le trouve faiblard et capitulaire
00:32:15face à Poutine, au vu de sa propre
00:32:17attitude avec Tebboune, ça va quand même être un peu compliqué
00:32:21il y a en effet encore une fois
00:32:23tous les enseignements
00:32:25dans cette affaire, à la fois
00:32:27en interne, parce qu'il y a beaucoup de travail
00:32:29sur nos procédures, qu'elles soient administratives ou judiciaires
00:32:31les procédures d'éloignement
00:32:33parce que par ailleurs c'est des dizaines, voire des centaines
00:32:35de personnes qui travaillent à l'éloignement
00:32:37rendu impossible par notre comportement
00:32:39vis-à-vis de l'Algérie. Et il y a un autre
00:32:41ressort à ajouter
00:32:43je pense, c'est qu'en ce moment un accord
00:32:45est discuté entre Bruxelles
00:32:47et l'Algérie, accord dont
00:32:49a bien besoin l'Algérie
00:32:51vraiment ils ne peuvent pas s'en passer
00:32:53pour diverses raisons, la France devrait exiger
00:32:55si elle n'arrive pas à rien exiger de l'Algérie
00:32:57au minimum de Bruxelles, de lever
00:32:59la plume tant que
00:33:01Boilem-Sensal, puisqu'ils ont tous voté cette
00:33:03décision n'est pas libérée
00:33:05et donc que les autres choses ne sont pas
00:33:07discutées. Ça c'est un ressort qui
00:33:09devrait être peut-être plus accessible
00:33:11et qui n'est pas utilisé non plus.
00:33:13Gabriel Cluzel
00:33:15vous avez évoqué l'aide
00:33:17publique au débloquement, on en parlera avec vous
00:33:19Charlotte, dans un instant, parce qu'on va essayer de comprendre
00:33:21ça m'a l'air bien compliqué, ça a été
00:33:23le feuilleton de la semaine dernière
00:33:25prenez de la vitamine C, voilà
00:33:27exactement, et on ira dans un instant
00:33:30on va aussi rejoindre Julien Baloul, juste après
00:33:32Marc Menand, pour savoir un peu ce qui s'est passé avec
00:33:34Rima Hassan. Marc Menand, c'est un
00:33:36vaste coup de filet qui a suivi l'arrestation
00:33:38de Mohamed Hamra
00:33:4025 gardes à vue, notamment
00:33:42pour tenter de détricoter l'organisation
00:33:44criminelle bien déterminée
00:33:46autour de lui, plus de 9 mois
00:33:48après son évasion
00:33:50violente, meurtrière
00:33:52vous nous aviez tiré les larmes
00:33:54aux yeux, le jour où effectivement
00:33:56ces agents pénitentiaires
00:33:58avaient perdu leur vie simplement
00:34:00en allant travailler
00:34:02pensons à eux
00:34:04Arnaud Garcia, Fabrice Mello
00:34:06Fabrice Mello avait
00:34:08deux enfants
00:34:10et Arnaud Garcia
00:34:12sa femme qui était enceinte
00:34:14et aujourd'hui une petite fille
00:34:16qui a 5 mois et qui ne
00:34:18connaîtra jamais son
00:34:20papa
00:34:22alors ces deux hommes
00:34:24il faut les avoir en conscience
00:34:26quand on aperçoit
00:34:28le sourire narquois
00:34:30arrogant affiché hier
00:34:32par la mouche quand elle tombe
00:34:34enfin dans la toile d'araignée
00:34:36tissée depuis des mois
00:34:38par l'office central contre le crime
00:34:40organisé et par
00:34:42la Junalco
00:34:44la Junalco elle a été créée en
00:34:462019, c'est la juridiction
00:34:48nationale de lutte contre la
00:34:50criminalité organisée
00:34:52il y a 22 magistrats qui
00:34:54occupent des dossiers en particulier
00:34:56dans le narcotrafic
00:34:58et alors la collaboration
00:35:00a été déterminante
00:35:02pendant ces 9 mois avec
00:35:04150 enquêteurs qui
00:35:06travaillaient 24h sur
00:35:0824 sans le
00:35:10moindre jour de répit alors on essayait
00:35:12de trouver les éléments
00:35:14de les recouper et puis
00:35:16cette
00:35:18fascination qu'avaient
00:35:20certains par
00:35:22cette capacité
00:35:24de la mouche à narguer
00:35:26les autorités on se dit mais c'est
00:35:28incroyable regardez
00:35:30on est même pas capable de le
00:35:32retrouver alors la première chose
00:35:34il faut
00:35:36se dire qu'un individu
00:35:38qui a commis de telles
00:35:40actions c'est à dire que quand vous tuez
00:35:42des représentants
00:35:44de l'autorité même dans le
00:35:46milieu c'est plutôt mal vu
00:35:48il faut avoir énormément
00:35:50d'argent pour tenir
00:35:52pour trouver les complicités
00:35:54qui vous font filocher
00:35:56sans jamais être
00:35:58repéré pendant ce temps là les enquêteurs
00:36:00qui sont
00:36:02à l'affût de quoi et bien de
00:36:04portables faire parler également
00:36:06les ADN retrouvés
00:36:08dans les voitures qui
00:36:10avaient servi de bélier
00:36:12lors de ce drame
00:36:14du 14 mai
00:36:16comment peut-on imaginer
00:36:18que cet homme puisse
00:36:20avoir une telle fortune
00:36:22pour nourrir à l'argent nécessaire
00:36:24et tenir
00:36:26dans la clandestinité
00:36:28jusqu'en Roumanie
00:36:30alors ce que l'on a découvert
00:36:32et ça nos confrères
00:36:34du parisien l'ont mis en exergue
00:36:36aujourd'hui dans un grand papier
00:36:38c'est une association
00:36:40une association BFM
00:36:42ça n'a rien à voir avec
00:36:44nos chers confrères c'est le
00:36:46BFM
00:36:48c'est une organisation
00:36:50clanique d'origine
00:36:52subsaharienne pour ne pas dire
00:36:54algérienne et ce sont des gens
00:36:56qui se tiennent entre eux
00:36:58et qui ont monté tout un
00:37:00réseau qui fait à la fois parfois
00:37:02office de
00:37:04sécurité auprès de certains
00:37:06rappeurs dont Koba
00:37:08Ladie
00:37:10là ils interviennent
00:37:12pour les sécuriser sinon
00:37:14et bien ils permettent à des gens
00:37:16comme la mouche
00:37:18de pouvoir circuler en bénéficiant
00:37:20contre monnaie
00:37:22de leur action
00:37:24c'est un clan extrêmement répandu
00:37:26d'une famille dont nos confrères
00:37:28donnent simplement l'initiale
00:37:30G
00:37:32et il y a depuis
00:37:34le drame du 14 mai
00:37:36plusieurs personnages de cette famille
00:37:38qui ont été soit
00:37:40repérés, soit
00:37:42et bien fracassés
00:37:44pour l'un au mois de novembre
00:37:46il était dans une voiture
00:37:48près d'un péage en Normandie
00:37:50il roule à une grande vitesse
00:37:52se fracasse contre le béton
00:37:54il y a trois passagers
00:37:56à bord et on retrouve des papiers d'identité
00:37:58qui n'ont rien à voir avec ceux
00:38:00qui sont dans la voiture
00:38:02et c'est l'un des membres de cette famille
00:38:04l'un
00:38:06de ceux que l'on considère
00:38:08comme étant
00:38:11peut-être le tueur
00:38:13celui qui a tiré
00:38:15sur les gardiens de prison
00:38:17était en Espagne
00:38:19quand il apprend le décès
00:38:21de son cousin, il remonte
00:38:23en Normandie pour assister
00:38:25aux obsèques
00:38:27et là, cop, on le coince
00:38:29il y en a un autre qui était resté
00:38:31en Espagne que l'on a arrêté hier
00:38:33que l'on appelait le prof
00:38:3529 ans
00:38:37et tous ces gens sont donc dans un réseau
00:38:39invraisemblable, ce qui permettait
00:38:41à la mouche de croire qu'il pouvait
00:38:43sans doute se rendre en Roumanie
00:38:45tranquille avec, vous l'avouerez
00:38:47un camouflage de carnaval
00:38:49il était facilement repérable
00:38:51et a été
00:38:53repéré, le fuit
00:38:55le 8 février, grâce à la
00:38:57puce d'un portable
00:38:59ce qui est étonnant, c'est de se dire que ce
00:39:01personnage n'était considéré
00:39:03que comme un petit escroc
00:39:05un petit malfrat, or
00:39:07il a en prison
00:39:09multiplié
00:39:11les actions dont commandité
00:39:13des crimes, il avait mis
00:39:15sur la tête d'un surveillant
00:39:17un mandat pour qu'on
00:39:19tue ce surveillant
00:39:21et la veille de son crime
00:39:23organisé
00:39:25on s'est aperçu que dans la
00:39:27cellule où il se trouvait
00:39:29il avait scié un barreau
00:39:31pour tenter de s'évader
00:39:33voilà celui que l'on considérait
00:39:35comme simplement quelqu'un qui
00:39:37au fil des années avait accumulé
00:39:39les gestes de délinquance
00:39:41mais qui ne reposait à aucun
00:39:43danger, or il s'avère
00:39:45aujourd'hui qu'il est véritablement
00:39:47à la tête d'un énorme
00:39:49clan de nouveaux trafiquants
00:39:51avec des comportements
00:39:53qui n'ont plus rien à voir avec
00:39:55le milieu traditionnel
00:39:57et oui
00:39:59d'après 284 jours de carnal
00:40:01merci beaucoup à Marc Menand
00:40:03dans un instant un point d'interrogation
00:40:05et peut-être un point final
00:40:07ou trois points de suspension avec l'aide publique
00:40:09au développement avec Charlotte Dornelas
00:40:11d'abord on ne peut pas faire cette émission
00:40:13savoir ce qui s'est passé avec Rima Hassan
00:40:15puisqu'elle est l'eurodéputée LFI
00:40:17comptait se rendre en Israël puis en Suisse Jordanie
00:40:19à son arrivée en Israël le ministère de l'intérieur
00:40:21de l'Etat hébreu lui a refusé
00:40:23l'entrée. Alors Julien Balloul vous êtes sur
00:40:25place et vous avez tweeté bravo
00:40:27à tous ceux qui se sont mobilisés vous dites
00:40:29pourquoi, qu'est-ce qui s'est passé concrètement ?
00:40:31En fait
00:40:33ce qui s'est passé nous aurait d'ailleurs du se passer
00:40:35c'est-à-dire que nous aujourd'hui
00:40:37dans la matinée je suis au travail
00:40:39je suis au bureau et je reçois des photos
00:40:41par les réseaux sociaux de certains
00:40:43qui sont dans le même vol que Rima
00:40:45depuis Bruxelles et je n'y crois pas je vous dis
00:40:47c'est pas possible comment est-ce qu'elle a pu embarquer
00:40:49comment est-ce que cette chose a pu arriver
00:40:51et immédiatement je prends mon téléphone
00:40:53j'appelle mes contacts au ministère de l'Intérieur
00:40:55j'appelle mes contacts à l'ambassade municipale à Paris
00:40:57et je demande une explication, je demande si c'est vrai
00:40:59on me confirme que c'est vrai qu'elle est bien en route
00:41:01et je comprends que visiblement
00:41:03il n'y a pas encore de décision
00:41:05de l'intérieur du territoire
00:41:07et là on décide d'agir et on est très nombreux
00:41:09à décider d'agir parce que
00:41:11certains disent ah il fallait la laisser entrer
00:41:13pour montrer qu'Israël était un état démocratique
00:41:15etc. Mais on ne parle pas d'une personne
00:41:17qui est venue critiquer le gouvernement israélien
00:41:19critiquer les politiques israéliennes, on parle d'une personne
00:41:21qui soutient les tueurs de nos enfants
00:41:23au sens propre, littéralement
00:41:25on parle d'une personne qui a le jugé légitime
00:41:27le hamas, après le plus grand pogrom
00:41:29depuis la Shoah. Donc on a décidé
00:41:31d'intervenir et on est beaucoup à l'avoir fait
00:41:33d'un côté, moi j'ai contacté le ministère
00:41:35de l'étranger, certains sont passés par l'ambassade
00:41:37certains sont passés par la voie politique jusqu'au ministre
00:41:39et je suis parti directement à l'aéroport
00:41:41j'ai vu qu'elle devait atterrir à 14h55
00:41:43heure israélienne, je suis parti
00:41:45avec un ami, on était plusieurs français, on a fait la même chose
00:41:47j'avais imprimé, j'avais mis sur photo
00:41:49les photos sur twitter, j'avais imprimé avec moi
00:41:51les photos des enfants bibas dans les bras
00:41:53de leur mère, pour les montrer à
00:41:55Hassan devant elle si elle sortait
00:41:57et j'ai dit je ne sais pas si elle va être autorisée
00:41:59je ne sais pas si elle va sortir, mais je ne la laisserai
00:42:01pas entrer sans crier ma colère
00:42:03et donc j'avais décidé vraiment de lui faire un
00:42:05comité d'accueil, on était pas mal de français là-bas
00:42:07et évidemment la décision du ministre
00:42:09de l'intérieur est arrivée et on a été très
00:42:11soulagés et elle est légale
00:42:13au sens du droit israélien
00:42:15puisqu'elle fait partie notamment du BDS
00:42:17elle soutient le BDS, les appels au boycott
00:42:19et qu'elle soutient notamment le hamas, donc légalement
00:42:21on avait le droit de lui interdire l'entrée
00:42:23Merci beaucoup
00:42:25Julien Benloul, on voulait absolument
00:42:27vous entendre sur ce sujet
00:42:29d'importance aujourd'hui
00:42:31en Israël
00:42:33merci beaucoup. Charlotte
00:42:35Dornelas, dimanche
00:42:37le premier président de la cour
00:42:39des comptes, Pierre Moscovici
00:42:41attaquait le journal du dimanche
00:42:43jugeant que l'aide publique au développement
00:42:45devrait être évaluée
00:42:47évidemment, mais je cite, pas dans l'ignorance
00:42:49et la mauvaise foi
00:42:52prétextant qu'elle est un atout
00:42:54je cite, pour notre rayonnement
00:42:56et notre présence
00:42:58économique dans le monde
00:43:00alors on a eu plusieurs développements
00:43:02entre Sarah Knafo
00:43:04entre Guillaume Bigot, entre tout ce qui
00:43:06s'est dit de Sousière de l'année étant
00:43:08on veut comprendre d'abord que lui répondre
00:43:10Oui alors déjà il dit
00:43:12on a le tweet sous les yeux, il dit qu'elle doit être évaluée
00:43:14elle l'est d'ailleurs, alors le jour même
00:43:16où Pierre Moscovici disait ça
00:43:18on avait Jean-Noël Barraud qui au micro
00:43:20de ces news
00:43:22expliquait qu'il avait signé quelques jours plus tôt
00:43:24un décret pour mettre en place
00:43:26une commission d'évaluation de l'aide publique au développement
00:43:28donc elle l'est
00:43:30vraiment pas depuis très longtemps non plus
00:43:32la deuxième chose, c'est que
00:43:34la première chose
00:43:36qu'on a envie de dire à Pierre Moscovici
00:43:38quand on se fait la peau du
00:43:40c'est beaucoup plus compliqué que ça, n'écoutez pas
00:43:42les gens qui simplifient tout, c'est de lire ce dont on parle
00:43:44parce que pour quelqu'un qui
00:43:46prétend lutter contre le simplisme
00:43:48faire une critique d'un dossier sur une couve
00:43:50et par ailleurs avec un
00:43:52regard américain
00:43:54c'est assez original
00:43:56ensuite la deuxième chose
00:43:58à dire au patron de la Cour des Comptes
00:44:00cette fois-ci et plus seulement à Pierre Moscovici
00:44:02mais au premier président de la Cour des Comptes
00:44:04c'est tout simplement de lui rappeler
00:44:06le contenu du rapport d'enquête
00:44:08remis à la commission des finances du Sénat
00:44:10en septembre dernier
00:44:12sur le sujet de l'aide au développement
00:44:14rapport rédigé par la Cour des Comptes
00:44:16voilà, donc il était déjà le premier président
00:44:18dans ce rapport
00:44:20la Cour des Comptes estimait que l'efficacité
00:44:22des dépenses devait être évaluée
00:44:24donc elle ne l'était déjà pas, en tout cas pas
00:44:26suffisamment aux yeux de la Cour des Comptes
00:44:28elle regrettait, je cite, le foisonnement général
00:44:30des instruments disponibles
00:44:32c'est à dire que personne ne s'y retrouve en français
00:44:34normal, elle demandait également
00:44:36une meilleure articulation
00:44:38de l'aide bilatérale
00:44:40l'aide bilatérale vous savez c'est
00:44:42un organisme public où la France
00:44:44donne à un pays en particulier pour un projet
00:44:46très identifié, il y a deux sortes d'aides
00:44:48soit cette aide-là, bilatérale, soit l'aide
00:44:50multilatérale, alors là on donne de l'argent
00:44:52à des organismes mondiaux
00:44:54et on ne sait pas ce qu'il devient, pour faire simple
00:44:56et la Cour des Comptes européenne cette fois-ci
00:44:58a dit à plusieurs reprises
00:45:00qu'il y avait une opacité totale
00:45:02et absolument insupportable au niveau
00:45:04européen, la Cour des Comptes
00:45:06européenne cette fois-ci
00:45:08donc apparemment il y a un problème quand même
00:45:10ensuite, cette même Cour des Comptes
00:45:12conseillait un renforcement, je cite
00:45:14du suivi, de l'évaluation et du pilotage
00:45:16de l'aide publique au développement
00:45:18elle notait également que la gestion des contributions
00:45:20était répartie
00:45:22entre plusieurs administrations
00:45:24ce qui rendait la chose difficile à lire
00:45:26elle faisait remarquer
00:45:28c'est magnifique aussi, elle faisait remarquer
00:45:30que le comité interministériel
00:45:32en France, qui est censé
00:45:34définir la politique française
00:45:36d'aide publique au développement
00:45:38s'était réuni la dernière fois en juillet
00:45:402023 et que c'était par ailleurs
00:45:42sa première réunion depuis 5 ans
00:45:44donc il y a un suivi extrêmement
00:45:46efficace et tout ça c'est la Cour des Comptes de
00:45:48Pierre Moscovici qui nous l'apprenait il y a quelques mois
00:45:50seulement, et il apparaît
00:45:52absolument clairement dans ses
00:45:54recommandations, pardon, qui par ailleurs
00:45:56relevait l'augmentation considérable
00:45:58des financements, il y a deux augmentations
00:46:00il y a une augmentation, Emmanuel Macron de
00:46:02manière générale a fait passer l'aide publique au développement
00:46:04de 10 à 15 milliards
00:46:06pour la France donc, et par ailleurs
00:46:08notait la Cour des Comptes
00:46:10il y a de plus en plus de financements volontaires
00:46:12d'attributions volontaires
00:46:14aux fonds, donc en aide multilatérale
00:46:16vous savez c'est les fonds verts pour le climat
00:46:18le fonds de lutte contre X ou Y
00:46:20partout dans le monde, ce sont ces fonds là
00:46:22qui gèrent, et la Cour des Comptes notait
00:46:24qu'il y avait de plus en plus de contributions volontaires
00:46:26à une aide multilatérale
00:46:28dont on n'arrive pas à savoir
00:46:30exactement ce qu'elle devient
00:46:32et que par ailleurs
00:46:34cette aide publique au développement
00:46:36passe évidemment des milliards et que c'est la moindre des choses
00:46:38de savoir ce qu'elle devient
00:46:40donc j'invite Pierre Moscovici non seulement
00:46:42à lire le JDD et à lire
00:46:44le rapport de la Cour des Comptes
00:46:46d'il y a quelques mois
00:46:50Je lis déjà
00:46:52Oui en plus
00:46:5415 milliards
00:46:56on veut comprendre, nous on veut comprendre
00:46:58comment comprendre justement Charlotte Dornelas
00:47:00que personne n'arrive
00:47:02à expliquer simplement
00:47:04ce que devient cet argent
00:47:06et de quel argent nous parlons
00:47:08d'ailleurs
00:47:10C'est vrai que le rapport de la Cour des Comptes, on comprend que la Cour des Comptes
00:47:12elle-même, qui est quand même composée de gens
00:47:14qui ont l'habitude de se pencher sur des trucs
00:47:16difficiles à lire, des chiffres
00:47:18des rapports etc
00:47:20la Cour des Comptes elle-même s'est un peu perdue
00:47:22dans l'aide au développement de manière générale. Pourquoi ?
00:47:24Il existe dans l'aide au développement
00:47:26de manière générale des dons
00:47:28donc des dons purs, des subventions
00:47:30on accorde avec l'argent
00:47:33une subvention pour tel ou tel projet
00:47:35et il existe également des prêts
00:47:37donc on est d'accord sur ces deux choses là
00:47:39par ailleurs elles existent, les dons
00:47:41et les prêts, soit en bilatéral
00:47:43soit en multilatéral
00:47:45le tout est orchestré par l'AFD
00:47:47l'Agence Française
00:47:49de Développement. Cette AFD
00:47:51elle fonctionne un
00:47:53comme une banque qui lève donc des fonds privés
00:47:55pour faire des prêts
00:47:57et elle fonctionne également comme un guichet d'aide
00:47:59publique pour faire des subventions
00:48:01à la fin, avec toute cette aide au développement
00:48:03la France aide, soit par des dons
00:48:05soit par des prêts, soit en bilatéral
00:48:07soit en multilatéral, 271
00:48:09organisations internationales
00:48:11donc là c'est pour le multilatéral
00:48:13et 150 pays avec des prêts
00:48:15et des dons, le tout avec
00:48:17une multitude d'acteurs, il y a des ministères
00:48:19il y a des organismes publics, il y a des associations
00:48:21c'est absolument
00:48:23tentaculaire et c'est évidemment
00:48:25impossible de s'y retrouver
00:48:27alors on a certains projets qui sont
00:48:29efficaces et qui sont par ailleurs
00:48:31faciles à évaluer
00:48:33c'est-à-dire je vous donne de l'argent pour
00:48:35mettre en place la vaccination à tel endroit
00:48:37vous avez un taux de vaccination à la fin
00:48:39vous savez à quoi votre
00:48:41argent a servi, et même là-dessus
00:48:43l'aide bilatérale parfois
00:48:45et ce sont les ambassadeurs qui le disent
00:48:47est très difficile à évaluer
00:48:49notamment quand c'est un peu fumeux
00:48:51la vaccination c'est précis, quand on vous demande
00:48:53il y a par exemple un exemple où on dit le but
00:48:55de cette subvention
00:48:57qui est de
00:48:59rétablir l'égalité
00:49:01homme-femme à Madagascar
00:49:03c'est une vraie
00:49:05subvention qui existe, rétablir l'égalité
00:49:07homme-femme par la pratique du rugby dans les collèges
00:49:09un des buts affichés
00:49:11c'est par exemple qu'à la fin de
00:49:13la mise en place de cette subvention
00:49:15il y ait 90% de sororité
00:49:17parmi les collégiennes à Madagascar
00:49:19là on comprend que c'est né dans la tête d'un occidental
00:49:21bien wokisé
00:49:23beaucoup plus que sur le terrain à Madagascar
00:49:25même accessoirement à 80% de gens
00:49:27qui vivent en dessous du seuil de pauvreté
00:49:29je ne sais pas si c'était l'urgence
00:49:31la plupart sont impossibles
00:49:33la plupart de ces subventions
00:49:35sont impossibles à évaluer sérieusement
00:49:37certaines relèvent simplement de l'étude
00:49:39par exemple vous avez des millions pour faire
00:49:41des études de recherche
00:49:43sur le criquet pèlerin en Afrique
00:49:45le criquet pèlerin ça attaque des champs
00:49:47et en effet c'est un vrai problème
00:49:49et là on vous dit on va mettre des millions
00:49:51non pas pour éradiquer le criquet pèlerin
00:49:53et à la fin est-ce qu'on a des nouvelles des recherches ?
00:49:55non, le sujet est clos
00:49:57c'est encore un vrai exemple
00:49:59le sujet est clos depuis quelques mois déjà
00:50:01il n'y a aucun retour sur ces recherches
00:50:03donc certaines aides sont efficaces
00:50:05d'autres sont impossibles à évaluer
00:50:07et certaines sont carrément ubuesques
00:50:09ou fondamentalement idéologiques premièrement
00:50:11et l'AFD
00:50:13l'agence française de développement
00:50:15à ne pas confondre avec l'autre AFD dont on a parlé aujourd'hui
00:50:17l'agence française de développement
00:50:19écrit elle-même sur son propre site
00:50:21elle dit il y a des sujets très précis
00:50:23qu'on est capable de chiffrer
00:50:25la scolarisation à un endroit donné
00:50:27la vaccination à un endroit donné
00:50:29mais il est, ouvrez les guillemets
00:50:31l'agence française de développement
00:50:33mais il est globalement difficile d'évaluer l'impact
00:50:35de l'aide publique au développement
00:50:37l'aide publique au développement c'est 15 milliards
00:50:39en tout dans le monde puisque ça concerne
00:50:41beaucoup de pays qui ont ratifié la chose
00:50:43c'est 223 milliards d'euros qui sont engagés
00:50:45peut-être que la seule chose
00:50:47que nous dit l'AFD elle-même c'est que c'est
00:50:49difficile à évaluer mais qu'il y ait une étude
00:50:51qui a été faite par trois universitaires de Copenhague
00:50:53en 2010
00:50:55et qu'ils évaluaient à peu près que dans les pays
00:50:57qui étaient concernés par l'aide publique au développement
00:50:59on avait un point de croissance en plus
00:51:01bon d'abord c'est une évaluation, ils le disent eux-mêmes
00:51:03et elle date de 2010
00:51:05alors peut-être qu'avec autant de milliards
00:51:07engagés et autant de gens
00:51:09qui participent à cette aide
00:51:11on peut exiger et Pierre Moscovici
00:51:13nous pardonnera une évaluation un peu plus sérieuse que ça
00:51:15Mais plusieurs ont réagi
00:51:17cette semaine, Charlotte Dornelas
00:51:19en disant que la France avait des intérêts
00:51:21à défendre par ce biais
00:51:23est-ce qu'ils n'ont pas raison ?
00:51:25Tout le monde comprend bien l'intérêt que la France
00:51:27a par le biais
00:51:29d'aides distribuées un peu partout dans le monde
00:51:31alors on le dit à propos des prêts
00:51:33c'est l'exemple qui a été pris par exemple sur la Chine
00:51:35en disant que c'était un prêt à taux du marché
00:51:37donc on récupère les intérêts
00:51:39il faut garder à l'esprit quand même
00:51:41que la France sur-endettée
00:51:43pour faire un prêt, elle est obligée d'emprunter
00:51:45alors c'est très intéressant pour certains pays
00:51:47qui vont beaucoup mieux que nous
00:51:49économiquement parce qu'on a
00:51:51un peu plus de crédit donc on a des taux plus intéressants
00:51:53mais la plupart des prêts
00:51:55la Chine n'étant pas
00:51:57réduite
00:51:59nous permettant pas de clore le sujet
00:52:01il y a beaucoup de prêts qui sont faits par la France
00:52:03qui sont bonifiés
00:52:05c'est-à-dire que ça coûte au prêteur
00:52:07un prêt bonifié
00:52:09vous le redonnez à des taux très intéressants
00:52:12et c'est ça, c'est la différence
00:52:14entre ce que vous prêtez
00:52:16et ce qui vous revient, cette différence qui vous coûte
00:52:18c'est ça et seulement ça
00:52:20qui est compté dans l'aide publique au développement
00:52:22donc d'abord les prêts ne sont pas
00:52:24tous intéressants, d'autant que
00:52:26l'OCDE qui gère
00:52:28évidemment tout ça, qui donne les critères
00:52:30interdit de lier l'aide, c'est-à-dire
00:52:32de la conditionner, c'est-à-dire
00:52:34par exemple de privilégier une entreprise française
00:52:36je résume
00:52:38vous empruntez de l'argent pour le compte de la Chine
00:52:40vous prêtez cet argent à la Chine
00:52:42reprenons notre exemple chinois
00:52:44et la Chine qui elle n'est pas liée par les engagements de l'OCDE
00:52:46favorise les entreprises chinoises
00:52:48à la fin je ne suis pas sûre que la France est absolument
00:52:50gagnée dans l'histoire
00:52:52ensuite si par hasard
00:52:54l'AFD faisait défaut
00:52:56parce qu'on a réussi
00:52:58en mettant les ministères en minorité
00:53:00dans le conseil d'administration de l'AFD
00:53:02de séparer la dette de l'AFD
00:53:04qui est de 50 milliards d'euros quand même
00:53:06de la dette française
00:53:08si par hasard il y a défaut sur cette dette
00:53:10c'est vous et moi qu'on appellera pour venir la payer
00:53:12évidemment les français sont engagés par elle
00:53:14deuxième chose on le dit pour l'immigration illégale
00:53:16on a droit à des explications
00:53:18comment ? donc on a droit à des explications
00:53:20exactement, ensuite on le dit
00:53:22pour l'immigration illégale
00:53:24on nous dit l'AFD c'est très bien ça développe les pays
00:53:26et donc on a moins
00:53:28d'immigration illégale
00:53:30d'abord on aide parfois des associations
00:53:32qui favorisent l'immigration légale
00:53:34c'est toujours le jeu entre l'immigration illégale
00:53:36mais surtout la lutte
00:53:38contre l'immigration illégale officiellement
00:53:40elle représente 1%
00:53:42de notre aide globale
00:53:44donc on vient de pas m'expliquer que c'est essentiellement pour ça qu'on le fait
00:53:46et par ailleurs sans aucune
00:53:48contrainte, donc on vous dit on donne
00:53:50il y a 1% de notre aide qui est consacrée
00:53:52à la lutte contre l'immigration illégale sans contrainte
00:53:54pourquoi ? parce que l'OCDE
00:53:56encore elle, refuse de comptabilité
00:53:58comme aide au développement
00:54:00tout ce qui exigerait de la part du bénéficiaire
00:54:02des résultats en matière de
00:54:04maîtrise des flux migratoires
00:54:06et en dernier lieu on le dit
00:54:08de l'influence dans le monde
00:54:10que ça nous aiderait à avoir de l'influence dans le monde
00:54:12sauf que 1 on privilégie l'aide multilatérale
00:54:14qui se noie absolument
00:54:16personne ne sait que la France y participe
00:54:182 on finance à peu près tout
00:54:20et n'importe quoi sans aucune
00:54:22discrimination intelligente de ce que
00:54:24nous voulons financer, 3 on ne privilégie
00:54:26pas nos entreprises dans les projets qui sont
00:54:28utiles et 4 on ne conditionne
00:54:30en rien notre aide, même pas
00:54:32un minimum de bienveillance à l'égard de la France
00:54:37Merci beaucoup, on suivra ce dossier
00:54:39on suivra tous les jours ce dossier
00:54:41parce que c'est important de
00:54:43s'y pencher à l'heure, on nous demande
00:54:45de faire des économies
00:54:47nous français, sur la façon dont
00:54:49on consomme, on a failli parler d'ailleurs de France Info
00:54:51qui nous a donné, qui nous disait de
00:54:53vivre en colocation pour des économies
00:54:55en 2050 tous en colocation
00:54:57pour sauver la planète, adieu la vie privée
00:54:59donc alors si on fait des économies là
00:55:01peut-être qu'on va échapper à ça
00:55:03Mathieu Pocoté, aujourd'hui c'est le
00:55:05D-Day pour Emmanuel Macron
00:55:07qui est avec
00:55:09Donald Trump et qui se rencontre
00:55:11donc à Washington, on en a parlé un petit peu
00:55:13au début, il doit faire une conférence
00:55:15qui a été reportée un peu vers 21h
00:55:17ce soir, qu'est-ce qu'on peut retenir
00:55:19de ce soir et qu'est-ce qu'on peut comprendre
00:55:21de cette rencontre, on a bien suivi
00:55:23tout ce qui s'est passé tous ces temps derniers
00:55:25l'arrivée de Donald Trump
00:55:27ce qu'il a proposé etc
00:55:29et comment Emmanuel Macron
00:55:31s'est imposé à cette
00:55:33conférence à Washington
00:55:35plusieurs éléments jusqu'à présent, le premier élément
00:55:37les Européens
00:55:39je dirais sont presque sur le mode
00:55:41du cri de détresse en disant
00:55:43Donald ne nous quitte pas
00:55:45c'est-à-dire on demande
00:55:47aux Américains de
00:55:49ne pas quitter précipitamment
00:55:51l'Europe sur le mode nous avons encore
00:55:53besoin de vous pour nous
00:55:55défendre, donc c'est une forme
00:55:57d'aveu structurel de
00:55:59faiblesse que de dire sans vous
00:56:01nous sommes à la merci des
00:56:03Russes, bon, premier élément
00:56:05donc s'il vous plaît, soyez très
00:56:07engagés en Europe, par ailleurs
00:56:09on l'entend, l'Europe
00:56:11dit mais nous voulons être de
00:56:13la suite des choses, alors encore
00:56:15une fois je dis l'Europe est une notion un peu
00:56:17floue dans tout ça, parce que qu'est-ce que l'Europe
00:56:19est-ce que c'est le gouvernement de Madame von der Leyen
00:56:21qui dès lors serait présidente de l'Europe
00:56:23est-ce que c'est les nations européennes délivrées
00:56:25du carcan européiste qui trouvent le moins de faire
00:56:27une alliance circonstancielle autour
00:56:29de la question ukrainienne, c'est autre chose
00:56:31quoi qu'il en soit, l'Europe dit nous voulons
00:56:33être présents
00:56:35nous voulons être présents dans les paramètres qui sont
00:56:37fixés par les Américains et les Russes, on l'a
00:56:39compris, mais nous voulons nous aussi contribuer
00:56:41à modifier ces paramètres
00:56:43de quelle manière, et là c'est une
00:56:45vieille obsession qui traîne depuis trois ans
00:56:47qui semble se concrétiser, qui semble
00:56:49trouver sa traduction
00:56:51pratique, la question des troupes au sol
00:56:54en Ukraine, je suis de ceux qui ont
00:56:56l'impression, mais peut-être est-ce que je me trompe
00:56:58que l'oligarchie européenne
00:57:00l'oligarchie européiste en fait
00:57:02rêve d'envoyer des troupes au sol en Ukraine
00:57:04depuis un bon moment déjà
00:57:06c'est-à-dire qu'on voit dans cette guerre
00:57:08je le disais plus tôt, un accélérateur
00:57:10de fédéralisation de l'Europe
00:57:12et on veut engager des troupes au sol
00:57:14en se disant enfin ce sera la preuve
00:57:16que l'Europe peut se battre, avancer
00:57:18des troupes sous son propre drapeau
00:57:20et on cherchait l'occasion sans véritablement
00:57:22la trouver
00:57:24or ce qu'on entend dans le discours d'Emmanuel Macron
00:57:26depuis quelques jours déjà
00:57:28c'est des troupes au sol non belligérantes
00:57:30alors ça c'est l'argument, qu'est-ce que ça veut dire
00:57:32concrètement, là ça se précise d'une journée à l'autre
00:57:34l'Europe, ou la France en particulier
00:57:36veulent être les gardiens
00:57:38de la paix sur le territoire ukrainien
00:57:40donc globalement une nouvelle frontière
00:57:42va se dessiner
00:57:44les européens ou leurs troupes, quel que soit
00:57:46l'étendard, quel que soit le fagnon
00:57:48dirait nous voulons être les gardiens
00:57:50pas en première ligne, mais nous voulons être les gardiens
00:57:52de cette paix durable et nouvelle
00:57:54et c'est intéressant parce que d'après ce qu'a dit
00:57:56Donald Trump juste avant l'émission
00:57:58il disait qu'il semblait d'accord pour
00:58:00une mission de maintien de paix
00:58:02pour des troupes au sol, pour une mission de maintien
00:58:04maintien de paix. Exactement, donc ça c'est
00:58:06le format casque bleu appliqué à l'Union Européenne
00:58:08mais, concrètement, qu'est-ce que ça veut dire
00:58:10ça veut dire que, enfin
00:58:12l'Europe réussit à s'engager militairement
00:58:14ouvertement sur le
00:58:16territoire ukrainien, ce qui est ce que j'appelle
00:58:18un accélérateur de fédéralisme
00:58:20et à travers ça, voilà pourquoi
00:58:22je dirais un peu, peut-être cyniquement
00:58:24que ce que la démocratie n'aura pas
00:58:26été capable de faire dans le point de vue européen
00:58:28c'est-à-dire les peuples n'ont jamais consenti
00:58:30au sacrifice explicite de leur souveraineté
00:58:32et quand ils ont voté non, on leur a rentré
00:58:34dans la gorge deux ans plus tard
00:58:36après le nom de
00:58:381945, on connaît la suite
00:58:40donc on a imposé l'Europe que les peuples avaient
00:58:42refusé, et bien là, finalement, la guerre
00:58:44est une guerre prolongée
00:58:46une guerre presque instrumentalisée
00:58:48par les élites européistes sur le mode
00:58:50de cette guerre et la divine surprise
00:58:52qui permet de pousser
00:58:54plus loin la souveraineté européenne
00:58:56on a l'impression que ce qu'ils n'ont pas été capables d'avoir
00:58:58par le peuple, ils l'obtiennent par la guerre
00:59:00la présence, rapidement
00:59:02la présence d'Emmanuel Macron à Washington
00:59:04est-ce qu'elle confirme pas
00:59:06l'importance de la France sur la scène mondiale ?
00:59:08ça oui, c'est un heureux rappel
00:59:10c'est-à-dire qu'en tant que tel, même quelle que soit la force de ses élites
00:59:12la France réussit à être le grand
00:59:14interlocuteur européen, pourquoi ?
00:59:16parce que la France a la relative
00:59:18puissance en Europe, l'arme nucléaire
00:59:20la capacité militaire, pas autant qu'elle le devrait
00:59:22pas autant qu'autrefois
00:59:24mais la France n'est pas un nain
00:59:26militaire en Europe, et de ce point de vue
00:59:28la puissance héritée du
00:59:30régime gaulliste, la puissance héritée des
00:59:32années de Gaulle, cette puissance permet
00:59:34à la France d'exister encore dans le monde
00:59:36j'y reviens, pas seulement sur le mode du soft power
00:59:38mais la France est un peu l'interlocuteur
00:59:40en ce moment, ensuite il y aura les Anglais dans quelques jours
00:59:42inévitablement ils sont toujours là
00:59:44mais la France réussit dans les circonstances
00:59:46à dire, je parle au nom de l'Europe
00:59:48car j'ai les moyens de cette souveraineté
00:59:50certains étrangement ont voulu sacrifier cette souveraineté
00:59:52certains ont même voulu mutualiser
00:59:54l'arme nucléaire pour que la France n'en soit plus
00:59:56pleinement responsable, c'est à croire
00:59:58que ces gens-là voulaient sacrifier la souveraineté de la France
01:00:00ou alors qu'ils étaient très imprudents
01:00:02on suivra ce qu'ils diront dans un instant
01:00:04restez sur ces news
01:00:06de Pascal Praud dans un instant
01:00:08et la conférence de presse peut-être vers 21h à peu près
01:00:10Excellente suite de formes, merci