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Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Aujourd’hui 29/10/2024, il revient sur cette jeune femme de 25 ans décédée d'une méningite aiguë après plusieurs appels au Samu.

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00:00Olivier Delagarde sur Europe 1.
00:040 1 80 20 39 21, c'est le numéro du standard d'Europe 1.
00:07Pour réagir avec Olivier Delagarde de 11h à 13h.
00:09Et Olivier, nous revenons sur ce drame à Montpellier
00:12où une jeune femme de 25 ans est décédée d'une méningite aiguë après plusieurs appels au SEM.
00:16Oui, l'affaire s'est déroulée le 15 octobre dernier, on ne l'a appris que récemment.
00:20Une enquête a donc été ouverte par le parquet, l'agence régionale de santé, l'ARS,
00:26dirigeant une mission d'inspection.
00:29Selon une amie, la jeune femme aurait subi des vomissements, de fortes fièvres.
00:34Elle affirme avoir appelé plusieurs fois le 15 puis le 18.
00:38Elle n'a jamais été prise en charge par une ambulance.
00:42C'est dans la voiture d'un ami qu'elle est finalement arrivée aux urgences.
00:46Elle a perdu connaissance.
00:48Je vois tout blanc, j'ai le corps en feu, je vais mourir.
00:52Voilà ce qu'elle a déclaré.
00:54L'équipe médicale n'est pas parvenue à la réanimer.
00:57Bonjour Professeur Louis Soulard.
01:00Bonjour.
01:01Vous êtes vice-président de SAMU Urgences de France.
01:04A votre avis, qu'est-ce qui a pu se passer ?
01:07Alors, tout d'abord, il faut savoir que cette affaire,
01:12elle nous interpelle bien sûr au niveau de la communauté des médecins urgentistes,
01:17parce qu'elle nous rappelle une autre affaire très difficile à Strasbourg.
01:22Dans le cas présent, on est sur une présentation d'une patiente
01:28avec des symptômes qui sont fréquents en cette saison,
01:32des arrêts, des vomissements, des maux de tête.
01:36Et toute la difficulté, c'est de reprendre l'affaire au moment du premier appel
01:42et des hypothèses qui ont été formulées à partir des symptômes qui ont été donnés.
01:46Donc sur ce premier appel, il n'y a pas eu d'ambulance
01:50parce qu'on considère que toutes les symptomatologies de ce type-là
01:55ne doivent pas aller aux urgences pour ne pas saturer les urgences.
01:58Et ce qui a été recherché dans un premier temps, c'était la visite d'un médecin généraliste
02:03et qui n'a pas été possible, d'où l'orientation secondairement vers une consultation.
02:09Ça c'était ça au début de l'appel.
02:12Le deuxième problème, c'est qu'on est face à une pathologie qui est très vicieuse
02:16et qui évolue très très vite, la méningite foudroyante comme on l'a vu
02:19et d'où s'est joué en quelques heures avec une dégradation très rapide
02:25et manifestement la personne n'était plus en état d'être transportée très rapidement.
02:29Et c'est là qu'après les appels successifs, il est nécessaire de réadapter la décision.
02:38L'objectif étant d'administrer un traitement antibiotique le plus tôt possible
02:42qui doit être fait après une évaluation médicale.
02:46Tout ça c'est a posteriori, c'est très facile,
02:49mais il faut se remettre dans un contexte de flux d'appels très important pour les mêmes symptomatologies.
02:53Encore une fois, on ne peut pas envoyer toutes les fièvres diarrhées aux urgences,
02:57mais par contre la difficulté c'est d'accéder à une évaluation médicale rapide
03:01pour justement permettre à ceux qui en ont besoin d'avoir un traitement antibiotique.
03:06Professeur Louis Soulard, on n'est pas là pour trouver des responsables, des coupables, etc.
03:11Mais pour vous, il n'y a pas de faute du SAMU ?
03:14Alors, ce qui est très important c'est que l'affaire date d'il y a 15 jours,
03:18il y a des enquêtes en cours, il y a eu un obstacle médico-légal, d'où une enquête judiciaire.
03:24Il y a eu une déclaration de ce qu'on appelle nous un événement indésirable grave dans notre jargon,
03:29un EIG qui a été fait auprès de l'ARS qui va bien sûr reprendre tout le parcours de soins.
03:35Il y a eu plusieurs appels, il y a des choses qui doivent alerter quand on est en régulation au SAMU,
03:41c'est la répétition des appels pour un même patient, ça, ça doit alerter bien sûr.
03:46Ce n'est pas à moi de dire s'il y a eu faute ou pas, ce qui est sûr,
03:50c'est qu'il y a des mesures immédiates qui ont été prises,
03:52les enregistrements ont été remis aux autorités, à l'administration,
03:57ils vont être décortiqués, le parcours de soins va être analysé et des conclusions seront données.
04:02Bien sûr, on ne va pas dissimuler quoi que ce soit, je rappelle que les enregistrements
04:06sont aujourd'hui partie d'un dossier médical qui sont à disposition de la famille proche
04:11et des autorités quand il y a une affaire en cours.
04:15Faute, possiblement, le SAMU traite 35 millions d'appels,
04:19on émet des hypothèses diagnostiques au moment de nos décisions d'actes médicaux.
04:25Qui reçoit ces appels ? C'est un médecin qui est en ligne ? C'est un spécialiste ?
04:32Alors, la régulation médicale aujourd'hui est organisée dans le cadre des SAF,
04:38des services d'accès aux soins, et tous les SAMU, notamment celui de Montpellier,
04:42sont organisés avec une double régulation par des médecins généralistes ou par des médecins urgentistes
04:48et les appels sont décrochés au départ par ce qu'on appelle des assistants de régulation médicale.
04:53Ces assistants aujourd'hui n'ont qu'une formation,
04:57une formation qui a été mise en place après la terrible affaire de Strasbourg,
05:02aussi terrible que celle dont on parle aujourd'hui.
05:05Donc c'est des professionnels qui sont formés pour décrocher, identifier les urgences
05:11et orienter vers les deux médecins régulateurs.
05:14Pour qu'on comprenne bien, excusez-moi de vous couper,
05:17mais pour qu'on comprenne bien, c'est donc un assistant qui est au bout du fil
05:21et qui, lui, va juger une première fois de savoir s'il doit transférer l'appel à un médecin ou pas.
05:28Alors, les appels sont tous régulés.
05:31Aujourd'hui, les appels sont tous régulés par un médecin.
05:34L'assistant de régulation médicale, il va tout d'abord identifier, localiser le patient,
05:39parce que ce n'est pas toujours simple, localiser,
05:41essayer de qualifier la demande pour voir le besoin de soins nécessaires
05:45et il va orienter vers soit un médecin généraliste de la salle de régulation,
05:49soit vers un médecin urgentiste de la salle de régulation, en fonction du degré,
05:52en sachant que les appels peuvent être basculés d'une cuillère à l'autre,
05:55notamment quand il y a une répétition des appels ou que la situation évolue.
05:59Et la situation, elle est analysée à un moment donné par ces médecins régulateurs
06:04qui vont formuler des hypothèses diagnostiques,
06:07en lien avec les symptômes qui ont été décrits au téléphone,
06:10et décider du moyen le plus adapté.
06:12Donc, il y a bien eu une régulation médicale
06:15et après, la première hypothèse, c'était de faire appel à un médecin.
06:19Idéalement, ça aurait été en visite pour évaluer si ces symptômes étaient en lien
06:24avec un problème banal, entre guillemets, que l'on voit dans cette saison,
06:28ou si là, il y avait des critères de gravité,
06:30comme ceux qui sont relatés par les proches de la patiente décédée.
06:35A priori, la jeune femme qui est décédée aurait appelé plusieurs fois le SAMU.
06:41C'est une circonstance aggravante ?
06:44Comme je vous l'ai dit, la répétition des appels pour une même patiente,
06:49ça doit alerter, parce que ça veut dire qu'il y a une évolution
06:52par rapport à la situation initiale, il y a un risque évolutif,
06:55et notamment, les difficultés à ne pas pouvoir mettre dans une voiture
06:59pour aller à une consultation, c'est un élément qu'il faut prendre en compte
07:02dans la décision éventuelle.
07:04Professeur, vous restez avec nous en ligne, mais on est en ligne avec Philippe.
07:08Vous êtes ancienne ambulancier au SAMU, vous êtes là ?
07:12Oui, absolument.
07:14Bonjour, qu'est-ce que vous aspire cette affaire ?
07:17Je vais vous dire, c'est un constat depuis de nombreuses années,
07:20nous avons eu un ministre qui était médecin urgentiste, François Braune,
07:24qui a été ministre de la Santé, qui n'a pas résolu le problème des urgences.
07:28L'engorgement des urgences, la suppression des médecins,
07:31les non-retours une fois 20h parce que vous n'avez plus d'ambulances disponibles,
07:35vous avez des gens qui sont stockés sur des brancards dans les couloirs,
07:39donc il ne peut y avoir que des dysfonctionnements,
07:41qui sont connus des chefs d'établissement.
07:43Mais puisque la politique aujourd'hui, c'est le chiffre de la rentabilité,
07:46c'est l'OMERTA comme la Corse, on ferme les yeux,
07:48et c'est connu de tout public.
07:50Il n'est pas normal dans un service d'urgence que vous attendiez 6-7h pour être pris en charge.
07:55Bien sûr que vous avez une première prise en charge pour évaluer le cas de gravité,
07:58mais il n'est pas normal d'attendre 6h sur un brancard.
08:00Quand vous avez trois médecins, deux pour 24h et un pour une plage d'horaire
08:04de 9h à 18h et on supprime le médecin par économie,
08:07ça fait que vous ne vous retrouvez qu'à deux médecins pour faire fonctionner un service,
08:09ce n'est pas possible avec un passage de 120, 130, 140 patients par jour.
08:14Ce que vous nous dites est très intéressant, Philippe,
08:17et c'est pour ça qu'on vous garde en ligne avec le professeur Louis Soula,
08:21et on se retrouve dans quelques instants.
08:23Et vous aussi, comme Philippe, vous pouvez réagir au 01-80-20-39-21,
08:2811h-13h, vous écoutez Olivier Delagarde sur Europe 1.
08:32On ne sait jamais quand on va se retrouver face à la grippe.
08:35Et on ne sait jamais non plus quand on va se retrouver face au Covid-19.
08:38Mais ce qui est certain, c'est que la grippe et le Covid-19 sont toujours là,
08:42et qu'il faut se protéger contre les deux.
08:4465 ans et plus, femmes enceintes, personnes atteintes de maladies chroniques,
08:48ne choisissez pas. Faites-vous vacciner contre la grippe et contre le Covid-19.
08:52Parlez-en à un professionnel de santé.
08:57À tous ceux qui aiment les records, comme le spaghetti le plus long du monde, 1 km,
09:01ou le record de marche à l'envers, 20 km,
09:04ça ne sert à rien, mais c'est balèze, mais ça ne sert à rien.
09:07Et bien chez Intermarché aussi, on a un record avec le produit le moins cher de France.
09:10En ce moment, la boîte de 12 biscuits tableau donneur chocolat au lait Chabriol
09:14est à seulement 98 centimes. Et c'est aussi sur notre appli.
09:27J'ai besoin de vacances où je ne m'occupe de rien.
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09:47Leclerc, bonjour.
09:48Bonjour. Petite séance de pomélothérapie.
09:50Pomélothérapie ?
09:51Oui, c'est mon secret pour rester en forme.
09:53Alors on prend un pomélo bien juteux et sucré et on fait le plein de vitamines.
09:58À vous maintenant.
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10:21Au travail, la sécurité au volant, ça passe aussi par l'organisation.
10:25Du coup, je programme les trajets et je fais en sorte que les salariés puissent prendre leur pause,
10:29même s'il y a du retard.
10:31Et pas d'exception, la sécurité des salariés, chaque jour on doit y penser.
10:35Mieux préparé, mieux équipé, mieux formé.
10:38Employeurs, salariés, passez à l'action sur
10:45Ceci est un message du gouvernement.
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10:53avec le podcast inédit Destins Extraordinaires.
10:56De son enfance à ses débuts, jusqu'à sa consécration mondiale,
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11:05et illustré par les formidables archives d'Europe 1.
11:08Destins Extraordinaires, Charles Aznavour raconté par Didier Barbolivien,
11:12c'est à écouter dès maintenant sur le site et l'application Europe 1.
11:16Europe 1, votre matinée se poursuit avec Olivier de La Garde de 11h à 13h.
11:21Nous revenons sur ce drame à Montpellier
11:23où une jeune femme de 25 ans est décédée d'une méningite aiguë
11:26après plusieurs appels au SAMI.
11:28Y a-t-il eu un dysfonctionnement du centre régulateur géré par le SAMI ?
11:31Réagissez dès maintenant au 0 1 80 20 39 21.
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12:3711h-13h sur Europe 1, Olivier Delagarde et vous.
12:42Et nous sommes en ligne avec deux intervenants pour évoquer le cas de cette jeune femme de 25 ans,
12:47décédée le 15 octobre dernier d'une méningite aiguë, après avoir appelé plusieurs fois le SAMU.
12:53SAMU, on est avec le professeur Louis Soula, qui est vice-président de SAMU Urgences de France.
12:57Puis on est également avec Philippe, ancien ambulancier au SAMU.
13:03Philippe, vous nous parliez tout à l'heure des problèmes politiques, finalement, d'engorgement, des urgences.
13:09Comment est-ce que vous vivez au quotidien votre métier d'ambulancier ?
13:14Alors moi, je suis à la retraite depuis le 2 janvier, mais j'ai exercé pendant 39 ans et 6 mois.
13:18Les problèmes ont arrivé il y a une quinzaine d'années.
13:20Par la fermeture des lits, par le manque de recrutement de médecins dans les services.
13:26C'est une volonté et une décision du directeur d'établissement.
13:30Nous, pour faire fonctionner le service des urgences, il fallait deux médecins pour 24 heures.
13:35Donc un médecin qui s'occupe des urgences et l'autre médecin qui s'occupe des interventions en extérieur.
13:39Et comme les hospitalisations ne cessent de grimper, il y a eu une troisième ligne qui a été créée.
13:46Et l'ARS, l'agence régionale de santé, a jugé beau de ne pas justifier une troisième ligne, donc on supprime.
13:53Ce qui se passe, c'est que les médecins de la troisième ligne, ce sont des intérims.
13:57Ils vont dans des établissements où ils sont recrutés par les chefs d'établissement.
14:00Et ça fait qu'après vous vous retrouvez avec deux médecins et vous avez du mal à accuser le nombre de patients.
14:05Alors je ne porterai pas de jugement sur la personne qui est décédée parce que la régulation, c'est un poste clé.
14:11C'est très difficile d'évaluer. On n'est pas sur le terrain, c'est au téléphone.
14:15Mais les soucis qu'on rencontre, c'est qu'il y a bien un dysfonctionnement.
14:19Quand vous voyez une prise en charge au bout de 6-7 heures dans un service d'urgence, c'est qu'il y a un réel dysfonctionnement.
14:24Bien sûr qu'il y a une prise en charge immédiate. Il y a une évaluation de la victime.
14:28Mais après, pour pouvoir s'occuper, il faut avoir des lits, des brancards et des lits d'hospitalisation en aval.
14:35Chose qu'on n'a plus puisqu'on a fermé les lits.
14:37Et il y a un manque de personnel, que ce soit dans le personnel soignant ou dans le personnel médical.
14:42Cette année, il y avait 80 services d'urgence qui fermaient à 20 heures.
14:47Pour dysfonctionnement, manque de médecins, manque de personnel.
14:50Et le problème n'a pas été résolu.
14:53Nous avons eu François Braune, qui était médecin à Mercy.
14:56Il était médecin régulateur au Samuel Verdun.
14:59Et il est devenu ministre.
15:02On a multiplié les postes de directeur dans les établissements.
15:05Moi, dans l'établissement où j'étais, il y avait un directeur, un écolome, un chef de bureau.
15:10Et on avait 14 services. Aujourd'hui, nous avons 7 services et nous avons 14 directeurs.
15:15C'est l'erreur.
15:16Votre témoignage est précieux. J'aimerais faire réagir le professeur Louis Soula.
15:20Il y a un problème d'organisation des soins, comme ce que décrit Philippe, à votre avis ?
15:26Alors, bien sûr, les hôpitaux sont sous tension depuis des années.
15:32Bien sûr, on a un problème de manque de lits d'aval.
15:36Et je rappelle que le président de la République s'était engagé à ce que les services d'urgence soient désengorgés à la fin de l'année 2024.
15:42Et tous les jours, on a toujours des patients sur brancard.
15:44Mais il faut chercher les raisons profondes.
15:47Quand on a fermé des lits, mais les lits aujourd'hui ne sont pas fermés uniquement parce qu'on les a fermés de façon autoritaire,
15:52c'est aussi parce qu'on manque de soignants pour les faire fonctionner.
15:55Il y a des lits qui sont fermés parce qu'on n'a plus assez de soignants.
15:59Et là, on touche à un vrai problème de fond qui est l'attractivité et le cœur du métier de nos soignants
16:05qui sont épuisés d'avoir des dizaines de patients sur brancard tous les matins par manque de lits.
16:11Mais je voudrais quand même pointer une petite différence sur la problématique du drame de Montpellier
16:19par rapport à ce qu'évoquait notre collègue ambulancier.
16:22C'est que là, la patiente n'a été pas aux urgences.
16:24Donc le problème, c'est que ce qui a été mis en place,
16:27notamment ce qui a été porté par l'ancien ministre François Brune qui était évoqué,
16:31c'était un système qui permettait d'orienter au mieux les patients dans les bonnes filières,
16:36notamment les filières qui relèvent de soins critiques,
16:39les infarctus qui relèvent de services de cardiologie interventionnelle,
16:43les AVC vers les unités neurovasculaires.
16:45Et c'est la régulation qui sert à ça.
16:47C'est-à-dire que la régulation médicale, elle évalue un besoin et on oriente les patients.
16:52Même si les services d'urgence sont blindés, on peut orienter les patients dans des structures directement.
16:57Idéalement, quand on connaît le diagnostic de cette personne qui est décédée,
17:01une méningite doit aller en réanimation et la régulation déclenche ses moyens
17:06et elle oriente les patients directement en court-circuitant,
17:09quand c'est nécessaire, le service d'urgence, même s'il est saturé.
17:12Donc ce n'est pas tout à fait la même problématique.
17:14Là, la patiente n'est pas arrivée aux urgences, on ne sait pas ce qui l'aurait attendue aux urgences.
17:18La vraie question, c'est est-ce qu'on a perdu du temps pour administrer ce traitement antibiotique qui est salvateur ?
17:28Il faut quand même être très très très très humble, c'est ce qu'on apprend dans nos métiers.
17:36C'est une maladie qui est relativement rare, la méningite foudroyante à Méningo, c'est quelque chose qui est rare,
17:43qui a une évolution très rapide et on n'est pas sûr à 100% que la personne aurait pu sauver qu'avec le traitement.
17:51L'important c'est de savoir s'il y a eu une perte de chance ou pas pour cette patiente.
18:01On ne pourra jamais dire qu'on l'aurait sauvée dans la meilleure prise en charge quelle qu'elle soit, rappeler que c'est une maladie grave.
18:08Et rappeler qu'il faut être humble dans ce genre de cas, et nous on n'est pas là pour donner des bons points,
18:14des mauvais points pour expliquer qui est coupable, qui est innocent.
18:17Voilà ce qu'on peut dire en tout cas pour éclairer la lanterne des auditeurs d'Europe 1 sur cette affaire dramatique.
18:23Je vous remercie beaucoup tous les deux, professeur Louis Soula, vice-président de SAMU Urgence de France,
18:27et puis je remercie également notre auditeur Philippe qui était avec nous en ligne, qui est ambulatoire associé au SAMU.
18:34On va changer de sujet, on va parler de l'absentéisme dans la fonction publique.

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