• la semaine dernière
Avec Arnaud Benedetti

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##LE_FAIT_DU_JOUR-2025-03-20##

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News
Transcription
00:00Ici Sud Radio, les français parlent au français. Je n'aime pas la blanquette de veau.
00:14Sud Radio Bercov dans tous ses états.
00:18343 millions de personnes parlent français dans le monde. C'est la cinquième langue la plus parlée au monde.
00:25Le français, oui, journée de la francophonie.
00:28Écoutez, c'est bien, on fait des journées tout le long de l'année, 365 journées.
00:33Mais cette fois-ci, ça prend une couleur particulière à cause d'un écrivain franco-algérien.
00:39Un écrivain, un grand écrivain de la langue française, un très grand, qui s'appelle Boalem Sansal.
00:47Sud Radio Bercov dans tous ses états.
00:50Le fait du jour.
00:51L'époque du pénitentiaire, bientôt vont se fermer.
01:02Est-ce que c'est cela qui attend Boalem Sansal, 80 ans, atteint d'un cancer, son avocat n'a jamais pu le voir,
01:20on essaie d'avoir des contacts avec l'ONU, tout ça traîne.
01:25On exprime son indignation, on frappe du pied, on parle, on salive, mais rien.
01:32Et ce matin, ce matin, Boalem Sansal a comparu devant le tribunal correctionnel de Dar El Beida, à Alger.
01:39C'est ce qu'ont rapporté plusieurs médias locaux et ça a été repris par le quotidien Le Figaro.
01:46Hallucine un procès expéditif qui aurait duré moins d'une demi-heure,
01:50le procureur aurait requis 10 ans de prison ferme et une amende d'un million de dinars,
01:57selon le quotidien arabophone Chourouk.
01:59Un million de dinars, ça fait à peu près 7 000 euros.
02:0310 ans de prison ferme, c'est-à-dire que c'est la mort annoncée pour Boalem Sansal, si la sentence est d'exécuter.
02:11Alors on n'a pas encore, le verdict sera rendu la semaine prochaine, jeudi 27 mars.
02:17Voilà, je rappelle que l'écrivain franco-algérien est accusé d'atteinte à l'unité nationale,
02:21d'outrage à corps constitué, l'armée, d'atteinte à l'économie nationale,
02:26de détention de vidéos et de publications menaçant la sécurité et la stabilité nationale.
02:31Je rappelle qu'il a été arrêté à l'aéroport d'Alger le 16 novembre,
02:35où il allait visiter sa famille, le 16 novembre.
02:38Nous sommes le 20 mars.
02:41Voilà, il est poursuivi donc en vertu de l'article 427 bis du code pénal
02:47qui sanctionne comme acte terroriste ou subversif tout acte visant la sûreté de l'État,
02:52l'intégrité du territoire, la stabilité et le fonctionnement normal des institutions.
02:56Chacun sait qu'à 80 ans, Boalem Sansal est pratiquement qualifié de terroriste.
03:02Voilà, on le sent, il va remettre effectivement et il essaie de déstabiliser l'État algérien.
03:10Est-ce que nous avons Arnaud Benedetti ? Arnaud Benedetti, bonjour.
03:15Bonjour à vous.
03:16Bonjour Arnaud.
03:18Vous avez publié une petite tribune dans le Figaro avec le maire de Cannes, David Lysnard,
03:24où vous appelez effectivement le gouvernement à prendre un acte fort pour afficher son soutien à l'écrivain.
03:30Arnaud Benedetti, on n'a pas encore le verdict, ce sera la semaine prochaine,
03:34mais si ces informations sont confirmées et tout se passe comme ils ont l'air d'être confirmées,
03:39ça veut dire vraiment que s'il est condamné, je dis bien si, par malheur il est condamné à 10 ans de prison,
03:45ça veut dire qu'il meurt en prison.
03:47Écoutez, en tout cas, il y a eu manifestement une accélération
03:51que personne n'attendait de la justice algérienne ces dernières 24 heures.
03:57Nous avons lu cette information vers 9h30 et nous avons quand même tout fait pour nous la faire confirmer.
04:04Il semblerait en effet qu'elle soit maintenant confirmée.
04:06La vraie question c'est savoir comment interpréter cette accélération.
04:11Il y a une interprétation évidemment pessimiste, c'est la vôtre,
04:16et je crois qu'il faut toujours l'avoir en tête parce que le pouvoir algérien est un pouvoir dictatorial
04:22qui en général est connu pour ne pas ménager ses opposants
04:26et en l'occurrence, 10 ans, évidemment, c'est compte tenu de l'âge et de la maladie de Boilem Sansalle,
04:33si cette peine était appliquée, et si elle était appliquée dans son intégralité,
04:37ça parante à une condamnation à mort, clairement.
04:40Ensuite, il y a une autre interprétation.
04:42Alors il faut toujours garder espoir, et nous en tant que communauté de soutien, il faut qu'on garde espoir
04:46parce que sinon, on se démobilise, donc la mobilisation doit s'intensifier
04:50parce que in fine, en l'occurrence, comment interpréter politiquement cette accélération ?
04:55Est-ce qu'il s'agit pour les Algériens de sortir d'une situation qui est quand même très embarrassante pour eux
05:01au regard de la communauté internationale, au regard du fait de tenir un écrivain de 80 ans malade,
05:06comme vous l'avez rappelé ? Est-ce qu'il s'agit finalement d'un début de sortie de crise
05:10avec la possibilité ensuite, parce que nous ne nous faisons pas division,
05:14Boilem sera condamné par le pouvoir algérien ?
05:18Après, son sort est entre les mains, d'une certaine manière, manifestement,
05:22du président algérien, du président Tebboune, qui pourra exercer son droit de grâce.
05:27Ça c'est, disons, l'interprétation qui serait l'interprétation plus optimiste.
05:31Nous, aujourd'hui, à l'heure où l'on parle, on oscille, si vous voulez, entre ces deux questions.
05:35Ce qui est sûr, c'est qu'il a comparu qu'il s'est défendu seul, je crois qu'il faut le dire.
05:44Boilem Sancal donne une leçon de courage à nous aussi, à une grande partie de la classe dirigeante française.
05:50C'est-à-dire qu'il se bat seul, il se bat debout, il n'est pas à genoux.
05:55Il a bien évidemment baigné tous les chefs d'inculpation que lui oppose,
05:59de manière totalement fantasmatique, le régime algérien.
06:03Et maintenant, je dois dire que nous restons extrêmement prudents,
06:08extrêmement inquiets, extrêmement préoccupés et extrêmement mobilisés aussi.
06:12Alors, Arnaud Benedetti, justement, effectivement, comme vous dites, il n'avait pas d'avocat, il est seul.
06:18Il a refusé, effectivement, l'avocat qu'on lui présentait,
06:21puisque, on le rappelle, vous l'avez rappelé la dernière fois dont on avait parlé de ça,
06:26c'est que François Zibré, son avocat, n'a jamais pu le rencontrer, n'a jamais pu d'ailleurs, avoir un visa pour l'Algérie.
06:33Donc, on en est là.
06:37Evidemment qu'il faut être, vous avez raison, optimiste et se battre, bien sûr.
06:42Mais est-ce que le fait que, par exemple, récemment, il y a encore deux jours,
06:46vous savez que le ministère de l'Intérieur français Bruno Retailleau et le gouvernement avaient demandé
06:51que l'Algérie accueille en expulsion 65 ressortissants algériens
06:56dont la France ne veut plus sur son territoire
06:59et que le gouvernement algérien a refusé en disant
07:02« Non, non, reprenez les voies normales, diplomatiques, consulaires, etc. »
07:06Il n'est pas question.
07:07Alors, est-ce qu'on peut voir, peut-être encore, en tout cas, évidemment qu'il faut garder espoir,
07:13mais est-ce que vous attendez un sursaut un peu plus fort de la part du gouvernement français actuellement ?
07:19Vous savez, nous, depuis le début, c'est-à-dire depuis maintenant plus d'un mois,
07:23on était d'ailleurs venu avec Noël Lenoir sur votre plateau il y a un mois,
07:28on demande un changement de stratégie,
07:31c'est-à-dire qu'on considère que la stratégie qui a été conduite au début et qui pouvait s'expliquer,
07:36c'est-à-dire de prudence, de réserve, de négociation diplomatique dans les coulisses,
07:41était une stratégie qui pouvait peut-être, à un moment donné,
07:44permettre une libération immédiate et rapide de Guadeloupe Central.
07:47Ça n'a pas été le cas.
07:48Au contraire, on a vu les autorités algériennes ne cesser de se réduire
07:51en proportion que les Français se faisaient d'une certaine manière prudents et réservés.
07:55Vous l'avez justement rappelé.
07:56Quand vous pensez que Maître Zimré,
07:58qui d'ailleurs vient de produire un communiqué à l'instant condamnant,
08:04évidemment, ce procès, Maître Zimré n'a jamais eu son visa,
08:09la protection consulaire à laquelle a un des droits,
08:11je rappelle du fait de la nationalité française qui est la sienne aussi,
08:14a toujours été refusée,
08:17on ne peut pas considérer que les autorités algériennes
08:19étaient particulièrement bienveillantes quant à leur stratégie de prudence et de réserve.
08:24Oui, c'est le moins que l'on puisse dire.
08:26On a demandé un changement de régime,
08:28c'est-à-dire en effet d'utiliser tous les leviers de pression qu'on peut avoir
08:31sur le pouvoir algérien, les visas, les accords de 68,
08:34les accords de 2007, les comptes et les biens des dignitaires algériens.
08:40Il fallait mettre tout ça sur la table
08:42et voir comment ces leviers pouvaient permettre, à un moment donné,
08:44d'infléchir le rapport de force afin d'arriver à une libération rapide de notre amie Boleyn.
08:48Est-ce que Arnaud Bénédici,
08:50est-ce que le fait, vous savez, ça a été évoqué,
08:52c'est un levier évidemment de soft power, comme on dit,
08:55le fait de le nommer ambassadeur de la francophonie,
08:59est-ce que ça peut jouer ?
09:01Est-ce que ça lui donne une immunité quelconque
09:03si le gouvernement français décidait de le nommer ambassadeur de la francophonie ?
09:07On est, encore une fois, je le rappelle,
09:09l'agent de la francophonie, comme par hasard.
09:11Ironie amère aujourd'hui.
09:13Est-ce que ça pourrait jouer ou pas, à votre avis ?
09:17Tout ce qui, symboliquement,
09:19montre que l'État français
09:21considère que cette affaire est une affaire essentielle pour lui.
09:25Et il le montre, en effet, s'il nomme demain
09:27Boleyn-Mssensal ambassadeur de la francophonie,
09:31il montre qu'il attache la plus grande importance
09:33au sort de Boleyn-Mssensal et à sa libération.
09:35Tout ce qui va dans ce sens, de toute façon,
09:38est un élément supplémentaire
09:40dans le rapport que nous pouvons poser à l'Algérie
09:43qui, aujourd'hui, retient arbitrairement notre compatriote.
09:47Il est clair aussi, et il faut être lucide,
09:49que les autorités algériennes, à partir du moment
09:51où elles ne reconnaissent même pas la nationalité française de Boleyn-Mssensal,
09:54puisque, comme je vous le rappelais,
09:56ils n'ont pas donné suite à notre demande de protection consulaire,
09:59ne vont certainement pas, en l'occurrence,
10:02donner suite immédiatement à une immunité diplomatique
10:05que lui conférer un statut d'ambassadeur.
10:07Oui, c'est ça. Donc, ils vont évidemment refuser cela.
10:10Alors, on sait que, selon le Figaro,
10:12juste quelques informations,
10:15selon les informations recueillies par le Figaro,
10:17Boleyn-Mssensal est apparu, ce matin, en forme,
10:20avec les cheveux coupés, il n'avait pas son casque aux gants,
10:23il n'a répondu en personne aux questions du juge,
10:25je n'ai rien voulu faire contre mon pays,
10:27j'ai exposé mon opinion, a-t-il affirmé.
10:29Un avocat commis d'office avait été désigné,
10:31mais c'est seul que Boleyn-Mssensal voulait assurer sa défense.
10:34Le bâtonnier d'Alger, Mohamed Bagdadi,
10:37avait révélé, fin février,
10:39que l'écrivain avait renvoyé tous ses avocats.
10:41Alors, dit Mohamed Bagdadi,
10:43il comprit François Zimré.
10:45Non, c'est faux.
10:47Maître Zimré n'a jamais reçu
10:49la moindre notification
10:51de sa déconstitution.
10:53Vous savez que, pour qu'un avocat soit déconstitué,
10:55il faut que le client lui stipule
10:57de manière écrite,
10:59ce n'est pas le cas.
11:01C'est faux, par contre, la réalité,
11:03c'est que les avocats algériens
11:05ont été déconstitués par Boleyn-Mssensal,
11:07mais qui a refusé de déconstituer
11:09son avocat français, compte tenu des pressions
11:11absolument inacceptables
11:13dont il était l'objet.
11:15Alors, Arnaud Benedetti,
11:17effectivement, tout le monde souhaite,
11:19évidemment, la soulession, je dirais optimiste,
11:21qu'effectivement, après avoir été condamné,
11:23qu'il soit expulsé
11:25vers la France,
11:27comme on dit,
11:29puisque pour le moment, quand nous envoyons
11:31des gens en Algérie, l'Algérie nous les renvoie.
11:33Il serait peut-être pas mal
11:35que sur les deux influenceurs
11:37et les 65
11:39expulsions demandées par la France
11:41que l'Algérie refuse obstinément,
11:43peut-être que ce serait pas mal
11:45qu'il nous renvoie l'un des plus
11:47encrivés français d'aujourd'hui.
11:49Il est clair que c'est ce que l'on souhaite,
11:51j'allais dire, ardemment,
11:53c'est-à-dire que les autorités algériennes
11:55comprennent qu'en détenant
11:57Boleyn-Mssensal, elles détiennent
11:59non seulement un nombre, bien évidemment,
12:01il faut que c'est d'avoir à lui, à sa santé,
12:03à sa famille, c'est essentiel.
12:05Il y a une dimension, en plus, qui plus est
12:07totalement humanitaire dans cette affaire,
12:09de séquestration, parce qu'il s'agit d'une séquestration
12:11pour moi, et simplement, en l'occurrence,
12:13il faut, je crois, employer les bons mots sur la situation,
12:15mais il faut que les autorités
12:17algériennes comprennent que s'il arrive
12:19quelque chose à Boleyn-Mssensal, elles seront
12:21bien évidemment comptables, et elles le sont déjà
12:23de son sort, et qu'aux yeux de la communauté
12:25internationale, il est évident
12:27que ça serait quelque chose
12:29qui serait d'une gravité tout à fait
12:31exceptionnelle.
12:32Écoutez, espérons-le, mais
12:34voilà, il faut être
12:36extrêmement vigilant, et encore une fois,
12:38je crois qu'il ne faut pas oublier que ce soit
12:40les presses qui nous gouvernent, ou l'opinion internationale,
12:42que la vie est aussi faite de rapports de force.
12:44Et que si ces rapports de force
12:46ne sont pas montrés, eh bien,
12:48malheureusement, tous les désespoirs
12:50sont permis. Merci Arnaud Benedetti,
12:52et nous allons continuer
12:54à suivre tout cela, bien sûr.

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