Avec Ludovic Friat, Président de l'USM (Union syndicale des magistrats)
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00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h-9h, Jean-Jacques Bourdin.
00:04Notre invité, Ludovic Friat, qui est président de l'Union Syndicale des Magistrats.
00:09Bonjour et merci d'être avec nous ce matin.
00:11Bonjour, je vous remercie.
00:12Sur l'antenne de Sud Radio, alors, précisons bien les choses.
00:15L'Union Syndicale des Magistrats est le premier syndicat de magistrats en France.
00:21Absolument, 63% aux dernières élections professionnelles.
00:24Voilà, 63% aux dernières élections professionnelles.
00:27Vous êtes un syndicat apolitique.
00:30Apolitique ou apartisan, et on y tient.
00:32C'est-à-dire qu'on ne considère pas les sujets que nous abordons
00:36sous un angle politique, mais sous un angle professionnel.
00:38Bien. Ludovic Friat, la magistrate Bénédicte de Pertuis,
00:42qui a présidé les débats, dont l'affaire de Marine Le Pen
00:47et ce détournement de fonds publics, est menacée.
00:53Elle a été même menacée physiquement.
00:56C'est bien cela, hein ?
00:57On est bien d'accord, c'est cela.
00:59C'est effectivement un dévoiement du débat public
01:04où on tend à transformer le juge en un ennemi politique.
01:09Ce n'est plus l'arbitre, l'arbitre démocratique qui devrait être,
01:12mais un ennemi politique, ce qui permet d'ailleurs à, on va dire,
01:16de disqualifier sa décision par avance.
01:20N'est-ce pas une atteinte grave à notre démocratie et à l'état de droit ?
01:24Ces menaces, elle est obligée d'être, elle est protégée aujourd'hui.
01:28Vous la connaissez ?
01:29Je ne la connais pas personnellement, mais bien évidemment,
01:31j'ai une pensée pour elle, pour les collègues qu'on siégeait avec elle,
01:35mais aussi pour les parquetiers.
01:36Rappelons-nous, lors des réquisitions, sur la toile,
01:40il y a eu des mots d'une violence inouïe qui ont été prononcés.
01:43On a parlé de balle dans la nuque,
01:44on a parlé de charrette dans laquelle il devait être mis.
01:48Enfin, je veux dire, on en est là, aujourd'hui, en France, du débat public.
01:53Du débat public. Et qui est responsable de cela ?
01:56La classe politique dans son ensemble, Ludovic Fria ?
01:59Je pense que la classe politique a une certaine responsabilité,
02:04puisque depuis quelques années, il faut bien le reconnaître,
02:06la parole publique sur le judiciaire s'est, on va dire, décomplexée.
02:11Alors, je ne dis pas que le politique, bien évidemment,
02:14appelle à s'en prendre physiquement au magistrat.
02:16Je dis que, en décomplexant sa parole,
02:20il a autorisé certains qui n'attendaient que ça
02:23à avoir une parole beaucoup plus violente, beaucoup plus radicale.
02:28On en récolte, aujourd'hui, malheureusement les fruits.
02:32L'inégibilité, Eric Ciotti en a parlé hier,
02:39il demande à ce que l'exécution provisoire soit supprimée.
02:46Eric Ciotti qui, je le rappelle, fait l'objet d'une enquête
02:49pour détournement de fonds publics.
02:51François Bayrou, lui aussi toujours poursuivi pour détournement de fonds publics,
02:56dit qu'il faut y réfléchir.
02:58Est-ce que vous pensez que les politiques, aujourd'hui,
03:00ont envie de devenir injusticiables ?
03:03Je vais jusqu'au bout de ma question.
03:07Je pense que vous mettez, M. Broudin, le doigt sur une difficulté.
03:11Moi, je vois deux choses.
03:12Effectivement, si on lit le jugement qui a été rendu en début de semaine,
03:16et j'invite tout le monde à le lire,
03:19il est très intéressant ce jugement.
03:21Le premier axe de défense des personnes qui était prévenu,
03:25c'était de dire que nous sommes injusticiables de cette justice.
03:28Nous, politiques, qui agissons dans un cadre politique,
03:32nous ne relevons pas de la justice et de la justice du quotidien,
03:36de la justice commune à l'ensemble de nos concitoyens.
03:39C'est quand même lourd de conséquences.
03:41C'est leur axe de défense, je n'ai pas le critiqué,
03:43mais le tribunal y a répondu.
03:45D'autre part, la difficulté de ce type de défense,
03:50c'est de se dire que nous ne sommes pas tout à fait comme tous nos concitoyens.
03:56C'est ça, finalement.
03:58Nous sommes élus, donc nous ne devons pas être jugés comme les autres.
04:02C'est ça, fondamentalement, c'est ça.
04:04Après, moi, je suis juge, j'applique la loi.
04:07Le juge ne fait pas la loi, il faut le rappeler, j'applique la loi.
04:10Donc, si les politiques veulent changer la loi
04:13pour avoir soit une procédure qui soit spécifique aux politiques,
04:16soit avoir un régime de fond des peines,
04:20des jugements qui soient différents de nos concitoyens.
04:23Un régime particulier ?
04:25J'aurais tendance à dire, soyons joueurs, qu'ils le fassent.
04:28Mais après, qu'ils en assument la responsabilité devant leurs électeurs
04:33et qu'ils arrêtent de se cacher quelque part
04:35derrière un fantasmé gouvernement des juges
04:38ou un état profond judiciaire.
04:40Est-ce que les juges sont politiques ?
04:43Est-ce que la justice est politisée dans notre pays ?
04:46Que répondez-vous à cette accusation ?
04:48La justice n'est pas politique.
04:51Je pense que c'est une insulte qui est faite à nos institutions.
04:55Clairement, Mme Le Pen, il faut le dire,
04:58et les autres prévenus de ce dossier,
05:00n'ont pas été jugés pour leurs idées,
05:03n'ont pas été jugés pour qui ils sont.
05:06Ils ont été jugés pour les faits qu'ils auraient commis.
05:09Je dis qu'ils auraient commis, puisqu'il y a eu un appel.
05:11Mais lorsqu'on lit le dossier, lorsqu'on lit le jugement,
05:15on s'aperçoit qu'on porte quand même sur 4 millions 100,
05:184 millions d'euros de fonds publics
05:21qui auraient été utilisés à des fins
05:24pour lesquelles ils n'ont pas été distribués à ces élus.
05:28Normalement, c'était pour appliquer,
05:31aider les députés parlementaires européens à faire leur travail.
05:34En fait, on s'aperçoit que ça a été utilisé,
05:36que ça aurait été utilisé, pardon,
05:38pour payer un garde du corps, pour payer d'autres choses.
05:41Un majordome.
05:42Majordome.
05:43Donc, on voit bien la difficulté qu'il y a dedans.
05:45Comme disait Philippe Seguin quand même,
05:47qui n'était pas un gauchiste, je crois me rappeler,
05:49il l'a dit lorsqu'il était président de la Cour des comptes,
05:52l'argent public, ce n'est pas l'argent de personne,
05:55c'est l'argent de tout le monde.
05:57Ça, c'est une belle formule.
05:58L'argent public, ce n'est pas l'argent de personne,
06:01c'est l'argent de tout le monde.
06:04Si j'ai bien compris, la Cour d'appel a précisé
06:07que le procès en appel aurait lieu à l'été 2026.
06:11C'est vite, c'est rapide ça.
06:12Je m'en réjouis.
06:13À titre personnel, je m'en réjouis.
06:15Alors, ce que je vois comme intérêt quand même
06:18à cette exécution provisoire qui a été tant critiquée,
06:22c'est qu'elle a pour effet d'accélérer le tempo de la justice.
06:27C'est une bonne chose.
06:28Parce que la réalité, là encore,
06:30on va dire que les élus du RN bénéficient
06:35quelque part d'un traitement particulier,
06:39je ne veux pas dire privilégié, mais particulier.
06:41Normalement, en appel, pour qu'une affaire soit jugée
06:43lorsqu'il n'y a pas de détenus,
06:45on est plutôt sur deux à trois ans d'audiencement
06:47du fait des moyens limités de la justice.
06:49Là, pour le coup, la justice fait tous les efforts possibles
06:54pour que ce dossier soit jugé rapidement.
06:57Et j'espère quelque part aussi que ça va dégonfler un peu
07:00l'hystérisation du débat politique à laquelle on assiste
07:03et qu'on va arrêter d'appeler à nos concitoyens
07:06à défiler dans la rue contre une décision de justice.
07:09J'espère qu'effectivement, les choses vont reprendre
07:11le cours normal de nos institutions démocratiques
07:13qui sont les nôtres.
07:15Merci, Ludovic Fria.
07:17Vous êtes président de l'Union syndicale des magistrats.
07:20Merci d'être venu sur le thème de ce radio ce matin.
07:23Merci.