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00:00L'Aquacolle.
00:00Europe 1, la France bouge.
00:02La Pépite.
00:04La Pépite de ce soir c'est vous Gabriel Bonneux, vous êtes le président de l'Isaqua.
00:08Vous avez 37 ans, l'Isaqua existe depuis 2018, elle est nantaise.
00:12Vous aussi, vous allez pitcher et ensuite on va vous retrouver.
00:16Vous êtes prêt ?
00:17Avec plaisir.
00:17C'est parti, l'Isaqua c'est quoi ?
00:19Alors la crevette c'est le deuxième produit de la mer qui est commercialisé dans le monde,
00:22juste après le saumon, on en parlait.
00:24En France on importe tous les ans 90 000 tonnes de crevettes tropicales surgelées
00:28qui viennent de l'autre bout du monde.
00:29Le problème c'est que ces élevages de crevettes ont un impact très fort sur l'environnement,
00:32sur la biodiversité, avec des problèmes de déforestation des mangroves,
00:35de pollution des eaux et aussi beaucoup d'usages d'antibiotiques.
00:38Donc nous on a créé l'Isaqua pour développer une aquaculture plus saine et plus durable.
00:42Donc tout simplement on a développé une méthode qui nous permet d'élever des crevettes
00:45sans antibiotiques, sans rejet polluant et à proximité des consommateurs.
00:49Donc concrètement pour élever nos crevettes on s'inspire de la nature
00:52et on recrée un écosystème marin vertueux dans nos bassins.
00:56Donc on n'a pas que des crevettes, on fait de la co-culture avec des micro-organismes
00:59qui filtrent l'eau de manière naturelle.
01:01Donc tout ce savoir-faire technique et biologique nous permet d'utiliser moins d'eau,
01:05moins d'aliments, de supprimer tous les sulfites, tous les antibiotiques.
01:08Mais surtout ça nous permet de proposer aux chefs et aux consommateurs
01:12les premières crevettes françaises non transformées disponibles toute l'année,
01:15qui sont bonnes pour la planète et qui sont surtout excellentes dans l'assiette.
01:19Merci pour votre pitch une minute pile, c'était parfait Gabriel Bonneux,
01:22président de l'Isaqua.
01:24Jérôme, je sais que c'est la start-up qui vous a particulièrement plu ce soir,
01:29même si les trois sont formidables, pourquoi ?
01:32J'ai un ami qui s'appelle Frédéric Lescodet,
01:34qui est parti vivre en Nouvelle-Calédonie pour élever la crevette bleue.
01:37En fait la crevette bleue est adorée par les japonais,
01:40et donc il a fait un peu ce que tu as fait,
01:42c'est-à-dire qu'il a décidé de faire des élevages écologiques de crevettes,
01:46et donc c'est un marché que je trouve vraiment intéressant.
01:50Et donc oui, il y a évidemment un avenir,
01:52ça rejoint ce qu'on disait tout à l'heure avec Inovafide,
01:55pour la souveraineté alimentaire,
01:57pour faire en sorte qu'on crée sur nos terres ce dont on se nourrit.
02:02L'idée de l'Isaqua, c'est aussi une rencontre avec vos associés,
02:07c'est toujours bien de recontextualiser l'histoire.
02:11Vous, vous avez fait une très prestigieuse école de commerce,
02:14vous avez fait HEC à Paris,
02:16et vous êtes associé à votre cofondatrice, donc Charlotte,
02:21qui elle, est chercheuse en biologie marine,
02:24et c'est la réunion des deux talents.
02:27C'est la rencontre en fait entre nos convictions personnelles
02:30de vouloir créer un projet qui fait du bien à la planète,
02:33qui accompagne la transition environnementale,
02:35et nos expertises, et on parlait de la Nouvelle-Calédonie à l'instant,
02:38cette rencontre elle a même eu lieu en Nouvelle-Calédonie,
02:40quand moi j'étais en stage dans une start-up de nouvelles technologies
02:44où on traitait des images satellites en Nouvelle-Calédonie,
02:47pendant que Charlotte faisait sa thèse sur les méroux
02:49et leurs parasites branchiaux du lagon calédonien.
02:51Et du coup on est resté en contact,
02:53elle a suivi ma première carrière d'entrepreneur,
02:56et moi j'ai suivi sa carrière de chercheuse.
02:58Vous avez eu une première start-up, c'est pas votre première entreprise ?
03:00Exactement, j'avais une première expérience,
03:02on faisait des partitions de musique interactives pour les musiciens,
03:04donc on était assez loin de la crevette,
03:06mais très proche de l'innovation, donc ça reste le même domaine.
03:09Et qu'est-ce qui vous a convaincu d'aller vers
03:12ce nouveau modèle de ferme à Coca-Cola,
03:15donc dédiée à la crevette ?
03:17Il se passe quoi ?
03:19Notre volonté initiale était de faire du poisson,
03:21et à terme on ne s'empêche pas de faire du poisson.
03:24Mais ensuite en regardant très vite le marché en France,
03:27concrètement on s'est rendu compte que la crevette,
03:29c'est un très très gros marché,
03:31les Français consomment énormément de crevettes,
03:33il n'y a pas longtemps il y a eu des articles,
03:35la crevette ne connaît pas la crise,
03:36effectivement c'est à la fois un produit festif,
03:38sympathique, que tous les consommateurs consomment,
03:40mais pourtant toutes ces crevettes viennent de l'autre bout du monde.
03:42Si vous allez voir l'étal d'un poissonnier,
03:44vous avez des huîtres élevées en Vendée, en Bretagne,
03:48vous avez du poisson élevé localement,
03:50vous n'avez que des produits frais,
03:51et vous avez des crevettes qui sont en fait vendues fraîchement cuites,
03:53parce qu'elles viennent d'Équateur,
03:55d'Asie du Sud-Est, parfois de Madagascar,
03:57mais en fait ce n'est pas des produits frais,
03:59à part les quelques crevettes d'eau froide,
04:01on a du bouquet, la crevette grise,
04:02qui sont des très belles et des très bonnes crevettes locales,
04:04mais le gros de la consommation vient vraiment de l'autre bout du monde.
04:07Donc ça, vous avez envie de le changer,
04:09donc tout se passe à Nantes.
04:11C'est ça, tout se passe à Nantes.
04:12Et c'est selon le modèle, un petit peu,
04:14de la start-up qu'on avait reçue dans la France Bouche,
04:16il y a quelques années, d'Agricool,
04:18qui cultive des fraises,
04:20dans des parkings souterrains notamment,
04:22c'était ça l'idée de départ.
04:24Agricool a fait partie des projets
04:26qui nous ont inspirés,
04:27un peu comme la société Insect,
04:29qui a démarré sur les insectes.
04:31C'est vraiment l'idée de produire localement
04:33des produits ou des protéines,
04:35qui d'habitude sont produits,
04:37soit ne sont pas encore produits,
04:38soit sont produits de manière plus lointaine.
04:39Nous, on n'a pas vocation à faire de l'aquaculture urbaine,
04:42on va vraiment mettre en place des fermes
04:44plutôt périurbaines,
04:45parce qu'on a besoin de plusieurs hectares
04:47pour installer nos sites,
04:48mais on veut vraiment relocaliser cette production
04:50et se mettre en périphérie des grandes villes
04:52et surtout à proximité des hubs logistiques,
04:54parce que concrètement,
04:55les crevettes ne vont pas de nos bassins
04:57aller à la table du chef ou à l'étale du poissonnier,
04:59mais en fait, elles passent par des zones
05:01comme Rungis ou par des centres logistiques
05:03pour être distribuées.
05:04Donc on se colle aux différents centres logistiques
05:06pour pouvoir distribuer les crevettes.
05:07Donc là, au moment où on parle ce soir sur Europe 1,
05:09Gabriel Bonneux,
05:10vous avez mis en place une ferme
05:12de crevettes d'eau,
05:14pilote,
05:15comme une ferme expérimentale.
05:17Exactement. Aujourd'hui, on a une ferme pilote à Nantes,
05:19c'est l'aboutissement de six ans de recherche et développement.
05:21On a démarré dans un aquarium,
05:23puis quelques piscines de jardin
05:25qu'on peut acheter sur Internet
05:26pour pas grand-chose.
05:27On a déjà déménagé cinq fois notre installation,
05:30et à chaque déménagement,
05:31on n'a pas que déménagé nos ordinateurs
05:33et nos bureaux,
05:34mais on a surtout déménagé des mètres cubes d'eau.
05:36En fait, on a la même eau depuis le début
05:38qui se bonifie,
05:39donc on crée vraiment un terroir aquatique
05:41avec des micro-organismes, des micro-algues.
05:43Donc aujourd'hui, on a cette ferme pilote
05:45qui nous permet de produire 200 kilos de crevettes par semaine.
05:47Ça fait 10 tonnes par an.
05:48Et c'est important de conserver la même eau,
05:50puisque vous l'avez précisé ?
05:51Exactement. Nous, en fait,
05:52on recrée vraiment cet écosystème
05:54naturel vertueux,
05:55et en fait,
05:56la qualité de l'élevage
05:58et le fait qu'on n'ait pas besoin d'antibiotiques
06:00et qu'on ne génère pas de rejets,
06:01ça provient des micro-organismes qui sont dans l'eau.
06:03C'est vraiment...
06:04C'est extraordinaire.
06:05C'est comme de la permaculture
06:07qu'on peut faire dans un jardin,
06:08sauf qu'on l'applique à l'aquaculture.
06:09Donc, c'est de la permaquaculture.
06:10Donc, on n'élève vraiment pas que des crevettes.
06:12On élève des crevettes
06:13et tout l'écosystème vertueux
06:15qu'il y a dans nos bassins.
06:16Là, vous en avez produit combien de crevettes déjà ?
06:18On a produit une vingtaine de tonnes
06:20depuis la création.
06:21Et à destination de qui ?
06:22À qui vous les vendez aujourd'hui ?
06:24Aujourd'hui, on vend nos crevettes en France entière,
06:26principalement à des restaurateurs,
06:29des restaurateurs un peu du quotidien,
06:31mais aussi des chefs étoilés,
06:32notamment ceux qui ont renouvelé
06:34leur macaron Michelin hier.
06:36On travaille avec des poissonniers.
06:38On travaille aussi un petit peu en vente directe
06:40parce qu'on attire vraiment
06:41beaucoup de curiosités
06:42de la part des consommateurs
06:43qui viennent nous voir pour visiter,
06:44pour goûter des crevettes.
06:46C'est la crevette française
06:47que vous avez mis en place.
06:48C'est la crevette française
06:49qui est disponible toute l'année
06:50et qui a une belle histoire durable
06:52et surtout,
06:53qui est très bonne dans l'assiette
06:54et qui est meilleure que les produits
06:55qu'on importe de l'autre bout du monde.
06:57Ça vous inspire quoi autour de la table
06:58La France Bouge ?
06:59Elle est Clément Rey, le cofondateur
07:00et président d'Innovafeed sur Europe 1.
07:02C'est génial.
07:04C'est le genre de projet
07:05que je trouve absolument fascinant
07:06et je pense qu'il y a certains développements
07:08qui sont parallèles
07:09et donc je sais très bien
07:11ce que ça nécessite
07:13de mettre en oeuvre ces visions.
07:15Je pense que je suis toujours
07:17admiratif de la résilience
07:19et des succès
07:21de ces projets.
07:23Vous avez,
07:26en termes de levée de fonds,
07:27comment ça s'est passé ?
07:28Je crois que vous êtes actuellement
07:29en augmentation du capital ?
07:31C'est ça.
07:32On a financé nos différentes étapes
07:33de développement depuis 7 ans
07:34avec plusieurs levées de fonds.
07:36D'abord avec des business angels.
07:38Tout à l'heure, on parlait avec Clément
07:40des fameuses intermédiaires,
07:41les gens à qui Clément vend sa farine d'insectes.
07:44C'est les acteurs à qui nous,
07:45on achète les granulés.
07:46Donc typiquement en France,
07:47on a une coopérative agricole
07:49qui produit des granulés pour l'aquaculture.
07:51Donc eux sont entrés à notre capital
07:52justement pour arriver à développer
07:54un aliment plus durable, plus vertueux.
07:57Donc on a fait entrer des gens,
07:58des experts du secteur.
07:59Et plus récemment,
08:00on a fait entrer un fonds d'investissement à impact
08:02qui a donc une vision long terme
08:04et qui nous accompagne dans cette vision d'impact
08:06de vouloir résoudre des problèmes environnementaux.
08:09Donc c'est le fonds d'investissement
08:10du Crédit Mutuel qui a développé ce fonds.
08:13Donc là, on est de nouveau en levée de fonds
08:14pour financer notre passage à l'échelle industrielle.
08:17Donc on va construire une nouvelle ferme
08:18en Seine-et-Marne,
08:19donc aux portes de Paris et de Rungis.
08:21Et donc là, on est en train de finaliser cette opération.
08:23Donc on cherche les derniers investisseurs.
08:25Benjamin ?
08:26Elles mangent quoi vos crevettes ?
08:27Est-ce qu'elles pourraient manger les protéines de Clément ?
08:30Exactement, et c'est prévu.
08:31Aujourd'hui, nos crevettes,
08:32elles mangent du granulé aquacol
08:33qui contient un mix de protéines végétales,
08:35de protéines animales.
08:36Et on a beaucoup de projets
08:37pour justement remplacer
08:39toutes ces protéines animales,
08:41la farine, l'huile de poisson,
08:42par des protéines plus vertueuses, plus durables,
08:45dont pourquoi pas de la farine d'insectes,
08:46pourquoi pas de l'huile de micro-algues,
08:48ou même on a des coproduits
08:50qui viennent de toutes les usines de filetage
08:52qu'on a à Lorient, à Boulogne-sur-Mer.
08:54Aujourd'hui, on a des déchets
08:55des têtes des arêtes de poissons
08:57qui peuvent être réintégrés dans l'alimentation animale.
08:59Donc c'est vraiment cette logique de circularité
09:01via les insectes
09:02ou via d'autres sources d'ingrédients
09:04pour les aliments.
09:05Vous en êtes à la phase aussi
09:07que vous allez devoir bientôt recruter,
09:09puisque là, tout est mis au point.
09:10Bientôt, une nouvelle usine en Seine-et-Marne,
09:12mais il va falloir avoir des commerciaux
09:13pour faire connaître votre solution.
09:17Et donc, je crois qu'aujourd'hui,
09:19le principal besoin réside là-dessus,
09:21sur les recrutements.
09:22C'est ça. Aujourd'hui, on est une équipe
09:23de 40 personnes.
09:24On couvre toute la chaîne
09:25de la recherche assez fondamentale
09:27jusqu'à la production,
09:28le suivi de la construction d'usines
09:29et la mise sur le marché.
09:30Là, on va construire une nouvelle ferme.
09:32Donc on a deux enjeux.
09:33La crevetticulture, en France métropolitaine,
09:35c'est un nouveau métier.
09:36Donc il faut trouver des gens
09:37qui connaissent la crevette
09:38ou qui veulent apprendre la crevette.
09:39Deuxième enjeu,
09:40on va recruter une vingtaine de personnes
09:42en Seine-et-Marne,
09:43donc à 300 kilomètres
09:44de la côte la plus proche.
09:45Donc trouver des aquaculteurs
09:46qui viendront travailler
09:49en Ile-de-France,
09:50au port de Paris.
09:51Jérôme, comment pouvons-nous aider
09:53et accompagner
09:54Gabriel pour l'ISAQOA ?
09:55Jérôme Giacomoni,
09:56le coach de la France Bouge.
09:57Je pense que les exemples
09:58aujourd'hui montrent
09:59que les nouvelles générations
10:00sont extrêmement sensibles
10:01aux problématiques
10:02de réchauffement climatique,
10:03aux problématiques
10:04de finitude du monde.
10:06Donc je pense que
10:07tu ne devrais pas avoir trop de monde
10:09pour trouver des jeunes
10:10qui ont envie de se lancer
10:12dans le vivant
10:13et dans un vivant respectueux
10:14de la nature.
10:15Donc je pense que tu vas
10:17trouver.
10:18Clément a dû avoir
10:19le même problème
10:20dans la somme.
10:21Il a 300 salariés,
10:22c'est ça Clément ?
10:23Oui, un peu plus aujourd'hui.
10:24Un peu plus pour Innovafeed.
10:25Donc tu vas sans doute
10:27trouver,
10:28tu as plein de jeunes
10:29qui veulent bosser,
10:30tu as plein de jeunes
10:31qui veulent faire plein de choses.
10:32Moi dans le domaine
10:33des parcs d'attractions,
10:34c'est pareil,
10:35ils ont tous envie
10:36de faire plaisir aux visiteurs.
10:37Oui, soit donner du sens,
10:38soit rendre la vie plus agréable.
10:39Oui, c'est ça.
10:40On est là-dessus
10:41sur les motivations.
10:42Et visiter l'aventure aussi.
10:43Et visiter l'aventure,
10:44c'est vrai,
10:45c'est très positif.
10:46Gérôme ?
10:47Oui c'est vrai,
10:48cette histoire de crevettes
10:49c'est incroyable.
10:50Penser qu'en France
10:51on va cultiver de la crevette
10:52et que ça marche.
10:53En fait,
10:54le champ des possibles
10:55est énorme.
10:56Il faut trouver des solutions,
10:57c'est absolument nécessaire.
10:58On ne peut plus aller
10:59pêcher des crevettes sauvages
11:00dans des endroits
11:01qui doivent rester sauvages.
11:02C'est insensé.
11:03Donc il faut absolument
11:04trouver des solutions.
11:05Et puis ça va nous rendre
11:06encore plus forts nous en France.
11:07D'avoir des solutions
11:08comme les vôtres.
11:09On est vraiment aussi
11:10dans une logique
11:11de souveraineté alimentaire.
11:12Complètement.
11:13créer des emplois locaux, non délocalisables, donc c'est vraiment dans les tendances, à la fois
11:17de transition environnementale et de localisme.
11:20Et le défi, est-ce que t'arrives maintenant à être compétitif par rapport à tes concurrents
11:24de Madagascar ou d'Équateur ?
11:26Aujourd'hui, on se positionne un peu plus cher que ces fameuses crevettes de Madagascar
11:30qui sont aujourd'hui ce qui se fait de mieux, la crevette bio, la crevette la belle rouge,
11:33parce qu'on est encore beaucoup trop petit. Avec 10 tonnes de production annuelle,
11:36c'est vraiment une ferme pilote où on les produit et ils en distribuent bien,
11:39donc on est vraiment sur un enjeu de massification, de passage à l'échelle.
11:42Donc à terme, en construisant nos fermes à la bonne échelle, on pourra justement
11:47être sur des gammes de prix comparables à ces crevettes bio de Madagascar.