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00:00Le Club Culture d'Europe Un Matin à présent, Nicolas Caro, le livre du jour pour commencer
00:05un classique du roman noir.
00:06Et oui, ce week-end c'est quai du Polar à Lyon, vous savez, magnifique festival réunion
00:10de tous les grands du genre, je pense que la plupart d'entre eux ont aiguisé leur
00:14arme du crime à la lecture de Jim Thompson.
00:16Les éditions Rivage Noir se sont lancées en 86 avec un titre de l'auteur, Liberté
00:20sous Condition, et aujourd'hui ils rééditent 4 de ces romans dans des éditions illustrées
00:25par Miles Hyman.
00:26C'est dur à décrire mais si vous les voyez vous direz « ah oui, des couleurs saturées,
00:31un petit côté Edouard Hopper », bref, c'est superbe.
00:33Quels sont les 4 livres retenus de Jim Thompson ?
00:36Alors il y a L'Assassin qui est en bois, vous savez, The Killer Inside Me, publié
00:39en 52, l'histoire de Lou, Lou Ford, shérif adjoint dans une petite ville du Texas, spécialiste
00:44de la conversation ennuyeuse, selon ses propres termes, capable de vous endormir à grands
00:49coups de platitudes sur le sens de la vie, on en connaît d'autres, c'est sa méthode,
00:53personne ne se méfie de ce type qui est en fait un tueur compulsif empêtré dans une
00:56affaire avec le gros bonnet local, et il ira au bout de sa folie, c'est ça le truc avec
01:00Thompson, il ne connaît pas le sens du mot stop, dit de lui Stephen King, ou pour citer
01:05un autre grand, Pierre Lemaitre, dit ceci, « Thompson n'a peur de rien » et c'est précisément
01:09ce qui nous fait peur.
01:10C'est drôle aussi Jim Thompson, par le moment.
01:12Oui, comme dans Pottsville, 1280 habitants, on en avait parlé déjà, l'histoire de
01:16Nick Corré, un shérif, encore il se fait de la bile, il est inquiet parce que l'élection
01:20approche, vous savez que les shérifs sont des élus, et Nick n'est pas persuadé de
01:23garder son poste.
01:24Parce qu'il est nul.
01:25Et ben voilà, j'ai réfléchi, j'ai réfléchi, dit-il à la première page, et puis j'ai réfléchi
01:27encore un peu, et j'ai fini par arriver à une décision, ce que je devais faire, j'ai
01:31décidé que je n'en savais foutrement rien.
01:33Et non seulement il ne sait pas, mais il n'en a pas le courage, il faut dire qu'il
01:36est le premier à l'admettre, qu'il ne fait absolument rien, il est lâche, sournois
01:39et feignant, il est shérif mais il est loin d'être le représentant de l'autorité,
01:43c'est un roman génial, et qui lui aussi bascule et va jusqu'au bout de l'idée,
01:47adapté par Tavernier avec Philippe Noiret, sous le titre Coup de Torchon, il y a aussi
01:51Les Arnaqueurs, adapté lui aussi par Stephen Frears avec John Cusack, et puis Nuit de Führer,
01:56l'histoire d'un tueur à gages tuberculeux.
01:58Voilà, Jim Thomson, donc quatre romans édités séparément, c'est ça ?
02:01Oui, c'est ça, mais en même temps, le même jour, mais séparés.
02:03C'est bien Thomson, ce n'est jamais très très long, ça se lit toujours avec bonheur
02:06en quelques heures.
02:07Exactement, ça s'avère comme ça.
02:08Merci beaucoup Nicolas Caro.
02:09La sortie européenne de la semaine, Olivier Benkemoen, alors vous nous emmenez au théâtre
02:12voir Scarlett O'Hara, la dernière conférence de presse de Vivian Leigh, mais qui est Vivian Leigh ?
02:17J'ai l'impression qu'il me regarde comme s'il m'avait déjà vu d'où que je m'appelle, Scarlett !
02:20Ah, Scarlett O'Hara, bah oui, inoubliable Vivian Leigh, actrice britannique, décédée
02:25en 67, une beauté extraordinaire, deux Oscars, pour autant en emporte-vent avec Clark Gable,
02:31et pour un tramway nommé Désir avec Marlon Brando.
02:34Mon cher Marlon, Marlon Brando, l'autre jour, il me demande pourquoi je mets toujours du parfum,
02:40je veux me sentir bon Marlon, pas vous ! Moi, je ne me lave jamais.
02:45Et oui, vous venez de comprendre que dans cette conférence de presse auxquelles le public
02:48est convié, Vivian Leigh balance drôle et fort, elle raconte le culot qu'elle a eu
02:53pour décrocher le rôle de Scarlett, l'enfer, les 157 jours de studio, elle raconte aussi
02:58les tournages qu'elle quitte ou les colères qu'elle pique et qu'elle a oubliées dès
03:02le lendemain car Mademoiselle Leigh souffrait, elle était autant maniaco-dépressive qu'elle
03:06était drôle, et c'est ce que raconte Caroline Cilolle qui adapte et interprète en solo cette pièce.
03:11Elle disait qu'elle avait la plus merveilleuse façon de dire fuck,
03:15et elle le disait tout le temps, et que ça faisait beaucoup rire tout le monde parce
03:18qu'elle n'avait pas l'aspect de quelqu'un qui allait dire des grossièretés.
03:21Les gens l'adoraient, malgré ses crises.
03:23Et il y a des anecdotes un peu plus violentes parce que Hollywood était un endroit violent.
03:29Des studios vous revendaient ou vous louaient.
03:34Et des studios surtout qui l'ont éloigné de son immense amour,
03:37le comédien Laurence Olivier, ce qui a littéralement, mais vraiment littéralement rendu dingue.
03:41Alors cette pièce, c'est sur les coulisses d'Hollywood, Olivier ?
03:44Oui, mais dans cette fausse conférence de presse qui sert à tout déballer,
03:48on croise aussi Shakespeare, Tennessee Williams et même Molière,
03:50puisqu'elle a joué dans plus de 45 pièces.
03:52Elle a été happée par Hollywood, effectivement, les deux, Laurence Olivier et elle,
03:57pour pouvoir ensuite payer les dettes qu'il faisait au théâtre.
04:00Parce que c'était vraiment la seule chose qui les passionnait.
04:04Je déteste Hollywood. Même le climat est ridicule.
04:08Malheureusement, Vivienne Lee est morte à 53 ans, 53 ans seulement.
04:13Elle est décédée des suites d'une tuberculose,
04:15mais probablement aussi terrassée par son chagrin d'amour,
04:18sa rupture avec Laurence Olivier.
04:20Car oui, je suis persuadé qu'on peut mourir d'amour malgré deux Oscars.
04:28Dans la Scarlett O'Hara, la dernière conférence de presse de Vivienne Lee,
04:32c'est-à-dire au Théâtre de Poche à Paris, Montparnasse.
04:35Merci beaucoup, Olivier Benkemoen.

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