"À l'époque, on nous traitait de blédards. J'ai fait des feats avec des R. Kelly, des artistes américains, j'ai rempli des stades…"
De l'internat à la création de sa fondation au Congo, le chanteur Fally Ipupa raconte les moments qui ont changé sa vie.
De l'internat à la création de sa fondation au Congo, le chanteur Fally Ipupa raconte les moments qui ont changé sa vie.
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00:00Je suis l'un des artistes, l'un des pionniers de la musique africaine
00:04qui a ramené quand même
00:07la musique africaine au niveau
00:10où on peut dire que
00:13on a essayé de démystifier les complexes, à l'époque on nous traitait
00:17des blédards mais moi je viens,
00:19je suis des bandales en fait
00:21mais j'ai trop de crédibilité, j'ai fait des feats avec des R. Kelly, des artistes
00:24américains, j'ai rempli des stades.
00:31Quand j'ai fait des collaborations avec des artistes
00:34français, il y a Nasa, on a collaboré trois fois, il y a
00:39Nino, on a collaboré deux fois, il y a Shai, Shai Zee, ma soeur congolaise,
00:44Daju, on a collaboré trois fois, il y a Matt Pokora,
00:48Ayana Kamora, on a collaboré une fois, il y a MHD,
00:52deux fois, on a collaboré deux fois, il y a Nino,
00:55il y a Shai Zee, on a collaboré trois fois, il y a Matt Pokora,
00:59il y a Niska, il y a Niska, Booba, on a fait un hit,
01:04il y a Damso, le plus récent, le succès c'est très très bien,
01:08mais il faut le maintenir, la stabilité c'est le plus important je pense aussi,
01:13et le respect, il faut respecter, moi je ne fais pas,
01:18je ne collabore pas qu'avec des superstars,
01:21comme je l'ai dit, à ma manière bien sûr,
01:24j'aime collaborer avec des supers artistes,
01:27c'est-à-dire des gens qui ont un bon fond,
01:29des gens qui ont du talent, des gens qui ont un respect pour la musique,
01:33pour moi la musique c'est ma vie.
01:40C'est l'une des journées la plus stressante de ma vie,
01:43et la plus cool aussi de ma vie,
01:46aujourd'hui je relativise les choses,
01:54mais le 28 c'était compliqué en fait,
01:57il y avait un concert à l'intérieur,
01:59il y avait des gens qui manifestaient dehors,
02:01qui ne voulaient pas que je fasse ce concert,
02:04c'était des Congolais, qui voulaient à tout prix empêcher,
02:07qui ont frappé d'autres Congolais,
02:09juste parce qu'ils voulaient venir soutenir un artiste Congolais,
02:12ils voulaient juste venir voir un concert.
02:18Aujourd'hui pour moi c'est une histoire ancienne,
02:21c'est l'un des meilleurs souvenirs de ma carrière aussi,
02:25pas parce que j'ai réussi à faire le concert non,
02:28c'est parce qu'aussi le public, les gens ont manifesté leur amour,
02:32leur détermination à ma modeste personne,
02:36surtout qu'on n'est que chanteurs, on ne voulait pas tuer les gens,
02:38on ne voulait pas faire de la politique ou faire de mauvaises choses,
02:43on voulait juste faire un concert,
02:45ça a duré deux heures, trois heures, et la vie continue.
02:52C'était en 2013 en tout cas,
02:55il se passait des choses horribles à l'Est du Congo, donc à Goma,
03:00il y avait des violences,
03:03il y avait des femmes qui se faisaient violer,
03:05des enfants qui se faisaient tuer,
03:07donc ça m'a révolté,
03:09parce que bien avant j'ai aidé toujours,
03:11j'ai rendu visite dans les orphelinats,
03:14je faisais des dons, je faisais des trucs,
03:16mais ce n'était pas d'une manière officielle,
03:18donc j'ai décidé, quand je suis rentré au Congo,
03:20j'ai décidé de créer une fondation avec mes amis,
03:23nous sommes allés visiter l'hôpital Banzi
03:27de notre Prix Nové de la Paix, Dr Mbdeni Mkwege,
03:30Dr Mkwege c'est, en quelque sorte,
03:34la personne qui répare toutes les femmes qui ont subi des viols,
03:41c'est énorme,
03:43c'est pour ça que j'ai toujours un grand,
03:46pour moi, ça doit être le Congolais le plus respecté,
03:51donc voilà, on a vu, on a écouté les histoires,
03:55les témoignages,
03:57et quand j'ai fait mon concert de Bercy,
03:59j'ai décidé de reverser quelque chose pour encourager l'hôpital,
04:05et on a aussi mis de l'eau potable à Kisenso,
04:08Kisenso c'est une commune enclavée de plus de 20 000 personnes
04:12qui n'avaient pas et qui n'ont d'ailleurs toujours pas accès à l'eau potable,
04:15parce qu'il y a beaucoup trop de monde, 20 000 personnes,
04:19donc nous, avec la fondation, on a essayé de mettre un peu d'eau,
04:22et puis un peu d'électricité,
04:24et puis voilà, aujourd'hui on est à notre peut-être 20ème action,
04:27les grandes actions de la fondation.
04:34Quand je pars à l'internat,
04:36c'est là où j'ai décidé de prendre les micros pour la première fois,
04:40c'était trop turbulent,
04:42en fait quand j'étais à la maison,
04:44j'étais très intelligent à l'école,
04:46et quand la musique a commencé à prendre place dans ma tête,
04:49je commençais à devenir vraiment côté école,
04:54j'étais plus focus en fait,
04:56je commençais à négliger les études,
04:58et mon père comme il,
05:00il pouvait tout imaginer sauf un artiste chanteur chez lui à la maison,
05:04c'était une insulte pour lui,
05:07il a décidé de m'envoyer à l'internat,
05:09je suis allé à l'internat,
05:11et ça s'est empiré parce que c'est de là-bas qu'à l'internat
05:16que j'ai pris le micro pour la première fois.
05:19Ma mère me soutenait, elle, elle n'avait pas de problème,
05:22puisqu'elle-même elle chantait déjà à l'église,
05:24ses soeurs chantaient,
05:26mes grandes tantes jusqu'à aujourd'hui chantent à l'église,
05:30donc ma mère n'était pas contre en fait,
05:33elle m'a juste dit tu prends ton bac,
05:35tu lui donnes son bac,
05:37on appelle ça examen d'état chez nous au Congo,
05:39tu lui donnes et puis après tu pourras continuer ta carrière,
05:42et les jours où j'ai pris, j'ai eu mon bac,
05:44j'ai donné, direct,
05:46j'ai dit les études finies.