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Jean-Luc Mélenchon, nucléaire, immigration… Brut a posé vos questions au candidat communiste de l’élection 2022, Fabien Roussel. Voici ses réponses.

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00:00C'est Juberto qui me demande, ah oui, c'est le gars qui veut augmenter la production de viande en France comme si on n'avait pas assez de problèmes environnementaux.
00:08Bon, je veux juste dire à Ju que, en matière de souveraineté alimentaire, la France est dépendante en matière de production de fruits et légumes et en matière de viande.
00:21Ce sont les deux filières où nous sommes dépendants de pays étrangers.
00:25Alors, qu'est-ce que tu veux ? Tu veux qu'on continue d'importer nos fruits et de légumes, notre viande, y compris de la viande pourrie, chargée d'antibiotiques,
00:35les poulets du Brésil, le mouton de Nouvelle-Zélande, ou est-ce que ce n'est pas mieux de les produire en France sur des systèmes herbagers de plein air,
00:46respectant la terre, respectant les animaux, le vivant, respectant les hommes et les femmes qui produisent, et faire en sorte que nous mangions tous de la viande,
00:57que nous en mangions moins, il faut en manger moins, mais que nous en mangions de la bonne, produite en France et respectueuse de la terre, des animaux et des agriculteurs.
01:08Et c'est tout simplement la proposition que je fais.
01:13Fabien Roussel, il est interdit en France aujourd'hui d'importer de la viande nourrie d'antibiotiques, ou en tout cas remplie d'antibiotiques pour améliorer sa croissance.
01:22En quoi est-ce que la viande française est de meilleure qualité que la viande étrangère ?
01:24Ah, ce serait beau si c'était vrai ! Ce serait beau si c'était vrai !
01:28C'est la loi en tout cas.
01:29Mais oui, mais justement, je propose de mettre en place une police alimentaire capable d'aller contrôler ces aliments qui viennent de l'étranger,
01:39capable de contrôler quand nous passons des accords commerciaux avec d'autres pays sur l'importation de produits.
01:45Je ne dis pas qu'il ne faut plus du tout importer, sinon il y a des produits que nous sommes incapables de faire ici et auxquels nous pourrions avoir envie de consommer.
01:57Mais il faut contrôler justement que les normes sanitaires que nous exigeons pour notre propre santé, pour le climat,
02:05mais que ces normes sanitaires soient au moins respectées par ceux qui les produisent à l'étranger.
02:12Et donc oui, je veux beaucoup plus de contrôles et que ces normes soient respectées.
02:17Et puis quand même, on importe aujourd'hui plus de 50% du poulet qu'on consomme en France, transformé en forme de nuggets et compagnie.
02:25On ne peut pas les faire chez nous.
02:26Avant, ça se faisait chez nous.
02:28Et donc il vaut mieux produire chez nous ce que nous consommons chez nous et en respectant ces normes.
02:33C'est une question de santé.
02:34C'est bon aussi pour le climat et c'est bon socialement parce que c'est de l'emploi, c'est du salaire que nous créons en France.
02:42La question suivante, s'il vous plaît, sur la tablette.
02:45Pourquoi soutenez-vous la chasse ?
02:48Oh là, question rapide.
02:50La chasse fait partie de notre histoire.
02:53Elle a été la chasse populaire.
02:56C'est la Révolution française.
02:57Avant, il n'y avait que les seigneurs qui pouvaient chasser.
02:59Après la Révolution, le peuple pouvait chasser pour se nourrir.
03:04Et donc aujourd'hui, je demande à ce que l'on respecte tous ceux qui pratiquent la chasse.
03:11Il y a 3 millions de permis de chasse en France, 1 million renouvelés tous les ans.
03:17Il n'y a pas d'autres pays comme ça en Europe.
03:19Nous devons pouvoir vivre ensemble, vivre ensemble dans la nature, pratiquer les loisirs tous ensemble dans la nature,
03:28dans le dialogue et dans le respect.
03:31Et donc, il faut créer toutes les conditions pour que ce dialogue existe.
03:37Et si on interdit demain la chasse, le week-end ou pendant les vacances,
03:43je pense moi aussi à ces chasseurs, ouvriers, salariés qui font ça quand ils ont des loisirs,
03:51quand ils ont des vacances ou les week-ends.
03:53Eux, ils n'ont pas les moyens d'aller chasser en Afrique en affrétant un jet privé.
03:57Et ça, je ne partage pas du tout par contre.
03:59Et donc, si on veut que cette pratique reste populaire,
04:04il faut mettre en place le dialogue permettant à tous d'avoir accès à la nature et d'y pratiquer ses loisirs.
04:11Vous avez dit que c'était pour se nourrir par le passé, c'est vrai.
04:14Là, vous avez employé plusieurs fois le mot de loisir qui peut choquer pas mal de gens qui nous écoutent.
04:19Est-ce que vous comprenez que ça puisse choquer de parler de loisir quand on parle de tuer des animaux ?
04:24Bien sûr, je le comprends parfaitement.
04:26Et j'en ai discuté aussi avec les représentants de la chasse
04:32parce qu'ils doivent tenir compte qu'aujourd'hui, dans nos campagnes,
04:36il y a de plus en plus d'habitants, de personnes qui viennent des villes s'installer à la campagne.
04:42On l'a beaucoup vu, ce mouvement-là, d'ailleurs, pendant la pandémie.
04:46Et donc, nous devons apprendre à vivre ensemble.
04:50Merci. Question suivante, s'il vous plaît.
04:52Bonjour, M. Xavier Roussel, j'ai une question pour vous sur Brut.
04:56Je voulais savoir pourquoi vous êtes pro-nucléaire ?
04:59Alors, je suis pro-mix énergétique.
05:03Je ne suis pas seulement pro-nucléaire, je suis pour aussi investir
05:06et investir fortement dans les énergies renouvelables.
05:08Et puis investir parallèlement aussi dans la production d'énergie issue de nos centrales nucléaires
05:14parce que notre volonté, mon objectif, c'est que nous arrivions à nous passer des énergies fossiles,
05:22c'est-à-dire du charbon et du pétrole, mais aussi du gaz à plus long terme.
05:28Mais tout de suite, c'est pétrole et charbon.
05:30Et pour se passer de ces énergies, il faut agir dans deux directions.
05:34Un, la sobriété énergétique, investir dans les logements, dans les transports en mode doux.
05:39Et deux, augmenter la production d'électricité.
05:42Sinon, on ne pourra pas répondre aux besoins du pays,
05:45on ne pourra pas répondre aux besoins des entreprises,
05:47on sera toujours dépendant de puissances extérieures.
05:51Regardez ce qui se passe avec la Russie.
05:52Moi, je veux pouvoir retrouver notre indépendance,
05:55produire une électricité, une énergie décarbonée provenant autant des renouvelables que du nucléaire.
06:02Il faut investir dans les deux et dans un service public.
06:04Je suis le seul à défendre un service public et des renouvelables et du nucléaire.
06:09Fabien Roussel, en ce moment, il y a beaucoup de consultations publiques
06:12dans des régions de l'Est de la France, dans la Meuse par exemple,
06:14autour de Bure, sur l'enfouissement des déchets.
06:16Les habitants ne sont pas du tout favorables à cela.
06:19Qu'est-ce que vous leur dites ?
06:20Cette question de traitement des déchets est une question effectivement sensible
06:26à gérer pour tous les pays qui ont fait le choix d'investir dans l'énergie,
06:32dans la production d'énergie nucléaire.
06:34Et donc, il faut y mettre les moyens dans la sécurité et dans le traitement de ces déchets.
06:40Ne pas les déléguer à d'autres pays, ça serait inadmissible.
06:46Il faut pouvoir les traiter nous-mêmes.
06:48Aujourd'hui, la seule solution qui existe, c'est celle de l'enfouissement.
06:51Et donc, tous les pays sont confrontés à ça et le font parce qu'il n'y a pas d'autre choix.
06:56Mais il faut aussi investir, investir dans la recherche et faire confiance à la science
07:01car il sera possible demain de produire de l'électricité nucléaire
07:06en ayant quasiment plus de déchets, en réutilisant ces déchets.
07:11L'avenir, c'est aussi ça.
07:14Comment vous allez mettre en place une stratégie pour réduire au maximum les violences faites aux femmes ?
07:21Pour réduire les violences faites aux femmes, il faut investir et y mettre les moyens.
07:25Nous réclamons un milliard d'euros d'investissement par an.
07:29C'est investir d'abord dans des moyens dans nos commissariats,
07:34les gendarmeries avec des personnels formés, qualifiés pour recueillir les paroles, protéger les femmes.
07:42Il faut donner plus de moyens à la justice, notamment pour que le délit, quand il est réel,
07:51que les personnes soient sanctionnées et que les auteurs de ces victimes ne recommencent plus.
07:57Je propose aussi la création de maisons dédiées pour protéger les femmes,
08:02recueillir leurs paroles quand elles ne souhaitent pas aller au commissariat,
08:07pour pouvoir les écouter et les protéger.
08:10C'est la question notamment du logement puisque normalement,
08:14c'est à l'auteur de ces violences qu'ils devraient quitter le logement.
08:17Mais bien souvent dans la vie, ce n'est pas ça qui se produit.
08:19Et donc, il faut pouvoir protéger ces femmes et leurs enfants puisque souvent, ce sont des familles.
08:25Pour la protection des femmes, il y a aussi justement la lutte contre le harcèlement de rue.
08:29Comment on lutte contre ça aujourd'hui ?
08:31Par la sanction, il faut pouvoir être ferme.
08:33Le mouvement MeToo a permis justement et de libérer la femme,
08:38et a permis de dire que la peur devait changer de camp.
08:41Et donc, les hommes qui sont auteurs de ces violences doivent être retrouvés,
08:49doivent être condamnés et suffisamment condamnés.
08:52Non mais quoi comme moyen ?
08:54Dans la rue, il y a des policiers qui...
08:56Parce que c'est toujours la question du flagrant délit.
08:57Une femme qui est suivie dans la rue, qui est insultée,
09:00il n'y a pas forcément un policier qui est là à quelques mètres pour constater ça.
09:04Comment on fait justement pour que concrètement,
09:06les femmes puissent aujourd'hui se sentir plus en sécurité quand elles sortent ?
09:09On sait par exemple que dans les transports en commun,
09:11100% des femmes disent avoir vécu des situations de harcèlement,
09:14ou en tout cas des situations compliquées.
09:16Vous avez bien raison.
09:17Et d'ailleurs, quand j'ai dit qu'il fallait investir dans la sécurité,
09:20que je voulais prendre cette question à part entière,
09:22je me suis fait chambrer,
09:23eh bien j'assume tellement,
09:25oui, il y a besoin de plus de moyens de police, de protection,
09:30notamment de ces femmes, de ces jeunes filles
09:33qui sont agressées dans les transports collectifs dans la rue.
09:36Plus de bleu pour protéger et pour pouvoir attraper
09:41les auteurs de ces actes de violence.
09:45Mais ça ne suffira pas si derrière,
09:48il n'y a pas des moyens donnés à la justice.
09:50Car bien souvent, quand une plainte est déposée,
09:53elle est traduite en justice au bout d'un an, deux ans, trois ans,
09:58je n'en veux pas aux magistrats.
10:00Ils demandent eux-mêmes plus de moyens
10:02et il faut investir aussi fortement dans la justice.
10:06Bonjour M. Roussel.
10:07On sait que l'immigration est un sujet qui divise beaucoup
10:10lors de cette période de campagne électorale,
10:12notamment entre d'une part les candidats
10:14qui veulent accueillir tous les immigrés
10:16et ceux qui préfèrent plutôt atteindre un objectif de zéro immigration.
10:20Je voudrais donc savoir quelle est votre position
10:22et si vous êtes élu, souhaitez-vous mettre en place
10:24des mesures concernant cette problématique ?
10:26Merci d'avance et bon courage pour la suite.
10:29Alors, c'est une question importante.
10:32Je ne partage pas l'idée de zéro immigration.
10:36C'est impossible.
10:37Tous ces hommes et ces femmes qui viennent de pays extérieurs à la France
10:43et qui participent à la richesse du pays,
10:46à bâtir notre pays, à nous soigner, à tout faire.
10:51Ils participent à toutes les activités.
10:53Eh bien, il faut les respecter, leur donner des droits,
10:57les mêmes droits qu'aux citoyens français.
11:01Ils payent des cotisations.
11:04Ils doivent donc avoir accès aux mêmes droits que les citoyens français
11:09et on ne doit pas faire de différence pour cela.
11:13Alors, vous ne dites pas d'immigration zéro,
11:15mais est-ce que vous la limitez quand même
11:16ou c'est porte ouverte, tout le monde peut venir ?
11:18Moi, je suis pour mettre en place des voies légales et sécurisées
11:26de l'immigration pour lutter contre cette immigration illégale
11:35qui met en danger.
11:36Mais la question, c'est de se dire, aujourd'hui, par rapport à la migration,
11:39est-ce que vous expulsez certaines catégories de personnes ?
11:42Donc, vous n'expulsez personne.
11:43Je régulariserai tous ces travailleurs sans papier
11:50qui sont aujourd'hui embauchés, qui payent des cotisations
11:54et qui n'ont même pas le droit de pouvoir circuler
11:57parce qu'ils font l'objet de nos QTF, une obligation de quitter le territoire.
12:00Est-ce que vous avez évalué le nombre de régularisations que vous feriez ?
12:05Je ne saurais pas vous dire combien il y a aujourd'hui
12:08de travailleurs sans papier à régulariser.
12:11Vous m'excuserez, mais je n'ai pas de chiffre en tête.
12:13Merci.
12:16Bonjour M. Roussel.
12:18Vous faites partie du Parti communiste français
12:20qui, en 2012 et 2016, soutenait Jean-Luc Mélenchon.
12:25Je voulais savoir quels étaient les points de divergence
12:29qui ont fait que vous avez décidé de partir en campagne.
12:33Merci.
12:35Bonjour, merci pour votre question.
12:36Alors, nous avons exprimé très tôt
12:41les différences dans notre programme,
12:43dans le projet de société que nous voulons construire.
12:46Il y a la question de l'énergie, elle est fondamentale,
12:48et je l'ai dit, je suis pour un mix énergétique,
12:50ne renouvelable et nucléaire,
12:52et lui ne veut pas entendre parler du nucléaire.
12:56J'ai mis très tôt aussi la question du droit à la tranquillité
12:59et la sécurité pour tous.
13:01Cela m'a même été reproché, mais je la revendique
13:04et je dis oui qu'il faut investir dans ces moyens
13:07pour garantir à tous la tranquillité publique
13:10et investir aussi dans nos services publics.
13:12J'ai aussi eu d'autres sujets qui ont montré nos différences.
13:16Quand j'ai tenu d'ailleurs cette grande soirée d'initiative de soutien
13:19aux salariés de Charlie Hebdo,
13:22en défendant la liberté d'expression
13:24sans y mettre derrière d'adjectifs ou d'adverbes,
13:27cela a pu aussi m'être reproché.
13:31Puis enfin, sur les questions économiques,
13:33nous avons des différences d'approche.
13:36D'abord, nous ne disons pas que l'État en dernier ressort
13:39est celui qui doit empocher tout le monde.
13:41Nous voulons, nous, faire en sorte que les entreprises,
13:44le privé, participent au redressement du pays
13:48et que les salariés dans les entreprises aient plus de pouvoir
13:52pour pouvoir agir sur nos modes de production
13:56et pour que l'on puisse embaucher, relocaliser nos activités en France.
14:01Et d'un côté, on a aussi dans le camp de la France insoumise
14:03des personnes qui disent mais on n'est pas en position
14:06pour l'instant d'aller au second tour
14:07et le risque, c'est de voir finalement un duel Macron-Marine Le Pen.
14:12Et certains vous en tiennent responsable en disant
14:14c'est des unions de la gauche.
14:16– Oui, mais d'accord, ça…
14:17– Est-ce que les électeurs de Roussel peuvent être des électeurs de Mélenchon ?
14:21– Ça vous savez, en fonction de son âge, on n'a pas la même expérience.
14:28Mais moi à 50 ans, j'en ai marre qu'on me dise à chaque fois
14:32attention il y a le Front National au second tour, il faut voter ça.
14:35Attention la gauche ne sera pas qualifiée, il faut voter ça et on vote par défaut.
14:40On vote par défaut, on ne vote plus pour ses idées,
14:42on ne vote plus pour soi-même,
14:43on ne vote plus pour celui dans lequel on se sent le plus proche,
14:46on ne vote plus pour le programme pour lequel on a envie de s'engager.
14:50On vote par défaut.
14:51Enfin merde, on est dans une société démocratique
14:55avec une élection où il y a deux tours.
14:57Si on a deux, c'est qu'il y en a un où on choisit pour qui on vote
15:00et un deuxième où on élimine celui que l'on ne veut pas.
15:04Sinon, on n'a qu'à copier le modèle américain.
15:07Républicain, démocrate, Biden-Trump, affaire réglée.
15:11Et on n'en parle plus.
15:12Mais ça, ce n'est pas la richesse de notre pays.
15:17Changement de main.
15:18C'est une question de Baptiste.
15:21C'est quoi un communiste du XXIème siècle ?
15:24C'est un communiste heureux.
15:25C'est un communiste bien dans ses baskets, lucide sur le passé,
15:30qui dénonce le stalinisme, les régimes autoritaires.
15:34Et je n'ai aucun état d'âme là-dessus.
15:37Moi, mon engagement politique, il est ancré dans l'histoire de France.
15:42Avec ses parts d'ombre, mais ses parts de lumière aussi.
15:46Je prends tout, j'assume tout.
15:49Je ne fais pas comme ces partis qui changent de nom
15:51quand ils ont des gamelles au cul.
15:53Ceux qui ont collaboré, ceux qui ont eu des affaires.
15:57Non, non.
15:57Nous, on assume toute notre histoire.
16:00Mais surtout, je me projette sur l'avenir.
16:03Et dans le communisme, il y a commun.
16:05Et je souhaite que l'on mette en commun toutes nos richesses
16:09pour les mettre au service du développement humain et de la planète.
16:15Bonjour M. Roussel et merci de répondre à ma question.
16:17Alors, finalement, Staline, camarade ou pas camarade ?
16:21Ah, je ne suis pas camarade.
16:22J'explique en deux mots quand même.
16:24C'était de l'émission Au Tableau.
16:25Sur ces huîtres, un gamin vous demande où est-ce qu'on doit mettre Staline.
16:28Vous hésitez un moment quand même
16:30à le mettre dans la colonne camarade ou non camarade.
16:32En fait, c'est parce que j'ai voulu,
16:34mais peut-être que j'aurais dû d'abord le mettre dans la case pas camarade,
16:38ce que je viens de dire.
16:39Mais dire aussi qu'au lendemain de la guerre,
16:44il a été célébré avec Roosevelt, Churchill, De Gaulle,
16:49parmi les héros qui ont permis d'abattre le nazisme.
16:54Et il a été vécu pendant longtemps comme un des héros,
16:58la bataille de Stalingrad, etc.
17:01Mais quand on connaît les morts, les goulags, la responsabilité,
17:06le sang qu'il a sur les mains, pas camarade.
17:09Sur le vote à 16 ans, est-ce que vous êtes pour ou contre ?
17:12Alors, la question du vote à 16 ans est posée
17:16comme un moyen de lutter contre l'abstention.
17:19Aujourd'hui, le vote, à partir de 18 ans, existe.
17:23Et pour autant, l'abstention est énorme
17:26parmi cette tranche d'âge des 18-25 ans.
17:30Alors, est-ce que c'est en l'abaissant l'âge à 16 ans
17:33que ça va changer les choses ?
17:35Je m'interroge, mais j'en doute même.
17:38Je le dis, mon choix n'est pas forcément d'abaisser l'âge
17:43du droit de vote à 16 ans,
17:45parce qu'abaisser l'âge du droit de vote à 16 ans,
17:48c'est abaisser aussi la majorité à 16 ans.
17:52Et c'est donc l'abaisser aussi
17:54pour des questions de droit pénal, de justice.
17:58Et ça veut dire que quelqu'un de 16 ans
18:02pourrait être, demain, jugé comme un adulte
18:07et subir les mêmes peines qu'un adulte.
18:10Et ça, ça pose d'autres questions derrière.
18:13Par contre, je préfère que nous nous interrogeons,
18:15nous, responsables politiques, pour faire…
18:18Est-ce qu'il faut forcément le choix ?
18:20Est-ce qu'on pourrait décorréler les deux ?
18:22On pourrait décorréler l'âge du vote
18:24et puis la majorité pénale.
18:26Mais, alors, il faut ouvrir la question,
18:28savoir comment on peut décorréler les deux.
18:30En tout cas, pour convaincre des jeunes d'aller voter,
18:33et j'en ai rencontrés tellement, qui sont exigeants
18:36et qui ont de si belles exigences pour eux-mêmes,
18:39pour la société, pour le climat,
18:41pour l'intérêt général.
18:44Eh bien, toutes ces exigences, il faut pouvoir
18:47non seulement les entendre, mais construire avec
18:49la jeunesse de notre pays,
18:51la France dans laquelle ils veulent vivre.
18:53Il y a une expression qui dit, il faut que jeunesse
18:55se passe. Eh bien, moi, je dis,
18:57il faut que jeunesse se fasse,
18:59et il faut qu'on fasse ensemble.
19:01Monsieur Roussel, pendant Covid,
19:03on a beaucoup parlé de précarité étudiante.
19:05On n'en parle plus trop aujourd'hui
19:07et c'est un gras absent de cette campagne politique.
19:10Je voudrais tant que ça va,
19:12ce que vous comptez faire pour nous,
19:14qui sommes étudiants, aujourd'hui ?
19:16D'abord, je mettrai en place
19:18un revenu étudiant le plus vite possible,
19:20et peut-être pourrions-nous
19:22le mettre en place pour septembre 2022.
19:24Un revenu étudiant à partir
19:26de 850 euros net par mois,
19:28pouvant aller jusqu'à 1000 euros en fonction
19:30de la situation de l'étudiant.
19:32L'objectif est de garantir à chaque étudiant
19:34la possibilité d'avoir un revenu,
19:36une allocation, lui permettant
19:38d'étudier sans être obligé
19:40de travailler à côté.
19:42C'est une mesure d'égalité, de justice
19:44que nous devons
19:46vite mettre en place
19:48pour garantir à chacun
19:50des étudiants de France
19:52les meilleures conditions
19:54d'études. C'est aussi comme ça
19:56qu'on construit l'avenir du pays.
19:58On a appris que le SMIC allait augmenter
20:00le 1er mai entre 2,4 et 2,6%
20:02pour faire face à l'inflation.
20:04Dans votre programme, vous, vous parliez
20:06d'un SMIC à 1500 euros net, ça fait
20:081923 euros brut. La question, c'est
20:10est-ce que ça ne risque pas de se révéler contre-productif
20:12en matière d'emploi ? On sait que certains entrepreneurs,
20:14qu'est-ce qu'ils répondent quand on parle
20:16d'augmentation des salaires à ce niveau-là ?
20:18D'abord, l'inflation, elle va passer les 4%,
20:20donc on va encore avoir un SMIC qui ne va même pas le suivre.
20:22Et à force de dire qu'on ne peut pas augmenter le SMIC
20:24parce que c'est compliqué,
20:26on a aujourd'hui des travailleurs pauvres.
20:28Et donc, moi, je dis stop.
20:30On m'a même expliqué qu'on ne pouvait pas faire l'égalité salariale
20:32femme-homme parce que ça coûtait cher.
20:34Alors ça suffit, quoi.
20:36Ce qui coûte cher aujourd'hui, c'est le capital.
20:38Ce qui coûte cher, c'est l'évasion fiscale.
20:40Ce qui coûte cher, c'est la privatisation
20:42Je souhaite que l'on puisse retrouver
20:44la France de la bonne paye avec des bons salaires.
20:46Concernant les multinationales
20:48qui distribuent des bénéfices
20:50et même des dividendes, elles ont les moyens d'augmenter les salaires.
20:52Les PME, les artisans,
20:54les petites entreprises, nous les accompagnerons.
20:56Nous les aiderons.
20:58Nous leur donnerons des marges de manœuvre
21:00pour qu'elles puissent, elles aussi,
21:02augmenter les salaires, faire l'égalité salariale.
21:08C'est une question écrite.
21:10Dans le cas Création,
21:12est-ce que vous allez rendre l'argent
21:14de votre travail fictif ?
21:16Vous allez vite en besogne.
21:18J'ai fait l'objet
21:20d'un article
21:22de Mediapart.
21:24J'ai répondu à ces questions.
21:26J'ai exercé
21:28une profession,
21:30un métier,
21:32avec cœur,
21:34pour un député.
21:36Quand on est un militant communiste
21:38ou un militant parlementaire
21:40pour un député communiste, je peux vous dire
21:42qu'on ne compte pas son temps,
21:44ses heures de travail
21:46au service de la cause,
21:48au service du député.
21:50Je suis certain
21:52que je…
21:54Il n'y a pas eu qu'un article.
21:56Il y a aussi le Parquet national financier
21:58qui a ouvert une enquête sur des soupçons d'emplois fictifs.
22:00Je répondrai à toutes les questions
22:02qui me seront posées.
22:04Parler d'emplois fictifs,
22:06c'est un travail personnel.
22:08Quand on est un militant communiste,
22:10quand je fais partie de ces candidats
22:12qui ont le patrimoine le plus petit,
22:14quand je fais partie de ces rares députés
22:16qui reversent une partie de ces émoluments,
22:18parce que nous, on ne s'enrichit pas
22:20quand on est élu,
22:22nous, on reverse une partie de nos émoluments.
22:24Moi, je reverse tous les mois
22:262 000 euros à mon parti
22:28qui organise derrière, avec cet argent,
22:30de la solidarité, des ventes de fruits et légumes,
22:32des journées à la mer.
22:34Voilà la réalité de notre engagement politique.
22:36Alors,
22:38je répondrai à toutes les questions,
22:40en toute transparence, mais aujourd'hui,
22:42c'est l'élection présidentielle qui me préoccupe.
22:44– Mais vous avez été contempté par les enquêteurs ?
22:46– Non, c'est pour ça que c'est la presse qui m'informe,
22:48c'est vous qui me le dites
22:50et je réponds.
22:52Et quand je recevrai cette convocation,
22:54j'y répondrai tout naturellement.
22:56Je respecte et le travail des journalistes
22:58et le travail de la justice
23:00et je suis certain
23:02que je ferai la démonstration
23:04de la réalité de mon travail.
23:06– Merci.
23:08– Merci beaucoup Fabien Roussel.
23:10– Merci beaucoup.

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