Sonia Mabrouk reçoit les acteurs de l'info du jour, nos experts et nos journalistes dans #MidiNews
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00:00:00Bonjour à tous et bienvenue à vous pour Midi News. C'est un plaisir de vous accompagner en ce début de semaine.
00:00:05Dans quelques instants, je vous présente nos invités. Mais tout d'abord, le programme de ce jour.
00:00:10On va beaucoup parler, vous vous en doutez, de souveraineté dans cette émission.
00:00:13De souveraineté avec le sursaut tant attendu de l'Europe s'il vient.
00:00:17De frontières aussi, puisqu'on parle beaucoup et a raison de frontières ukrainiennes.
00:00:21Mais qu'en est-il de la souveraineté en France, de nos frontières françaises ?
00:00:25Quand on sait par exemple que la drogue en partie passe par ces mêmes frontières.
00:00:29Nous irons à Dijon puis à Avignon avec des conséquences, vous le verrez, désastreuses et mortifères.
00:00:35Sur l'Algérie, qui parle vraiment au nom de la France ? Quelle est la voix de la France ?
00:00:40Au final, vous me direz que c'est celle du Président de la République qui a désavoué le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur.
00:00:46Mais comment un même exécutif n'a pas pu se mettre d'accord sur la ligne ?
00:00:50Ce qui a donné lieu à des unes algériennes assassines sur Bruno Rotaïo, dont celle d'Alouatan.
00:00:56Avec comme titre « Macron désavoue Rotaïo ».
00:01:00Et puis il y a eu les photos, les accolades et puis les grands mots hier à Londres avec la réunion des alliés de l'Ukraine.
00:01:06On a parlé de sursaut, de réveil, de réarmement, d'Europe de la défense,
00:01:10depuis l'Amérique de Trump qui retire le parapluie américain.
00:01:14Et le Président français a relancé le débat explosif sur notre dissuasion nucléaire,
00:01:18élargi et non pas mutualisé.
00:01:20On en parlera notamment avec Alain Bauer qui nous rejoindra à partir de 13h.
00:01:24Voilà pour le programme, chargé, vous l'aurez compris, tout d'abord, le journal.
00:01:28Bonjour à vous, cher Somaïa Labidi.
00:01:30Bonjour Sonia, bonjour à tous.
00:01:31A la une de l'actualité, le Kremlin appelle à forcer Zelensky à faire la paix.
00:01:36Réaction de Moscou après la spectaculaire passe d'armes entre le Président ukrainien et Donald Trump.
00:01:41Vendredi à la Maison Blanche, une passe d'armes qualifiée d'altercation sans précédent par la Russie.
00:01:48Et pendant ce temps, un débat s'envoite sur l'Ukraine à l'Assemblée nationale
00:01:52dès 17h cet après-midi pour déterminer la stratégie à adopter.
00:01:56François Bayrou prendra donc aujourd'hui la parole devant les députés.
00:02:00Et demain, le Premier ministre s'adressera aux sénateurs.
00:02:04Dans le reste de l'actualité, les artisans vont debout contre l'entrée en vigueur
00:02:08de la voie de covoiturage sur le périphérique parisien.
00:02:12Ça va créer des problèmes et réduire l'activité.
00:02:14Un député a réagi ce matin sur notre antenne, l'un de leurs représentants.
00:02:19« Ça gronde. Depuis quelque temps, ça gronde très fort dans les secteurs de l'artisanat du bâtiment.
00:02:26Ça va encore réduire notre activité.
00:02:29On avait perdu quasiment 50% de temps et de dépannage qu'on pouvait faire dans Paris.
00:02:34Et là, ça va encore réduire l'activité.
00:02:38Moi, j'en veux plutôt à ces politiques, à ces élus qui sont là.
00:02:43Normalement, ils devraient être là pour voir un petit peu ce qui va se passer dans le temps.
00:02:46Préparer l'avenir.
00:02:47Préparer l'avenir, c'est ça.
00:02:48Et aider ceux qui travaillent.
00:02:50Et là, ils sont incapables.
00:02:51On interdit tout.
00:02:53On interdit tout dans ce pays.
00:02:54Ça ne va pas s'arrêter là, tout ça.
00:02:56Il y a des choses qui sont prévues, des actions.
00:03:00Parce que les gens, on n'en peut plus. »
00:03:03Et puis, un petit peu plus léger, Sonia, on termine avec le triomphe de Sean Baker,
00:03:07réalisateur d'Anora, avec cinq Oscars, dont celui du meilleur film.
00:03:11Quant à Zoe Saldana, elle décroche celui du meilleur second rôle féminin
00:03:15pour son personnage d'avocat désabusé dans Emilia Perez de Jacques Audiard.
00:03:21Voilà ce qu'il fallait retenir de l'actualité à midi, Sonia.
00:03:24Merci, Somaya.
00:03:25Je vous dis à tout à l'heure pour le rappel des titres.
00:03:27Je salue Naïma M. Fadel.
00:03:29Merci d'être là.
00:03:29Bonjour à vous, chère Naïma.
00:03:30Bonjour, Sonia.
00:03:31Arthur Devatrigan nous accompagne.
00:03:32Bonjour, Sonia.
00:03:33Bonjour.
00:03:34Tout comme Sarah Salman.
00:03:36Bonjour, Sonia.
00:03:37Bonjour.
00:03:37Merci d'être là.
00:03:38Alexandre Devecchio également.
00:03:39Bonjour.
00:03:39Je vous l'ai dit dans le titre, on va beaucoup parler de souveraineté, forcément,
00:03:42de frontières également.
00:03:43Mais avant de parler des frontières extérieures et de souveraineté européenne,
00:03:48pour reprendre ce que dit très souvent Emmanuel Macron,
00:03:50si nous parlons de souveraineté française et de frontières intérieures,
00:03:53si encore elles existent, pourquoi ?
00:03:55Parce que généralement, la drogue passe par ces frontières,
00:03:59les produits, mais aussi ceux qui les transportent.
00:04:02Et peut-être en partie les narcotrafiquants qui œuvrent,
00:04:05si je puis dire, à Dijon, à Avignon,
00:04:07passent-ils aussi leurs produits par ces frontières devenues passoires ?
00:04:10En tous les cas, je voudrais qu'on ouvre cette émission par ce qui s'est passé à Dijon.
00:04:15Encore une fois, c'est une médiathèque qui a été incendiée.
00:04:19Ces sujets nous intéressent parce qu'ils touchent tout simplement la population.
00:04:22Souvent d'ailleurs, ce sont les mêmes, les classes populaires, moyennes,
00:04:25qui ont accès à ces établissements.
00:04:28Et c'est une offensive sans précédent des narcotrafiquants
00:04:31qui se sentent tout puissants et qui ont aussi, vous le verrez tout à l'heure,
00:04:34menacé nos équipes de CNews qui les ont suivies,
00:04:37qui les ont intimidées tout d'abord autour sur ce qui s'est passé
00:04:40précisément avec Corentin Alonso et Alice Sommerer.
00:04:46Au lendemain de l'incendie,
00:04:48certains habitants du quartier des Grésilles prennent en photo les dégâts.
00:04:51La médiathèque Champollion a été prise pour cible
00:04:54dans la nuit de samedi à dimanche.
00:04:57Je me suis levée, j'ai vu qu'il y avait des émanations bizarres.
00:05:00J'ai vu les pompiers qui étaient en train de revenir pour la deuxième fois
00:05:05sur cette pauvre bibliothèque.
00:05:08Le bâtiment public a été incendié pour la deuxième fois en deux semaines.
00:05:11Le parquet de Dijon évoque un acte possiblement criminel
00:05:14en lien avec le trafic de stupéfiants.
00:05:17La maire de Dijon a tenu à se rendre sur place.
00:05:20S'en prendre à une médiathèque, c'est lamentable, c'est inadmissible,
00:05:24puisque là c'est la République qui est attaquée.
00:05:28Selon le préfet de Côte d'Or, cet incendie serait lié
00:05:31aux actions de police menées dans ce quartier sensible.
00:05:34C'est la deuxième fois que ce bâtiment public, une médiathèque, est incendié.
00:05:39Les constatations montrent clairement que c'est un acte criminel.
00:05:43Ce n'est pas un accident et il y a tout lieu de penser
00:05:46que c'est en représailles d'actions de police
00:05:49qui sont quotidiennement conduites dans ce quartier
00:05:52pour lutter contre le trafic de drogue.
00:05:56Des policiers de la CRS 83 ont été déployés en renfort.
00:06:02Ils ne défendent plus seulement les points de deal, Alexandre Devecchio.
00:06:06J'ai l'impression, et pas seulement moi, mais surtout ceux qui s'y connaissent,
00:06:09les magistrats, ceux qui sont en première ligne.
00:06:11On est dans une guerre de commando contre la puissance publique.
00:06:14En réalité, il y a un basculement qui est déjà passé.
00:06:17On est dans un État dans l'État et dans une guerre contre l'État
00:06:21et je dirais même plus contre tous les symboles de la République
00:06:27ou tous les symboles de la France, d'une certaine manière.
00:06:30S'en prendre à une médiathèque, ce n'est pas neutre.
00:06:32C'est un lieu de culture et d'émancipation.
00:06:35Ça veut dire que les dealers, les racailles, ceux qui tiennent le quartier
00:06:39ne veulent pas que la population s'émancipe, devienne française
00:06:44et ait accès à la culture.
00:06:46Il y a tout ça.
00:06:47On parlait de territoires perdus de la République.
00:06:49Ce sont des territoires conquis et l'État devrait les récupérer.
00:06:53Mais c'est le mot de guerre, je pense, et le bon mot pour désigner ce qui se passe.
00:06:57Vous avez dit État dans l'État, territoire conquis,
00:07:00donc État parallèle avec son économie propre, sa société propre
00:07:04et parfois, mais vraiment, des moyens de l'argent qui coule à flot,
00:07:08du liquide, beaucoup plus que certains États.
00:07:11Je n'oserais pas dire beaucoup plus que la France.
00:07:14Un vocabulaire qui leur est propre, si je puis dire,
00:07:17puisqu'on parle de narcomicides.
00:07:19Maintenant, c'est passé dans le langage courant.
00:07:21Mais eux, en tout cas, ils ne sont pas endettés.
00:07:23Ils sont plutôt en excédent.
00:07:25Ils n'ont pas de dette publique comme la France
00:07:27et ils gèrent plutôt bien leur argent.
00:07:28Je le rappelle, le trafic de stupéfiants, c'est environ 3 à 4 milliards d'euros par an.
00:07:32Il y a 250 000 personnes qui vivent de façon directe ou indirecte du trafic de stupéfiants.
00:07:36Ils ne sont pas au SMIC.
00:07:37Ils ont plutôt des revenus assez confortables.
00:07:39La question, c'est maintenant, que fait-on ?
00:07:41Parce que si on les met dans des maisons d'arrêt,
00:07:43ils peuvent continuer le trafic de stupéfiants à l'intérieur.
00:07:45On l'a vu avec Mohamed Amra, ce n'est qu'un exemple.
00:07:47Monsieur Darmanin a eu la bonne idée de créer, on va dire,
00:07:50des prisons dédiées aux narcotrafiquants.
00:07:52Et je pense que ce serait une bonne amorce pour commencer.
00:07:55Mais la question, c'est, est-ce qu'il y a la volonté politique
00:07:57d'arrêter le trafic de stupéfiants ?
00:07:59Parce que finalement, on s'est presque habitués à vivre avec.
00:08:01C'est malheureux à dire, mais c'est vrai.
00:08:03La question est centrale.
00:08:05Il y a un tabou, un tabou à chaque fois.
00:08:07Pas de votre part, mais de la part des politiques sur ce sujet.
00:08:11Ça ne veut pas dire qu'on est anti-européens quand on parle de ce tabou.
00:08:14Mais les frontières.
00:08:16Je ne sais pas, mais moi, je me dis que comme les produits
00:08:19passent quand même par les frontières, que fermer les frontières,
00:08:22même si c'est quelques mois...
00:08:23Est-ce qu'on a encore des frontières ?
00:08:24C'est une vraie question.
00:08:25Mais on pourrait au moins se dire, si c'est une guerre,
00:08:28fermons-les pendant six mois.
00:08:30Et on se dit que c'est vraiment des opérations de matraquage,
00:08:33des poignées.
00:08:34On l'a fait pour le Covid, on l'a fait pour...
00:08:36Pourquoi c'est une question ?
00:08:37Parce que c'est une question de hiérarchie et de priorité.
00:08:39Si vous estimez qu'il faut fermer les frontières en cas de Covid,
00:08:41mais qu'il ne faut pas les fermer en cas de narcotrafiquants,
00:08:43c'est que vous estimez que d'un point de vue hiérarchique,
00:08:45le trafic de stupéfiants n'est pas si grave.
00:08:47On a eu beaucoup de mal à les fermer pendant le Covid.
00:08:50En réalité, pour des raisons idéologiques,
00:08:52on a surtout enfermé les gens chez eux.
00:08:53Et donc, c'est le paradoxe.
00:08:55A pas vouloir de frontières extérieures, nationales,
00:08:58on a de plus en plus de frontières à l'intérieur du territoire.
00:09:01Et là, c'est ce qui est en train de se passer.
00:09:03Quand je disais, un État dans l'État, c'est le cas.
00:09:05C'est aussi le fruit de des années de renoncements
00:09:09et peut-être de cynisme.
00:09:10Parce que, ça a été dit, c'est une économie florissante qui va très bien.
00:09:13C'est une économie parallèle.
00:09:15On a sans doute pensé acheter la paix sociale
00:09:17et maîtriser tout ça à l'intérieur de certains quartiers.
00:09:20On voit bien que maintenant, ça dépasse certaines cités.
00:09:24C'est beaucoup plus large, c'est dans toute la France
00:09:26et dans des villes entières qui sont gangrénées.
00:09:29Et on sait que pour récupérer ces territoires,
00:09:32il risque d'y avoir des dommages collatéraux.
00:09:35Mais il y en a déjà.
00:09:36C'est ça aussi la crainte.
00:09:37Ça déclenche des émeutes.
00:09:38Qui dit économie parallèle, dit qu'il y a beaucoup de gens qui en vivent
00:09:41qui ne sont pas forcément des narcotrafiquants.
00:09:43Donc je pense que c'est pour ça que c'est aussi...
00:09:45Là, c'est encore l'autre sujet dont on ne parle pas.
00:09:47Parce qu'il y a une omerta qui fait vivre souvent,
00:09:49malheureusement, je dis certaines, toujours attention,
00:09:51familles ou certains quartiers.
00:09:53C'est un trafic qui est ubérisé.
00:09:55D'ailleurs, il se joue des frontières.
00:09:57Et aujourd'hui, vous avez quasiment, je ne sais pas,
00:09:59je ne l'ai pas quantifié,
00:10:02mais peut-être plus de points de deal non physiques
00:10:05que de supermarchés dans notre pays.
00:10:07Ou que de bibliothèques.
00:10:08Ça, que de bibliothèques, c'est sûr, au rythme, ça va.
00:10:10Ça, c'est sûr que les bibliothèques, de toute façon, il n'y en a plus.
00:10:12Mais comme les gens ne lisent plus, ce n'est pas très grave.
00:10:14Non, non.
00:10:16Oui, vous avez raison, mais ne nous noircissez pas tout le tableau.
00:10:18Voilà, c'est une réalité.
00:10:19Et malheureusement, vous n'avez même plus besoin de points de deal
00:10:21parce qu'ils vont vous faire livrer chez vous.
00:10:23Il y a plein de réseaux, de Kaliweed à Uber Sheet.
00:10:27Il y en a qui sont démantelés.
00:10:29Il faut savoir, c'est que jusque le narcotrafiquant,
00:10:31il y en a plein du capitalisme.
00:10:32Ils sont même en avance sur certaines industries.
00:10:38Ils sont bien en avance.
00:10:39Vous recevez, vous pouvez vous faire livrer de la cocaïne
00:10:41comme vous faites livrer des Stabilo par Amazon.
00:10:43Là, vous avez vos petits paquets packagés avec une marque,
00:10:47avec une petite boîte sympa.
00:10:49Vous faites la livrée à n'importe quelle heure, l'heure et jour de la journée.
00:10:51On en est là aujourd'hui.
00:10:53Pour parler des frontières, sur ce sujet-là, les frontières,
00:10:56mon avis, c'est comme le bac.
00:10:57Si vous ne l'avez pas, vous êtes vraiment dans la mouise.
00:10:59Si vous l'avez, vous ne pouvez pas faire grand-chose avec.
00:11:01Les frontières, c'est pareil.
00:11:02Parce que si vous regardez, la deuxième consommation de drogue en France,
00:11:06c'est la cocaïne.
00:11:07La cocaïne, elle ne passe pas par des hommes,
00:11:09elle passe principalement par des cargos.
00:11:11Vous rétablissez des frontières ou pas, ça ne changera pas grand-chose.
00:11:14Étant donné ce que ça rapporte,
00:11:17c'est-à-dire que ça arrive majoritairement au port du Havre
00:11:19pour l'entrée en France.
00:11:20Les dockers sont payés entre 10 000 et 15 000 euros.
00:11:23Ils sont payés corrompus.
00:11:25Oui, mais avec des menaces très graves.
00:11:27Une fois qu'ils ont mis la main dedans et qu'ils veulent s'en sortir,
00:11:31on les retrouve au fond d'une cave torturée.
00:11:33C'est ça, la réalité.
00:11:34Un peu comme avec l'islamisme, le combat est très dur
00:11:36parce que la vie d'un homme ne vaut rien pour eux,
00:11:38ce qui n'est pas le cas pour nous, en tout cas pour une civilisation.
00:11:40Donc on ne joue pas avec les mêmes armes.
00:11:42Et pour revenir à Dijon, on a l'impression de redécouvrir ça,
00:11:45mais je vous rappelle à Dijon en 2021, donc il y a 4 ans,
00:11:47des trafiquants maghrébins et des trafiquants albanais
00:11:50s'affrontaient en centre-ville à coups d'armes de guerre.
00:11:53À l'époque, M. François Rapsamey nous disait
00:11:55« Non, vous allez voir, tout va rentrer dans l'ordre. »
00:11:57On a vu, ça s'est réglé.
00:11:59Il y a les responsables communautaires qui ont réglé la question,
00:12:01et pas les gars.
00:12:03Mais vous avez vu combien il y a eu de points de bascule,
00:12:05vous avez raison, on n'a pas oublié, vous le rappelez à raison.
00:12:08Puis il y a eu quand même l'attaque du fourgon au péage d'un quart-ville.
00:12:11Pour moi et pour nous tous, c'est un commando de guerre
00:12:15avec des armes de guerre.
00:12:17Il y a eu, vous vous souvenez, l'homicide qui a été commandité
00:12:21depuis une prison, avec un jeune de 14 ans.
00:12:24Et puis il y a la corruption, je veux dire, avec ces 4 points.
00:12:27Les magistrats, ils ont bien dit ça.
00:12:29La dizaine de mafias qu'on dit aujourd'hui qu'ils sont les principales mafias,
00:12:32ils ont 3 têtes, les 3 têtes sont dans 3 prisons différentes.
00:12:35Ils opèrent depuis 3 prisons différentes.
00:12:37D'accord, donc une prison, c'est une zone de non-droit en fait.
00:12:39Et puis les magistrats ont…
00:12:41Peut-être nos véritables données.
00:12:43Naïma, rappelez d'ailleurs, quand les magistrats ont dit cette vérité,
00:12:46en partie ce qu'il leur est arrivé.
00:12:48Oui, effectivement.
00:12:50Ils ont été sanctionnés.
00:12:52C'est rappelé alors par l'ancien ministre Dupond-Moretti,
00:12:55qui les a rappelés alors, parce qu'il n'a pas trop apprécié
00:12:58qu'ils puissent dire certaines vérités extrêmement graves.
00:13:01Ils ont parlé quand même qu'aujourd'hui la guerre était en train d'être perdue.
00:13:05Ils ont aussi dit qu'il y avait effectivement de la corruption,
00:13:08de Dockers, de greffiers, d'agents pénitentiaires.
00:13:11Donc c'est extrêmement grave.
00:13:13Mais vous voyez, moi j'écoutais tout à l'heure tout ce qu'on dit,
00:13:16et je suis vraiment d'accord avec vous,
00:13:18mais en fait ce n'est pas arrivé tout à coup.
00:13:20Tout ça, ça a une quarantaine d'années, ça a commencé.
00:13:23Vous savez très bien qu'on a acheté aussi la paix sociale dont vous avez parlé.
00:13:26Vous avez des élus qui savent très bien que dans les quartiers,
00:13:29effectivement, ce trafic permet aussi des revenus aux familles,
00:13:34permet aussi d'apporter un certain calme, etc.
00:13:38Donc finalement, on a banalisé cette situation,
00:13:42et aujourd'hui on a effectivement, en pensant circonscrire le problème du quartier...
00:13:47On crie au loup et on a laissé entrer le loup.
00:13:50Évidemment, évidemment.
00:13:51Et aujourd'hui, qu'est-ce que vous voulez faire ?
00:13:53Moi je suis, je vais vous le dire tel que je le pense,
00:13:56je pense que c'est perdu.
00:13:59Oui, mais certains disent que la guerre est perdue.
00:14:01Parce que même cette histoire, vous voyez, de médiathèque qui est brûlée.
00:14:04Alors je rejoins Alexandre, ce qu'il disait, il disait qu'ils ne veulent pas de culture, etc.
00:14:08Mais vous savez, Alexandre, c'est des gamins de 12, 11, 13 ans qui ont brûlé l'année dernière dans les émeutes.
00:14:13C'est même pas, ils ont brûlé des centres sociaux,
00:14:15ils ont brûlé des points infofamilles, ils ont brûlé des écoles.
00:14:19C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il faut s'interroger autrement de ce qui se passe.
00:14:22Et à un moment peut-être se dire qu'il faut absolument désenclaver.
00:14:26Moi je pense qu'à un moment, je vais vous le dire,
00:14:29je sais que ça ne plaît pas trop quand je le dis,
00:14:31mais à un moment, il faut se donner les moyens d'envoyer peut-être aussi vraiment les militaires,
00:14:36parce qu'on ne pourra pas faire autrement aujourd'hui si on veut désenclaver ces quartiers.
00:14:40Quand il y a certains qui sont, je dis certains, attention,
00:14:43certains d'origine migrée et qui ne font pas la même chose de l'autre côté de la Méditerranée.
00:14:48Pourquoi on ne se pose pas la question, pourquoi ils ne le font pas ?
00:14:51Je ne suis pas sûre que ça passe si on fait ça de l'autre côté de la Méditerranée.
00:14:54Eh bien voilà.
00:14:55Mais ça ne doit pas passer comme de ce côté-ci d'ailleurs.
00:14:59Je ne suis pas certaine que ça passe.
00:15:00Pourquoi ? Je ne parle pas d'autoritarisme, je parle d'autorité simplement.
00:15:05D'autorité, c'est tout.
00:15:06Regardez le seul état, parce qu'on dit la guerre est perdue,
00:15:09mais je ne sais pas dans quel état la guerre a gagné.
00:15:10Aux Etats-Unis, elle n'a jamais gagné, aux Colombies non plus.
00:15:12Il semblerait qu'au Salvador, ça ait quelques effets.
00:15:15Vous avez vu ce qu'ils font au Salvador ?
00:15:17C'est peut-être pas le meilleur exemple.
00:15:19Je ne dis pas que c'est le meilleur exemple,
00:15:20je dis que c'est le meilleur exemple en termes de résultats.
00:15:22Il dit que c'est un exemple, il ne dit pas que c'est un modèle.
00:15:25La question, c'est qu'est-ce qu'on veut ?
00:15:26Est-ce qu'on veut résoudre vraiment la situation ?
00:15:29Ou est-ce qu'on va avoir chaque ministre qui vient dire…
00:15:31Je pense qu'on n'en est pas encore au point du Salvador,
00:15:32mais c'est toujours le problème.
00:15:33Quand ça continue, on va être au point du Salvador,
00:15:36et il faudra une dictature.
00:15:37Vous, ministre de l'Intérieur, vous mettez en situation,
00:15:40à Avignon, mais vraiment à Avignon,
00:15:43sur des scooters armés de kalachnikovs.
00:15:46Ou alors vous, habitant d'une cité, d'une tour à Avignon,
00:15:51début de soirée, on n'est pas dans la nuit noire,
00:15:54il y a des gens sur des scooters, des individus,
00:15:57des racailles, des trafiquants armés de kalachnikovs
00:15:59qui tirent dans tous les sens.
00:16:00Ça se passe à la rocade de Charles de Gaulle,
00:16:02qui sème la panique évidemment.
00:16:04Il n'en a rien à faire de tout, et surtout pas des vies humaines.
00:16:07Vraiment, ça tient du miracle qu'il n'y ait pas eu de morts.
00:16:10Et pendant qu'on essaye de faire la paix ailleurs,
00:16:13est-ce que ce n'est pas une forme de guerre chez nous ?
00:16:15Regardez ce sujet de Corentin Brio,
00:16:17et vous nous direz, vous aux manettes,
00:16:18qu'est-ce que vous faites par rapport à ça ?
00:16:20Moi, c'est à la Bukele.
00:16:24Une fin de week-end choquante.
00:16:26Peu après 17h, hier à Avignon,
00:16:28des rafales d'armes automatiques ont retenti
00:16:30près d'une rame de tramway.
00:16:32Selon la police, les auteurs ont pris la fuite juste après.
00:16:36Ils sont toujours recherchés.
00:16:38Des tirs ont été échangés de part et d'autre de la voie,
00:16:41et plusieurs impacts ont été observés sur les façades des bâtiments.
00:16:44Rapporté par le quotidien La Provence,
00:16:46les voyageurs, témoins de ces tirs et pris de panique,
00:16:49se sont immédiatement plaqués au sol.
00:16:52Le conducteur du tramway est également descendu de la rame en état de choc.
00:16:57Si aucune victime n'est à déplorer,
00:16:59c'est un nouvel incident qui a lieu sur fond de trafic de stupéfiants.
00:17:03C'est la troisième fois que des tirs surviennent dans le secteur en dix jours.
00:17:07Cet incident survient également moins d'une semaine
00:17:10après l'agression d'un chauffeur de bus.
00:17:13Est-ce qu'on a encore le loisir de dire
00:17:15écoutez, ce sera la dernière fois,
00:17:17voilà l'agenda, la CRS mobile qui va venir puis repartir ?
00:17:23Vous, aux responsabilités, qu'est-ce que vous faites ?
00:17:25Mais pour défendre d'autres citoyens.
00:17:27Là, il y a une non-assistance vraiment à personne.
00:17:30C'est la troisième fois en dix jours en même temps.
00:17:32Tant qu'il n'y a pas eu de mort, j'ai l'impression qu'il n'y aura même pas de sursaut.
00:17:34Et même s'il y avait un mort, je ne suis même pas sûre qu'il n'y en aurait un.
00:17:37Après, vous posez la question, qu'est-ce qu'on ferait si on était ministre de l'Intérieur ?
00:17:40Quand vous êtes ministre de l'Intérieur et qu'Emmanuel Macron ne vous soutient pas forcément,
00:17:43vous êtes quand même un peu limité dans vos mouvements.
00:17:46Votre rotaillot fait le maximum.
00:17:48C'est la question aussi de l'état du droit, du fameux état de droit.
00:17:52Moi, j'ai l'impression que cet état de droit, justement,
00:17:56il souffre d'une maladie auto-immune.
00:17:59Il fabrique lui-même des puissances contre lui-même,
00:18:05des institutions, le Conseil d'État, le Conseil constitutionnel, etc.
00:18:09Le fameux droit de l'homme, etc.
00:18:12À un moment, est-ce que le principe de précaution ne doit pas prévaloir
00:18:15pour protéger les habitants, les citoyens innocents ?
00:18:20Moi, je pensais à la petite Soukaina, rappelez-vous,
00:18:22quand vous avez vu sa maman qui avait témoigné.
00:18:25Elle avait parlé d'une scène de guerre digne d'un pays d'Amérique du Sud.
00:18:29Et le monsieur, là, dans un quartier aussi, qui dormait dans son lit,
00:18:32il a été tué, le petit gamin qui restait dans le restaurant.
00:18:35C'est toujours pareil.
00:18:36À un moment, est-ce qu'on se donne vraiment, réellement,
00:18:39les moyens d'une politique pour arrêter tout ça ?
00:18:41On n'y arrive pas parce qu'en fait, on a toujours des garde-fous,
00:18:44on a toujours ces cris d'orfraie, on a toujours des scandalismes.
00:18:48Mais attention, on est un état de droit.
00:18:50Mais l'état de droit suppose aussi qu'on s'occupe des habitants.
00:18:54Dimanche, à 17h, une bande d'individus à bord d'un véhicule ont tiré,
00:18:57toujours à Avignon, en rafale, en direction d'une autre bande.
00:19:01Pas de blessés, mais perturbations importantes du trafic.
00:19:03Évidemment, en dépassant des témoins très choqués de voir de telles...
00:19:10Quelle différence entre une scène de guerre et une scène en pleine ville
00:19:13avec des armes lourdes ?
00:19:15C'est une guérilla.
00:19:17Une guerre, c'est permanent.
00:19:19Là, c'est instantané.
00:19:22Ça repart, ça revient.
00:19:23Mais si on accepte, si on reconnaît qu'on est dans une guérilla ou dans une guerre,
00:19:27c'est-à-dire qu'il faut se donner les moyens de faire la guerre.
00:19:29Et se donner les moyens de faire la guerre, malheureusement,
00:19:31c'est des dommages collatéraux.
00:19:32Parce que quand vous avez des armes de guerre en face de vous,
00:19:35soit vous les maintenez, c'est ce qu'on fait, du maintien de l'ordre,
00:19:39soit vous ripostez.
00:19:40Si vous ripostez, vous savez très bien qu'il y aura des dommages collatéraux.
00:19:43Est-ce qu'un État français, un gouvernement est prêt à accepter
00:19:46d'avoir des victimes innocentes comme c'est le cas dans toutes les guerres ?
00:19:50Je n'en suis pas certain.
00:19:51Autre question, puis on va passer à un autre sujet.
00:19:53Avec un tel stock d'armes, parce qu'ils ont un kalachnikov,
00:19:56comme sur ce plateau, on pourrait avoir un stylo.
00:19:59Le jour où ils vont se sentir assez menacés pour les utiliser en nombre,
00:20:05qu'est-ce qu'il se passe ?
00:20:06C'est intéressant, pendant les émeutes, on a vu qu'il y avait justement des armes lourdes.
00:20:10Heureusement, ils ne les ont pas utilisées plus que ça,
00:20:12à part pour détruire des caméras.
00:20:14Mais il peut se passer effectivement des choses très graves.
00:20:17C'est très intéressant ce qui a été dit sur les dommages collatéraux.
00:20:20Mais d'une part, il y a déjà des dommages collatéraux,
00:20:22puisqu'il y a déjà des innocents qui meurent.
00:20:25Et ensuite, est-ce qu'il ne vaut mieux pas des dommages collatéraux maintenant
00:20:28plutôt qu'une guerre civile dans dix ans ?
00:20:32C'est la question qu'il faut se poser.
00:20:33Mais je pense que ce n'est plus du ressort du ministre de l'Intérieur,
00:20:36c'est du ressort du chef de l'État.
00:20:38Effectivement, s'il faut l'armer, c'est une décision du chef de l'État.
00:20:41Et si on doit renverser la table en termes d'État de droit,
00:20:44parce que je crois qu'effectivement, il ne faut pas juste changer la loi à la marge,
00:20:48il faut complètement renverser la table.
00:20:49Et d'abord, redonner la souveraineté à la France,
00:20:51faire que les lois françaises priment sur toutes les lois européennes,
00:20:54ça nécessite quasiment une réécriture de la Constitution.
00:20:57Et là, c'est la décision d'un président.
00:20:59Là, vous allez tellement...
00:21:02Déjà, on n'ose pas dire un mot à l'Algérie.
00:21:04Alors attendez, s'il vous plaît, avant de changer la Constitution,
00:21:07le monde basculait.
00:21:08Il y a quelque chose d'intéressant, c'est que quand on ne sait plus quoi faire,
00:21:11on dit qu'il faut faire appel à l'armée.
00:21:13Mais pourquoi, en fait, on demande appel à l'armée ?
00:21:15Pourquoi pas la police ?
00:21:16Pourquoi pas la police ?
00:21:17Parce que l'armée a une autorisation de faire des choses que la police n'a pas le droit.
00:21:20Elle n'a pas la police.
00:21:21On sort de la juridique.
00:21:22Attendez, soyons très clairs.
00:21:23Et l'armée, à chaque fois, ou en tout cas,
00:21:25quand on pose la question à des militaires et à des généraux,
00:21:27qu'est-ce qu'ils vous disent ?
00:21:28Ce n'est pas du tout...
00:21:29Mais bien sûr que ce n'est pas le rôle.
00:21:30Le réflexe de dire qu'il faut faire appel à l'armée,
00:21:32c'est parce que l'armée, tout simplement, pour résumer et être simpliste,
00:21:34l'armée a le droit de tuer.
00:21:35C'est ça, la réalité.
00:21:36Et puis aussi, c'est l'un des...
00:21:38Évidemment, les policiers et les gendarmes,
00:21:39mais c'est aussi l'autorité, en tout cas.
00:21:43Il y a des tribunaux d'exception en état de guerre,
00:21:46donc c'est un moyen de contourner les juridictions traditionnelles
00:21:49qui ne sont plus capables de faire face à la situation.
00:21:51Autorité, fermeté, réponse.
00:21:54Qui parle au nom de la France quand il s'agit d'Algérie ?
00:21:56On a tous vécu ce moment incroyable où Emmanuel Macron...
00:21:59Il n'y a pas plusieurs lectures politiques, en réalité.
00:22:02Il a désavoué...
00:22:03Parce que j'entends parfois, oui, good cop, bad cop.
00:22:06Non, pas sur des situations aussi...
00:22:09Paroxystiquement, je veux dire, compliquées,
00:22:11par rapport à l'Algérie.
00:22:13Alors, une question.
00:22:14Vous avez vu la une, peut-être, algérienne,
00:22:16elle loitaine.
00:22:17Macron désavoue Rotaïo.
00:22:19Donc, nous étions humiliés,
00:22:20et maintenant, nous sommes en plus ridicules
00:22:23par rapport à l'Algérie.
00:22:24Quelle réaction ?
00:22:25Ce matin encore, le ministre des Intérêts persiste et signe.
00:22:28Il parle d'une pression qui doit être grandissante.
00:22:31A tout de suite pour le débat.
00:22:37Midi News, la suite.
00:22:39Merci d'être avec nous.
00:22:40Avec des sujets et des débats explosifs ce midi.
00:22:43Nous avons parlé de ce qui se passe, malheureusement,
00:22:45à Dijon et à Avignon.
00:22:46Nous y reviendrons tout à l'heure.
00:22:48Nous parlerons de la dissuasion nucléaire.
00:22:50Attention, pas mutualisé, pas partagé, élargi.
00:22:53Nous dit-on.
00:22:54Mais alors, quelle différence ?
00:22:55Et puis, nous parlerons de notre relation avec l'Algérie.
00:22:58Mais tout d'abord, les titres avec vous,
00:23:00chère Somaya Labidi.
00:23:01À la une de l'actualité, nous saluons l'attaque héroïque
00:23:04menée par l'un des nôtres à Haïfa, en Israël.
00:23:07Réaction du Hamas après une attaque au couteau
00:23:09ayant fait un mort et plusieurs blessés.
00:23:11Attaque qualifiée d'attentat terroriste par les autorités.
00:23:14L'assaillant, un druze israélien récemment rentré de l'étranger,
00:23:18a quant à lui été tué.
00:23:21Colère du préfet du Morbihan,
00:23:23suite à de nombreuses dégradations hier à Lorient,
00:23:25marge d'une manifestation contre l'extrême droite.
00:23:28Les forces de l'ordre ont été ciblées
00:23:30par des tirs de mortiers et des jets de pierre.
00:23:32Trois personnes ont été interpellées, précise la préfecture.
00:23:36Et puis le chanteur de variétés, Herbert Léonard,
00:23:38est mort hier d'un cancer du poumon à l'âge de 80 ans.
00:23:41Il laisse derrière lui des succès populaires,
00:23:43comme pour Le Plaisir ou encore Amoureux Fous.
00:23:46Il savait que son temps était compté,
00:23:48confie son ami Julien Lepers,
00:23:50et auteur de certains de ses plus grands succès.
00:23:53Merci beaucoup Somaya.
00:23:55Et on voit combien un artiste est populaire
00:23:57aux réactions autour du plateau
00:23:59parce que chacun sur une chanson se remémore
00:24:01un épisode de sa vie.
00:24:03Ne me dites pas lequel, parce que pour Le Plaisir,
00:24:05je n'ai pas envie de savoir tout ce que vous pourriez dire.
00:24:08Mais allez-y, ne vous gênez pas.
00:24:11Maïma rougit déjà.
00:24:13Non, non, mais j'aimais beaucoup Château Vallon.
00:24:16Et effectivement, il y avait la chanson.
00:24:18Et moi, j'avais regardé les différents épisodes.
00:24:20Je trouvais que c'était sympa.
00:24:22Et c'était un peu la Dallas à la française.
00:24:24Ce n'est pas à peu près d'en faire un débat non plus.
00:24:27Non, vous avez raison.
00:24:29Et en plus, c'était quelqu'un, pour l'avoir croisé quelques fois,
00:24:32vraiment d'une simplicité incroyable.
00:24:34Beaucoup de charme, effectivement.
00:24:36Pensez à sa famille.
00:24:38Alors là, on n'est pas dans Le Plaisir, pardonnez-moi.
00:24:40On n'est pas non plus dans le bras de fer.
00:24:42Et sur l'Algérie, la question que l'on se pose,
00:24:44c'est qui, finalement, parle au nom de la France ?
00:24:46Quelle est notre voix ? Quelle est notre ligne ?
00:24:48Nous avions cru, il y a encore quelques jours,
00:24:50que la ligne Rotaïo, comme on l'avait appelée,
00:24:52avait convaincu François Bayrou.
00:24:55Mais le président s'est exprimé
00:24:57pour désavouer son Premier ministre
00:24:59et son ministre de l'Intérieur.
00:25:01Et je trouve que le meilleur résumé,
00:25:03c'est celui de la une du journal du quotidien algérien Alouatan,
00:25:06qui dit « Macron désavoue Rotaïo ».
00:25:09Retour sur les différentes déclarations politiques,
00:25:12également de l'opposition, depuis.
00:25:14Tout cela, avec Célia Judat.
00:25:18Depuis sa visite officielle au Portugal ce vendredi,
00:25:21Emmanuel Macron a été clair.
00:25:23Il n'est pas question de dénoncer les accords de 1968,
00:25:26qui octroient aux Algériens
00:25:28un certain nombre de passe-droits en France.
00:25:30Les accords de 1968, on avait lancé ce processus,
00:25:32on ne va pas les dénoncer de manière unilatérale,
00:25:34ça n'a aucun sens.
00:25:36Le problème, à mon avis, dont on parle,
00:25:38est beaucoup plus les accords de 1994.
00:25:40Nous avions lancé avec le président Tebboune
00:25:42un mouvement pour les moderniser,
00:25:44et on le fera en bon ordre.
00:25:46La prise de position du chef de l'Etat
00:25:48est aux antipodes de la récente offensive
00:25:50menée par le gouvernement Bayrou,
00:25:52favorable à une politique plus ferme vis-à-vis de l'Algérie.
00:25:55On va demander au gouvernement algérien
00:25:58que soit réexaminée la totalité des accords
00:26:02et la manière dont ces accords sont exécutés.
00:26:05Nous allons faire cette démarche
00:26:08en donnant un mois, six semaines,
00:26:14pour que nous puissions les réexaminer.
00:26:16À droite de l'échec et politique,
00:26:18la prise de parole d'Emmanuel Macron,
00:26:20sonnant comme un désaveu de son propre gouvernement,
00:26:22n'a pas manqué de faire réagir.
00:26:24M. Macron, comme d'habitude,
00:26:26fait l'objet d'une complaisance
00:26:28à l'égard de l'Algérie qui est totale.
00:26:30M. Bayrou et M. Retailleau
00:26:33semblent vouloir faire preuve de fermeté,
00:26:36mais sont-ils convaincus ?
00:26:38Je ne sais pas.
00:26:40Ce qui est sûr, c'est qu'ils n'ont pas convaincu
00:26:42le président de la République.
00:26:43Face à un président de la République
00:26:45qui souhaite calmer le jeu avec l'Algérie,
00:26:47le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau
00:26:49a assumé aujourd'hui la mise en place
00:26:52de ce qu'il qualifie d'une riposte graduée
00:26:54et a assuré que plusieurs ressortissants algériens
00:26:57ont d'ores et déjà été expulsés du sol français
00:26:59dès leur arrivée à l'aéroport de Roissy.
00:27:02Et puis réaction ce matin de François-Xavier Bellamy
00:27:05qui affirme que l'Algérie va continuer
00:27:07son revanchisme historique,
00:27:09soutenu d'ailleurs par tout le sud global.
00:27:12N'oublions pas que derrière l'Algérie,
00:27:14il y a d'autres pays.
00:27:15Et soutenu également par certaines de nos élites déconnectées
00:27:18qui vont continuer dans leur culpabilité permanente.
00:27:20Écoutons-le.
00:27:22Je ne comprends pas que le président de la République
00:27:24ne voit pas.
00:27:25Il dit, ça n'aurait pas de sens
00:27:28de dénoncer de manière unilatérale les accords de 68.
00:27:30Ça n'a pas de sens de ne pas les dénoncer
00:27:33quand l'Algérie, le régime algérien plutôt,
00:27:36a du sang sur les mains.
00:27:38Parce que c'est à cause du régime algérien
00:27:41qui refuse de reprendre ses ressortissants
00:27:44que des citoyens sont morts sur le sol français.
00:27:48À Mulhouse, il y a quelques jours de cela.
00:27:51C'est à cause du refus de l'Algérie
00:27:54de coopérer sur les questions migratoires
00:27:56que notre pays est aujourd'hui vulnérable
00:27:58face aux risques terroristes.
00:28:01Est-ce que vous êtes d'accord avec ce qu'il dit ?
00:28:03Exactement.
00:28:04C'est une vulnérabilité aujourd'hui de ne pas réagir ?
00:28:07Oui.
00:28:08Et c'est surtout ce qu'il a dit qui est extrêmement important.
00:28:11C'est qu'il a dit que si vous n'avez réussi
00:28:13à expulser ce OQTF,
00:28:15le monsieur de Mulhouse qui est d'origine portugaise
00:28:19serait aujourd'hui en vie
00:28:21et les deux autres personnes ne seraient pas blessées.
00:28:23C'est aussi simple que ça.
00:28:24Donc aujourd'hui, je ne comprends pas la réaction
00:28:26du président de la République
00:28:27qui, encore une fois, fait preuve de faiblesse.
00:28:30Et effectivement, c'est encore un camouflet
00:28:32pour le ministre de l'Intérieur, Rotaïo,
00:28:34qui lui montre quand même qu'il a une volonté
00:28:36d'en découdre et en tout cas de rétablir
00:28:39notre souveraineté et qui n'y arrive pas.
00:28:41Donc moi, je m'interroge, est-ce que le ministre Rotaïo
00:28:44doit rester encore au gouvernement,
00:28:46vu un peu les camouflets qu'il a à chaque fois
00:28:49qu'il essaye de faire preuve d'autorité ?
00:28:51D'ailleurs, je pose à chaque fois la même question.
00:28:53Est-ce qu'il vaut mieux un ministre de l'Intérieur
00:28:55avec un diagnostic clair, même s'il est empêché
00:28:58d'émarger de Manapou ?
00:28:59Regardez tout.
00:29:00Mais si il part, ça va changer de politique.
00:29:02Mais regardez, on a parlé tout à l'heure.
00:29:04Il a entre les doigts la bombe nucléaire, Rotaïo.
00:29:07Et donc il y a une question quasiment existentielle.
00:29:10C'est une question pour LR.
00:29:12Est-ce que LR est le parti qui reste coûte que coûte ?
00:29:16Ou est-ce que LR est le parti qui renverse la table ?
00:29:19Moi, je crois que si LR veut vraiment revenir dans le jeu,
00:29:22ils n'ont qu'une seule solution, c'est de transgresser,
00:29:24de renverser la table.
00:29:26L'époque est à la rupture.
00:29:27On verra si Bruno Rotaïo est l'homme ou pas
00:29:30de cette rupture.
00:29:31En tout cas, il a marqué des points.
00:29:33Elle serait fondatrice.
00:29:35Si c'est une rupture, elle serait fondatrice.
00:29:37Elle serait fondatrice.
00:29:38C'est ce que moi, je crois.
00:29:40Mais moi, je ne suis pas le conseiller de Bruno Rotaïo,
00:29:43si vous voulez.
00:29:44Et je crois qu'à l'inverse, s'il restait trop longtemps,
00:29:48il perdrait toute crédibilité.
00:29:50Il confirmerait finalement que ce parti de droite
00:29:53ne sert pas à grand-chose.
00:29:54Mais expliquez-moi.
00:29:55Si ce n'est à être une force d'appoint pour Emmanuel Macron
00:29:57en toutes circonstances.
00:29:58Il faudrait quand même voir quels sont les résultats
00:29:59pour Boilem Sansalle.
00:30:00Parce qu'au début, on nous a dit qu'il fallait rester discret,
00:30:02qu'on agissait en sous-main.
00:30:03On l'a vu, le résultat.
00:30:04Pour l'instant, Boilem Sansalle est détenu depuis…
00:30:074 mois.
00:30:08Oui, j'allais dire 4 mois bientôt.
00:30:09Oui, quasiment.
00:30:10Pour l'instant, il ne se passe rien.
00:30:11Bruno Rotaïo est extrêmement essolé et désavoué par Emmanuel Macron.
00:30:15Donc Bruno Rotaïo, même avec la meilleure volonté du monde,
00:30:17je ne vois pas bien ce qu'il peut faire.
00:30:18Mais expliquez-moi pourquoi un exécutif a intérêt
00:30:21à mettre comme ça sur la place publique.
00:30:23Écoutez, je ne sais pas, vous êtes Emmanuel Macron,
00:30:26je suis le Premier ministre.
00:30:27C'est un jeu drôle, assez particulier.
00:30:30Je ne sais pas si vous vous sentez…
00:30:32C'est moi qui ai le mauvais rôle.
00:30:34Est-ce que vous ne vous mettez pas d'accord avant, sur ligne ?
00:30:39Le problème, c'est qu'Emmanuel Macron,
00:30:41si vous êtes capable de donner une ligne d'Emmanuel Macron…
00:30:43L'Europe.
00:30:44Sinon, la dépossession de la France, c'est très compliqué.
00:30:49Mais on est dans une situation qui est assez intéressante.
00:30:53Vous avez le président Macron qui désavoue son gouvernement.
00:30:57Même pire, qui renvoie dos à dos le gouvernement de Théboune
00:31:01et le gouvernement français.
00:31:03C'est-à-dire Rotaïo et Théboune.
00:31:04C'est-à-dire qu'un type, un dictateur,
00:31:06qui enferme un écrivain en prison,
00:31:08qui passe son temps à cracher sur un pays soi-disant ami,
00:31:12qui nous envoie tous ses cas sociaux,
00:31:13tous ses théories chez nous,
00:31:15il le met au même niveau que François Bayrou et de Rotaïo.
00:31:18Donc, combien d'humiliation prendra-t-il pour Bayrou et Rotaïo avant de réagir ?
00:31:22Deuxième question.
00:31:23Il ne nous reprend pas tous les cas sociaux.
00:31:26Il nous les envoie.
00:31:27Ils sont là pour certains depuis longtemps.
00:31:29Et il ne veut pas nous les reprendre.
00:31:30À leur place, ce serait pareil.
00:31:32Vient se débarrasser des dingues.
00:31:33C'est facile, c'est un pays.
00:31:34Il les prend en charge et bien comme il faut.
00:31:36Ensuite, là, on est peut-être dans un moment où on peut avoir une cohabitation.
00:31:40Il me semblait que François Bayrou avait toujours dit
00:31:42« je prends mes distances et je ne suis pas la béquille d'Emmanuel Macron ».
00:31:46Emmanuel Macron dit quelque chose au gouvernement.
00:31:48Il peut très bien dire « je vais faire l'inverse ».
00:31:50Ça s'appelle une cohabitation.
00:31:51Et elle est à l'encontre du président.
00:31:54Sauf que les accords, tout tient dans la main du président d'Emmanuel Macron.
00:32:01Et dans ces cas-là, on démissionne.
00:32:03C'est bien ce que je dis.
00:32:04Et vous avez raison de dire que le comportement d'Emmanuel Macron confine presque,
00:32:08moi je l'ai dit, à la trahison.
00:32:13Le mot est fort mais on comprend l'histoire.
00:32:15On parle beaucoup d'ingérence russe.
00:32:19L'islam algérien, pardonnez-moi,
00:32:21est-ce qu'il n'y a pas une forme d'ingérence,
00:32:23de danger pour la sécurité nationale ?
00:32:26Et effectivement, de mettre son ministre de l'Intérieur sur le même plan que Théboune,
00:32:29ça me paraît très inquiétant.
00:32:32D'autant qu'on est très ciblé, vraiment.
00:32:34C'est la cible permanente du régime.
00:32:37C'est pour ça que je pense que c'est très grave.
00:32:39La seule explication que je vois, mais elle est pathétique,
00:32:41c'est une explication psychologique.
00:32:43C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron sent qu'il a perdu la main.
00:32:46Ce n'est pas venu de lui.
00:32:47C'est son premier ministre qui l'a annoncé.
00:32:49Et par narcissisme, il rappelle que c'est lui le patron.
00:32:52Sauf que ce n'est pas vraiment lui le patron.
00:32:54Parce qu'effectivement, si demain Bruno Retailleau s'en va,
00:32:57ça veut dire qu'il n'y a plus la force d'appoint LR.
00:33:00Et ça veut dire qu'il n'y a plus de majorité à l'Assemblée nationale.
00:33:03Et que là, la seule solution d'Emmanuel Macron,
00:33:06c'est la dissolution.
00:33:09Mais les dates ne correspondent pas.
00:33:12Et donc il en reste une autre, c'est une démission.
00:33:14C'est une arrogance terrible.
00:33:16Il refuse de partager le pouvoir dans l'intérêt général du pays.
00:33:19Parce qu'on pourrait se dire que si ce sont tous des hommes d'État,
00:33:23face à ce qui se passe face à l'Algérie,
00:33:25ils devraient tous se mettre d'accord.
00:33:27C'est une infantilité qui est quand même incroyable.
00:33:29Écoutons le ministre de l'Intérieur ce matin,
00:33:31qui essaye malgré tout de défendre encore une fois sa ligne.
00:33:37Si l'Algérie ne prend pas en charge ses ressortissants,
00:33:41qui sont dangereux,
00:33:42et nous sommes en train d'établir une liste
00:33:44de plusieurs centaines de personnes
00:33:46qui ont des profils dangereux.
00:33:48Plusieurs centaines de personnes aujourd'hui ?
00:33:52Bien sûr.
00:33:53Sur le territoire français ?
00:33:54Bien sûr.
00:33:55Ils n'ont pas tous la même dangerosité.
00:33:57Mais ces gens-là, nous allons les présenter aux Algériens.
00:34:00Ce sont des gens dont il est établi
00:34:02qu'ils sont des ressortissants algériens.
00:34:05Eh bien là, du coup, ce sera l'épreuve de vérité.
00:34:07Mais qu'on ne me dise pas demain,
00:34:09si jamais il y avait un problème dans les mêmes conditions que Mulhouse,
00:34:12que nous n'aurions rien essayé de faire.
00:34:14Je veux tout faire pour éviter cela.
00:34:17Oui, il a raison.
00:34:19Il a raison, mais il faut en tirer les conséquences.
00:34:21Combien ? Une centaine de personnes ?
00:34:23Mais un, on n'a pas pu l'expulser ?
00:34:25Un, un influenceur algérien n'a pas pu l'expulser ?
00:34:28Oui, vous avez raison.
00:34:30Mais est-ce qu'il n'était pas au départ aussi dangereux que cette liste-là ?
00:34:33Il est dangereux, il a appelé quand même à tuer,
00:34:37en tous les cas, à des choses très graves en France,
00:34:39mais par rapport à cette liste-là.
00:34:41Pourquoi ? L'Algérie reprendrait une centaine de procédures ?
00:34:43Vous avez raison, vous avez tout dit.
00:34:45Non, ou peut-être qu'il y a quelque chose qui s'est passé ?
00:34:47L'Algérie va encore refuser, vu que ça a fonctionné trois fois.
00:34:50Pourquoi il a dit ça ?
00:34:52Il a dit une phrase intéressante.
00:34:54Il a dit qu'on ne me reproche pas ensuite de ne pas avoir tout essayé.
00:34:56Et en fait, ce que ça signifie quand même,
00:34:58pour ceux qui en doutaient encore,
00:35:00c'est qu'ils sont tous sur ligne de départ
00:35:02pour la prochaine élection.
00:35:04Ce qui est gênant, c'est ça.
00:35:06C'est qu'ils se positionnent pour une prochaine élection
00:35:09Ne reprochez pas à moi, l'homme que je suis politique,
00:35:11mais nous, c'est par rapport à notre exécutif indenté.
00:35:13Nous, on ne veut pas de victimes.
00:35:15On veut le résultat.
00:35:17Tous les hommes politiques aujourd'hui savent qu'il va y avoir un après,
00:35:19qu'il peut arriver plus tôt que prévu.
00:35:21Ils se positionnent tous sur l'après.
00:35:23Ils pensent tous, ils ne parlent que en fonction,
00:35:25ils ne font que en fonction de la prochaine élection.
00:35:27Et quand Bruno Retailleau dit
00:35:29qu'on ne pourra pas me reprocher,
00:35:31si en fait, on va vous reprocher de ne pas avoir fait,
00:35:33de dire qu'on s'en fiche.
00:35:35Vous n'êtes pas un commentateur sur un plateau télé,
00:35:37vous n'êtes pas un politique ministre de surcroît.
00:35:39Alors, on sait que dans un gouvernement,
00:35:41vous n'êtes pas majoritaire et qu'un président
00:35:43qui parle dans tous les sens, c'est compliqué.
00:35:45Il ne peut pas être désavoué et rester quand même au gouvernement.
00:35:47Alors, j'ai posé la question, par exemple, ce matin
00:35:49à François-Xavier Bellamy, qui le soutient
00:35:51dans la course à la présidence LR.
00:35:53Je lui ai dit, est-ce qu'on peut être dans un gouvernement
00:35:55avec le pouvoir Emmanuel Macron, sans être macroniste ?
00:35:57À un moment, elle m'a dit, mais tout à fait.
00:35:59J'ai dit, est-ce qu'on peut rester sans abdiquer
00:36:01ses convictions au moment ? Elle me dit, tout à fait.
00:36:03Ah ben non, mais là...
00:36:05Oui, mais là...
00:36:07Il va faire une démonstration d'impuissance
00:36:09parce que s'il n'y a rien qui bouge,
00:36:11il sera là pour être le ministre du témoignage.
00:36:13Et encore une fois,
00:36:15ils ont une responsabilité quand même, LR.
00:36:17Ils ont choisi de faire, pardonnez-moi,
00:36:19si on est dans cette situation-là,
00:36:21c'est parce qu'ils n'ont pas voulu faire
00:36:23d'union des droites entre les deux tours.
00:36:25Sinon, on n'en serait pas là.
00:36:27Voir que dans certains cas, ils ont soutenu
00:36:29des candidats macronistes.
00:36:31Il y a eu des accords en sous-main avec les macronistes.
00:36:33Donc déjà, il y a cette responsabilité-là.
00:36:35Aujourd'hui, ils ont décidé
00:36:37de maintenir en vie Emmanuel Macron.
00:36:39Je suis désolé, ça ne tient qu'à eux.
00:36:41Parce qu'en réalité, je le répète,
00:36:43si demain, LR s'arrête,
00:36:45tout s'arrête pour Emmanuel Macron.
00:36:47Donc il y a un moment donné,
00:36:49et peut-être qu'ils ont agi en responsabilité,
00:36:51ils ont voulu essayer, mais si ça ne marche pas,
00:36:53je pense qu'il faut en tirer les conséquences.
00:36:55Et je pense que ce serait fondateur qu'ils auraient tout intérêt.
00:36:57Mais ensuite, il y a une question d'époque politique.
00:36:59On va voir, c'est ce que je disais,
00:37:01si Bruno Retailleau est un homme de rupture,
00:37:03je crois qu'on est dans une période de radicalité,
00:37:05où les gens ont envie qu'on renverse la table.
00:37:07S'il reste engoncé
00:37:09dans une forme de conformisme politique,
00:37:11dans une forme d'habitude,
00:37:13parce qu'à LR, ça ne se fait pas, on fait des compromis,
00:37:15on rassure
00:37:17les retraités, la bourgeoisie,
00:37:19je pense qu'ils disparaîtront.
00:37:21Vous avez dit renverser la table.
00:37:23Elle renverse la table,
00:37:25mais du mauvais côté.
00:37:27Rima Hassan, eurodéputée LFI.
00:37:29Elle déporte justement, par rapport à François-Xavier Bellamy,
00:37:31un passif, puisqu'elle l'a quand même,
00:37:33en des termes assez clairs,
00:37:35menacée sur les réseaux sociaux.
00:37:37Et donc, j'ai posé la question ce matin
00:37:39à notre invité de la grande interview.
00:37:41Je lui dis, qu'est-ce qu'il faudrait faire en réalité ?
00:37:43Certains parlent d'une déchéance de nationalité.
00:37:45Vous avez vu comment Rima Hassan a réagi,
00:37:47sachant très bien que, d'abord,
00:37:49ce n'était pas techniquement, ni juridiquement, ni politiquement
00:37:51possible.
00:37:53Écoutons ce matin François-Xavier Bellamy.
00:37:55Le sujet est grave.
00:37:57Je n'aurais jamais pensé porter plainte
00:37:59contre une collègue parlementaire.
00:38:01Parce que pour moi, la politique,
00:38:03ça suppose d'affronter des débats
00:38:05qui sont parfois rudes,
00:38:07mais de les affronter sur le terrain politique.
00:38:09Je crois à la liberté d'expression.
00:38:11Je crois au fait que les parlementaires
00:38:13peuvent pouvoir exprimer, notamment dans un hémicycle,
00:38:15même des idées qui me déplaisent.
00:38:17Et je ne suis pas de ceux qui rêvent de censure partout.
00:38:19Mais là, pour le coup,
00:38:21j'ai été obligé de reconnaître que
00:38:23quelque chose de très grave s'était passé.
00:38:25Parce que c'était ce message-là.
00:38:27C'était une série d'autres messages
00:38:29qui portaient explicitement des menaces de mort à mon endroit.
00:38:31Et donc, j'ai été, d'une certaine manière,
00:38:33contraint de porter plainte.
00:38:35Alors, la justice, certains disent,
00:38:37prend son temps.
00:38:39En tous les cas, François-Xavier Bellamy...
00:38:41C'est pour ça que je dis François-Xavier Bellamy
00:38:43sans que je dévoile en direct
00:38:45l'enquête.
00:38:47Il me dit que ça avance.
00:38:49Lui-même a été auditionné.
00:38:51Autour de Rima Hassan.
00:38:53Mais politiquement, ça m'intéresse.
00:38:55D'échéance de nationalité.
00:38:57Même Christian Estrosi qui m'a dit
00:38:59qu'il faut lui enlever son mandat d'eurodéputé.
00:39:01Est-ce que c'est ça ?
00:39:03Est-ce qu'on arrive à convaincre
00:39:05ceux qui suivent Rima Hassan,
00:39:07ceux qui votent pour Alephi, de cette manière-là ?
00:39:09S'il faut le faire.
00:39:11On arrivera à les convaincre si on le fait.
00:39:13Sinon, on passe encore une fois pour des gens velléitaires.
00:39:15Mais moi, très sincèrement,
00:39:17je ne comprends pas comment elle a été naturalisée française.
00:39:19C'est surtout la question.
00:39:21Pourquoi on en vient à naturaliser
00:39:23des gens qui nous détestent ?
00:39:25La grande force,
00:39:27l'originalité du modèle français,
00:39:29c'est qu'on n'est pas fondé
00:39:31sur le sang.
00:39:33Être français, ce n'est pas être une ethnie.
00:39:35C'est partager des valeurs,
00:39:37une culture, etc.
00:39:39C'est très généreux.
00:39:41Mais à partir du moment où on ne partage pas tout cela,
00:39:43pourquoi on vient demander la nationalité française ?
00:39:45Et pourquoi on l'accorde ?
00:39:47Surtout,
00:39:49il faut que les règles soient strictes.
00:39:51Oui, n'importe qui
00:39:53peut nous rejoindre si ces personnes
00:39:55veulent faire partie du projet.
00:39:57Il y a des règles techniques pour avoir la nationalité.
00:39:59Et après, pour l'avoir passé moi-même l'entretien,
00:40:01je peux vous dire ce que vous voulez.
00:40:03Parce que dans le code civique,
00:40:05l'assimilation, normalement, est une condition.
00:40:07Mais dites-moi,
00:40:09concrètement,
00:40:11comment vous pouvez viser...
00:40:13Vous faites passer un entretien pour la naturalisation.
00:40:15J'ai eu cet entretien.
00:40:17Comment vous pouvez juger,
00:40:19peut-être de l'assimilation ou pas...
00:40:21L'assimilation, c'est facile à évaluer.
00:40:23L'assimilation, ça peut juger.
00:40:25L'assimilation à une histoire française,
00:40:27à une culture,
00:40:29à des médias...
00:40:31Rima Hassan a le mérite d'être franc.
00:40:33Elle avait des positions qu'on connaissait avant son naturalisation.
00:40:35Et je pense qu'on lui aurait posé quelques questions pendant son entretien.
00:40:37Elle répond. Elle dit ce qu'elle est.
00:40:39Elle dit qui sont ses alliés.
00:40:41Elle dit qui elle déteste.
00:40:43Je pense que de manière générale,
00:40:45on donne la naturalisation
00:40:47tout facilement sans s'assurer
00:40:49de l'assimilation de la personne.
00:40:51Je pense qu'on enverrait un message à tout le monde
00:40:53en disant, maintenant, si vous voulez
00:40:55devenir français, il faut respecter
00:40:57les règles. Bienvenue dans la famille
00:40:59si vous respectez les codes de la famille.
00:41:01Si vous ne les respectez pas, ou si, pire,
00:41:03parce que c'est le cas, vous êtes contre la famille, vous en êtes exclu.
00:41:05Dites-moi, monsieur Devecu,
00:41:07il y a encore quelques instants, c'est le président qui ne respectait pas
00:41:09ses propres règles en ne dépendant pas du pays.
00:41:11Quel image on renvoie ?
00:41:13C'est bien le problème. On renvoie une image incroyable
00:41:15de faiblesse.
00:41:17Et c'est normal qu'on s'essuie les pieds sur nous.
00:41:19La question que je me pose depuis très longtemps,
00:41:21est-ce que c'est en interdisant ?
00:41:23Evidemment, la justice
00:41:25va s'exprimer. Imaginons que la justice,
00:41:27je ne sais pas, trouve que ses propos
00:41:29ne relèvent pas de l'apologie du terrorisme.
00:41:31C'est une autre question, ça.
00:41:33Moi, je ne suis pas pour la censure.
00:41:35On ne peut pas, d'un côté,
00:41:37défendre...
00:41:39Mais trouver que ce n'est pas normal
00:41:41dans un pays de fermer une chaîne,
00:41:43et ne pas trouver les moyens de combattre
00:41:45des idées.
00:41:47Il y a besoin d'un catalyseur pour que les personnes
00:41:49qui pensent comme la France insoumise...
00:41:51Le coup de la censure...
00:41:53Si on existe,
00:41:55si on a une politique,
00:41:57c'est parce qu'on a une morale. On n'est pas des robots.
00:41:59Et donc, pardon, toutes les idées ne sont pas bonnes
00:42:01à dire, de passer son temps...
00:42:03Je ne suis pas pour qu'un député...
00:42:05C'est déjà arrivé qu'un député européen
00:42:07a fait la promotion de la pédophilie.
00:42:09Moi, je suis pour la censure.
00:42:11Il y a la politique aussi derrière.
00:42:13Est-ce que vous trouvez qu'il y a un projet opposé,
00:42:15Mme Hassan ?
00:42:17On ne va pas réagir
00:42:19en fonction des effets
00:42:21que ça peut engendrer sur ceux qui l'écoutent.
00:42:23On vivrait mieux
00:42:25dans un pays où on a des gens
00:42:27qui aiment la France plutôt qu'ils la détestent.
00:42:29On ne va pas réagir en fonction de la fermeté
00:42:31ou de la flexibilité ou de la lâcheté
00:42:33ou du laxisme, en fonction de
00:42:35ce qu'on fait.
00:42:37On fait parce qu'on a des valeurs, parce qu'on a une morale et parce qu'on y croit.
00:42:39Le problème aujourd'hui, c'est que la nationalité, elle se donne comme une légion d'honneur.
00:42:41C'est-à-dire que ça ne veut plus rien dire.
00:42:43On la distribue à tour de bras.
00:42:45Mme Hassan était apatrite, je crois.
00:42:47Elle a reçu une nationalité il n'y a pas longtemps.
00:42:49Moi, ça ne me dérange absolument pas
00:42:51à quelqu'un à qui on a donné,
00:42:53on a permis d'épouser la France
00:42:55avec tout, l'histoire,
00:42:57les avantages, la morale, les valeurs, tout ça.
00:42:59On lui donne, elle la refuse.
00:43:01Moi, ça ne me dérange pas de lui enlever.
00:43:03Techniquement, juridiquement, on ne peut pas.
00:43:05Il faut arrêter au bout d'un moment.
00:43:07On peut toujours faire ce qu'on veut.
00:43:09C'est pas bon ?
00:43:11On lui enlève sa nationalité,
00:43:13elle est apatrite.
00:43:15Vous avez quand même des conventions.
00:43:17La convention de qui ?
00:43:19Au niveau de l'Union Européenne.
00:43:21Mais donc, il faut assumer
00:43:23de sortir de tout ça.
00:43:25De toute façon, à chaque fois qu'on a un souci, on se retrouve à l'Union Européenne.
00:43:27Sarah Salmane a raison sur ça.
00:43:29Elle ne peut pas être apatrite.
00:43:31Elle n'a qu'une seule nationalité.
00:43:33Elle laissait bien la patrie.
00:43:35Avant, on lui donnait la nationalité.
00:43:37C'est une nationalité d'une personne qui n'en a pas au moins une.
00:43:39Que non lui, la nationalité...
00:43:41S'il vous plaît,
00:43:43on va marquer une pause.
00:43:45On continuera à en parler.
00:43:47Moi, je suis pour la liberté d'expression totale,
00:43:49l'affronter en termes de liberté d'expression.
00:43:51C'est très bien qu'elle s'exprime, parce qu'on voit ce qu'elle pense.
00:43:53La défense de nationalité
00:43:55est une autre question.
00:43:57Il y a eu un événement amusant.
00:43:59On voit les sorties de l'avion pour y revenir.
00:44:01On voit un pays qui se fait respecter,
00:44:03qui fait respecter ses frontières,
00:44:05qui a encore de la fierté nationale,
00:44:07et un pays sur lequel on peut s'essuyer les pieds.
00:44:09Il faut que ça cesse.
00:44:11Il faut qu'on arrête de s'essuyer.
00:44:13De fierté, on va en parler.
00:44:15Mais là, du côté ukrainien,
00:44:17avec ce qui est en train de se passer.
00:44:19Hier, la Réunion a donné un désaccord total
00:44:21entre Paris et Londres.
00:44:23Mais on va rester sur le débat qui nous concerne.
00:44:25La dissuasion nucléaire,
00:44:27c'est un débat explosif.
00:44:29Le président a précisé qu'il s'agissait
00:44:31d'une dissuasion nucléaire élargie,
00:44:33pas mutualisée, pas partagée.
00:44:35Il me semblait qu'elle était déjà partagée.
00:44:37Si un pays voisin
00:44:39se fait attaquer,
00:44:41je pense que la France
00:44:43ne resterait pas l'arme aux pieds.
00:44:45C'est-à-dire que la France
00:44:47propose d'être un parapluie ?
00:44:49Oui.
00:44:51Je sens qu'il y a un peu d'ironie.
00:44:53Je préfère un parapluie français
00:44:55Alain Bauer sera avec nous pour en parler également.
00:44:57A tout de suite.
00:45:01La suite de Midi News, deuxième partie.
00:45:03Merci d'être avec nous.
00:45:05Beaucoup de sujets à venir.
00:45:07On va reparler de ce qui s'est passé à Dijon.
00:45:09Notre équipe, CNews, a été menacée
00:45:11et intimidée sur place.
00:45:13Évidemment, nous parlerons d'Ukraine
00:45:15et du débat explosif sur la dissuasion nucléaire
00:45:17et de ce livre à succès
00:45:19à la conquête de l'Ouest d'Alain Bauer
00:45:21qui est avec nous. Je le remercie.
00:45:23Cher Alain, professeur de criminologie
00:45:25au Conservatoire national des arts et métiers.
00:45:27Mais tout d'abord, il est 13h.
00:45:29Place au journal. Bonjour à vous.
00:45:31Rebonjour, cher Somaï.
00:45:33Bonjour Sonia, bonjour à tous.
00:45:35Vous en parliez dans votre sommaire.
00:45:37Un débat sans vote sur l'Ukraine
00:45:39à l'Assemblée nationale cet après-midi.
00:45:4117h pour déterminer la stratégie
00:45:43à adopter. François Bayrou prendra
00:45:45aujourd'hui la parole devant les députés.
00:45:47Demain, le Premier ministre s'adressera
00:45:49aux sénateurs.
00:45:51L'hostilité vient de l'Algérie.
00:45:53Pas de la France sans un rapport
00:45:55de force, nous n'obtiendrons rien.
00:45:57Les mots de Bruno Retailleau
00:45:59qui plaide ce matin pour une riposte
00:46:01graduée face à Alger.
00:46:03Le ministre de l'Intérieur prévoit d'ailleurs
00:46:05de transmettre une liste d'urgence
00:46:07d'Algériens expulsables contenant
00:46:09plusieurs centaines de personnes.
00:46:11L'actualité, c'est aussi.
00:46:13Ces bus et trams ont été interrompus
00:46:15à Avignon jusqu'à nouvel ordre.
00:46:17Les conducteurs ont exercé leur droit
00:46:19au lendemain d'une nouvelle fusillade.
00:46:21Fusillade dans le quartier de La Rocade
00:46:23sur fond de trafic de stupéfiants.
00:46:25Corentin Brio.
00:46:27Une fin de week-end
00:46:29choquante.
00:46:31Peu après 17h hier à Avignon,
00:46:33des rafales d'armes automatiques
00:46:35ont retenti près d'une rame de tramway.
00:46:37Selon la police, les auteurs
00:46:39ont pris la fuite juste après.
00:46:41Ils sont toujours recherchés.
00:46:43Des tirs ont été échangés de part et d'autre de la voie
00:46:45et plusieurs impacts ont été observés
00:46:47sur les façades des bâtiments.
00:46:49Rapporté par le quotidien La Provence,
00:46:51les voyageurs témoins de ces tirs
00:46:53et pris de panique se sont immédiatement
00:46:55plaqués au sol.
00:46:57Le conducteur du tramway est également
00:46:59descendu de la rame en état de choc.
00:47:01Si aucune victime n'est à déplorer,
00:47:03c'est un nouvel incident qui a lieu
00:47:05sur fond de trafic de stupéfiants.
00:47:07C'est la troisième fois que des tirs
00:47:09surviennent dans le secteur en dix jours.
00:47:11Cet incident survient également
00:47:13moins d'une semaine après l'agression
00:47:15d'un chauffeur de bus.
00:47:17Et puis on termine ce journal
00:47:19avec ce lancement très attendu.
00:47:21L'agence spatiale européenne va procéder
00:47:23ce soir au premier vol commercial
00:47:25d'Ariane 6 à Kourou en Guyane.
00:47:27Sa première mission sera de lancer
00:47:29un satellite militaire français,
00:47:31objectif retrouver de la souveraineté
00:47:33dans un contexte de rapprochement
00:47:35inédit, je vous le rappelle,
00:47:37entre les Etats-Unis et la Russie.
00:47:39Voilà pour le tour d'horizon de l'actualité
00:47:41à 13h, Sonia.
00:47:43Avec Sarah Saldman, Alexandre Devecchio,
00:47:45Naïma M. Fadel, Arthur De Vatrigan.
00:47:47Nous sommes également avec Alain Bauer.
00:47:49Nous allons parler du livre
00:47:51À la conquête de l'Ouest, ô combien
00:47:53dans l'actualité. Mais tout d'abord,
00:47:55Alain Bauer, on voudrait avoir votre expertise.
00:47:57Nous venons de parler de ce qui s'est passé
00:47:59à Avignon. Il y a également les violences
00:48:01répétées à Dijon, avec
00:48:03des narcotrafiquants tout-puissants.
00:48:05Et ce qui s'est passé également, nous sommes
00:48:07avec notre journaliste Corentin Alonso
00:48:09sur place, puisque notre équipe
00:48:11manifestement n'était pas la bienvenue
00:48:13face à un système, vous allez l'entendre et le voir,
00:48:15très organisé pour guetter
00:48:17et même menacer nos
00:48:19journalistes. Corentin, vous avez été je crois
00:48:21suivi de longues minutes avec
00:48:23des tentatives récurrentes
00:48:25d'intimidation. Est-ce que vous pourriez nous raconter cela ?
00:48:29Oui Sonia, nous étions
00:48:31à Dijon pour l'incendie de la
00:48:33médiathèque Champollion, le deuxième
00:48:35incendie. En deux semaines, il y a une
00:48:37véritable guerre entre les services
00:48:39de l'Etat et les narcotrafiquants du
00:48:41quartier des Grésilles, un quartier
00:48:43sensible, prioritaire de la ville,
00:48:45un lieu connu par les forcenés
00:48:47de l'ordre ici à Dijon.
00:48:49Lorsque nous avons
00:48:51tenté de pénétrer dans
00:48:53ce quartier, pour pouvoir vous raconter un petit peu
00:48:55l'ambiance et ce qui s'y
00:48:57passait, nous avons tout de suite compris que nous n'étions
00:48:59pas les bienvenus.
00:49:01Vous pouvez voir des guetteurs
00:49:03qui quadrillaient chaque coin
00:49:05de la rue du quartier. Nous avons
00:49:07très vite été repérés par
00:49:09ces derniers. Deux hommes dans une
00:49:11voiture se sont mis à notre
00:49:13hauteur. Ils nous ont tout de suite insultés.
00:49:15Il n'y avait pas de dialogue. Ils nous ont
00:49:17contrôlés, demandés qui
00:49:19êtes-vous ? Qu'est-ce que vous faites ici ?
00:49:21Nous leur avons tout de suite dit que nous
00:49:23partions, que nous n'étions que de
00:49:25passage. Mais ça n'a pas suffi
00:49:27à les calmer. Ils ont poursuivi leurs
00:49:29insultes. Ils ont également
00:49:31poursuivi notre véhicule pour vérifier
00:49:33que nous quittions bien le quartier.
00:49:35Ça a duré au moins
00:49:374 minutes. Ils
00:49:39se sont arrêtés à chaque feu.
00:49:41À chaque feu rouge. Ils sont descendus
00:49:43de leur véhicule qui se trouvait
00:49:45derrière nous pour nous accoster
00:49:47auprès de nos vitres et pour
00:49:49nous filmer, pour nous montrer
00:49:51aux autres guetteurs du quartier
00:49:53au cas où nous revenions. Voilà ce que nous
00:49:55avons pu constater dans ce quartier
00:49:57des Grézis. Un dimanche, en plein après-midi,
00:49:59sans présence policière,
00:50:01les lois du narcotrafic priment sur
00:50:03le territoire de la République.
00:50:05Merci Corentin Alonso.
00:50:07C'était édifiant, effectivement.
00:50:09Intimidation, occupation des territoires,
00:50:11attaque des bâtiments.
00:50:13C'est un point de bascule jamais vu
00:50:15pour vous Alain Bauer ?
00:50:17Ce n'est pas jamais vu. C'est une intensification
00:50:19de quelque chose qui est vue depuis longtemps. C'est une partie
00:50:21du problème d'ailleurs. C'est qu'il y a 20
00:50:23ou 30 ans, j'ai essayé de relire
00:50:25ce qu'on écrivait,
00:50:27moi-même et quelques autres, dans les années
00:50:2990 sur le basculement
00:50:31vers le contrôle
00:50:33des territoires. C'est-à-dire que
00:50:35les quartiers de ségrégation et de relégation
00:50:37devenaient des quartiers de sécession.
00:50:39Ils le devenaient d'un point de vue social,
00:50:41ils le devenaient d'un point de vue
00:50:43racial ou ethnique, si on veut le considérer
00:50:45comme ça, et ils le devenaient
00:50:47d'un point de vue criminel. Et à l'époque,
00:50:49c'était la pratique traditionnelle
00:50:51de ce pays en matière politique, de droite comme de gauche,
00:50:53d'ailleurs, il faut reconnaître qu'il y a une sorte de grande
00:50:55symétrie, qui s'appelle négation, minoration,
00:50:57éjection. En français courant 1, ce n'est pas vrai.
00:50:59Vous inventez tout ça,
00:51:01vous êtes des recelleurs de peurs collectives. Vous regardez
00:51:03trop ces news à la télé, alors à l'époque, il n'y avait pas encore,
00:51:05mais l'équivalent, on suppose...
00:51:07Mais c'était déjà de notre faute. C'est toujours comme ça.
00:51:09Absolument, par principe. C'est intéressant ce que vous dites.
00:51:11D'accord, c'est vrai, mais c'est beaucoup
00:51:13moins grave que ce que vous dites. Vous exagérez
00:51:15beaucoup. Et après, la phase
00:51:17menteur, affabulateur, exagérateur,
00:51:19vous avez la phase, mais de toute façon, ce n'est pas
00:51:21de ma faute, c'est quelqu'un d'autre, l'État, là-bas,
00:51:23loin, ailleurs, Bruxelles, n'importe qui,
00:51:25mais surtout pas moi. Et donc, ce
00:51:27processus-là, il s'est ancré
00:51:29dans la réponse, ou plutôt dans l'absence
00:51:31de réponse politique française, et on
00:51:33l'a vu arriver. L'autre jour, j'ai eu
00:51:35une discussion très étrange avec un journaliste
00:51:37m'expliquant que...
00:51:39Enfin, me posant la question, comment avions-nous
00:51:41pu être aussi aveugles depuis
00:51:4340 ans sur le narcotrafic ?
00:51:45Et je lui ai dit, alors, le « nous » ne me convient pas.
00:51:47Vous, oui. Nous, non.
00:51:49On n'a peut-être pas crié assez
00:51:51fort, on n'a peut-être pas dit assez fort,
00:51:53on ne s'est peut-être pas agité assez fort, on n'a peut-être
00:51:55pas eu assez de relais, on a eu beaucoup
00:51:57de gens qui nous expliquaient que la drogue, c'était pas grave,
00:51:59que c'était récréatif,
00:52:01que, mais oui, mais tu sais, dans les
00:52:03années 60-70, nous-mêmes,
00:52:05on s'y... Voilà.
00:52:07Et en fait, on s'est rendu compte que cet effet
00:52:09de négationnisme de gauche,
00:52:11qui ne vaut pas mieux que le négationnisme de droite,
00:52:13pour dire les choses très clairement, a créé
00:52:15un refus du réel et un déni
00:52:17du réel, qui a laissé
00:52:19perdurer cela, alors que la France est un pays dont
00:52:21les narcotrafiquants avaient peur.
00:52:23Depuis la seule et unique tentation d'implication
00:52:25de la mafia structurellement
00:52:27en France, c'est-à-dire les italo-grenoblois
00:52:29dans les années 70, les
00:52:31narcos, notamment les mafieux,
00:52:33ne venaient en France que pour se sauver
00:52:35de ce que les Italiens leur faisaient subir
00:52:37ou pour blanchir de l'argent.
00:52:39Et puis, peu à peu, ils se sont rendus compte
00:52:41que l'État s'affaiblissait, se rétrécissait,
00:52:43se retirait
00:52:45des territoires, jusqu'au point
00:52:47où aujourd'hui, vous avez une concurrence,
00:52:49non pas entre la police
00:52:51et les narcos, mais eux le considèrent
00:52:53comme une autre bande. Et d'ailleurs, ils considéraient
00:52:55votre équipe de télévision comme une autre
00:52:57bande, qui n'a pas le droit d'entrer sur le territoire.
00:52:59Il se trouve que je suis allé dans le quartier Rocad
00:53:01à Avignon, il y a quelques années,
00:53:03et j'ai déjà été accueilli il y a quelques années,
00:53:05alors que j'étais... J'ai eu l'effet télé,
00:53:07ça m'a beaucoup facilité la vie.
00:53:09Mais j'ai été contrôlé par un jeune mineur
00:53:11de 13-14 ans,
00:53:13qui m'a demandé ce que je venais faire, d'attendre
00:53:15pour être autorisé à entrer
00:53:17dans le quartier, donc il y a une frontière,
00:53:19et il se trouve que les
00:53:21jeunes dealers caïds de l'époque,
00:53:23qui aimaient bien me voir à la télévision,
00:53:25m'ont invité au café du coin, qui s'est vidé
00:53:27en une seconde et demie, pour me raconter
00:53:29plus de choses sur le
00:53:31narcotrafic du quartier que je n'en savais moi-même,
00:53:33avec une espèce de connivence
00:53:35sur... Bon, tu dis pas que
00:53:37des conneries, mais on va t'expliquer
00:53:39comment marche le business.
00:53:41Et ce jour-là, j'ai compris quelque chose
00:53:43de la réalité de l'enracinement
00:53:45du narcotrafic,
00:53:47au-delà même de ces très jeunes gens
00:53:49qui me le racontaient.
00:53:51Et puis quand même,
00:53:53pourquoi je posais la question
00:53:55sur le basculement à la mort,
00:53:57expliquez-nous quand même. En quelques semaines,
00:53:59en quelques mois, une attaque inédite
00:54:01au péage d'un Carville,
00:54:03pour fond de trafic de drogue.
00:54:05Une corruption aujourd'hui qui touche nos dockers,
00:54:07peut-être même un peu plus.
00:54:09Les policiers, les magistrats,
00:54:11les greffiers, c'est l'inspection générale
00:54:13qui le dit. Quand nous,
00:54:15vous entendez ça, on ne se sentait même pas
00:54:17très bien en mettant en cause
00:54:19des agents de l'État, qui sont pour beaucoup
00:54:21des fonctionnaires intègres honnêtes. Mais quand vous
00:54:23insultez et vous menacez
00:54:25une juge ou un juge d'instruction, dans son propre
00:54:27cabinet d'instruction, devant les deux
00:54:29gendarmes qui sont là, et la greffière ou le greffier
00:54:31qui se demande ce qu'il doit noter...
00:54:33Mais c'est gravissime. Oui, mais c'est la réalité.
00:54:35Quand Roberto Saviano dit
00:54:37vous n'avez aucune idée de ce que vous êtes
00:54:39en train de vivre, vous n'avez aucune idée
00:54:41de ce qui va vous arriver. Vous ne comprenez
00:54:43pas ce qui va vous arriver parce que pendant des années,
00:54:45vous n'avez même pas accepté
00:54:47d'accepter le réel,
00:54:49d'intégrer le réel, alors que
00:54:51les criminologues, les professeurs,
00:54:53mon collègue Roffer qui vient de temps en temps
00:54:55chez vous, etc., vous expliquent
00:54:57en long, en large et en travers,
00:54:59certains sur Internet, d'autres avec des
00:55:01publications. Il m'arrive d'être
00:55:03publié chez vous, Alexandre,
00:55:05dans le Figaro. Eh bien,
00:55:07en fait, on raconte tout ça
00:55:09et il ne se passe rien parce qu'il y a
00:55:11une sorte de déni de
00:55:13on ne va pas entrer dans ce truc-là, on va faire comme si
00:55:15on n'était pas au courant parce que comme ça, on n'est pas responsable
00:55:17de ce qui va se passer. Et puis, à un moment,
00:55:19le pire arrive.
00:55:21Et ce qui est important dans l'attaque du
00:55:23péage dans l'affaire Amra, c'est deux choses.
00:55:25D'abord, le renseignement savait beaucoup de choses sur Amra
00:55:27que l'administration pénitentiaire ne savait pas.
00:55:29Ça, c'est une énorme faille
00:55:31de la mise en... J'espère qu'on a
00:55:33retenu la leçon de ce temps. Non.
00:55:35Non. Comment ça ? Pour la mémoire des deux agents
00:55:37pénitentiaires... Jamais, jamais. On est amnésique.
00:55:39On va tenir trois ans et puis on passera à autre chose.
00:55:41C'est pour ça que le garde des Sceaux a dit que... Il l'a dit.
00:55:43Ça pourrait arriver.
00:55:45Il n'a pas tort. Il faut reconnaître.
00:55:47Les hommes politiques sont plutôt lucides
00:55:49de ce point de vue-là. Beaucoup plus qu'on ne le croit.
00:55:51Ils sont parfois très en retard
00:55:53sur l'état de l'opinion.
00:55:55Il y a une forme de lâcheté relative
00:55:57entre les uns et les autres. On le voit sur la question
00:55:59des frontières. Vous l'avez traité tout à l'heure.
00:56:01On le voit sur la question de la criminalité ou du
00:56:03narcotrafic. Un criminel, ça s'arrête
00:56:05quand on l'arrête. C'est compliqué, la vie.
00:56:07Ça dépend.
00:56:09Si la prison est une zone de non-droit, on en a vu
00:56:11certains qui continuent leurs activités criminelles.
00:56:13Je ne dis pas simplement quand on l'emprisonne.
00:56:15On s'entend bien. Il y a une partie
00:56:17du problème qui est née de ce refus
00:56:19d'acceptation du réel.
00:56:21Quand le réel s'impose, parce qu'il gagne toujours,
00:56:23c'est plus ou moins long, à ce moment-là, il y a une sorte
00:56:25de rattrapage général, d'émotion
00:56:27générale et on passe à l'interprétation,
00:56:29à l'implication, à la lamentation.
00:56:31On essaye de rattraper ce qu'on aurait dû faire
00:56:33depuis des mois. Vous vous rendez compte
00:56:35que 30 ans après,
00:56:37les opérations qui ont mené à gérer
00:56:39les repentis italiens, nous nous
00:56:41interrogeons encore pour un amendement au projet
00:56:43de loi de narcotrafic pour faire un truc
00:56:45qui pourrait vaguement ressembler, mais pas trop quand même.
00:56:49C'est un peu décourageant.
00:56:51C'est lucide.
00:56:53Il y a toujours un effet.
00:56:55Après la résilience,
00:56:57il y a toujours la résistance.
00:56:59C'est mon côté optimiste.
00:57:01On va voir si vous continuez à être optimiste sur les autres sujets.
00:57:03On va susciter le débat sur l'Algérie.
00:57:05J'aimerais vous entendre Alain Beaumort. Vous connaissez bien
00:57:07cette tectonique des plaques géopolitiques.
00:57:09Qu'est-ce qu'on craint ?
00:57:11Que craint Emmanuel Macron pour avoir
00:57:13désavoué son Premier ministre et son ministre d'Intérieur ?
00:57:15Écoutons Bruno Rotailleau et vous réagissez juste après.
00:57:17Depuis des mois
00:57:19et des mois, les entreprises
00:57:21françaises sont souvent blacklistées
00:57:23sur la commande publique algérienne.
00:57:25Ce que je veux dire, c'est que le français
00:57:27est éradiqué de l'enseignement primaire
00:57:29au profit de l'anglais. Ce que je veux dire,
00:57:31ce que j'ajoute, c'est qu'un refrain
00:57:33de l'hymne national algérien,
00:57:35très anti-français, a été réhabilité.
00:57:37Ce que je dis aussi, c'est que
00:57:39la coopération sécuritaire
00:57:41entre nos services a été au minimum
00:57:43et quasiment arrêtée, y compris
00:57:45au moment des Jeux olympiques.
00:57:47Vous ne trouvez pas que ça fait beaucoup ?
00:57:49Vous pensez qu'il faut que la France continue
00:57:51à raser les murs, à baisser la tête ?
00:57:53Aucune douleur de l'histoire.
00:57:55Et je sais qu'elles sont vives entre nos deux pays.
00:57:57Mais aucune douleur de l'histoire,
00:57:59fut-elle aiguë, ne donne
00:58:01un permis d'offenser mon pays,
00:58:03la France.
00:58:05Et pourtant, c'est le cas. Alors, pouvez-vous nous dire,
00:58:07Alain Beauvoir, en clarté et en sincérité,
00:58:09ce qu'on craint ou ce que craint le président français ?
00:58:11Alors, il craint rien, parce que tout le monde pense
00:58:13que le président est choqué
00:58:15de ce qui se passe. Le président a écrit
00:58:17et dit des choses, parce qu'il est
00:58:19un décolonial. Il est un décolonial
00:58:21total et absolu, conceptuel.
00:58:23Sa vision du monde
00:58:25est la décolonisation.
00:58:27Il y a eu un débat, il y a quelques semaines,
00:58:29assez surprenant, sur une chaîne différente
00:58:31de la vôtre, avec le ministre des Affaires étrangères,
00:58:33pour qui j'ai beaucoup d'estime, à qui j'ai expliqué
00:58:35que son métier était quand même très difficile.
00:58:37C'était un sacerdoce, en général, d'être ministre des Affaires étrangères,
00:58:39et encore plus avec Emmanuel Macron,
00:58:41parce que c'était un peu la double peine.
00:58:43Et je lui dis, mais de toute façon, il n'y a pas
00:58:45de sujet particulier dans notre expulsion
00:58:47d'Afrique et dans le remords colonial
00:58:49que nous exprimons à peu près toutes les 3 minutes
00:58:51sur à peu près tous les sujets.
00:58:53Et il faut bien reconnaître qu'en la matière, on ne s'est pas toujours
00:58:55très bien comporté en colonisateur.
00:58:57Et en Algérie, le général Bujaud
00:58:59a lui-même longuement expliqué...
00:59:01Il y a eu des horreurs, des exactions...
00:59:03Il en était même fier, il a même fait un petit livre
00:59:05qui expliquait qu'on pouvait faire la même chose en France
00:59:07pour lutter contre les insurrections,
00:59:09dans les maisons et dans les rues. Je le cite,
00:59:11parce que c'est un excellent ouvrage, je le donne à mes étudiants
00:59:13à l'école militaire, sur tout ce qu'il ne faut pas faire.
00:59:15Mais sur le fond, le président est très content
00:59:17de ce qui se passe, et le ministre des Affaires étrangères,
00:59:19dont je pensais qu'il allait me répondre
00:59:21mais non, pas du tout, vous exagérez,
00:59:23c'est les trucs habituels.
00:59:25Il l'a dit sur ma trentaine il y a quelques jours.
00:59:27Vous avez parfaitement compris le concept.
00:59:29D'ailleurs, au discours de je ne sais plus où,
00:59:31le président a parfaitement dit ça, et d'ailleurs,
00:59:33dit-il, vous le retrouverez en replay quelque part,
00:59:35notre politique mémorielle nous permettra de revenir.
00:59:37Et là, je veux dire, vous m'assiez,
00:59:39il m'en faut beaucoup pour être soufflé,
00:59:41mais je l'ai été.
00:59:43Donc un, le président de la République est assez satisfait
00:59:45de ce qui se passe. Deux, nous avons un vrai remords colonial
00:59:47qui n'est pas lié aux problèmes des accords de 68,
00:59:49ni aux accords de 94, mais aux accords de 62,
00:59:51qui posent deux problèmes.
00:59:53D'abord, ils ont été ratifiés par référendum,
00:59:55donc ce n'est pas un simple accord diplomatique dans un coin.
00:59:57Et deuxièmement, ils ont été imaginés pour des raisons
00:59:59assez étranges sur, ouvrons les frontières
01:00:01de l'ex-puissance coloniale
01:00:03à d'anciens Français,
01:00:05car je le rappelle, l'Algérie,
01:00:07c'est la seule colonie de peuplement
01:00:09qui était aussi un département français,
01:00:11la deuxième colonie de peuplement.
01:00:13C'est la Nouvelle-Calédonie, et visiblement,
01:00:15on n'a pas mieux compris qu'ailleurs,
01:00:17même si les efforts actuels permettent peut-être
01:00:19d'arriver au bout du couloir.
01:00:21Mais sur le fond, la question qui nous a été posée,
01:00:23c'était de considérer que tous les Pieds-Noirs
01:00:25allaient rester en Algérie pour leur faciliter la vie,
01:00:27afin qu'ils reviennent en métropole,
01:00:29mais en visite, et pour que leurs enfants le restent.
01:00:31Voilà, il y a cette ouverture
01:00:33dans les accords de 62.
01:00:35En 68, on s'est rendu compte que ça n'avait pas marché du tout.
01:00:37D'abord pour les Pieds-Noirs,
01:00:39rentrer dans des conditions horribles,
01:00:41et pour les Harkis, rentrer dans des conditions ignobles,
01:00:43dans lesquelles la France porte une énorme responsabilité.
01:00:45Et à ce moment-là,
01:00:47on a réduit les accords de 62 en 68.
01:00:49Oui, curieusement, les accords de 68
01:00:51réduisent les accords de 62.
01:00:53Ils sont moins favorables.
01:00:55Mais nous sommes face à un deuxième problème
01:00:57que j'explique dans la conquête de l'Ouest.
01:00:59C'est qu'en même temps, il y a les Trente Glorieuses,
01:01:01et donc nous branchons le Dyson de l'immigration
01:01:03de travail, comme nous l'avions fait
01:01:05presque 40 ans avant,
01:01:07après la guerre 14-18.
01:01:09Il deviendra familial.
01:01:11Notre problème démographique
01:01:13est plus important que notre problème
01:01:15d'intégration.
01:01:17Et vous avez raison, vous l'avez rappelé tout à l'heure,
01:01:19l'assimilation est dans le code civil,
01:01:21mais comme l'assimilation était devenue impossible,
01:01:23on a décidé d'arrêter d'assimiler,
01:01:25même si on le raconte,
01:01:27et on a inventé le vivre ensemble.
01:01:29C'est un concept sans contenu.
01:01:31Tu ne sais pas si tu vis à côté, face à face,
01:01:33les uns sur les autres. Nous avons raté
01:01:35l'élément majeur qui était intégration.
01:01:37Une assimilation light, ou quand même
01:01:39sur la laïcité, sur les droits des femmes,
01:01:41sur la liberté.
01:01:43Mais on ne l'avait plus,
01:01:45parce que nous avions que des immigrés à durée déterminée
01:01:47et que nous imaginions que tout ce petit monde allait rentrer à la maison.
01:01:49Rien de tout cela
01:01:51ne s'est produit.
01:01:53Et donc d'illusion en illusion,
01:01:55de fantasmagorie en fantasmagorie,
01:01:57d'élimination
01:01:59de tout ce qui fait souveraineté.
01:02:01Vous avez parlé des frontières, mais on peut parler de la monnaie,
01:02:03on peut parler de la santé,
01:02:05on peut parler de l'instruction publique,
01:02:07on peut parler de ce qui se passe d'un point de vue militaire.
01:02:09Nous avons une armée bonsaï qui a un peu de tout et beaucoup de rien.
01:02:11Et tous ceux qui ont désarmé,
01:02:13désarmé ce pays, à tout point de vue,
01:02:15sur l'ensemble de ce qui est le corps de son service public,
01:02:17sont aujourd'hui en train de nous expliquer
01:02:19comment il va falloir le réarmer.
01:02:21Mais sauf qu'ils ont oublié la phase excuses, explications.
01:02:23Je me suis planté, je me suis planté.
01:02:25Je vais vous expliquer pourquoi il faut faire exactement l'inverse
01:02:27de tout ce qu'on fait depuis les années 70.
01:02:29Et ceci crée la crise de la confiance.
01:02:31Parce que pourquoi faire confiance
01:02:33à quelqu'un qui vous dit, un, que vous exagérez,
01:02:35deux, que vous mentez, et trois, qu'il n'y est pour rien.
01:02:37C'est très intéressant parce que vous m'offrez la transition
01:02:39dans quelques instants sur l'Europe,
01:02:41puisque c'est le sursaut, le réveil,
01:02:43le réarmement de l'Europe.
01:02:45Simplement une parenthèse.
01:02:47Ça fait partie finalement des outils.
01:02:49J'ai vu que Bruno Rotaillot a parlé
01:02:51de la langue et donc de la francophonie.
01:02:53C'est vrai que c'est un sujet dont on parle beaucoup.
01:02:55Et ça ne peut que faire mal au cœur
01:02:57aux francophiles, aux francophones évidemment,
01:02:59mais aux francophiles,
01:03:01de voir qu'en Algérie,
01:03:03ce n'est pas le cas seulement en Algérie,
01:03:05mais qu'il y a une offensive sur des établissements privés.
01:03:07Parce que le public, l'arabe,
01:03:09c'est dans la loi,
01:03:11donc l'arabe est majoritaire,
01:03:13mais il y avait quelques établissements privés
01:03:15où il pouvait y avoir une utilisation
01:03:17de la langue française.
01:03:19Maintenant, garde à ceux,
01:03:21il peut y avoir des fermetures d'établissements,
01:03:23et je trouve que c'est un recul terrible
01:03:25et que celui qui défendait le mieux
01:03:27cette langue-là, et qui la défend encore,
01:03:29il est derrière des barreaux.
01:03:31C'était pour rappeler
01:03:33Borlème sans salle.
01:03:35L'art of the deal sur Emmanuel Macron est essentiel.
01:03:37C'est-à-dire qu'en fait, il est cohérent.
01:03:39Dans sa déclaration avant la campagne présidentielle.
01:03:41Vous avez raison, il suffit de le lire et de l'écouter.
01:03:43Alors, il faut toujours se rappeler que
01:03:45les gens passent leur temps à dire, écrire, chanter
01:03:47et annoncer, diffuser, filmer
01:03:49tout ce qu'ils vont faire et que nous ne le croyons jamais.
01:03:51C'est une sorte de mythe.
01:03:53Je sens que Donald Trump pourrait rentrer
01:03:55dans cette case-là.
01:03:57Il a tout écrit de ce que serait son programme politique
01:03:59si un jour il était président.
01:04:01Nous ne l'avons jamais lu.
01:04:03L'art of the deal, qui est plutôt un produit dérivé
01:04:05de son émission.
01:04:07Donald Trump, mais aussi Vladimir Poutine.
01:04:09Ah oui !
01:04:11Simplement sur l'Algérie,
01:04:13sur l'analyse
01:04:15d'Alain Bauer, c'est vrai,
01:04:17Emmanuel Macron ne se reprend pas
01:04:19depuis qu'il avait dit et qu'il avait dénoncé
01:04:21des crimes contre l'humanité jusqu'à aujourd'hui.
01:04:23Finalement, il est cohérent sur l'Algérie,
01:04:25sur l'Europe, sur l'Afrique.
01:04:27Sur l'Algérie, il a parlé de crimes contre l'humanité
01:04:29et puis après, il a parlé de rentes mémorielles.
01:04:31La cohérence est quand même compliquée
01:04:33chez Emmanuel Macron. En fait, le problème de l'Algérie,
01:04:35tout le monde a compris
01:04:37ce qui se passait, tout le monde sait
01:04:39ce qu'il faut faire, mais on ne le fait pas.
01:04:41Les prétextes, moi je m'en fiche,
01:04:43soumission, mais on ne le fait pas.
01:04:45Tout le monde a compris ça.
01:04:47Mais attendez, expliquez-moi, le gaz algérien,
01:04:49je ne sais pas si on est tenu par des choses
01:04:51plus concrètes. Non.
01:04:53On a deux alternatives.
01:04:55Le Qatar et les Etats-Unis.
01:04:57Le gaz algérien par le GNL russe.
01:04:59Pendant ce temps-là, au-delà des
01:05:01grandes agitations, des mouvements de droit et des positions,
01:05:03nous sommes le plus grand importateur de GNL,
01:05:05gaz naturel, liquéfié russe d'Europe.
01:05:07L'air de rien.
01:05:09C'est-à-dire que nous avons une politique qui est toujours
01:05:11extrêmement compliquée, légèrement hypocrite
01:05:13sur les bords, sur un certain nombre de sujets.
01:05:15Nous avons beaucoup d'intérêts français en Algérie
01:05:17et on ne peut pas les sacrifier du jour au lendemain
01:05:19en les jetant par-dessus bord.
01:05:21C'est un sujet. Nous avons beaucoup
01:05:23de franco-algériens, c'est un autre sujet, car
01:05:25la négociation de l'état civil
01:05:27dans les accords de 1962, c'était au bout de trois ans,
01:05:29on était soit algériens, soit français,
01:05:31mais nous avons laissé perdurer
01:05:33cette espèce d'espace intérieur, parce que pour la première fois,
01:05:35nous dénationalisions
01:05:37des Français,
01:05:39parce que tous les Algériens étaient
01:05:41devenus Français après 1945. Pas seulement
01:05:43le décret Crémieux ou les Pieds-Noirs,
01:05:45mais donc l'intégralité de la population.
01:05:47L'idée qu'avait le général de Gaulle dans la communauté,
01:05:49c'est qu'il y avait une espèce de coopération
01:05:51à la Commonwealth, qu'on allait trouver des solutions,
01:05:53etc. Mais simplement, le retrait
01:05:55généralisé de la France au nom
01:05:57de ce que j'appelle le remords colonial,
01:05:59c'est-à-dire à la fois quelque chose de légitime
01:06:01dans les conditions dans lesquelles l'Algérie
01:06:03a été conquise, et qui ne l'est pas
01:06:05du tout dans la relation
01:06:07adulte que nous devrions avoir avec l'Algérie,
01:06:09qui d'ailleurs attend que ça, que nous ayons
01:06:11une relation adulte avec elle.
01:06:13Vous avez tout dit sur ce sujet,
01:06:15et on va voir que, évidemment,
01:06:17ça n'a rien à voir, comparaison de vos paraisons,
01:06:19mais il a dit ce qu'il a fait, et on est étonnés.
01:06:21Peut-être parce que
01:06:23les politiques français ne sont pas habitués
01:06:25à cela.
01:06:27Les Français ne sont pas habitués à ce que leurs politiques fassent ce qu'ils disent,
01:06:29et c'est pour ça que ça nous surprend toujours que les Américains,
01:06:31eux, fassent ce qu'ils disent et disent ce qu'ils font.
01:06:33Et sur la dissuasion nucléaire, ça prend
01:06:35des proportions... C'est un débat explosif,
01:06:37parce qu'évidemment, c'est notre
01:06:39spécificité, notre singularité,
01:06:41quand même.
01:06:43Est-ce qu'on peut la partager ?
01:06:45Et quel serait l'intérêt de la France, d'ailleurs ?
01:06:47Parce qu'on parle beaucoup de l'intérêt de l'Europe,
01:06:49mais l'intérêt de la France à une dissuasion nucléaire partagée ?
01:06:51Ça dépend comment elle est partagée,
01:06:53c'est tout le débat. Si c'est mutualisé,
01:06:55c'est une perte de souveraineté.
01:06:57Si elle est simplement élargie...
01:06:59Alexandre n'a pas le teasing, il va tout me dire avant.
01:07:01Restez avec nous, vous l'avez compris,
01:07:03l'analyse juste après. A tout de suite.
01:07:07Merci d'être avec nous. La suite du débat,
01:07:09faut-il aller vers une dissuasion nucléaire
01:07:11élargie ? Vous savez que le débat
01:07:13est explosif, il a été relancé par
01:07:15Emmanuel Macron, mais quel serait
01:07:17notre intérêt, l'intérêt de la France ?
01:07:19En parlant d'intérêt, me vient à l'esprit
01:07:21une citation, je crois que c'est celle du général de Gaulle.
01:07:23Les Etats n'ont pas d'amis, mais que des
01:07:25intérêts. Je crois même que ce n'était pas une citation de
01:07:27le général de Gaulle. Non, il l'a reprise de
01:07:29quelqu'un d'autre, mais elle a
01:07:31obtenu sa popularité grâce au général de Gaulle.
01:07:33Donc on peut dire qu'elle est du général de Gaulle.
01:07:35On va en parler juste après le rappel des titres de
01:07:37Somaya Labidi. A la une de l'actualité,
01:07:39Sonia, la colère du préfet
01:07:41du Morbihan, suite à de nombreuses
01:07:43dégradations hier à Lorient, marche d'une
01:07:45manifestation contre l'extrême droite.
01:07:47Les forces de l'ordre ont été ciblées
01:07:49par des tirs de mortier et des jets de pierre.
01:07:51Trois personnes ont été interpellées, précise
01:07:53la préfecture.
01:07:55Nous saluons l'attaque héroïque menée
01:07:57par l'un des notraïfs en Israël.
01:07:59Réaction du Hamas après une attaque
01:08:01au couteau ayant fait un mort et plusieurs
01:08:03blessés. Attaque qualifiée d'attentat
01:08:05terroriste par les autorités. L'assaillant
01:08:07à un druze israélien récemment rentré
01:08:09de l'étranger a quant à lui été
01:08:11tué. Et puis le triomphe
01:08:13de Sean Baker, réalisateur de
01:08:15Nora, avec cinq Oscars dont celui du
01:08:17meilleur film, Zoé Saldana,
01:08:19décrochelle, celui du meilleur
01:08:21second rôle féminin pour son personnage d'avocat
01:08:23désabusé dans Emilia
01:08:25Pérez de Jacques Audiard.
01:08:27Merci
01:08:29Somaya. A tout à l'heure, nous sommes toujours
01:08:31avec Alain Bauer, auteur du livre à la
01:08:33conquête de l'Ouest aux éditions
01:08:35Fayard, livre
01:08:37à succès. Il y a également
01:08:39au commencement été La Guerre,
01:08:41trilogie, puis d'autres à venir, on ne va pas tout
01:08:43dévoiler. Je salue Eric de Ritmaten
01:08:45qui nous a rejoint. Merci d'être là.
01:08:47Cher Eric, notre journaliste spécialiste des questions économiques
01:08:49et d'argent. L'argent qu'on a plus,
01:08:51les chèques en bois, on va voir qui va les faire
01:08:53justement, parce que pour un réarmement
01:08:55il faut quand même des munitions
01:08:57en monnaie sonnante et trébuchante
01:08:59mais tout d'abord, sur la dissuasion
01:09:01nucléaire élargie,
01:09:03écoutons ce matin François-Xavier Bellamy,
01:09:05eurodéputé qui trouve que c'est une idée
01:09:07qui est complètement désastreuse
01:09:09et Jordan Bardella, toujours dans l'opposition
01:09:11qui affirme que ce serait une forme de trahison
01:09:13également. Mais tout d'abord, monsieur Bellamy.
01:09:15La décision, elle repose sur le fait
01:09:17que très rapidement, si
01:09:19une menace massive devait
01:09:21être engagée contre
01:09:23notre pays, contre ses intérêts vitaux,
01:09:25au sens élargi de ce terme aussi contre
01:09:27l'Europe, alors la décision doit pouvoir être prise
01:09:29très rapidement. Or, vous le voyez bien,
01:09:31je le vois tous les jours au Parlement européen,
01:09:33la décision européenne, et pour des raisons
01:09:35tout à fait normales, elle n'est pas rapide.
01:09:37On peut partager la protection
01:09:39qu'apporte la dissuasion nucléaire,
01:09:41on ne peut évidemment pas
01:09:43partager la décision.
01:09:45C'est impossible. La protection,
01:09:47elle est déjà aujourd'hui, d'une certaine
01:09:49manière, au bénéfice des Européens.
01:09:51Quand on pose la question
01:09:53quel est notre intérêt, en parlant
01:09:55d'intérêt, par exemple, ça m'a beaucoup frappé
01:09:57ces derniers jours, vous dites une vérité,
01:09:59parce qu'on est un peu dans l'ère
01:10:01des vérités, pas de la vérité, mais vous dites
01:10:03Donald Trump a été
01:10:05élu, enfin il a été, comment dire,
01:10:07il est arrivé au pouvoir pour faire
01:10:09ce pourquoi il a été élu. Oui, c'est étonnant
01:10:11pour les Français. C'est tellement banalement...
01:10:13C'est toujours compliqué, mais il a dit pendant
01:10:15des années ce qu'il pensait, ce qu'il allait
01:10:17faire, comment il allait le faire, et nous avons passé
01:10:19notre temps à dire non, non, il ne va pas le faire.
01:10:21C'est que pour la frime,
01:10:23c'est la campagne. Donald Trump est en campagne
01:10:25électorale permanente depuis 2015.
01:10:27Il a été en campagne électorale
01:10:29avant son élection, pendant son élection,
01:10:31dans l'intermède entre deux élections,
01:10:33et il continue à faire des meetings et des conférences
01:10:35permanentes sur à peu près tout.
01:10:37Vous me posiez la question tout à l'heure d'où venait
01:10:39la phrase, alors c'est Madame Churchill
01:10:41qui en est à l'origine, reprise par
01:10:43le Général de Gaulle, qui avait trouvé ça plutôt
01:10:45bien. Sur le fond,
01:10:47la question, elle a été traitée par
01:10:49le fondateur de la doctrine
01:10:51nucléaire française, le Général de Gaulle.
01:10:53J'étais déjà gaullien, je commence
01:10:55à devenir gaulliste, qui est toujours un signe
01:10:57soit d'expérimentation, soit de vieillissement,
01:10:59il faut voir les deux. Tous les deux.
01:11:01Mais le Général de Gaulle avait déjà
01:11:03fixé dans une note
01:11:05secrète de 1964
01:11:07quelles étaient, non pas les frontières
01:11:09de la décision,
01:11:11la décision c'est ce que dit M. Bellamy,
01:11:13un seul décideur, le Président de la République
01:11:15française, point. Par contre,
01:11:17quelle était la frontière de l'engagement.
01:11:19C'est pas la frontière de la France.
01:11:21C'est la frontière de l'Allemagne
01:11:23et du Benelux. Il l'a écrit
01:11:25en 1964 et c'est repris
01:11:27dans le livre blanc de 1972,
01:11:29parce que la note secrète de
01:11:311964, on en parle, mais bien plus
01:11:33longtemps. Par contre, le livre blanc de 1972
01:11:35le dit d'une manière subtile
01:11:37mais réelle en disant, attention,
01:11:39l'engagement ne se limite pas à nos frontières
01:11:41géographiques, mais à celles qui
01:11:43conditionnent pour nous notre survie
01:11:45et donc élargie au Benelux,
01:11:47petit souvenir de la ligne
01:11:49Maginot probablement, et de
01:11:51l'Allemagne. Pourquoi ? Parce que
01:11:53nous avions deux dissuasions nucléaires, tout le monde
01:11:55a oublié. Nous avions la dissuasion nucléaire
01:11:57stratégique, celle dont on ne doit pas se servir
01:11:59et qui est notre garantie de survie, et
01:12:01des outils de dissuasion nucléaire
01:12:03tactique qui étaient faits pour
01:12:05servir sur le champ de bataille et qui, à
01:12:07l'époque, malencontreusement du fait
01:12:09de leur capacité, tombaient
01:12:11essentiellement sur les Allemands. C'est-à-dire que
01:12:13pour arrêter l'armée rouge, on devait
01:12:15nucléariser les Allemands, ce qui les amusait
01:12:17modérément. Et ceci est né
01:12:19de ce qui a été la répétition générale de la
01:12:21guerre d'Ukraine, la guerre de Corée.
01:12:23La première fois où on a compris que
01:12:25la masse était plus importante que la
01:12:27technologie, et où les Américains ont
01:12:29doté, eux-mêmes et nous,
01:12:31l'Alliance Atlantique, dans quatre pays
01:12:33européens, d'armes nucléaires tactiques
01:12:35qui sont des armes dites de théâtre,
01:12:37des armes à utiliser
01:12:39en cas de conflit.
01:12:41Nous avions les mêmes, le Hadès et le
01:12:43Pluton. Nous les avons remisés, puis
01:12:45démantelés. Nous avons perdu
01:12:47cette capacité d'attaque
01:12:49pour rester uniquement sur la
01:12:51défense. Mais
01:12:53la théorie globale
01:12:55du général Lull n'a pas bougé
01:12:57d'un iota, et donc ce débat n'existe
01:12:59pas. La question, c'est est-ce que
01:13:01par exemple, on pourrait protéger la
01:13:03Pologne, la plus grande armée conventionnelle.
01:13:05C'est un choix d'élargissement
01:13:07du champ
01:13:09des interventions, dû au fait que le
01:13:11Pacte de Varsovie, ça tombe bien,
01:13:13s'est effondré, et que la Pologne aujourd'hui, c'est la plus
01:13:15grande armée conventionnelle de
01:13:17l'OTAN. C'est la plus grande armée conventionnelle.
01:13:19Donc on peut avoir ce choix,
01:13:21d'élargissement de la géographie, mais
01:13:23c'est la décision. On va faire participer, le
01:13:25président Trump fera sans doute un deal
01:13:27sur le dos de l'Ukraine.
01:13:29L'Europe en sortira-t-elle
01:13:31perdante à 100% ? C'est pas sûr.
01:13:3399. 99.
01:13:35Vous avez parlé de ce sujet, finalement,
01:13:37dans votre précédent livre, Au commencement
01:13:39a été la guerre, au sujet de l'Allemagne.
01:13:41Est-ce qu'il y a des leçons à retenir ?
01:13:43Non, les leçons à retenir, elles sont celles de l'Ukraine.
01:13:45Quand en 1999,
01:13:47pardon, quand en 1995-90,
01:13:49le mur tombe, moi je suis au
01:13:51bien de Michel Rocard. Je regarde
01:13:53tomber le mur avec fascination
01:13:55et je crois à la fable de la
01:13:57globalisation heureuse, comme tout le monde. Je suis
01:13:59pas meilleur que les autres, je ne suis pas voyant.
01:14:01J'ai passé une partie de ma carrière
01:14:03avant d'arriver à Matignon
01:14:05à constater que mes prédécesseurs étaient des nuls parce
01:14:07qu'ils voyaient pas des choses qui étaient aussi évidentes que le nez au milieu
01:14:09de la figure. Me replongeant dans
01:14:11ces affaires au moment de l'écriture du premier livre de
01:14:13la trilogie, je me suis rendu compte que j'avais pas
01:14:15été très bien meilleur. Mais en fait,
01:14:17on voit apparaître une situation très
01:14:19claire. Contre la réunification de l'Allemagne,
01:14:21l'Allemagne est prête à sortir
01:14:23de l'Alliance Atlantique. Discours de
01:14:25Tutsinger dans les triches Genscher, ministre des
01:14:27Affaires étrangères. Il dit qu'on est prêt à tout lâcher
01:14:29pour la réunification. Après une
01:14:31longue négociation, Gorbatchev accepte de laisser
01:14:33l'Allemagne dans l'Alliance Atlantique,
01:14:35d'élargir l'Union Européenne, à une condition,
01:14:37nous n'avançons pas d'un millimètre
01:14:39à l'Est. Avec
01:14:41trois lignes rouges, dit Gorbatchev,
01:14:43malgré tout, Gorbatchev,
01:14:45Kaliningrad, l'enclave
01:14:47russe au milieu de l'Union Européenne,
01:14:49la Géorgie et l'Ukraine.
01:14:51Le principal
01:14:53conseiller américain, Zbigniew Brzezinski,
01:14:55dit, oui mais attention, nous
01:14:57devons être le seul empire,
01:14:59et pour régler la question
01:15:01de l'URSS, il faut déconnecter
01:15:03l'Ukraine et la Russie.
01:15:05L'Ukraine et la Russie ensemble sont un empire
01:15:07séparé, ce ne sont que deux simples
01:15:09Etats, et pendant dix ans, nous allons
01:15:11respecter cet engagement, parfaitement,
01:15:13pas un millimètre à l'Est.
01:15:15Et puis arrive la crise serbe,
01:15:17il y a des massacres, la Yougoslavie
01:15:19explose en petits morceaux, la Slovénie
01:15:21part doucement, une sorte de Suisse locale,
01:15:23la Croatie c'est déjà un peu plus dur,
01:15:25la Serbie, le Monténégro
01:15:27ça va encore, mais sur la partie
01:15:29Bosnie-Herzégovine, qui est une recomposition
01:15:31de la Yougoslavie en miniature, c'est
01:15:33un enfer, des massacres partout, des horreurs,
01:15:35et l'Alliance Atlantique,
01:15:37dont nul ne comprend ce qu'elle vient faire dans
01:15:39cette histoire, décide sur un
01:15:41territoire qui est celui d'un pays non aligné,
01:15:43en bombardant
01:15:45la Serbie pendant
01:15:4799 jours,
01:15:49crée une rupture majeure avec la Russie,
01:15:51Evgeny Primakov, Premier ministre
01:15:53qui est l'homme de l'Ouest à Moscou,
01:15:55l'homme de l'Ouest, l'homme de la réconciliation,
01:15:57l'homme de l'Eurasie, l'homme du business,
01:15:59l'homme du marché, l'homme de la démocratisation,
01:16:01fait demi-tour dans son avion, rentre à Moscou,
01:16:03convoque le Conseil Sécurité Nationale,
01:16:05il est à l'époque le jeune secrétaire
01:16:07du Conseil Sécurité Nationale, il s'appelle
01:16:09Vladimir Vladimirovitch Poutine, c'est l'homme
01:16:11qui accompagne les agents de la CIA pour vérifier
01:16:13qu'on démantèle bien les ICBM russes.
01:16:15Et il leur dit
01:16:17tout est fini
01:16:19entre nous. Vous êtes en train de nous dire que les torts
01:16:21sont partagés. Bien sûr.
01:16:23Vous le dites bien sûr d'un ton
01:16:25évident. Mais je l'écris,
01:16:27j'attends toujours une contestation
01:16:29de ce livre paru il y a 3 ans, parce qu'il
01:16:31est composé essentiellement de documents déclassifiés,
01:16:33disponibles et que je mets en longueur
01:16:35et pas juste les 3 lignes
01:16:37qui m'intéressent pour justifier ce que je dis.
01:16:39En clarté, les torts sont partagés.
01:16:41Sur cette affaire-là, bien sûr.
01:16:43Sur cette affaire-là,
01:16:45c'est absolument exact.
01:16:47Ça ne justifie en rien la manière dont
01:16:49Poutine envahit l'Ukraine,
01:16:51ça ne justifie en rien le libre choix
01:16:53des électeurs ukrainiens d'un jour voter pro-occidentale,
01:16:553 ans plus tard ou 4 ans plus tard
01:16:57de voter pro-russe, puis
01:16:59de décider une révolte quand ils se sentent
01:17:01trahis par leur propre gouvernement.
01:17:03Mais l'histoire de cette affaire
01:17:05fait qu'en 1999,
01:17:07Primakov rentre et dit
01:17:09tout est fini entre nous, nous avons cru qu'ils étaient
01:17:11les gentils, que nous étions les méchants, nous sommes les mêmes,
01:17:13les Etats n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts.
01:17:15Aujourd'hui, les Etats-Unis
01:17:17veulent détruire la Russie,
01:17:19nous devons renaître et nous
01:17:21nous préparons à un conflit avec l'Occident.
01:17:23Barbatov, vice-président de la Douma
01:17:25et de l'Académie des sciences, écrit même un livre
01:17:27en anglais pour dire
01:17:29vous n'avez pas compris ce que vous venez de faire.
01:17:31Vous venez de rompre un processus historique
01:17:33de rapprochement et donc
01:17:35aujourd'hui on est dans une compétition. Parce que les Américains
01:17:37ont cette logique impériale
01:17:39qui est le pur produit, non pas de
01:17:41Donald Trump, mais qui est là depuis
01:17:43George Washington, en passant par McKinley
01:17:45et Theodore Roosevelt. La seule erreur
01:17:47de cette histoire, c'est que Franklin Roosevelt
01:17:49qui tout d'un coup, parce que le
01:17:51conflit arrive, décide
01:17:53d'être le leader de l'Occident libre
01:17:55et c'est ce moment-là qui est important.
01:17:57Mais le reste, c'est très cohérent
01:17:59dans l'histoire américaine.
01:18:01Non, non, effectivement
01:18:03et il y a la guerre
01:18:05en Yougoslavie, mais ensuite il y a quand même
01:18:07l'OTAN qui
01:18:09soutient aussi les révolutions
01:18:11oranges, qui peuvent être vues
01:18:13du point de vue des Russes comme une forme
01:18:15de coup d'État. En tout cas
01:18:17l'OTAN a voulu
01:18:19être présent
01:18:21en Ukraine. Et aujourd'hui, ce qui est
01:18:23intéressant et peut-être nouveau, c'est qu'effectivement
01:18:25Donald Trump, lui, n'est pas forcément
01:18:27dans une logique impérialiste.
01:18:29C'est un nationaliste.
01:18:31Son peuple dit « nous n'avons plus les moyens,
01:18:33nous n'avons plus d'intérêt à être là ».
01:18:35Il les suit. Le problème, c'est que l'Europe a
01:18:37suivi les États-Unis
01:18:39dans cette logique-là et s'est laissé
01:18:41entraîner. Et comme d'habitude avec les Américains,
01:18:43quand ils décident de se retirer,
01:18:45on est coucus d'une certaine
01:18:47manière et on n'a rien prévu
01:18:49comme alternative.
01:18:51La seule bonne nouvelle, c'est que ça va peut-être
01:18:53nous obliger à être
01:18:55autonomes, à être indépendants, etc.
01:18:57Mais on en est loin et je trouve
01:18:59qu'on n'a pas les moyens en ce moment de nos indignations.
01:19:01Je serais plus rassuré par des gens
01:19:03qui travaillent à construire justement
01:19:05une autonomie stratégique sur 50 ans
01:19:07qu'à faire des moulinets
01:19:09et à essayer
01:19:11de prolonger une guerre qui n'a de toute manière
01:19:13plus de sens. On ne va pas continuer une guerre
01:19:15qui a fait un million de morts,
01:19:17je crois, en tout cas beaucoup de morts.
01:19:19Et on sait très bien qu'il n'y a pas d'issue.
01:19:21Donc l'intérêt est
01:19:23de conclure cette guerre le plus vite possible
01:19:25et par contre que l'Europe se repense
01:19:27et mette les moyens.
01:19:29Donc il n'y a pas de paix idéale, il y aura une paix raisonnable.
01:19:31C'est le mot qu'on entend. Vous nous direz ce qu'on peut
01:19:33entendre par paix raisonnable. La question, il y a aussi
01:19:35les moyens, les moyens de nos ambitions.
01:19:37On parle de réveil, de sursaut, de réarmement.
01:19:39Qui va payer ?
01:19:41Éric Derritte-Matel. Je vous pose la question
01:19:43parce qu'effectivement, ça tombe à un moment
01:19:45où la France est à sec en termes
01:19:47d'argent. On a un déficit
01:19:49budgétaire
01:19:51de 5,4%
01:19:53alors qu'on devrait être à 3% selon Maastricht.
01:19:55Je ne sais pas si vous avez noté ce week-end, Emmanuel Macron
01:19:57a dit qu'il faudrait peut-être qu'on se porte des critères
01:19:59de Maastricht concernant les dépenses
01:20:01militaires, sinon on ne s'en sortira pas.
01:20:03A qui ça peut profiter ?
01:20:05Si vraiment il y a une économie de guerre, on n'en est pas là
01:20:07parce que je pense qu'Alain connaît mieux que moi
01:20:09mais je crois que c'est 6 ou
01:20:1110% l'économie de guerre.
01:20:13C'est au moins un 8.
01:20:15C'est l'équilibre entre la Chine et la Russie.
01:20:17Et donc nous, on est à 2%.
01:20:192%, ça veut dire que dans la loi
01:20:21de programmation militaire aujourd'hui, on investit
01:20:2350 milliards par an.
01:20:25Ce qui est déjà énorme parce que dans ces 50 milliards, vous avez aussi
01:20:27l'entretien de nos têtes nucléaires.
01:20:29Donc ça représente 7 milliards par an quand même
01:20:31le nucléaire en France. Rien que la remise à niveau.
01:20:33Le reste, c'est pour
01:20:35équiper l'armée. Mais 50 milliards,
01:20:37ce n'est pas énorme. Si vous augmentez
01:20:39comme le souhaite Emmanuel Macron, si on passe à 3%
01:20:41de la richesse nationale, ça fera
01:20:4375 milliards. Donc ça veut dire 25 milliards
01:20:45de plus et on n'a pas l'argent.
01:20:47Est-ce qu'il faut lancer un grand emprunt national ?
01:20:49Est-ce que les Français seraient d'accord pour donner
01:20:51une partie de leur épargne, qui est importante en France
01:20:53l'épargne. Si vous prenez l'épargne complète
01:20:55des Français avec les assurances-vie,
01:20:57les livrets et les bourses,
01:20:59j'entends les actions détenues personnellement,
01:21:01on est à 6 000 milliards
01:21:03d'épargne française.
01:21:05C'est deux fois
01:21:07la dette de la France. Vous vous rendez compte ?
01:21:09Donc il y a de l'argent à prendre. Est-ce que les Français sont prêts
01:21:11à mettre cet argent dans l'économie de guerre ?
01:21:13Autre chose, c'est un fonds d'investissement.
01:21:15Vous avez aujourd'hui une société
01:21:17qui est en train de lancer un fonds privé
01:21:19sous tech-investissement. Je vais les interviewer.
01:21:21Ils vont venir dans l'émission économique
01:21:23qui passe le week-end. Et ça sera intéressant
01:21:25de les entendre et de savoir comment justement on peut flécher
01:21:27cet argent vers les équipements.
01:21:29Vous me dites, à qui ça profiterait ?
01:21:31Vous avez trois géants mondiaux qui sont français.
01:21:33C'est d'ailleurs intéressant de voir aujourd'hui
01:21:35comment ils se comportent en bourse.
01:21:37Thalès, Safran, Dassault Aviation.
01:21:39Si vous voyez la croissance en bourse, vous ne croiriez pas.
01:21:41Depuis le début de l'année,
01:21:43Thalès, c'est plus 54 %.
01:21:45Thalès, ils font des équipements électroniques.
01:21:47Safran, ils font les systèmes de guidage
01:21:49de missiles, plus 20 % depuis le début de l'année.
01:21:51Et Dassault Aviation, plus 41 %.
01:21:53C'est le rafale. Donc ça profiterait
01:21:55aux entreprises françaises. Ce ne serait même pas mauvais
01:21:57pour notre économie.
01:21:59Et les Américains ?
01:22:01Alors, ils sont encore plus gros.
01:22:03Ça monte à combien ?
01:22:05Dans les géants mondiaux, vous n'avez pratiquement que des Américains
01:22:07et un Chinois.
01:22:09Qui sont les plus grosses entreprises ?
01:22:11Elles sont américaines, les plus grosses entreprises ?
01:22:13Oui, mais c'est considérable.
01:22:15Vous avez Lockheed Martin,
01:22:17qui est à l'origine du F-35.
01:22:19D'ailleurs, entre parenthèses, le F-35, c'est l'avion de chasse
01:22:21qui est acheté par les Allemands.
01:22:23On en parle de cohérence européenne.
01:22:25Elon Musk dit que c'est une gigantesque erreur
01:22:27technologique.
01:22:29Deux fois plus chère que le F-35.
01:22:31Pour une fois, il a probablement raison.
01:22:33Le rafale, les Allemands n'en veulent pas.
01:22:35C'est pourtant européen.
01:22:37Ensuite, vous avez RTX, qui est la fusion
01:22:39de plusieurs entreprises américaines géantes,
01:22:41notamment le Patriot, qui permet d'arrêter les missiles.
01:22:43Ce sont eux.
01:22:45Les armes au laser du futur.
01:22:47Et puis, Northrop, qui est dans le renseignement.
01:22:49Mais Nutales, la plus grosse,
01:22:51est en 14e position parmi les plus grandes entreprises.
01:22:53Donc, Trump, finalement,
01:22:55récupérerait pas mal.
01:22:57Et sans compter, Sonia, vous n'allez pas me croire,
01:22:59sans compter que l'on achète
01:23:01des composants aux Américains,
01:23:03que l'on met dans le rafale, par exemple.
01:23:05Les composants américains,
01:23:07c'est-à-dire qu'il peut appuyer sur un bouton
01:23:09quand ça l'enchante, et l'arme ne marche plus.
01:23:11Quand on parle de souveraineté, c'est aussi la meilleure
01:23:13dont on utilise, mais par contre, ce qui est fascinant,
01:23:15c'est que quand on parle de guerre, d'économie de guerre,
01:23:17si les Américains avaient pensé que c'était uniquement
01:23:19des dépenses et pas des recettes, ils n'auraient jamais
01:23:21fait la guerre. Bon, ils le font parce qu'ils gagnent
01:23:23de l'argent. Non, mais prenez là-dessus.
01:23:25Trump a menti en disant que ça a coûté 500 milliards,
01:23:27c'est pas vrai, celui-là a coûté 170,
01:23:29et nous, en Europe, on a financé 95%,
01:23:31ce qu'il a financé. Mais on va se faire avoir
01:23:33parce qu'il est plus fort et qu'il dit les choses.
01:23:35Sauf que, vous l'avez dit sur la Pologne,
01:23:37la Pologne, ils sont passés à 4,8% du PIB
01:23:39de dépenses en armement.
01:23:41Nous, Trump dit qu'il faut passer à 5%.
01:23:43Donc la France,
01:23:45on passerait à 126 milliards, l'Europe,
01:23:47544 milliards. C'est-à-dire qu'il y a
01:23:49un chiffre à récupérer. La Pologne,
01:23:51sur les rafales,
01:23:53les contrats aériens, les roquettes, tout ça,
01:23:55c'est uniquement américain.
01:23:57Mais il y a aussi des entreprises françaises, vous l'avez dit.
01:23:59En France, encore en Europe, vous avez 3 types de pays.
01:24:01Vous avez les pays, type la Pologne,
01:24:03les pays baltes, qui n'ont pas d'industrie.
01:24:05Donc, ils achètent américains.
01:24:07Vous avez ceux qui ont des industries parcellaires.
01:24:09L'Italie, qui eux font des deals avec l'américain
01:24:11et qu'en Washington dit, ok, vous pouvez acheter un peu français,
01:24:13ils le font, mais il faut vraiment que ça soit autorisé.
01:24:15Et vous avez la Grande-Bretagne, l'Allemagne
01:24:17et la France, qui ont une industrie.
01:24:19Nous, on a une dissuasion nucléaire.
01:24:21Une dissuasion nucléaire, on peut dire,
01:24:23on peut faire un parapluie, en échange, vous achetez français.
01:24:25C'est ce qu'on font les américains.
01:24:27La préférence communautaire.
01:24:29En fait, on pourrait le faire.
01:24:31On a de quoi négocier.
01:24:33C'est la conquête de l'Ouest, là.
01:24:35On pourrait, en fait.
01:24:37De Gaulle avait inventé le plan Fouché en 61-62
01:24:39pour faire exactement ça.
01:24:41Après l'effondrement de la Communauté européenne de défense,
01:24:43qui était la vassalisation des armées.
01:24:45L'apparition de l'arme nucléaire,
01:24:47qui fut un choix de Pierre Mendès-France.
01:24:49Tout le monde a oublié, mais c'est lui qui a quand même signé
01:24:51le texte initial, comme quoi, c'est pas seulement
01:24:53le gaullisme parfois plus répandu qu'on ne le croit.
01:24:55Et puis, troisièmement,
01:24:57parce que le fonds nécessaire aujourd'hui,
01:24:59c'est 1000 milliards d'euros.
01:25:01Et ce fonds, il existe parfaitement
01:25:03au niveau européen.
01:25:05Il suffirait que pour une fois, on fasse un quoi qu'il en coûte
01:25:07qui serve à quelque chose, pardon d'être méchant.
01:25:09Et de dire que 70% de ce fonds
01:25:11est réservé à des achats d'armement européen.
01:25:13Entièrement européen,
01:25:15à 100%, sans la petite vis américaine.
01:25:17Et ceci est possible,
01:25:19car si on prend les morceaux
01:25:21qui existent, entre les puces électroniques,
01:25:23les équipements allemands,
01:25:25notamment de chars, les équipements français,
01:25:27l'Eurofighter, qui est quand même un sujet
01:25:29qu'il ne faut pas oublier.
01:25:31Airbus Défense, vous n'avez pas cité, mais qui a quand même des capacités.
01:25:33Ariane, qui entraîne,
01:25:35j'espère aujourd'hui, de nous mettre
01:25:37un nouveau satellite militaire.
01:25:39On est capable d'atteindre les 70% d'autosuffisance militaire.
01:25:41Alors peut-être à la conquête.
01:25:43Et dans les annonces d'hier,
01:25:45des soi-disant annonces qui n'en sont pas,
01:25:47d'après ce que j'ai cru comprendre, de l'accord franco-britannique
01:25:49qui n'existe pas, et qu'on n'a pas bien tout compris,
01:25:51tout ça, tout ça, tout ça.
01:25:53Mais l'enjeu principal, c'est le dernier élément
01:25:55qui a été annoncé discrètement par Adam Van der Leyen,
01:25:57c'est peut-être qu'on pourrait faire un fonds.
01:25:59Non, on commence par faire le fonds, 1000 milliards,
01:26:01et avec les 1000 milliards, on dit préférence communautaire,
01:26:03et ça devrait donner des résultats.
01:26:05Et pour ceux qui sont passionnés, comme nous,
01:26:07par ce que vous dites, cher Alain Bauer,
01:26:09ils peuvent vous lire, parce qu'il est vrai que dans la conquête
01:26:11de l'Ouest, c'est vraiment une fresque,
01:26:13je trouve, une fresque sur les enjeux
01:26:15démographiques au XXIe siècle.
01:26:17Une fresque de souveraineté.
01:26:19Oui, et sur les multiples crises, on comprend beaucoup de choses,
01:26:21et on voit que beaucoup de choses sont interreliées.
01:26:23Je vous remercie, vraiment merci, c'était passionnant
01:26:25à écouter, tout comme les analyses de nos invités.
01:26:27Restez avec nous, évidemment,
01:26:29vos auditions se poursuivent,
01:26:31et je vous retrouve demain avec grand plaisir.