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00:00L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro, bonjour Vincent Trémolet de Villers.
00:04Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:07Vincent, après l'attentat de Mulhouz, on en reparle beaucoup ce matin sur Europe 1,
00:10c'était samedi, la France, une fois de plus, se trouve encore impuissante face à un drame
00:15qui malheureusement nous semble devenir banal.
00:17Comment en est-on arrivé là ?
00:18Nous vivons l'heure des conséquences, Dimitri, et oui, elles sont insupportablement tragiques.
00:23Depuis la mort de la petite Lola en 2022, la litanie des attentats, des assassinats
00:27aveugles, des agressions gratuites commises par des étrangers sous au QTF, est devenue
00:32comme un bruit de fond.
00:33Une fois, c'est un Algérien sous au QTF qui est arrêté à Marseille après un viol
00:36en pleine rue, c'était en 2022.
00:38Une autre fois, c'est une femme de 78 ans frappée et violée à son domicile.
00:42Le suspect est un Guinéen de 24 ans sous au QTF, c'était à Lille en 2023.
00:47Et puis en 2024, l'assassinat épouvantable de Philippine en pleine journée à la sortie
00:51de l'université par un Algérien sous au QTF.
00:54Et puis l'influenceur à qui l'État verse des indemnités pour s'excuser d'avoir
00:57pu lui l'expulser.
00:58Et puis Robert Ménard, convoqué au tribunal pour avoir refusé de prononcer un mariage
01:03parce que le futur marié est sous au QTF.
01:05Au QTF, cet acronyme trace en lettres de sang la folie criminelle d'une politique
01:10d'immigration inconséquente, du triomphe du pouvoir judiciaire et administratif sur
01:14le pouvoir politique, de la faiblesse, quand ce n'est pas de la lâcheté, de notre diplomatie.
01:19Le bilan s'alourdit sur fond d'indignation et de proclamation, mais la vérité est là
01:24sous nos yeux.
01:25La septième puissance du monde est désarmée face à un immigré clandestin flanatique,
01:29comme elle l'est face à un influenceur algérien, plein d'idées vertueuses devenues complètement
01:34folles.
01:35L'État se fait défenseur du droit d'enfreindre la loi, d'agresser gratuitement, de menacer
01:38publiquement.
01:39L'utopie droit de l'omis déshumanise nos sociétés et nous prépare de violents retours
01:43de balancier.
01:44C'est-à-dire ?
01:45Je suis frappé du fait que ce sont souvent les mêmes Dimitri qui s'inquiètent des
01:49dérives populistes et autocratiques en Occident et qui refusent de regarder en face le fiasco
01:53de nos politiques publiques sur la sécurité et sur l'immigration.
01:57Le parti du déni saute sur sa chaise en disant « État de droit, État de droit, État de
02:01droit », mais ne voit pas que ce ne sont pas les populistes qui menacent la démocratie
02:05libérale, mais ceux qui la rendent impuissante à agir, ceux qui, à force d'abstractions
02:09juridiques et d'entêtements idéologiques, sont devenus hermétiques au simple bon sens.
02:14En d'autres termes, ce sont moins les illibéraux qui menacent l'État de droit que l'État
02:19de droit lui-même qui, à force d'impuissances et d'injustices criantes, entraîne sa propre
02:24autodestruction.
02:25Mais dans le cas de Mulhouse, Vincent, il y a aussi une dimension diplomatique avec
02:28l'Algérie qui refuse de reprendre ses ressortissants.
02:31Oui, mais Algérie reprend à son compte la logique victimaire qui inspire tout le carcan
02:36juridique qui entrave nos décisions.
02:37Et ça marche ! Il suffisait de voir avec quelle prudence le ministre des Affaires étrangères
02:42évoquait hier, c'était sur Europe 1, l'Algérie, pour mesurer à quel point une partie de nos
02:47élites a intériorisé une forme de culpabilité préalable vis-à-vis des pays anciennement
02:52colonisés.
02:53La dialectique du dominant-dominé est la même dans nos constructions juridiques que
02:56dans les réflexes diplomatiques.
02:58Mais dans ce cadre très contraint que vous venez de nous décrire, que pourrait faire
03:01le ministre de l'Intérieur ?
03:02Prendre le pays à témoin, dès le premier jour place Beauvau, Bruno Retailleau a dit
03:06que l'État de droit n'était ni intangible ni sacré, toutes les bonnes consciences y
03:11sont tombées dessus.
03:12Il a aussi plaidé très vite pour l'installation d'un rapport de force avec l'Algérie, ce
03:16qui a déplu au quai d'Orsay, et sur ces deux points, Bruno Retailleau avait pleinement
03:21raison.
03:22Mais les Français n'attendent pas simplement la justesse d'un constat, ils ne veulent
03:26plus avoir peur pour leurs filles, pour leurs parents et pour eux-mêmes.
03:29Donc, si Bruno Retailleau parvient à associer Matignon et l'Elysée à son action, il faut
03:34évidemment qu'il reste.
03:35Mais si Emmanuel Macron et François Bayrou décident de ne rien décider, le ministre
03:40de l'Intérieur, au nom du peuple, devra faire le choix de partir.
03:44L'édito politique sur Europe.
03:45Merci beaucoup Vincent Trémolet de Villers.