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00:00Je dis aujourd'hui aux adversaires qui peuvent se réjouir de cette décision.
00:04J'ai vu certains macronistes dire, bon ben, c'est comme ça.
00:07C'est la loi, c'est l'application de la loi, disent-ils.
00:10En quoi ils ont tort de dire que c'est l'application de la loi ?
00:12Moi, je veux leur dire qu'aujourd'hui, c'est nous.
00:15Demain, ce sera eux.
00:16Parce qu'aujourd'hui, ce n'est plus le gouvernement des juges.
00:20Aujourd'hui, c'est la tyrannie des juges.
00:22Il est vrai que ces décisions, elles sont motivées généralement
00:25d'un camp politique contre un autre.
00:27Ça, je vous l'accorde.
00:28Mais cette dérive extrêmement grave
00:32devant laquelle nous assistons depuis maintenant plusieurs heures,
00:35elle inquiète des millions de Français.
00:37Et quand je parlais de ce chemin,
00:39je parle des adversaires politiques de Marine Le Pen qui s'en offusquent,
00:42mais je parle aussi de spécialistes.
00:44Je parle de membres éminents du Conseil constitutionnel,
00:48comme M. Shuttle...
00:49Est-ce que vous n'avez pas péché par déni ?
00:51Je termine.
00:52N'avez-vous pas péché par déni, par naïveté de ne pas penser à une telle issue ?
00:55Je vais vous répondre.
00:57J'ai lu le témoignage de M. Shuttle.
00:59M. Shuttle, il dit quoi ?
01:01Il dit que cette décision, elle n'est pas conforme
01:03à la jurisprudence du Conseil constitutionnel,
01:06à sa décision, notamment de vendredi dernier,
01:08qui impose, dans cette inéligibilité avec exécution provisoire...
01:12Vous me dites que c'est la loi.
01:13Vous avez raison, au moment où on se parle.
01:15Elle a été votée par les parlementaires.
01:17Mais le Conseil constitutionnel, qui est le gardien du droit,
01:18le gardien de la Constitution, dit une chose très simple.
01:21Il faut qu'il y ait un principe de proportionnalité.
01:24Attention à ce qu'une telle décision
01:26ne vienne pas contrevenir à la liberté des électeurs.
01:29Quand vous contrevenez à la liberté de 37 %,
01:31de 34 à 37 % du corps électoral,
01:33c'est un sondage IFOP pour le JDD de dimanche dernier.
01:37Alors, cette décision est disproportionnée.
01:40Et il y a beaucoup de gens qui ont le sentiment qu'elle est disproportionnée.
01:43Nous sommes quand même dans un pays aujourd'hui
01:44où des magistrats de ce même tribunal judiciaire sont menacés.
01:48D'ailleurs, le garde des Sceaux s'est exprimé pour dire toute son indignation.
01:51Est-ce que vous partagez cette indignation ?
01:53Même si vous dénoncez la tyrannie des juges,
01:55on ne peut pas, aujourd'hui, dans notre pays,
01:57menacer des juges, quelles que soient leurs décisions.
01:59Mais que je sois extrêmement clair,
02:03les menaces, les injures ou les insultes
02:07à l'égard de juges ou de magistrats,
02:10elles sont inacceptables et nous les condamnons avec la plus grande fermeté.
02:14Moi, je considère aujourd'hui que les Français doivent s'indigner.
02:17Et je leur dis, indignez-vous.
02:19Nous allons, ce week-end,
02:22organiser des distributions de tracts,
02:25des mobilisations démocratiques, pacifiques, sereines.
02:29Je n'appelle pas du tout à des actes qui pourraient,
02:33je veux dire, pour le coup, servir d'argumentaire à nos adversaires.
02:36Et je condamne avec la plus grande fermeté
02:40les atteintes, en tout cas les menaces, pour l'instant,
02:42qui ont été proférées à l'encontre des magistrats.
02:44Ce n'est pas le sujet.
02:45Encore une fois, les décisions de justice, on peut les combattre.
02:48On peut les combattre sur le plan du droit.
02:49On peut les combattre politiquement avec la plus grande force,
02:51avec la plus grande fermeté.
02:53Je considère que la démocratie, c'est la violence des mots,
02:55jamais la violence physique.
02:57Donc, nous condamnons toute forme de violence ou toute forme de menace.
02:59Je suis extrêmement clair sur ce sujet.
03:01Y compris celle des mots, donc.
03:02Y compris celle des mots et, encore une fois, avec la plus grande fermeté.
03:04Qu'on m'entende bien ce matin.