Alors que Marine Le Pen a écopé en première instance de deux ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité immédiate, l'avocat Pierre Gentillet s'indigne : «Cette notion d'ordre public démocratique n'existe pas. [...] Le juge invente une expression, c'est gravissime».
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00:00J'ai lu aussi effectivement la longue décision hier soir et je dois dire qu'effectivement
00:05il faut vraiment bien que tout le monde ait en tête ce qui s'est passé, c'est-à-dire
00:08qu'un des enjeux, ce qui empêche mécaniquement Marine Le Pen de se présenter à l'élection
00:15présidentielle, c'est l'exécution provisoire, qui de fait, par sa durée, je l'ai dit tout
00:20à l'heure, devient une exécution définitive.
00:23Contrairement à ce qu'on a dit, et c'est ce que le tribunal a reconnu, il n'y a pas
00:26d'automaticité de la peine.
00:28La loi Saint-Pas-d'Eau ne s'applique pas, donc le juge a motivé sa décision obligatoirement.
00:32Et il l'a motivée, effectivement, ça a été dit ici, par ce motif, par une atteinte
00:37à l'ordre public démocratique.
00:39Vraiment, j'ai fait toute la recherche hier soir, et assez tardivement, je vous prie de
00:43le croire, cette notion d'ordre public, je dis démocratique, n'existe pas.
00:51Elle n'a aucun fondement textuel, aucun antécédent jurisprudentiel.
00:56Le juge invoque littéralement une expression, attendez, c'est gravissime, qu'il ne définit
01:00même pas, et qui est totalement subjective, on pourrait dire que l'atteinte à l'ordre
01:04public démocratique, c'est précisément d'empêcher une candidate, la principale
01:09candidate à l'élection présidentielle, de se présenter et de ce fait de priver
01:12les électeurs du choix démocratique.
01:13Donc ça va être cassé en appel.
01:14Pas cassé, mais ça va être rejugé.
01:15Ça va être jugé, ça va être jugé, effectivement, après en appel, mais d'ici là…