Avec Morad Aït-Habbouche, fondateur de la plateforme 2 degrés de plus.
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##COMMENT_VA_LA_PLANETE-2025-03-30##
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NewsTranscription
00:00SUDRADIO, comment va la planète ?
00:04Bonjour Morada Itabouche.
00:05Bonjour Jean-Marie.
00:06Réalisateur de la série « Sale temps pour la planète ».
00:09Chaque semaine vous nous emmenez à la rencontre de personnalités étonnantes
00:12comme celle-ci que vous nous présentez
00:14qui a documenté toute sa vie et toute sa carrière,
00:17la manière dont la planète allait.
00:19Exactement Jean-Marie, ce matin je vous emmène dans un lieu
00:23que peu de gens connaissent, cela s'appelle une ligne de front.
00:26Pas à Gaza où les journalistes, vous le savez,
00:28ne sont toujours pas autorisés à entrer.
00:30Non, je vous emmène dans les pas d'un homme
00:33qui a couvert la plupart des conflits de ces 50 dernières années,
00:37spectateur impuissant de la marche du monde.
00:41L'homme dont je vous parle a toujours été en première ligne,
00:44mais son arme à lui, c'est un petit boîtier qui fait juste ça.
00:50Sebastiao Salgado, je l'ai rencontré en Somalie,
00:53puis au Rwanda, photographe brésilien.
00:56L'homme est d'une grande discrétion,
00:58ses photos font le tour du monde,
01:00elles racontent la guerre, le génocide, la mort,
01:02l'exode, l'exploitation de l'homme par l'homme.
01:05Elles témoignent surtout de la folie des hommes.
01:10Toute sa vie, il a été au plus près,
01:12car il n'y a pas d'autre moyen pour saisir l'horreur,
01:15l'enfer sous les bombes.
01:17Il en parle avec beaucoup d'émotion, au bord des larmes.
01:20Les photographes, s'il n'est pas là, il n'a pas l'image.
01:22Il faut qu'il y ait.
01:25J'ai parlé avec mon copain photographe il y a quelques minutes.
01:28C'était un des jours les plus heureux de ma vie.
01:31C'était le jour où j'ai complété 4 ans.
01:34Simplement parce que j'étais là.
01:36Je n'étais pas mort.
01:38Combien de copains, quand j'étais en gamme,
01:41pendant 4 ans en gamme,
01:44on était tous photographes,
01:474 photographes ensemble,
01:49je suis là.
01:51Pour moi, c'est vivant.
01:544 photographes ensemble, privilégiellement.
01:57Il y a les copains qui partent, le silence,
01:59et la vie qui reprend son cours.
02:01Mais il y a aussi des blessures invisibles,
02:03celles dont on ne parle qu'entre nous.
02:06On se pose des questions éthiques,
02:09on se pose des questions de légitimité,
02:12on se pose des questions de sécurité,
02:15et c'est à nous-mêmes de trouver la solution,
02:18de trouver tout seul.
02:20Combien de fois de ma vie
02:23j'ai mis les appareils de côté
02:25et assis pour plaire,
02:27parce que c'était tellement dramatique,
02:30et j'étais seul.
02:32Ça, c'est le pouvoir photographe.
02:34Et puis il y a cette guerre de trop,
02:36celle qui voit les hommes devenir des monstres,
02:38folie collective.
02:40Avis de sang et de vengeance, il tue à la machette.
02:42Pour Sebastiao, la goutte de sang de trop,
02:44c'était au Rwanda.
02:46J'y étais aussi, on n'en sort pas indemne.
02:48Vous savez, ce n'est pas facile
02:51d'arriver sur un camp de réfugiés
02:53et de voir mourir par jour 15 000, 20 000 personnes,
02:56au point qu'on ne peut plus les enterrer.
02:58En parlant, il faut trouver un bulldozer
03:00et faire un trou énorme par terre,
03:02venir avec la grosse pelle
03:04et enlever 20, 30 cadavres et les mettre là-dedans.
03:07Mais ça laisse derrière un bras,
03:09ça laisse derrière une tête.
03:11C'était une chose tellement brutale
03:13que je suis devenu malade.
03:15Malade.
03:17Toute la violence qui s'est passée en même temps
03:19sur l'ex-Rouslavie,
03:21ce n'est pas que je faisais un reportage
03:23sur la guerre au Rwanda,
03:25ni sur la guerre en ex-Rouslavie.
03:27Je faisais une histoire
03:29sur le mouvement de population de le monde.
03:31Mais en faisant ça,
03:33j'étais plongé dans le génocide rwandais.
03:36Et là, j'ai devenu malade.
03:38Vraiment devenu malade.
03:40On le croyait indestructible.
03:42Il est malade, il le dit sans détour,
03:44sans aucune pudeur.
03:47Avec le Rwanda, c'est la fin d'un chapitre,
03:49le début d'un autre pour lui.
03:51Celui où le photoreporteur craque,
03:53de guerre lasse.
03:55Avec l'Elias, sa femme, il décide de changer de vie.
03:57Fini la guerre, place à un autre combat.
04:00Ils rentrent ensemble au Brésil,
04:02où l'ancien président Bolsonaro
04:04fait abattre la forêt amazonienne.
04:06Il démarre alors une entreprise folle,
04:08planter des arbres.
04:10Mais par quelques dizaines de milliers d'arbres,
04:12beaucoup plus.
04:14Au moins 2,5 millions d'arbres.
04:16Où est-ce qu'on va trouver de l'argent pour ça ?
04:18On a commencé à planter des arbres,
04:20et peu à peu,
04:22on a commencé à réhabiliter une forêt.
04:24Mais on voulait simplement planter une forêt.
04:26On n'était pas écologistes.
04:28On n'était pas militants dans aucun mouvement
04:30pour la planète.
04:323,4 millions d'arbres
04:34déjà plantés.
04:36Rendez-vous compte, Jean-Marie.
04:38Il crée un nouveau monde, loin d'écrier de la fureur des hommes.
04:40Après le cauchemar des champs de bataille,
04:42ils transforment ensemble
04:44leurs rêves en réalité.
04:46A entendre Sebastiao, son épouse,
04:48on se dit que l'on devrait tous
04:50relever les manches pour la planète,
04:52pour préserver notre environnement.
04:54Il n'y a pas de planète B, dit-il.
04:56Il n'y en a qu'une.
04:58En voyant naître cette forêt,
05:00et vous savez, c'est que c'est merveilleux.
05:02Parce qu'un arbre,
05:04même un petit arbre,
05:06il donne des fins, il donne des fleurs,
05:08il donne des fruits,
05:10les insectes viennent.
05:12Les insectes venant,
05:14ça vient les oiseaux.
05:16Venant les oiseaux, ça vient les mammifères.
05:18Et on a vu la vie,
05:20on a vu naître une forêt.
05:22Et là, Madonna a donné un avis fou
05:24d'aller photographier,
05:26mais plus nous, notre espèce,
05:28d'aller photographier toutes les autres espèces.
05:32Ces photos, on l'a dit, racontent la folie des hommes.
05:34Aujourd'hui, ces livres se vendent dans le monde entier.
05:36Les droits d'auteur font renaître la nature,
05:38détruite, évidemment, par les hommes.
05:40Sale temps pour la planète,
05:42sale temps pour l'humanité.
05:44Tout notre espace, on l'a planté,
05:46c'est une forêt magnifique.
05:48Dans les 10 prochaines années,
05:50j'espère que je sois vivant là,
05:52on aurait planté au moins 10 millions d'arbres de plus.
05:54Lui, le photographe,
05:56ne donne aucune leçon de morale,
05:58comme son homologue, Yann Arthus-Bertrand.
06:00Mais à 81 ans, Sébastien O, au Salgado,
06:02s'essouffle, et pour la première fois,
06:04lors du lancement de son exposition à Deauville,
06:06aux Franciscaines, il évoque sa fin
06:08et cette malaria qu'il a chopée en Guinée.
06:10C'était une sorte de cancer
06:12que j'ai attrapé.
06:14C'est un cancer spécial,
06:16mais c'est donc considéré comme un cancer.
06:18Je prends un médicament depuis 15 ans,
06:20et ça règle à peu près ma machine.
06:22J'arrive à tout faire, voyager, travailler.
06:24Je fais tout un projet en Amazonie,
06:26après.
06:28Mais il y en a à peu près
06:30deux semaines au Brésil, mon corps a nié
06:32ce médicament que je prenais depuis 15 ans.
06:34L'élia, sa femme, le sait,
06:36ses jours sont comptés.
06:38Il dit regarder derrière, et plus devant.
06:40La maladie qu'il a aujourd'hui,
06:42c'est aussi son travail ?
06:44Bien sûr, c'est le fruit du travail.
06:46Mais c'est très dur ?
06:48Bien sûr que c'est dur.
06:50Comment vous le vivez ?
06:52C'est comme ça, j'essaie d'aider.
06:54Qu'est-ce que je peux faire ?
06:56Je lui dis, tu ne vas pas voyager comme ça,
06:58il faut que tu te reposes.
07:00Il est allé.
07:02Il y a des conséquences.
07:04Mais c'est ça la vie.
07:06On ne se repose pas toujours.
07:08C'est toujours positif.
07:10Il faut.
07:12Une vie entière pour un message
07:14universel, celui de la préservation
07:16de la planète et de la folie des hommes, on le disait.
07:18Son parcours est très inspirant.
07:20Il est lucide sur l'homme et sa folie.
07:22Il est aussi sur la nature, qui va de toute façon
07:24nous survivre. Reporter,
07:26c'est une prise de risque permanente.
07:28Aller sur le terrain, témoigner, dire.
07:30C'est plus qu'un métier, c'est un sacerdoce.
07:32Sébastien Oussalgado, par son travail, donne
07:34une leçon à tous les éditorialistes de tout poil
07:36qui vissaient sur leur chaise, parlent du monde
07:38sans jamais l'avoir vu, sans jamais l'avoir
07:40parcouru. Un peu d'humilité parfois,
07:42ça nous ferait un bien fou.
07:44Un hommage émouvant et ému.
07:46Merci beaucoup Maurad Haïtabouche.
07:48Je rappelle qu'on pourra toujours suivre vos pérégrinations
07:50sur France 5 dans la série.
07:52Sale temps pour la planète.
07:54On vous dit à dimanche prochain.