Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Et j'ai la chance de recevoir ce matin une très grande comédienne et réalisatrice.
00:06On est tellement heureux de vous revoir.
00:08Bonjour Zavou Bretman.
00:10Bonjour, merci beaucoup de m'accueillir.
00:12J'adore être ici.
00:14En plus vous venez avec un film particulièrement audacieux.
00:16Franchement là vous nous avez étonnés.
00:18C'est un pari un peu fou que vous vous êtes lancé
00:20avec Florent Vassault.
00:22Celui de raconter l'histoire d'un garçon
00:24à partir d'une série de photos de famille
00:26dénichées dans une brocante.
00:28Allez, on fait une photo.
00:30Alors Gérard, vas-y, rapproche-toi.
00:32Voilà, comme ça c'est bien, encore un peu.
00:34Voilà.
00:36Attention, clic.
00:38Chaque vie est une aventure
00:40et mérite d'être racontée.
00:42On a récupéré des photos de famille
00:44dans une brocante.
00:46Et parmi cette famille, il y avait ce garçon
00:48qui semblait être le petit dernier
00:50que l'on voit grandir au fil des photos.
00:52C'est marrant parce que quelle que soit l'époque,
00:54on la reconnaît la photo.
00:56Si on la reconnaît, on la reconnaît.
00:58Tout le monde a cette photo-là.
01:00C'est touchant.
01:02J'ai proposé à Florent qu'on fasse un film à quatre mains.
01:04Moi, je vais imaginer 24 heures de sa vie
01:06en m'inspirant des photos.
01:08T'es sûr que tu veux aller à Paris, toi ?
01:10Oui. Quand il a une idée.
01:12Ça t'intéresse, toi, la mécanique ?
01:14Non, pas trop.
01:16Il veut ouvrir un restaurant.
01:18Et moi, je suis parti à sa recherche.
01:20Tu vas faire un resto basque ?
01:22Ou alsacien ?
01:24Ce café ne me dit rien du tout.
01:26C'est incroyable.
01:28Est-ce que ça te dit ? Regarde bien.
01:30C'est la maison à Jean-Yves ?
01:32Non, tu confonds ça.
01:34C'est vieux.
01:36Est-ce qu'on va les retrouver, ces gens-là ?
01:38C'est sûr que dans 500 ans, on ne se souviendra pas de nous.
01:40Je ne parle même pas 500 ans.
01:42Allez, dans 30 ans, 40 ans,
01:4450 ans au maximum,
01:46on nous aura oubliés.
01:48Ça s'appelle Le Garçon.
01:50C'est un film très spécial,
01:52très original que vous réalisez,
01:54Zabou Bretman, avec Florent Vassault.
01:56C'est, pour bien l'expliquer,
01:58un mélange de documentaire, un documentaire en quête,
02:00pour retrouver ce garçon sur les photos,
02:02et d'une fiction aussi,
02:04puisque vous imaginez un peu de son histoire
02:06jouée par des acteurs comme Isabelle Nanty,
02:08François Berléant et Damien Sobiraf.
02:10D'où vous est venue
02:12cette idée absolument géniale,
02:14Zabou Bretman ?
02:16L'idée existe depuis longtemps.
02:18En littérature,
02:20en contemporain.
02:22The Anonymous Project ?
02:24Il y a toujours quelqu'un
02:26qui va évidemment rajouter
02:28une pierre à l'édifice de l'idée,
02:30parce que oui, il y en a plein des gens.
02:32Il y a eu
02:34même Boltanski fait ça aussi
02:36d'une autre façon, mais il y a
02:38Lévi Minuscule, il y a La Carte Postale,
02:40il y a des gens dans l'enveloppe aussi,
02:42et surtout parce que ça a été un peu un déclic.
02:44Moi j'ai toujours aimé le documentaire,
02:46j'avais fait des gens d'après Depardon au théâtre,
02:48donc c'est avec un jeune acteur
02:50qui démarrait qui s'appelait Laurent Laffitte,
02:52et qui a fait carrière depuis.
02:54Mais le mélange
02:56documentaire et
02:58fiction, et également
03:00le fait de répéter,
03:02que des acteurs répètent les mots
03:04parfois des inconnus,
03:06des gens dans la rue, je trouve que ça leur
03:08donne toujours un...
03:10On écoute mieux, on écoute différemment.
03:12Donc il y a ce mélange-là aussi dans le film,
03:14et puis surtout, on est partis
03:16à deux avec Florent,
03:18je lui dis est-ce que tu viens avec moi ?
03:20Il n'était pas question que moi je fasse le documentaire,
03:22parce que je ne voulais pas savoir
03:24où mènerait l'enquête.
03:26Et ma fiction je l'ai faite à part,
03:28donc ces petits bouts de phrases
03:30qu'il m'a livrées. Et ensuite
03:32tout s'est écrit au montage,
03:34en se demandant bien comment on allait faire
03:36avec parfois des trucs
03:38qui n'allaient pas tellement ensemble.
03:40J'ai inventé des trucs,
03:42j'ai inventé des choses, j'ai inventé
03:44un voyage
03:46de deux garçons,
03:48je lui ai dit bon,
03:50c'est initiatique, ça va bien avoir sa place
03:52quelque part. On parle quand même du souvenir
03:54parce que ça parle de photos,
03:56et puis on a travaillé,
03:58en fait l'écriture s'est faite au montage
04:00avec Florent. Ça part quand même de l'idée
04:02que chaque vie est intéressante, que chaque vie mérite
04:04d'être racontée. C'est ça qu'on voulait faire, absolument.
04:06Et on est persuadés que chaque
04:08vie, chaque personne sur Terre
04:10est forcément intéressante.
04:12C'est ça qui est prouvé, c'est ça qui est fort. Parce que quand on regarde
04:14le truc au départ, on se dit, bah oui, chaque vie
04:16est intéressante, je suis pas sûr. Mais à l'arrivée,
04:18on en est convaincus.
04:20C'est ça qui est assez exceptionnel.
04:22C'est ça qui est dingue dans votre film.
04:24C'est qu'on les connaît pas au début du film, c'est des photos
04:26qu'on aurait pu nous trouver dans une brocante ou dans un
04:28vieux meuble. Alors c'est un lot de photos un peu particulier
04:30quand même. Vous avez pas choisi au hasard, déjà il fallait
04:32que ce soit un lot, il fallait qu'il y en ait.
04:34Oui, et pas un lot
04:36trop ancien, parce que sinon, on n'aurait
04:38retrouvé personne. Il fallait retrouver des gens
04:40susceptiblement vivants.
04:42Et...
04:44Et pourquoi ce garçon en particulier ? Parce que je crois que le réalisateur
04:46du documentaire
04:48vous a proposé plusieurs lots de photos, et c'est vous
04:50qui avez choisi. Ok, on part sur cette famille.
04:52Non, c'est tous les deux. Et beaucoup florent,
04:54parce que je lui demandais, qui es-tu
04:56susceptible de retrouver ? Parce qu'il fallait quand même
04:58quelques indices. Il y en a très très peu, c'est vrai.
05:00C'est le seul lot où il y avait quelques
05:02indices. Il y a quand même le nom d'un village,
05:04c'est tout. Il y a un restaurant qui s'appelle
05:06Le Restaurant.
05:08Excusez-moi, quand on vous montre les lots,
05:10vous ne savez rien.
05:12Rien du tout, vraiment, véritablement.
05:14Vous partez avec rien.
05:16Vous inventez même les prénoms
05:18des gens sur les photos, c'est ça qui est fabuleux aussi.
05:20Oui, parce que je crois deviner, à un moment donné.
05:22Et je me trompe, et ça c'est vachement bien.
05:24C'est rien du tout. Et Florent
05:26ne sait pas s'il va trouver quoi que ce soit. Mais il retrouve
05:28un monument, il retrouve
05:30dans une photo, il retrouve
05:32il va sur Google Street View
05:34quand même à un moment donné pour aller rechercher
05:36un mur, il le retrouve.
05:38C'est complètement dingue.
05:40Moi, je n'ai pas du tout regardé ça sur les photos.
05:42Moi, j'ai regardé la coiffure de la dame, parce que c'est Isabelle Nanty
05:44qui fait la maman, et donc je voulais qu'elle soit coiffée.
05:46Jusqu'à la fin,
05:48il ne vous dit pas, et on ne va pas le dire évidemment
05:50aux auditeurs, si ce garçon est vivant
05:52ou non. Oui, il y a l'enquête,
05:54elle est forte. On ne sait pas s'il est vivant ou pas.
05:56On ne sait pas. Et puis on ne sait pas
05:58s'il va retrouver des traces, et s'il va retrouver
06:00même de la famille. On n'en sait rien.
06:02Et je lui dis que ce n'est pas grave si on ne sait pas.
06:04On ferait un film sur une enquête,
06:06au pire. Mais non, on ne sait rien.
06:08Il y a des coïncidences heureuses,
06:10mais c'est hallucinant, le travail
06:12qu'on a dû... On s'est arraché les cheveux
06:14un petit peu. Mais vous savez qu'il y a six mois,
06:16on ne savait pas si on sortait. Donc aujourd'hui, d'avoir
06:18cette presse-là,
06:20d'être ici... Oui, parce que la presse est dithyrambique
06:22sur ce film, il faut le dire.
06:24Pour nous, c'est insensé
06:26qu'on ait émerveillé.
06:28C'est ça que ça fait aussi,
06:30de ne pas savoir. Au pire,
06:32ça provoque l'émerveillement.
06:34C'est un objet de cinéma totalement inédit.
06:36Et ça fait du bien, je vous le disais
06:38avant l'émission, de sortir un peu des scénarios
06:40préfabriqués. Parce que parfois, on a des films
06:42qui se ressemblent tous. Alors là, celui-là,
06:44il ne ressemble à aucun autre. Ça s'appelle Le Garçon,
06:46réalisé par Zabou Bretman et Florent Vassos.
06:48C'est à voir dès mercredi
06:50au cinéma. On va continuer à en parler, puis on va évoquer
06:52quelques souvenirs de votre vie,
06:54Zabou Bretman, dans un instant. Et Dieu sait si j'en ai.
06:56Peut-être même certains, ils vous aimeraient oublier.
06:58Allez-y.