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Dans son édito du 19/03/2025, Paul Sugy revient sur les divergences d'opinion autour de la question du voile dans le sport.

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Transcription
00:00Oui, on découvre le Premier ministre dans un rôle de surveillant de récréation qui a sifflé les élèves qui étaient rentrés dans la bagarre et qui les a convoqués, c'est ce qui s'est passé.
00:09On se souvient de la séquence, Marie Barzac, la ministre des Sports, a dit qu'elle ne voyait pas d'inconvénient à ce que l'on puisse porter le voile dans le sport.
00:15Elisabeth Borne, ministre de l'Education nationale, embraille en disant qu'effectivement, selon elle, ça ne menace pas les valeurs républicaines.
00:20Et là-dessus, Gabriel Attal, parmi les parlementaires et au sein du gouvernement, Gérald Darmanin, ministre de la Justice, ont, eux, au contraire, décrété que ça n'était absolument pas du tout dans leurs valeurs.
00:30Même Gérald Darmanin a accusé, pratiquement nommément les deux ministres, Marie Barzac et Elisabeth Borne, d'être naïves face à l'antrisme de l'islamisme.
00:40Alors, François Bayrou a décidé de mettre les points sur les i. Il a clarifié les choses en disant que le gouvernement était opposé au port du voile dans les compétitions sportives.
00:48C'est une bonne chose, même si on a plutôt le sentiment que ce qu'il a le plus fâché, ce n'était pas tant la teneur des propos que l'existence de désaccords au sein de son gouvernement.
00:56C'est vrai que, jusqu'ici, chacun avait un peu le droit de dire ce qu'il voulait sans qu'il y ait toujours une grande cohérence d'ensemble.
01:04Oui, c'était venu comme vous êtes. Effectivement, c'était d'ailleurs assez appréciable dans la façon dont François Bayrou laissait, au fond, une vraie liberté de parole à ses différents ministres.
01:12C'est même nécessaire dans un gouvernement composite dont on sait très bien que son éclectisme est le reflet aussi de la situation politique particulière dans laquelle ce gouvernement a été conçu,
01:21avec des équilibres à respecter et donc forcément des divergences de points de vue compte tenu du fait que c'est pratiquement un gouvernement d'union entre différents partis, différentes composantes,
01:31qui n'auraient pas été appelés initialement à gouverner ensemble. Mais donc, François Bayrou et Matignon, par exemple, laissaient les ministres répondre à des interviews sans demander à les relire avant leur parution,
01:40laissaient aussi une liberté de ton sur des sujets comme sur les retraites, comme on l'a vu aussi sur le droit du sol à Mayotte.
01:46Bref, ce n'était pas un petit chef qui contrôlait chaque prise de parole, mais d'où l'impression qui en ressortait que parfois, l'orchestre était un petit peu cacophonique et produisait des fausses notes.
01:55Les fausses notes, c'est dangereux sur des sujets comme celui de la laïcité.
02:00Oui, sur la question de la laïcité et de la vigilance face à l'offensive de l'islamisme politique qui utilise justement la souplesse ou le laxisme parfois de nos institutions pour venir s'immiscer dans chacun des pans de la vie commune, de la vie civique.
02:13Là, c'est vrai que ça commence à poser question. On n'a pas tant besoin d'un orchestre que d'une armée en ordre de bataille pour lutter contre cette offensive islamiste.
02:21Et précisément, dans une armée, si on veut se défendre, il faut là pour le coup une vraie discipline.
02:27Et c'est là que sur ce sujet-là, comme sur certains autres, on a besoin véritablement d'une force de parole collective.
02:33Donc je crois que François Bayrou a eu raison, c'est vrai que ça aurait été mieux peut-être d'éviter en amont ce genre de cafouillage.
02:39Sur d'autres sujets comme l'Algérie, par exemple.
02:41Par exemple.
02:42Il y a une ligne de fracture entre Jean-Noël Barreau et Bruno Retailleau, par exemple.
02:48Comme il y a une fracture dans l'administration française entre le Quai d'Orsay et le ministère de l'Intérieur.
02:54Et puis bon, là, le problème, c'est que là où les choses ne s'arrangent pas, c'est que le président de la République lui-même,
02:58depuis la forteresse de l'Elysée, prend position plutôt du côté des diplomates.

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