L'invitée de "ici Loire Océan"
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00:00Ici Matin, 7h48, avec votre invitée Marion Fersing, on continue de parler de la guerre en Ukraine.
00:05Oui, nous sommes avec l'une des représentantes de l'association nantaise Volia,
00:08qui aide les Ukrainiens qui ont dû fuir leur pays depuis le début de la guerre.
00:12Bonjour Natalia Bataryna.
00:14Bonjour.
00:14Quel est votre état d'esprit en tant qu'Ukrainienne, trois ans après le début de l'offensive russe ?
00:19Nous résistons toujours, malgré la fatigue, malgré les nouvelles qui arrivent,
00:25mais ce que je peux dire, il y a trois ans, c'était le moment le pire dans l'histoire contemporaine ukrainienne,
00:32et donc aujourd'hui, on a toujours cet esprit qu'on va pouvoir résister,
00:36parce que c'est la guerre contre l'identité ukrainienne pour l'effacer entièrement,
00:41et ce motif génocidaire était prononcé très bien par Poutine, donc on n'a pas d'autre choix, on doit résister.
00:48Depuis la France, où il y a trois ans, quand ça a commencé, on était sidérée comme une partie du monde,
00:53on a vu arriver des milliers, puis des dizaines de milliers de réfugiés.
00:57Est-ce qu'il y a encore cette prise de conscience au niveau des français que vous pouvez côtoyer,
01:03de cette importance de la guerre, où on s'est habitués, et on l'a encore un petit peu dans l'oreille,
01:09mais finalement on est moins touchés qu'il y a trois ans ? Est-ce que vous le ressentez comme ça ?
01:13Là, en fait, le douzième année, c'était peut-être le plus compliqué, c'est là où les gens commençaient à oublier.
01:18Là, aujourd'hui, surtout, avec l'élan des solidarités qui était hier à Place Royale...
01:24Vous avez fait un premier rassemblement, il y en a un autre ce soir, oui ?
01:27Oui, on a fait un petit peu, comme c'était une manifestation, mais aussi un rappel,
01:31que tout a commencé par le choix de l'Ukraine, de son voie démocratique, et coopération avec l'Union Européenne, justement.
01:37Et c'est à ce moment que Poutine a illégalement un accès à la Crimée, en février 2014.
01:45Et ensuite, il y avait la guerre qui a commencé en 2014, et puis c'était gelé, et il a recommencé avec une nouvelle vague d'offensives, il y a trois ans.
01:55Sur cette partie-là, on va y revenir dans un instant, mais plus sur la partie qui est aussi la vôtre, au niveau de l'association Volia,
02:03celle d'aider les réfugiés ukrainiens. On avait le témoignage de cette auditrice d'ici Loire-Océan,
02:08il y a quelques minutes, qui nous disait, voilà, ceux qui sont arrivés il y a déjà plusieurs années s'intègrent, ont trouvé du travail.
02:15C'est le cas de tous ? Il y a encore des situations compliquées ? Où est-ce qu'on en est aujourd'hui ?
02:18En fait, c'est toujours compliqué, moralement, pour tout le monde. Les Ukrainiens essayent, en plus, il y a toujours cette masque pour dire,
02:26non, tout va bien, mettre le sourire, c'est génial, j'arrive. Mais en fait, c'est dur, mentalement.
02:32Nous, on aide toujours au niveau des associatives, on donne toujours le cours gratuit, on est à la Maison de l'Europe.
02:39De français, pour que les Ukrainiens qui sont arrivés, évidemment, puissent parler.
02:43C'est le premier pas pour faire une vraie inclusion. Et puis, même dans le conseil d'administration, aujourd'hui, on est en mode collégial.
02:51Il y a quatre Ukrainiens, sur quatre Ukrainiens, c'est trois les déplacés d'Ukraine.
02:56Et donc, aujourd'hui, il y a cette volonté de redonner les forces à l'Ukraine, justement, soutenir depuis ici,
03:03même si, comme ici, la plupart des gens sont ici pour protéger les enfants, justement, comme c'était le témoignage.
03:09Et puis, il y a beaucoup de Français, il y a beaucoup de Français qui sont là depuis les débuts.
03:13On s'est rencontrés, justement, en 2022, et aujourd'hui, c'est une équipe très soudée.
03:18Et hier, on a été soutenus par plusieurs, comme ce cercle, ici, de ces Français, justement,
03:26qui ont fait venir les amis pour participer à ce rassemblement.
03:29Nathalia, est-ce que les Ukrainiens qui sont venus se réjouir en France, j'imagine qu'il y a un petit peu toutes les situations,
03:34mais certains comptent rester définitivement en France, d'autres espèrent pouvoir repartir chez eux ?
03:39Comment ça se passe ?
03:40C'est très compliqué parce qu'en fait, ce n'était pas le choix.
03:44C'est les gens qui sont vraiment déracinés.
03:46On dit déplacés d'Ukraine, mais c'est le cas de tous les réfugiés.
03:49En fait, on ne choisit pas ça.
03:50La vie en Ukraine, c'était confortable.
03:52Les gens étaient bien.
03:54Dans le pays, c'était vraiment le niveau de développement avancé, le niveau de corruption diminué.
04:01Il y avait tous les processus, justement, pour aller vers l'Europe démocratique et libre.
04:06C'est le choix.
04:07Et les Ukrainiens ont vécu ça.
04:09Et donc, être déraciné des situations comme ça, ce n'était pas le choix.
04:16Et donc, la plupart du monde vient par sécurité,
04:19que ce soit des régions qui sont bombardées au quotidien,
04:22parce qu'ils bombardent les civils, notamment.
04:25C'est des écoles, c'est les hôpitaux, à Kiev, à Lviv même.
04:30C'est juste qu'en fait, on a un petit peu plus de temps quand les missiles sont envoyés vers eux
04:35pour les enlever avec les systèmes de défense.
04:39C'est plus simple.
04:42Mais quand c'est à Kharkiv, on n'a pas le temps d'entendre l'alerte aérienne.
04:47Elle est déjà tombée.
04:49Je vous coupe un petit peu, parce qu'il y a une question que je voudrais vous poser,
04:54puisque c'est l'actualité d'aujourd'hui.
04:55Emmanuel Macron, qui est aux Etats-Unis pour rencontrer Donald Trump, le président américain,
04:59qui veut, pour résumer, négocier seule la paix avec la Russie.
05:02J'imagine que ça vous inquiète énormément.
05:05Oui, mais aussi, dans l'association, les ressentis de tous les Nantais et les Ukrainiens,
05:13aucun accord peut se faire sans participation de l'Ukraine ni participation de l'Europe.
05:20Parce que là, c'est la guerre en Europe.
05:22C'est la guerre qui a été déclenchée par la Russie.
05:24C'est la Russie qui est l'agresseur,
05:26qui, illégalement, changeait les frontières européennes.
05:31Et donc, décider l'avenir de l'Europe sans l'Europe,
05:35aujourd'hui, ça peut sembler incroyable.
05:38On n'est pas encore...
05:40Oui, c'est vrai que ça parait loin, mais on l'entend avec votre témoignage,
05:43la force de votre témoignage, l'importance que tout ça peut avoir pour nous,
05:47plus précisément à Nantais en France.
05:48Merci beaucoup Nathalia Batarina,
05:50l'une des administratrices de l'association nantaise Volia, invitée d'ici matin.