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Alors que le syndicat Sud-Rail appelle les contrôleurs à faire grève pour le pont du 8 mai, le PDG de SNCF voyageurs Christophe Fanichet se dit "confiant" sur France Inter ce samedi. Il salue le dialogue social en cours et des "avancées très concrètes" avec les syndicats. "Je suis confiant pour que ça permette aux Français d'avoir leur train", déclare-t-il.

"On a fait des avancées très concrètes sur les congés, les retraites, la commande", assure le PDG de la SNCF voyageurs. Le syndicat SUD-Rail, deuxième syndicat chez les contrôleurs et seul à appeler à faire grève pour l'instant, réclame une augmentation de 100 euros de la prime de travail pour les contrôleurs et se plaint des changements de planning à la dernière minute. Il a appelé à faire grève les vendredi 9, samedi 10 et dimanche 11 mai.

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Transcription
00:00La mobilité, le développement économique, tout cela, à quel prix ? On poursuit la réflexion
00:05avec le PDG de SNCF Voyageurs, bonjour et bienvenue Christophe Fannichet.
00:10Bonjour.
00:11Alors on va commencer par parler, si vous voulez bien, des trains qui pourraient ne
00:14pas arriver à l'heure, voire ne pas rouler.
00:16Le syndicat Sudrail appelle à la grève, les conducteurs le mercredi 7 mai et les contrôleurs
00:23les 9, 10 et dimanche 11 mai.
00:25Bon voilà, on parle d'un des grands ponts de mai.
00:27Est-ce que les voyageurs auront des trains ?
00:30Je comprends que nos clients, nos voyageurs, ils soient préoccupés, je dirais même inquiets
00:36de ces appels à la grève, mais notre priorité c'est de faire rouler tous nos trains dans
00:41les prochaines semaines et pour ça on a le dialogue social dans notre entreprise et ce
00:46dialogue social, d'abord ça a été ces derniers jours, on a reçu absolument toutes
00:50les organisations syndicales, on a écouté leurs revendications et je dirais que le point
00:56important c'est qu'hier on a fait des avancées très concrètes sur les revendications.
01:00Alors Justole, je les rappelle pour les auditeurs, ils demandent une prime de 100 euros et puis
01:05ils ont un grief sur les changements de planning pour les contrôleurs.
01:09Voilà, c'est ce point-là, c'est des avancées très concrètes, c'est sur les congés,
01:13c'est sur les repos, c'est sur la commande et sur ces sujets-là, on a fait des avancées
01:17très concrètes et ce dialogue social, moi je suis très confiant et ça va permettre
01:22à tous les Français de voyager en sérénité dans les prochaines semaines.
01:26Donc ce que vous êtes en train de nous dire c'est que normalement vous avez éloigné
01:29ce danger de grève et que vous êtes confiant, j'ai bien compris, vous êtes confiant sur
01:33le fait que les trains devraient rouler, que d'autres syndicats ne vont pas se greffer
01:38à ce mouvement.
01:39C'est ce que je vous dis Alexandre Abed Saïd, je vous dis qu'aujourd'hui le dialogue social,
01:43ces avancées que nous avons faites, c'est des choses très concrètes et je suis confiant
01:46pour que ça permette aux Français d'avoir leur train mais on change un peu de contexte.
01:50Vous le disiez dans votre reportage à l'instant, on est maintenant en concurrence, nos concurrents
01:56sont présents et je pense qu'on ne peut pas se permettre une grève, on ne peut vraiment
02:00pas se permettre une grève.
02:01Cette grève, tout simplement mes clients d'aujourd'hui, ils iraient tout simplement chez mes concurrents
02:06et puis on a un petit risque, c'est qu'ils ne reviennent pas.
02:08Vos concurrents ils ne sont que sur quelques grandes lignes, on va en parler justement.
02:12Oui mais c'est important, il faut qu'ils restent chez nous et puis c'est des investissements
02:16qu'on ne pourrait pas faire dans le train ou dans le réseau, j'imagine qu'on y reviendra
02:20et puis c'est moins de dividendes pour l'ensemble des cheminots.
02:23Parmi les sujets qui irritent les cheminots, il y a justement cette ouverture à la concurrence.
02:27Alors on peut parler du niveau régional, fin juin ça va être une première, une ligne
02:32va sortir du giron de la SNCF, c'est la liaison Marseille-Toulon-Nice qui sera opérée
02:36par Transdev et puis pour la grande vitesse on voit tous les publicités de Train Italia,
02:42il y a aussi l'Espagnol Renfe, d'autres projets à venir en 2028, il y aura Proxima
02:48vers la côte atlantique.
02:49Cette concurrence c'est un bouleversement chez vous ?
02:52Cette concurrence d'abord elle est de deux natures, rappelons-le, vous l'avez dit dans
02:56votre propos, il y a la concurrence sur les trains régionaux et cette concurrence elle
03:00est faite par les présidents et présidentes de région, c'est d'ouvrir à la concurrence,
03:04c'est-à-dire elle décide quel sera l'opérateur de demain, effectivement le 30 juin un de
03:09nos concurrents ouvrira sur Marseille-Nice et puis il y a une deuxième concurrence, c'est
03:13la concurrence sur les lignes à grande vitesse et elle est déjà présente, on a déjà
03:17deux opérateurs qui sont présents.
03:19Mais ce que je veux vous dire c'est qu'on est confiants sur cette concurrence parce
03:23qu'on veut gagner et on ne fait pas que résister, on gagne des parts de marché, je regarde
03:28sur les dernières années, sur les cinq ans, malgré la concurrence, malgré d'autres opérateurs
03:33sur la grande vitesse, on a gagné 14% de parts de marché et sur la concurrence, celle
03:39des trains régionaux, il y a eu huit appels d'offres qui ont été ouverts, on en a gagné
03:43cinq.
03:44Donc dans la concurrence, les cheminots ils sont présents, ils montrent leur savoir-faire
03:47et on montre qu'on sait gagner.
03:48Dans cinq ans, si on se projette sur la grande vitesse, vous pensez que la concurrence, nos
03:52voisins européens, ils auront gagné combien de parts de marché ?
03:54Je ne sais pas vous répondre mais ce que je peux vous dire, c'est le moins possible
03:57parce que moi je suis très confiant, je suis très très confiant.
04:00Vous le regardez, aujourd'hui, la concurrence, elle se fait à un moment important dans notre
04:06pays, c'est que les Français ont un appétit de train et donc la concurrence, il y aura
04:10d'autres concurrents mais ce que je peux vous dire c'est que moi mon objectif c'est d'avoir
04:14toujours la même part de marché et surtout de plus en plus de voyageurs à bord de nos
04:17trains.
04:18Alors l'appétit de train, est-ce que vous pouvez nous rappeler cette explosion de la
04:22demande et à quoi vous l'attribuez ? Pourquoi les Français maintenant prendraient plus
04:25le train ?
04:26Aujourd'hui le train, d'abord de quel train parlons-nous ? On va commencer par les trains
04:30régionaux.
04:31Je sais que ce n'est pas très habituel mais aujourd'hui il y a une explosion de
04:34demande de train.
04:35Si ce sont les trains du quotidien ?
04:36Si c'est les trains du quotidien, c'est neuf trains sur dix que SNCF Voyageurs fait
04:38rouler.
04:39Neuf trains sur dix, c'est des TER ou des transiliens.
04:42En région, c'est 33% de voyageurs supplémentaires sur ces cinq dernières années.
04:47Cet appétit s'explique très simplement.
04:49D'abord je salue les présidents de région qui ont une politique tarifaire extrêmement
04:53attractive et qui disent « venez prendre le train plutôt que venir en voiture ».
04:56Ça, ça veut dire que quand je prends mon billet de train, si je mets un euro, la région
05:01elle met combien ?
05:02Si vous mettez un euro, la région elle met trois euros.
05:04Le TER ou le transilien, ce sont des offres qui sont subventionnées, c'est une politique
05:09publique justement parce que le train c'est plus écologique et il faut aider à ce que
05:14les français prennent le plus le train possible.
05:16Ce n'est pas le cas du TGV, le TGV aujourd'hui, le voyageur qui monte dans un TGV, il paye
05:21100% de son billet de train et c'est bien ça le sujet qui est devant nous parce qu'aujourd'hui
05:26dans le TGV, on fait de l'aménagement du territoire, nous chez SNCF Voyageurs, c'est-à-dire
05:32que les lignes bénéficiaires, le Paris-Marseille par exemple, aujourd'hui il paye des lignes
05:36déficitaires et c'est dans la concurrence.
05:38La question que l'on pose, c'est comment on va pouvoir durablement avoir un modèle
05:43qui permet aux lignes bénéficiaires de payer les lignes déficitaires au moment où nos
05:47concurrents arrivent et ils n'arrivent bien sûr que sur les lignes bénéficiaires alors
05:52que nous on a un modèle à la française, le TGV qui va partout dans toutes les villes.
05:56Je le rappelle souvent, ces 230 villes qui sont desservies, des petites villes comme
06:00des métropoles, c'est bien plus que ce que nous avons.
06:03Vous êtes en train de dire, Christophe Fannichet, vous êtes en train de dire qu'on ouvre
06:06la concurrence mais on n'a pas prévu que ces concurrents qui s'installent sur les
06:09sillons les plus bénéficiaires participent à l'aménagement du territoire.
06:12C'est ce que vous, à la SNCF, vous demandez.
06:14Ce que je vous dis, c'est que nous on est très fiers de faire cet aménagement du territoire
06:17mais on se sent vraiment seuls aujourd'hui sur cet aménagement du territoire.
06:21Mais aujourd'hui la question, elle a été posée clairement par le gouvernant, que ce
06:25soit François Durovray ou maintenant Philippe Tabarro qui s'est saisi bras le corps de
06:29ce sujet, c'est on doit trouver la réponse à cette équation économique, comment les
06:35lignes bénéficiaires paient les lignes déficitaires et comment ce modèle reste
06:38vertueux.
06:39Parce que moi je crois à l'aménagement du territoire mais je vous le disais on est
06:43un peu seuls aujourd'hui à le faire.
06:44Alors du côté du prix il y a aussi les usagers du train, est-ce que cette concurrence quand
06:50même, alors là regardez les prix de vos concurrents rouges, c'est moins 40% en appels
06:58d'offres par rapport au prix de la SNCF, est-ce que ça va vous pousser à baisser
07:02les prix sur la grande vitesse ?
07:04Peut-être dans un premier point, si on parle de prix, le prix de la grande vitesse en France,
07:09on est en dessous de la moyenne des prix de la grande vitesse en Europe, il faut quand
07:13même le dire parce que quand on est en France on oublie un peu ce schéma européen, on
07:16est moins cher que l'Allemagne, on est moins cher que l'Espagne par exemple.
07:21Et c'est pas moi qui le dis Alexandra Bassens, c'est l'autorité de la régulation.
07:25J'entends mais là vos concurrents ils arrivent et ils disent allez mon pari Marseille je
07:28le propose dès 27 euros alors que vous j'ai regardé demain matin le premier prix c'est
07:3255 euros.
07:33Eh bien d'abord regardons ce qu'il y a dans ce prix du TGV, arrêtons-nous un instant
07:38qu'est-ce qu'il y a dans ce prix du TGV ? Eh bien d'abord il faut payer l'infrastructure,
07:42payer le sillon, payer le péage pour rouler sur le ferroviaire, en France c'est 40%
07:47du prix du billet et c'est pas moi SNCF Voyageurs qui l'ai décidé, c'est les politiques
07:51publiques qui l'ont décidé.
07:52En Italie, ce prix du péage c'est deux fois moins cher, le deuxième sujet c'est
07:56que dans ce prix il y a quoi ? Il y a l'aménagement du territoire, j'en parlais à l'instant,
08:00l'aménagement du territoire ça veut dire que c'est les lignes bénéficiaires
08:02qui payent les lignes déficitaires, eh bien c'est un peu ça dans le prix, le Paris-Marseille
08:06il paye les lignes dans lesquelles il y a moins de voyageurs et dans lesquelles le train
08:10roule en déficit.
08:11Donc votre réponse c'est si on fait payer à la concurrence cet aménagement du territoire
08:14peut-être que la SNCF baissera ses prix, c'est ça que je comprends ?
08:16Non ce que je dis c'est que c'est un modèle de politique publique, c'est que c'est
08:20à l'État de décider le modèle économique de demain avec l'arrivée de la concurrence.
08:25Aujourd'hui je le redis, le TGV que nous avons c'est le TGV à la française, j'y
08:29tiens beaucoup, j'en suis très fier, il va partout.
08:31Mais lorsque l'on vous dit que le train, c'est ce qu'on entend, le train n'est
08:37plus un moyen de transport populaire, ça coûte trop cher aux familles, est-ce que
08:40vous l'entendez ?
08:41D'abord, il y a deux trains Alexandre Benzaie, 9 trains sur 10 qui circulent en France,
08:47c'est des TER ou des Transiliens et comme je le disais à l'instant c'est une politique
08:51publique qui est très très attractive.
08:53Alors parlons de la grande vitesse, parce qu'on ne peut pas refaire à chaque fois
08:55toute la photo et partir de très loin, donc est-ce que vous l'entendez ? C'est sur
08:58la grande vitesse, on vous dit le train n'est plus populaire, c'est trop cher, est-ce
09:02que c'est un sujet pour vous ? Il paraît que vous avez dû baisser les prix l'été
09:05dernier parce que les prix étaient trop, les gens ne demandaient plus, n'allaient
09:10plus vers les billets.
09:11Alors oui, aujourd'hui les prix des billets c'est une question des budgets des français
09:16et on a des réponses à cette question-là.
09:17La réponse c'est d'abord l'anticipation, vous le savez, plus tôt vous prenez votre
09:22billet train et moins cher il est, vous avez des offres comme les Wigo qui sont par
09:26exemple des offres low cost qui permettent à moins de 30€ d'aller à peu près partout
09:31en France et puis enfin on a une carte avantage qui permet de plafonner les prix et qui justement
09:35est une question à laquelle on voulait répondre des familles, c'est de pouvoir prévoir
09:39son budget.
09:40Il n'y a aucune compagnie en Europe aujourd'hui qui vous dit, quel que soit le jour, l'heure
09:44à laquelle vous prenez votre moyen de transport, vous aurez un prix plafonné.
09:48Une question sur la renne-fée, les espagnols, on a entendu dans les journaux de France Inter
09:53ce matin que votre concurrent espagnol dit « je stoppe mes projets en France parce qu'on
09:58me met des bâtons dans les roues ». Est-ce que c'est ce que vous faites ? Le « on »
10:02c'est visiblement la SNCF.
10:03Est-ce que la SNCF met des barrières à la renne-fée qui voudrait proposer des TGV
10:08dans le sud-ouest ?
10:09Stop à cette rumeur, on va être super simple, stop à cette rumeur.
10:12Nous n'empêchons personne de revenir sur le territoire national.
10:16D'ailleurs, la renne-fée, elle est présente sur le territoire national, elle fait rouler
10:20des trains aujourd'hui.
10:21Trenitalia est présente.
10:22Donc non, on n'empêche personne de venir.
10:23Mais en revanche, si je reprends votre question, oui, c'est difficile de conquérir un nouveau
10:27marché.
10:28Oui, c'est difficile d'arriver dans un nouveau pays.
10:30Nous, il nous a fallu six ans pour arriver en Espagne.
10:34Aujourd'hui, avec le Ouigo, on fait du Madrid-Barcelone.
10:37On a mis six ans pour maintenant faire l'Andalousie et ça me permet d'ouvrir sur l'international.
10:43Les Français le savent peu, mais aujourd'hui, SNCF Voyageurs, on dessert plus d'une cinquantaine
10:48de villes en Europe.
10:49C'est neuf pays, un tiers de notre chiffre d'affaires.
10:52Et je pense qu'on peut le redire, aujourd'hui, la France, on opère 40% des voyageurs à
10:59grande vitesse en Europe.
11:00Christophe Vanichez, le PDG de SNCF Voyageurs, merci d'avoir accepté l'invitation d'En
11:05Arrête Pas L'Écho.

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