• il y a 14 heures
Les Vraies Voix avec Fabrice Balanche, géographe, maître de conférence à l’institut de Lyon II et auteur de "Les leçons de la crise syrienne" publié aux éditions Odile Jacob.

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##LE_GRAND_DEBAT_DES_VRAIES_VOIX-2025-04-04##

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Transcription
00:00Les vraies voix sud-radio, le grand débat du jour.
00:04Excusez-moi, malheureusement...
00:05Bah non, bah non, bah non, bah non, bah non...
00:07C'est pas fini, c'est pas fini...
00:09Vous pouvez me filmer !
00:10Vous pouvez me filmer !
00:11Vous pouvez me filmer !
00:12Merci d'être venu !
00:13Merci d'être venu !
00:14Merci d'être venu !
00:15Merci d'être venu !
00:16Merci d'être venu !
00:17C'est génial !
00:18C'est génial !
00:20Il souhaitait organiser une soirée de rupture du jeûne dans une salle de l'université.
00:24L'événement avait été annoncé sur les réseaux sociaux et devait avoir lieu les 25 et 26 mars.
00:29Oui, bon, j'étais à moitié surpris parce que, en fait, ça fait deux ans qu'on a des mouvements pro-palestiniens
00:36qui se disent anti-sionistes, mais bon, la différence entre l'anti-sionisme et l'anti-sémitisme,
00:41chez eux, c'est une feuille de papier à cigarette.
00:43Et là, bon, ils ont décidé de venir interrompre mon cours.
00:47Un cours, d'ailleurs, qui n'avait absolument rien à voir avec la Palestine.
00:50C'était le voisinage de l'Union Européenne, je dois le préciser.
00:54Fabrice Balanché, de l'université Lyon 2, prit à partie, conspué, traité de sioniste et de raciste en plein amphithéâtre.
01:01Il s'est opposé à la tenue d'une soirée de rupture du jeûne, du ramadan, dans les locaux de l'université.
01:06Alors, parlons vrai, est-ce que la politisation des universités en France, elle penche à gauche ou à droite ?
01:11Et à cette question, faut-il imposer la neutralité politique dans les universités ?
01:15Vous dites oui à 94 %, vous voulez réagir le 0 826 300 300.
01:21Et Fabrice Balanché, donc, avec nous, géographe, maître de conférences à l'université Lyon 2
01:26et auteur de « Les leçons de la crise syrienne » aux éditions Odile Jacob.
01:31Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, Fabrice Balanché.
01:34Philippe Bilger.
01:35D'abord, je voudrais rendre hommage au maître de conférences qu'on a l'honneur d'avoir quasiment parmi nous.
01:44Il faut du courage.
01:46Deuxième observation, le paradoxe, c'est qu'aujourd'hui, il faut même plus que du courage
01:52pour faire appliquer avec une sorte d'héroïsme les règles fondamentales de la neutralité universitaire.
02:00C'est tout de même extraordinaire.
02:02Et dernière observation, c'est le fait que je suis évidemment très pessimiste sur ce plan.
02:08Il y a tellement d'instances, d'institutions qui sont gangrenées par une politisation
02:14que je crains qu'en réalité, le reflux ne puisse plus se produire.
02:19Je pense notamment aux judiciaires avec le syndicat de la maîtrature et d'autres institutions.
02:25Emmanuel Lebrun.
02:26Le parallèle est très bien trouvé, mon cher Philippe, entre ce qui se passe dans les universités,
02:31c'est-à-dire la politisation des actions, des enseignements ou des luttes politiques
02:36que l'on trouve à l'université et dans le domaine judiciaire.
02:40Nous avons vécu un lundi noir judiciaire.
02:42Et donc cette politisation de ce qui fait la République,
02:46de ce qui constitue la France et notre unité de demain,
02:49ne peut pas continuer à se briser comme cela.
02:52Oui, il est important, nécessaire, majeur d'interdire l'entrée de la politique
02:57comme de la religion dans l'université ou dans la justice.
03:01C'est notre devenir commun qui en dépend.
03:04René Fichier.
03:05Alors d'abord, tout mon soutien à M. Balange pour que les choses soient claires.
03:08Et même ici, absolument.
03:10Le mien aussi, je ne l'ai pas dit, mais je le pense aussi.
03:13Le nôtre, le nôtre.
03:14Et je me souviens aussi que j'avais eu un débat très houleux avec une étudiante,
03:17je ne sais pas si vous vous souvenez, à Sciences Po,
03:19qui bloquait pendant les événements, on s'était même carrément...
03:22Par contre, je ne suis pas du tout d'accord avec vos arguments
03:25et je réponds non, on ne peut pas imposer une neutralité dans les universités,
03:30une neutralité politique.
03:31D'abord, on n'a pas le droit.
03:33Les seuls qui peuvent être soumis à une neutralité, laissez-moi terminer,
03:36ce sont les agents, les agents de l'université,
03:39vous voyez, ou les chefs d'établissement.
03:40Mais on ne peut pas baillonner, parce que c'est vraiment, ça serait l'expression,
03:44si vous voulez imposer une neutralité politique ou syndicale à des étudiants,
03:48c'est une façon de les baillonner.
03:49Ce n'est pas possible, ce n'est pas possible.
03:51On a souvent dit, en plus, même si j'exécre le comportement des étudiants
03:54qui se sont comportés avec M. Balange, attention, que les choses soient claires,
03:56on ne peut pas...
03:57Les étudiants peuvent avoir, qu'on soit d'accord ou pas avec eux,
04:00une conscience politique, une liberté politique, une liberté syndicale.
04:04Et d'ailleurs, et d'ailleurs souvent,
04:06je vous signale que le syndicalisme étudiant
04:09ou le syndicalisme politique dans les universités
04:12a été quand même l'avant-cours ou la cour d'hommes politiques,
04:16ensuite, qui se sont un petit peu entraînés avec le syndicalisme,
04:19que ce soit à droite ou à gauche.
04:20A droite, vous avez eu des gens comme Patrick de Veldjean,
04:22P.A. Sonam, Claude Goasguen, Hervé Novelli, d'autres gens.
04:25Vous savez que Jean-Marie Le Pen a été président d'un syndicat d'étudiants,
04:29il faisait de la politique.
04:30De la corpo de droite.
04:31Exactement, à gauche, vous en avez eu plein, Hollande, Valls, etc.
04:34Quand on parle de neutralité dans notre question,
04:36on ne parle pas des élèves, on parle de l'institution, en fait.
04:39Oui, parce que certaines universités sont ouvertement à gauche,
04:42comme, je ne sais pas, Tolbiac, Le Mirail.
04:44Comment ça, ils sont à gauche ?
04:46Vous avez les dirigeants de l'université qui sont ouvertement à gauche ?
04:50Qui affichent des idées de gauche ?
04:52Est-ce que je peux en placer une ?
04:54C'est les étudiants des syndicats d'extrême gauche
04:57qui font la loi, c'est tout.
04:59Mais non, mais...
05:00Mais si, mais vous plaisantez !
05:02Je ne suis pas d'accord avec ce raccourci.
05:04On va écouter, c'est une réalité sur le thèse de...
05:07Attendez, on a un invité, René Chiche.
05:09Non, non, c'est une réalité.
05:11Allez, si René Chiche a besoin de finir sa démonstration,
05:15bien entendu, vous...
05:16Non, d'accord.
05:17Fabrice Balanche, forcément, on vous soutient forcément,
05:23parce que c'est très compliqué.
05:25Est-ce que vous pouvez nous remettre un petit peu dans le contexte
05:27ou nous expliquer ce qui s'est passé ?
05:29Déjà.
05:31Tout simplement, je faisais cours mardi après-midi
05:35sur le voisinage de l'Union Européenne,
05:37donc un cours qui n'avait rien à voir avec l'islam ou la Palestine,
05:42lorsqu'il y a eu une vingtaine d'individus masqués
05:45qui sont arrivés dans mon cours
05:47en hurlant racistes, sionistes, c'est vous les terroristes,
05:52arborant une banderole demandant la libération de la Palestine,
05:56l'arrêt du génocide à Gaza.
05:58Ils ont commencé à encercler la chaire où je me trouvais,
06:02et puis à m'invectiver en me traitant de sioniste,
06:06en dénonçant le fait que je m'étais opposé
06:09à la tenue d'iftar à l'université,
06:12parce que c'est une atteinte à la laïcité,
06:15et diverses autres choses.
06:17Donc j'ai préféré partir immédiatement,
06:20c'était la meilleure façon finalement de les désarçonner.
06:24Certains ont voulu me poursuivre,
06:27mais heureusement j'ai un groupe d'étudiants qui s'est interposé,
06:30courageusement, ce qui évitait des violences physiques.
06:35Mais voilà ce qui s'est produit.
06:38Donc il faut interdire une forme de politique à l'université.
06:45On ne peut pas interdire la politique intégralement à l'université.
06:51Les enseignants ont un devoir de réserve naturel,
06:54il ne faut pas que les enseignants utilisent leur chair
06:57pour faire des discours politiques,
07:00parce que ça se fait de plus en plus.
07:03Les syndicats étudiants ont des locaux,
07:06ils ont le droit évidemment de s'exprimer,
07:09mais lorsque vous organisez des conférences à l'université,
07:13le génocide en Palestine,
07:16la politique d'apartheid d'Israël,
07:20en faisant venir des gens du FPLP,
07:25des groupes considérés comme terroristes,
07:29où il n'y aura pas de débat, il y aura un monologue.
07:32Vous n'aurez qu'un panel de gens convaincus apportant une certaine doxa.
07:37L'université n'est pas le lieu pour ça.
07:39L'université c'est un lieu de débat.
07:41Ce n'est pas un lieu, ce n'est pas une tribune pour ce genre d'activité.
07:46C'est ça qu'il faut arrêter.
07:48On a pas mal de... Philippe, pardon.
07:51Allez-y vite, vite, parce qu'il y en a beaucoup d'appels.
07:53Juste une question.
07:54Il n'a jamais été interdit, me semble-t-il,
07:57contrairement à ce qu'a dit notre ami René Chiche,
08:00de priver un étudiant, un universitaire,
08:03du droit dans son fort intérieur de penser à la politique.
08:07Mais il doit se plier à des règles,
08:12vous les avez rappelées,
08:14qui dans l'espace universitaire
08:16ne conduisent pas à violer, à entraver
08:19l'expression de l'enseignement.
08:21C'est tout.
08:22C'est la différence entre la conscience politique
08:25dont nous sommes tous détenteurs
08:27et l'exercice de la politique.
08:29Attendez, attendez.
08:30Lorsqu'on dit la neutralité politique des étudiants,
08:33ça veut dire quoi ?
08:34Il n'y a peut-être pas besoin de syndicats étudiants.
08:37Les syndicats, c'est plus pour les salariés, non ?
08:39Mais pourquoi il y a toujours eu des syndicats étudiants ?
08:41Tous sont sortis des gens très bien.
08:43Je ne vois pas pourquoi vous avez créé des syndicats.
08:46Franchement, je ne vois pas à quoi ça sert un syndicat étudiant.
08:49Mais moi j'ai déjà connu des syndicats étudiants,
08:51mais j'ai connu des syndicats au lycée.
08:53Et alors ?
08:540 826 300 300, Xavier est avec nous.
08:58Bonsoir Xavier.
08:59Bonsoir.
09:00Votre avis sur le sujet, qui fait beaucoup réagir.
09:05En fait, le sujet il est déjà tranché en partie
09:07par l'article L141-6 du code de l'éducation
09:10qui nous dit que le service public de l'enseignement supérieur
09:14est laïque et indépendant de toute emprise politique,
09:17économique, religieuse ou idéologique.
09:19Il tend à l'objectivité du savoir.
09:21Il respecte la diversité des opinions.
09:23Bon, voilà, en fait, la réserve institutionnelle
09:26elle s'impose de fait à l'université,
09:29c'est-à-dire que les représentants de l'université,
09:31les agents publics doivent faire preuve de neutralité.
09:33Les enseignants ont la liberté académique
09:36qui leur permet d'aborder des thèmes qui peuvent être polémiques,
09:39toujours en respectant une forme d'objectivité et de neutralité.
09:43Xavier, soyons clairs, est-ce que c'est respecté
09:47quand on voit l'affaire de Fabrice Balanche qui est avec nous ?
09:52Non, mais l'affaire de Fabrice Balanche, je pense qu'il ne faut pas tout confondre.
09:55Là, on a affaire à des injures publiques,
09:58à de la diffamation, à des attaques qui sont réprimées par le code pénal.
10:02Donc, la liberté d'expression au sein des universités
10:08qui est exercée par les étudiants
10:10en se mobilisant par exemple sur des causes diverses et variées
10:13ne doit pas permettre l'exercice de délits
10:16ou d'infractions dont a été victime mon camarade.
10:21Ce que je veux dire aussi, et je terminerai là-dessus,
10:24c'est qu'heureusement que nos universités sont des lieux
10:27de débat, de dialogue et de construction de l'objectivité.
10:30Parce que, rappelons-nous quand même que pendant mille ans,
10:33les universités ont été soumises aux dogmes des religions et des états.
10:38Et que c'est justement cette liberté institutionnelle qui permet
10:42à nos sociétés de faire émerger le meilleur.
10:45Je vais revenir sur cette question avec vous, Fabrice Balanche,
10:48que je vous ai posée juste avant la pub en vous disant
10:51est-ce que vous pensez que votre carrière a été freinée
10:54à cause de vos opinions ?
10:57Oui, tout à fait. Je suis maître de conférence.
11:01Pour passer professeur, qui est le grade au-dessus,
11:04il faut une habilitation à diriger des recherches.
11:06Cette habilitation, je l'ai passée en 2013.
11:09Or, je me suis présenté à divers postes de professeurs
11:14que je n'ai jamais obtenus.
11:16En 2014, j'avais même voulu muter à Sciences Po Lyon,
11:20puisque j'étais déjà maître de conférence à Lyon 2.
11:23Et j'ai été victime vraiment d'une commission de spécialistes
11:26complètement idéologique, qui m'a blackboulé.
11:30Je n'avais même pas, comment dire, j'ai été classé dernier,
11:34même pas classé, en fait.
11:36J'ai fait un recours au tribunal administratif à l'époque.
11:39Le tribunal administratif m'a donné raison.
11:42Il a cassé le recrutement, non pas pour vise de forme,
11:46mais parce que le juge administratif a vu
11:49que les membres de la commission de spécialistes
11:52n'avaient pas été impartiaux.
11:54Donc, il a fallu refaire une commission de spécialistes.
11:56Évidemment, l'administration ne se déjugeant pas,
11:59ils ont blindé les rapports.
12:01Au lieu de ne pas me classer, ils m'ont classé bon dernier.
12:05Parce que, comment dire, casser le recrutement d'un collègue
12:09ça aurait quand même été une première.
12:11Mais ça a quand même obligé, à l'époque,
12:13Najat Balou Belkacem à sortir un décret
12:16interdisant aux directeurs de thèse ou aux directeurs d'HDR
12:21d'être présents dans le jury
12:23lorsque leur étudiant était retenu à l'oral.
12:26Parce que jusque-là, ça paraissait complètement normal.
12:29Je ne sais pas si vous vous rendez compte.
12:31Alors après, j'étais quand même un peu dépité.
12:34Je suis parti trois ans aux Etats-Unis,
12:36travailler dans les Finintank à Washington.
12:38Et franchement, avec le recul,
12:40je pense que j'aurais dû rester aux Etats-Unis.
12:42Frédéric est avec nous au 0826-300-300 de Toulouse.
12:45Bonsoir Frédéric.
12:47Bonsoir à tous, bonsoir aux auditeurs.
12:49Alors, ma vie étudiante a été assez courte.
12:54Mais je crois vous me rappelez qu'il y avait le GUD
12:57– on nous surnommait d'ailleurs les rats noirs –
13:00et il y avait la LCR.
13:02Et tout ça se parlait des fois un peu violemment,
13:06mais se parlait quand même.
13:08Donc il y a toujours eu des syndicats étudiants.
13:11Mais excusez-moi, le GUD et le LCR,
13:14la LCR, ce n'est pas des syndicats étudiants.
13:17Non, c'est des groupes politiques, mais ce n'est pas des syndicats.
13:20Vous avez parlé du GUD.
13:22C'est pas un syndicat.
13:24Vous étions affiliés.
13:27Et véritablement, une partie portait la politique de gauche
13:31et une autre partie une vraie politique libérale.
13:33Alors, les dérivés antisémites du GUD étaient là.
13:36Mais il y avait, il y a toujours eu
13:41et il y aura toujours des syndicats étudiants de gauche et de droite.
13:44Les syndicats de droite sont minoritaires, comme toujours.
13:47Plus, bien sûr, dans les salles de sociaux, ça ne fait aucun doute.
13:52Voilà, mais trouvez-moi un prof non politisé.
14:00Alors, effectivement, il y en a qui sont là,
14:05mais il y a une partie des étudiants,
14:07comme on a l'exemple du Mirail à Toulouse,
14:09où il y a des réunions quasiment journalières
14:13avec des groupes politiciens
14:16et qui sont soupés par les filles à tous les jours.
14:19Alors, Frédéric, vous faites un constat,
14:20mais vous, vous êtes pour ou contre, finalement, de ça ?
14:23Moi, je suis pour.
14:24D'accord, ok.
14:25Mais moi, je suis pour.
14:26Mais il pense que ça ne se fera pas.
14:27Allez, restez avec nous, Frédéric, Emmanuel Laparmovitch.
14:31L'anecdote que vous racontez, monsieur,
14:33me rappelle une anecdote que m'avait racontée
14:35Franz-Olivier Gisbert,
14:36lorsque nous parlions ensemble du déni et du journalisme.
14:39Et il me disait, voilà l'anecdote.
14:41J'étais à l'Assemblée nationale
14:43et je vois s'écharper ce traité de nom d'oiseau,
14:46un communiste et un type de droite.
14:48Robert-André Vivien et Louis Guesso,
14:51pour ne pas les citer.
14:52Jean-Claude Guesso, pardon.
14:54Respect à lui.
14:56Et, très étonné, jeune journaliste que je suis,
14:59je les retrouve fraternellement unis
15:03à la buvette de l'Assemblée.
15:04Et je vais les voir tous les deux.
15:06Et tous les deux me font une réponse quasiment en canon,
15:08qui est la suivante.
15:09Nous sommes séparés politiquement,
15:11mais nous avons le même amour de la France.
15:14Et je me demande si, au sein de l'enseignement
15:16et dans d'autres éléments de notre démocratie,
15:19on manque d'amour de la France.
15:21On repart.
15:22Ça fait beaucoup réagir au 0826-300-300.
15:24On était à Floirac, à côté de Bordeaux.
15:26On est partis à Toulouse.
15:27Direction Juvisy-sur-Orge, dans l'Essonne.
15:29Bonsoir Julien.
15:31Bonsoir à tous.
15:33Moi, je voulais réagir sur le fait
15:35que d'avoir une opinion politique,
15:37c'est propre à chacun et c'est naturel.
15:39Maintenant, il faut faire la distinction
15:41entre une faculté et une mosquée.
15:43Le repire de la jeune, à mon avis,
15:44c'est plutôt à la mosquée qu'il faut demander
15:46d'avoir une salle et d'encadrer la chose,
15:48plutôt que dans une fac,
15:49qui n'est pas du tout l'oeil adapté.
15:50On est là pour apprendre des choses.
15:52On est là pour, comme disait Xavier juste avant,
15:54qu'il y a eu une élocution absolument magnifique
15:57sur le sujet.
15:58Et je pense que, là où on a le droit
16:00d'avoir des opinions pensées,
16:01et on n'a pas à critiquer les opinions pensées,
16:03et encore moins à empêcher quelqu'un
16:05de parler ou d'agir,
16:06sous prétexte qu'on n'est pas d'accord avec lui,
16:08parce que ça devient de la dictature,
16:09ça devient de la tyrannie.
16:10Et je me rends compte aujourd'hui
16:11qu'on parle tout le temps du fascisme,
16:12la montée du fascisme,
16:13et moi, la montée du fascisme,
16:14telle qu'il me fait peur,
16:16c'est vraiment de la gauche que ça vient,
16:18et pas du tout de la droite.
16:19On peut discuter de tous les sujets du monde.
16:21Moi, je suis issu du monde socialiste,
16:22je suis très gauche.
16:23Mais je peux discuter très facilement
16:25avec des gens issus des franges
16:28les plus extrêmes de la droite,
16:29avec qui j'ai toujours eu des discussions
16:30très courtoises,
16:31mais je me rends compte à gauche.
16:33Dès qu'on parle,
16:34dès qu'on dit des mots clés
16:35comme problème sur l'islamisme,
16:37sur la façon dont se répand l'islam,
16:38la façon dont se répand l'immigration,
16:40tout de suite, on est traité de fachos,
16:41on est traité de raciste,
16:42de tout ce que tu veux.
16:43On ne peut même plus avoir des discussions.
16:45C'est devenu compliqué.
16:46Ça devient une dictature.
16:47Ça devient...
16:48On est vraiment dans 1984.
16:51Restez avec nous, Julien.
16:52Philippe Bilgeat.
16:53Nos auditeurs sont tout à fait passionnants
16:56dans leur point de vue contradictoire.
16:58Moi, je crois que la neutralité,
17:00elle peut être imposée
17:03au sein d'un espace universitaire
17:06à partir du moment
17:07où elle ne relève absolument pas
17:09d'une censure de la pensée politique.
17:12Chacun, évidemment, a le droit
17:14d'avoir une pensée politique,
17:16mais dans l'espace universitaire,
17:18on se contente de respecter
17:20les règles de l'enseignement.
17:22Fabrice Balanche,
17:23est-ce que vous êtes soutenue
17:24par vos collègues ?
17:25Et par la hiérarchie.
17:27Je suis soutenue par une partie
17:28de mes collègues.
17:29Je suis évidemment soutenue
17:30par la hiérarchie.
17:31Ils ne peuvent pas faire autrement
17:32de toute façon.
17:33Il faut dire que la présidente
17:34de l'université elle-même
17:36a été traitée d'islamophobe,
17:38de raciste,
17:39par les mêmes individus.
17:41Donc, c'est quand même
17:42la moindre des choses.
17:44La suite, c'est quoi ?
17:45Qu'est-ce qui va se passer
17:46pour ces élèves ?
17:47Déjà, il faudrait pouvoir
17:48les identifier.
17:49Ils étaient cagoulés,
17:50un bon nombre d'entre eux, oui.
17:52On est quand même dans un campus
17:54ouvert aux quatre vents,
17:55un campus où il n'y a aucune caméra.
17:57Ce n'est pas normal.
17:58Donc, c'est très difficile
18:00de les identifier.
18:02Donc, là, je vais porter plainte
18:04avec le soutien de l'université.
18:06Vous avez raison.
18:08Mais il faut espérer
18:09que la police puisse les identifier.
18:10Parce que sinon,
18:11ça sera une plainte confuxe
18:13qui n'aboutira pas.
18:15C'est tout le problème.
18:16Xavier, un dernier mot peut-être ?
18:18Vous qui êtes un peu dans la partie
18:19Xavier de Flora,
18:20qui êtes avec nous.
18:21Moi, je suis outré
18:22par ce qui est arrivé
18:23à M. Ballange.
18:25Parce que c'est inadmissible
18:26que des étudiants,
18:27et d'ailleurs,
18:28est-ce qu'ils sont tous étudiants ?
18:29C'est aussi une question
18:30qu'on peut poser.
18:31Ça, c'est une question ?
18:32Oui !
18:33Les militants extrémistes.
18:34Et le dernier mot
18:36pour régler le problème,
18:37c'est qu'on a affaire
18:38à un vrai problème,
18:39ici en France
18:40et ailleurs dans le monde,
18:41de polarisation extrême
18:42des opinions
18:43et de manque de nuances.
18:44Et quelles que soient
18:45nos opinions,
18:46quelles que soient
18:47les adhésions qu'on peut avoir
18:48à telle ou telle cause,
18:49il faut toujours le faire
18:50avec un certain respect,
18:51une certaine courtoisie,
18:52et le respect, notamment,
18:54des différences.
18:56Et là, on a un problème
18:57par rapport à ça
18:58avec ces élèves
18:59qui sont des dingues.
19:00C'est des dingues.
19:01Moi, quand je serai grande,
19:02je serai Xavier,
19:03ça c'est sûr.
19:05Fabrice Balanche,
19:07merci beaucoup
19:08de nous avoir accordé du temps.
19:10Notre soutien,
19:11on ne peut dire que ça.
19:13Géographe,
19:14Maître de conférences
19:15à l'Université de Lyon 2,
19:16et auteur des Leçons
19:18de la crise sérienne
19:19aux éditions Odile.
19:20Jacob,
19:21si vous avez besoin de nous,
19:22notre micro vous est ouvert.
19:24Merci beaucoup.
19:25On garde Xavier,
19:26parce que vu comment il est balèze,
19:28je pense que derrière
19:29le « Qui c'est qui ? »
19:30qu'il a dit,
19:31vous n'allez pas en marquer une seule,
19:32pas une !
19:34Je me demande si vous ne serez pas
19:35même en négatif.
19:36Il n'y a que les meilleures
19:37universités américaines
19:38qui le font,
19:39Berkeley, MIT, etc.
19:40C'est sûr que la cour d'école,
19:42ici, ça va être folichon, folichon.
19:45Allez, à tout de suite,
19:46on revient dans un instant.
19:47Sud Radio,
19:48votre avis fait la différence.
19:50Vous êtes une super radio,
19:51vraiment,
19:52vous êtes la radio du moment.
19:53Continuez, c'est super.
19:54Sud Radio,
19:55parlons vrai.

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