• il y a 13 heures
Sénatrice de l'Isère depuis 2017, Frédérique Puissat nous livre son regard sur l'actualité politique du moment : élection à la tête des LR, condamnation de Marine Le Pen, lutte contre le narcotrafic, immigration, voile dans le sport, application de la nouvelle loi travail, avenir du gouvernement Bayrou…

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Transcription
00:00:00Générique
00:00:02...
00:00:18Bonjour à tous. Bienvenue dans le QG,
00:00:20le rendez-vous politique de Télégranal,
00:00:22avec chaque semaine un élu du territoire
00:00:24dont les décisions peuvent impacter notre vie quotidienne.
00:00:28Frédéric Puissa, bonjour.
00:00:29Bienvenue. Vous êtes sénatrice de l'ISER depuis 2017.
00:00:33Vous êtes conseillère départementale
00:00:35sur le canton Mathésines-Trièvres,
00:00:37qui est un peu votre fief.
00:00:39Vous avez été maire de la petite commune de Château-Bernard,
00:00:42qui hébergait à l'époque une station de ski.
00:00:44On y reviendra peut-être.
00:00:46Vous êtes aussi membre des Républicains,
00:00:48un parti qui se cherche un chef
00:00:51depuis la rupture avec son président Éric Ciotti,
00:00:53suite à son soutien au Rassemblement national
00:00:57pendant les législatives de 2024.
00:00:59Comment avez-vous vécu cette période compliquée pour les LR ?
00:01:02On a très mal vécu ça.
00:01:04On était au Sénat au moment où tout ça se passait.
00:01:06On attendait...
00:01:08Nous avons tous les mardis une réunion de groupe à 10h30.
00:01:11C'était donc un mardi qu'Éric Ciotti a été invité
00:01:14sur le plateau de 13h.
00:01:16Et on s'attendait à une déclaration de ce type-là.
00:01:19Donc nous, on n'avait qu'un seul objectif,
00:01:22c'était de garder le groupe Les Républicains au Sénat,
00:01:26j'allais dire en coalition,
00:01:28de façon à ce qu'y compris au sein de la Chambre haute,
00:01:31à savoir du Sénat, que le groupe n'explose pas,
00:01:34parce que tout aurait pu être très rapidement emporté.
00:01:37C'est une décision qu'il n'a engagée que lui,
00:01:42qui a été prise sans l'avis de personne
00:01:45et qui, j'allais dire, traduit ce qu'était finalement Éric Ciotti.
00:01:48C'est-à-dire quelqu'un qui n'a joué que sa carte personnelle
00:01:51et qui a trahi le parti et les valeurs qu'il portait.
00:01:54– Ça a abîmé l'image du parti, des valeurs ?
00:01:56– Je pense qu'on s'en est bien sortis.
00:01:58Enfin, en tout cas, on verra ça, puisqu'on a quand même vu,
00:02:02d'une part, qu'on a eu quand même un certain nombre d'élections
00:02:06depuis cette rupture, qui nous ont plutôt été profitables.
00:02:11Mais je ne pense pas que c'est issu de tout ça,
00:02:14c'est parce qu'on a réussi effectivement à prendre la lumière,
00:02:16y compris parce qu'on est rentré au gouvernement.
00:02:18Et je crois qu'y compris sur une élection législative dans l'Isère,
00:02:22où Nathalie Béranger a fait un très bon score
00:02:24en dépassant tous les scores qu'elle avait pu faire préalablement,
00:02:28je pense que le parti, finalement, s'en est bien sorti
00:02:30après un moment qui aurait pu lui être fatal, effectivement.
00:02:33– Vous êtes impliquée dans les instances nationales de LR ?
00:02:35– Alors, je suis impliquée dans les instances nationales,
00:02:37mais je suis surtout vice-présidente du groupe Les Républicains au Sénat.
00:02:42J'étais la première vice-présidente de Bruno Rotailleau
00:02:45et je suis maintenant la première vice-présidente de Mathieu Darnot,
00:02:47qui est le nouveau président de notre groupe au Sénat.
00:02:50– Non, vous êtes aussi dans l'organisme des VP de LR au niveau national.
00:02:55Voilà la page internet.
00:02:57Il y a une nouvelle page à écrire, en tout cas pour Les Républicains,
00:03:00avec l'élection en mai d'un nouveau président.
00:03:03Il y a deux candidats en lice, Laurent Wauquiez,
00:03:05qui a dirigé le parti de 2017 à 2019,
00:03:08et puis Bruno Rotailleau,
00:03:10qui avait été candidat malheureux contre Éric Ciotti en 2022.
00:03:14Est-ce que vous avez déjà fait votre choix ?
00:03:16– Oui, oui, j'ai fait mon choix, mais vous savez, pour nous,
00:03:18en Nouvelle-Bretagne, c'est un choix qui est cornélien,
00:03:19parce qu'on aime notre ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes,
00:03:24Laurent Wauquiez, qui a beaucoup fait pour la région Auvergne-Rhône-Alpes,
00:03:27et je ne cesse de le citer dans toutes les réunions qu'on peut faire sur le terrain.
00:03:30Il a transformé la région Auvergne-Rhône-Alpes.
00:03:33C'est un homme politique qui est un homme d'État,
00:03:36qui a effectivement de nombreuses qualités.
00:03:39Et Bruno Rotailleau, que je connais à côté,
00:03:41puisque je vous ai dit que j'étais sa vice-présidente au Sénat,
00:03:45est aussi un homme qui a de grandes qualités.
00:03:47Donc on a forcément deux candidats qui sont deux très bons candidats,
00:03:51mais en Auvergne-Rhône-Alpes, le choix est plus compliqué,
00:03:52parce qu'effectivement, Laurent est notre président.
00:03:55Mais j'ai fait le choix de soutenir Bruno Rotailleau.
00:03:57– Si on se fie aux parrainages qui ont été déposés pour poser ces candidatures,
00:04:01le match semble plié.
00:04:02Bruno Rotailleau a présenté une liste de 2 235 parrainages d'adhérents,
00:04:0692 parlementaires, de l'autre côté, on a Laurent Wauquiez avec 997 parrainages
00:04:10et seulement 44 parlementaires.
00:04:13Vous n'avez pas l'air d'être aussi sûr que moi
00:04:15que l'élection va tourner en faveur de Bruno Rotailleau ?
00:04:18– Non, je pense que l'élection est très ouverte, elle est au mois de mai.
00:04:21Le 17 avril, on fera le top du nombre de personnes
00:04:25qui pourront voter pour cette élection qui a lieu au mois de mai.
00:04:28– Ce sont les adhérents ?
00:04:29– Ce sont les adhérents qui votent et ce ne sont pas que les parlementaires.
00:04:31Alors il est clair que Bruno Rotailleau a de nombreux parlementaires avec lui.
00:04:34Il a présidé notre groupe pendant de nombreux années.
00:04:38Laurent Wauquiez vient d'être élu président du groupe LR à l'Assemblée nationale,
00:04:43donc il a moins d'antériorité dans le poste.
00:04:46Donc c'est normal qu'il ait moins de sympathisants
00:04:49et de soutien de la part des parlementaires.
00:04:51Mais ce sont les militants qui votent.
00:04:53Moi j'ai fait volontairement le choix d'être présent aux deux réunions,
00:04:58celle de Bruno Rotailleau que j'ai organisée puisque je le soutiens,
00:05:02mais celle de Laurent Wauquiez.
00:05:03Je peux vous dire qu'il y avait de la ferveur dans ces deux réunions
00:05:06et que j'ai retrouvé les mêmes adhérents chez Bruno Rotailleau que chez Laurent Wauquiez.
00:05:10Donc il y a des gens qui n'ont pas encore fait leur choix.
00:05:12Il y a des gens qui sont venus écouter deux candidats
00:05:15qui vont quand même demain déterminer comment notre parti va se positionner
00:05:19pour les futures échéances dans les élections présidentielles à venir.
00:05:22Alors justement, est-ce qu'il y a toujours la tentation
00:05:24que le nouveau président, quel qu'il soit, fasse un pas,
00:05:27une alliance avec le Rassemblement national ?
00:05:29Non, avec ces deux profils, le choix était clair.
00:05:32Laurent Wauquiez avait théorisé l'union des droites à un moment.
00:05:35Mais Laurent Wauquiez, quand Éric Ciotti, qui l'avait soutenu,
00:05:37a pris ses distances avec le parti dans la situation que nous avons évoquée tout à l'heure,
00:05:41a été très clair.
00:05:43C'est le parti qui n'a pas les mêmes idées que le Rassemblement national.
00:05:48Et son idée, c'était de reconstruire le parti LR.
00:05:50Et il a été aux côtés de Bruno Rotailleau, aux côtés d'Agnès Gennevard,
00:05:53aux côtés de Michel Tabarro, en tout cas de tout un tas de parlementaires
00:05:56qui ont porté le parti pendant cette période de transition,
00:05:59qui est une période qui a été quand même une période compliquée.
00:06:01Il a été effectivement très clair, tout comme Bruno Rotailleau l'est également.
00:06:05Est-ce que le nouveau président des LR, qui sera élu au mois de mai,
00:06:07sera le candidat naturel pour la présidentielle,
00:06:10qui aura lieu juste deux ans derrière ?
00:06:11Pas forcément. D'abord, ce n'est pas parce qu'on est président des LR
00:06:14qu'on est effectivement le candidat naturel.
00:06:16Ce n'est pas dans notre statut.
00:06:17Après, quand on a effectivement la chance d'avoir une expérience dans le parti,
00:06:21moi, je pense que c'est plus facile derrière de porter une voix
00:06:25et d'être candidat aux élections présidentielles.
00:06:27Mais ce n'est pas forcément comme ça, naturellement, que ça peut se positionner.
00:06:30Bruno Rotailleau, d'ailleurs, l'a dit.
00:06:32S'il est président du parti, il va s'occuper du parti.
00:06:35On a beaucoup à faire au niveau du parti pour mettre en place des statuts,
00:06:39qui soient des statuts réactualisés, refonder les idées de notre parti,
00:06:43j'allais dire les affirmer avec conviction et avec force,
00:06:45comme il sait le faire.
00:06:47Et derrière, lui a fait le choix de se dire,
00:06:48je n'ai pas encore fait de choix sur les présidentielles.
00:06:51Laurent Wauquiez a plutôt fait un choix au niveau des présidentielles,
00:06:53mais il a aussi cet objectif de refonder le parti qui en a besoin.
00:06:57Bruno Rotailleau est, par contre, favorable à une primaire interne
00:06:59pour choisir le candidat ?
00:07:01Oui, il est favorable à une primaire interne.
00:07:04La question, c'est est-ce que c'est ouvert ou pas ouvert ?
00:07:06C'est ça, la vraie question.
00:07:08Très honnêtement, la primaire ouverte telle qu'on l'a vécue,
00:07:11où on avait effectivement, à l'époque, c'était le candidat qui en est sorti,
00:07:15c'était effectivement François Fillon,
00:07:17où on avait des opposants politiques qui venaient voter pour l'un et pour l'autre
00:07:21pour essayer d'en évincer un autre, a plutôt été mal vécue par les militants.
00:07:25Donc là, le choix n'est pas encore tranché d'un côté ou de l'autre.
00:07:28Franchement, ce n'est pas le vrai débat du parti.
00:07:30En tout cas, je le vois comme ça.
00:07:31Le vrai débat du parti, c'est comment on remet notre parti en ordre de marche,
00:07:34comment on réaffirme nos idées
00:07:35et comment on réussit à les faire entendre et à les incarner.
00:07:37La présidentielle reste une vitrine importante pour tous les partis politiques.
00:07:41Je vous rappelle, vous le savez, que Balaire a fait moins de 5 % en 2022.
00:07:46Est-ce que pour la droite, de manière plus globale,
00:07:49il ne faut pas aller élargir les candidats potentiels ?
00:07:51Il y a Dominique de Villepin qui est aujourd'hui
00:07:53la personnalité préférée des Français.
00:07:56Ça peut être surprenant, parce qu'il n'est plus vraiment dans le jeu politique,
00:07:58mais les sondages donnent l'ancien Premier ministre avec plus de 54 %.
00:08:05Devant Édouard Philippe, qui est une autre personnalité de droite
00:08:07issue des Républicains,
00:08:09est-ce que ces personnalités-là pourraient rentrer dans le jeu ?
00:08:14Il est clair qu'à un moment donné,
00:08:15quand il y aura un candidat qui va effectivement être désigné,
00:08:19il va falloir qu'il rassemble,
00:08:21y compris qu'il rassemble au sein des élus nationaux
00:08:27qui étaient préalablement au LR,
00:08:29qui ont fait le choix de quitter les LR
00:08:31pour en l'occurrence se rejoindre Emmanuel Macron,
00:08:34dont Édouard Philippe fait partie.
00:08:35Dominique de Villepin n'a pas franchi ce pas-là,
00:08:37mais c'est clair qu'on aura besoin de rassembler ces électeurs-là,
00:08:40c'est certain.
00:08:41On ne fera pas une élection que sur notre nom
00:08:44et que sur notre parti politique.
00:08:45Plus personne ne fait ça, d'ailleurs.
00:08:46Plus personne.
00:08:47On ne sait pas encore qui sera ou qui seront les candidats à droite.
00:08:51Ou les candidates.
00:08:52Ou les candidates, effectivement,
00:08:54puisque c'était Valérie Pécresse qui avait réussi
00:08:56à prendre le poste de candidate pour les Républicains en 2022.
00:09:01On sait en tout cas depuis cette semaine
00:09:02qu'il n'y aura pas une candidate
00:09:04qui était donnée comme la favorite de cette élection présidentielle.
00:09:08C'est Marine Le Pen qui a été condamnée
00:09:10dans le procès des assistants parlementaires européens.
00:09:14Plus de 4 millions d'euros d'argent public
00:09:15détournés sur une dizaine d'années pour financer le Front national.
00:09:18Les juges ont estimé que Marine Le Pen
00:09:20était au coeur de ce système depuis 2009.
00:09:22Elle a été condamnée à 4 ans de prison, dont 2 fermes,
00:09:24et 5 ans d'inégibilité avec exécution provisoire.
00:09:27Provisoire, ça veut dire immédiate,
00:09:29ce qui veut dire que même en cas d'appel,
00:09:31elle ne pourra pas se présenter à la présidentielle 2027.
00:09:34On la voit avec le sourire sur ces images.
00:09:36Ce sont évidemment des images d'archives
00:09:37lors de sa visite sur un marché de la Tour du Pin
00:09:40il y a quelques années.
00:09:42Qu'est-ce que vous pensez de ce jugement ?
00:09:46Alors, c'est un coup de tonnerre quand même.
00:09:47C'est un coup de tonnerre dans le paysage politique
00:09:50au niveau national, voire même au niveau international,
00:09:52puisqu'effectivement, il y a des réactions de tous les pays.
00:09:55Ce qui est certain, c'est qu'en France,
00:09:58la justice est indépendante.
00:10:00Elle juge sur des faits
00:10:01et elle a considéré que Marine Le Pen était coupable.
00:10:03Déjà, il ne faut pas qu'on l'évacue
00:10:05au-delà de la peine qui a été infligée.
00:10:07Donc, elle est coupable d'avoir détourné des fonds
00:10:09et des fonds publics.
00:10:10Donc, ceci a engendré une condamnation.
00:10:13La vraie question, c'est qu'effectivement,
00:10:15cette condamnation porte deux événements majeurs.
00:10:19Le bracelet électronique, visiblement, qui lui sera posé.
00:10:22Je trouve que c'est compliqué,
00:10:25voire même très humiliant pour une femme politique,
00:10:28tout comme ça l'est pour Nicolas Sarkozy.
00:10:29J'avoue que moi, ce sont des choses qui me surprennent,
00:10:32qui m'interrogent sur les peines qui sont infligées
00:10:35et sur, effectivement, la symbolique de cette peine.
00:10:38Et ensuite, le deuxième aspect
00:10:40qui est le plus important pour Marine Le Pen,
00:10:42c'est qu'elle ne pourra pas être candidate
00:10:45aux élections présidentielles à venir.
00:10:47Alors, il y a deux aspects possibles.
00:10:48La première, c'est comment les électeurs du Front national
00:10:51vont-ils réagir ?
00:10:53Est-ce qu'ils vont porter leur voix sur Jordan Bardella,
00:10:57qui sera peut-être le candidat naturel
00:10:59on le saura bientôt, sur ces élections présidentielles ?
00:11:02Ou est-ce qu'effectivement, ils vont se reporter
00:11:04sur d'autres candidats,
00:11:05considérant que le RN est incarné par la famille Le Pen,
00:11:09d'abord le père et ensuite la fille ?
00:11:10Donc, ça, on verra effectivement comment les choses vont se passer.
00:11:12En tout cas, ce qui est certain, c'est que ça les prive
00:11:15d'un candidat. C'est une frustration.
00:11:17Et en politique, la frustration n'est jamais,
00:11:20j'allais dire, bonne conseillère.
00:11:22Donc, c'est un sujet qui forcément interroge tous les politiques,
00:11:26y compris les politiques de notre famille politique.
00:11:28Éric Ciotti, qui n'est plus dans votre famille politique,
00:11:30a réagi à cette condamnation en se demandant
00:11:34si la France était encore une démocratie.
00:11:36Est-ce que c'est une décision antidémocratique, ce jugement ?
00:11:39Éric Ciotti fait toujours dans la dentelle quand il parle.
00:11:42Franchement, est-ce que la France est une démocratie ?
00:11:44Oui, la France est une démocratie parce que la justice est libre,
00:11:46parce que les médias sont libres.
00:11:47C'est ce qui fait effectivement que c'est une démocratie.
00:11:49Et je le rappelle quand même, Marine Le Pen a été condamnée.
00:11:52Nous ne l'oublions pas. Ça veut dire qu'elle a détourné
00:11:54des fonds publics à destination de son parti politique.
00:11:56Parti politique qui a servi son père et qui l'a servi.
00:11:59Donc, je suis désolée, mais c'est ça qu'il ne faut pas
00:12:00qu'on évacue dans cette condamnation.
00:12:02Et c'est ce que je rappellerai, moi, régulièrement
00:12:04à des électeurs du Rassemblement national.
00:12:06Donc, on est toujours effectivement dans la vie politique.
00:12:08Il y a des sentences qui tombent avec des juges
00:12:10qui appliquent un certain nombre de peines.
00:12:12Donc, ils ont la possibilité de les appliquer
00:12:14parce que le code leur permet de les appliquer.
00:12:17Voilà, ils ont fait ce choix-là.
00:12:18Et très honnêtement, moi, je n'ai pas à ce date
00:12:20à remettre en cause l'intégrité des juges
00:12:23qui ont jugé et Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy.
00:12:26Ce que je constate quand même, c'est qu'un bracelet électronique
00:12:29ou une condamnation de prison ferme,
00:12:32parce que c'est ce qui peut arriver aussi à Nicolas Sarkozy,
00:12:35m'interroge sur la proportionnalité de la peine
00:12:38rapportée aux faits qui ont été commis.
00:12:40Et je rappelle que Nicolas Sarkozy,
00:12:42qui est sous bracelet électronique en ce moment
00:12:44lors d'une précédente condamnation,
00:12:47risque sept ans de prison pour corruption passive,
00:12:50financement illégal de campagne électorale,
00:12:53recelle de détournements de fonds publics
00:12:54et association de malfaiteurs dans le dossier libyen.
00:12:57Alors, sept ans de prison, on ne peut plus faire
00:12:58de bracelet électronique, on va réellement en détention.
00:13:02On verra si les juges suivent les réquisitions sévères
00:13:07contre l'ancien président de la République.
00:13:10Est-ce que c'est normal que les politiques
00:13:12soient jugées comme les autres,
00:13:13soient des justiciables comme les autres ?
00:13:15Dans les défenses de condamnation,
00:13:19on a toujours le procès politique qui est en filigrane
00:13:22des défenseurs soit de Marine Le Pen,
00:13:23soit de Nicolas Sarkozy ?
00:13:25En tout cas, ce qui est certain, c'est que c'est normal
00:13:27qu'ils rendent des comptes sur l'argent public
00:13:28qui soit a été affecté à des fins politiques
00:13:33telles que, pour Marine Le Pen,
00:13:35elle était effectivement députée européenne.
00:13:37Donc c'est normal qu'ils rendent des comptes.
00:13:39Nous rendons des comptes, nous sommes parlementaires,
00:13:40nous rendons des comptes.
00:13:41Nous avons effectivement un compte de toutes nos dépenses.
00:13:44On a effectivement des contrôles au Sénat
00:13:46qui sont faits par des comptables
00:13:48qui sont des comptables professionnels
00:13:49indépendants du Sénat.
00:13:50Et on doit rendre des comptes sur toutes les sommes qu'on dépense.
00:13:53Donc il n'est pas anormal que Marine Le Pen
00:13:55rende des comptes sur les fonds qui lui ont été affectés
00:13:56en tant que députée parlementaire.
00:13:58Quant à Nicolas Sarkozy, c'est un autre sujet,
00:14:01puisque ce serait l'utilisation de fonds
00:14:03qui auraient été affectés à une campagne politique.
00:14:06C'est normal qu'il rende des comptes.
00:14:07Il y a des règles et c'est normal qu'il rende des comptes.
00:14:08Après, est-ce que les juges qui jugent
00:14:12sont impartiaux quant au quantum de peine
00:14:14qui est attribué ou est-ce qu'effectivement,
00:14:17j'allais dire, ils ont un regard qui est plus politique ?
00:14:20Moi, j'ai tendance à dire que je fais confiance
00:14:22à la justice de mon pays et je considère qu'à partir du moment
00:14:24où ils rendent une justice, la justice est à hauteur
00:14:27des fautes qui ont été commises.
00:14:29Mais ça n'empêche que ça me choque.
00:14:31Ça me choque quand le maire du 5e arrondissement de Paris
00:14:34finit en prison parce que, très honnêtement,
00:14:37je pense qu'il y a d'autres personnes qui pourraient être en prison
00:14:39plutôt que le maire du 5e arrondissement de Paris
00:14:42qui avait un bracelet électronique,
00:14:43qui a effectivement, à un moment donné,
00:14:44dépassé le cadre qui lui était imposé
00:14:48et qui, effectivement, est en prison.
00:14:49Pour moi, la prison doit préserver les citoyens
00:14:53de la personne qui commet des méfaits.
00:14:54Je ne considère pas que le maire du 5e arrondissement de Paris
00:14:58était un danger pour la société.
00:14:59Donc voilà, ça, ça me choque, je dois le dire.
00:15:01Mais le code pénal le permet,
00:15:03donc les juges mettent en application ce code,
00:15:05donc ce qui n'est pas anormal.
00:15:07Après, si les choses ne vont pas, à nous de changer la loi.
00:15:09– Oui, un code pénal qui est décidé par les législateurs,
00:15:11donc par les parlementaires.
00:15:13Et les juges sont là pour appliquer ce que les élus décident
00:15:16et d'ailleurs, la sévérité de la peine de Marine Le Pen
00:15:20revient à une loi de 2016, qui n'est pas de six ans de ciel,
00:15:23qui avait été votée à l'époque de l'affaire Cahuzac,
00:15:27ministre socialiste qui avait détourné de l'argent
00:15:29alors qu'il était ministre du budget.
00:15:31C'était effectivement pas forcément très malin
00:15:34de faire ça en concomitance.
00:15:36Pour revenir sur l'affaire de Marine Le Pen,
00:15:38il y a quand même une conséquence,
00:15:39elle a été finaliste des deux dernières présidentielles,
00:15:42elle a été largement favorite dans les sondages.
00:15:45Les sondages, ça veut dire que ça libère une place
00:15:47pour ce duel final qui est important pour le dessin de la France ?
00:15:50– Ou pas, parce que ça va dépendre effectivement
00:15:52de ce que vont décider les électeurs du Rassemble national.
00:15:54Est-ce qu'ils vont reporter leur voix naturellement
00:15:56sur Jordan Bardella ou pas, s'il est candidat.
00:15:59Donc, on verra ce qu'il en est.
00:16:00En tout cas, ce qui est certain, c'est que ça nous permettra
00:16:04d'avoir un vrai projet pour la France,
00:16:07un vrai débat entre deux candidats qu'on n'a pas eu depuis très longtemps,
00:16:10puisque je rappelle quand même qu'au deuxième tour
00:16:12des élections présidentielles qui se sont passées
00:16:13depuis Jacques Chirac jusqu'à aujourd'hui,
00:16:16donc il y a quand même quelques temps en arrière,
00:16:17on a plutôt eu au deuxième tour des candidats qui, par défaut,
00:16:22ont voté pour d'autres candidats ou alors n'étaient pas majoritaires
00:16:26pour le candidat qui était président au deuxième tour.
00:16:28Donc, ça veut dire qu'à un moment donné,
00:16:29on devrait avoir un vrai projet pour la France.
00:16:32Et croyez-moi, quand je vis le Parlement tel qu'on le vit aujourd'hui,
00:16:35avec une assemblée nationale qui est compartimentée en trois parties
00:16:39et une incapacité à se positionner sur un certain nombre de débats
00:16:43d'idées, je pense qu'on aura effectivement fait un grand pas
00:16:46pour la France si on a un programme qui est un programme fort,
00:16:48sérieux et qui nous permet de nous projeter au niveau de l'Europe,
00:16:51au niveau international et pour les Français.
00:16:53Bon, alors voilà pour cette affaire dont on va encore parler
00:16:57dans les mois qui viennent, puisque la présidentielle,
00:16:59c'est en 2027.
00:17:01On peut avoir eu des démêlés avec la justice
00:17:03et rebondir en politique.
00:17:05À Grenoble, les Républicains ont choisi il y a quelques jours
00:17:07leur chef de file pour les municipales.
00:17:09C'est Alain Carignan qui mènera la campagne à droite
00:17:11dans la capitale des Alpes.
00:17:12Il était redevenu incontournable.
00:17:15C'est le bon profil pour ces municipales
00:17:18qui se profilent l'an prochain ?
00:17:20Alors, les candidats pour les élections municipales
00:17:22ne sont pas encore...
00:17:23Non, c'est les chefs de file, on va dire.
00:17:24Voilà, c'est les chefs de file. Ils ne sont pas encore le parti.
00:17:27D'ailleurs, on n'a pas encore de président de parti.
00:17:29Donc, les partis n'ont pas encore désigné
00:17:31quels seront les candidats, notamment pour les villes
00:17:32de plus de 100 000 habitants, puisque tout ça se décide
00:17:35au niveau national, je le rappelle, pour notre parti politique.
00:17:38Ce qui est certain, c'est qu'Alain Carignan a fait
00:17:40un travail remarquable sur Grenoble.
00:17:41Alors, quand il était maire, c'est certain.
00:17:44J'en atteste, parce que je dis souvent,
00:17:46moi, je suis nostalgique du Grenoble que j'aimais
00:17:51quand Alain Carignan en avait été le maire.
00:17:54Et quand je vois comment est devenu Grenoble aujourd'hui,
00:17:57j'avoue que ça me désole.
00:17:59En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'Alain Carignan
00:18:01fait un travail, depuis ses dernières années, de fond,
00:18:04en rencontrant, effectivement, les habitants, les citoyens,
00:18:07en écoutant les habitants et les citoyens,
00:18:09et qu'il est capable, effectivement, de porter
00:18:11pour cette ville de Grenoble une autre vision,
00:18:13qui ne sera pas une vision ni dogmatique,
00:18:16ni enfermante, ce qui est le cas aujourd'hui
00:18:18du maire de Grenoble et de son équipe municipale.
00:18:20Ce que nous regrettons âprement.
00:18:22On avait quelques images d'Alain Carignan.
00:18:24Pendant que vous parliez, je dis ça pour la régie,
00:18:26parce que visiblement, ma tablette ne fonctionne pas.
00:18:29On peut les envoyer.
00:18:31Vous disiez, le choix n'a pas été encore défini.
00:18:33Qui ça pourrait être d'autre à Grenoble ?
00:18:35On entend parler de Yannick Neder,
00:18:38qui est l'actuel ministre de la Santé.
00:18:40C'est une rumeur ou ça pourrait être une piste intéressante ?
00:18:43Oui, on l'entend parler.
00:18:44Moi, qui connais bien et l'un et l'autre,
00:18:47qui connais très bien et l'un et l'autre,
00:18:50je n'ai pas entendu Yannick Neder sur ce sujet-là.
00:18:53Quoi qu'il en soit, ils se connaissent très bien tous les deux.
00:18:56Ce sont des hommes intelligents qui seront capables,
00:18:59le moment venu, de discuter et de voir
00:19:02qui est le meilleur candidat pour partir à Grenoble
00:19:04et comment faire en sorte qu'il y ait une synergie
00:19:06pour gagner ces élections municipales,
00:19:07qui seront des élections qui seront très compliquées.
00:19:09Je le dis souvent, Grenoble, c'est genrisé.
00:19:12C'est-à-dire que l'électorat d'Éric Piolle
00:19:16a pris une place très importante dans la ville de Grenoble aujourd'hui,
00:19:19puisque un certain nombre de personnes y ont été chassées,
00:19:21je le dis comme je le pense,
00:19:23y compris des propriétaires qui ont une taxe foncière
00:19:25qui est quand même pharaonique,
00:19:26avec une augmentation qui est conséquente.
00:19:28Et tout ça fait qu'à un moment donné,
00:19:30on a besoin d'aller capter un électorat qui est bien plus large
00:19:33que le seul électorat, les Républicains,
00:19:35qu'on pouvait avoir autrefois
00:19:38et qui était l'électorat d'Alain Carignan,
00:19:40qui a besoin d'élargir effectivement son champ.
00:19:41On en a tous besoin, mais particulièrement sur Grenoble.
00:19:43Yannick Neder, qui est pour l'instant ministre de la Santé,
00:19:45il est pas mal occupé avec ce nouveau poste.
00:19:49Comment vous jugez d'ailleurs ces premiers mois de ministre ?
00:19:51Vous le connaissez bien, c'est un élu du territoire, Yannick Neder.
00:19:55Je ne vais pas être très objectif,
00:19:56parce que j'aime beaucoup Yannick Neder,
00:19:58mais je juge très franchement.
00:20:01Je pense que Yannick peut réussir.
00:20:03Je pense que Yannick peut réussir.
00:20:04Je dis peut réussir.
00:20:06Je n'ai pas de doute sur ses capacités,
00:20:07je n'ai pas de doute sur ses connaissances,
00:20:08je n'ai pas de doute sur son énergie
00:20:10et je connais son passé politique
00:20:12et le travail qu'il a pu faire, notamment dans sa circonscription.
00:20:15Mais la vraie difficulté du gouvernement actuel,
00:20:18c'est la temporalité.
00:20:19Combien de temps vont pouvoir rester les ministres
00:20:21pour pouvoir mettre en oeuvre une politique ?
00:20:22Et c'est là où je dis, Yannick peut réussir
00:20:25dans le temps qui lui est imparti.
00:20:27Il a en tout cas un calendrier très précis
00:20:29et il peut notamment réussir sur les déserts médicaux,
00:20:32qui sont un vrai sujet pour le ministre de la Santé,
00:20:34mais y compris, on voyait des images de sa venue
00:20:37à Voiron, à l'hôpital, y compris pour les urgences,
00:20:39où on a un vrai sujet.
00:20:41Il peut réussir, parce qu'il a décidé de mettre en place,
00:20:44et parce qu'il connaît bien le sujet,
00:20:45une stratégie de guerrier qui peut très rapidement
00:20:48nous permettre d'avoir des médecins
00:20:51sur l'intégralité de nos territoires,
00:20:54notamment les territoires qui en ont besoin,
00:20:55au niveau national, y compris au niveau des dom-toms,
00:20:58et en particulier dans les airs.
00:20:59Et il peut aussi réussir sur les urgences.
00:21:01Sur un temps qui est très court,
00:21:03mais franchement, il a une stratégie militaire
00:21:06sur laquelle, à la fois, il va passer par le Parlement,
00:21:09à la fois, il va passer sous forme de décret
00:21:11à des décisions qui sont importantes,
00:21:13et j'ai beaucoup d'espoir en Yannick,
00:21:15notamment sur les déserts médicaux.
00:21:17C'est le 4e ministre de la Santé en un peu plus d'un an.
00:21:19Oui, mais je vais vous dire une chose,
00:21:20il est intervenu à la Commission sociale du Sénat
00:21:22pour parler notamment des déserts médicaux.
00:21:24Tous mes collègues, alors, de ma famille politique,
00:21:27qui peuvent être considérés comme non-objectifs
00:21:29vis-à-vis de Yannick, puisqu'il est de notre famille politique,
00:21:31mais les spécialistes sénateurs de la Santé,
00:21:34tout comme l'opposition, se sont dit qu'il y avait très longtemps
00:21:36qu'ils n'avaient pas entendu un ministre
00:21:39évoqué avec autant de précision, autant de dynamisme
00:21:42et avec, j'allais dire, une temporalité très précise,
00:21:46très arrêtée, qu'il y avait très longtemps
00:21:48qu'ils n'avaient pas entendu un ministre de cette qualité.
00:21:50Donc, vous voyez, je le dis, et je ne suis pas objective,
00:21:53j'aime beaucoup Yannick Noder,
00:21:54mais y compris des sénateurs,
00:21:56y compris de ceux qui ne sont pas de notre famille politique,
00:21:58ont vraiment été très surpris de la qualité des propos
00:22:01et des perspectives développées par Yannick,
00:22:03notamment sur les déserts médicaux.
00:22:05Aura-t-il le temps d'aller au bout de sa politique ?
00:22:07C'est l'enjeu.
00:22:08Vous lui donnez combien de temps au gouvernement Beyrou
00:22:11pour faire avec lui ça ?
00:22:13Il a déjà duré plus que celui de Michel Barnier.
00:22:16Malheureusement, pas pour François Beyrou,
00:22:18mais pour Michel Barnier,
00:22:19Michel Barnier était un très bon Premier ministre.
00:22:22Je ne sais pas, en tout cas, ce qui est certain,
00:22:23c'est qu'il n'y aura pas de dissolution,
00:22:27ça, c'est la seule chose qu'on sait avant le mois de juillet.
00:22:29Est-ce qu'effectivement, le gouvernement peut tomber avant
00:22:32avec le risque qu'on ait un gouvernement de transition ?
00:22:35Alors, j'allais dire,
00:22:38la décision qui est tombée pour Marine Le Pen
00:22:42peut aussi amener les groupes politiques
00:22:45à revoir leur stratégie et leur position
00:22:47et à avoir peut-être des positions qui soient différentes
00:22:50de celles qu'on a pu connaître jusqu'à maintenant
00:22:52au niveau de l'Assemblée nationale.
00:22:53Mais très franchement, heureusement que le Sénat est là,
00:22:56heureusement que le Sénat est là, je le dis,
00:22:58si le Sénat n'avait pas été là,
00:22:59nous n'aurions pas eu de projet de loi de finances
00:23:01ni de projet de loi de finances de la sécurité sociale.
00:23:03Heureusement que le Sénat est là pour assurer une continuité
00:23:06et pouvoir développer un certain nombre de textes
00:23:07et faire avancer les choses dans l'intérêt des habitants
00:23:10du pays et des territoires,
00:23:11parce qu'effectivement, l'Assemblée nationale est chaotique
00:23:13au-delà de l'ambiance qu'on peut voir
00:23:15et qui ne donne pas forcément de la politique
00:23:17une très belle image.
00:23:17Non, puis François Beyrou qui a fortement baissé aussi
00:23:20dans les sondages d'opinion, il était à 23 %
00:23:23ces derniers jours, c'est le plus faible score
00:23:25pour un Premier ministre ces dernières années,
00:23:28ça peut jouer aussi, ça, dans la stabilité
00:23:31de son gouvernement ?
00:23:32C'est sûr que moins on est fort,
00:23:35plus, effectivement, on peut être mis en difficulté
00:23:38au niveau de l'Assemblée nationale.
00:23:40Enfin, je rappelle quand même qu'il y a des ministres
00:23:42qui sont des ministres de poids,
00:23:43j'ai parlé de Yannick Nézet-Séguin tout à l'heure,
00:23:44j'ai parlé de Bruno Rotailleau tout à l'heure,
00:23:47on pourrait parler d'Alain Jadvar, bref, on a aussi des ministres
00:23:49qui sont de notre famille politique.
00:23:50Nous avons fait le choix, qui a été discuté, d'ailleurs,
00:23:53dans notre famille politique, de faire partie du gouvernement
00:23:57quand Michel Barnier a été élu Premier ministre
00:23:59et quand François Bayrou a succédé à Michel Barnier,
00:24:03nous avons fait le choix de rester au gouvernement
00:24:07avec un seul objectif, agir, parce que pour nous,
00:24:10la mission du politique, c'est d'agir
00:24:12et de ne pas être dans l'incantation.
00:24:13Et je crois que, du coup, même si François Bayrou
00:24:16est un peu en recul, il a quand même des ministres
00:24:17qui ont du poids, dont Bruno Rotailleau et Yannick Nézet-Séguin.
00:24:20Alors, justement, puisque vous parlez de Bruno Rotailleau,
00:24:22on se rend compte, quand on vient au pouvoir,
00:24:25que les discours et les actes ont parfois du mal à entrer
00:24:28en résonance. Bruno Rotailleau, qui est venu à Grenoble,
00:24:30d'ailleurs, il y a quelques semaines,
00:24:34ce sont des images qu'on va voir, a eu un discours très ferme
00:24:37sur l'immigration, avant d'être aux manettes,
00:24:39et une fois ministre de l'Intérieur,
00:24:41il n'est pas capable de renvoyer chez eux
00:24:42des délinquants étrangers, algériens,
00:24:45pour le coup, que la justice française a rendu expulsables.
00:24:48Ca aussi, c'est un vrai problème pour les hommes politiques ?
00:24:52C'était moi un autre ministre de l'Intérieur,
00:24:55ces dernières années, qui a essayé et qui l'a médiatisé.
00:25:00Personne, personne.
00:25:01Ca veut dire que quand le ministre de l'Intérieur
00:25:06fait le choix, non seulement de dire,
00:25:08j'expulse, je communique et je vois jusqu'où ça va,
00:25:12il sait très bien, parce qu'il est en connaissance du sujet,
00:25:16qu'il peut avoir un certain nombre de difficultés,
00:25:18mais il fait le choix, à dessein, de pointer ces difficultés.
00:25:22Il fait d'autant plus le choix de pointer ces difficultés
00:25:25qu'il a portées quand il était sénateur
00:25:27et quand il était président du groupe LR au Sénat.
00:25:29Il a pointé un certain nombre de ces difficultés,
00:25:33qu'il a souhaitées y pallier au travers de textes de loi,
00:25:36que parfois, tout ça n'a pas été retenu par les gouvernements
00:25:39qui ont précédé celui de Michel Barnier,
00:25:41mais en tout cas, il a fait le choix courageux de dire,
00:25:44je le fais, ça ne va pas jusqu'au bout,
00:25:46donc il faut qu'on arrive à trouver solution par d'autres biais.
00:25:49Très honnêtement, c'est le seul ministre de l'Intérieur qui le fait.
00:25:52Alors, on savait que ça pouvait ne pas aller jusqu'au bout.
00:25:56Après, derrière, il y a forcément une diplomatie
00:25:58qui rentre en ligne de compte, notamment avec l'Algérie,
00:26:01puisqu'on parlait des dossiers de ressortissants algériens
00:26:04quand Bruno Rotaïo en parle.
00:26:06Ça engage d'autres aspects,
00:26:09notamment des aspects diplomatiques avec d'autres interlocuteurs,
00:26:13en l'occurrence, le président de la République,
00:26:15mais au moins, il est allé jusqu'au bout
00:26:17du blocage susceptible d'être mis en place.
00:26:20La question, c'est maintenant de savoir comment est-ce qu'on arrive
00:26:23à l'enrayer et à trouver solution.
00:26:25Est-ce qu'il faut donc replonger sur une nouvelle loi immigration ?
00:26:28Je pense qu'on n'est pas allés au bout de la loi immigration.
00:26:31D'ailleurs, nous, on est en train d'y revenir petit bout par petit bout,
00:26:33puisque je rappelle qu'on avait voté au Sénat un certain nombre d'articles.
00:26:37Donc, on avait réussi à trouver du consensus
00:26:40autour de ce texte de loi.
00:26:41Certains ont ou pas été retenus par nos collègues députés
00:26:44et sont ou pas dans la loi,
00:26:45mais ce qui est certain, c'est que le Conseil constitutionnel,
00:26:47on a retoqué quelques-uns de ces articles
00:26:50et que nous sommes en train de les représenter
00:26:52à travers des textes de loi.
00:26:53Donc, on ne lâche pas sur ce sujet,
00:26:55qui est un sujet trop important pour qu'à un moment donné,
00:26:58j'allais dire, que ce soit le Conseil constitutionnel,
00:27:03que ce soit le Conseil d'État ou que ce soit même des majorités
00:27:05à trouver, tout ce qui nous permet de ne pas aller jusqu'au bout,
00:27:09on puisse y trouver solution au fur et à mesure de nos avancées,
00:27:12notamment sur des propositions de loi.
00:27:13Ça a été le cas la semaine dernière, encore au Sénat,
00:27:15sur les allocations pour, effectivement,
00:27:19les personnes en situation régulière en France,
00:27:22mais qui sont des personnes qui ne sont pas des Français,
00:27:24pour que les allocations ne soient pas données
00:27:26de façon automatique à ces personnes,
00:27:28puisqu'il faut effectivement, aujourd'hui, en tout cas,
00:27:31on l'espère, attendre, c'est ce qui est dans le texte de loi,
00:27:34deux ans pour pouvoir en bénéficier.
00:27:36Le Sénat qui a adopté aussi la semaine dernière
00:27:37une proposition de loi pour durcir les restrictions
00:27:39du droit du sol à Mayotte.
00:27:40Absolument.
00:27:42Est-ce que vous êtes favorable à appliquer cette mesure
00:27:44à l'ensemble du territoire français ?
00:27:47En tout cas, le droit du sol n'est pas un droit constitutionnel.
00:27:50Le droit du sol, ça se discute,
00:27:52et ça se discute avec les parlementaires.
00:27:54On l'a discuté sur Mayotte.
00:27:55Le texte de loi nous est arrivé de nos collègues députés.
00:27:59Nous l'avons repris.
00:28:00Nous allons avoir une commission mixte paritaire.
00:28:02Mayotte, j'allais dire, est le pont des risques
00:28:06qui peuvent nous arriver en France.
00:28:08Et on a de vraies difficultés sur Mayotte.
00:28:10C'est pas doublé, en plus, par les problèmes...
00:28:14Les problèmes, notamment, naturels,
00:28:17qui ont eu lieu et qui ont effectivement ravagé l'île.
00:28:19Les cyclones.
00:28:20Voilà, les cyclones, donc on peut se poser la question
00:28:22de ce qui se passera demain en France.
00:28:23En tout cas, on a les armes pour se dire,
00:28:24si on est en difficulté, on peut effectivement,
00:28:27au niveau de notre pays,
00:28:30en tout cas, de la France et non pas des Dômes et des Thômes,
00:28:34de la métropole, on peut effectivement revoir
00:28:35à un moment donné le droit du sol.
00:28:36Moi, je ne m'interdis pas aucun débat sur ce sujet-là.
00:28:39Avec le risque que le Conseil constitutionnel
00:28:41retoque aussi ce type de propositions ?
00:28:43Alors, sur le Conseil constitutionnel,
00:28:44on va voir ce que ça va donner,
00:28:45puisqu'effectivement, le texte de loi va arriver sur Mayotte,
00:28:48qui est un cas bien particulier.
00:28:49Puis après, on verra ce qui se passe au niveau de la métropole.
00:28:51C'est pas l'ordre du jour, très franchement.
00:28:52Mais je pense qu'il ne faut s'interdire aucun débat.
00:28:55Parce que s'interdire des débats,
00:28:57c'est à un moment donné faire preuve de faiblesse.
00:28:58Je le dis comme je pense.
00:28:59Nous sommes en démocratie.
00:29:00Nous avons la possibilité et la capacité
00:29:02de discuter de tous les sujets.
00:29:04Et le Parlement est là pour ça.
00:29:06Nous avons deux chambres, l'Assemblée nationale et le Sénat.
00:29:08Ça nous permet de trouver des équilibres
00:29:09et de faire sortir des textes de loi.
00:29:11Donc, nous ne nous interdisons aucun débat.
00:29:13Je le rappelle, le droit du sol n'est pas un droit constitutionnel.
00:29:16Justement, votre collègue sénateur de l'ISER, Michel Savin,
00:29:19a remis dans la discussion ces derniers jours
00:29:22le port du voile dans les pratiques sportives.
00:29:24Alors, les insignes religieux, on va dire.
00:29:26Mais c'est vrai qu'il y a quand même,
00:29:29dans le prisme de Michel Savin,
00:29:31ces jeunes filles voilées qui pratiquent certains sports.
00:29:34Parce que, suivant les fédérations en France,
00:29:36la règle n'est pas la même.
00:29:38Il voudrait justement uniformiser cette réglementation
00:29:41du port des signes religieux dans la pratique sportive.
00:29:44C'est une bonne idée de relancer ce débat à ce moment-là ?
00:29:46Michel Savin est un homme politique courageux.
00:29:49Il porte ce texte de loi.
00:29:50Je rappelle quand même que porter une proposition de loi
00:29:52de ce type-là, ça nécessite, un, du courage politique.
00:29:55Deux, ça nécessite de bien connaître la matière.
00:29:57Et trois, de travailler. Parce que ce n'est pas un petit texte.
00:29:59C'est un texte avec plusieurs articles
00:30:02qui est né des rencontres qu'il a pu avoir
00:30:04avec le monde du sport.
00:30:05Il est très impliqué dans le monde du sport.
00:30:07Tout le monde le sait.
00:30:08Et le Sénat, par ailleurs, sur plusieurs rapports,
00:30:12avait pointé que l'antrisme,
00:30:14que l'antrisme communautariste islamiste en particulier
00:30:20était très présent encore dans le monde du sport
00:30:22et que rien n'était fait sur ce sujet.
00:30:24Donc, il s'est emparé de ce sujet.
00:30:27Mais non pas que pour le voile.
00:30:29Pour tous les signes religieux.
00:30:31Et effectivement, ce texte de loi est passé au Sénat.
00:30:34Il a obtenu une majorité.
00:30:36Ça nous a permis aussi de résoudre un problème
00:30:38qu'on connaît bien sur Grenoble,
00:30:39sur lequel d'ailleurs le maire de Grenoble
00:30:41avait interpellé les élus nationaux.
00:30:43C'est sur le burkini dans les piscines.
00:30:45Et sur le burkini dans le règlement des piscines.
00:30:47Je me rappelle des propos d'Éric Piolle à l'époque.
00:30:50Il disait, moi, je suis désolée, mais au niveau national,
00:30:53rien, il n'y a pas de règles.
00:30:55Donc, il faut aussi quand même que les politiques soient claires
00:30:57et qu'ils assument un certain nombre de leurs décisions.
00:30:59Là, aujourd'hui, en tout cas, le texte,
00:31:01tel qu'il a été voté au Sénat,
00:31:03il faut maintenant qu'il passe à l'Assemblée nationale
00:31:05pour être promulgué,
00:31:06on interdit le burkini
00:31:07et on demande à tous les gestionnaires de piscines
00:31:11et toutes les collectivités locales qui gèrent une piscine
00:31:14d'interdire le burkini dans le règlement intérieur des piscines.
00:31:16Comme ça, on aura résolu le problème.
00:31:18Et on aura résolu le problème de cet antrisme
00:31:21qui, effectivement, est assez ravageur
00:31:23pour notre société et pour notre démocratie.
00:31:25– Alors, précisez, ce n'est pas que le voile,
00:31:27c'est l'ensemble des signes religieux ?
00:31:28– L'ensemble des signes religieux.
00:31:28– Est-ce que ça veut dire qu'on ne pourra plus se signer
00:31:30avant le début d'une compétition, quand on est filmé aux Jeux olympiques,
00:31:34des millions de téléspectateurs sont en train de regarder
00:31:37le signe de croix que font certains athlètes, sera banni aussi ?
00:31:40– Oui, ça peut aussi vouloir dire ça, on est bien d'accord,
00:31:42mais ce n'est pas ça qui pose le plus de problèmes.
00:31:44Je veux dire, quand on a un match de foot qui est suspendu,
00:31:47parce qu'effectivement, on est en période de ramadan,
00:31:49ça pose quand même question.
00:31:51Quand on a effectivement des personnes qui font des prières
00:31:55dans les gymnases, dans les équipements publics,
00:31:57entre deux manifestations sportives, ça pose un certain nombre de questions.
00:32:00Et par ce texte de loi, y compris sur les autorisations
00:32:05de faire des prières dans les équipements sportifs,
00:32:07on interdirait ce principe-là.
00:32:09Je veux dire, on l'interdirait non pas parce qu'on n'a pas décidé,
00:32:11parce que le Sénat l'a décidé et a clairement, j'allais dire,
00:32:14affirmé des positions et pris ses responsabilités,
00:32:16mais parce que le texte n'est pas encore voté jusqu'au bout
00:32:18et qu'on a besoin effectivement de trouver aussi un accord
00:32:22avec nos collègues députés pour que ce texte puisse être promulgué.
00:32:25– Parmi les préoccupations des politiques, mais aussi de la population,
00:32:28il y a la lutte contre le narcotrafic.
00:32:31C'est un combat qui semble quasiment impossible à gagner
00:32:34si on prend un peu de recul sur les décennies qui se sont écoulées.
00:32:39Le trafic prend de l'ampleur, on essaye beaucoup de choses
00:32:42et au final, il y a peu de résultats.
00:32:44– Alors vous avez raison de dire que sur les dix dernières années
00:32:47qui viennent de se passer, c'est vraiment le phénomène
00:32:49qui a marqué nos villes, grandes villes, moyennes villes, petites villes,
00:32:54puisque maintenant effectivement, y compris en milieu rural,
00:32:56on a des problèmes de vente de drogue,
00:32:59alors un peu moins violents sur les petites villes,
00:33:02mais en tout cas, ça existe.
00:33:03Et moi, je le dis souvent, on avait tourné avec Michel Savin,
00:33:07avec la BAC, dans Grenoble,
00:33:09et on était allés dans les différents quartiers de Grenoble.
00:33:11Je pensais connaître les quartiers de Grenoble,
00:33:13je le dis, ma grand-mère était institutrice,
00:33:15j'étais avec les élèves de la cité Paul Mistral,
00:33:16on allait régulièrement à la cité Paul Mistral.
00:33:18Je n'ai plus reconnu les quartiers de Grenoble
00:33:20qui ont été effectivement gangrénés par la drogue,
00:33:23avec une violence qui est une violence bestiale,
00:33:25je le dis comme je le pense,
00:33:27qui fait qu'on a des gens qui courbent les chutes,
00:33:29qui sont contraints d'habiter encore dans ces quartiers,
00:33:31et qui effectivement ont une vie qui est une vie
00:33:34qui est dramatique pour eux, pour leur famille,
00:33:38et qui comporte un certain nombre de risques.
00:33:40Alors, en même temps, on peut considérer
00:33:43que tout ça a pris une ampleur telle,
00:33:45que les enjeux financiers sont tels,
00:33:47que le phénomène ne peut pas être enrayé,
00:33:50mais en même temps, je rappelle quand même
00:33:51que nos collègues italiens ont réussi.
00:33:53Donc, il n'y a pas de raison qu'on réussisse en Italie,
00:33:55et qu'on ne réussisse pas en France.
00:33:57Et du reste, le texte de loi qui a été discuté au Sénat,
00:34:02qui a été voté à l'Assemblée nationale,
00:34:04et qui va être effectivement,
00:34:06après une commission mixte paritaire,
00:34:07sans doute promulguée très rapidement,
00:34:10est issu d'une mission d'enquête
00:34:11qui a été portée par notre famille politique,
00:34:14les Républicains, à l'époque, Bruno Rotaio
00:34:16était encore président de notre groupe,
00:34:19et on s'est beaucoup inspirés
00:34:20de ce qui s'était passé en Italie,
00:34:21parce que si ça marchait en Italie,
00:34:22il n'y a pas de raison que ça ne marche pas en France.
00:34:23Donc, moi, je garde espoir
00:34:25qu'on puisse effectivement enrayer ce phénomène,
00:34:27mais effectivement, ça englobe
00:34:30tous les pans de notre société,
00:34:32toutes les administrations de notre société,
00:34:34et ça nécessite qu'on soit en ordre de marche
00:34:36pour l'enrayer, mais on en a besoin.
00:34:38Ça nécessite aussi que le Conseil constitutionnel
00:34:40ne retoque pas certains de ses articles,
00:34:42puisque là, le texte de loi était un peu dulcoré
00:34:44par rapport à la proposition des législateurs.
00:34:46S'il les retoque, croyez-moi, on y reviendra.
00:34:49Tout comme on est revenus sur le texte de loi immigration,
00:34:51on a été retoqués sur un certain nombre d'articles,
00:34:55on est revenus à travers des propositions de loi
00:34:57et on réussira.
00:34:58Alors, on réajustera parfois le quantum des peines,
00:35:01parfois la durée qui nous a été effectivement retoquée
00:35:05par le Conseil constitutionnel, parce que parfois,
00:35:07c'est des ajustements qu'on a à faire,
00:35:08mais on y reviendra,
00:35:10et sur le narcotrafic, on y reviendra.
00:35:12C'est trop important pour, effectivement,
00:35:14qu'on se laisse embarquer par tous les outils
00:35:17qui font que la France est un pays de liberté
00:35:21et que tous les textes doivent être, en l'occurrence,
00:35:22conformes à la Constitution, mais que parfois,
00:35:24les Français ne comprennent pas qu'on vote des textes
00:35:27et que derrière, le Conseil constitutionnel les retoque.
00:35:29Voilà, parce que c'est pas conforme à la Constitution,
00:35:31mais c'est pas conforme à la Constitution pas pour rien,
00:35:33pour un certain nombre de raisons,
00:35:34et on reproposera des textes
00:35:36pour être en conformité avec la Constitution.
00:35:38Là, il y avait notamment la surveillance des échanges
00:35:39sur messagerie qui a été retoquée,
00:35:42alors qu'on a le droit d'écouter les conversations téléphoniques.
00:35:44Ça peut paraître surprenant de faire un distinguo
00:35:46entre les deux modes de communication.
00:35:49Est-ce que pour lutter de façon un peu plus efficace
00:35:52contre le narcotrafic, on ne doit pas s'attaquer
00:35:55surtout aux consommateurs ?
00:35:56Parce qu'on se rend compte que tant qu'il y aura
00:35:58des consommateurs, de toute façon, il y aura du trafic.
00:36:01Même si on met des trafiquants en prison,
00:36:03il y en aura d'autres.
00:36:04C'est un peu le sens du clip qu'on voit actuellement,
00:36:06qui a été diffusé il y a quelques semaines
00:36:09par le gouvernement pour un peu stigmatiser aussi
00:36:13ceux qui sont à la base, j'ai envie de dire,
00:36:15du trafic de drogue ?
00:36:16Oui, bien sûr.
00:36:17Et du reste, c'est l'angle d'attaque,
00:36:20un des angles d'attaque du ministre de l'Intérieur,
00:36:22Bruno Retailleau.
00:36:23Et on le voit, je vous dis, quand on a tourné, nous,
00:36:26avec Michel Savas, dans les quartiers avec la BAC
00:36:29et avec la police sur Grenoble,
00:36:31et les quartiers de Grenoble, on voyait bien
00:36:33les personnes qui venaient acheter.
00:36:35Franchement, c'est les mêmes personnes
00:36:36qu'on aurait pu croiser devant les galeries Lafayette
00:36:38au centre-ville, etc.
00:36:39Donc, c'est vrai que s'il y a un trafic,
00:36:42c'est qu'il y a un marché.
00:36:43S'il y a un marché, c'est parce qu'il y a effectivement
00:36:44des acheteurs et des revendeurs.
00:36:46Donc, il faut attaquer le phénomène par tous les bouts,
00:36:48y compris sur le consommateur.
00:36:50Donc, Bruno Retailleau a eu raison aussi
00:36:51d'avoir cette stratégie.
00:36:53C'est pas la seule, mais en tout cas, c'en est une.
00:36:54En Isère, on teste la suppression des aides sociales
00:36:58pour les familles qui seraient liées au trafic de drogue.
00:37:02Est-ce que ça, c'est une bonne solution ?
00:37:04Ou quand un trafic brasse des dizaines de milliers d'euros
00:37:07par jour, supprimer quelques centaines d'euros
00:37:11d'allocations, ça n'a pas vraiment d'impact ?
00:37:13Alors, c'est pas tout à fait ça.
00:37:14C'est pas tout à fait la suppression des allocations.
00:37:17C'est le fait de réintégrer, dans le revenu des personnes
00:37:23qui ont sollicité des allocations avec un montant de revenu,
00:37:27de réintégrer les fonds du narcotrafic.
00:37:30C'est-à-dire que si vous déclariez que vous ne gagnez
00:37:32que 500 euros par mois, on va vous réintégrer
00:37:35l'intégralité des sommes que vous avez gagnées
00:37:37via le narcotrafic avec...
00:37:39C'est pas facile à calculer.
00:37:41Si, mais parce qu'il y a des échanges d'informations
00:37:43entre, en l'occurrence, le procureur, la CAF et la CPAM.
00:37:50Donc, c'est tout à fait possible avec les échanges
00:37:52d'informations et, du coup, on pénalise.
00:37:54On demande aux personnes de rembourser et on leur demande,
00:37:56effectivement, d'avoir des pénalités.
00:37:59Donc, on est effectivement bien dans cette logique-là.
00:38:00C'est expérimental au niveau départemental,
00:38:03au niveau du département de l'ISER.
00:38:05Yannick Neder est d'ailleurs venu l'évoquer
00:38:08il y a quelques temps en arrière.
00:38:09Et son idée, puisque moi, je l'ai interrogée
00:38:12aux questions d'actualité au gouvernement,
00:38:14son idée, c'est de le généraliser à l'échelon national.
00:38:17Et c'est une très bonne chose.
00:38:18Parce que je pense que si on ne touche pas
00:38:21au portefeuille des narcotrafiquants,
00:38:23quels qu'ils soient, du plus haut de la pyramide
00:38:27jusqu'à celui qui est assis sur son siège
00:38:29et qui attend que les policiers arrivent pour siffler
00:38:31pour que tout le monde puisse partir,
00:38:33aux consommateurs, également aux consommateurs,
00:38:35nous n'y arriverons pas.
00:38:36Donc, le portefeuille est aussi, effectivement,
00:38:38un des éléments sur lesquels nous devons agir.
00:38:40Alors, le maire de Grenoble a aussi une autre idée,
00:38:41c'est de légaliser la vente du cannabis
00:38:44pour casser ce trafic et, de façon indirecte,
00:38:47faire des ressources aussi supplémentaires pour l'Etat.
00:38:50On le voit avec le tabac ou l'alcool,
00:38:51qui sont fortement taxés et qui ont des apports
00:38:56non négligeables pour le fonctionnement de l'Etat.
00:38:59Est-ce que c'est une bonne idée
00:39:00de réfléchir à cette légalisation du cannabis ?
00:39:02Vous savez, en politique, des fois, les Français se disent
00:39:05« Nous, on ne va pas voter parce qu'on a l'impression
00:39:06que les gens pensent tous la même chose. »
00:39:08Ben oui, et là, précisément, on ne pense pas du tout
00:39:09la même chose que le maire de Grenoble.
00:39:10Alors, ce n'est pas que sur ce sujet-là,
00:39:12mais précisément, on ne pense pas du tout la même chose.
00:39:14Pourquoi ? Parce que si demain, ce n'est pas le cannabis,
00:39:16ce sera une autre drogue.
00:39:17Enfin, je veux dire, les personnes qui sont
00:39:21dans le narcotrafic ont une ingéniosité.
00:39:24Parfois, je dis, Grenoble Ecole Management
00:39:26a qu'à bien se tenir avec ces personnes-là,
00:39:28parce qu'effectivement, ils ont une ingéniosité
00:39:30et si ce n'est pas ce produit-là, ça en sera un autre.
00:39:32Donc, on est effectivement sur un produit
00:39:34qui est néfaste pour la santé,
00:39:36qui est néfaste pour nos jeunes et on veut le généraliser
00:39:39et on veut effectivement faire en sorte qu'il soit légalisé.
00:39:43Enfin, franchement, ça veut dire qu'on ne fait pas preuve
00:39:45de courage pour affronter les réalités.
00:39:47Nous, nous faisons preuve de courage.
00:39:49Je ne dis pas que c'est facile, mais en tout cas,
00:39:51nous faisons preuve de courage pour affronter ces réalités.
00:39:53Est-ce que ça ne pourrait pas être une piste aussi
00:39:55pour développer une forme d'agriculture,
00:39:57de légaliser cette vente de cannabis ?
00:40:00Il y a des exploitations dans le Trièvre
00:40:03ou dans le Grézy-Volant qui cultivent le chambre,
00:40:06enfin, on en voit une dans le Grézy-Volant,
00:40:07à vocation thérapeutique, pour faire le CBD,
00:40:11qui est autorisé aujourd'hui par la loi,
00:40:13mais vu l'ampleur du trafic de drogue,
00:40:15on pourrait se dire que des exploitations comme ça,
00:40:17elles pourraient se multiplier et créer
00:40:19une richesse économique pour le pays ?
00:40:21Moi, j'invite toutes les personnes qui ont ce type d'idée
00:40:24d'aller voir les centres qui, aujourd'hui,
00:40:27recueillent des jeunes qui ont fumé du cannabis
00:40:31et qui ont le cerveau ravagé.
00:40:33Je les invite vraiment à le faire
00:40:35et on verra effectivement s'ils pensent toujours la même chose.
00:40:37Voilà.
00:40:38Alors, puisqu'on parle d'agriculture,
00:40:40la loi d'orientation pour la souveraineté alimentaire
00:40:42et le renouvellement des générations en agriculture
00:40:45a été promulguée le 24 mars.
00:40:47Est-ce que ça va apaiser la colère des agriculteurs, selon vous ?
00:40:49Vous venez d'un territoire rural
00:40:51où il y a beaucoup d'exploitations ?
00:40:53Alors, la problématique agricole est complexe, technique,
00:40:58et selon les branches dans lesquelles on est,
00:41:00qu'on soit aviculteur, qu'on soit agriculteur de montagne,
00:41:04que l'on soit producteur de légumes, etc.,
00:41:06on a des problématiques qui sont différentes.
00:41:09Ce texte répond à un certain nombre de difficultés.
00:41:12Là aussi, vous l'avez vu, il y a un certain nombre d'articles
00:41:15qui ont été retoqués par le Conseil constitutionnel.
00:41:18On les connaît, ces articles,
00:41:19parce que c'est souvent nous aussi...
00:41:21Vous le saviez à l'avance qu'ils allaient être retoqués ?
00:41:22Non, on ne savait pas, mais en tout cas,
00:41:24on s'est dit qu'il y avait des fragilités.
00:41:27Donc aujourd'hui, les choses sont claires.
00:41:29Le Conseil constitutionnel a pu trancher
00:41:32et nous a donné son regard sur ces articles-là.
00:41:36Ca veut dire que nous y reviendrons,
00:41:38nous les représenterons,
00:41:39soit sous forme de proposition de loi,
00:41:40soit sous forme d'amendement dans des textes de loi.
00:41:43Et je rappelle encore qu'il y a un autre texte de loi
00:41:45qui va arriver, qui a été porté par notre collègue
00:41:46Laurent Duplon, qui est sénateur,
00:41:48mais qui est également agriculteur,
00:41:50et qui viendra en complément de ce projet de loi
00:41:53qui a été promulgué.
00:41:54Mais en tout cas, on répond déjà partiellement
00:41:56à une attente des agriculteurs,
00:41:58pas totalement, mais partiellement.
00:41:59La proposition de loi viendra compléter ça.
00:42:02Et je vous le dis, on reviendra sur les articles
00:42:04qui ont été retoqués par le Conseil constitutionnel,
00:42:06parce qu'au Sénat, s'il y a bien une chose qui est certaine,
00:42:08c'est qu'on ne lâche jamais.
00:42:10J'ai vu que vous vouliez aussi assouplir
00:42:11l'application de la loi ZAN,
00:42:13que vous aviez pourtant votée
00:42:15et qui a vocation à préserver...
00:42:17Quand je dis vous, c'est les Républicains.
00:42:19Elle avait fait l'unanimité 60 sur 62
00:42:23à l'Assemblée nationale,
00:42:25notamment quand elle avait été mise en place.
00:42:29C'est pourtant une loi qui a vocation
00:42:31à préserver les terres agricoles.
00:42:32Donc là, ça peut paraître paradoxal
00:42:34de vouloir revenir sur un sujet comme celui-là ?
00:42:37Nous n'avons pas voté de texte de loi ZAN.
00:42:39Nous avons voté un projet de loi...
00:42:42Un projet de loi dont un des articles disait
00:42:47qu'il faut préserver l'espace agricole
00:42:51et il faut tenter un maximum d'urbaniser,
00:42:54là où il y a déjà l'urbanisation,
00:42:56pour essayer de préserver les espaces
00:42:59et donner aux générations futures
00:43:01des espaces à construire dans plusieurs décennies
00:43:03ou plusieurs centaines de décennies.
00:43:05Tout le monde était d'accord là-dessus.
00:43:06Il n'y avait pas de difficultés.
00:43:07C'était la loi climat et résilience.
00:43:08Sauf que les modalités d'application
00:43:11de cet article étaient définies par décret.
00:43:13Et c'est là que les choses ont commencé à être compliquées,
00:43:15d'autant plus que ce décret, je le rappelle,
00:43:17c'est la première fois que c'est arrivé,
00:43:18a été attaqué au Conseil d'État
00:43:20par le président de l'Association des maires de France.
00:43:23Et croyez-moi, pour que le président
00:43:24de l'Association des maires de France
00:43:26attaque un décret venant du gouvernement,
00:43:28il faut vraiment que les choses aient été bien différentes
00:43:31du texte de loi et qu'on n'était pas, j'allais dire,
00:43:33en accord avec l'esprit du texte de loi.
00:43:36Et à partir de là, tout notre combat a consisté à dire,
00:43:38nous sommes favorables à la préservation de l'espace,
00:43:42mais nous souhaitons effectivement
00:43:44que les terres agricoles soient préservées.
00:43:46Mais selon, effectivement, la configuration des territoires,
00:43:49il faut que les maires puissent décider
00:43:51comment ils y parviennent et dans quel cadre ils y parviennent.
00:43:54Et vous imaginez bien que si l'on se trouve en Creuse
00:43:57ou si l'on se trouve dans le département de l'Isère,
00:44:00que ce soit dans le Trièvre-la-Mathésine
00:44:01ou que ce soit dans la vallée du Grésivaudan,
00:44:03on n'a pas les mêmes problématiques.
00:44:05Et là, le texte de loi s'applique de façon,
00:44:07j'allais dire, verticale, unilatérale
00:44:10à tous ces territoires-là qui ont quand même
00:44:11des configurations différentes.
00:44:13Donc, nous, notre objectif a consisté à dire,
00:44:15et c'est l'objectif de ce texte de loi TRAC,
00:44:18chaque territoire aura sa propre convergence
00:44:21pour, effectivement, réussir à maîtriser
00:44:23les espaces agricoles et les espaces
00:44:27qui ne sont pas urbanisés, mais en fonction
00:44:29de la configuration de chacun des territoires,
00:44:30de façon à ce qu'on tienne compte
00:44:32de ce qui se passe sur les départements,
00:44:34voire même à l'échelle de chacune
00:44:36des intercommunalités et des communes.
00:44:38On l'a revoqué, il est parti en guerre
00:44:39contre la Loisan dès l'année dernière.
00:44:41Oui, bien sûr, bien sûr. Et il a eu raison.
00:44:42Il a eu raison, parce que, j'allais dire,
00:44:45par rapport entre le décret et le texte de loi,
00:44:49le décret n'était pas dans l'esprit du texte de loi.
00:44:51Et ça a été, effectivement, confirmé au Conseil d'Etat.
00:44:53Est-ce qu'il a eu raison, également,
00:44:54de partir en guerre contre l'OFB,
00:44:57l'Office français de la biodiversité ?
00:44:58Il veut supprimer cet organisme
00:45:01qui est là pour contrôler, justement,
00:45:03que les règles soient respectées dans le monde agricole ?
00:45:06Il a eu raison de dire qu'il y avait des abus.
00:45:09Et, alors, il l'a traduit de façon un peu radicale,
00:45:13avec une suppression de l'OFB.
00:45:15En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'il y a eu des abus,
00:45:17et je pense que le fait qu'un certain nombre
00:45:18d'hommes et de femmes politiques
00:45:21qui ont eu le courage de les dénoncer,
00:45:23parce que ce n'est pas toujours simple,
00:45:25font qu'à un moment donné,
00:45:26l'OFB a revu un peu sa façon de travailler.
00:45:28Je vous dis ça parce qu'on a vu le directeur national
00:45:32de l'OFB au Sénat, il y a à peu près deux mois en arrière,
00:45:35et qu'il a lui-même fait état d'un certain nombre de dérives
00:45:38qu'il pouvait y avoir au sein de ses services.
00:45:40En tout cas, ce qui est certain,
00:45:42c'est qu'on a un vrai sujet avec les agences,
00:45:44un sujet de gouvernance et un sujet de place des agences
00:45:47et du coup des agences.
00:45:49Je rappelle qu'on sort quand même d'un budget
00:45:50où on s'est tous dit qu'il fallait qu'on fasse
00:45:52un certain nombre d'économies,
00:45:54et que le Sénat a engagé une commission d'enquête
00:45:58pour voir combien d'agences existaient au niveau national,
00:46:01parce qu'on a du mal aussi à les répertorier,
00:46:04quelles sont celles qui font doublon,
00:46:06et comment est-ce qu'on se prépare à en supprimer certaines
00:46:08ou à en rationaliser un certain nombre
00:46:10de façon à ce qu'on puisse également
00:46:12affronter le PLF de 2026,
00:46:15le projet de loi de finances de 2026
00:46:16sur lequel on aura des économies à faire,
00:46:18et puis au-delà de ça, de savoir si elles sont efficientes
00:46:21et si elles rendent le service qu'on attend
00:46:24à nos...
00:46:25soit aux acteurs économiques de notre pays,
00:46:28soit aux collectivités.
00:46:29Et l'OFB sur la sellette ?
00:46:31Je ne sais pas. Toutes les agences vont être moi.
00:46:33Dans mon périmètre d'intervention,
00:46:35j'ai demandé à ce que l'ARS soit auditionné,
00:46:38j'ai demandé à ce que France Compétences,
00:46:40qui gère l'apprentissage, soit auditionné,
00:46:43France Travail, anciennement Pôle emploi,
00:46:44soit auditionné, de façon à ce qu'on voit
00:46:46comment est-ce qu'on arrive à rationaliser ces agences.
00:46:49C'est important, c'est un débat financier
00:46:51qui est à un rendez-vous des prochaines années.
00:46:53Alors, ce n'est pas en deux temps...
00:46:55Enfin, on a quand même des agents qui sont
00:46:57au sein de ces agences, il y en a qui font bien leur travail,
00:46:59et on a effectivement besoin de faire preuve de discernement
00:47:01et d'avoir un travail sérieux
00:47:03sur toutes les agences de notre pays.
00:47:04Alors, je ne sais pas si la ministre de l'Agriculture
00:47:07est favorable à la suppression de l'OFB,
00:47:08mais elle était en déplacement à Grenoble la semaine dernière,
00:47:11à Grenoble, qui accueillait le congrès de la FNSEA,
00:47:15le principal syndicat agricole en France.
00:47:18Vous étiez présente aux côtés de la ministre, non ?
00:47:22Non, je votais le budget du département.
00:47:23Ah ben, c'est important aussi, le budget du département.
00:47:26Vous l'aviez interpellée, en tout cas, quelques jours avant,
00:47:28sur la grille d'indemnisation relative aux attaques de loups.
00:47:32C'est une question qui vous tient à coeur.
00:47:35Vous êtes, je le disais, sur un territoire rural,
00:47:37le Trièvre-la-Mathésine, où le loup est présent
00:47:41depuis de nombreuses années, fait des dégâts aussi.
00:47:43Oui, alors, ça me tient à coeur, parce que je veux vraiment dire
00:47:45aux agriculteurs qu'on ne lâche pas.
00:47:47On ne lâche pas et on ne lâchera pas sur le problème du loup.
00:47:51Alors, je le dis parce que, parfois,
00:47:53ils ont le sentiment que le combat est perdu.
00:47:56Je ne dis pas qu'on progresse beaucoup,
00:47:57mais, en tout cas, on progresse.
00:47:58On a fait déclasser le loup.
00:47:59Vous savez que la Convention de Berne
00:48:01a permis le déclassement du loup,
00:48:02qui était une espèce strictement protégée,
00:48:04qui est maintenant une espèce protégée.
00:48:06On attend la mise en application de ce déclassement.
00:48:11Ce qui devrait arriver sous peu.
00:48:12On verra ce que ça va engendrer sur le territoire national.
00:48:16On attend aussi la modification de la directive Habitat,
00:48:19qui est issue de la Convention de Berne.
00:48:21C'est un peu technique, mais ça nous permettra,
00:48:22effectivement, de mieux maîtriser cette population de loups
00:48:26qui est énorme dans notre pays
00:48:29et à l'échelon européen également.
00:48:32Et, par ailleurs, on a une grille,
00:48:34alors qui ne satisfait pas les agriculteurs,
00:48:36parce que les agriculteurs, ils préfèreraient
00:48:37que les animaux restent en vie.
00:48:38Mais, en tout cas, on a une grille d'anémonisation
00:48:40et cette grille d'indemnisation, on doit la faire évoluer,
00:48:43parce qu'il y a un certain nombre de choses
00:48:44qui ne sont pas prises en compte.
00:48:45Notamment, j'intervenais, moi, de façon un peu spécifique,
00:48:48puisque j'avais un agriculteur sur le secteur de Roissart
00:48:52qui avait des brebis qui allaient, effectivement,
00:48:54mettre bas dans l'heure qui suivait.
00:48:56Et ces brebis ont été indemnisées de la même façon
00:48:59que si elles n'avaient pas eu de petits
00:49:01dans l'heure qui suivait, alors que même
00:49:02que leurs valeurs étaient différentes.
00:49:04Donc, la ministre m'a, effectivement, indiqué
00:49:06que cette grille allait être évaluée.
00:49:07Donc, moi, je veux simplement faire passer un message
00:49:09aux agriculteurs.
00:49:10Nous ne lâchons pas sur le sujet du prédateur.
00:49:13Et il y a toujours beaucoup d'élus qui sont à leur côté
00:49:16pour qu'on fasse avancer les choses.
00:49:17On progresse, peut-être pas à la vitesse qu'ils souhaiteraient
00:49:20et peut-être pas à la vitesse que nous souhaiterions,
00:49:22mais, en tout cas, on ne lâche pas sur ce sujet-là.
00:49:25Il n'y a pas que le monde agricole qui souffre en France
00:49:27en ce moment, et surtout dans notre département,
00:49:30il y a l'industrie chimique qui connaît une crise
00:49:33sans précédent avec les menaces de fermeture
00:49:34de l'usine Vancorex au Pont-de-Clé.
00:49:37Plus de 400 emplois sont concernés,
00:49:39avec des conséquences en cascade.
00:49:41On a vu l'usine d'Arkema à côté, à Jary,
00:49:43qui a des difficultés, ou même Framatome,
00:49:46obligé d'actionner du chômage partiel,
00:49:48faute de matières premières fournies par Vancorex.
00:49:51Alors, depuis septembre, on a assisté au défilé
00:49:55de nombreuses personnalités politiques de premier plan
00:49:58pour venir soutenir les salariés.
00:50:00Là, on voit Philippe Poutou, il y a également Fabien Roussel,
00:50:02le patron du Parti communiste, qui est venu en Isère.
00:50:05On a eu Manon Aubry, on a eu Jean-Luc Mélenchon.
00:50:08Et puis, le dernier en date, c'était l'ancien président
00:50:11de la République, François Hollande,
00:50:13qui est venu il y a quelques jours.
00:50:15Aucun représentant de la droite, ni même de ministre,
00:50:18ça peut paraître étonnant ?
00:50:20Ça a changé quoi qu'il soit venu ?
00:50:21Ça a changé quoi qu'il soit venu ? Franchement.
00:50:24C'est un drame pour le secteur de la chimie,
00:50:29c'est un drame pour notre territoire,
00:50:31c'est un drame pour le sud du département de l'Isère.
00:50:33Je dis ça parce que nous avons tous quelqu'un de notre famille
00:50:37qui a travaillé dans la chimie dans ce secteur-là.
00:50:39Mon père, il a travaillé toute sa vie.
00:50:41J'ai vécu avec Rodia, avec Ron Poulenc,
00:50:44qui est devenu aujourd'hui Vancorex.
00:50:46J'ai vécu ma vie sociale au CE de cette entreprise
00:50:49qui a permis à tout un territoire...
00:50:52Je le dis souvent, la chimie sur Jarry et sur Pont-de-Clay,
00:50:56c'est la mine du territoire de la Mathésine.
00:50:59Quand on a une entreprise qui ferme, c'est dramatique.
00:51:01Ca nécessite à la fois une mobilisation
00:51:03des organisations syndicales, et très franchement,
00:51:05elles se sont extrêmement bien mobilisées
00:51:08pour défendre les salariés.
00:51:10Donc on peut vraiment les remercier
00:51:12du travail qui a été fait.
00:51:13Et par ailleurs, le maire de Pont-de-Clay, il faut le dire,
00:51:16se bat, maire de Pont-de-Clay qui est aussi président
00:51:18de la métropole, se bat, et on est à ses côtés
00:51:22pour défendre effectivement une solution pour Pont-de-Clay.
00:51:26Qu'est-ce qu'on a fait, nous ?
00:51:28On a été d'abord derrière le maire de Pont-de-Clay.
00:51:29Je rappelle quand même que nous avons signé...
00:51:32Quand je dis nous, j'associe Damien Michalé
00:51:35et Michel Savin...
00:51:36Les deux autres sénateurs iséraux qui sont républicains.
00:51:40On a d'abord cherché à voir
00:51:42si on pouvait nationaliser cette entreprise.
00:51:45Le gouvernement, et je le comprends,
00:51:47parce que si effectivement, les élus républicains
00:51:50ne sont pas venus sur le site de Pont-de-Clay,
00:51:52en tout cas, les élus nationaux ne sont pas venus,
00:51:53je rappelle quand même qu'on est en responsabilité.
00:51:55Quand on est en responsabilité, on n'a pas le même regard.
00:51:59Le ministre Ferracci, qui n'est pas républicain,
00:52:02le ministre Ferracci nous a reçus à plusieurs reprises.
00:52:05Le Premier ministre a reçu les acteurs.
00:52:07Donc, le Premier ministre, on est quand même sur,
00:52:10effectivement, le numéro un du gouvernement,
00:52:12a reçu et est en lien avec les acteurs.
00:52:15Et moi, je suis en lien avec Louis-Marguerite,
00:52:16qui est donc son conseiller spécial,
00:52:18qui est un ancien député, régulièrement,
00:52:20sur Vancorex, pour voir comment est-ce qu'on peut
00:52:23réussir à sauver l'entreprise Vancorex.
00:52:27Le choix qui a été fait aujourd'hui,
00:52:30puisqu'on ne peut pas nationaliser,
00:52:31parce qu'effectivement, l'équilibre financier
00:52:33est trop précaire, le choix qui a été fait,
00:52:35c'est de monter une SIC.
00:52:36Et c'est effectivement une société coopérative,
00:52:38et c'est effectivement ce que porte aujourd'hui,
00:52:41avec détermination, avec beaucoup de courage,
00:52:42le maire de Pont-de-Clay, qui est président de la métropole.
00:52:44Je le dis, j'allais dire, sans détour.
00:52:47Nous sommes derrière lui, mais nous savons que c'est compliqué.
00:52:50Nous savons que c'est compliqué.
00:52:51Nous, on joue un autre rôle,
00:52:54aux côtés du maire de Jarry, avec Arkema,
00:52:57consistant à dire qu'il faut qu'on sauve Arkema.
00:53:00Je le rappelle, vous l'avez effectivement dit,
00:53:03Vancorex, on porte avec lui un certain nombre d'entreprises.
00:53:06Il y a des plans sociaux qui naissent du fait que Vancorex
00:53:10va peut-être demain être en liquidation judiciaire.
00:53:13Aujourd'hui, il est en redressement judiciaire,
00:53:15demain, il sera en liquidation régulière.
00:53:16Il peut être en liquidation judiciaire.
00:53:18Donc nous, on essaye de sauver les emplois d'Arkema,
00:53:20sur lequel on a un plan social de 155
00:53:24équivalent temps plein,
00:53:26qu'on essaye d'amortir un maximum
00:53:28et on essaie de préserver une partie d'Arkema sur Jarry.
00:53:31C'est tout le travail qu'on fait.
00:53:32Mais je le dis, Jean-Luc Mélenchon qui vient,
00:53:34ça a déplacé quoi sur le projet ?
00:53:36Ça a déplacé quoi ? Ça a fait beaucoup d'espoir.
00:53:38Des journalistes.
00:53:39Des journalistes, mais ça n'a pas changé la situation économique
00:53:43ni de la chimie, ni de Vancorex,
00:53:45ni même la situation des futurs salariés de Vancorex
00:53:48qui, malheureusement, vont subir un licenciement économique
00:53:52et qui sont attachés à leur entreprise.
00:53:55Et je rappelle quand même que ceux qui défilent aujourd'hui
00:53:57sont parfois ceux qui étaient contre le développement de la chimie
00:54:00dans ce territoire.
00:54:01Il faut avoir un peu de cohérence politique.
00:54:02Mais là, je pense très sincèrement aux salariés de Vancorex
00:54:06qui, demain, vont être dans la difficulté
00:54:08et qui étaient attachés à leur outil.
00:54:10Une chose qui est probable, c'est que des centaines de salariés
00:54:12de cette plateforme chimique vont perdre leur emploi
00:54:14dans les prochains mois.
00:54:16Depuis janvier, la loi pour le plein emploi
00:54:19est entrée en application.
00:54:20Vous avez été rapporteuse de plusieurs projets de loi
00:54:22ces dernières années qui concernaient le travail
00:54:24et le pouvoir d'achat.
00:54:25Qu'est-ce que ça change, la mise en place de cette nouvelle loi ?
00:54:29D'abord, une gouvernance nouvelle,
00:54:31puisqu'effectivement, nous avons la mise en place
00:54:35de comités locaux qui sont donc en référence
00:54:38au plus près du monde économique et des demandeurs d'emploi
00:54:42de façon à ce qu'on puisse mettre en cohérence les deux
00:54:45et qu'on puisse effectivement faciliter la sortie des personnes
00:54:49qui sont demandeurs d'emploi et répondre aux attentes
00:54:51des entreprises. On a plusieurs comités locaux
00:54:53qui ont été mis en place dans le département de l'ISER.
00:54:55Si on parle du département de l'ISER, moi, j'en préside un
00:54:57qui comprend, pour faire état de l'échelle,
00:55:00l'Oisen, l'Amathésine, le Trièvre et le Vercors.
00:55:03Il y a cinq comités à l'échelle du département.
00:55:05L'idée, c'est quand même d'être au plus près
00:55:07avec tous les partenaires du milieu économique
00:55:10et en proximité des demandeurs d'emploi.
00:55:13Et par ailleurs, ça fait rentrer à France Travail,
00:55:17qui était préalablement un pôle emploi,
00:55:19tous les allocataires du RSA,
00:55:21avec l'idée d'une sortie plus rapide
00:55:23de ces allocataires du RSA vers l'emploi
00:55:25et, en l'occurrence, avec la mise en place
00:55:27de 15 heures d'activité obligatoire
00:55:30pour les allocataires du RSA depuis le 1er janvier 2025.
00:55:33Il y a une réforme aussi de l'assurance chômage.
00:55:35On touche un peu moins maintenant quand on est au chômage.
00:55:40Vous dénonciez au printemps dernier un état pit pocket
00:55:42qui faisait les poches de l'assurance chômage
00:55:44pour éponger ses dettes publiques. C'est toujours le cas ?
00:55:46Bien sûr, c'est toujours le cas.
00:55:48Et ça a fragilisé l'équilibre de l'UNEDIC,
00:55:50qui finance l'assurance chômage,
00:55:52mais qui finance aussi France Travail.
00:55:55Donc on a effectivement un organisme paritaire,
00:55:59géré par des organisations syndicales,
00:56:00des organisations patronales, l'UNEDIC,
00:56:02qui avait un équilibre et un excédent
00:56:04qui auraient permis un désendettement de l'UNEDIC
00:56:07et qui, demain, va être en fragilité
00:56:08puisque, aujourd'hui, on est en négatif
00:56:10alors qu'on devrait être en positif.
00:56:12Donc on devait avoir plus d'1,5 milliard d'euros
00:56:14et là, on est à moins de 100 millions d'euros.
00:56:16Donc on fragilise le système
00:56:18puisqu'effectivement, l'État s'est emparé sur 4 ans,
00:56:22moins de 13 milliards d'euros sur 4 ans,
00:56:24qui passent de l'UNEDIC au budget de l'État
00:56:28avec, effectivement, comme on le sait, malheureusement,
00:56:31j'allais dire un budget qui va plutôt venir
00:56:33dans le déficit de l'État puisqu'aujourd'hui,
00:56:34on n'arrive pas à équilibrer au niveau national
00:56:36le PLF et le PLFSS.
00:56:38Finalement, on demande aux chômeurs
00:56:39de réduire un peu leurs anonymités pour compenser ?
00:56:42En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'on fragilise l'UNEDIC,
00:56:45qui devait se désendetter et qu'effectivement, on a dû...
00:56:49Alors, c'est la conséquence.
00:56:50Moi, à un moment donné, qu'on revoie les droits
00:56:52des demandeurs d'emploi quand on n'est pas sur un principe
00:56:56de plein emploi, parce qu'effectivement,
00:56:57on n'est pas encore au plein emploi,
00:56:59mais qu'on demande effectivement aux allocataires
00:57:01de plus vite retourner en activité
00:57:04parce qu'on a des entreprises qui sollicitent de la main-d'oeuvre
00:57:06et qu'il n'y a pas d'adéquation entre la main-d'oeuvre
00:57:08et les demandeurs d'emploi, ça ne me choque pas.
00:57:10Absolument pas. Par contre, je le dis,
00:57:12c'est à l'UNEDIC de décider, c'est à l'UNEDIC,
00:57:14c'est aux partenaires sociaux,
00:57:16organisations syndicales et organisations patronales
00:57:18de définir quelles sont les règles de l'assurance-chômage.
00:57:20Depuis 2017, où le président Macron est en responsabilité
00:57:24avec les différents gouvernements,
00:57:25sauf celui de Michel Barnier, donc jusqu'à Michel Barnier,
00:57:29c'est le gouvernement qui a décidé des règles
00:57:30de l'assurance-chômage.
00:57:31Aujourd'hui, ce sont les partenaires sociaux
00:57:33parce que Michel Barnier a remis dans les mains
00:57:36des partenaires sociaux les règles de l'assurance-chômage.
00:57:38Et c'est une très bonne chose.
00:57:39Mais il n'empêche que le plan a été mis en application.
00:57:41Moi, j'avais déposé un amendement pour dire,
00:57:44à partir de 2026, où, j'allais dire, ce transfert se fait
00:57:48de l'UNEDIC au budget de l'État, on arrête.
00:57:50Et j'ai été retoquée par le Conseil constitutionnel.
00:57:53Mais j'y reviendrai.
00:57:54Le message est passé.
00:57:56La semaine dernière, on recevait à votre place
00:57:58David Queiroz, qui est le maire communiste de Saint-Martin-d'Or,
00:58:01la deuxième plus grande ville du département.
00:58:05Comme c'est la tradition dans cette émission,
00:58:06je vais vous demander de vous poser une question.
00:58:08Frédéric Puissa, on l'écoute.
00:58:10Madame la sénatrice, cher Frédéric Puissa,
00:58:13un de vos collègues, Fabien Guay, sénateur,
00:58:16va être rapporteur d'une commission intitulée...
00:58:19Enfin, qui porte sur les 200 milliards annuels
00:58:22qui sont versés aux entreprises.
00:58:24Que vous inspire ce sujet ?
00:58:28Alors, qu'est-ce que vous répondez au...
00:58:30Alors, la réponse est très précise.
00:58:32Et je remercie mon collègue, qui est par ailleurs
00:58:34conseiller départemental, à mes côtés.
00:58:36Enfin, en tout cas, dans l'opposition.
00:58:37Mais enfin, on communique beaucoup.
00:58:39Vous siégez dans le même hémicycle
00:58:40à l'Assemblée départementale.
00:58:42Ca m'inspire que...
00:58:44que la confiance n'empêche pas le contrôle.
00:58:48Et effectivement, c'est une commission d'enquête
00:58:49qui a été lancée par les collègues communistes au Sénat.
00:58:53Elle est présidée par un sénateur, les Républicains,
00:58:57Olivier Rettmann, qui connaît bien le monde de l'entreprise.
00:59:00J'en fais partie.
00:59:01Nous allons auditionner, cette semaine,
00:59:04ST Microélectronique.
00:59:06Donc, vous voyez, qui est un acteur de la vie économique,
00:59:08un acteur sur lequel on compte,
00:59:09puisqu'il y a beaucoup, effectivement...
00:59:10Qui est très subventionné, aussi, par de l'argent public.
00:59:12Qui est subventionné.
00:59:13Mais vous savez, la subvention à des fins privées,
00:59:16elle répond à un cadre qui est très précis.
00:59:18Donc, moi, j'ai pas de doute que toutes les entreprises,
00:59:20y compris ST, vont répondre de façon précise
00:59:22aux questions qui vont être posées.
00:59:24Mais en tout cas, c'est normal qu'on ait un contrôle
00:59:26sur les fonds qui sont affectés à des entreprises.
00:59:29Et je le dis d'autant plus,
00:59:30quand on parlait tout à l'heure de Vancorex,
00:59:32nous avons eu un équipement qui a été financé
00:59:34par les collectivités publiques sur Vancorex
00:59:38et sur la plateforme de Pontcler,
00:59:39qui est un électrolyseur.
00:59:4180 millions d'euros de fonds publics
00:59:42ont été affectés à cet électrolyseur.
00:59:44Et demain, si l'entreprise part en liquidation,
00:59:47les actifs de l'entreprise, dont cet électrolyseur,
00:59:50peuvent être rachetés, par exemple, par les Chinois.
00:59:52Ca veut dire qu'on aura, nous...
00:59:53Financé.
00:59:54Financé pour 80 millions d'euros.
00:59:55Quand je dis nous, c'est les collectivités et l'Etat.
00:59:58Qu'on aura financé pour 80 millions d'euros
01:00:00un électrolyseur qui va être affecté à la Chine
01:00:03et parfois pour venir concurrencer
01:00:05nos entreprises chimiques françaises.
01:00:08Donc on a un vrai sujet sur les fonds
01:00:10qui sont affectés de l'Etat aux entreprises.
01:00:13Donc, effectivement, la confiance n'empêche pas le contrôle.
01:00:15Bon. Ce qui n'a pas été peut-être le cas
01:00:17ces dernières années, cet argent...
01:00:19Si, si, c'est peut-être été le cas,
01:00:20mais il se trouve que c'est une commission d'enquête
01:00:21et ça nous permettra d'avoir une idée précise
01:00:24de ce qui peut se passer et c'est jamais inintéressant.
01:00:26Il en ressort toujours parce qu'effectivement,
01:00:28c'est un équilibre entre deux groupes politiques,
01:00:30les communistes et les républicains, en l'occurrence.
01:00:33Il en ressortira toujours des propositions
01:00:34qui seront intéressantes pour le pays.
01:00:36Alors, sur votre territoire, il y a une structure,
01:00:38ce n'est pas une entreprise, mais qui a besoin d'argent public
01:00:41pour essayer de survivre, c'est l'Alpe du Grand-Serre.
01:00:45La saison était bonne, mais c'est peut-être la dernière.
01:00:47Elle aurait même presque ne pas dû se dérouler, cette saison,
01:00:50puisque je rappelle que les élus du territoire
01:00:52avaient voté la fermeture définitive de la saison,
01:00:54de la station à l'automne dernier
01:00:56avant de revenir sur leurs décisions.
01:00:58J'imagine que c'est un dossier que vous suivez.
01:01:00Oui, alors c'est sur le canton de Loisan,
01:01:03mais c'est sûr, effectivement, c'est une compétence
01:01:05qui est portée par l'amathésine.
01:01:07Bien sûr que c'est un sujet que je suis.
01:01:10Vous savez, moi, je respecte le choix des collectivités.
01:01:14Il y a une libre décision des collectivités.
01:01:17L'intercommunalité avait fait un choix.
01:01:19Je suis très heureuse qu'elle soit revenue sur ce choix-là.
01:01:22Chacun a agi à sa façon,
01:01:24de sorte qu'on puisse, effectivement,
01:01:27tenter de préserver l'économie.
01:01:29Quand on dit qu'on préserve l'économie à Pontelay
01:01:31sur la chimie et qu'on essaie de la préserver sur Jarry,
01:01:34ça vaut aussi pour le monde de la montagne.
01:01:36Et moi, mon objectif a été de tenter de préserver...
01:01:39Alors, combien d'emplois ? 200, 100, 150,
01:01:42des emplois induits, peu importe.
01:01:44En tout cas, ce sont des emplois qui sont, là aussi,
01:01:47des professionnels qui sont attachés à la montagne,
01:01:50qui sont attachés à l'Alpe-du-Grand-Serre.
01:01:53Et on a été un certain nombre d'élus à faire cause commune.
01:01:55On a eu beaucoup de chance, parce que la saison d'hiver
01:01:58a été une très, très bonne saison pour toutes les stations.
01:02:00Ça aurait pu être une saison sans neige.
01:02:02Et ça nous a permis non seulement d'avoir une bonne saison,
01:02:05mais ensuite, et c'est ce à quoi je trouve
01:02:08que c'est un très bon aboutissement,
01:02:10les élus de la Matésine ont fait le choix,
01:02:12en revenant peut-être un peu en arrière,
01:02:13mais c'est couragé de leur part de faire marche arrière,
01:02:16ont fait le choix, effectivement, d'ouvrir
01:02:19à une délégation de services publics,
01:02:21à une entreprise, quelle qu'elle soit,
01:02:22qui, demain, pourra porter l'Alpe-du-Grand-Serre
01:02:24et pourra permettre, effectivement,
01:02:25de ne pas obéir le budget de l'intercommunalité,
01:02:29qui est quand même un budget très fragile.
01:02:30C'est une petite intercommunalité.
01:02:31Et on peut comprendre qu'une dépense de la sorte,
01:02:35voire même des déficits qui peuvent arriver demain,
01:02:37puisse fragiliser l'intercommunalité
01:02:39et poser question aux élus qui ont voté
01:02:40en leur âme et conscience, et je le respecte.
01:02:42Alors là, c'est les dépenses
01:02:43sur les désarts de fonctionnement,
01:02:44mais il y a aussi de l'investissement
01:02:45pour faire vivre cette station.
01:02:47Les remontées mécaniques sont presque obsolètes pour certaines.
01:02:50Il y avait ce projet de grand porteur,
01:02:52à plus de 20 millions d'euros,
01:02:53pour transporter les skieurs là où il y a de la neige.
01:02:56C'est quelque chose sur lequel l'argent public doit venir...
01:03:00Moi, ça ne me choque absolument pas
01:03:01que l'argent public vienne sur ces projets-là.
01:03:04Mais en tout cas, ce qui est certain,
01:03:05c'est que la chance de l'Alpe du Grand-Serre,
01:03:06la chance de l'Alpe du Grand-Serre,
01:03:08c'est sa proximité avec les grandes stations de Loisan,
01:03:11les grandes stations internationales de Loisan,
01:03:13en l'occurrence l'Alpe d'Huez et les Deux-Alpes,
01:03:14qui sont le moteur touristique hiver
01:03:18de notre département de l'Isère,
01:03:20parce qu'effectivement, jusque-là,
01:03:22l'Alpe du Grand-Serre est gérée par l'ACETA.
01:03:24L'ACETA, on ne sait pas par qui elle sera gérée demain.
01:03:26Mais si l'ACETA devait être à nouveau gestionnaire
01:03:29de l'Alpe du Grand-Serre,
01:03:30franchement, c'est une chance inouïe,
01:03:32parce qu'elle a deux moteurs importants,
01:03:34deux tracteurs importants,
01:03:35une complémentarité de sites à trouver.
01:03:37Et je trouve que c'est la vraie chance de l'Alpe du Grand-Serre.
01:03:39C'est pour ça que de nombreux élus,
01:03:42en respectant le choix des élus de l'intercommunalité,
01:03:44je le redis, se sont battus pour l'Alpe du Grand-Serre
01:03:47et pour l'économie de montagne de l'Alpe du Grand-Serre.
01:03:49On aura réponse le 10 juillet, normalement,
01:03:51lors du Conseil communautaire de Matheysine.
01:03:53L'ACETA, c'est la société qui gère les Deux-Alpes
01:03:55et l'Alpe d'Huez, notamment,
01:03:57et puis la Grave dans le département voisin.
01:04:00Dernière mission, il faudrait que Puzas ait de poser
01:04:02une question à notre prochaine invitée.
01:04:03Ce sera Alexis Joly,
01:04:05député Rassemblement national de l'Isère.
01:04:07On aura beaucoup de choses à lui demander
01:04:08après l'information concernant Marine Le Pen,
01:04:12qui ne pourra donc pas se présenter
01:04:13aux prochaines présidentielles.
01:04:15Je vous laisse regarder la caméra en face de vous
01:04:17et lui poser la question que vous souhaitez.
01:04:20Monsieur le député, bonjour.
01:04:22Ma question est assez simple.
01:04:23Après la condamnation de Marine Le Pen cette semaine,
01:04:27quel est l'avenir de votre parti politique ?
01:04:30Merci, Frédéric Puzas, d'avoir participé à ce QG politique
01:04:34en posant la question à Alexis Joly dans la prochaine émission.

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