Retrouvez la chronique de Guy Carlier
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NewsTranscription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h-9h, Jean-Jacques Bourdin.
00:04Il est 8h16 comme tous les vendredis, Guy Carlier nous a rejoint, bonjour Guy.
00:08Bonjour à tous, bonsoir Aurelien, bonjour Jean-Jacques.
00:10Alors je vais être franc avec vous, Guy,
00:14Oranten m'a dit que votre chronique avait pour thème la danse.
00:17Moi je suis, pardonnez-moi, un peu perplexe, vraiment,
00:21car il ne m'a pas semblé que la chorégraphie était une préoccupation majeure des Français cette semaine.
00:28Alors j'ai dû rater quelque chose, j'en suis certain,
00:32alors je vais vous écouter avec la plus grande attention, mon cher Guy.
00:35Bonjour à tous, oui j'ai noté dans votre lancement, mon cher Jean-Jacques,
00:38une certaine ironie, mais je vais ignorer vos perplexités
00:42et vous démontrer ce matin qu'il n'y a rien de plus important cette semaine que la danse.
00:48Ça évidemment, il est certain que j'aurais pu aller à la facilité avec l'actualité de ces derniers jours,
00:53plus facile de faire des plaisanteries de garçons de bain sur les réactions du jugement de Marine Le Pen.
00:57J'ai pensé que les auditeurs avaient déjà suffisamment ri avec les commentateurs officiels,
01:03comme Jean-Philippe Tanguy, pour ceux qui ne voient pas de qui il s'agit,
01:07c'est l'enfant naturel de Dominique Besnéard et Jean-Pierre Coff.
01:11On a bien ri aussi avec Trump hier, et notamment cette scène,
01:14pour montrer l'efficacité de sa folie de taxes.
01:17Il a brandi un tableau avec deux colonnes,
01:19on ne savait pas trop ce qu'il y avait dans chacune des colonnes,
01:22peut-être lui-même n'était pas capable de dire d'où venaient ces chiffres,
01:26quelle était leur fiabilité, et surtout à quoi ils s'appliquaient.
01:29À un moment, il a montré un plus 12,
01:31les gens autour de lui, les courtisans ont apprécié,
01:37fait un signe de la tête,
01:39t'es impressionné, mais on ne savait pas si ça s'appliquait
01:43à des pelles à tarte, des roues de tracteur,
01:45et surtout, qu'est-ce qui allait augmenter de douze points ?
01:48Alors oui, on a envie de rire avec ces enfantillages,
01:50mais au bout du compte, on sait bien que ce sont des rires qui finiront par nous faire pleurer.
01:55Le monde ressemble à une super-production hollywoodienne,
01:58un blockbuster où une comète menace de chuter sur la Terre,
02:03un fou menace lui de faire exploser une bombe nucléaire,
02:07et dans ces films, il y a toujours Bruce Willis qui sauve le monde à lui tout seul,
02:12c'est notre héros de cinéma.
02:14Et bien figurez-vous que cette semaine,
02:17Bruce Willis a sauvé le monde pour de vrai.
02:20Il n'a pas joué dans une super-production hollywoodienne,
02:23mais dans une courte vidéo familiale postée sur Youtube,
02:27et cette vidéo est comme un phare qui traverse l'obscurantisme de cette époque.
02:32Et on est prêt à se résigner.
02:35Et à chaque fois, on est sauvé par quelque chose comme ça.
02:38Au dernier moment, une image, une scène qu'on n'oublie pas
02:41et qui nous donne à nouveau de l'espoir,
02:43parce qu'à chaque fois où on se dit « ça y est, c'est mort »,
02:46ces images viennent nous rappeler que la vie gagne toujours,
02:49tout simplement parce qu'elle réveille un muscle qu'on croyait atrophié,
02:52celui de l'espérance.
02:54Sur cette vidéo, on voit la scène d'anniversaire du comédien.
02:59Comme on sait que depuis quelques années, il souffre d'une maladie neurologique irréversible,
03:03on regarde la vidéo en se demandant un peu où il en est,
03:07un peu comme on regarde les accidents qu'on croise sur l'autoroute.
03:11Ce n'est pas très sain, mais on l'aimait bien, Bruce Willis.
03:15Sur les images, on voit ses proches qui l'aident à découper son gâteau.
03:19Il s'exécute maladroitement.
03:21Il est là sans être là. Il a l'œil flou, le corps lent.
03:24Autour de lui, il y a Demi Moore, l'ex-femme de sa vie.
03:27Ils ont divorcé il y a plus de 20 ans, mais elle est revenue.
03:30Elle est l'une des rares qu'il reconnaît parfois.
03:33Leurs filles sont là aussi et ces femmes forment une chaîne humaine,
03:36un barrage contre l'oubli.
03:38Leurs mains guident celles de Bruce Willis pour découper le gâteau.
03:42Il se laisse faire machinalement.
03:44Il n'est pas là, disais-je, mais soudain, son regard croise celui de Demi Moore.
03:49Et on devine des souvenirs en avalanche qui le ramènent à la réalité, à la vie.
03:54Et lorsqu'il se rend compte qu'elle chante pour son anniversaire,
03:58le voilà qui sourit.
04:00Et peu à peu, il sort des limbes de la maladie, revient au milieu des siens.
04:04Et comme dans ses films où il sauvait la planète,
04:07le voilà qui reprend le contrôle de sa vie.
04:09Il prend le couteau, il découpe le gâteau comme s'il sauvait la planète.
04:13Et le voilà qui se redresse.
04:15Ses lèvres murmurent la chanson d'anniversaire.
04:17Et le voilà qui chante.
04:19Et le voilà qui esquisse un pas de danse.
04:22Et le voilà qui danse.
04:24Bruce Willis dansait et on se dit que le monde est sauvé puisqu'il danse encore.
04:29Alors bien sûr, ce n'est pas une chorégraphie de comédie musicale.
04:32C'est un geste qui ne dure qu'un instant.
04:34Mais regardez la vidéo.
04:36Il danse avec une élégance rare.
04:38Une grâce incroyable.
04:40Et la fluidité de son mouvement,
04:43ce sont que quelques secondes dans la vie, cette semaine.
04:46Quelques secondes suspendues
04:48où le héros de ciné qu'il était
04:50est venu habiter le corps de celui qu'il est devenu.
04:53Ça ne dure pas longtemps.
04:55C'est fragile.
04:56Mais dans cette fragilité, c'est la vie qui triomphe.
04:59Et cette victoire m'a fait penser à une autre victoire du même ordre.
05:03Souvenez-vous de cet homme
05:05qui s'est mis à danser souvent, soudain,
05:07sur le parvis d'une église
05:09à l'enterrement de sa femme enseignante
05:12assassinée par un élève.
05:14Par une élève.
05:16L'homme était en costume.
05:18On aurait cru un contrôleur de gestion.
05:20C'était surréaliste.
05:22Cet homme qui se mettait à danser comme ça
05:24sur le parvis de l'église.
05:26On pensait à cet instant au titre du roman de Daniel Robes
05:30« Mort ou est ta victoire ? »
05:32Julien Clerc a fait une chanson de cette histoire.
05:35Vous comprenez maintenant mieux, mon cher Jean-Jacques,
05:37pourquoi il arrive parfois
05:39que la danse soit plus forte que le malheur.
05:56Ça fait du bien.
05:57Ça fait du bien dans ce monde qui tournoie.
06:00Et qui nous emporte.
06:02Et ce monde...
06:04On ne sait pas où on va, Arlette.
06:06Non, mais on dit merci encore plus
06:09que d'habitude à Guy.
06:11De nous avoir offert ce moment.
06:13On a envie de se taire pour une fois.
06:15Merci Arlette.
06:17Ce qui me touche beaucoup,
06:19ce n'est pas l'exercice de style,
06:21c'est le fait qu'on se rend compte
06:25du côté dérisoire de certaines choses.
06:28Et c'est ce côté dérisoire qui mène le monde.
06:31Alors que l'essentiel n'est pas là, évidemment.
06:34Et que l'homme est capable de victoire et de beauté.
06:37Et c'est simplement la culture,
06:40la civilisation,
06:42la beauté des choses
06:44qui est plus forte que le malheur et la barbarie.