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00:00PUNCHLINE, 18h-19h, Laurence Ferrari sur CNews et Europe 1.
00:1118h41, de retour dans PUNCHLINE sur CNews et sur Europe 1.
00:15Ils sont très dissipés, mais ils sont très en forme.
00:19C'est surtout le Figaro.
00:20Oui, ils sont en force.
00:22Yann Brossat, écoutons Yann Brossat, qui lui estime que Marine Le Pen est défendue par sa classe sociale.
00:28Je pense que tous les propos qu'on entend qui visent à défendre Mme Le Pen depuis lundi
00:33n'ont rien à voir avec la défense de la démocratie.
00:36Ils ont uniquement à voir avec une affaire de classe sociale.
00:39La réalité, c'est qu'une partie de la classe politique, une partie de la bourgeoisie française
00:43n'arrive pas à admettre l'idée qu'une des leurs puisse être condamnée.
00:47Moi, je trouve parfaitement normal que quand on a détourné 4 millions d'euros,
00:52quand on a été considéré coupable des faits qui lui sont reprochés,
00:56on ait une peine.
00:58Défendue par la classe sociale.
01:00Oui, ça me fait doucement rire de la part de Yann Brossat, qui est sénateur de Paris,
01:03élu dans une circonscription dont la classe sociale moyenne est quand même bien plus élevée
01:09que celle des électeurs de Marine Le Pen.
01:11Marine Le Pen, effectivement, ne fait pas un bon score à Paris,
01:14précisément parce que les bourgeois parisiens et bobos ne votent pas pour elle.
01:18A mon avis, la question de classe est plutôt de son côté.
01:22Il ferait mieux de regarder le niveau social de ses électeurs.
01:26Ecoutez, on va être sur l'impact sur l'ERN. Vous voulez parler de Yann Brossat ?
01:29Oui, parce que je pense que Yann Brossat, qui est donc du Parti communiste,
01:32devrait se soucier des classes ouvrières et populaires qui votent désormais pour Marine Le Pen.
01:35Et au lieu d'attaquer Marine Le Pen, il devrait peut-être aller faire un tour à Hénin-Beaumont,
01:39la circonscription de Marine Le Pen, et de comprendre le désarroi des électeurs de Marine Le Pen
01:44qui voient en elle... Il faut aller à Hénin-Beaumont, suivre Marine Le Pen.
01:47C'est quasiment... C'est la mère du peuple d'Hénin-Beaumont.
01:52Il y a quelque chose de très filial avec ses électeurs. C'est vrai, je vous jure, c'est assez impressionnant.
01:57Et le vote ouvrier a complètement basculé en faveur du Rassemblement national.
02:01Il ne vote plus communiste et ce serait peut-être la priorité pour Yann Brossat.
02:04Et d'ailleurs, le Parti communiste, lors des législatives de 2024,
02:07pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale,
02:10n'a plus aucun député dans le bassin nîmier, avec l'exclusion, la défaite face à un député ERN de Fabien Roussel.
02:17Donc il ferait mieux de balayer devant leurs portes avant de parler de sociologie.
02:20Alexandre, qu'est-ce que ça vous inspire ?
02:22Oui, effectivement, je pense que c'est un des problèmes, d'ailleurs, de cette décision de justice,
02:26puisqu'on a beaucoup parlé de droit.
02:28C'est aussi que toute une partie des Français, qui déjà se sentent mal représentés,
02:33ont l'impression d'être exclus définitivement de la démocratie
02:37et sans doute vont se demander si ça sert à quelque chose de voter.
02:40Je ne sais pas si Marine Le Pen sera candidate ou pas à la fin,
02:43mais en tout cas, celui qui... ou si c'est Jordan Berdela qui prend la suite,
02:48je pense qu'il devra avoir à cœur de représenter aussi, on en parlait à la pause justement,
02:55les intérêts de ces personnages.
02:57Il y a une crise entre les élites et le peuple.
03:00Si l'élection présidentielle, quel que soit le vainqueur,
03:03se terminait encore une fois par quelqu'un qui ne veut pas tenir compte du tout
03:07de la vie, de l'imaginaire, de la vision des classes populaires,
03:12eh bien je crois que ce serait très grave pour le pays.
03:14Et surtout que ça commence à faire beaucoup.
03:15Mais cela dit, on voit quand même dans les sondages que les électeurs du RN sont plutôt sereins.
03:22Parce que justement ce binôme Bardela, Marine Le Pen, est tellement installé depuis pas mal de temps,
03:27finalement c'est moins la sidération et le chaos qu'on pourrait l'imaginer.
03:31Et finalement ils se disent, il y a ce plan B Bardela,
03:34et on voit d'ailleurs dans les sondages, c'est assez surprenant,
03:36il est assez haut, il est quasiment au même niveau que Marine Le Pen.
03:40Je pense que la colère sera atténuée par l'existence de ce binôme en réalité.
03:46Mais la campagne pour Jordan Bardela n'a pas commencé.
03:48Moi j'entends beaucoup ce procès qui lui est fait en jeunisme.
03:52Et l'autre défi pour lui, c'est évidemment de garder l'électorat des Dimbomons,
03:57garder l'électorat ouvrier, populaire.
04:00Alors pour le moment les sondages, il n'y a pas d'érosion loin de là,
04:03mais on sait qu'il incarne une ligne plus libérale, qu'il a le souci des grands patrons,
04:08le souci de faire de notre pays un pays attractif pour l'investissement.
04:13Marine Le Pen, quand je l'entends dire supprimer des postes de fonctionnaires,
04:16c'est un truc de droite, je ne l'entends pas dans la bouche de Jordan Bardela.
04:19Alors juste, vous allez conquérir un électorat aussi pour un électorat de 50% ?
04:22Mais il s'inquiète de l'électorat plus libéral, plus bourgeois.
04:26C'est pour ça que le binôme était important,
04:31et peut-être l'une des solutions c'est de conserver ce binôme,
04:33mais en fait que Marine Le Pen soit candidate à Matignon et Jordan Bardela à l'Élysée,
04:37parce que justement il marche sur deux pieds,
04:39avec quelqu'un qui s'adresse plutôt à la droite classique,
04:41et quelqu'un qui s'adresse aux classes populaires.
04:44Moi ce que je crois aussi, si c'est aussi stable dans les sondages,
04:48c'est parce que je crois qu'il y a un mouvement justement des classes populaires
04:50qui dépasse la question de la personnalité,
04:54et qu'on voit dans toutes les démocraties occidentales,
04:57il y a une révolte des classes populaires,
04:59et peut-être si Marine Le Pen est éliminée,
05:03je ne pense pas qu'on effacera ces gens-là,
05:05on essaie de les effacer du tableau,
05:07je ne pense pas qu'ils iront s'abstenir,
05:09ils trouveront, que ce soit Jordan Bardela ou quelqu'un d'autre,
05:13quelqu'un pour les représenter et pour porter leur voix.
05:15On va l'écouter Jules et après on écoute Bardela.
05:17Ils n'ont pas tout à fait la même sensibilité,
05:19enfin Jordan Bardela, ses parents ne sont pas actionnaires du CAC 40,
05:22il vient de la Seine-Saint-Denis,
05:24sa mère était hadsem dans les écoles,
05:28donc ce n'est pas quelqu'un qu'on peut qualifier aujourd'hui de bourgeois,
05:31sa ligne politique, certes, il y a une sorte de penchant,
05:35une sorte de virage un petit peu libéral, pro-business,
05:38mais qui, pardonnez-moi, dans le programme du RN,
05:40ne se retrouve pas vraiment,
05:42donc toute la question, c'est est-ce qu'il arrivera en effet à conserver cet électorat,
05:46et puis surtout, le RN aujourd'hui, c'est un parti d'adhésion,
05:51ce n'est plus un parti de rejet,
05:52et ça vaut pour les électeurs de Marine Le Pen,
05:54et si Marine Le Pen est empêchée,
05:57il faudra qu'elle adoube Jordan Bardela,
05:59et c'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, elle ne l'adoube pas pour l'instant,
06:02qu'elle nous dit que le plan A, il n'y aura pas de plan B,
06:05parce qu'en effet, vous avez raison,
06:07ça signifierait de s'accuser elle-même,
06:10et de dire que finalement, elle est coupable,
06:12donc ce sera dans les prochains mois,
06:13et on voit bien d'ailleurs au RN,
06:15il y en a certains qui préfèrent Jordan Bardela,
06:17pour l'instant, ils ne le disent pas,
06:18parce qu'ils savent très bien qu'ils sont minoritaires.
06:20Écoutons Jordan Bardela, qui estime qu'ils sont combattifs,
06:23après cette condamnation.
06:25Nous sommes extrêmement combattifs,
06:27et nous entendons évidemment emprunter tous les chemins
06:31qui se dressent devant nous,
06:34parce que je crois qu'il est absolument inacceptable
06:39que la démocratie française soit percutée
06:44par des considérations qui nous apparaissent,
06:47des considérations qui ne sont pas seulement juridiques,
06:49mais qui sont teintées de convictions politiques, en réalité.
06:54Voilà pour Jordan Bardela, tout à l'heure au Parlement européen.
06:56J'aimerais aussi qu'on écoute Maître Rodolphe Bosseluc,
06:59qui est l'avocat de Marine Le Pen,
07:00il était sur notre plateau hier.
07:01Il a dit quelque chose, notamment sur les motivations du tribunal,
07:04qui, après coup, nous a fait réfléchir,
07:06notamment à propos des accusations portées contre Marine Le Pen
07:10d'être anti-européenne.
07:12Écoutons Maître Bosseluc.
07:14Le motif de ce jugement, me semble,
07:16contrevenir à ce qu'on attend d'un jugement,
07:19c'est-à-dire du recul,
07:21et qu'il y a évidemment des considérations de nature politique.
07:25Je cite le jugement.
07:27L'atteinte aux intérêts de l'Union européenne
07:29revêt une gravité particulière,
07:31dans la mesure où elle est portée,
07:33non sans un certain cynisme,
07:35mais avec détermination,
07:37par un parti politique
07:39qui revendique son opposition aux institutions européennes.
07:43Qu'est-ce que ça veut dire ?
07:45Que le tribunal nous dit que si le parti
07:47avait eu un positionnement,
07:49que je qualifie rapidement de fédéraliste,
07:51les faits auraient été moins graves.
07:53Voilà où nous sommes aujourd'hui rendus.
07:57Pour l'avocat de Marine Le Pen,
07:59ça veut dire que c'est un délit d'être opposée
08:01aux institutions européennes ?
08:03Là, je trouve exagéré.
08:05Je trouve que dans le procès,
08:07considérer que ça peut être un mobile,
08:09le fait qu'elle soit opposée à l'Union européenne,
08:11et que du coup, elle se dise...
08:13Pas une mobile et pas le deuxième poste,
08:15c'est pas la même chose.
08:17C'est encore plus grave d'avoir piqué l'argent
08:19de l'Union européenne alors que vous êtes vous-même...
08:21Ça peut être une motivation dans le jugement.
08:23Je trouve pas ça choquant.
08:25C'est un élément.
08:27Je suis surpris par la décision finale,
08:29mais c'est un élément dans le procès.
08:31Je suis plutôt d'accord avec Eugénie,
08:33mais dans ce cas-là, il faudrait le prouver.
08:35Il y a beaucoup de preuves très accablantes
08:37dans ce dossier-là.
08:39La preuve que Marine Le Pen aurait dit
08:41au trésorier Valorant de Saint-Just
08:43qu'il faille piquer de l'argent
08:45parce que c'est l'Union européenne,
08:47elle n'existe pas.
08:49D'ailleurs, la juge qui nous dit
08:51qu'il y a une décision politique,
08:53c'est quand même un peu choquant.
08:55C'est pas ce qu'elle dit.
08:57Soit c'est elle qui sait pas écrire,
08:59soit c'est moi qui sais pas lire.
09:01Elle dit que c'est une circonstance aggravante.
09:03Elle dit pas que c'est un mobile.
09:05On lui demande pas de trouver le mobile
09:07du Rassemblement international.
09:09C'est encore plus grave
09:11parce qu'elle est eurosceptique.
09:13Elle porte d'autant plus atteinte
09:15aux intérêts de l'Union européenne
09:17qu'elle est eurosceptique.
09:19Je suis 100% d'accord avec Alexandre.
09:21D'autant plus que ça s'ajoute
09:23aux risques de troubles à l'ordre public.
09:25Nous disent les magistrats
09:27si Marine Le Pen est candidate
09:29et ensuite élue.
09:31Le trouble à l'ordre public,
09:33il me semble, depuis 48 heures,
09:35c'est parce qu'elle ne peut plus
09:37être sur la ligne de départ.
09:39Et puis ensuite, n'oubliez pas
09:41le risque de récidive.
09:43Marine Le Pen n'est plus eurodéputée,
09:45les faits reprochés à Marine Le Pen
09:47et au groupe FN, à l'époque,
09:49au Parlement européen, remontent à 2016
09:51pour les dernières infractions.
09:53Elle est aussi actuellement présumée innocente
09:55étant donné qu'elle a interjeté
09:57après le Loukian.
09:59Ça n'a pas de sens de dire
10:01qu'elle peut être récidiviste.
10:03Le RN a compris que les règles
10:05n'étaient pas appliquées
10:07et depuis, je peux vous dire,
10:09met beaucoup d'attention
10:11à ce qu'ils font avec l'argent européen
10:13et surtout, le mode...
10:15Les choses sont beaucoup plus encadrées
10:17maintenant au Parlement européen
10:19parce qu'il n'y avait pas que le RN
10:21qui réconnaissait que Mme...
10:23C'est une décision corporatiste,
10:25politique et corporatiste.
10:27Ce sont des juges aussi qui défendent
10:29leurs institutions et ils auraient aimé
10:31que Marine Le Pen reconnaisse les faits
10:33et s'excuse auprès de la justice.
10:35Or, elle avait une défense qui attaquait
10:37la justice en politisant le procès,
10:39exactement comme Nicolas Sarkozy.
10:41Les juges qui veulent se payer des politiques
10:43qui veulent se payer les juges.
10:45C'est une dimension importante.
10:47Je parlais tout à l'heure du nœud démocratique
10:49où les politiques mettent en cause
10:51cet état de droit hypertrophique.
10:53On va voir des réactions de plus en plus
10:55de raidissement de la justice
10:57qui vont dire qu'ils veulent remettre en question
10:59le pouvoir des juges.
11:01Pour préciser le propos de Gauthier Lorette
11:03qui est normalement très complet,
11:05il faut quand même dire qu'aujourd'hui,
11:07il y a une crainte au sein de tous les partis européens
11:09d'être pris la main dans le sac.
11:11Je vais vous donner un exemple.
11:13Il y a quelqu'un qui est le secrétaire général
11:15du groupe FN au Parlement européen.
11:17Et quand il doit aller
11:19au siège du Rassemblement national
11:21à Paris, il pose un jour de congé.
11:23Vous voyez bien la crainte qu'il y a
11:25et les préventions
11:27que font les politiques pour éviter
11:29de se trouver dans ce genre d'affaire.
11:31On dit bien RN aujourd'hui.
11:33C'était le dossier FN de l'époque.
11:35Je crois que Eugénie a raison.
11:37Elle a raison.
11:39C'est une corporation qui se défend
11:41ou une institution
11:43qui se défend.
11:45On a assisté après le barrage républicain
11:47au barrage judiciaire.
11:49En réalité, qui craint effectivement
11:51et a raison.
11:53Il n'y a pas que Marine Le Pen.
11:55Il y a aussi Bruno Rotaillot et d'autres
11:57qui veulent revenir sur l'état de droit tel qu'il existe
11:59aujourd'hui.
12:01Or, les juges tiennent aux prérogatives
12:03qu'ils ont conquis ou qu'on leur a laissé
12:05conquérir un peu des deux.
12:07Et un peu des deux, on leur a donné.
12:09Ils en ont conquis tout de même pas mal.
12:11Ils ne veulent surtout pas revenir en arrière.
12:13Mais ça, c'est aux électeurs de trancher.
12:15Ce n'est pas à eux de se servir de la justice
12:17comme instrument pour
12:19éviter peut-être ce basculement politique
12:21qu'une partie des Français attendent.
12:23Les électeurs, ils pourront trancher
12:25s'ils ont une proposition politique
12:27qui leur permette de sortir de ce carcan.
12:29C'est pour ça qu'on élimine
12:31la proposition politique.
12:33La proposition politique de Marine Le Pen
12:35a montré ces dernières années
12:37qu'elle voulait aussi laver le personnel politique
12:39plus blanc que blanc. Elle a fait des propositions
12:41sur l'inégalité à vie s'il y avait des détournements.
12:43Donc elle est aussi responsable.
12:45Mais en tout cas, on peut lui imputer une partie
12:47de notre débat politique. Je ne vais pas l'accuser
12:49aujourd'hui d'avoir délégué la souveraineté nationale
12:51à l'Union Européenne. Pour le coup, elle a toujours
12:53été très opposée à ça. Je ne vais pas l'accuser
12:55non plus d'avoir bradé
12:57la souveraineté française
12:59à l'égard de la Constitution
13:01de la Constitution française.
13:03Mais c'est aussi la responsabilité du politique.
13:05Et je crois qu'aujourd'hui, à part
13:07quelques personnes à droite, notamment Laurent Wauquiez,
13:09personne ne remet en cause
13:11l'existence même du Conseil constitutionnel.
13:13Mais ça commence
13:15à entrer dans la discussion et c'est pour ça
13:17qu'ils ont peur.
13:19Et le paradoxe, c'est que cette décision
13:21pourrait produire l'effet inverse.
13:23C'est ce que je disais. On en parle
13:25d'autant plus. Ils ont voulu stopper
13:27ce mouvement-là et peut-être qu'ils vont
13:29changer la stratégie du
13:31Rassemblement national qui, sans être
13:33complètement anti-système, a durci le ton
13:35de libérer cette décision.
13:37Et ça pourra,
13:39par contre, comme le disait Alexandre, propulser
13:41Marine Le Pen si
13:43elle n'est pas empêchée.
13:45Et si Jordan Bardella,
13:47c'est lui le candidat, il pourra aussi faire campagne
13:49en réaction à la décision
13:51des juges et donc il jugera que c'est une décision politique.
13:53Et vivement 100% politique. Quand on parle de Trump,
13:55ces déclarations extrêmement importantes qui vont
13:57être faites ce soir sur les tarifs douaniers.
13:59100% politique.
14:0121h, il va y avoir du monde.
14:03C'est très important.
14:05It's the economy, stop it.
14:07Il y a des chaînes pour ça.