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00:0013h-14h, Europe 1-13h.
00:03Merci de nous rejoindre sur Europe 1, vous écoutez Céline Giraud de 13h à 14h et 13h19.
00:07Céline, c'est l'heure d'accueillir vos deux chroniqueurs du jour,
00:10le journaliste politique au Journal du Dimanche, Jules Therès,
00:12et l'écrivain et philosophe Nathan Devers.
00:14Mondiaux du mercredi, bonjour les amis.
00:16Bonjour.
00:19Alors, un procès en appel et une décision avant l'été 2026,
00:23après la condamnation de Marine Le Pen, la justice accélère le calendrier judiciaire
00:27et c'était une demande du ministre de la Justice, Gérald Darmanin.
00:30François Bayrou, de son côté, lui, ouvre une réflexion pour faire évoluer la loi sur l'inégibilité immédiate.
00:37On va y revenir, bien sûr.
00:38Et puis, Laurent Wauquiez a-t-il marqué des points face à Bruno Retailleau
00:41dans la course à la présidence des Républicains ?
00:43Après, ça s'aïe, musclé, sur la reprise du dialogue entre la France et l'Algérie.
00:46On va en parler, mais pour commencer,
00:48Marine Le Pen reprend donc le contrôle.
00:50Elle a été dans les cordes, mardi.
00:52Elle remonte sur le ring et repart au combat.
00:54Avant de détailler les recours, les enjeux de cette contre-attaque, pour elle et son parti,
00:58on va écouter Marion Maréchal.
01:00Elle était l'invitée, ce matin, de Sonia Mabrouk à 8h10 sur CNews et Europe 1.
01:04Et pour elle, pas de plan A.
01:06Le plan A, toujours, mais pas de plan B.
01:08Marine Le Pen, à l'heure où je vous parle, n'a pas renoncé, bien sûr,
01:11et elle a raison, à sa candidature en 2027.
01:13Tout démontre, en effet, dans les sondages,
01:15que la confiance que portent les Français à Marine Le Pen n'est pas zéro-d.
01:18Donc, pour l'instant, évidemment, cette perspective de victoire existe.
01:21Toujours, bien sûr.
01:23Et surtout, je crois que Jordane Bardella, comme moi-même,
01:25comme l'ensemble du camp national,
01:27refusons de rentrer dans ce débat du plan B,
01:30parce que rentrer dans ce débat du plan B,
01:32c'est acter d'une certaine manière que l'on pourrait baisser les bras.
01:35Or, là, nous sommes tous mobilisés pour ne pas nous laisser faire
01:38et faire en sorte que Marine Le Pen puisse être candidate, évidemment.
01:40Marion Maréchal, ce matin sur Europe 1 et CNews.
01:43Jules Torres, retour au plan A.
01:46Exit le plan B, comme Bardella.
01:48Marine Le Pen, dès qu'elle a été sur TF1,
01:51d'ailleurs, a tout de suite dit qu'il restait un plan A.
01:55Elle n'avait pas encore cette information.
01:57Elle parlait d'un chemin étroit.
01:58Elle parlait d'un chemin étroit, de plusieurs voies de recours.
02:00On en parlera dans quelques instants.
02:01Mais là, en tout cas, elle reprend la main.
02:03Elle reprend la main.
02:04Il y aura cette manifestation de dimanche.
02:07Ils veulent faire une démonstration de force, le Rassemblement national.
02:11Et j'ai l'impression qu'ils sont plutôt confiants.
02:14Car quand on voit qu'il y a en face-à-face, vous savez,
02:17ce face-à-face avec Gabriel Attal,
02:19qui organise aussi à la Cité internationale à Saint-Denis,
02:22une manifestation.
02:24Et d'ailleurs, ils ont un petit peu changé leur fugit d'épaule.
02:26Le meeting était organisé l'après-midi.
02:29Les prises de parole ont été décalées.
02:31Elles seront désormais le matin.
02:33Moi, de journaliste politique, je ne sais pas si vous avez déjà vu ça,
02:35mais un meeting le matin, un dimanche matin,
02:37à l'heure de la base, ça peut être étonnant.
02:41Cette manifestation devait être une démonstration de force.
02:44Une démonstration pour défendre l'État de droit.
02:46Un meeting anti-Le Pen.
02:48Un meeting contre les réactionnaires, ça a été dit comme ça.
02:50A priori, on sera plus sur une démonstration de faiblesse.
02:53Oui, mais c'est Ouno et contre Ouno.
02:55Marie Le Pen a sorti le Plus 4.
02:57C'est ça.
02:58Nathan Devers, elle était dans les corses, je le disais.
03:01Et là, on a la sensation, ça y est, qu'elle a repris du poil de la bête
03:05et elle repart vraiment au combat.
03:07Oui, je crois que ce qui est en train de se jouer,
03:09c'est qu'il y a quand même...
03:10Alors, j'ai lu les sondages disant qu'une majorité de Français
03:13ne voit rien à redire à cette décision de justice.
03:15Je pense quand même qu'il y a un trouble
03:17dans une grande partie du pays.
03:19Même chez des gens qui, comme moi, sont en opposition totale,
03:22radicale, absolue, avec toutes les idées du RN,
03:24qui pensent que par ailleurs, il y a eu un délit qui était très grave
03:27sur cette affaire d'assistant parlementaire.
03:29D'autant plus grave que Marie Le Pen se positionnait
03:31comme quelqu'un qui incarnait la pureté
03:33contre les autres partis qui étaient tous pourris et vendus, etc.
03:36Il n'en demeure pas moins que là, il y a les règles de la démocratie.
03:40Et que quand vous avez un candidat
03:42qui en plus représente un nombre quand même très important de Français
03:46qui fait l'objet d'une exécution provisoire d'une inéligibilité
03:51à deux ans d'une élection présidentielle,
03:53ce trouble-là, il existe.
03:55Et je crois qu'il dépasse, en fait, de loin
03:57les questions partisanes de savoir
03:59s'il s'agit des électeurs de Marine Le Pen
04:01ou de ses opposants.
04:02Je crois que même parmi ses opposants
04:04et parmi beaucoup d'entre eux, vous avez vu comme moi
04:06les déclarations des uns et des autres,
04:08il y a aussi cette idée
04:10que la vie démocratique, ça se joue dans le débat d'idées
04:13et ça se joue dans les élections.
04:15Et elle se dit contente de voir finalement le trouble
04:17qu'elle a créé, voilà,
04:19qu'a créé le jugement.
04:21Oui, d'ailleurs, c'est intéressant, mais
04:23en fait, depuis deux jours, on parle de ce mot trouble.
04:25Nathan l'a utilisé, Marine Le Pen l'a utilisé,
04:27François Bayrou, la présidente du tribunal
04:29l'a utilisé en parlant de trouble à l'ordre public
04:31pour justifier l'exécution provisoire.
04:34Le Premier ministre, vous avez raison,
04:36s'est dit troublé, voire dérangé.
04:38Enfin, c'est son entourage qui le dit.
04:40Donc, c'est vrai que cette décision,
04:42elle est troublante parce que
04:44je m'étonne que des gens de gauche,
04:46des gens qui viennent du centre,
04:48qui ont une conception de la justice
04:50qui, normalement, est la suivante.
04:52C'est que tant que la peine n'est pas définitive,
04:54on a des voies de recours.
04:56Et malheureusement, avec cette exécution provisoire,
04:58Marine Le Pen n'avait aucune voie de recours.
05:00Ça, c'était vrai jusqu'à hier après-midi,
05:02au moment où on a su
05:04qu'il y allait avoir un procès
05:06à l'été 2026.
05:08Accélération brutale du calendrier judiciaire.
05:10Accélération brutale, oui et non.
05:12Des juges et des avocats, des magistrats,
05:14qui vont vous dire que, généralement, c'est entre 12 et 18 mois.
05:16Là, on est à peu près
05:18dans ce délai-là. Mais évidemment
05:20que la justice était obligée
05:22d'avoir cette décision
05:24avant l'élection présidentielle
05:26de 2027 puisque, déjà,
05:28que la décision de lundi,
05:30à mon avis, pourrait entacher
05:32largement la respectabilité
05:34de notre justice et de nos juges et de nos magistrats.
05:36Il fallait une réponse très vite.
05:38Il fallait un procès très rapidement.
05:40Ça fait maintenant 10 ans que cette affaire a lieu.
05:42Les magistrats, on en a. Des juges, on en a.
05:44Donc, ça peut arriver très rapidement.
05:46Et je me félicite qu'un
05:48verdict, qu'un jugement, pardon,
05:50arrivera à l'été 2026.
05:52Et avant de vous entendre à temps de verre, on va juste écouter Eric Ciotti,
05:54le chef de file des députés
05:56UDR qui déplore, de son côté,
05:58la lenteur du calendrier
06:00judiciaire. Il était sur BFM ce matin.
06:02Un délai de plus d'un an
06:04pour faire appel. Enfin, vous savez que c'est bien moindre
06:06aux habitudes. Vous pensez que c'est un
06:08privilège ? On l'a dit au conditionnel,
06:10à l'été 2026.
06:12Donc, ça peut
06:14nous amener jusqu'au 21 septembre
06:162026, l'été.
06:18Ça veut dire quoi ?
06:20C'est aujourd'hui plus
06:22de 15 mois.
06:24Est-ce que
06:26c'est un privilège absolu ?
06:28Personnellement, je ne le crois pas.
06:30Il faut quand même qu'on respecte
06:32une forme de procédure.
06:34Donc, ce n'est pas un privilège finalement,
06:36c'est l'accélération du calendrier.
06:38Personne n'est devin,
06:40évidemment, pour savoir ce qui va se passer.
06:42En revanche, on peut faire le constat suivant.
06:44Avec ce calendrier
06:46judiciaire redéfini,
06:48l'été 2026, les voies
06:50de recours, Marine Le Pen
06:52a une toute petite chance
06:54d'échapper à cette
06:56histoire, et en tout cas d'être candidate
06:58en 2027.
07:00Est-ce qu'on peut préparer
07:02une élection présidentielle, une campagne ?
07:04Ça se prépare deux ans à l'avance,
07:06même si ça commence en septembre, octobre, novembre.
07:08Ça se prépare longtemps à l'avance.
07:10Est-ce qu'un parti entier,
07:12je ne parle pas seulement de Marine Le Pen,
07:14peut préparer pendant deux ans une élection
07:16en se disant qu'il y a une chance sur trois, une chance sur quatre,
07:18une chance sur dix ?
07:20Vous voyez cela ?
07:22Je crois quand même que
07:24sur ce sujet, quoi que dise
07:26Éric Ciotti, ce n'est pas une question
07:28de calendrier.
07:30Ça veut dire que...
07:32C'est-à-dire que les électorats pourraient troubler aussi...
07:34Qui va probablement se passer des choses politiquement,
07:36et que de toutes les manières, ça perturbe
07:38par avance la tenue
07:40de l'élection présidentielle, quelle que soit la suite.
07:42Et j'aimerais faire une remarque. Je crois qu'il n'y a
07:44personne en France, à peu près raisonnable
07:46ou censée, qui a la moindre contestation
07:48sur le quantum de la peine,
07:50les deux ans avec bracelet, le sursis,
07:52l'amende, etc. Même sur les
07:54cinq ans, la vraie
07:56contestation qui existe.
07:58Et j'ai entendu quand même beaucoup de juristes,
08:00beaucoup de personnalités politiques de gauche,
08:02d'intellectuels de gauche ou d'intellectuels classés à gauche,
08:04la vraie contestation, elle concerne
08:06tout le monde en tant que citoyen sur
08:08la dimension provisoire. J'insiste là-dessus.

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