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00:00Une première table ronde sur le thème quelles évolutions dans la
00:07diffusion et l'écoute de la radio?
00:09Quel accompagnement pour l'auditeur dans un monde de profusion?
00:12J'appelle à me rejoindre Basma Bonnefoy.
00:15Qui est la directrice générale adjointe du pôle radio du groupe
00:20M6 Pierre Boucard, qui est le directeur de son radio associative
00:24et membre du SNRL.
00:27Cécile Chambaudry, qui est la présidente de Energies Globales.
00:34Et qui est également la représentante du Radio Player et qui va
00:38beaucoup nous en nous en parler.
00:41Jean-Paul Ditch, qui est le directeur général adjoint de la CPM.
00:45Et Justine Guérard, qui est responsable des partenariats
00:48stratégiques à la direction du numérique de Radio France.
00:52Merci.
00:54Merci.
00:55Merci à tous les cinq de participer à ce débat,
00:59d'avoir répondu favorablement à cette invitation.
01:05On va débriefer, on va dire, d'une certaine manière,
01:07tout ce qu'on vient d'entendre dans la présentation du livre blanc
01:10de la radio et son contenu et ses propositions.
01:13Peut être revenir déjà sur le thème de l'écoute.
01:18L'état des lieux et sur l'état du secteur de la radio dans son
01:25environnement, on va dire dans son nouvel environnement numérique.
01:28J'ai envie de me tourner en premier lieu vers Jean-Paul Ditch,
01:32qui est le DGA de la CPM qu'on ne présente plus.
01:37Peut être qu'il faut présenter en un mot, rappeler ce qu'est
01:40la CPM.
01:41La CPM, c'est un système de communication,
01:44ou peut être qu'il faut présenter en un mot, rappeler ce qu'est la CPM.
01:48En un mot, effectivement, c'est l'ex OJD qui, depuis plus de 100 ans,
01:53également contrôle la diffusion de la presse.
01:55Et depuis un peu plus de 20 ans, s'est lancé justement sur le contrôle
02:00de la diffusion des médias qui peuvent être dénombrés.
02:04Sur le numérique.
02:05Exactement.
02:06On le voyait tout à l'heure, on l'évoquait que l'écoute,
02:11l'IP et les usages en IP progressent très, très vite pour le linéaire
02:16et pour l'écoute à la demande.
02:17Ça occupe un point important.
02:19Je vous rappelle les chiffres.
02:20L'écoute IP, c'est 20%, mais en progression de 63% en 5 ans,
02:24avec les podcasts de rattrapage qui occupent 5% du total des usages
02:28et de l'écoute audio.
02:30Le digital, ce sont des risques qu'on a évoqués,
02:33mais ce sont aussi un facteur de progrès pour les auditeurs
02:38et pour les acteurs du secteur de la radio.
02:40Est ce que c'est ce que vous constatez dans les analyses que vous faites
02:44et dans les chiffres que vous avez?
02:45Alors, on est neutre, puisqu'on est un organisme de contrôle
02:48et on est là pour publier des chiffres contrôlés, certifiés de diffusion.
02:52Mais effectivement, la genèse de la certification du streaming,
02:56de la diffusion via IP, c'est ça.
02:58C'est des acteurs radio qui sont venus taper à la porte de la CPM,
03:05de l'OJD à l'époque, pour valoriser un type de diffusion dénombrable.
03:12Celui qu'on appelle IP, qu'on appelle streaming,
03:14ou en tout cas qu'on appelle via Internet,
03:17puisque on va dire avec deux missions essentielles,
03:22en tout cas deux attentes essentielles.
03:24C'était un, valoriser publicitairement cette diffusion,
03:28puisque on sait que le digital a ouvert des nouvelles formes et formats de publicité.
03:35On parle de pré-rôle, on parle de ce genre de format.
03:39Et donc, il est important pour le marché publicitaire
03:41et nous sommes administrés aussi par les acheteurs.
03:44Donc, d'avoir des chiffres contrôlés, certifiés, intègres de cette diffusion là,
03:50pour valoriser la publicité, pour faire les clés de répartition financière,
03:54mais aussi pour faire valoir, je dirais, un mode de diffusion
03:59qui paraît un petit peu nébuleux au départ,
04:02parce que, comme vous l'avez dit tout à l'heure,
04:04effectivement, c'est le web, c'est vaste, il y a beaucoup d'acteurs,
04:08on peut repiquer des flux, on peut faire beaucoup de choses.
04:11Et donc, il est important d'avoir une régulation,
04:14au même titre que plein d'autres médias et sur plein d'autres thématiques.
04:19Et là, c'est sur la diffusion, pour valoriser cette diffusion.
04:22Et il est toujours, on va dire, plus simple de communiquer des chiffres
04:25qui ont été mesurés, certifiés par un tiers, lorsque c'est possible de le faire.
04:31Pour ce que vous en voyez, vous pensez, imaginable,
04:33que le secteur de la radio arrive à gratter, entre guillemets,
04:36un petit peu plus de marché publicitaire sur le numérique
04:40que ce que c'est le cas aujourd'hui ?
04:43Alors, bien évidemment, je le souhaite.
04:45Et en tout cas, on est là pour soutenir les médias,
04:47puisqu'on le fait depuis, comme je le disais, 100 ans pour la presse,
04:50parce que ça sert à ça aussi.
04:52Et on le fait pour le digital.
04:55Un mot sur, justement, les utilisateurs,
04:57puisque là, on a parlé des producteurs et des éditeurs,
05:02mais sur les consommateurs, c'est-à-dire les auditeurs eux-mêmes.
05:06Effectivement, on sait qu'aujourd'hui, le téléphone est certainement
05:09l'outil principal de nos vies.
05:12C'est celui qu'on a toujours sur soi.
05:14Donc, ça dépasse très largement tous les terminaux des médias qui existent.
05:19Et c'est aujourd'hui la façon de consommer la plus forte.
05:22On y passe des heures.
05:23Il y a des très bonnes études chez Médiamétrie
05:25pour dire combien de temps on y passe.
05:27Donc, du coup, on le sait que je pense que ça reste en progression.
05:32On vient de communiquer un bilan T1 2024,
05:36qui est lui-même encore en progression,
05:39sur des progressions à deux chiffres de cette diffusion.
05:42Merci, Bassement Bonnefoy.
05:44Vous êtes déjà du pôle radio du groupe M6.
05:48C'est RTL, RTL2 et FUN.
05:51On vient de voir tous les atouts, évidemment,
05:53de la progression de l'écoute en IP.
05:56Il y a aussi des écueils qu'on a également évoqué,
05:58à commencer par une gestion harmonieuse de l'hyperdistribution.
06:02C'est-à-dire que la radio, à la fois, doit être partout.
06:06Mais en même temps, ça présente des risques aussi d'être partout.
06:10Alors, comment être partout sans abraser ses marques
06:12et comment conquérir ou reconquérir des auditeurs
06:15sans se perdre au milieu d'une offre qui est évidemment pléthorique
06:18et en conservant la maîtrise de la distribution?
06:20C'est quoi les enjeux?
06:22Quelle est la bonne balance entre l'Ertien et l'IP, justement?
06:26Alors, effectivement, vous l'avez dit
06:29lors de la restitution du livre blanc.
06:32Aujourd'hui, la radio, elle fait face à différentes évolutions,
06:37donc à l'évolution technologique avec l'hybridation IP,
06:41d'A+, et FM.
06:44Il y a une évolution de la consommation directe replay.
06:49Vous en avez parlé.
06:50Même si le replay représente 6%,
06:55il ne compense pas la baisse de l'audience globale linéaire.
06:59Il y a la multiplication des supports de diffusion.
07:03Et on le disait tout à l'heure,
07:05dix supports parfois liés en moyenne,
07:08qui accompagnaient la croissance de la consommation digitale,
07:12qui représente effectivement 20%.
07:15Aujourd'hui, cette consommation digitale, elle est importante.
07:20Elle ne représente néanmoins que 5% des revenus publicitaires de la radio.
07:28Aujourd'hui, sur un marché de 722 millions,
07:3141% est consacré au digital des radios.
07:35Dans ces 41, il y a la moitié qui est partagée
07:40entre les radios privées et les radios publiques.
07:43En proportion, en fait, c'est beaucoup d'audience,
07:46mais c'est assez peu de chiffres.
07:47C'est assez peu de chiffres.
07:49Alors, il faut quand même investir ces terres-là.
07:54Il faut les investir parce que, vous en avez parlé,
07:56l'audience chez les jeunes est en décroissance depuis de nombreuses années.
08:00Le streaming audio et notamment l'audio musical est en forte augmentation
08:06avec un bond qui représente aujourd'hui dans le volume d'écoute global
08:1324% plus trois points là où la radio s'est stabilisée en un an.
08:18Donc, ça veut dire que c'est des terrains sur lesquels il faut qu'on aille
08:23pour recruter des jeunes.
08:25Donc, ça passe par aussi les réseaux sociaux.
08:29Amener à l'audio les jeunes via de la vidéo captée de nos émissions.
08:34Ça veut dire aussi amener les jeunes vers nos radios musicales.
08:40Vous en avez parlé avec un assouplissement des règles sur les quotas francophones,
08:45notamment, puisqu'on voit que depuis 2016, depuis l'alourdissement des quotas,
08:50il y a eu une chute de l'agrégat des radios musicales.
08:54Et puis, amener la radio numérique dans le véhicule via le DAPLUS.
09:03Et ça, c'est un enjeu majeur pour l'ensemble des radios.
09:07Via le DAPLUS et surtout pas via l'infodivertissement,
09:13via des équipements automobiles qui vont faire passer la radio en second plan.
09:19Vous avez déjà. Est ce que vous êtes capable de mesurer des résultats en termes,
09:23par exemple, d'embarquement des jeunes via les réseaux sociaux pour un retour
09:27vers la radio ou ça reste pour l'instant une nécessité parce qu'il faut le faire,
09:31mais qu'on n'est pas capable de le mesurer.
09:35Alors, être capable de mesurer de manière précise et certaine avec des mesures
09:42d'audience qui ne sont pas les mêmes en fonction des environnements.
09:44C'est un peu compliqué de vous l'assurer.
09:47En revanche, on voit des phénomènes quand on va chercher des incarnants
09:52avec une puissance digitale forte qui vont découvrir le produit sur le digital
09:58et qui vont en faire une habitude d'écoute avec des pics dans nos audiences
10:04à certains moments. Donc ça, on le constate aujourd'hui.
10:08Après la mesure exacte, ça, c'est un sujet de mesure qu'il faut hybrider
10:15également pour pouvoir avoir une vision un peu plus globale et avoir
10:20un pilotage un peu plus transversal. Merci, Justine Gerhardt.
10:25Vous, vous êtes vous êtes la responsable des partenariats stratégiques
10:29à la direction numérique de Radio France. Radio France, on le sait,
10:33est très, très investi dans le numérique massivement.
10:37Et depuis plusieurs années maintenant, on sait que la question d'hyper
10:41distribution que j'évoquais avec Basma il y a un instant,
10:46c'est un sujet assez sensible chez vous.
10:51Vous avez beau être vraiment un acteur extrêmement puissant et
10:56structurant du secteur de la radio, ça se passe comment les relations?
11:01Justement, je parlais, je parlais des risques d'intermédiation liés à l'IP.
11:05On est face à des acteurs du numérique qui sont très puissants.
11:07Comment est ce que ça se passe même quand on s'appelle Radio France?
11:10C'est pas toujours évident non plus, parce qu'en fait, même si Radio
11:15France, on peut peser assez lourd sur le marché français, on négocie
11:20avec des acteurs qui sont des poids lourds à un niveau mondial.
11:25Et au final, le rapport de force, il est quand même déséquilibré
11:30et déséquilibré en faveur de ces géants.
11:36Après, il y a certains contextes de négociation qui sont un peu différents.
11:40Quand on a un acteur, même un acteur mondial qui cherche à se lancer,
11:44par exemple sur le marché du podcast, on sait qu'il a besoin du catalogue
11:49de Radio France pour exister et pour avoir un service qui va être viable,
11:54consistant sur le marché.
11:57Donc, dans ce type de circonstances, on peut avoir un pouvoir de négociation
12:01un peu plus important que dans d'autres circonstances.
12:06Après, ce sont des négociations qui peuvent prendre beaucoup de temps.
12:12Du côté de Radio France, on se dit qu'on ne va pas forcément se mettre
12:18la pression pour que nos podcasts soient présents dès le lancement
12:22d'un nouveau service en France.
12:24On se dit que c'est beaucoup plus important de prendre le temps
12:28de négocier un contrat qu'on va juger équilibré et on arrivera
12:33quand on arrivera sur ce service.
12:36Donc, ce n'est pas simple.
12:39Parfois, on peut mettre 18 mois, 2 ans à négocier un partenariat.
12:44C'est difficile aussi parce que ces géants du numérique,
12:48ils ont aussi des roadmaps produits qui évoluent très vite.
12:52Parfois, ça peut être une de leurs top priorités.
12:56Il y a une crise dans la tech, dans la Silicon Valley.
12:59Ils revoient leurs investissements.
13:01Ce ne sont plus exactement les mêmes priorités.
13:03La nature du partenariat en elle-même peut évoluer.
13:06C'est une constante adaptation.
13:10Il faut tout le temps être en veille, regarder où vont les usages.
13:15Ça demande aussi un gros effort de ne pas juste se dire
13:19que ce qu'on produit chez Radio France, on va le distribuer en externe.
13:23C'est aussi de se dire, qu'est-ce qu'ils cherchent ces utilisateurs,
13:26ces auditeurs sur ces plateformes ?
13:28Bien sûr, on reste un média d'offres,
13:31mais on ne peut pas mettre des œillères
13:35et ne pas regarder ce qui se passe en termes d'usages.
13:38C'est aussi toujours retravailler nos collections de podcasts originaux.
13:45Essayer aussi parfois l'hybridation,
13:49quand il peut y avoir potentiellement un support visuel
13:52qui peut exister sur des plateformes du type YouTube, Spotify.
13:57On a des équipes aussi éditoriales,
13:59même si elles font de la radio depuis très longtemps,
14:02qui sont vraiment très motivées,
14:05qui ont une capacité d'adaptation pour aussi s'adapter à ces nouveaux codes
14:10et créer un nouveau type d'interaction avec nos publics.
14:15On avait parlé l'année dernière, ici même,
14:18de l'importance de la plateforme Radio France,
14:21qui n'a pas été créée pour avoir la plateforme propriétaire
14:28et renoncer à l'hyperdistribution,
14:30mais en tout cas pour équilibrer les choses, entre autres.
14:35Au bout d'un an de fonctionnement,
14:38quelles sont les conclusions sur ce sujet-là que vous en sortez,
14:43que vous en tirez par rapport à l'équilibre
14:47entre mettre chez soi sur sa plateforme propriétaire
14:51et, malgré tout, cultiver quand même une présence chez les autres ?
14:57On est toujours mieux chez soi.
14:59Je pense que la ligne stratégique reste la même.
15:04Aujourd'hui, on investit beaucoup de ressources sur cette plateforme Radio France
15:10parce qu'on est vraiment convaincus que c'est en étant en lien direct avec nos auditeurs
15:14qu'on peut au mieux remplir notre mission de service public.
15:19Quand on est intermédiaire, on n'est pas en lien direct avec nos auditeurs.
15:24On est soumis à des logiques algorithmiques obscures.
15:29On n'a aucune garantie que nos programmes vont être visibles
15:33à des utilisateurs de ces plateformes.
15:36On n'est pas garanti d'avoir des données d'usage
15:39parce qu'ils se positionnent comme des gatekeepers
15:42et une donnée qui a beaucoup de valeur, c'est cette data d'utilisation qu'on n'a pas forcément.
15:48Il y a aussi des questions d'attribution à nos marques.
15:51Certaines plateformes ne vont pas forcément très bien mettre en avant nos marques, nos chaînes.
15:58Un des très gros risques, c'est qu'un utilisateur de Spotify
16:02se dise que le podcast Les Odyssées, c'est Spotify qui le fait.
16:05Il faut aussi que ce lien très fort, on le conserve.
16:09Les meilleures conditions pour exercer, c'est vraiment quand l'auditeur est chez nous.
16:14On n'est jamais mieux que chez soi.
16:18Cécile Chambaudry, vous êtes à la fois présidente d'Energie Globale
16:22et représentante, et notamment ce matin, du Radio Player France,
16:27dont on va parler.
16:29C'est de nombreuses radios françaises qui se sont mises ensemble
16:31pour développer leur propre agrégateur afin de maîtriser leur diffusion numérique.
16:36Energie, on le sait, est très attachée à la diffusion hertzienne,
16:40mais vigoureusement engagée aussi dans la distribution numérique.
16:44Le Radio Player, je parlais tout à l'heure du statut de distributeur
16:50avec ses agrégateurs un peu corsaires, un peu flibustiers,
16:54qui récupèrent des signaux de radio et les agrègent sans autorisation particulière.
17:00Le Radio Player, qui là aussi commence à avoir une certaine antériorité,
17:03c'est un moyen d'être chez soi, c'est mieux maîtrisé.
17:06Qu'est-ce que vous avez comme retour ?
17:08Et qu'est-ce que vous avez comme accord au stade où on en est
17:13en matière de diffusion et de distribution ?
17:25Je ne suis pas sûr que votre micro marche.
17:27Prenez le micro d'à côté.
17:29Nos ingénieurs du son vont passer dessus.
17:33Je rebondis sur votre conclusion qui était collectif et co-construction.
17:38Radio Player, c'est exactement ça.
17:41Et effectivement, l'idée, ça a été en parallèle des stratégies
17:45qui sont développées par tous les éditeurs,
17:49d'avoir une solution qui soit une solution collective
17:52et qui nous permette d'aller reprendre la souveraineté sur nos flux.
17:57L'initiative, elle est née, je fais en deux mots, au Royaume-Uni en 2010-2011.
18:03Nous, au niveau marché français, on est monté en 2021
18:07avec l'association de six groupes de radios fondateurs.
18:12Et aujourd'hui, Radio Player, c'est 252 radios à bord,
18:17mais c'est également 930 podcasts et 850 000,
18:22enfin 930 web radios et 850 000 podcasts.
18:26Donc on est vraiment sur une offre qui est très large
18:29et qui va au-delà des radios avec toute l'offre que les uns et les autres présentons.
18:35Ce qui est important pour nous, c'est que Radio Player, ça appartient à un réseau.
18:40Et ce réseau, il est international.
18:43Il y a un an, c'était 14 pays. Aujourd'hui, c'est 23 pays.
18:48Et je vais rebondir sur ce que disait Justine,
18:50c'est ce qui nous donne la capacité de pouvoir négocier avec les grands acteurs mondiaux
18:55parce que sinon, on n'a pas de voix au chapitre.
18:58Alors, ce que ça nous a déjà permis de faire, c'est de négocier avec Amazon.
19:04Depuis trois mois, nous avons également un contrat qui est actif avec Google.
19:10Et ça, c'est une grande victoire parce que c'était Tuning qui, jusqu'à présent, était présent.
19:17Et donc Tuning, typiquement, c'est un agrégateur qui prend l'ensemble de nos flux.
19:22Donc là, on reprend la main. Et puis, il y a un point qui est essentiel, c'est celui de la voiture.
19:28Bassement en a parlé. Effectivement, la voiture, c'est un lieu extrêmement important pour le média radio.
19:34Et donc là, ça a permis déjà de négocier des contrats avec des constructeurs européens.
19:40Donc le plus gros contrat, il est avec le groupe Volkswagen, avec Cariad,
19:45qui est en fait la filiale de logiciels de Volkswagen.
19:48Et ça nous permet depuis janvier 2024.
19:51Ça, c'est une grande fierté d'avoir la radio hybride embarquée, donc RadioPlayer,
19:57dans tous les modèles de toutes les marques du groupe Volkswagen.
20:00Donc là, je ne vais pas toutes vous les signer.
20:02Mais visible, c'est-à-dire vraiment accessible en page d'accueil, si j'ose dire.
20:07Exactement. Et donc là, c'est nous qui avons directement nos flux.
20:12Et donc ça, c'est très important, puisque quelque part, on a empêché un acteur type tuning
20:18de venir nous court-circuiter. Donc ça, c'est important parce que comme on est sur une...
20:24Là, c'est de la radio hybride, donc c'est FM, c'est DAB+, et c'est IP.
20:29Donc ça va choisir en fait le meilleur mode de diffusion pour les auditeurs, donc sans couture.
20:36Et nous, ce qui est intéressant, c'est que ça nous donne une voie de retour.
20:39Donc là aussi, je rebondis sur ce que tu disais, Justine, c'est que ça permet d'avoir des datas.
20:44Et du coup, ces datas, ça nous permet de mieux appréhender finalement la consommation,
20:52si j'ose dire, de nos éditeurs et de pouvoir ensuite personnaliser leur expérience.
20:57Donc voilà. Donc ça, c'est des choses très importantes. Et il y a d'autres deals en cours.
21:01Il y a un contrat qui est signé avec le groupe Renault et avec Stellantis pour de la radio hybride.
21:08Il y a également des actions en cours avec BMW Mini.
21:12Et ce qui est important, c'est qu'au niveau de Radio Player Worldwide,
21:16là, il y a une vraie volonté de s'étendre géographiquement,
21:19toujours dans ce souci d'avoir une taille mondiale et une crédibilité mondiale.
21:24Et donc là, il y a un travail qui est en cours pour se développer aux États-Unis,
21:28mais également dans les pays d'Asie qui sont très importants, comme la Corée, la Thaïlande, la Malaisie,
21:36où il y a beaucoup de constructeurs qui nous intéressent d'un point de vue audiovisuel.
21:42Mais c'est important d'avoir des accords avec les constructeurs automobiles
21:48parce que le Radio Player est surtout écouté en voiture ?
21:52Pas que. Il est écouté à la fois en voiture, mais c'est surtout qu'on sait qu'il y a 50% de l'écoute radio
21:58qui se fait hors domicile et vous en avez plus d'un tiers qui se fait dans l'automobile.
22:03Donc ça, c'est fondamental d'être présent dans les voitures et d'avoir la maîtrise de nos flux,
22:07vraiment d'être dans cette logique de souveraineté.
22:10Et puis après, sur la partie digitale pure, ce qui est important, c'est effectivement le smartphone.
22:1860% de l'écoute digitale se fait sur les smartphones.
22:21Donc là, on a les applis iOS, Android.
22:24Et puis il y a les enceintes connectées qui arrivent juste derrière.
22:28Et là, les enceintes connectées, c'est Amazon dont j'ai parlé.
22:31Et puis cet accord qui, ça y est, est signé avec Google et l'implémentation.
22:36Pour ceux qui ont des enceintes Google, l'implémentation va commencer.
22:40Donc c'est un petit peu long.
22:42Pour la petite histoire, ils commencent zone linguistique par zone linguistique.
22:47Donc c'est les Allemands qui vont être les premiers dans le contexte RadioPlayer à être présents sur Google.
22:56Mais on arrive juste derrière.
22:58Donc là, c'est le plan de déploiement qui est en cours.
23:00Donc finalement, peu importe le flacon pourvu qu'on est livré.
23:04Ce qui compte, c'est que les gens puissent accéder aux médias.
23:06Peu importe de quelle manière, que ce soit en IP ou que ce soit de manière hertzienne.
23:11Tout l'importance du RadioPlayer dans les automobiles.
23:13Exactement. L'idée, c'est vraiment qu'ils aient la meilleure diffusion possible.
23:19Et pour nous tous, groupe de radio, c'est l'accessibilité de nos flux et de l'ensemble de notre offre.
23:27Parce qu'il y a nos radios, mais il y a également tous les déploiements dont Basma et Justine ont parlé,
23:33qui sont très importants parce qu'ils vont nous permettre aussi d'aller chercher d'autres typologies d'auditeurs.
23:40Peut-être des auditeurs qui ne viennent pas sur nos marques,
23:42mais qui vont nous découvrir à travers nos podcasts ou à travers nos web radios.
23:48Tout ça, c'est une combinaison globale et ça vient en parallèle des stratégies des différents groupes.
23:55On vient de donner la parole à des représentants de grands groupes de radios,
24:01de radios qui ont évidemment une certaine puissance économique et qui viennent de nous expliquer
24:06que ce n'est pas si facile que ça, évidemment, d'évoluer dans un univers, dans ce nouvel univers tout numérique, si j'ose dire.
24:15Pierre Boucard, vous vous dirigez une radio associative, donc évidemment, ce n'est pas du tout le même modèle économique.
24:21Ce n'est pas la même taille ni la même puissance économique que les interlocutrices à qui on vient de donner la parole.
24:31Pour autant, vous allez nous le dire tout de suite.
24:34Vous êtes quand même très, très, très actif, justement, quant à votre présence sur le numérique.
24:40Comment est ce qu'on fait justement quand on est une radio associative pour arriver à exister dans cet univers là ?
24:48C'est quoi l'enjeu ?
24:49Juste pour rebondir sur les difficultés de Radio France ou du groupe Énergie à se positionner face à des gros acteurs.
24:57Effectivement, les radios associatives ont encore plus de difficultés.
25:02Et je pense que dans le contexte actuel, la seule solution est de fonctionner ensemble.
25:09En fait, on a, je pense, une vraie question à se poser sur la visibilité qu'on donne aux radios associatives.
25:17Parce qu'autant historiquement sur l'AFM, les radios associatives avaient 25% en gros de la ressource sur le support analogique.
25:28Sur le numérique en DAB+, aujourd'hui, on constate une baisse de cette visibilité,
25:34puisque 6% des sites de diffusion de DAB+, incluent des radios associatives contre 12% en FM.
25:42Pardon, je vous coupe la parole.
25:43Vous savez que l'ARCOM conteste totalement ces chiffres.
25:46J'en ai encore fait la démonstration devant la CNRA et le SNRL à Narbonne il y a une dizaine de jours.
25:52Ce sont des chiffres que nous contestons totalement.
25:54On est effectivement à 25% sur l'AFM et à 23 ou 24% sur le DAB+.
26:02Et en nombre de radios et en nombre de fréquences.
26:06Je tenais à le dire quand même, pardon.
26:09En fait, il faut qu'on utilise les bons critères.
26:12En tout cas, de notre côté, on constate qu'il y a un certain nombre de radios en zone rurale qui sont aujourd'hui exclus du DAB+.
26:19Donc il y a un vrai sujet.
26:21Et surtout, pour rebondir sur la dimension numérique,
26:24je pense que la question qui n'apparaît pas dans le rapport, c'est la visibilité qu'on donne aux radios associatives sur les agrégateurs.
26:33Et y compris sur l'agrégateur dont on vient de parler, qui est celui de RadioPlayer,
26:37où quand on ouvre RadioPlayer, il n'y a aucune radio associative de mise en avant.
26:43Alors effectivement, ça a pris un petit peu de retard,
26:46mais il faut prendre conscience qu'on ne peut pas avoir des discours en disant
26:51que le paysage radiophonique est constitué de toutes les catégories de radio et que toutes les catégories de radio sont importantes.
26:57Si, quand on arrive sur le secteur numérique,
27:01les radios associatives sont un peu laissées devant des situations compliquées,
27:08parce qu'elles ne peuvent pas s'imposer.
27:12Donc il y a aussi un rôle que doit jouer le régulateur par rapport à cette visibilité.
27:17Et pour revenir sur ces 25% dont elle avait cette visibilité sur le paysage analogique,
27:22je pense qu'il faut projeter cette visibilité des 25% dans l'univers numérique.
27:27Alors après, en DAB+, en IP, à discuter.
27:30Mais en tout cas, c'est un travail à effectuer de manière à ce qu'on puisse rassurer les radios qui sont volontaires.
27:37Parce qu'en fait, pour la petite histoire, les radios associatives ont toujours été volontaires sur le DAB+.
27:43Elles ont même fait les premières expérimentations il y a près de 15 ans.
27:47Elles ont créé une association qui s'appelait Association Digital Radio,
27:52qui était une des premières associations aussi pour promouvoir le DAB+.
27:55Donc elles ont à cœur d'être sur le numérique.
27:58Elles ont aussi à cœur de respecter l'ensemble des acteurs et l'ensemble des catégories de radio.
28:04Et en fait, c'est là où je pense qu'il peut y avoir des initiatives qui sont prises par les radios
28:10et des bonnes choses de faites aussi sur le territoire.
28:14Mais elles ne peuvent pas le faire seules.
28:16Il y a la visibilité et l'exposition du média.
28:21On comprend dans votre propos que, d'une manière générale, sur le numérique,
28:24c'est encore plus compliqué évidemment que sur le hertzien.
28:29Et ce, d'autant que ça accélère d'une certaine manière la désaffection des jeunes pour la radio.
28:38Comment est-ce qu'on fait pour les radios associatives?
28:41Est-ce qu'il faut réinventer le modèle?
28:43Et comment est-ce qu'on s'adresse aux jeunes pour essayer de les garder
28:48ou de les faire revenir vers le média dans ces nouveaux environnements?
28:51Je pense qu'il faut occuper des terrains occupés par les plateformes de streaming.
28:56C'est-à-dire que la radio doit aussi s'élargir.
29:00On a le modèle avec la télévision qui vient proposer des plateformes concurrentes de Netflix.
29:07Il faut que les radios se positionnent.
29:09Elles ont été un peu plus loin en développant des univers autour des web radios.
29:13Il faut qu'elles poussent aussi le curseur pour aller sur les plateformes de leurs concurrents directs
29:19qui sont des mastodontes mondiaux mais qui proposent aujourd'hui des services
29:24sur lesquels la radio doit aussi se positionner.
29:27Il ne faut pas être que spectateur de ces initiatives.
29:30Il faut voir comment il peut y avoir des alternatives,
29:33comment elles peuvent aussi porter collectivement par les acteurs de la radio.
29:37Je pense qu'il faut bouger. Il faut prendre des risques.
29:39Il faut investir pour l'avenir.
29:41On ne peut pas rester figé en espérant que freiner les technologies nous permettent de nous maintenir.
29:48Il faut effectivement se requestionner sur nos contenus, sur les programmations.
29:54Vous faites des podcasts?
29:55On fait du podcast. On fait du podcast natif.
29:58C'était aussi un vrai sujet qu'on aborde entre radio associative.
30:02Est-ce qu'un bénévole qui vient frapper à notre porte et qui souhaite produire du podcast natif,
30:07est-ce qu'on l'accueille dans une radio qui fait du flux?
30:09Et la réponse aujourd'hui, elle est évidente et naturelle, c'est oui.
30:13Puisque demain, ce bénévole viendra peut-être aussi proposer du programme pour faire du flux.
30:18Et il y a aussi des personnes qui produisent du podcast,
30:21qui recherchent de la visibilité à ces podcasts parce qu'ils se rendent compte,
30:24un peu comme MySpace il y a longtemps,
30:26que produire un podcast dans le monde d'Internet,
30:30en tout cas le valoriser, c'est très compliqué.
30:32Merci. Le moment tant attendu, on va enfin lever la frustration,
30:39puisqu'on a fait un peu un tour de nos interlocuteurs.
30:45Je me tournerai bien là maintenant, à ce stade, vers la salle pour recueillir
30:50éventuellement les réflexions ou prendre quelques questions à destination de nos invités.
30:57Éventuellement, par rapport à ce que cette présentation du livre blanc a pu vous inspirer.
31:04Qui souhaite prendre la parole? Tarek Mamy, France Maghreb 2, ici.
31:18Ne court pas. Bonjour à tous. Bonjour Tarek.
31:25Superbe présentation. Et tu me connais, je ne suis pas toujours celui qui jette les fleurs
31:32ou qui les avance le premier. L'écoute d'aujourd'hui, de cette conférence,
31:39m'en ramène personnellement avec Pierre et quelques autres.
31:42Effectivement, 15 ans en arrière, quand nous, on espérait tout ça,
31:47et que beaucoup, entre guillemets, se moquaient de notre gueule.
31:52Et donc aujourd'hui, il y a une espèce de retour de la roue qui fait que personnellement,
32:00je suis heureux d'être là aujourd'hui à l'Arkham. Et je vous remercie pour l'invitation.
32:04Deux observations. La première, je rejoins Pierre parce que moi, j'ai été avec lui
32:11parmi les premiers, les premières radios qui ont testé le DAB sur les fréquences qu'il diffusait.
32:20Et effectivement, moi, j'ai aujourd'hui un regret personnel. Ce regret personnel,
32:26c'est que ceux qui se sont investis il y a 15 ans, aujourd'hui ne se retrouvent pas toujours
32:31dans le paysage numérique des AB en termes de fréquences.
32:36Et ce n'est pas faute d'avoir déposé des demandes d'autorisation pour les uns et pour les autres.
32:42Et je ne parle pas comme un nom personnel.
32:45La deuxième, moi, j'ai eu un DADA depuis 15 ans. On me répond toujours, c'est pas possible, c'est pas possible.
32:54Alors comme le DAB n'était pas possible il y a 15 ans, peut-être que mon second DADA arrivera un jour.
33:00C'est l'implantation automatique de la puce DAB gratuite dans le smartphone.
33:08Et si je vous dis ça, je sais que les grands opérateurs ne veulent pas.
33:12Tu l'as très bien dit tout à l'heure. On paie tous un abonnement Internet.
33:17Et donc, je vois mal les opérateurs accepter l'implantation gratuite et ne pas toucher de l'argent.
33:23Mais je vous donne un petit exemple pour ceux qui voyagent beaucoup en Afrique, comme moi.
33:27En Afrique, pas sur le smartphone, mais sur tous les petits téléphones à 40, 50 euros en France,
33:34vous avez systématiquement la puce FM gratuite.
33:37Ce qui fait que quand les gens, j'allais dire, n'ont pas le moyen de faire quoi que ce soit,
33:43ils ont toujours la radio parce qu'en Afrique, la radio reste l'instrument le plus important pour l'information,
33:52surtout dans des petits villages et tout ça.
33:54Et donc, j'espère qu'un jour, je serai encore de cette terre, de ce monde avec vous tous présents
33:59pour que le prochain livre blanc nous annonce que ça y est, l'ARCOM, les opérateurs radio-players, tout le monde est d'accord
34:08ou a obtenu l'autorisation de l'implantation de cette puce DAB, FM elle disparaîtra,
34:14DAB gratuite parce que, je ne sais pas, je n'ai pas le chiffre, mais tu le sais certainement mieux que moi,
34:20je ne sais pas combien de smartphones nous avons en France aujourd'hui.
34:25Imaginez qu'en 24 heures, parce qu'il y a une décision, tous ces smartphones deviennent des radios,
34:31y compris pour les jeunes et merci.
34:33Merci Tarek pour cette intervention.
34:35Avant de donner la parole à Pierre Boucard qui souhaite dire un mot par rapport à ce qui vient d'être exprimé,
34:41juste deux petits éléments de réponse concernant l'ARCOM.
34:46D'abord sur la place, sur les allotissements, qui est un point que je n'ai pas particulièrement développé lors de la présentation,
34:52mais qui est un point important.
34:54Il paraît que, bien évidemment, on va continuer de déployer le DAB plus et notamment des allotissements locaux.
34:59Je ne reviens pas dessus, mais il y a aussi des endroits où le DAB est déjà déployé
35:04et certaines radios ne sont pas actuellement sur le DAB plus.
35:09Et donc, c'est un point que nous proposons d'explorer dans le livre blanc,
35:14c'est d'aller chercher de la ressource supplémentaire pour pouvoir faire de la place supplémentaire au DAB plus
35:21pour les radios là où c'est nécessaire.
35:25On sait, par exemple, mais les travaux n'ont pas du tout été engagés en la matière,
35:30que certains affectataires de fréquences, comme par exemple la Défense nationale,
35:37disposent de fréquences hertziennes qui peuvent intéresser le DAB plus,
35:45qui ne sont peut être pas exploitées, pas explorées.
35:49Et donc, il y a peut être des choses à voir de ce côté là.
35:51Nous, on pense qu'il faut aller chercher de la ressource numérique,
35:58de la ressource hertzienne ailleurs pour pouvoir faire de la place pour tous.
36:04Le deuxième élément concernant les puces dans les smartphones,
36:09comme tu l'as dit, là où il y a des puces, c'est sur des appareils qui ne sont pas des smartphones.
36:14Et pourquoi? Parce que ce sont des appareils qui ont des antennes,
36:18ce qui n'est pas le cas des smartphones aujourd'hui.
36:20C'est ce qui nous a toujours été répondu, c'est à dire qu'aujourd'hui,
36:23on pourrait, et la plupart des gens ici en France aujourd'hui ont des smartphones,
36:28donc n'ont pas d'antenne sur le smartphone.
36:31Donc, on pourrait mettre une puce.
36:33Ce serait sans effet.
36:35Avant, c'était le fil de l'oreillette qui servait d'antenne pour le smartphone.
36:40Sauf qu'aujourd'hui, la plupart des oreillettes sont en Bluetooth.
36:43Donc, ça ne marche plus.
36:45Deux petits éléments de réponse.
36:46Pierre, c'était ça.
36:48Il y avait ce point là et je pense aussi la question des services d'intérêts généraux qui,
36:54à mon avis, dans la poursuite de ce sujet là, c'est à dire de voir ce que répondra
36:59la Commission européenne concernant la télévision et d'imaginer une suite
37:04pour notre environnement parce qu'on en a besoin.
37:07Absolument, ça, c'est un point que là aussi, nous n'avons volontairement pas voulu évoquer.
37:13Parce que, comme tu viens de le dire, Pierre, actuellement, on va dire la première vague
37:19de propositions que nous avons et toujours entre les mains de la Commission européenne
37:24concernant les services d'intérêts généraux et la visibilité des chaînes privées gratuites
37:31de la TNT nationale.
37:34Et on attend justement de voir quels sont les retours qu'on va avoir pour en tirer
37:39les conclusions adaptées si nécessaire et pouvoir aller ensuite plus loin.
37:45Mais comme on a eu déjà l'occasion, d'où notre prudence et le fait qu'on n'a pas évoqué ce sujet là,
37:50parce qu'en l'état actuel, on n'a hélas pas grand chose à dire,
37:53si ce n'est que l'ARCOM insiste bien sur le point que ne seront oubliés dans les services d'intérêts généraux
37:58dès qu'on pourra avancer sur le sujet, ni les radios, ni d'ailleurs les télés locales.
38:06Une autre question, une autre intervention. Bonjour.
38:13Bonjour, Caroline Bonacossa, Stratégie. J'ai une question sur la granularité de la couverture en DAB plus
38:22dans certaines zones qui posent un problème pour certaines antennes et aussi en matière de publicité,
38:30puisqu'il y a des couvertures qui ne sont pas suffisantes.
38:36Est-ce que vous avez une idée du calendrier correctif qui peut être fait ?
38:42Et à quelle échéance est-ce que certaines radios, certaines diffusions FM pourront être bien...
38:54trouver leur équivalence en fait en DAB plus ? Je ne sais pas si mon expression est claire.
38:58Si, si, c'est très clair. Merci. J'ai envie de répondre le plus vite possible.
39:03C'est-à-dire qu'il y a deux cas. On parle principalement des allotissements locaux, évidemment,
39:11pour coller effectivement à l'exploitation des marchés publicitaires locaux,
39:15donc comme je l'avais évoqué pour les radios associatives, les radios de catégorie B et les radios de catégorie C.
39:21Il y a deux cas. Il y a le cas des allotissements qui sont actuellement en cours de constitution
39:27et en cours, on va dire, de dessin. On est en train de les créer.
39:34Là, de ce point de vue-là, on discute avec les acteurs qui sont susceptibles d'être intéressés
39:39pour candidater sur ces allotissements pour voir quelle est la bonne taille.
39:43La bonne taille d'un point de vue géographique, d'un point de vue des audiences,
39:47d'un point de vue économique et donc publicitaire, voire même parfois d'un point de vue culturel aussi.
39:53Le cas s'est présenté notamment au Pays basque. Un très bon exemple,
39:57c'est le lancement prochain des appels à candidature pour le DAP plus en Corse.
40:03Au départ, l'ARCOM avait proposé d'avoir un allotissement étendu qui couvrira toute l'île
40:09et puis deux allotissements locaux, un pour le sud, un pour le nord de la Corse.
40:12Et puis, en discutant avec les acteurs du secteur, on s'est rendu compte que ça ne correspondait pas du tout à leurs attentes.
40:19Surtout, on est dans des zones montagneuses où les zones de couverture FM ne couvrent pas toutes les zones en même temps.
40:32Et il est apparu finalement, en discutant avec les acteurs du secteur, qu'il valait mieux avoir un étendu,
40:38mais qu'on avait intérêt à déployer plutôt six allotissements locaux au lieu de deux.
40:45Et donc, on s'est mis d'accord là-dessus. Et c'est ça, effectivement, que nous allons proposer en appel à candidature prochainement.
40:52Donc, ça, c'est pour les allotissements à venir où on est dans un dialogue constant pour être sûrs.
40:56Effectivement, ça correspond aux aspirations des uns et des autres.
40:59Et puis après, il y a des allotissements qui sont déjà créés.
41:01Et là, on va dire qu'il y a un double sujet. Il y a le sujet des radios qui sont parties billes en tête,
41:08si j'ose dire, au début des appels à candidature sur les étendus en se disant que c'est super
41:14parce que comme ça, on va avoir des grandes zones de couverture à moindre prix, si j'ose dire.
41:19Et puis qu'après, se rendre compte que finalement, elles ne peuvent plus exploiter les marchés publicitaires locaux
41:24et qu'ils souhaitent revenir sur des allotissements locaux.
41:27Donc là, il va falloir voir peut-être des transitions dans certains cas d'un allotissement à l'autre,
41:33quitte à faire des échanges avec d'autres radios qui voudraient monter à l'inverse sur les étendus.
41:40Et puis, il y a des allotissements qui ne correspondent pas, selon ceux qui les occupent,
41:46à la bonne taille, si j'ose dire, par rapport à l'AFM.
41:50Et là, peut-être qu'il faudra revoir le design, si j'ose dire, la zone de couverture de ces allotissements locaux.
41:58Mais là, les moyens de l'ARCOM étant ce qu'ils sont, on ne va pas pouvoir tout faire en même temps.
42:05Mais c'est un sujet qu'on a effectivement dans notre scope, même si je ne suis pas capable de vous dire
42:11quand on va effectivement pouvoir faire ces modifications-là.
42:14Mais on sait, en tout cas, c'est une des propositions du livre blanc qu'il va falloir revenir dessus.
42:22Bonjour, Audrey Viadel, La Correspondance de la presse.
42:25Donc, j'ai bien écouté ce que vous avez dit sur la difficulté de négocier avec des grands acteurs.
42:31Est-ce que vous seriez favorable ou vous auriez besoin d'avoir une aide de par la loi,
42:36une obligation de négocier avec ces plateformes qui soient inscrites quelque part ?
42:42Parce que c'est vrai que Radio France a plus de poids pour négocier que des petits acteurs.
42:48Donc, est-ce qu'il faudrait qu'il y ait quelque chose dans ce sens ou est-ce qu'il faudrait aussi les obliger à montrer la marque ?
42:55Vous parliez tout à l'heure de Spotify.
42:57Est-ce que vous pensez qu'il y aurait des besoins sur ce sujet-là ?
43:01Merci pour cette question qui souhaite répondre parmi nos invités qui se sont exprimés.
43:08Ça nous simplifierait la vie. Mais après, je ne sais pas si le régulateur peut aller dans ce niveau de règles.
43:15Après, on est déjà...
43:18En l'occurrence, avant le régulateur, c'est surtout une question qui pourrait se poser auprès du gouvernement et du législateur.
43:26Excusez-moi pour le mauvais terme utilisé.
43:30Déjà, on essaie de s'appuyer sur les deux textes européens qui ont été promulgués, le DMA et le DSA,
43:39en essayant de voir exactement dans le contenu de ces textes ce qu'on peut espérer obtenir de la part de ces plateformes.
43:48Elles ne sont pas toujours toutes dans une logique très coopérative.
43:54Il y a d'autres leviers pour essayer de faire en sorte d'obtenir, par exemple, de la donnée d'usage pour éviter les situations
44:03où des constructeurs, par exemple d'un smartphone, vont pré-embarquer leurs propres applications, ce qu'on appelle l'autopréférence.
44:11Après, ces textes, comme tous les textes, parfois, il y a des imperfections.
44:18Il y a tout un tas d'acteurs qui ont été désignés sur la base de seuils quantitatifs qui sont très élevés.
44:26Il y a des marchés en particulier qui sont concernés pour ces seuils.
44:31Et tous les acteurs ne sont pas concernés aujourd'hui, par exemple, par le DMA.
44:35Donc, des acteurs que nous, on considère comme être des géants avec qui on a un pouvoir de négociation qui est déséquilibré.
44:41Ce type de texte ne peut pas, aujourd'hui, nous aider à obtenir des choses supplémentaires de leur part.
44:47Il y a une partie, d'ailleurs, du livre blanc qui parle justement de l'applicabilité du DMA et du DSA sur ces sujets particuliers.
44:57Basma Bonnefoy peut-être ? Même question ?
45:01Pour répondre à la question, la réponse est RadioPlayer.
45:05Je ne pense pas que, d'un point de vue réglementaire, il y ait quelque chose à faire et d'alourdir encore un carcan réglementaire qui est déjà très complexe.
45:17En revanche, c'est bien la vocation de RadioPlayer d'avoir, c'est ce qu'expliquait Cécile, d'avoir assez de poids au niveau mondial
45:27pour pouvoir faire face à des géants de la tech et pouvoir récupérer toute la maîtrise de nos données, de nos distributions.
45:39Pour moi, c'est vraiment l'union, la coopétition, c'est-à-dire la possibilité de s'unir dans un environnement pour faire face aux géants de la tech.
45:57Une autre question, une autre remarque ?
46:01Oui, bonjour. Mégane Jansouche, journaliste pour Contexte.
46:05Vous avez évoqué pas mal de mesures législatives, par exemple l'aide budgétaire ou le gel des fréquences FM.
46:11Est-ce que vous avez en tête un véhicule législatif, sachant qu'on ne sait pas trop s'il y aura un texte issu des états géraux de l'information ?
46:18On ne sait pas si la proposition de loi Lafond, qui comprenait une aide budgétaire au DAB+, reprendra.
46:24Est-ce que vous voyez un créneau, en gros, pour faire passer tout ça ?
46:28Florence Philbert, du ministère de la Culture, va immédiatement vous répondre de manière très précise.
46:33Non, c'est une bonne question, mais j'ai envie de dire que la réponse est dans votre question.
46:40C'est-à-dire que, comme vous le savez, tous les travaux parlementaires sont actuellement suspendus pour les raisons que l'on sait.
46:48La ministre de la Culture a bien dit qu'effectivement, la PPL Lafond n'était pas du tout enterrée et que les travaux pourraient reprendre.
46:58Mais ça dépendra bien évidemment de ce à quoi ressemblera l'hémicycle à partir du 8 juillet.
47:05Bien malin qui peut répondre à cette question.
47:09Après, sur le véhicule législatif, est-il plus personnel ?
47:14Je dirais que si la PPL Lafond prospère à nouveau, j'ai envie de dire à partir du 8 juillet ou un peu plus tard,
47:24je doute que les éléments que nous évoquons puissent trouver leur place, même sous forme d'amendement d'ici là.
47:30Mais néanmoins, la vie législative est ainsi faite que des véhicules législatifs, on en trouvera d'autres.
47:38Ce qu'il faut, c'est surtout avoir une volonté déjà partagée avec le législateur pour pouvoir avancer sur ces points qui nous paraissent importants.
47:48Monsieur le président.
47:50L'une des ambitions du livre blanc, c'est aussi de créer du consensus autour du média radio et de son admire.
47:57C'est bien pour ça et ça fait partie du rôle du régulateur dans ses travaux d'analyse, d'études, d'essayer d'objectiver des débats,
48:04de dresser des constats à un moment donné et de tracer une perspective et de la faire partager par les uns et par les autres,
48:12et en particulier par le législateur.
48:15Toute famille politique confondue, ce livre blanc pour nous constitue naturellement une base pour essayer de construire un consensus
48:25et faire en sorte que les pouvoirs publics et singulièrement le Parlement et le législateur soient en accompagnement du média radio.
48:33Ce média est à un moment de son histoire, de ses évolutions, où précisément il faut l'accompagner.
48:39Et c'est notre rôle de porter ce message.
48:43Je l'ai souvent dit, l'un des rôles du régulateur, c'est d'être aux côtés des opérateurs dans cette phase de mutation des médias audiovisuels
48:51pour tracer une remoute, pour plaider aussi leur cause auprès des pouvoirs publics.
48:55Je pense que ce travail sera utile et nous souhaitons bien évidemment que le législateur, pour ce qui le concerne,
49:01se l'approprie pour venir une fois encore en soutien et en appui de ce média, qui est le média favori des Français,
49:09qui mérite qu'on soit à ses côtés pour le soutenir et le défendre pour les années à venir.
49:15Merci Monsieur le Président.
49:17Je vous propose de prendre une dernière question.
49:19Je vois Jean-Baptiste Tuzet de Kroner.
49:21Ce n'est pas une question.
49:23Bonjour.
49:24Cher Monsieur le Conseiller de la radio et cher Président de l'ARCOM.
49:29Notre ami Tarek, je vais commencer par vous, mais après on en reviendra à nos invités du tour de table.
49:36Tarek disait quelque chose tout à l'heure qui nous fait un peu d'émotion, puisque ma radio s'appelle Kroner.
49:43En 2016, je me souviens, j'étais aux assises de la radio désespéré.
49:48Et mon désespoir m'avait dicté un discours.
49:52Par moment, le désespoir peut dicter un discours.
49:55Aujourd'hui, je voulais vous dire, ma joie, Tarek l'a dit, 15 ans.
50:01Ce que vous venez de nous dire aujourd'hui, c'est ce qu'on a toujours attendu.
50:07Mais sans revanche aucune aujourd'hui.
50:10La preuve en est que le mois prochain, nous serons sociétaires de ACPM au regard de nos excellents résultats digitaux.
50:22Et nous serons sociétaires également de RadioPlayer.
50:26Merci pour cette initiative.
50:28Cela résume bien votre projet, le tout numérique.
50:32C'est une excellente idée.
50:34Et merci beaucoup aussi d'avoir eu une pensée pour les pures players.
50:39Ceux qui n'avaient aucune ressource, qui ne l'ont toujours pas beaucoup, mais qui s'en sortent.
50:44Merci infiniment à tous.
50:48Merci cher Jean-Baptiste pour cette intervention.
50:55Je vous propose qu'on reste dans notre timing et de passer à la séquence suivante.