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00:00:00Je suis très impressionné. C'est la première fois que j'ai le plaisir d'accueillir un événement dans ces nouveaux locaux du domaine.
00:00:10Vous êtes donc les bienvenus, mesdames et messieurs, chers collègues, chers amis de l'ARCOM, de la télévision, de la radio, de la francophonie et de la chanson.
00:00:22Merci beaucoup de votre présence ce matin. Nous sommes particulièrement heureux de vous accueillir à l'occasion de la table ronde consacrée à la chanson francophone.
00:00:31Une table ronde qui s'inscrit dans le cadre de la semaine de la langue française et de la francophonie organisée par le ministère de la Culture du 15 au 23 mars.
00:00:41Sur le thème « Prenez la parole », donc n'hésitez pas ce matin à prendre la parole pour ma part et aussi brièvement que possible.
00:00:50Je voudrais remercier tous ceux qui, notamment au sein de l'ARCOM et avec leurs partenaires, ont eu cette bonne idée d'aborder le thème de la francophonie sous l'angle de la chanson,
00:01:02de la chanson francophone et qui ont donc organisé l'échange auquel vous allez assister.
00:01:08Je remercie tout particulièrement Laurence Pécoré-Vollier, membre du collège et présidente du groupe de travail consacré à la protection des publics et à la francophonie,
00:01:18ainsi que les directions au sein de l'ARCOM chargées de la communication, de la radio et de l'audionumérique, de la création, de la protection des publics, du pluralisme et de la cohésion sociale.
00:01:32Merci évidemment aussi beaucoup à nos invités, à Bérenice Ravach, directrice générale déléguée du Centre national de la musique,
00:01:40que je suis très content de retrouver après avoir partagé quelques moments à Radio France avec elle, à Bertrand Dical, que je ne présente pas, journaliste musical spécialiste de la chanson française,
00:01:52grand spécialiste de la musique et de la chanson française, et à Brice Homs, auteur de chansons, scénariste, parolier, membre du conseil d'administration de l'ASSASEM,
00:02:02qui ont accepté de nous faire profiter de leur expertise, de la diversité, de leur point de vue d'experts, d'artistes, de managers et accompagnatrices de la musique et de la chanson française dans sa diversité.
00:02:20Car la chanson française, c'est tout un monde, un monde de professionnels, d'artistes, auteurs et interprètes, de producteurs, d'éditeurs, de diffuseurs, qui assurent la grande vitalité de cette dynamique.
00:02:35Ce monde de la francophonie, c'est celui du dialogue culturel, de l'ouverture, de l'enrichissement mutuel.
00:02:42Je crois que ce sont des valeurs qui vous font tous vivre, ce sont des valeurs qui font du bien et dont on a besoin.
00:02:48On aurait envie de dire particulièrement en ce moment, mais je crois que c'est un besoin qui est plus durable.
00:02:54Comme vous le savez, la défense et la promotion de la langue française, littéralement, font partie des missions historiques du régulateur audiovisuel inscrit dans la loi du 30 septembre 1986.
00:03:08Une mission qui se décline en deux volets, défense, promotion.
00:03:13Le premier volet, la défense de la langue française, est évidemment très important.
00:03:18Il est un peu défensif dans son appellation, on pourrait lui préférer le terme d'attention portée à la langue française.
00:03:28Alors quand on parle d'attention, de vigilance, on peut penser à être woke finalement.
00:03:33Alors woke, ce n'est pas forcément un terme très français, ni forcément très en cours aujourd'hui.
00:03:38Mais je pense que c'est un peu l'idée dans l'ambition de défendre la langue française, c'est d'avoir une vigilance bienveillante sur l'emploi des mots.
00:03:46C'est ce que nous demandons aux chaînes de télévision et aux services de radio qui s'engagent dans le cadre des conventions passées avec l'ARCOM,
00:03:54c'est d'assurer un usage correct de la langue française au sein des émissions, ainsi que dans les adaptations, doublages, sous-titrages de programmes étrangers.
00:04:02Une dimension très importante de la vigilance sur la francophonie.
00:04:07L'ARCOM, évidemment, veille au respect de ses obligations.
00:04:10Alors il y a dans cette obligation un peu attentive, défensive, un parfum de loi tout bon et d'une tendance gentille qui consistait à brocarder la loi tout bon il y a quelques années.
00:04:23Pour ma part, j'y vois surtout une invitation collective à résister quand on le peut et quand c'est justifié à la tentation des anglicismes,
00:04:32parce que c'est souvent de l'anglais dont il s'agit, non pas parce que ça vient de l'étranger, mais parce qu'il y a souvent d'ailleurs en français des termes plus appropriés.
00:04:40Et dans un monde sujet à confusion, la précision des termes permet de penser de la manière la plus juste.
00:04:47Et c'est finalement aussi un des éléments de la liberté d'expression et de communication qui nous réunit tous.
00:04:54Et puis, il y a aussi dans l'usage des mots une dimension patrimoniale.
00:04:57Quand on perd progressivement l'usage d'un mot, on peut aussi en perdre en quelque sorte la nuance, le sens et la nuance à travers la mémoire.
00:05:06Et c'est important que nous y soyons tous vigilants pour le transmettre, pour transmettre ce sens, cette nuance.
00:05:13Et les chansons en sont aussi des vecteurs très importants.
00:05:17Second volet plus positif qui est celui de la promotion de la langue française.
00:05:23Alors étymologiquement, si on est dans une phase, une séquence linguistique, étymologiquement promouvoir, c'est pousser, pousser en avant, avancer.
00:05:32Et c'est bien ce dont il s'agit aussi à travers la régulation audiovisuelle, à travers les différents dispositifs de soutien mis en place et défendus notamment par le Centre national de la musique.
00:05:43Pousser en avant les œuvres francophones, les faire avancer auprès des auditeurs francophones et de l'ensemble du monde grâce à toute une série de dispositifs.
00:05:52Alors il y a évidemment les quotas, les quotas radio incontournables, indispensables, objets de débat dont je ne doute pas qu'ils continueront à être aussi intenses.
00:06:01Aujourd'hui, on va plutôt se concentrer sur ce qui nous réunit plutôt que d'évoquer ce qui parfois peut susciter quelques tensions.
00:06:08Mais ces quotas, dans leur essence, je crois, ils ne sont pas contestés et ils sont indispensables.
00:06:12Il y a le volet musical des conventions passées avec les chaînes de télévision ou de radio.
00:06:17Et puis il y a tous les dispositifs que j'évoquais qui complètent ces obligations quantitatives parce que pousser en avant,
00:06:25c'est aussi un des enjeux de ce joli concept de découvrabilité que nos amis québécois ont inventé.
00:06:32Une découvrabilité qui doit à un moment rencontrer un autre concept, la sérendipité auquel je fais référence parce que c'est un anglicisme,
00:06:41donc c'est un peu moche de ce point de vue-là, mais ça vient du persan finalement, des contes de sérendipes qui étaient des voyageurs persans.
00:06:49Je suis moi-même d'origine iranienne, ça me permet de montrer que ce qui nous réunit, c'est aussi le dialogue des cultures, des langues,
00:06:55et pour le meilleur, parfois pour le pire, mais ici vraiment que pour le meilleur.
00:07:00Alors, au-delà de ces différentes obligations et dispositifs de soutien, ce petit propos introductif, c'est aussi l'occasion,
00:07:06en tant que président de l'ARCOM, de saluer l'engagement et le rôle capital que jouent tous les diffuseurs, privés comme public,
00:07:14de radio et aussi de télévision, en faveur de la chanson francophone.
00:07:18C'est particulièrement le cas de la radio, un média que je connais bien et que j'apprécie particulièrement.
00:07:24La France est riche de ses 1100 radios nationales, locales, ultramarines, dont 90% sont des radios musicales.
00:07:32Pour 58% des Français, la radio est la principale source de découvertes de nouvelles musiques.
00:07:37C'est considérable. La radio reste ainsi un très grand média de découvertes, parfois de redécouvertes par le jeune public,
00:07:44de tubes de leurs parents, expérience qui peut ensuite et de plus en plus aujourd'hui se prolonger,
00:07:49se démultiplier sur les plateformes de streaming dans des proportions qui n'étaient pas forcément envisageables il y a encore une vingtaine d'années.
00:07:58Car le public de la chanson francophone est au rendez-vous, le public français bien sûr.
00:08:04La chanson francophone étant une chanson populaire au meilleur sens du terme, qu'il s'agisse des grands titres qui s'affranchissent des catégories sociales
00:08:12et des générations pour constituer une part de notre imaginaire commun ou qu'il s'agisse parfois de genres plus spécifiques.
00:08:19Hier, je pense au rock parce que c'était ma génération quand j'étais étudiant.
00:08:23Peut-être aujourd'hui plus les musiques dites urbaines ou le rap qui illustrent et diffusent en français l'esprit d'une génération.
00:08:32Dans quelques jours, notre attention se portera sur la chanson que Louane interprétera en français pour l'Eurovision.
00:08:38Un show, un grand show, pardon, un grand spectacle de télévision dont l'audience est estimée à 160 millions de téléspectateurs.
00:08:47Une chanson qu'elle présentera demain, après-demain, pardon, le 15 mars.
00:08:51La chanson francophone se joue ainsi à travers ces grands événements des frontières.
00:08:56C'est sa nature et elle vise ainsi à rencontrer des publics parfois très éloignés de notre langue, se contactent à travers la chanson de plus en plus.
00:09:04C'est aussi une porte ouverte vers notre culture plus largement et une porte ouverte dans le dialogue.
00:09:10Ainsi, le soutien à la création francophone, à la chanson francophone, c'est un des éléments de l'équilibre auquel nous veillons ici à l'ARCOM,
00:09:22instauré par la loi de 1986 entre la liberté de communication, la liberté de programmation et la responsabilité que les éditeurs ont envers la société.
00:09:34Dans ce cadre-là, autant qu'un régulateur et beaucoup plus qu'un gendarme, l'ARCOM se voit comme un partenaire
00:09:41et se tiendra toujours à la disposition des acteurs pour vous aider à concilier cette ambition partagée entre la liberté de programmation
00:09:50et les contraintes, y compris économiques, concurrentielles, réglementaires, qui affectent certains d'entre vous
00:09:56et de faire évoluer pour le meilleur au fil du temps cet équilibre. Voilà.
00:10:02Une fois qu'on a pris la parole, comme nous y invite le thème de la semaine, il faut aussi savoir la céder.
00:10:08Donc je vais céder la parole à Laurence Pécoré-Vollier, qui va vous apporter quelques autres éclairages.
00:10:13Et je vous remercie à nouveau de votre participation et de votre attention. Merci beaucoup et très bonne journée.
00:10:18Merci beaucoup, Président. Alors effectivement, chaque année, à l'occasion de la semaine de la langue française et de la francophonie,
00:10:37on essaye de faire un petit événement, parce que dans les textes, il est notamment donné comme attribution à l'ARCOM de veiller à la promotion de la langue française.
00:10:45Et chaque fois, on essaye d'engler un peu ce que peut être ce rappel de l'importance de la langue française pour notre paysage, notamment médiatique.
00:10:58Et là, cette année, avec mes chers collègues qui sont présents, et notamment Antoine Boillet, qui s'occupe du groupe de travail sur la création,
00:11:07Romain Lalex, nouvellement arrivé, mais déjà bien impliqué dans le groupe de travail radio,
00:11:12avec tous les services qui s'occupent de protection de la création, qui s'occupent de diversité, qui s'occupent de francophonie,
00:11:18de médias divers et variés, parce que là, du coup, nous avons effectivement l'importance du média radio, mais aussi, évidemment, audiovisuel, mais aussi les plateformes.
00:11:28Donc ça nous a paru regrouper à peu près tous les sujets importants qui nous préoccupent actuellement. Et on s'est dit, mais c'est évident, parlons francophonie.
00:11:37Nous avons été inspirés par aussi quelques petits événements. Le premier, ça marche pas.
00:12:07Clip MC Solar, réalisé pour France Télévisions pour la semaine de la francophonie en 2024 et qui sera rediffusé la semaine prochaine sur France Télévisions.
00:12:28Une fois qu'on a entendu ça, je crois que tout a été dit. Et puis, une deuxième source d'inspiration qui n'est pas loin de moi.
00:12:35Nous avons tous été voir la magnifique exposition à Villers-Cotterêts dédiée à la chanson francophone qui s'appelle « C'est une chanson qui nous ressemble »
00:12:45et qui, plus que tout autre, nous montre à quel point il y a dans la chanson francophone une spécificité, un modèle particulier qui ne se dément pas
00:12:56et dont les explications doivent être recherchées dans diverses sources qui, vraiment, relient, je pense, tous les acteurs.
00:13:05Bertrand Dical, c'est vous qui êtes à l'origine de cette exposition avec le Centre national des monuments nationaux.
00:13:12C'est quand même quelque chose d'assez extraordinaire, parfois assez inexplicable. Mais vous le confirmez, il y a un modèle français.
00:13:20Et ce modèle français, il se prolonge à travers le temps. Et on a quelques petits éléments d'explication sur pourquoi il existe.
00:13:28Oui. Alors, ce qui est intéressant avec la manière dont la chanson de langue française circule dans le monde, c'est qu'il n'y a pas un modèle.
00:13:37Si on compare, par exemple, avec une autre chanson qui s'est beaucoup exportée, qui est la chanson italienne.
00:13:44D'abord, nous, Français, nous aurons tendance à dire, ah oui, la canzonetta. Donc, ça rétrécit le chant.
00:13:52Et en général, quand on parle de chanson italienne, on parle d'un genre, d'un style, d'une orientation.
00:13:59On va parler d'amour. On va parler de garçon. Oui, tiens, c'est intéressant. En général, c'est une chanson qui est portée par des garçons.
00:14:07Une chanson, la main sur le cœur, qui parle d'amour. La chanson en langue française raconte beaucoup d'autres choses.
00:14:14Et ce qui est amusant, c'est que quand le Centre des monuments nationaux m'a appelé en disant, oui, on voudrait faire pour que la première exposition temporaire
00:14:24à la Cité internationale de la langue française, Xavier Cotteret, soit autour de la chanson, donc quelque chose autour de comment circule la chanson dans le monde.
00:14:32Je fais comme tout le monde. Je prends un papier, je prends un crayon et je commence à écrire des noms.
00:14:37Donc, évidemment, j'ai une passion personnelle pour Juliette Gréco. Ça tombe bien, Gréco. Ah, il y a Nakamura, Edith Piaf.
00:14:45Et puis, forcément, il va falloir parler de l'Everest. C'est l'Indion. Et puis, bon, il faudra parler de Mireille Mathieu.
00:14:50Oui, il faudra parler de Mireille Mathieu. Et puis, Zaz. Et à un moment, je me dis, tiens, et puis, évidemment, il y a Aznavour.
00:14:57Et je me rends compte qu'Aznavour, c'est le douzième nom sur ma liste. Donc, tiens, c'est intéressant.
00:15:02Quand on fait une liste des grands noms de la chanson française, on n'écrit pas naturellement 11 noms de femmes puis un nom d'homme.
00:15:11On a plutôt tendance à faire le contraire. Donc, c'était le premier indice. Et ce qui m'a beaucoup intéressé en faisant cette exposition
00:15:20et puis en faisant le livre qu'elle est avec et puis en faisant cette entreprise Connex qui était d'en faire une série d'étés sur France Info,
00:15:30c'est qu'on n'a jamais travaillé là-dessus. En fait, on a fait des doctorants, écrit des choses très sérieuses sur Edith Piaf à l'étranger,
00:15:40sur le rap français à l'étranger. Il y a eu une thèse de doctorat qui doit être soutenue là, en ce moment, sur pourquoi des non francophones écoutent du rap français.
00:15:48C'est une bonne question. C'est très marginal, mais c'est une bonne question. On n'avait jamais réfléchi à ça.
00:15:54À telle enseigne, d'ailleurs, que je ne critique pas du tout ces institutions, mais quand on pose la question à la SACEM, au SNEP, à la CSDEM, au CNM,
00:16:07on a des statistiques sur l'exportation des productions françaises, mais pas sur les productions françaises en français.
00:16:15Donc, effectivement, à la main, quand on fait le top 200 des titres les plus exportés, ce n'est pas très compliqué de choisir, de détecter lesquels sont en français,
00:16:25mais de statistiques consolidées sur l'exportation de la chanson française en langue française, on n'en a pas.
00:16:31Et c'est, je dirais, assez normal parce qu'on ne cherche pas à exporter.
00:16:38Et c'est certainement ça qui est le plus intéressant dans les succès de la chanson française à l'étranger.
00:16:46C'est que malgré l'invention du Bureau Export, dont les missions sont aujourd'hui au CNM, on n'a jamais essayé d'exporter notre chanson.
00:17:01Contrairement à notre vin, contrairement à notre cuisine, contrairement à notre luxe.
00:17:04Il y a un comité Colbert pour le luxe et pas encore.
00:17:10Enfin, ça commence pour les industries culturelles, parce que la raison pour laquelle les étrangers écoutent la chanson en français, c'est parce qu'on projette un fantasme de la France.
00:17:24Et nous, Français, nous aimons l'image de notre pays. Nous n'aimons pas nécessairement le fantasme de notre pays.
00:17:31Et c'est vrai que quand une ménagère américaine ou japonaise ou philippine, et je dis une ménagère parce qu'on n'est pas dans un public d'intellectuels,
00:17:45de passionnés de la poésie et de la littérature, qui veulent lire la littérature en langue originale, qui vont voir les films en version originale sous-titrée, on est souvent dans un public très populaire.
00:17:57Le public qui, à l'étranger, a écouté Juliette Gréco, a écouté Edith Piaf ou écoute aujourd'hui Ariana Camara, c'est un public populaire, c'est un public de masse.
00:18:07Et c'est parce qu'on ferme les yeux, on écoute Gréco, on écoute Piaf, on écoute Ariana Camara, on ferme les yeux, on a un fantasme de la France.
00:18:18Et ce fantasme, il ne nous fait pas nécessairement plaisir parce que c'est la Tour Eiffel, la Provence, les quais de Paris, un restaurant avec une table, avec une nappe à carreaux.
00:18:32Mais c'est aussi des images dont nous n'avons pas forcément conscience. Quand je cite toujours ces trois femmes, Gréco, Ariana Camara, Piaf.
00:18:41Qu'est-ce qu'elles ont en commun ? Eh bien, elles ont été ou elles sont détestées par les conservateurs en France.
00:18:50C'est-à-dire que pendant tout le temps, les presque sept mois qu'a duré l'exposition où j'ai rencontré des journalistes, mais aussi des politiques, des gens impliqués dans la ville.
00:19:04Et vous savez que Villers-Cotterêts et la ville Rassemblement national, enfin dans la municipalité Rassemblement national, est la plus proche de Paris.
00:19:14C'est vrai que quand on parle d'Ariana Camara, le débat qu'il y avait sur Ariana Camara, qui pouvait être poisseux, qui pouvait être détestable, qui pouvait être méprisable.
00:19:27Oui, il faut quand même entendre ce débat-là. On ne veut pas que cette femme-là représente la France. Si, c'est ces femmes-là qui représentent la France.
00:19:34De toute façon, c'est ces femmes-là qui représentent la France. Gréco a été haï par les conservateurs. Edith Piaf a été haïe par les conservateurs.
00:19:43Elle a été détestée par l'establishment. Et c'est précisément ça qui en fait un personnage intéressant à l'étranger.
00:19:54C'est parce que notre chanson véhicule, un peu malgré elle peut-être, des images de liberté, d'indépendance, des femmes puissantes, des femmes fortes.
00:20:06Des femmes qui portent un idéal de vie, de liberté et qui, en même temps, sont sexy, qui, en même temps, sont habillées par des grands couturiers, dans le cas de Gréco.
00:20:19Et bizarrement, ça paraît idiot de dire ça, mais regardez les clips d'Ariana Camara. Dites-vous qu'en Amérique latine, Ariana Camara, c'est le secteur du reggaeton.
00:20:31Regardez comment sont habillées les stars hispaniques ou anglophones du reggaeton. Regardez Ariana Camara.
00:20:39Et immédiatement, on pense, ben oui, la France, ok, elle est habillée en streetwear, mais elle est habillée en streetwear Chanel.
00:20:46Et à l'export, c'est extraordinairement important. Et c'est ça qui fait aussi que, continuement, continuement, la chanson de langue française continue à s'exporter.
00:21:00On dit oui, on n'a plus une piaf qui exporte. Oui, d'accord. On n'a peut-être plus de personnages comme Charles Aznavour qui tournent dans le monde entier.
00:21:09Mais en chantant en cinq langues, quand même, il faut bien l'admettre. Mais on a continuement, en permanence, des succès de langue française produits en France à l'étranger.
00:21:25Le SNEP, mardi, dans son point à Noël, parlait de 19%, si je me souviens bien, d'augmentation de l'export français.
00:21:36Alors une partie, c'est l'électro. Une partie, c'est de la pop anglophone. Mais c'est toujours des succès, des titres en français, des artistes nouveaux ou des artistes bien établis.
00:21:51Il faut un peu aller se pencher pourquoi Gims, en Allemagne, ne parle pas un mot d'allemand, ce n'est pas en anglais.
00:22:02Pourquoi ça, cet artiste de hip hop, break en Allemagne ? Il y a eu un formidable papier du monde sur Barbara Pravi au Pays-Bas.
00:22:11Il y a Mickey, par exemple, qui commence à exporter en plein d'endroits et ça rejoint ce qui était arrivé à Alizé au Mexique, ce qui était arrivé à Indochine au Pérou.
00:22:23Et en permanence, en permanence, continuellement, dans tous les genres, tous les styles, tous les pays, tous les continents, il y a en permanence des succès français.
00:22:35Et qui véhiculent cette France-là, qui n'est pas nécessairement la France qu'on écrira à la première personne du pluriel, mais qui est une idée de la France.
00:22:48Dans toute sa diversité, qui plus est ?
00:22:51Dans toute sa diversité et même plus que de la diversité, c'est vraiment incohérent.
00:22:56C'est vraiment totalement incohérent.
00:22:58C'est-à-dire que pendant l'exposition, avant l'exposition, pendant l'exposition, des gens me demandaient, même à France Info, quand j'ai fait la série, on discutait du menu.
00:23:11La chef qui dit oui, mais il faudrait peut-être faire un numéro pour expliquer s'il y a des recettes.
00:23:17Ah ben non, non, c'est totalement incohérent.
00:23:21Et d'ailleurs, cette incohérence est même ce qui fait la force, je pense, de notre langue.
00:23:27La diversité, mais du point de vue commercial et marketing, c'est incohérent.
00:23:33C'est-à-dire que dans l'exposition, je m'étais amusé à mettre face à face la plus grande chanson pacifiste depuis la Seconde Guerre mondiale,
00:23:43qui est Le Déserteur de Boris Vian, dont il ne faut pas oublier qu'elle est devenue une référence mondiale.
00:23:49Parce qu'au début de la guerre du Vietnam, un groupe américain, Peter Pan and Mary, l'a enregistré en langue française, en langue française.
00:23:59Et en face, il y avait la chanson militaire la plus célèbre au monde que des millions de non francophones et parfois de non francophones analfabètes connaissent.
00:24:12C'est Le Boudin, la chanson de la Légion étrangère.
00:24:16Donc nous sommes ça. Nous sommes ce pays-là. Nous sommes le pays où les mêmes personnes, mutatistes, mutantistes, vont aimer Gréco qui chante les poètes
00:24:28en se disant c'est Saint-Germain-des-Prés, c'est la haute couture.
00:24:33La haute couture n'a rien à voir avec Saint-Germain-des-Prés dans les années 50.
00:24:36Aujourd'hui, oui, mais à l'époque, pas du tout.
00:24:40C'est une espèce de confusion entre la liberté sexuelle, la littérature, la mode, tout un tas de choses, tout un complexe.
00:24:52Et en même temps, le même public, étant rentré dans la chanson française par Juliette Gréco, va acheter un album de Mireille Mathieu, ce qui, nous, va nous indigner.
00:25:06Mais on va dire mais non, mais c'est pas possible, c'est pas cohérent du tout.
00:25:09Mais si, justement, c'est cohérent, c'est cohérent.
00:25:13Et souvent, d'ailleurs, quand on raisonne les raisons pour lesquelles notre chanson circule, on sous-estime la complète incohérence de notre image.
00:25:27C'est très intéressant, très agréable. Finalement, c'est paradoxe à répétition et qui fonctionne.
00:25:34Alors, du coup, Bérénice Ravach, vous avez le rôle ingrat, vous allez être notre femme du chiffre aujourd'hui.
00:25:41Est-ce que ces éléments qui sont évoqués, on les retrouve quand on regarde les statistiques que le Centre national de la musique veut bien établir ?
00:25:53Et est-ce qu'effectivement, on retrouve dans tous ces paradoxes des chiffres qui montrent que oui, le modèle français fonctionne ?
00:26:01Est-ce que le micro fonctionne ? Oui, le micro fonctionne.
00:26:04D'abord, je voudrais vous dire, comme votre président, que je suis très impressionnée d'être ici ce matin.
00:26:09C'est ma première prise de parole dans mes nouvelles fonctions.
00:26:12Je retrouve beaucoup de visages amis ici et de nouveaux visages avec lesquels j'échange désormais.
00:26:20Je suis donc la nouvelle directrice générale déléguée du CNM.
00:26:25Et je tiens à saluer mon prédécesseur Romain Lalex, qu'il n'hésite pas à me couper, à m'interrompre si je dis des bêtises ou pour me compléter.
00:26:37Et je voudrais vous présenter des excuses par avance parce que je vais vraisemblablement utiliser beaucoup d'anglicisme.
00:26:45Alors j'ai considéré que comme la semaine officielle n'avait pas encore tout à fait démarré, je pouvais me le permettre aujourd'hui.
00:26:56Donc en effet, je vais vous donner beaucoup de chiffres.
00:26:59C'est très délicat à faire après Bertrand Dical, qui en plus est un homme de radio, donc il sait très bien parler et qui nous fait toujours fredonner.
00:27:06On a envie de chanter « Monsieur le Président, je vous fais une lettre ». C'est plus sympa.
00:27:13Je voulais chanter un petit peu.
00:27:14Elle nous avait annoncé un karaoké. On l'a eu.
00:27:17Alors j'essaie de passer sur... Je me suis quand même appuyée sur des diapositives en bon français,
00:27:26où j'ai mis des images un peu festives pour compenser tous les chiffres que je vais vous servir maintenant.
00:27:34Donc je vais vous parler un peu de la production en langue française et de sa diffusion.
00:27:42Et puis, je dirais quelques mots aussi sur le dispositif d'accompagnement que le CNM a mis en place,
00:27:49notamment pour faciliter l'export de la chanson française.
00:27:54Alors sur la place de la musique francophone, s'agissant de la production,
00:28:00on voit qu'aujourd'hui, 44% des titres qui sont produits en France sont des chansons francophones.
00:28:10Donc c'est un chiffre assez important.
00:28:13On voit que le rap prédomine avec 90% de francophonie sur près de 5800 titres produits et déclarés en France,
00:28:24contre 72% seulement pour la variété pop.
00:28:29Concernant les clips, sur les 11 000 clips de nouveautés déclarés en 2023,
00:28:3633% d'entre eux ont été produits et enregistrés en France.
00:28:40Et parmi ces 33%, 70% des titres sont chantés en français.
00:28:45Donc on voit qu'il y a une bonne production française en langue française.
00:28:52Et vous pouvez retrouver tous ces chiffres en détail dans la publication annuelle que fait le CNM sur la diversité musicale, dans les médias notamment.
00:29:04Et justement, je passe à la diffusion en radio, en télévision et sur les plateformes de streaming.
00:29:12En radio, sur les plus de 132 000 titres recensés dans un panel de 65 radios,
00:29:1816% d'entre eux sont chantés en français.
00:29:22Mais on voit que leur exposition est très bonne puisqu'elle représente près de 40% des contacts.
00:29:30Les contacts, c'est la pondération des diffusions en fonction de l'audience.
00:29:34Donc 39% des contacts ont été réalisés par des titres francophones.
00:29:40En télévision, 41% des clips sont chantés en français.
00:29:46Et pour ce qui concerne les lives, les directs en plateau et la retransmission de concerts,
00:29:5240% des séquences recensées ont été chantées en français.
00:30:00Concernant le streaming maintenant, le CNM, dans son étude annuelle à laquelle je faisais référence sur la diversité musicale,
00:30:09analyse le top des 10 000 titres les plus streamés.
00:30:1453% d'entre eux étaient francophones en 2023, sur les 6 principales plateformes de streaming.
00:30:21Ces 10 000 titres ont généré 66 milliards de streams en 2023, dont 56% étaient issus des titres francophones.
00:30:33On voit que près de la moitié des streams, 30 milliards, étaient issus du rap, à 87% francophone.
00:30:40Et que la variété pop arrive ensuite avec 12 milliards de streams à 55% francophone.
00:30:47Je sais que le SNEP a donné des chiffres de 2024 mardi matin, mais on est globalement dans les mêmes chiffres.
00:30:59J'en viens à la diffusion en live.
00:31:0565% des représentations payantes en France en 2023 hors festival ont inclus au moins un artiste francophone.
00:31:15J'en viens maintenant à l'export.
00:31:18Vous le savez, le CNM, en partenariat avec le SNEP, certifie les singles et albums, les ventes réalisées hors France, des productions françaises.
00:31:35En 2023, 424 certifications à l'export ont été décernées, dont 281 singles et 43 albums.
00:31:45Ce qui représente une augmentation de 30% par rapport à 2022 et qui confirme la vitalité et le rayonnement de la musique française à l'international.
00:31:55Vitalité parce qu'il y a eu beaucoup de nouveautés certifiées en 2023.
00:32:01Et parmi l'ensemble de ces oeuvres certifiées, 56% d'entre elles sont interprétées en français.
00:32:10Ce qu'on peut noter s'agissant de l'export, alors je vais d'abord vous parler des esthétiques,
00:32:15puisqu'au global, les esthétiques qui s'exportent le plus sont le rap, suivi de la variété pop et du R&B.
00:32:27Ce qu'on voit sur les titres qui s'exportent le mieux, c'est qu'ils sont portés par les grands événements.
00:32:33Alors, évidemment, les JO ont eu un effet très fort sur un certain nombre de titres et d'artistes.
00:32:41Zaout Sagazan a bénéficié des JO avec plus de 25% d'écoutes au cours de l'année 2024.
00:32:49C'est le cas aussi de la chanson, comme d'habitude, de Claude François, qui avait été interprétée par Iseult au moment de la cérémonie de clôture.
00:32:58Mais c'est également porté par des événements comme l'Eurovision.
00:33:02Le président Ajdari faisait référence avec le titre de Louane.
00:33:07Mais cinq titres cette année à l'Eurovision seront chantés en français.
00:33:12C'est vrai pour la représentante de la France, pour la Suisse, pour le Luxembourg, mais également les Pays-Bas et Israël qui vont chanter des titres en français.
00:33:21Et c'est inédit depuis 1978.
00:33:24Donc, on voit que le français se porte bien.
00:33:27La chanson française se porte bien et elle est portée par ces grands événements internationaux qui font circuler partout dans le monde nos productions françaises en français.
00:33:43Quelques mots sur les dispositifs que le CNM a mis en place pour accompagner cette exportation des productions françaises.
00:33:54Alors, en bon français, What's the France est la marque de recommandation du CNM.
00:34:01What's the France, c'est à la fois de la production de contenus avec des séries comme Once Upon a Song en bon français,
00:34:09qui est présentée par Bertrand Dical à côté de moi et qui valorise le patrimoine musical français.
00:34:16Mais il y a également Way of Life, qui est une série qui met en valeur les nouveautés françaises.
00:34:27What's the France publie également des playlists pour mettre en avant les nouveautés de la production française, pour les diffuser partout dans le monde
00:34:36et a également imaginé, en partenariat avec l'Institut de France, un dispositif pédagogique Alors on chante,
00:34:43qui produit des fiches pédagogiques à destination de tous les enseignants de français dans le monde pour qu'ils puissent apprendre le français en chantant.
00:34:52Et on en parlait avec Brice Holmes juste avant d'entrer ici.
00:34:56Quelle meilleure façon d'apprendre une langue qu'en chantant, puisque même l'alphabet, on l'apprend en chantant.
00:35:01Je ne vais pas vous la faire comme le déserteur, mais en tout cas, What's the France joue un rôle clé dans le rayonnement international de la musique francophone.
00:35:14Et puis, nous avons aussi des ateliers de co-création internationale.
00:35:18Ce sont des sessions d'écriture qui réunissent des auteurs, des compositeurs français et internationaux,
00:35:25qui permettent là aussi d'inciter à la création de titres français.
00:35:32Ce sera notamment le cas au cours de la France Music Week, qui aura lieu en juin.
00:35:40Nous avons prévu à la Cité internationale de la langue française, pour faire suite à l'exposition de Bertrand,
00:35:48un programme de co-écriture avec 12 artistes, 6 artistes français, 6 artistes internationaux,
00:35:53qui créeront au cours de ces 4 jours d'atelier, 16 à 20 titres francophones,
00:36:00avec un objectif concret de sortie commerciale à l'issue de cette session de co-écriture.
00:36:07Et puis, je passe rapidement, mais on a également un crédit d'impôt phonographique avec une clause de francophonie
00:36:14qui permet là aussi de préserver la filière musicale francophone et française.
00:36:21Voilà, je vous ai donné pas mal de chiffres, je reste avec vous pour répondre à vos questions.
00:36:27Si d'aventure il y en avait, et je cède la parole, mais peut-être que Laurence...
00:36:32Petite présentation pour faire passer le relais, mais merci beaucoup.
00:36:35Et donc, on est quand même très soulagés, les chiffres rejoignent ce qui a été dit.
00:36:41Et vous avez raison de signaler que la chanson francophone, ça n'est pas que la chanson française.
00:36:46Et d'ailleurs, dépêche AFP, merci Antoine, de décembre 2024,
00:36:51une chanson francophone dépasse pour la première fois le milliard d'écoutes sur Spotify.
00:36:56Il s'agit d'une chanson d'un Québécois. Je ne sais pas si vous la connaissez.
00:37:01Elle s'appelle « Je te laisserai des mots » et le chanteur s'appelle Patrick Watson.
00:37:06Et donc, plus d'un milliard d'écoutes sur Spotify pour une chanson francophone
00:37:10que nous ne connaissons pas nécessairement aussi bien que les chansons françaises.
00:37:15Alors, Brissoms, vous êtes, vous, sur le terrain avec une multi-calsquette
00:37:21et vous êtes ici très connu aussi comme scénariste et dans vos différents parcours.
00:37:26Mais là, ce qui nous intéresse, c'est que vous êtes parolier, auteur,
00:37:30vous avez travaillé avec les plus grands chanteurs.
00:37:33Alors, c'est quoi qui fait qu'on peut aller vers l'international, qu'on peut avoir du succès ?
00:37:40Qu'est-ce qui explique finalement, selon vous, ce qui permet de dépasser la frontière
00:37:46et de réussir à avoir un autre public ?
00:37:50La langue française, évidemment. Donc moi, je suis un homme de mots.
00:37:56Je connaissais la chanson de Patrick Watson, c'est une vieille chanson en plus.
00:38:00Ça a été réactivé par l'utilisation dans un...
00:38:06Je ne chante pas, c'est pour ça que je vais chanter les autres.
00:38:12Mais effectivement, c'est une ancienne chanson qui a été réactivée par Tik Tok
00:38:17et par les réseaux sociaux et qui fait effectivement des vues incroyables.
00:38:21Mais par contre, c'est un artiste qui existe et qui fait encore et toujours
00:38:26de beaux albums et de très, très belles productions.
00:38:30Non, les mots et effectivement, comme Bertrand Dical l'a rappelé tout à l'heure,
00:38:35c'est une image de la France, mais c'est aussi un lieu commun.
00:38:40Alors moi, je voudrais parler des mots comme lieu commun,
00:38:43alors au sens propre, comme au sens figuré.
00:38:47Et je vais vous raconter deux petites anecdotes,
00:38:51une au sens figuré et une au sens propre.
00:38:54Il y a le lieu commun qui est celui où, évidemment, on assimile les choses.
00:38:58Et puis, il y a le lieu commun où on se retrouve, où on se rassemble.
00:39:02Alors pour celui dont on a l'image, le fantasme dont parlait tout à l'heure Bertrand Dical,
00:39:07je voudrais vous parler de deux films américains.
00:39:10Un qui s'appelle French Kiss de Laurence Cazedan avec Meg Ryan et Kevin Kline.
00:39:15Et puis un autre qui s'appelle Le Diable s'habille en Prada.
00:39:17Vous avez forcément tous vu, c'était un énorme succès.
00:39:20Le point commun entre ces deux films et entre la chanson française,
00:39:23c'est qu'il y a une chanson dans ces deux films qui s'appelle Les yeux ouverts.
00:39:27Et cette chanson, elle a une histoire de devoir assez particulière
00:39:30parce que ça ne repose que sur la langue.
00:39:33C'est un standard américain des années 30 qui s'appelle Dream a little dream of me,
00:39:37qui a été repris dans les années 60 par les mamas and papas,
00:39:40qui en ont refait un tube.
00:39:42Dream a little dream of me.
00:39:43Hé, j'ai chanté aussi.
00:39:46Et puis, cette chanson, on la retrouve dans ces deux films.
00:39:52Chantée par un groupe anglais qui s'appelle Beautiful South,
00:39:57dont la chanteuse ne parle pas français,
00:40:00et qu'elle chante en follitique avec un texte en français.
00:40:04Alors, effectivement, pourquoi?
00:40:06Parce que cette chanson, elle avait été adaptée pour un single de Enzo Enzo
00:40:13par Corinne et moi.
00:40:15Donc, ça me donne l'occasion de parler de moi, ce qui est toujours agréable.
00:40:18Mais on avait fait un texte français.
00:40:21Et juste pour dire que, d'abord, il y a eu dans les années 60,
00:40:25il y avait cette tradition, avant que les disques arrivent ici,
00:40:29sur les radios FM, d'adaptation en français.
00:40:32Donc, tout ce que chantaient certains chanteurs,
00:40:35comme Claude François, dont on a parlé tout à l'heure,
00:40:38c'était des adaptations du titre américain.
00:40:41Il y a eu un magnifique album du Goffret
00:40:44avec des adaptations de Bob Dylan écrites par Pierre Delannoy, etc.
00:40:48Donc, il y avait déjà une réécriture en français de titres.
00:40:54Et là, ce qui est amusant dans ce titre-là, c'est qu'effectivement,
00:40:58le seul lien, le seul lieu commun avec Paris,
00:41:03où évidemment ça se passe en France quand on entend cette chanson,
00:41:07c'est le texte.
00:41:09Standard américain, chanteuse anglaise et seul le texte français.
00:41:13Donc, voilà un premier lieu commun qui est de dire,
00:41:16finalement, c'est la langue, c'est la langue française qui incarne
00:41:20le fantasme dont vous parliez tout à l'heure de Paris, mais pas que,
00:41:23qui incarne aussi le fait qu'il y ait cette musicalité,
00:41:26il y ait ce son de la langue française.
00:41:29On peut trouver ça charmant.
00:41:32Chaque langue est un voyage.
00:41:35J'aime bien cette définition.
00:41:37Il y a un grand chanteur corse qui s'appelle Petru Gelfucci,
00:41:41qui est décédé il y a quelques temps.
00:41:43Et il disait, quand j'entends une langue, quand j'entends un accent,
00:41:47j'entends un endroit, j'entends un pays, j'entends un territoire.
00:41:50Donc voilà, quand on entend la langue française,
00:41:52on entend l'idée qu'on se fait de la France,
00:41:54mais on entend aussi le rayonnement de la France.
00:41:57Mais c'est aussi un endroit où on se retrouve.
00:41:59Alors là, je voudrais très rapidement vous parler du lieu commun,
00:42:02celui qu'on a en commun et où on se retrouve,
00:42:04qui est celui de la francophonie.
00:42:06La première fois où je suis arrivé en Louisiane,
00:42:08qui est un endroit où je vis une partie de l'année,
00:42:12pas mal maintenant,
00:42:14j'entendais un petit groupe de jeunes qui chantaient.
00:42:17Et on me dit, tu vas voir, ils chantent en français.
00:42:20Et puis alors, j'écoute et je dis, non, ce n'est pas du français.
00:42:23Il y a des mots français dedans, mais ce n'est pas du français.
00:42:26Et en fait, en discutant avec eux,
00:42:28je m'aperçois qu'ils ne parlaient pas français.
00:42:31Mais comme ils voulaient chanter en français de la musique cajun,
00:42:34ils avaient pris des phrases dans des chansons anciennes
00:42:37qu'ils avaient collées ensemble.
00:42:39Et l'idée, c'était de chanter en français.
00:42:41C'était de dire qui on est.
00:42:43C'était de dire, voilà, nous, on est cajun,
00:42:45on chante en français et on chante avec la langue française.
00:42:48Alors, il y a un joli proverbe qui dit que si vous voulez faire une table,
00:42:51il faut commencer par faire pousser un arbre.
00:42:53Ils ont fait pousser un arbre.
00:42:55Il y a le Conseil pour le développement du français en Louisiane
00:42:58qui a installé des classes d'immersion en français dans 76 écoles.
00:43:02Et aujourd'hui, 30 ans plus tard,
00:43:04les jeunes générations qui chantent de la musique cajun
00:43:08et il y a une profusion de ça,
00:43:11ils écrivent et ils chantent en français.
00:43:15Alors, en français cajun, en français canadien, en français français.
00:43:19Il y a toutes les nuances qui se sont formées.
00:43:22On parlait de la langue tout à l'heure.
00:43:25C'était effectivement une langue qui s'était rétrécie
00:43:27parce qu'elle n'était plus écrite, elle était parlée.
00:43:30Par exemple, tout ce qui est un animal, c'est un bétail.
00:43:34Un chien, c'est un petit bétail.
00:43:36Si vous voulez parler d'une femme enceinte, on dit qu'elle est en famille.
00:43:40On a gardé que les mots dont on avait besoin.
00:43:42Et maintenant, cette langue se reconstitue
00:43:45parce qu'on recommence à la parler et surtout, on recommence à l'écrire
00:43:48et surtout, on recommence à la chanter.
00:43:51Et ça, c'est hyper important parce qu'il y a toute une génération maintenant
00:43:55qui se reconnaît, comme on en parlait tout à l'heure dans le rap,
00:43:59dans le fait de chanter en français.
00:44:02Et donc ça, c'est hyper important parce que moi, je dirais que la francophonie,
00:44:06elle va bien.
00:44:08Elle va bien au sens d'aller.
00:44:11Elle va bien parce qu'elle s'incarne de plus en plus dans des nouvelles générations
00:44:18qui se reconnaissent dans cette langue,
00:44:21qui ont envie de dire qui ils sont, qui ont envie de se retrouver,
00:44:24qui ont envie de partager ensemble.
00:44:26Et on voit bien qu'elle s'adresse déjà aux francophones.
00:44:28On parlait du Canada.
00:44:31Mais elle s'adresse aussi aux non francophones.
00:44:34Et effectivement, comme Bertrand Dical le rappelait tout à l'heure,
00:44:38des artistes comme Zaz au Japon ou en Asie, comme José Jonathan.
00:44:43Et il y a même des artistes qu'on ne voit pas beaucoup en France
00:44:47et qui ont des succès énormes.
00:44:49Moi, j'ai vu Delgrès, le groupe de Pascal Danaé qui chante en créole
00:44:53parce qu'on parle de la francophonie.
00:44:55C'est aussi les langues dites vernaculaires
00:44:57et aussi les langues parlées dans l'espace francophone.
00:45:02Delgrès, moi, je les ai vus deux fois aux États-Unis en remplissant des festivals.
00:45:09Là, j'ai regardé par curiosité hier soir.
00:45:12Ils sont en Nouvelle-Zélande.
00:45:14Ce sont des gros festivals.
00:45:16Delgrès, en France, pas grand monde connaît pour l'instant.
00:45:21Il y a quand même quelque chose dans l'expression de notre langue
00:45:27et dans le partage de notre langue qui fait commun
00:45:30et qui participe au rayonnement de la France.
00:45:33Vous savez, il y a ce proverbe aussi qui dit que quand on part,
00:45:37on emmène avec soi sa cuisine et sa langue et ses chansons.
00:45:41Effectivement, les chansons, c'est quelque chose qui parle aux gens.
00:45:45C'est quelque chose qui est accessible.
00:45:46C'est quelque chose qui permet de danser, de chanter, de partager
00:45:49et ce sont des émotions.
00:45:51C'est des émotions humaines.
00:45:52C'est la joie, la peine, c'est l'amour.
00:45:55Vous parliez des chansons d'amour tout à l'heure, Bertrand.
00:45:59Tous les sentiments humains auxquels on peut se reconnaître,
00:46:02auxquels on peut se racacher, dans lesquels on peut se reconnaître,
00:46:05c'est du partage.
00:46:07Effectivement, le fait d'avoir la langue en plus,
00:46:10cette spécificité du français qui est effectivement cette langue de combat,
00:46:17mais aussi cette langue de l'amour, les gens ne les écoutent pas pareils.
00:46:22Et il y a un intérêt partout.
00:46:24Et je pense que le rayonnement de la France,
00:46:26le rayonnement culturel de la France passe beaucoup par les chansons.
00:46:32Merci beaucoup.
00:46:34Écoutez, c'était vraiment passionnant.
00:46:36Ce qu'on retient, c'est quand même qu'il n'y a pas de recette
00:46:41et que ça tient finalement quelque part à une espèce d'éclectisme,
00:46:46de diversité, peut-être de dynamisme interne.
00:46:51Et que justement, ça peut être du rap,
00:46:55ça peut être de la chanson traditionnelle.
00:46:57Et il y a quelque chose qui fait qu'à un moment donné,
00:47:00ça fonctionne, ça continue à fonctionner
00:47:02et que ça porte quelque part cette image de la France
00:47:06qu'on aime parfois, qu'on aime un peu moins,
00:47:08mais peu importe.
00:47:10Cette image qui permet d'aller vers l'autre
00:47:14et qui permet aussi d'avoir cette langue française
00:47:19au centre de nos réflexions.
00:47:21Donc vraiment, merci beaucoup.
00:47:22Mais tout ça, tout ce succès,
00:47:24c'est aussi porté par tous les acteurs qui sont présents dans cette salle.
00:47:28Les acteurs de l'audiovisuel,
00:47:30les représentants des sociétés d'auteurs.
00:47:34Et c'est vraiment un collectif, en quelque sorte,
00:47:38qui s'inscrit dans ce développement de la chanson francophone.
00:47:41Donc le moment est peut-être venu de partager avec vous.
00:47:44Donc vous avez compris, il faut juste chanter,
00:47:46proposer une question ou pour faire une observation.
00:47:49Donc Moyenne Ankoa, vous êtes les bienvenus dans ce débat
00:47:54en remerciant infiniment, évidemment,
00:47:57cette ouverture des débats par nos trois intervenants.
00:48:03Présentée comme ça, je reconnais que ce n'est pas simple de se lancer.
00:48:07Bérénice va vous accompagner.
00:48:09Je vais rechanter un petit morceau.
00:48:11J'ai oublié de parler des séries
00:48:13qui sont aussi un vecteur énorme d'exportation des titres français.
00:48:18Récemment, c'est Nana Mouskouri qui fait plus de 4000%
00:48:23d'écoutes en plus sur les plateformes
00:48:26grâce à la série Cassandra qui est numéro un sur Netflix.
00:48:30Et donc, quand tu chantes, quand tu chantes,
00:48:33et beaucoup, beaucoup, beaucoup écouter en allemand,
00:48:36mais aussi en français.
00:48:39Et Aznavour, avec le titre M'échappe hier encore,
00:48:45dans la série Lupin, là aussi,
00:48:48a eu un succès énorme après la diffusion de la série.
00:48:52Et tant que je tiens le micro,
00:48:54je voudrais rendre hommage à quelqu'un qui va bientôt quitter la radio
00:48:57et qui, pendant toute sa carrière,
00:48:59a beaucoup favorisé l'exposition de la chanson française.
00:49:02C'est Nathalie André, qui est dans le public.
00:49:05Et comme elle quitte bientôt la radio de service public,
00:49:09je tenais à lui rendre hommage.
00:49:12Bonjour à toutes et tous.
00:49:30Evidemment, je souscris à tout ce qui a été dit brillamment par vous.
00:49:39Mais néanmoins, il y a des effets extrêmement positifs
00:49:45à la plateformisation de la musique.
00:49:47C'est indéniable.
00:49:49En premier lieu, pour la chanson francophone,
00:49:52il y a d'autres artistes qui bénéficient d'une exposition
00:49:56qu'ils n'auraient jamais pu avoir aujourd'hui.
00:49:59Mais paradoxalement, plus par le spectacle vivant
00:50:02que par la diffusion de leur musique.
00:50:04Je pense à des groupes comme La Femme,
00:50:06l'impératrice qui fait quand même des tournées aux Etats-Unis
00:50:09devant 10 000 à 15 000 personnes aujourd'hui sur leur nouvel album.
00:50:13C'est assez considérable.
00:50:15On peut imaginer qu'il ne s'agit pas que d'Américains dans la salle.
00:50:19Mais en même temps, ce bilan est assez contrasté
00:50:21parce qu'on a parlé de francophonie.
00:50:24Donc, on est obligé de parler de nos cousins du Grand Nord,
00:50:27qui sont les Québécois.
00:50:29Et qu'aujourd'hui, la scène québécoise extraordinaire,
00:50:33je dis bien extraordinaire au sens premier du terme,
00:50:36a du mal à venir s'implanter en France.
00:50:41Alors que dans les années 80, on a connu ça,
00:50:44pour les plus anciens, et surtout les années 90,
00:50:47il y a eu des passerelles extraordinaires
00:50:49entre le Québec et la France.
00:50:51Alors aujourd'hui, ce mouvement de contraction,
00:50:56il est un peu contrebalancé par une scène belge extrêmement vivante
00:51:01qui, elle, réussit un peu plus à venir percuter les oreilles françaises.
00:51:07Mais c'est vrai que, je ne parle même pas de la Suisse,
00:51:10qui est quand même un pays extrêmement important,
00:51:13pays dans lequel se déroulera l'Eurovision cette année.
00:51:16Mais c'est vrai qu'on assiste quand même à une difficulté
00:51:20de l'exposition de la chanson francophone chez nous, Français.
00:51:26Et que c'est un sujet, à mon sens, qu'il faudra travailler.
00:51:29Les Québécois font ce qu'ils peuvent avec un arsenal de dispositifs
00:51:34pour soutenir la création de la chanson parlée en langue francophone.
00:51:41Ils ont aussi beaucoup de difficultés à continuer à avoir une chanson
00:51:46parlée en français qui se diffuse sur les ondes.
00:51:49Donc je voulais juste intervenir là-dessus pour modérer un petit peu.
00:51:52Moi, c'est normal, je suis vierge, ascendant vierge,
00:51:56donc je suis toujours un peu pessimiste.
00:51:59Je vois toujours l'ouvert à moitié plein.
00:52:02Mais c'est quand même un vrai sujet pour les années à venir.
00:52:05Parce que cette scène québécoise, qui est absolument magistrale,
00:52:10aujourd'hui, ne trouve plus de public en France.
00:52:13Juste une chose, je suis tout à fait d'accord avec toi, Didier.
00:52:21Et en plus, de ton point de vue, tu as une observation extrêmement fine.
00:52:27Je dirais presque mois par mois absolument microéconomique
00:52:30de comment ça se passe pour chaque artiste.
00:52:32Mais ce qui est fascinant dans les difficultés de la scène québécoise
00:52:36aujourd'hui, c'est aussi la rétractation du soutien politique
00:52:45à cette scène au Québec.
00:52:47C'est incontestable, les artistes le disent.
00:52:50Les professionnels le disent.
00:52:53À partir du moment où il n'y a pas un soutien indéfectible,
00:53:00actif, pluriel, par exemple des collectivités territoriales,
00:53:05ce qui est le cas au Québec, dans le démantèlement d'un certain
00:53:09nombre de salles, de festivals, les cégeps qui ne font plus
00:53:15leur fameuse tournée des cégeps, qui ont été si intéressantes
00:53:18ces artistes français qui voulaient s'exporter au Québec.
00:53:21Et c'est même un avertissement pour nous.
00:53:24C'est vraiment un avertissement pour nous.
00:53:26Parce que si la musique française s'exporte si facilement
00:53:32et parfois avec cette réactivité complètement dingue qui est de dire
00:53:37tiens, on a les données Spotify, on a les données YouTube.
00:53:42On voit bien que ce titre-là, il marche en Slovénie.
00:53:47Pourquoi il ne marche pas en Croatie ?
00:53:50On ne sait pas, mais il marche en Slovénie.
00:53:52Donc on va chercher un partenaire en Slovénie.
00:53:54On va faire des concerts en Slovénie.
00:53:56Et il va se passer quelque chose pour cet artiste en Slovénie.
00:53:59Je caricature pas.
00:54:01C'est vraiment comme ça que travaillent les producteurs,
00:54:03notamment les producteurs de spectacles.
00:54:05Et c'est cet outil extraordinaire des plateformes.
00:54:10Il ne peut fonctionner que s'il y a une bonne santé de la filière.
00:54:16Si les producteurs, les artistes, les éditeurs, les labels
00:54:21sont assis sur un ensemble de dispositifs,
00:54:24les quotas en est un, l'action du CNM en est un autre.
00:54:32C'est vraiment, c'est presque un truisme.
00:54:38C'est un lieu commun, pour le coup,
00:54:40de dire que c'est réellement un travail, entre guillemets, national,
00:54:45de tous les acteurs.
00:54:47Absolument.
00:54:49Et merci à Didier Varaud de nous parler de ça,
00:54:53parce que c'est extrêmement important.
00:54:55Moi, j'ai beaucoup travaillé avec des artistes québécois,
00:54:58des connus qu'on connaît en France,
00:55:00comme Daniel Lavoie ou Isabelle Boulet,
00:55:02mais aussi avec beaucoup d'artistes québécois
00:55:04qui sont connus là-bas et pas du tout ici.
00:55:06Il n'y a aucune de mes chansons.
00:55:08Pourtant, on a gagné un Félix, avec Laurence Ely,
00:55:11n'est parue ici.
00:55:14Je crois que ça tient aussi à une question de genre.
00:55:19Je me suis amusé hier soir, avant de venir,
00:55:21à regarder le Top 50 Spotify.
00:55:23Ce ne sont pas les radios, c'est les plateformes.
00:55:26Il y avait une chanson française, une ligne.
00:55:31Il y avait huit artistes de pop international.
00:55:36Tout le reste, c'était de l'urban en français.
00:55:39Mais c'était de l'urban.
00:55:41J'ai regardé le Top UK.
00:55:44Il y avait huit titres d'urban.
00:55:48J'ai regardé le Top américain.
00:55:50Il y en avait 13.
00:55:52Tout le reste, c'était de la chanson, du rap, du country, etc.
00:55:59Je crois que l'expression française,
00:56:03parce que c'est le texte qui prédomine dans le rap et l'urban,
00:56:07c'est ce qu'on écoute le plus, parce que là, on écoute le texte.
00:56:11Je pense qu'il y a un déficit d'exposition de la chanson,
00:56:14en tout cas sur ces plateformes,
00:56:17qui ne laisse pas beaucoup de place aux Québécois ou aux Canadiens
00:56:22qui, eux, font majoritairement de la chanson,
00:56:25et de la chanson française en français.
00:56:28Donc, il y a peut-être aussi un petit delta de genre
00:56:32qui fait que cette chanson québécoise,
00:56:36qui est vraiment segmentée sur la chanson, la mélodie,
00:56:39parce que c'est ce qu'ils font et c'est ce qu'ils aiment là-bas,
00:56:42même s'il y a des supers artistes de rap aussi et d'urban au Québec,
00:56:47il y a peut-être aussi ce gap de genre.
00:56:51Et peut-être qu'aujourd'hui, le texte est davantage écouté
00:56:55là où le texte est prédominant,
00:56:57là où il dit le plus de choses, peut-être.
00:57:00Je ne sais pas si quelqu'un...
00:57:01Je crois qu'on a un représentant de Spotify dans l'atelier.
00:57:04Non ? Il est peut-être parti entre-temps.
00:57:09Si ? Vous êtes là ?
00:57:14Nous avons un représentant officieux de Spotify,
00:57:16donc vous n'êtes pas obligé de...
00:57:18Mais je ne travaille pas à Spotify, je représente Spotify,
00:57:23et j'aimerais juste nuancer le propos sur la représentativité des genres
00:57:29au sein notamment du top 50, parce qu'en fait,
00:57:34ce qu'on observe, c'est que plus le marché est mature
00:57:37en termes de pénétration du streaming,
00:57:42ce qui est vraiment le cas aux Etats-Unis et le cas en Grande-Bretagne,
00:57:48la part du rap et de l'urbain, elle diminue très fortement.
00:57:54Et donc, c'est beaucoup la population qui consomme
00:57:58qui va avoir un impact sur le top 50.
00:58:03C'est extrêmement important.
00:58:13Alors peut-être juste un petit mot.
00:58:15Un petit mot de Bertrand, dit qu'il a la réponse, et ensuite...
00:58:18Voilà, juste une petite chose.
00:58:20Vous le savez ou vous ne le savez pas, je suis le directeur général du Nouveau Centre Culture aussi,
00:58:23donc on passe notre vie à scruter les chiffres,
00:58:26et on a, avec une plateforme concurrente, désolé,
00:58:30on est en train de réfléchir à un top qui est assez amusant,
00:58:37qui est de faire un top des artistes féminins.
00:58:40On n'y a jamais pensé.
00:58:42Bon, voyons ce que ça donne.
00:58:44Et ce qui est très intéressant, c'est que quand on prend un top des artistes féminins,
00:58:48on a une espèce de rééquilibrage mécanique des genres
00:58:55et qui prouve justement une extraordinaire,
00:58:58alors pour le coup, un total éclatement des genres,
00:59:01entre l'urban, la pop, la pop en anglais, la chanson électro,
00:59:05la chanson entre guillemets traditionnelle,
00:59:08l'album de reprise de Barbara,
00:59:11puisque beaucoup de gens font des albums de reprise de Barbara,
00:59:14et ça c'est réellement intéressant,
00:59:18indépendamment du fait que la musique urbaine est extraordinairement déséquilibrée en termes de genre.
00:59:24C'est à peu près 95% des ventes et des streams concernent des artistes masculins.
00:59:29Le reste c'est à Yann Camorra.
00:59:31Voilà, c'était juste ça.
00:59:34Et je soutiens vraiment à 2000% sur cette maturité du marché.
00:59:41Actuellement, sur Spotify en particulier,
00:59:44il y a une domination d'un public masculin, adolescent.
00:59:48Allez-y.
00:59:49Venez vers Cagnolari, RFI.
00:59:51Je voudrais compléter un peu ce que disait Didier,
00:59:54parce que quand on parle de chansons francophones,
00:59:5770% de la francophonie, elle est chez d'autres de nos cousins qui sont en Afrique.
01:00:02Et cette francophonie-là est certainement pas assez représentée,
01:00:06pourtant elle a énormément de richesse.
01:00:08Elle ajoute à la langue française,
01:00:11comme disait Antoine Paté, couleur vin rouge de Bordeaux,
01:00:14d'autres mots, d'autres couleurs.
01:00:16Puisqu'on parle de chansons, on pourrait se rappeler
01:00:19le chanteur et cadavrer de Zao dans une vieille chanson,
01:00:22Ancien Combatant.
01:00:24Et cette musique francophone, cette chanson d'expression francophone-là,
01:00:28avec toute cette diversité,
01:00:30je la trouve pas suffisamment représentée,
01:00:32pas suffisamment prise en compte, la même dans ce qu'on dit.
01:00:35Et c'est vrai aussi des créoles, du français,
01:00:38qui notamment, moi je trouve, dans nos médias,
01:00:41existent très très peu.
01:00:43Des chanteurs et des chanteuses d'expression francophone.
01:00:46Donc ça serait bien qu'on arrive toujours à prendre
01:00:49cette francophonie au sens très très large.
01:00:51Et puis, puisqu'on parlait de la francophonie africaine,
01:00:54beaucoup de jeunes rappeurs,
01:00:56même des moins jeunes qui sont ici,
01:00:58sont d'ascendance africaine.
01:01:00De plus en plus, ils vont sur le continent africain
01:01:03faire des clips, voir y habiter,
01:01:05comme Youssoupha qui s'est installé à Abidjan.
01:01:07Et en fait, il y a des connexions qui se font
01:01:09entre les français de deuxième génération
01:01:11et les musiciens en Afrique,
01:01:13parce qu'ils partagent cette langue en commun.
01:01:15Et donc tout ce trésor-là,
01:01:17en fait je trouve qu'on le sous-exploite
01:01:19de manière globale, sans pointer personne.
01:01:21Voilà, c'était juste le sens de mon intervention.
01:01:23C'est très important de le rappeler.
01:01:28C'est que c'est l'essentiel.
01:01:30Ce que tu viens de dire, c'est l'essentiel.
01:01:32La chanson francophone, son enjeu...
01:01:34Tu voulais bien parler dans le micro
01:01:36pour que ceux qui sont à distance puissent vous entendre.
01:01:38La chanson francophone, son enjeu, c'est l'Afrique.
01:01:41350 millions de personnes,
01:01:43350 millions du public.
01:01:47C'est ça.
01:01:4930% des streams réalisés par des artistes en France
01:01:51sont d'origine du Congo.
01:01:53Tous. La majorité.
01:01:55L'apport de la rumba congolaise
01:01:57aujourd'hui dans le marché de la francophonie
01:01:59est gigantesque.
01:02:01Donc ce que tu viens de dire est essentiel.
01:02:03On parle du Québec, moi je veux bien,
01:02:05mais en termes de population, c'est très peu.
01:02:07Kinshasa est la première ville francophone mondiale
01:02:09devant Paris.
01:02:11Dans le top 10 des villes francophones mondiales,
01:02:13il n'y a que Paris.
01:02:15Donc l'enjeu de la chanson francophone,
01:02:17c'est l'Afrique francophone.
01:02:19Et c'est intéressant aussi
01:02:21de voir, après,
01:02:23il y a des règles. Non, il y a un marché.
01:02:25L'accessibilité de la musique a permis,
01:02:27les plateformes de streaming ont permis
01:02:29à un moment donné une accessibilité totale.
01:02:31Avant la francophonie,
01:02:33il y a un problème qui était la distribution.
01:02:35Aujourd'hui,
01:02:37on est sur des diasporas
01:02:39qui initient des mouvements.
01:02:41On est sur un modèle
01:02:43qui est complètement différent.
01:02:45Quand on parle de 100 000 albums auparavant,
01:02:47c'était 100 000 personnes qui achetaient un album.
01:02:49Aujourd'hui, 10 000 personnes
01:02:51peuvent générer
01:02:53100 000 ventes.
01:02:55Donc on est sur des marchés qui sont complètement différents.
01:02:57On est passé d'un capitalisme horizontal
01:02:59à un capitalisme vertical.
01:03:01Donc tout a totalement changé.
01:03:03Moi, je ne suis pas d'accord avec votre analyse
01:03:05d'une manière générale.
01:03:07Je pense que le mouvement
01:03:09est assez clair.
01:03:11Ce qui est important aujourd'hui,
01:03:13c'est le développement des plateformes de streaming
01:03:15en Afrique francophone.
01:03:17Parce que c'est ça qui va renforcer,
01:03:19régénérer la chanson francophone.
01:03:21La progression est très forte,
01:03:23mais elle part de très bas.
01:03:25Donc,
01:03:27il va falloir que ça devienne rapidement
01:03:29un des enjeux majeurs.
01:03:31C'était pour rebondir
01:03:33sur ce que tu viens de dire.
01:03:35Oui, l'Afrique est le moteur
01:03:37de la francophonie.
01:03:39Le moteur.
01:03:41Si à un moment donné,
01:03:43ce paysage,
01:03:45si ce marché ne se développe pas
01:03:47en streaming, payant,
01:03:49je dirais que la francophonie
01:03:51aura du souci à se faire.
01:03:53Parce qu'il ne faut pas se tromper.
01:03:55Le marché occidental,
01:03:57parce qu'on a tendance à penser
01:03:59que le monde, c'est l'Occident.
01:04:01L'Europe et les Etats-Unis, c'est 14%
01:04:03de la population mondiale.
01:04:0586 autres %. L'Asie et l'Inde,
01:04:07c'est 60%. L'Afrique, c'est 20%.
01:04:09C'est en plein développement.
01:04:11La vision qu'on a également
01:04:13de l'Afrique,
01:04:15une vision totalement erronée, même en Afrique.
01:04:17C'est-à-dire qu'on est un pays assez vieux.
01:04:19On est vieux
01:04:21dans nos populations,
01:04:23dans nos structures d'audience.
01:04:25Ce qui n'est pas le cas de l'Afrique.
01:04:27Elle est extrêmement jeune, 50% de la population.
01:04:29En Algérie, en Côte d'Ivoire
01:04:31ou ailleurs, je suis fasciné
01:04:33par les débats que je peux entendre
01:04:35et les images projetées
01:04:37en France et la réalité
01:04:39qui est vécue par les gens là-bas.
01:04:41Les gens sont jeunes. La majorité
01:04:43en Algérie, 50%
01:04:45à moins de 20 ans ou 25 ans.
01:04:47Fondamentalement, 62,
01:04:49c'est pratiquement
01:04:51leurs arrières-grands-parents.
01:04:53Donc ça change complètement les choses.
01:04:55Pour moi,
01:04:57c'était important
01:04:59de rebondir sur ce que tu viens de dire.
01:05:01La chanson francophone, son enjeu,
01:05:03c'est l'Afrique.
01:05:05C'est déjà le cas aujourd'hui,
01:05:07puisque le streaming domine et l'urban domine.
01:05:09En effet, ça a été rappelé
01:05:11clairement. Mais n'oubliez pas
01:05:13que 30% des streams en France
01:05:15réalisés sont par des artistes d'origine
01:05:17congolaise et que le Congo
01:05:19est le premier pays francophone
01:05:21mondial.
01:05:23Merci beaucoup. Effectivement, je pense
01:05:25que c'était important de le rappeler. Monsieur,
01:05:27vous aviez demandé ? Oui, bonjour, Alexandre Dach
01:05:29pour le SNEP.
01:05:31Laurent a parlé d'or. D'ailleurs, je voudrais
01:05:33souligner qu'on a
01:05:35deux alliés avec Margot de Merseman
01:05:37ou Diadam Dio, qui sont d'ailleurs
01:05:39d'anciennes camarades de jeu du CNM
01:05:41qui travaillent sur ces questions et qui
01:05:43travaillent la structuration
01:05:45de ces marchés. Donc évidemment,
01:05:47c'est très important.
01:05:49Je voulais revenir pour ma part sur
01:05:51la discussion tout à l'heure sur
01:05:53ce qu'on voit dans le top 50 et
01:05:55la représentation des
01:05:57genres dans ce top. Camille l'a
01:05:59dit, ça tient aussi beaucoup évidemment
01:06:01au taux de pénétration qui est encore
01:06:03insuffisant en France. Il y a un autre
01:06:05élément important, c'est qu'il
01:06:07faut arrêter de regarder seulement les tops parce
01:06:09que quand on regarde, nous, le top 200 streaming
01:06:11qu'on publie,
01:06:13ça représente à peine 7% de
01:06:15la consommation totale.
01:06:17Ce n'est pas pour minorer les performances du rap. Elles sont
01:06:19réelles et elles sont réelles aussi en conso
01:06:21totale. Quand on regarde la consommation totale
01:06:23d'albums, rap, hip-hop
01:06:25et R&B, c'est
01:06:27un tiers de la consommation totale.
01:06:29Et le méta-genre
01:06:31très large qui
01:06:33arrive en tête, c'est pop, rock
01:06:35et chansons françaises à 47%.
01:06:37Donc,
01:06:39les choses sont plus équilibrées qu'on ne le croit.
01:06:41Il faut aussi regarder la conso
01:06:43dans sa globalité
01:06:45et ne pas s'arrêter seulement au top, même si
01:06:47évidemment, c'est très évocateur et
01:06:49très emblématique de la consommation.
01:06:51Ça ne reste néanmoins qu'une
01:06:53partie, finalement, assez peu
01:06:55substantielle. Je voudrais remercier
01:06:57l'ARCOM aussi d'avoir organisé
01:06:59ce moment d'échange. C'est important
01:07:01pour nous, producteurs, d'entendre
01:07:03l'ARCOM s'engager sur
01:07:05les questions de francophonie et de chansons
01:07:07francophones. On sait que c'est dans vos missions
01:07:09mais vraiment, ça nous fait plaisir
01:07:11d'entendre les propos qu'on a pu
01:07:13entendre ce matin et de continuer
01:07:15à être en échange avec vous sur ces
01:07:17sujets, renouvelés sans doute
01:07:19aussi par le développement
01:07:21de l'intelligence artificielle générative.
01:07:23Mais c'est un autre sujet, il faudra qu'on y revienne.
01:07:25Fallait le citer.
01:07:27Voilà. Et pardon, je termine
01:07:29rapidement avec une question néanmoins
01:07:31qui s'adresse
01:07:33à Berenice et
01:07:35au CNM,
01:07:37qui est à la fois une déclaration de volonté.
01:07:39On a un enjeu, on l'a vu ce
01:07:41matin sur l'export de la chanson
01:07:43francophone et des productions
01:07:45françaises plus généralement.
01:07:47Aujourd'hui, on a aussi un enjeu de
01:07:49diplomatie culturelle à cet endroit-là
01:07:51parce que quand on a des
01:07:53succès, qu'on repère
01:07:57des frémissements sur un territoire,
01:07:59on doit avoir, et on le repère bien
01:08:01avec les plateformes de streaming,
01:08:03on doit avoir la capacité à se projeter,
01:08:05c'est-à-dire à envoyer nos artistes sur place
01:08:07pour qu'ils se produisent, pour qu'ils fassent de la
01:08:09promotion, pour qu'ils
01:08:11aillent au contact du public.
01:08:13Le CNM est déjà présent pour aider
01:08:15à cela, mais
01:08:17ce que je voulais dire sur la
01:08:19diplomatie culturelle, c'est qu'il faut aussi
01:08:21qu'on travaille sans doute avec le Quai,
01:08:23peut-être avec la Commission européenne
01:08:25sur la manière d'établir une forme de
01:08:27réciprocité.
01:08:29On accueille très facilement et très simplement
01:08:31les artistes britanniques
01:08:33ou américains en France.
01:08:35C'est très compliqué, et Brice,
01:08:37peut-être que tu pourras en témoigner aussi,
01:08:39d'envoyer des groupes,
01:08:41d'envoyer un artiste
01:08:43se produire aux Etats-Unis, par exemple.
01:08:45Le coût des visas est extrêmement élevé.
01:08:49Il faudrait qu'il y ait une réciprocité
01:08:51à cet endroit-là aussi, et peut-être
01:08:53qu'il faut y travailler avec
01:08:55le Quai et avec les pouvoirs publics,
01:08:57d'une manière générale.
01:08:59Je partage complètement
01:09:01ce que tu viens de dire, Alexandre,
01:09:03et ce sera d'ailleurs l'objet
01:09:05des discussions qui auront lieu à l'occasion de la
01:09:07Music Week, qui doivent mettre en relation
01:09:09la filière française
01:09:11avec l'ensemble des acteurs à l'international.
01:09:13Mais je partage
01:09:15évidemment
01:09:17ce constat
01:09:19et la nécessité
01:09:21d'y travailler avec les acteurs
01:09:23concernés.
01:09:25Oui, c'est très juste. C'est très difficile
01:09:27de faire venir des artistes
01:09:29aux Etats-Unis. Moi, j'ai collaboré
01:09:31longtemps à un festival en Louisiane,
01:09:33à la Fayette, un festival international.
01:09:35On était obligés de récupérer des artistes
01:09:37qui étaient déjà sur le territoire américain.
01:09:39Sinon, on n'avait aucune possibilité
01:09:41de payer les visas. Et on a pu avoir
01:09:43Angélique Kidjo, Benoît Mariam,
01:09:45Rokia Traoré,
01:09:47les 4 étoiles de Dakar.
01:09:49On a eu des artistes
01:09:51formidables, extraordinaires, qui ont fait des succès,
01:09:53mais parce qu'on pouvait les récupérer, ils étaient déjà
01:09:55sur le territoire américain. C'est super compliqué
01:09:57d'avoir les visas. Et merci d'avoir
01:09:59dit ça, parce qu'il y a aussi
01:10:01une difficulté à entendre
01:10:03ce qu'on appelait les musiques du monde,
01:10:05ce qu'on appelle les musiques d'ailleurs maintenant.
01:10:07C'est pareil, il n'y a pas beaucoup
01:10:09de représentation de ça. C'est comme la chanson.
01:10:11C'est des musiques qu'on n'entend pas encore
01:10:13beaucoup et qui ont pourtant une extrême
01:10:15vitalité avec aussi beaucoup
01:10:17de jeunes groupes.
01:10:19Et puis effectivement, je souscris
01:10:21à ce que disait
01:10:23Laurent Bounaud pour
01:10:25le rap, effectivement, et pour l'urban.
01:10:27Ces artistes congolais,
01:10:29ces artistes camerounais
01:10:31qui sont là, qui viennent de
01:10:33traditions musicales très fortes,
01:10:35avec des immenses
01:10:37artistes qui ont fait
01:10:39leur culture musicale. Beaucoup sont des
01:10:41enfants de musiciens,
01:10:43dans ce que vous avez cité.
01:10:45Donc effectivement,
01:10:47ils reviennent maintenant
01:10:49en Afrique francophone.
01:10:51Il y a eu Taïk aussi,
01:10:53qu'on n'a pas cité, qui ont fait
01:10:55des immenses concerts avec beaucoup de monde.
01:10:57Et ça, c'est
01:10:59vraiment important parce que c'est un vecteur
01:11:01aussi, effectivement,
01:11:03une population très jeune, extrêmement
01:11:05créative,
01:11:07avec un développement
01:11:09de la francophonie qui
01:11:11doit et qui passe par là
01:11:13parce qu'il y a aussi beaucoup
01:11:15d'anglophones et il y a d'autres pays
01:11:17qui, avant, envoyaient leurs
01:11:19étudiants en France, qui maintenant les envoient aux
01:11:21États-Unis ou en Angleterre.
01:11:23Il y a un recul dans certains pays de la
01:11:25francophonie, mais dans cette
01:11:27partie-là, c'est la musique. Ce que vous dites,
01:11:29j'aime beaucoup d'entendre ça parce que
01:11:31c'est la musique et c'est notamment
01:11:33l'urbain et ces artistes-là
01:11:35qui sont des vecteurs
01:11:37de réaffirmation
01:11:39de la francophonie.
01:11:41Et ça, c'est vachement important. Et moi, j'étais
01:11:43extrêmement touché, d'ailleurs, quand Gims a parlé
01:11:45aux Victoires de la musique
01:11:47et ce qu'il a dit sur le Congo, vous en parliez,
01:11:49parce que ça aussi, c'est important
01:11:51que ces messages-là passent par là.
01:11:53Donc, merci pour tout ça parce qu'effectivement,
01:11:55on a vraiment quelque chose de très complet là-dessus
01:11:57sur cette vitalité
01:11:59de la francophonie. Et moi, je vous dis, moi, je trouve
01:12:01qu'elle va bien et qu'elle va de mieux
01:12:03en mieux.
01:12:05Toujours sur
01:12:07cette question de francophonie,
01:12:09alors évidemment, je souscris,
01:12:11évidemment,
01:12:13forcément, je suis entier
01:12:15aux plaintes
01:12:17et à l'agacement devant la
01:12:19sous-représentation des musiques en langue
01:12:21créole. On parlait
01:12:23d'El Gres qui tourne
01:12:25partout. On peut parler
01:12:27de Kassav, dont
01:12:29pendant des années, les médias
01:12:31disaient en France, oui, mais Kassav, c'est fini.
01:12:33Oui, mais il y a des stades partout dans le monde.
01:12:35Mais juste une petite chose sur
01:12:37la francophonie africaine.
01:12:39Je souscris tout à fait
01:12:41à ce que dit Laurent.
01:12:43Avec en plus
01:12:45quelque chose, c'est qu'il y a
01:12:47aujourd'hui des angles morts
01:12:49qui sont absolument incroyables.
01:12:51C'est-à-dire qu'il y a là-bas une création
01:12:53en langue française qui passe
01:12:55totalement sous les radars en France,
01:12:57qui est extrêmement puissante. C'est notamment
01:12:59la musique chrétienne.
01:13:01Et en
01:13:03langue française aujourd'hui,
01:13:05les spécialistes
01:13:07de la question, qui sont des spécialistes
01:13:09du fil religieux, Sébastien Fatt
01:13:11par exemple, dit à peu près 95%
01:13:13de la musique
01:13:15chrétienne enregistrée
01:13:17dans le monde en langue française
01:13:19vient du Congo. Et quand elle vient
01:13:21de Côte d'Ivoire, 2%,
01:13:23c'est des Congolais en Côte d'Ivoire.
01:13:25Et
01:13:27ça commence à être
01:13:29en termes de business
01:13:31significatif, en termes de pénétration
01:13:33du marché, ça commence à être significatif.
01:13:35Et chez les évangéliques, comme chez les
01:13:37catholiques français, dans les groupes de jeunes,
01:13:39on se retrouve avec
01:13:41des jeunes gens qui
01:13:43il y a 50 ans
01:13:45auraient écouté du Noël Colombier ou du
01:13:47Gianada il y a quelques années, qui aujourd'hui
01:13:49écoutent des stars congolaises
01:13:51de la musique chrétienne.
01:13:53Et c'est
01:13:55extraordinairement réjouissant, d'ailleurs,
01:13:57de se dire qu'il y a
01:13:59un genre qui
01:14:01échappe aux Français.
01:14:03Et qui échappe aux Français
01:14:05à la France, à la nationalité
01:14:07française, et qui naît
01:14:09et qui prospère et qui devient
01:14:11extrêmement puissant en Afrique. On s'en rendra
01:14:13compte dans quelques années quand
01:14:15une clémence ou une
01:14:17ou une...
01:14:19Marie Lumière,
01:14:21va percer
01:14:23en France. Mais voilà.
01:14:25Merci beaucoup. Canal+.
01:14:27Merci. Bonjour. Christophe Roy, groupe Canal+.
01:14:29Les intervenants précédents ont
01:14:31beaucoup parlé de l'Afrique, donc je ne peux pas
01:14:33ne pas rappeler
01:14:35la petite pierre, l'édifice de notre groupe
01:14:37sur ce continent
01:14:39sur lequel on est présent depuis plus de 30 ans.
01:14:41Notre chaîne musicale
01:14:43CESTAR est reçue
01:14:45dans plus de 24 pays
01:14:47d'Afrique subsaharienne,
01:14:49plus de 6 millions d'abonnés
01:14:51à nos offres sur ce continent
01:14:53et donc plus de 30 millions d'Africains
01:14:55qui peuvent ainsi avoir accès
01:14:57à la musique diffusée
01:14:59sur la chaîne CESTAR avec,
01:15:01comme vous le savez, dans notre convention,
01:15:03une obligation de diffuser
01:15:05plus de 50%
01:15:07de chansons en langue française
01:15:09aux heures de grande écoute
01:15:11et à l'intérieur de ces 50%, 30%
01:15:13dédiés aux nouveaux talents. Donc voilà.
01:15:15C'est notre pierre à l'édifice.
01:15:17Mais je pense que c'était...
01:15:19J'étais obligé de le rappeler. Mais tout à fait.
01:15:21Absolument.
01:15:23Est-ce qu'il y a une dernière intervention
01:15:25avant que nous
01:15:27clôturions cet événement ?
01:15:29Merci.
01:15:31Eh bien non.
01:15:33Alors il me reste à remercier
01:15:35une nouvelle fois nos trois intervenants
01:15:37qui ont été absolument passionnants
01:15:39mais aussi toutes les personnes présentes
01:15:41parce que c'était important que vous soyez là
01:15:43et d'ailleurs le débat a montré
01:15:45à quel point il y avait des échanges nécessaires.
01:15:47Donc ce qu'on peut dire
01:15:49quand même, c'est que pour une fois
01:15:51on termine un débat
01:15:53quand même de manière assez positive
01:15:55en ayant des perspectives
01:15:57d'avenir un peu ouvertes
01:15:59avec tout ce qui s'est dit.
01:16:01Ça fait quand même du bien.
01:16:03Donc vraiment merci à tous les acteurs
01:16:05qui contribuent à ce que la chanson francophone
01:16:07soit ce qu'elle l'est.
01:16:09Et peut-être à l'année prochaine
01:16:11pour en reparler.
01:16:13Merci beaucoup à tous.
01:16:15Bonne journée.

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