https://www.arcom.fr/actualites/sport-feminin-toujours-2025-la-campagne-de-larcom-pour-plus-de-sport-feminin-lantenne-en-ligne-et-dans-les-instances-sportives
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00:00Madame la ministre, madame la présidente, chère Delphine,
00:00:07notre marraine que je salue, Emmanuelle Asman, je crois que
00:00:11notre parrain va nous rejoindre dans quelques instants,
00:00:13Riad Salem, on le saluera dès qu'il va arriver.
00:00:17Chères toutes et tous, je suis particulièrement heureux de
00:00:20vous accueillir aujourd'hui dans cet espace Van Gogh.
00:00:23C'est un lieu un peu inédit pour notre autorité,
00:00:27mais cette référence au précurseur de l'expressionnisme
00:00:30nous semblait tout à fait appropriée pour accueillir la
00:00:32parole du garant de la liberté d'expression que nous sommes
00:00:35dans les espaces audiovisuels et numériques.
00:00:38Et puis, la maison de la RATP, d'une certaine façon,
00:00:41c'est une invitation au voyage parisien qui fait écho à notre
00:00:44déménagement tout récent.
00:00:46En vérité, comme on vient d'emménager dans nos nouveaux
00:00:48locaux, on n'était pas encore tout à fait opérationnel pour
00:00:51vous accueillir dans nos murs.
00:00:54Je tenais beaucoup à être présent pour ce rendez-vous
00:00:56parce que vous savez, depuis que je préside l'ARCOM,
00:01:00quelques jours encore, j'avais fait de la place,
00:01:04de l'image et de la parole des femmes à l'antenne une priorité.
00:01:09Nous avons, je crois, bien avancé à l'aide de chartes,
00:01:13d'engagement conventionnel avec les éditeurs, d'études,
00:01:17de constats étayés, d'événements qu'on a consacrés à ces
00:01:20sujets comme celui qui nous réunit aujourd'hui.
00:01:24L'opération Sport Féminin Toujours est née il y a déjà
00:01:28dix ans maintenant.
00:01:30C'est une initiative de l'autorité et de votre
00:01:32ministère, madame la ministre, parce que nous partageons,
00:01:35en fait, deux convictions.
00:01:36D'une part, que le sport est un formidable levier en faveur de
00:01:40l'égalité et de l'inclusion de tous nos compatriotes.
00:01:45Et puis, d'autre part, que les médias audiovisuels
00:01:47jouent un rôle essentiel dans le quotidien et l'imaginaire
00:01:50des Françaises et des Français.
00:01:52Cette opération est là pour l'objectif d'inciter les médias
00:01:57à diffuser davantage de compétitions sportives féminines
00:02:00et à valoriser la pratique féminine du sport.
00:02:04Cette édition est particulière parce qu'elle intervient,
00:02:07chacun le sait, quelques mois après le moment exceptionnel,
00:02:11on peut le dire, très fédérateur, que nous avons partagé à
00:02:14l'occasion des Jeux de Paris.
00:02:17Les Jeux olympiques de 1900 furent les premiers auxquels des
00:02:20femmes participaient et ceux de 2024 furent les premiers Jeux
00:02:25olympiques paritaires de l'histoire.
00:02:28Et il y a un an, jour pour jour, nous formions ensemble le vœu
00:02:32que ces Jeux apportent un souffle inédit à la représentation
00:02:36du sport féminin qu'on puisse capitaliser sur cet élan
00:02:41des Jeux olympiques.
00:02:42Ils ont permis aux sports ces valeurs de bénéficier d'une
00:02:45exposition médiatique sans équivalent.
00:02:48La cérémonie d'ouverture, on a communiqué les chiffres il y a
00:02:52quelques semaines maintenant, a battu un record absolu
00:02:55d'audience dans l'histoire de la télévision française.
00:02:58Toute chaîne, tout programme confondu, plus de 24 millions
00:03:02de téléspectateurs en France.
00:03:03C'est absolument faramineux.
00:03:06Cet événement a aussi été un moment privilégié pour donner
00:03:09une plus grande visibilité à la pratique sportive féminine
00:03:12sur les antennes et plus largement pour veiller à la
00:03:15juste représentation des femmes dans les retransmissions
00:03:18sportives. Je veux vraiment remercier le service public,
00:03:22cher Delphine, qui a joué bien sûr un rôle particulier en la
00:03:25matière, mais tous les éditeurs privés qui, eux aussi.
00:03:29Je n'oublie pas la radio dans le service public qui a joué
00:03:31aussi un rôle important de couverture de cet événement,
00:03:33mais aussi tous les éditeurs privés qui sont présents avec
00:03:36nous aujourd'hui et qui ont joué bien sûr un rôle très
00:03:39important pour la promotion du sport féminin à cette occasion.
00:03:45Laurence Pécot-Rivolier, qui est membre de notre collège et qui
00:03:48suit plus particulièrement ces questions au sein de notre
00:03:50collège, va nous présenter dans quelques instants les conclusions
00:03:52de l'étude qu'on a menée sur la diffusion des jeux et la
00:03:57perception par le public avec ce focus plus particulier sur
00:04:00le sport féminin.
00:04:02Je la remercie à l'occasion de cette réunion, de son
00:04:05engagement très déterminé, pour porter avec détermination
00:04:11les nombreux dossiers de son portefeuille.
00:04:14Et puis, je remercie aussi les services de l'autorité qui ont
00:04:16été mobilisés pour la réalisation de cette étude.
00:04:20Sans en dévoiler les résultats, je voudrais partager avec vous
00:04:22trois constats qui ont retenu plus particulièrement mon attention.
00:04:27Le premier, c'est que le sport féminin n'a jamais été autant
00:04:30exposé que pendant les Jeux de Paris et que le public a été
00:04:33au rendez-vous.
00:04:35Nous avons observé des pics d'audience à plus de 10 millions
00:04:37de téléspectateurs pour le foot ou le handball féminin et un
00:04:42record historique pour la finale de basket féminine à plus de
00:04:466 millions de téléspectateurs en moyenne.
00:04:49Aujourd'hui, 52% des Français indiquent qu'ils regarderaient
00:04:53davantage de sport féminin si l'offre proposée à la télévision
00:04:56était plus importante.
00:04:58Bon entendeur, salut.
00:05:00Le deuxième constat que je retiens, c'est aussi une
00:05:04bonne nouvelle.
00:05:05On savait que le sport changeait des vies.
00:05:08On en a eu beaucoup d'exemples et les Jeux ont été encore
00:05:12l'occasion d'en voir beaucoup.
00:05:15Je sais que Madame la ministre, cela fait partie de vos
00:05:18convictions personnelles, mais on sait aussi désormais que
00:05:21le sport change des vues.
00:05:23Plus de la moitié des Français interrogés déclarent avoir
00:05:25changé de regard sur le sport féminin à l'occasion des Jeux.
00:05:29Et c'est même le cas de deux tiers des moins de 35 ans.
00:05:34Et le troisième constat qui m'a frappé, qui est plus sombre,
00:05:37celui là, je peux dire qu'il m'a un peu peiné, c'est de constater
00:05:42les observations que l'on peut faire sur les diffusions en ligne.
00:05:48Cette année, on a étendu notre analyse au-delà des médias
00:05:51traditionnels à l'univers numérique.
00:05:54On a mené cette étude sur les commentaires des internautes
00:05:57sur les athlètes et si les performances de nos championnes
00:06:01ont été saluées.
00:06:02Force est de constater que la majorité des commentaires
00:06:04relatifs aux athlètes féminines avaient trait le plus souvent à
00:06:08des polémiques ou des controverses, au contraire de la
00:06:11majorité des commentaires relatifs aux athlètes masculins
00:06:14qui portaient sur leur performance.
00:06:17Et par ailleurs, les commentaires sur le physique mentionnent
00:06:20davantage la musculature des sportifs, notamment des
00:06:24nageurs à juste titre, tandis qu'ils se traduisent par
00:06:27des évaluations sur des critères sans aucun rapport avec le
00:06:31statut d'athlète chez les sportives.
00:06:33C'est un constat qui est un peu désolant.
00:06:36Et donc là, je crois que le message est clair.
00:06:38On a réalisé des progrès très significatifs grâce à l'engagement
00:06:41des médias audiovisuels de manière générale.
00:06:44Tout domaine confondu, la part des femmes en plateau a
00:06:47beaucoup progressé.
00:06:48On est quasiment à la parité maintenant, plus très loin.
00:06:51Le taux des expertes en plateau a aussi beaucoup progressé.
00:06:55Au-delà des chiffres, le visage de la télévision et de la
00:06:58radio a beaucoup changé ces dernières années.
00:07:00Je le redis, le régulateur y a porté une attention particulière.
00:07:03Les entreprises de l'audiovisuel public, chère Delphine,
00:07:06sont majoritairement totalement, peut on dire, présidé par des femmes.
00:07:11Les instances de gouvernance dans les entreprises ont été très
00:07:15féminisées ces dernières années.
00:07:16Les programmes, les publicités ont beaucoup évolué aussi à
00:07:19l'image de notre société.
00:07:20Mais les progrès restent à faire pour que l'univers numérique,
00:07:25qui est maintenant, entre chaque jour, un peu plus dans le
00:07:28champ de la régulation, ne soit pas le réceptacle de tous les
00:07:31préjugés, de tous les stéréotypes qui fracturent encore notre société.
00:07:36Le numérique a besoin de régulation pour rester un formidable
00:07:40espace de liberté.
00:07:41Contrairement à ce que certains expriment, la régulation n'est
00:07:45pas liberticide, au contraire, au service de la liberté
00:07:49d'expression, de la liberté de communication.
00:07:51Mais nous devons protéger l'espace public.
00:07:54C'est un combat de chaque instant.
00:07:56Et à notre niveau, à notre place, on a tous un rôle à jouer.
00:08:00Il ne s'agit pas seulement d'accorder plus d'espace, plus
00:08:02de temps de parole aux femmes, mais aussi de changer, continuer
00:08:05à changer les mentalités, d'offrir de nouveaux modèles,
00:08:08de combattre les préjugés, de rassembler notre société en
00:08:12répondant à une évidence toute simple.
00:08:15Les femmes constituent plus de la moitié de notre population et
00:08:18il faut que cette réalité se reflète à l'écran, à l'antenne
00:08:23et demain en ligne.
00:08:25En tout cas, le régulateur jouera tout son rôle pour atteindre
00:08:28cet objectif.
00:08:30Je vous remercie beaucoup.
00:08:31Je vous donne la parole, Madame la ministre.
00:08:47Monsieur le Président de l'ARCOM, cher Roch-Olivier,
00:08:49Madame la directrice, présidente et directrice générale
00:08:52de France Télévisions, chère Delphine, Monsieur le directeur
00:08:54des sports, cher Laurent-Éric, Mesdames et Messieurs les
00:08:58membres des collèges et intervenants, Mesdames et Messieurs
00:09:01les journalistes et diffuseurs, Mesdames et Messieurs.
00:09:04C'est avec un immense plaisir que je m'adresse à vous aujourd'hui
00:09:07pour parler du sujet qui me tient, comme vous l'avez dit,
00:09:09à cœur, le sport féminin ou devrait dire la promotion
00:09:13des femmes dans le sport.
00:09:15D'abord, nous sommes tous très impatients de connaître les
00:09:17résultats de votre étude sur la représentation du sport féminin
00:09:20dans les médias audiovisuels et numériques durant les Jeux
00:09:23de Paris 2024.
00:09:25Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris ont marqué
00:09:27une étape réellement significative dans la médiatisation
00:09:31et la reconnaissance des athlètes féminines.
00:09:34Ces événements ne sont pas seulement une célébration
00:09:36du sport, mais ce sont aussi un puissant vecteur de changement
00:09:39social, et ce, à plusieurs titres.
00:09:42Le premier, vous l'avez dit, la parité.
00:09:44Pour la première fois dans l'histoire olympique, nous avons
00:09:46atteint une parité quasi complète, 49,14 %,
00:09:50puisque ce sont les chiffres définitifs des participantes
00:09:52féminines.
00:09:53Ce chiffre n'est pas qu'une statistique.
00:09:55Il reflète vraiment un engagement fort en faveur de l'égalité
00:09:59des genres chez tous les acteurs qui y ont contribué.
00:10:02Cet engagement doit se poursuivre, notamment dans le cadre
00:10:05des Jeux paralympiques, où nous devons également veiller
00:10:08à ce que les femmes soient représentées de manière équitable.
00:10:11L'augmentation des compétitions féminines et mixtes est une
00:10:14autre avancée majeure.
00:10:15L'inclusion du plus grand nombre d'épreuves a offert
00:10:18davantage d'opportunités aux athlètes féminines de briller.
00:10:22Et je pense que l'émotion procurée par certaines de nos
00:10:25athlètes, comme Aurélie Aubert lors des Jeux paralympiques ou
00:10:28encore Cassandre Beaugrand lors des Jeux olympiques, nous laissent
00:10:31en tête tous des images inoubliables de très, très grandes
00:10:35championnes.
00:10:36Maintenant, il faut capitaliser sur l'intérêt grandissant des
00:10:39spectateurs pour le sport féminin.
00:10:41Aujourd'hui, 7 personnes sur 10 regardent des compétitions
00:10:44féminines et près de 73 % des Français déclarent en suivre
00:10:48au moins quelques fois par an.
00:10:50C'est déjà une très bonne chose.
00:10:52La Coupe du monde féminine de la FIFA en 2023 a connu une audience
00:10:55record de 2 milliards de téléspectateurs et c'est un
00:10:58exemple frappant.
00:11:00Les avancées sont également incontestables, mais il faut
00:11:03poursuivre nos efforts en matière de couverture médiatique.
00:11:06Bien que la couverture des athlètes féminines est presque
00:11:09triplée au cours des trois dernières années, elle ne
00:11:12bénéficie toujours que de 16 % de la couverture sportive totale.
00:11:16Nous devons impérativement renforcer la visibilité des
00:11:19athlètes féminines pour offrir surtout davantage de modèles
00:11:22inspirants pour les jeunes filles.
00:11:24C'est essentiel pour inspirer les jeunes filles à pratiquer
00:11:27du sport au quotidien.
00:11:29C'est en ce sens que le décret sur les événements d'importance
00:11:31majeure a été modifié le 7 juillet 2024 et c'est une réelle
00:11:35avancée, je vous en remercie.
00:11:37Désormais, plusieurs compétitions féminines d'envergure comme le
00:11:40Tour de France cycliste féminin et les matchs de l'équipe de
00:11:43France féminine de football seront mis en avant.
00:11:46Cette dynamique est renforcée par le fonds de soutien à la
00:11:49production audiovisuelle opéré par l'Agence nationale du sport
00:11:53qui vise à accompagner la médiatisation du sport féminin
00:11:56et des parasports.
00:11:58Il faut aussi accompagner les commentatrices sportives et
00:12:01favoriser leur visibilité.
00:12:03Environ 35 commentatrices ont été recrutées juste pour les
00:12:07Jeux de Paris 2024, portant la proportion de femmes
00:12:10commentatrices à près de 40 %, soit une augmentation, attention,
00:12:14de 80 % par rapport à Tokyo en 2020 et alors là, chapeau,
00:12:18200 % par rapport à Tokyo, à Rio 2016.
00:12:23Votre rapport pourra évidemment nous apporter un éclairage
00:12:25important sur ce point et j'en profite pour saluer le travail
00:12:29de l'association Femmes journalistes de sport qui éveille
00:12:32et suscite des vocations chez les jeunes étudiantes journalistes.
00:12:37Ces avancées témoignent d'un changement significatif dans la
00:12:39perception de la place des femmes dans le sport,
00:12:42impulsé par les Jeux de Paris 2024, je le disais, mais qui doit
00:12:45profiter à tous les âges et dans tous les domaines.
00:12:49Nous devons capitaliser sur cet élan pour renforcer la place
00:12:51des femmes dans le sport en général et tout au long de la vie.
00:12:55Cela commence évidemment par le développement de la pratique
00:12:57sportive chez les plus jeunes, dans le partage de jeux entre
00:13:01les filles et les garçons dans la cour de récréation.
00:13:03Vous savez que c'est un sujet sur lequel j'ai beaucoup
00:13:04travaillé à Paris 2024 et je suis ravie de voir que le
00:13:07ministère des Sports soutient l'appel à projets d'accompagnement
00:13:11des collectivités pour construire ou rénover des cours
00:13:14d'école actives et non genrés qui visent à garantir une juste
00:13:18répartition de l'espace de la cour de récréation entre les
00:13:21filles et les garçons.
00:13:23Cela passe aussi par le renforcement du temps de pratique
00:13:25au collège dans le quotidien des jeunes filles, avec le programme
00:13:28deux heures supplémentaires de sport au collège.
00:13:30C'est une avancée.
00:13:32Et puis également le passeport qui est une aide aussi pour les
00:13:35familles modestes à encourager les jeunes filles à pratiquer
00:13:37du sport dans un club.
00:13:39Le renforcement de la féminisation des instances
00:13:41dirigeantes des fédérations sportives est aussi essentiel.
00:13:45On constate que les fédérations qui ont une stratégie formalisée
00:13:47visant à la mixité des pratiques ont connu une progression de 11%
00:13:51de licences féminines entre 2019 et 2022.
00:13:55Et il est essentiel que les fédérations développent ce plan
00:13:57d'action massivement et avec beaucoup d'ambition.
00:14:01Comme vous le savez, la gouvernance des fédérations
00:14:03a connu de nombreuses évolutions depuis la loi de mars 2022
00:14:07dans le cadre des dernières élections.
00:14:09Je serai évidemment très attentive aux effets de cette loi,
00:14:12notamment en matière de féminisation des instances.
00:14:14Nous allons tirer un bilan de ces élections avec le président du
00:14:17Comité national olympique et sportif français,
00:14:20parce que seulement 19 femmes sont élues présidentes depuis
00:14:24ces dernières élections d'une fédération membre du CNOSF.
00:14:27Je le dis, ce n'est pas assez.
00:14:29Mais il est également crucial de renforcer la place des femmes
00:14:32dans l'encadrement technique des activités physiques et sportives.
00:14:35On connaît l'importance que peut avoir la figure de l'entraîneur
00:14:39ou de l'arbitre pour nos jeunes.
00:14:41Il faut renforcer les figures féminines, comme le font
00:14:44Stéphanie Frappard ou encore Aurélie Tourte dans le tennis.
00:14:49En ce sens, dans le cadre du Grenelle de l'emploi et des
00:14:51métiers du sport, un groupe de travail a été mis en place
00:14:54pour apporter des solutions aux inégalités d'accès au diplôme
00:14:57et aux emplois dans le sport.
00:14:59On doit véritablement travailler sur l'attractivité de ces métiers
00:15:02pour les jeunes filles.
00:15:04Enfin, nous devons soutenir les sportifs professionnels,
00:15:06les sportifs de haut niveau.
00:15:07Cela passe par des aides en sécurisant des sportifs dans
00:15:10leur projet parental.
00:15:11C'est l'objectif des accords sectoriels qu'ont mis en place
00:15:14le handball et le basket, qui garantissent 12 mois de
00:15:17salaire en cas de congé maternité.
00:15:20J'encourage évidemment les autres fédérations à mettre en
00:15:22place un dispositif similaire.
00:15:25Il faut aussi tous soutenir les sportifs professionnels en
00:15:27les accompagnant au quotidien.
00:15:29C'est la mission de la cellule opérationnelle d'accompagnement
00:15:32à la maternité pour renforcer le soutien aux sportives,
00:15:35constitué aux sportifs, qui a été mis en place par la
00:15:38direction des sports, l'ANS et l'INSEP.
00:15:42Je souhaite aussi vous annoncer aujourd'hui que nous allons
00:15:44doubler les moyens dédiés au développement de la pratique
00:15:46féminine dans les plans sportifs fédéraux.
00:15:49C'est un travail que nous allons mener main dans la main avec
00:15:51les fédérations pour encourager, accompagner et donner les
00:15:54moyens aux fédérations d'accueillir davantage de filles.
00:15:57Cela veut dire davantage d'équipements sportifs dédiés aux
00:16:00filles, cela veut dire des vestiaires,
00:16:01cela veut dire des encadrements féminins pour encadrer
00:16:04ces jeunes filles.
00:16:05Nous savons que l'importance d'agir dès le plus jeune âge est
00:16:08cruciale pour développer le sport féminin.
00:16:10Cela permet de promouvoir l'égalité des genres,
00:16:13de renforcer la confiance en soi, l'estime de soi et de créer
00:16:17un avenir égalitaire.
00:16:19En agissant sur tous les fronts, nous construirons un cercle
00:16:22vertueux où la petite fille qui regarde les Jeux deviendra la
00:16:26jeune fille qui inspire elle-même d'autres jeunes filles.
00:16:30Ensemble, continuons à soutenir et à promouvoir la place des
00:16:32femmes dans le sport.
00:16:33Je vous remercie.
00:16:44Bonjour à tous.
00:16:46À événements exceptionnels, l'ARCOM, de sa modeste place
00:16:49de scrutateur, a essayé de répondre par une étude
00:16:52exceptionnelle, une étude que nous avons faite en deux temps
00:16:56puisque une première partie de l'étude qui portait sur
00:16:59l'impact des Jeux en général et sur les Jeux paralympiques
00:17:03en particulier a été rendue publique en décembre et nous
00:17:07allons nous préoccuper aujourd'hui du volet sport féminin.
00:17:12C'est quand même l'occasion pour moi et vous m'en excuserez
00:17:15de rendre un hommage tout à fait personnel et c'est le moment,
00:17:18je crois, au président de l'ARCOM, Roch-Olivier Mestre,
00:17:22qui termine donc ses fonctions ce mois-ci et qui,
00:17:26je peux en témoigner, a porté tous ces sujets de la
00:17:31diversité et de la parité de manière absolument exceptionnelle.
00:17:36Et c'est ce qui permet aussi que nous ayons tous ces outils
00:17:39au sein du Collège pour essayer de faire avancer les choses.
00:17:42Roch-Olivier, merci.
00:17:44Alors, juste pour un petit rappel,
00:17:47nous avons donc publié en décembre les premiers chiffres.
00:17:49C'est très commode d'avoir le powerpoint derrière.
00:17:53Si jamais mes paroles sont en décalage avec ce que vous voyez,
00:17:56vous me faites signe.
00:17:58Donc, nous avons publié des chiffres qui montrent
00:18:01effectivement le caractère exceptionnel.
00:18:02Roch-Olivier Mestre a cité l'impact de la cérémonie
00:18:07de l'Olympique des Jeux de l'Olympique des Jeux de l'Olympique
00:18:09des Jeux de l'Olympique des Jeux de l'Olympique des Jeux de l'Olympique
00:18:12et l'impact de la cérémonie d'ouverture.
00:18:14Il y a d'autres chiffres qui sont tous absolument exceptionnels.
00:18:17Par exemple, la durée d'écoute moyenne,
00:18:20de visionnage moyen des Jeux olympiques par nos concitoyens,
00:18:2423,14 heures passées devant les Jeux olympiques,
00:18:29en moyenne par tout Français.
00:18:30C'est quand même absolument incroyable.
00:18:33Et puis, 77% de nos jeunes de 15-24 ans qui ont indiqué avoir suivi les Jeux.
00:18:40Vous trouverez le détail des chiffres et ce focus très,
00:18:43très important sur le parasport qui a montré aussi une dynamique
00:18:47absolument exceptionnelle dans le premier volet de l'étude.
00:18:51Et je passe au second volet, le sport féminin.
00:18:56Sur le sport féminin, nous attendions évidemment beaucoup,
00:19:01puisque des annonces vraiment volontaristes avaient été faites
00:19:06sur la composition des délégations, sur les retransmissions.
00:19:11Je dirais que le constat est en deux étapes.
00:19:14Nous avons eu beaucoup et nous avons là aussi des chiffres absolument
00:19:19qui dépassent tout ce qu'on a pu avoir jusqu'à présent en représentation
00:19:22du sport féminin.
00:19:24Mais nous n'avons pas eu la parité et nous allons essayer de voir
00:19:27dans cette étude quelles ont pu être les sources de ce gap
00:19:34qu'il peut y avoir encore entre la volonté que nous avons tous eue,
00:19:39que tous les acteurs ont eue et ce que nous avons pu constater
00:19:42par les chiffres.
00:19:43Donc, vous le voyez, en moyenne, 37 % de volume horaire
00:19:48de retransmission d'épreuves pour le sport féminin,
00:19:5056 % pour le sport masculin et 7 % pour le sport mixte.
00:19:55Si on décline ça, pour les Jeux olympiques,
00:19:58c'était 42 % sport féminin, 55 % sport masculin.
00:20:03Et pour les Jeux paralympiques, 22 % sport féminin,
00:20:0657 % sport masculin et 21 % sport mixte.
00:20:10Nous allons revenir sur le détail de ces chiffres.
00:20:14Si on prend donc le détail de ces chiffres et prenons d'abord
00:20:17les Jeux olympiques, pourquoi avons-nous eu un écart ?
00:20:21Pourquoi ne sommes-nous pas à 50 % de retransmission alors que nous
00:20:24avions des délégations qui étaient paritaires ?
00:20:27Un des premiers éléments d'explication,
00:20:29et c'est celui qui est avancé par un certain nombre d'éditeurs,
00:20:33c'est qu'évidemment, les médias ont plus particulièrement
00:20:36suivi les sports dans lesquels il y avait des médailles
00:20:39françaises qui étaient en jeu.
00:20:41Or, vous voyez, il se trouve que ces médailles ont été gagnées
00:20:46à 59 % par des sportifs ou des équipes masculines et 41 %
00:20:53par des sportives ou des équipes féminines,
00:20:55ce qui peut expliquer le décrochage de ce qui a ensuite
00:21:00été retransmis par les médias.
00:21:03Néanmoins, ça ne peut pas tout expliquer puisque si on regarde
00:21:09du côté de ce qui n'est pas forcément médaille française,
00:21:13on se rend compte qu'il y a aussi un écart.
00:21:16Nous avons regardé, par exemple, les sessions à médailles
00:21:19qui ne concernent pas la France, donc on n'a pas cette même
00:21:22disproportion médaille féminine, médaille masculine.
00:21:25Et là, on a 10 % d'écart.
00:21:27Nous avons regardé les sessions régulières,
00:21:29celles où il n'y avait pas de question de médailles qui étaient
00:21:31en jeu, 10 % d'écart.
00:21:33Et alors, un petit élément particulier,
00:21:37nous avons regardé les heures de diffusion de forte audience
00:21:42pour voir ce qui était retransmis.
00:21:44Et là, c'est la courbe que vous avez devant vous.
00:21:47Entre 20 heures et 21 heures, c'est-à-dire les heures de
00:21:50plus forte audience, il y avait 35 % d'événements
00:21:54avec des sportives et 15 % de retransmissions de sports
00:21:59féminins sur le linéaire et les radios que nous avons pu examiner.
00:22:05Donc là, un écart de 20 points.
00:22:07On voit bien qu'il y a encore des questions qui peuvent se poser,
00:22:11des habitudes à réinterroger et une vigilance qui reste tout à
00:22:15fait importante et de mise.
00:22:18Si on regarde les Jeux paralympiques,
00:22:22donc sur ces Jeux paralympiques avec un 22 % de sports féminins,
00:22:28il y a trois éléments d'explication.
00:22:31Le premier, c'est qu'il y a beaucoup plus de sports mixtes
00:22:35quand il y a des Jeux paralympiques.
00:22:37Nous sommes à 21 % de sports mixtes, alors que quand c'est
00:22:41des Jeux olympiques, c'est 3 %.
00:22:44Donc le fait qu'il y ait beaucoup de sports mixtes est quelque
00:22:47chose qu'on peut tout à fait valoriser.
00:22:49Enfin, il n'y a pas mieux, je pense, dans l'engagement de
00:22:52la parité que d'avoir du sport mixte.
00:22:54Et ce n'est pas l'équipe de football de l'ARCOM,
00:22:57ici fortement représentée et parfaitement mixte,
00:23:00qui refuse de jouer s'il n'y a pas des femmes dans l'équipe,
00:23:03qui va me contredire.
00:23:05Donc cet aspect sport mixte est absolument fondamental.
00:23:08Et bravo au sport paralympique de l'avoir porté.
00:23:13Deuxième élément d'explication, c'est qu'on le sait,
00:23:17évidemment, les éditeurs favorisent les retransmissions
00:23:22où on a des athlètes nationales.
00:23:25Or, la délégation française n'était pas à 50 %
00:23:27pour le sport paralympique, elle était à 35 %.
00:23:31Et enfin, troisième élément d'explication,
00:23:33il se trouve qu'on a eu des sports paralympiques qui ont
00:23:36été particulièrement appréciés par les concitoyens,
00:23:39qui ont été très portés.
00:23:41J'ai découvert du rugby fauteuil et je regrette que Riyad Salem,
00:23:46il arrive alors, c'était le moment quand même de lui
00:23:49rendre hommage puisque c'est quand même grâce à lui,
00:23:52notamment que le rugby fauteuil a été ainsi connu.
00:23:54Et le sessi-foot, je crois que chacun d'entre nous a
00:23:57découvert et s'est intéressé au sessi-foot à cette occasion.
00:24:00Or, c'était des équipes masculines.
00:24:02Donc, forcément, ça a pu avoir un impact assez fort.
00:24:06Mais là encore, évidemment, des points de vigilance
00:24:09en particulier pour essayer de comprendre cette situation.
00:24:14Dernier petit point de vigilance pour les Jeux paralympiques.
00:24:20Les sessions à médailles féminines ont pu être vues sur le numérique
00:24:26en grande majorité, 69 %, alors que pour les sessions à médailles
00:24:31masculines, 70 % sur le linéaire, 30 % sur le numérique.
00:24:36On a deux possibilités d'interpréter ça.
00:24:38Interprétation positive.
00:24:40Heureusement qu'on a le numérique comme ça quand même.
00:24:42Les sportives féminines ont été présentes et interprétation
00:24:47un peu moins positive.
00:24:48Ce serait bien qu'elles soient aussi et autant que les hommes
00:24:52sur le linéaire.
00:24:55Passons à la deuxième partie de notre étude.
00:25:00Nous nous sommes intéressés aux commentaires sportifs à la télévision.
00:25:05Et là, vous allez voir un petit choc, puisque nous avons focalisé
00:25:15notre travail avec nos outils d'IA, évidemment, sur un petit
00:25:18nombre d'éditeurs, donc il faut prendre ça avec toutes les réserves.
00:25:21Mais nous avons 19 % de temps de parole pour les commentatrices
00:25:25sur l'ensemble des JO diffusées en linéaire.
00:25:29Et vous avez le détail des études que nous avons menées
00:25:34grâce aux outils d'IA.
00:25:37Alors, on a été regarder un peu plus près ce temps de parole
00:25:42et ce qu'on a constaté.
00:25:44Mais ça rejoint totalement toutes les études qu'on avait faites
00:25:48sur le temps de parole des femmes en matière de commentaires
00:25:53sportifs, puisque nous avons sorti encore une étude il y a très
00:25:56peu de temps sur cette question là.
00:25:57D'ailleurs, pardon, je reviens un petit peu en arrière.
00:26:00Dans la dernière étude que nous avions sortie, nous avions
00:26:024,8 % de retransmissions de sport féminin.
00:26:05Donc, bien sûr, il y a des bémols et les bémols ne sont
00:26:08pas cachés par cette étude.
00:26:10Mais entre 4,8 % et 42 %, il faut quand même aussi raison garder.
00:26:15C'est-à-dire qu'on a eu quand même une retransmission du
00:26:17sport féminin qu'on n'avait jamais eu et qui est sans
00:26:19commune mesure avec ce qu'on avait jusqu'à présent.
00:26:22Je reviens à mon temps de parole et le temps de parole.
00:26:26Les femmes sont un peu présentes quand on commente le sport
00:26:28féminin, 27 % pour 73 %.
00:26:31Mais sur le sport masculin, 17 % pour 83 %.
00:26:37Et nous nous sommes également intéressés aux heures auxquelles
00:26:42ce temps de parole peut être décrypté.
00:26:45Et on se rend compte que c'est à 20 heures que le temps de parole
00:26:51des commentatrices féminines est le plus bas.
00:26:53Il tombe en moyenne à 8 %.
00:26:56Donc là encore, il y a un point de vigilance.
00:27:01Il y a des éléments à regarder.
00:27:03C'est des chiffres qui peuvent être discutés, qui peuvent avoir
00:27:05des éléments d'explication et nous aurons un temps d'échange
00:27:09évidemment pour les commenter.
00:27:10Mais néanmoins, ce sont les chiffres que nous pouvons
00:27:14exploiter pour travailler à améliorer les choses.
00:27:18Nous avons également constaté que plus le sport était populaire
00:27:23et moins on avait de temps de parole.
00:27:26Des commentatrices féminines, vous regarderez dans l'étude,
00:27:30je pense, vous avez le détail.
00:27:34Troisième volet de l'étude, impact médiatique des Jeux
00:27:37de Paris 2024.
00:27:39Je reviens à mon point positif.
00:27:42Avec une retransmission absolument première dans l'histoire
00:27:48des épreuves féminines, la question que nous nous sommes
00:27:52posées, c'est est-ce que ça aura un impact sur les téléspectateurs ?
00:27:55Est-ce que ça les a intéressés ?
00:27:57Est-ce qu'ils sont demandeurs de sport féminin ?
00:28:00La réponse, c'est une bonne réponse, c'est oui.
00:28:04Nos téléspectateurs, nos concitoyens ont dit que pendant
00:28:08ces Jeux olympiques et parce qu'il y avait beaucoup de sport
00:28:11féminin à la télé, ils avaient beaucoup regardé du sport
00:28:15féminin et ils indiquent qu'ils ont, selon eux en tout cas,
00:28:20c'est du déclaratif, regardé autant le sport féminin
00:28:24que le sport masculin.
00:28:26On leur a ensuite posé la question de savoir si cette mise
00:28:31en valeur du sport féminin avait permis pour eux d'augmenter
00:28:36leur envie de regarder du sport féminin et leur enthousiasme
00:28:41vis-à-vis des athlètes féminines.
00:28:43Ils ont répondu oui à 57 %, oui à 68 % pour les plus jeunes.
00:28:50Notre regard a changé sur le sport féminin depuis
00:28:53les Jeux olympiques.
00:28:55Bémol, lorsqu'on a regardé quels étaient les taux d'audience
00:28:59et la manière dont les téléspectateurs avaient continué
00:29:06à regarder le sport féminin à la fin des Jeux olympiques,
00:29:09on retombe sur les chiffres qu'on avait avant les Jeux olympiques
00:29:13et paralympiques, c'est-à-dire on retombe sur 52 % des
00:29:16téléspectateurs qui nous disent regarder le sport féminin.
00:29:21Donc, il va falloir travailler à ce que le dynamisme demeure,
00:29:27voire renaisse et on a la preuve que c'est possible.
00:29:31Et puis, petit dernier point, c'est donc cette étude que
00:29:34nous avons faite sur les comptes des athlètes sur les réseaux sociaux.
00:29:38Pour ceux qui étaient là lorsque nous avions fait un premier
00:29:42travail en amont des Jeux olympiques et paralympiques
00:29:44pour savoir quel serait l'impact sur les réseaux sociaux,
00:29:47nous avions un point d'alerte puisque dans l'étude que nous
00:29:51avions rendue publique juste avant les Jeux olympiques,
00:29:54on avait un certain nombre de personnes qui nous disaient
00:29:55ben moi maintenant, je regarde les Jeux olympiques sur
00:29:58les plateformes en ligne, je commente et quand les
00:30:01résultats ne sont pas à l'acteur, je le dis et s'il faut le dire
00:30:04de manière un peu vive et un peu désagréable,
00:30:06je m'autorise à le faire parce que je suis derrière mon écran
00:30:10et on avait des déclarations d'intention qui étaient un peu inquiétantes.
00:30:15Le premier volet de l'étude a montré qu'il y avait eu un succès.
00:30:21Il y avait eu un succès dans les réseaux sociaux des Jeux
00:30:25olympiques et paralympiques exceptionnels avec 869 000
00:30:28postes qui ont été échangés.
00:30:30J'accueille notre parrain Riad Salem.
00:30:33Merci beaucoup d'être présent.
00:30:40On a parlé du rugby fauteuil.
00:30:42Donc 869 000 postes, ça montre que vraiment au
00:30:45doda de regarder nos concitoyens ont vraiment eu envie
00:30:50d'échanger, ont eu envie de partager sur ces 869 000 postes.
00:30:56Il y avait 30 %, enfin un tiers à peu près qui était sur le
00:31:00sport féminin et donc le reste sur le sport masculin.
00:31:04Plus avant, nous avons été regarder ce qu'il y avait comme
00:31:07type de commentaire quand on parlait de sport masculin et
00:31:09quand on parlait de sport féminin.
00:31:11Donc la bonne nouvelle par rapport à notre vigilance
00:31:14d'amont, c'est qu'il y a eu beaucoup moins de messages
00:31:19négatifs, insultants, harcelants que ce qu'on pouvait craindre
00:31:23en amont.
00:31:24Donc ça veut dire que vraiment cet esprit de bienveillance
00:31:26qui a régné sur cette période des Jeux olympiques et
00:31:29paralympiques s'est retraduit au moment des discussions sur
00:31:33les plateformes en ligne.
00:31:34Néanmoins, et là, ce n'est pas les éditeurs qui sont en
00:31:37cause, c'est nous, quand on parle de nos athlètes, on n'en
00:31:41parle pas exactement de la même façon selon qu'on parle
00:31:43d'athlètes féminines et d'athlètes masculins.
00:31:47Donc les commentaires sur les résultats sportifs, c'est pour
00:31:50les hommes.
00:31:51Vous le voyez, 47 %, les commentaires sur les résultats
00:31:56sportifs des femmes, 12 %.
00:31:58Petite, petite période de rapprochement, heureusement,
00:32:02lorsque par contre nos athlètes féminines ont une médaille
00:32:06nos athlètes féminines ont une médaille.
00:32:08Alors là, on y arrive.
00:32:1030 % des commentaires, c'est pour évoquer les médailles
00:32:14des sportives, 19 % pour les médailles masculines.
00:32:18Mais il faut dire qu'on en avait parlé dans les 47 %, donc ça
00:32:22explique ce qu'on peut considérer comme un petit rattrapage.
00:32:28Anecdotes et vie personnelle, on a un taux qui est à peu
00:32:31près équivalent.
00:32:32En réalité, on n'a pas du tout le même genre de commentaires
00:32:36dans ces anecdotes de vie personnelle.
00:32:38Il y en a qu'on va regarder dans leur entraînement, dans
00:32:41leur club sportif et d'autres qu'on va regarder dans leur
00:32:43vie familiale et personnelle pour montrer combien c'est
00:32:45méritant de pouvoir allier vie personnelle et vie sportive.
00:32:49C'est un peu comme ça, j'ai aux caricatures.
00:32:50D'accord, vous trouverez plus en détail dans l'étude, mais on
00:32:54voit bien quand même que le type de commentaire n'est pas
00:32:56exactement le même.
00:32:57Et évidemment, notre souci majeur, ça a été que les
00:33:01femmes ont concentré l'essentiel des controverses et
00:33:06controverses et polémiques à l'occasion des Jeux.
00:33:09Et je pense que vous ne serez pas étonnés de savoir que
00:33:12c'était essentiellement sur la question des athlètes
00:33:16transgenres.
00:33:18Donc, voilà un peu ce qui pouvait être dit.
00:33:22Beaucoup, beaucoup, beaucoup de positifs, vraiment un
00:33:26engouement exceptionnel.
00:33:27Merci aux organisateurs des Jeux.
00:33:30Merci aux éditeurs, parce que vraiment, le sport féminin a
00:33:34eu une vitrine qu'il n'avait jamais eue.
00:33:37Mais quand même, on voit bien le poids d'un certain nombre
00:33:41d'athlètes que nous conservons en nous et encore une fois,
00:33:45aussi bien nous, citoyens que nous, acteurs de ces Jeux.
00:33:54Alors, et maintenant, et demain, et demain, on l'a dit,
00:34:01il va y avoir un enchaînement d'événements d'importance
00:34:05majeure qui concernent du sport féminin.
00:34:09C'est exceptionnel.
00:34:11Vous l'avez dit, Madame la ministre, en juillet 2024,
00:34:14nous avons porté le sport féminin sur des événements
00:34:17d'importance majeure de manière beaucoup plus importante
00:34:20que précédemment.
00:34:21Nous aurons cette possibilité de diffusion de sport féminin
00:34:24qui sera très augmentée.
00:34:26Nous espérons que ce sera l'occasion de repartir sur
00:34:31ce véritable enthousiasme que nous avons eu pour les Jeux.
00:34:35Et en tout cas, du côté de l'ARCOM, nous serons prêts
00:34:40à accompagner tous les éditeurs dans cette voie.
00:34:45Et nous le ferons notamment grâce à de nouvelles études
00:34:49qui vont être engagées dès le lendemain de cet événement.
00:34:54Merci à vous pour votre écoute.
00:34:56Alors, je vous passe tout de suite à la suite de l'événement.
00:35:00Je vais donner la parole, je crois que vous le souhaitiez,
00:35:03Madame Ernotte, si vous le souhaitez, pour un premier commentaire.
00:35:07Ensuite, nous aurons une table ronde d'une durée de 20 minutes.
00:35:13On a tout bien cadré grâce à Aurélien Clamousse qui nous animera
00:35:17à cette table ronde et nous terminerons par un temps d'échange
00:35:22un peu plus long pour avoir le temps d'évoquer ces différents
00:35:25points qui, je pense, attirent évidemment un certain nombre
00:35:28d'observations de votre part.
00:35:30Madame la Présidente, souhaitez-vous peut-être un petit mot ?
00:35:44Merci beaucoup, parce qu'évidemment, on est très,
00:35:46très concerné et on attendait beaucoup cette étude parce qu'on
00:35:49a mis beaucoup de coeur à la retransmission de ces Jeux
00:35:54olympiques et paralympiques.
00:35:57Et je vous remercie vraiment parce que c'est une étude
00:35:59précise, documentée, qui va nous être utile pour progresser.
00:36:04On doit progresser sur plusieurs sujets, donc vous l'avez dit,
00:36:08dans la part des commentatrices, on voit qu'on a des progrès
00:36:11à faire sur l'équilibre horaire.
00:36:14On a énormément de progrès à faire.
00:36:15Tout ça, on l'a bien noté.
00:36:16Laurent-Éric me disait, il faudra dire que pour les Jeux d'hiver,
00:36:20on n'a que des femmes en prime time.
00:36:22Bon, voilà, je le dis.
00:36:23Je ne sais pas si ça compense que la parité, c'est quand même
00:36:26la parité.
00:36:28Mais bon, je trouve que c'est extrêmement utile pour nous,
00:36:33même si c'est vrai que ce n'est pas toujours simple dans ces
00:36:35moments-là, parce qu'au fond, nous ne décidons pas à quel
00:36:40horaire sont les compétitions.
00:36:41Vous le savez, et donc, c'est un jeu de taquin tous les jours.
00:36:47On a plusieurs réunions par jour.
00:36:50La météo s'en mêle.
00:36:51On ne sait pas si le triathlon va démarrer vraiment ou pas en
00:36:54fonction de la qualité de l'eau de la cèdre.
00:36:56Il faut imaginer le casse-tête que c'est pour nous, parce
00:37:00qu'on ne sait pas vraiment à l'avance.
00:37:02En réalité, on construit l'antenne un peu au fur et à mesure.
00:37:05On avait deux réunions par jour, une le matin, une à 17 heures.
00:37:09Et on se réajustait en fonction de ce qui se passait, de qui
00:37:12avait gagné, etc.
00:37:14Donc, voilà, c'est un processus assez complexe dans lequel,
00:37:20évidemment, il y a cette équité.
00:37:23Mais notre fil rouge, c'était quand même de mettre en
00:37:28avant les médaillés français.
00:37:33Parce que vu d'ici, on se dit c'est formidable, les Jeux ont
00:37:36été un succès et les Paralympiques ont été un succès.
00:37:40Mais il faut dire que pour nous, rien n'était gagné.
00:37:43Alors, les Jeux, on se doutait que ça allait fonctionner.
00:37:46Les Paralympiques, on n'en savait rien du tout et on a
00:37:50vraiment fait le pari en faisant tapis sur les Paralympiques.
00:37:55Mais notre enjeu, c'était d'intéresser aux Paralympiques
00:37:59à tout prix.
00:38:00Et là, c'est vrai que sur les Paralympiques, on avait un tel
00:38:03enjeu d'intéresser aux Paralympiques que l'enjeu de
00:38:06parité était en réalité second.
00:38:08Donc, maintenant qu'on a montré qu'on était arrivés à vraiment
00:38:14séduire tous nos téléspectateurs avec les Paralympiques,
00:38:18il faut vous dire qu'ils ont regardé plus de 5h30 les Jeux
00:38:21Paralympiques, c'est à dire 5h30 d'épreuve.
00:38:23C'est beaucoup d'épreuves en réalité.
00:38:25Donc, c'est un score incroyable.
00:38:27Donc, voilà, en moyenne, un Français a regardé 5h30
00:38:31les Paralympiques.
00:38:32C'est fou.
00:38:33Quand on y pense, bon, maintenant, on va être peut être
00:38:35pour les sessions suivantes un peu plus détendue et on pourra
00:38:41sans doute être un peu osé.
00:38:46Peut être certaines choses qu'on ne s'autorisait pas là parce
00:38:49qu'il fallait vraiment que ça marche pour dire les choses
00:38:52un peu brutalement.
00:38:56Deuxième partie de votre étude aussi que je trouve extrêmement
00:38:59intéressante, c'est les réseaux sociaux.
00:39:01Parce qu'au fond, nous, on est à la croisée entre ce qu'attendent
00:39:05les téléspectateurs, notre enjeu de parité, cet équilibre
00:39:10finalement entre une politique de l'offre et une politique
00:39:14de la demande.
00:39:15Et il faut qu'on trouve toujours cet équilibre.
00:39:17On a quand même beaucoup progressé, même si on n'est pas
00:39:20au bout de l'exercice.
00:39:22Sur les réseaux sociaux, là, on voit qu'on est moins dans
00:39:26une politique de l'offre, beaucoup plus dans une réalité
00:39:29de ce qui se passe et c'est quand même pas glorieux.
00:39:32Ce qui ne fait de mon point de vue que renforcer notre mission
00:39:35à nous de présenter un équilibre de temps de parole,
00:39:41un équilibre de traitement finalement des hommes et des
00:39:44femmes, que ce soit les hommes ou les femmes d'antenne ou les
00:39:47hommes et les femmes dont on parle sur nos antennes.
00:39:50Mais ça va être un enjeu fort.
00:39:53On a vu ce qui était en train de se passer sur les réseaux sociaux.
00:39:56On a vu Patron de Meta dire plus de virilisme,
00:40:00moins de diversité.
00:40:02Bon, la pression sur les médias traditionnels que nous sommes
00:40:05ici, que ce soit les chaînes privées,
00:40:08les chaînes publiques, les radios privées,
00:40:09les radios publiques ne va être que d'autant plus
00:40:12importante que de se conformer à ce que vous attendez de nous
00:40:17et vous avez raison de le faire.
00:40:18C'est vraiment une exemplarité en matière de traitement de
00:40:22tout le monde, des uns, des autres, des hommes,
00:40:25des femmes, des des athlètes en situation de handicap ou des
00:40:29athlètes valides, parce que ça va être presque un
00:40:32enjeu de société encore plus fort aujourd'hui dans le contexte
00:40:36qui est le nôtre.
00:40:37Merci beaucoup, en tout cas, de de cette de cette étude qui
00:40:41va nous servir grandement.
00:40:43Merci beaucoup.
00:40:44Merci à vous.
00:40:45Donc, on enchaîne avec la table ronde et si Aurélien Clamousse
00:40:51veut bien.
00:40:55Si les intervenants à la table ronde veulent bien monter 20
00:40:58minutes et après un temps d'échange un peu plus long,
00:41:00parce que je pense que.
00:41:03Ça sera important d'avoir cet échange après que nous ayons
00:41:07eu des témoignages et un exposé d'une étude qui concerne la
00:41:11presse écrite et dont les enseignements vont être tout à
00:41:15fait intéressants.
00:41:21Bonjour à tous, on est ravi de vous accueillir pour cette
00:41:46table ronde à laquelle participeront du coup Mélina
00:41:50Poeti, qui est à ma droite, journaliste et réalisatrice,
00:41:54auteure d'une étude sur la représentation des athlètes
00:41:56femmes dans la presse écrite lors des Jeux olympiques et
00:42:00paralympiques de Paris.
00:42:02Également présente avec nous, Emmanuelle Haasman,
00:42:06paraëlle screameuse, médaillée de bronze aux Jeux d'Athènes en
00:42:112004, ancienne présidente du comité paralympique et sportif
00:42:14français et marraine de l'opération de cette édition de
00:42:17l'opération Sports Féminins Toujours.
00:42:19Et enfin, Riad Salem, champion d'Europe de rugby fauteuil,
00:42:24six participations aux Jeux et parrain de l'édition 2025 de
00:42:29l'opération Sports Féminins Toujours.
00:42:30Et également, madame la conseillère,
00:42:34Laurence Péco-Rivolier, membre du collège de l'ARCOM,
00:42:36qui nous fait le plaisir de rester parmi nous pour cette
00:42:38table ronde.
00:42:40Je vais commencer cette table ronde en interrogeant Mélina
00:42:43Poeti.
00:42:43Vous avez du coup rédigé une étude sur la représentation,
00:42:47une étude assez analogue, assez similaire à la nôtre,
00:42:50mais sur un média différent.
00:42:52La presse écrite dans l'étude de l'ARCOM,
00:42:54on a constaté que le sport féminin avait représenté 37% du
00:42:59volume, du volume horaire des retransmissions contre 56% pour
00:43:02le sport masculin.
00:43:04Qu'en était il dans la presse écrite?
00:43:06Bonjour à tous et toutes.
00:43:08D'abord, vous expliquez en quelques mots le terrain de
00:43:12l'étude, si j'ose dire, à savoir trois titres de presse,
00:43:15l'équipe, donc presse sportive spécialisée,
00:43:18le monde, presse nationale et le Parisien,
00:43:21presse nationale et régionale, puisque édition Ile de France.
00:43:27Dans cette étude, en fait, je l'ai menée pendant 21 jours
00:43:30avec la compétition en cours au niveau des Jeux olympiques et
00:43:33durant 14 jours, à savoir J plus 1 à chaque fois des
00:43:37compétitions, évidemment, pour pour l'édition à suivre
00:43:40après résultat 14 jours pour les Jeux paralympiques.
00:43:44C'est pour la mise en contexte avec du côté des Jeux olympiques.
00:43:48On le disait, une parité au niveau des athlètes, que ce
00:43:51soit à l'international et en France et pour les Jeux
00:43:54paralympiques n'ont pas une parité 45% au niveau
00:43:58international et 34% des athlètes pour les
00:44:02athlètes français.
00:44:03D'abord, les constats communs, évidemment, ils sont
00:44:07quantitatifs, c'est à dire que les hommes dans la presse
00:44:11écrite occupent 60% des pages.
00:44:17La petite nuance, le petit fin qui n'en est pas une en
00:44:21réalité, puisqu'elle ne vient pas trop percuter ce chiffre,
00:44:24mais c'est que une désormais une médaille égale un article
00:44:28de presse, qu'elle soit, quel que soit le genre de l'athlète.
00:44:31Donc, à minima, quand je dis un article de presse, un quart
00:44:35de page dans la presse écrite.
00:44:37Donc ça, c'est une bonne chose.
00:44:39En réalité, évidemment, plus d'hommes, plus d'hommes
00:44:42médaillés, donc ce qui explique ces 60%.
00:44:45Et si je décline ce chiffre du côté des Jeux olympiques,
00:44:49c'est 61% de pages consacrées aux hommes, 28% consacrées
00:44:53aux femmes, 11% de pages mixtes qui concernent les hommes et
00:44:57les femmes dans le même article.
00:44:59Du côté des Jeux paralympiques, 50% sont consacrées aux
00:45:02hommes, 18% sont consacrées aux femmes et 28% d'articles
00:45:07mixtes et ces articles mixtes pour rejoindre ce que vous
00:45:10disiez, c'est que ce sont des articles qui traitent des hommes
00:45:15et des femmes au sein d'un même sport ou d'une même pratique
00:45:19dans le cas du handisport, mais qui sont majoritairement
00:45:23favorables en quantitatif et en qualitatif aux hommes.
00:45:27Merci beaucoup.
00:45:28Et alors, du coup, un des constats qui ressort à la fois
00:45:31de l'étude de l'ARCOM que vous avez présenté et puis de
00:45:35cette étude sur la presse écrite, c'est la représentation
00:45:39plus faible quantitativement de la représentation des athlètes
00:45:43femmes pour les Jeux paralympiques.
00:45:45Et alors, sur ce sujet là, j'aimerais bien avoir le point
00:45:48de vue d'Emmanuel Asman puisque vous avez vous-même eu une
00:45:52carrière de paralyse scrimmeuse et vous avez été présidente
00:45:56du CPSF.
00:45:57Comment est-ce que vous expliquez, au-delà des facteurs
00:45:59d'explication qu'on a pu donner ici, cette sous-représentation
00:46:02des femmes dans le parasport ?
00:46:04Alors bonjour à tous, je pense qu'on a au départ aussi
00:46:08un manque de médiatisation criant.
00:46:11La ministre l'a rappelé, c'est assez récent qu'on puisse
00:46:14voir des compétitions paralympiques à la télévision
00:46:17et on est hyper content parce que nous, on croyait au fait
00:46:20que les gens regarderaient, mais on l'a pu prouver et on
00:46:24remercie encore France Télévisions parce que vous avez
00:46:26mis les moyens pour que cet engouement soit là.
00:46:30Mais à partir du moment où il n'y a pas de rôle modèle,
00:46:33parce que peu de médiatisation, finalement, ça a un impact
00:46:36aussi sur les femmes.
00:46:39Et après, je crois aussi, en tout cas dans mon expérience,
00:46:42c'est qu'il y a moins de femmes qui ont un handicap au
00:46:45cours de la vie, c'est-à-dire qu'avec les sports à risque,
00:46:49avec la moto, l'auto, voilà, tous les accidents, finalement,
00:46:53font plus de personnes en situation de handicap durant
00:46:57la vie côté masculin.
00:46:59Et puis, je crois aussi que finalement, l'image qu'on peut
00:47:03avoir, elle est fin.
00:47:07Moi, je le vois comme ça, c'est que des fois, on voit une
00:47:10personne en situation de handicap et qu'on gomme son sexe.
00:47:15On est d'abord une personne en situation de handicap,
00:47:18homme ou femme, à la limite, c'est anecdotique.
00:47:21Et donc, du coup, il faut recréer aussi le fait de c'est
00:47:26là où la puissance des rôles de modèle, c'est recréer le
00:47:29fait qu'une femme en situation de handicap puisse se voir en
00:47:33pratique sportive sans que ce soit un challenge supplémentaire,
00:47:37mais plutôt comme un.
00:47:38En tout cas, moi, je l'ai vécu comme ça.
00:47:39Finalement, le sport m'a permis de mieux appréhender mon
00:47:42handicap, m'a permis de mieux comprendre ce nouveau corps.
00:47:46Mais pour ça, il faut qu'on ait une option.
00:47:49À un moment donné, on l'avait dans les centres de rééducation.
00:47:51On a enlevé le sport des centres de rééducation pour raccourcir
00:47:55la durée d'hospitalisation.
00:47:58Eh bien, ça, ça fait qu'on n'expérimente plus ça.
00:48:01Et donc, si on n'expérimente pas ça, après, dans les clubs,
00:48:05on voit qu'il y a beaucoup moins de femmes.
00:48:07Donc, c'est vrai qu'il y a beaucoup moins de femmes dans
00:48:09le sport, mais on s'aperçoit, par exemple, je parlais avec les
00:48:13gens de la Fédération Indie Sport hier.
00:48:15Sur le nombre de licenciés, on est 30% de femmes, ce qui est
00:48:20à peu près pareil que dans d'autres fédérations ou une
00:48:23majorité de fédérations.
00:48:24Mais dès qu'on passe au sport de haut niveau, là,
00:48:27on descend aussi beaucoup.
00:48:29Donc, c'est voilà.
00:48:31Je pense qu'on est sur le même phénomène, mais avec peut-être
00:48:33du retard dû aussi au fait que les personnes en situation
00:48:38handicap, elles ne savent pas forcément que le sport est pour
00:48:40eux et les femmes encore moins.
00:48:43Alors, justement, ça m'amène à me tourner vers Riyad Salem et
00:48:48sur le rôle que peuvent avoir les fédérations, les clubs
00:48:51sur le sujet.
00:48:52Vous êtes un athlète homme, mais très engagé pour le sport
00:48:56féminin et notamment avec votre club, le Capsa.
00:49:01Exactement.
00:49:02Vous avez organisé au mois de décembre à Paris une compétition
00:49:07internationale de rugby fauteuil féminine.
00:49:11Exactement.
00:49:11Alors, est ce que vous pourriez nous parler de cet engagement
00:49:14et plus particulièrement, quel bilan vous avez tiré de
00:49:18cette organisation à Paris?
00:49:19Quelques mois après les Jeux?
00:49:21Alors bonjour à tous et bonne année et désolé pour le retard.
00:49:26Alors, le bilan qu'on en tire pour les Jeux, il est extraordinaire
00:49:30parce que ça nous a permis d'avoir 20% d'augmentation de
00:49:35licenciés dans le club et nous, depuis le début, la création
00:49:38de l'association, puisqu'on va fêter nos 30 ans, on a toujours
00:49:41eu cette politique d'accueillir les femmes et de leur permettre
00:49:44soit de faire un sport juste du plaisir, loisir ou même
00:49:48d'entretien et on les invite souvent aussi à faire du haut niveau.
00:49:52Donc, on a été le premier club en France à créer une équipe
00:49:56100% féminine de basket fauteuil qui joue dans un championnat
00:50:00de garçons et on a toujours été sur la mixité handicapé,
00:50:03non handicapé.
00:50:04Donc, on a fait un petit peu ce qu'on appelle de l'inclusion
00:50:06inversée. On a accueilli les personnes qui n'étaient pas
00:50:08handicapées sur les fauteuils et la personne qui porte aujourd'hui
00:50:12l'équipe féminine de basket fauteuil est une fille qui n'a
00:50:14pas de handicap, mais qui est passionnée, qui pourrait faire
00:50:16un autre sport en mode bipède.
00:50:18Mais c'est ce sport là qu'elle a choisi et ça a amené aussi
00:50:21une dynamique, c'est à dire d'avoir aussi un leader sur un
00:50:26projet, c'est hyper important.
00:50:28Et la Coupe du monde féminine, du moins la Women's Cup,
00:50:32ça a été un événement qui a 10 ans maintenant, mais on n'a
00:50:37pu le faire que quatre fois.
00:50:40Et ça a été, je vais juste donner des petits chiffres pour
00:50:42que vous ayez une petite idée de l'évolution et on est très
00:50:45fiers de ces chiffres, parce que la première fois qu'on a
00:50:48fait cette Women's Cup, alors c'était en 2015, on avait six
00:50:54nations et douze filles.
00:50:58Et en 2017, 14 nations, 32 filles.
00:51:03En 2010, en 2023, excusez moi, je vous explique tout de suite,
00:51:07mon plus grand handicap, c'est la dyslexie.
00:51:09Des fois, je mélange les trucs, donc il ne faut pas vous
00:51:10inquiéter. Donc 2023, puisqu'on n'avait pas pu le faire à cause
00:51:16du Covid, parce qu'on avait décidé de le faire tous les deux
00:51:18ans. 2023, alors qu'est ce qui se passe encore?
00:51:23Là, c'est la vidéo qui se lance, mais.
00:51:30En fait, c'est le tactile.
00:51:32Ce sont les grands défis.
00:51:33Alors moi, ça m'arrive tout le temps, donc il ne faut pas vous
00:51:36inquiéter. Attendez, on va ressortir, on va retourner.
00:51:41Alors 2023, on a eu deux nations, c'était notre rêve qu'il y ait
00:51:45des équipes nationales qui se constituent de femmes, parce
00:51:48qu'aujourd'hui, le rugby fauteuil, les filles jouent avec les garçons.
00:51:52Donc, vous l'avez vu peut être pour ceux qui ont vu le rugby,
00:51:54le rugby fauteuil. Il y avait quasiment dans chaque équipe
00:51:58nationale des filles, sauf en équipe de France.
00:52:00On était très tristes et c'est pas la volonté qu'on avait
00:52:06d'avoir des filles. Donc, il y avait deux nations.
00:52:11Deux, dix nationalités et 42 filles.
00:52:14Et là, notre grande fierté 2024, juste après les Jeux,
00:52:21six nations, 18 nationalités et 60 filles.
00:52:24Donc, il y a une progression qui est extraordinaire et parce
00:52:27qu'on a fait ces résultats, la WWR, l'équivalent de World
00:52:31Rugby, c'est intéressé à nous.
00:52:33On fait un colloque au Canada sur le développement du rugby
00:52:36féminin et ils ont changé les règles pour imposer maintenant
00:52:39dans les nations des filles.
00:52:40Donc, c'est un peu forcé, un peu comme ce qu'on fait en
00:52:43France sur les associations.
00:52:47Et ce qui se passe, c'est qu'on essaye vraiment de
00:52:50faire en sorte que j'ai vu qu'il y avait la Coupe du
00:52:53Monde féminine en Angleterre et on aimerait vraiment que,
00:52:57comme ça s'est passé à Paris, qu'il y ait la Coupe du
00:52:59Monde féminine en même temps que la Coupe du Monde bipède.
00:53:03Donc, voilà, ça, c'est notre rêve et les ambitions qu'on
00:53:06essaie de porter pour que pour que les femmes s'imposent,
00:53:10évidemment, pacifiquement dans nos sports.
00:53:13Mais vraiment, c'était un spectacle extraordinaire.
00:53:16Je vous invite à regarder quelques vidéos et on était
00:53:19tous hyper bluffés de la qualité et du niveau de jeu.
00:53:24Merci, c'est en tout cas, on voit qu'il y a une vraie
00:53:25dynamique et c'est porteur d'espoir pour l'avenir.
00:53:29Alors, je reviens vers Melina Boetti.
00:53:32Au sein de l'étude de l'ARCOM, on a vu qu'il y avait des
00:53:36différences en termes d'exposition, de tranches
00:53:39horaires auxquelles le sport féminin était diffusé.
00:53:44On n'a pas de tranches horaires en presse écrite, mais est ce
00:53:46qu'on a également des constats plus qualitatifs sur la
00:53:50visibilité qui est donnée au sport féminin au delà du sujet
00:53:53des unes et de la hiérarchie qui est faite au niveau de l'information?
00:53:59Alors oui, cette hiérarchie et cette inégalité de traitement,
00:54:02on se constate d'abord sur la une qui serait un petit peu dans
00:54:06les audiovisuels, l'heure de forte audience et à la une,
00:54:10dans la presse écrite, dans les trois journaux concernés.
00:54:13Il y a une grosse inégalité à savoir que sur 21 unes pendant
00:54:17les Jeux olympiques, six seulement sur les trois
00:54:20journaux ont été consacrés à une femme, à savoir quand je
00:54:23dis une femme photo pleine page avec un titre et durant les
00:54:28Jeux paralympiques, aucune n'a été consacrée aux femmes.
00:54:31Sur ces six unes, il y en a cinq du monde, une pour l'équipe,
00:54:37qui est quand même le journal sportif spécialisé et cette
00:54:41une était destinée à Simone Biles avec un titre et Dieu
00:54:45créa Simone Biles, donc la femme étant une, mais il y a une
00:54:49puissance supérieure qui apparemment fait la perf et pour
00:54:57les paralympiques, c'est dramatique, mais il n'y a pas
00:55:00eu de une féminine, 100% féminine.
00:55:04Il y a eu des unes mixtes, mais c'est quatre unes mixtes sur
00:55:0714 jours de compétition sur les trois journaux et notamment
00:55:11ces unes là ont été faites par Marie Patouillet lors de sa
00:55:16deuxième médaille et non pas sa première, donc la médaille
00:55:18d'or en poursuite individuelle.
00:55:20Le reste, ce ne sont que des petits encarts qui amènent
00:55:24dans le journal à des articles.
00:55:26Avec souvent une place plus reculée des femmes dans la
00:55:30pagination, exactement dans le dans le chemin de faire ce
00:55:32qu'on appelle le chemin de faire des journaux.
00:55:35J'ai un exemple qui est frappant et donc je le donne.
00:55:39Ça sera, ça va éviter beaucoup de mots, mais par exemple,
00:55:42match final de basket.
00:55:45Les deux équipes de France se sont engagées contre le même
00:55:48adversaire, à savoir les Etats-Unis, même en jeu,
00:55:51une médaille d'or à la clé.
00:55:52Et puis, même écrin, on peut dire et bien défaite médaille
00:55:58d'argent pour les deux équipes.
00:55:59Le lendemain de ce match, les femmes et les hommes arrivent
00:56:03en page 8, sauf que les hommes arrivent en page 8 après l'or
00:56:08de leur homologue voleyeur et les femmes arrivent en page 8
00:56:11après trois pages de pub et trois pages sur la cérémonie
00:56:14de clôture. Donc, même à cet endroit là, c'est discriminant.
00:56:20On voit bien le rôle qu'ont les médias pour susciter une
00:56:25envie, un souhait de pratique chez les jeunes filles.
00:56:30Riyad Salem, lors de la préparation de cette table
00:56:32ronde, m'avait dit qu'on observait une pratique chez les
00:56:38jeunes filles sportives qui était importante dans le cadre
00:56:41scolaire, mais qu'ensuite, on avait un décrochage,
00:56:44un décrochage au moment du lycée.
00:56:46Comment est ce qu'on fait pour lutter contre ça et comment
00:56:49est ce qu'on fait pour maintenir cette pratique sportive ?
00:56:51Vous me posez la question sur les solutions.
00:56:54Je pense qu'on est tous là.
00:56:56Oui, on doit être tous en équipe pour trouver des solutions
00:57:00parce que je pense qu'il y a beaucoup de choses.
00:57:02On arrive à l'âge de l'adolescence, la séduction.
00:57:05Souvent, nous, quand je fais des salons, des choses comme ça
00:57:09et je vois des filles et je leur dis vous ne voulez pas venir
00:57:11faire du sport, je n'ai pas envie de ressembler à un mec.
00:57:13Il y a aussi ce truc.
00:57:15Et puis, c'est vrai que culturellement, en France, la
00:57:18femme, c'est voilà, elle a un rôle social et pour briser,
00:57:22dissoudre toutes ces idées reçues, c'est dur.
00:57:25Et si vous avez envie d'avoir une vie de famille et tout, ça
00:57:29vous empêchera pas d'avoir votre vie de famille.
00:57:31Mais il y a une espèce de projection.
00:57:33Et puis, quand on flirte, c'est une période où on s'attache
00:57:37plus à ses vêtements, à son apparence que à sa performance.
00:57:42C'est un peu compliqué.
00:57:44Et puis, souvent, quand les filles sont plus jeunes, les
00:57:47parents ou dans certains quartiers ne sont pas trop regardants.
00:57:50Mais si demain, il faut mettre un short ou aller à la piscine
00:57:54ou des choses comme ça, il y a certains quartiers où c'est
00:57:56beaucoup plus difficile pour les filles de pouvoir continuer
00:57:58à faire du sport, même s'ils étaient hyper performantes
00:58:01à l'époque où elles faisaient de l'UNSS.
00:58:05Mélina Boetti, on a vu que dans l'étude de l'ARCOM, dans la
00:58:09partie notamment sur l'analyse des commentaires sur les réseaux
00:58:12sociaux et sur les plateformes en ligne, il y avait un regard
00:58:17différent qui était porté sur les athlètes féminines que sur
00:58:20les athlètes masculins.
00:58:23Est ce qu'en presse écrite aussi, il y a un regard différent
00:58:26qui est porté sur les prouesses sportives des sportives en
00:58:31comparaison des hommes?
00:58:32Oui, c'est ce que dans mon étude, j'ai mis en évidence sur
00:58:36les différentes formes de sexisme, différentes catégories
00:58:39de sexisme liées au traitement de la performance des femmes.
00:58:43D'abord, il y a une reproduction des assignations genrées.
00:58:47Donc, les femmes sont souvent décrites dans l'émotion,
00:58:50dans les pleurs, dans le sourire exacerbé.
00:58:54Tout ce qui ramène à la fragilité, à la vulnérabilité,
00:58:57y compris dans la victoire, alors que les hommes sont ramenés
00:59:01à leur détermination.
00:59:03Le côté focus est conquérant et d'ailleurs, ça peut se voir
00:59:06même dans l'iconographie choisie.
00:59:08Je parle de cet exemple encore de basket.
00:59:12La une mettait en évidence deux joueurs français américains
00:59:16qui s'opposaient en mode guerrier.
00:59:18Et au fond, il y avait au deuxième plan quelques
00:59:21Françaises qui n'étaient presque pas concernées par l'enjeu
00:59:23de leur match à venir et qui et qui rigolaient,
00:59:27qui avaient une attitude de tout sauf combattant,
00:59:29combattif en tout cas.
00:59:32Ensuite, il y a une hyper sexualisation du corps des
00:59:36femmes qui est encore prégnante et avec ça,
00:59:40une survalorisation de l'hétéronormativité,
00:59:43à savoir qu'on va parler dans les articles qui traitent de
00:59:45leur performance, de leur compagnon,
00:59:47de leur enfant en tribune, de la demande de mariage de leur
00:59:51compagnon à l'issue de la compétition.
00:59:54Toutes ces terminologies et ce rappel à leurs proches qui
00:59:59évitent finalement de parler d'elle et de leur performance.
01:00:03Et enfin, quid du geste sportif?
01:00:08Vous le disiez dans votre étude, c'est à dire que si on n'a pas,
01:00:13si on n'a pas regardé sa télé,
01:00:15si on lit la presse écrite, les aller, je vais être gentil,
01:00:19je vais dire trois quarts du temps.
01:00:20On ne sait pas ce qui s'est passé en finale et c'est encore
01:00:23plus exacerbé en ce qui concerne les sportifs handi et les
01:00:28sportifs racisés.
01:00:30Donc, ce sont des jeunes exemples, un sportif handi,
01:00:33Emeline Pierre, médaillée d'or en 100 mètres nage libre.
01:00:37Je lis l'article de l'équipe, mais c'est partout.
01:00:40C'est pareil ailleurs chez les confrères.
01:00:42Il n'y a même pas son chrono.
01:00:43Donc, on ne sait pas en combien de temps elle court le nage
01:00:47le 100 mètres.
01:00:48Et donc, ça, pour moi, c'est quand même fort comme exemple
01:00:51pour montrer à quel point la technique et la tactique
01:00:55n'appartiennent pas apparemment aux sportives.
01:00:57Et ça questionne sur le fait de qu'en est il?
01:01:00En fait, est ce que ça, c'est effrayant de s'intéresser à
01:01:03leur physique, à ce qui leur permet et à la puissance de
01:01:07leur corps en action?
01:01:09Merci beaucoup. Je vois que le temps file modérateur que je
01:01:11suis se doit d'intervenir.
01:01:14Mais c'est vrai que sur ce point là, les deux études se
01:01:17répondent vraiment.
01:01:18Et alors, je suis désolé, mais Emmanuel Asman, je vais aussi
01:01:21vous poser une question de solution.
01:01:23Vous avez été présidente du CPSF et madame la ministre est
01:01:26présente parmi nous.
01:01:28Quelles actions peuvent, devraient être mises en place
01:01:31par les pouvoirs publics pour encore encourager davantage
01:01:34cette dynamique qui existe aujourd'hui pour le développement
01:01:37du sport féminin?
01:01:38Pour moi, il y a le sujet de justement quand on a un handicap
01:01:44et qu'on fait une perf, souvent, on va demander d'abord de
01:01:46parler du handicap, ce qu'il faut rassurer parce que je ne
01:01:49sais pas. En tout cas, c'est les questions des journalistes
01:01:51sont souvent d'abord sur le handicap.
01:01:52Ça va beaucoup mieux, mais ça a été longtemps après la
01:01:56situation de famille, un commentaire sur le côté joli,
01:02:00pas joli, jeune, mère ou pas.
01:02:03Et après seulement la perf, donc souvent le temps est passé.
01:02:06Donc du coup, il y a peu de perf et donc c'est vrai que moi,
01:02:08je me dis qu'une des solutions, c'est aussi qu'il y ait plus
01:02:11de dirigeants dans le mouvement sportif, plus d'entraîneurs,
01:02:14plus d'arbitres.
01:02:16Marie l'a dit sur le fait de se dire si on réfléchit aux
01:02:20solutions, il faut les prendre dès le départ et la façon dont
01:02:23on est accueilli en club, la façon dont on a un potentiel
01:02:27de sportif de haut niveau.
01:02:28Moi, j'ai été dans le club de Riyad au départ.
01:02:31C'est vrai qu'il y avait beaucoup de garçons.
01:02:33On n'était pas beaucoup de filles, mais on avait d'autres
01:02:35places et donc le fait d'avoir sa place, ça veut dire qu'on
01:02:38se sent chez soi et qu'on se dit en fait, c'est pas parce
01:02:41que je suis une fille que je vais pas participer aux
01:02:42compétitions et les garçons me voient comme une basketteuse
01:02:46et pas comme une fille.
01:02:47Et ça, pour que ça soit ça, ça veut dire qu'il faut que le
01:02:50président, les entraîneurs, tous les gens qui participent
01:02:53à la vie associative, ils soient persuadés de ça.
01:02:56Et donc, on a ce travail là à faire, qui est que à toutes
01:02:59les strates, il y ait des femmes qui participent, ne serait-ce
01:03:02que pour qu'on se dise que je peux faire arbitre, je peux
01:03:06faire sportif, je peux faire dirigeante ou je peux faire
01:03:08que du loisir.
01:03:09Mais en tout cas, tous les champs des possibles sont ouverts.
01:03:13Parfait, pour terminer cette table ronde, je vais répondre
01:03:17aussi à ta question.
01:03:19Allez y, une des solutions aussi, mais comme l'a dit
01:03:23Emmanuel, c'est aussi l'image et de respecter.
01:03:27Nous, on a toujours eu dans le club le fait de tu sois un
01:03:31homme ou une femme.
01:03:32Ce qui est important, c'est ta capacité d'exceller dans ta
01:03:36discipline et là, on a vécu une expérience un peu difficile.
01:03:40Alors, je sais que c'est encore, on va dire un peu vulgaire
01:03:43de parler de ça, mais l'argent.
01:03:45Nous, quand on a organisé la Women's Cup, quand on organise
01:03:48un tournoi d'hommes, on ne se pose pas de question de savoir
01:03:50qui va payer les clubs.
01:03:52Les fédérations payent les filles.
01:03:54On a été obligé, nous, de trouver des solutions pour aider
01:03:57certaines nations ou certaines filles à payer
01:03:59leurs billets d'avion.
01:04:01Dire que ça aussi, c'est important de mettre les moyens
01:04:04qu'à un moment donné, qu'on mette à égalité les moyens.
01:04:08Si on ne met pas de l'argent et si les filles demain veulent
01:04:10faire une carrière professionnelle et qu'au final,
01:04:12elles vont toucher beaucoup moins d'argent que les garçons,
01:04:14c'est des motifs.
01:04:15Pas non plus à se dire je vais sacrifier des choses pour que
01:04:19à la fin, ils remettent la valeur argent dans le monde du
01:04:24sport et sur les femmes pour pas qu'on se retrouve à galérer
01:04:28pour organiser une compétition et mettre en valeur le talent
01:04:32des filles et ça va évidemment, par effet, ricocher avec
01:04:35la médiatisation.
01:04:37Voilà quoi.
01:04:38Donc, je sais qu'on est dans une période où l'argent,
01:04:40c'est une denrée rare, mais quand même.
01:04:42Que le mouvement sportif prenne ses responsabilités au même
01:04:46titre que les médias qui sont aujourd'hui parmi nous.
01:04:50Absolument.
01:04:51Je pense que c'est un investissement qui doit,
01:04:55si on porte des valeurs, il faut que ces valeurs là,
01:04:57elles n'aient pas un coût différentiel.
01:05:00Vous estimez qu'une femme, un homme dans notre pays,
01:05:02on est on est égal.
01:05:04Il faut mettre les moyens en argent, en égalité,
01:05:07en argent.
01:05:09Parfait.
01:05:09Et du coup, je me tourne vers la conseillère,
01:05:13donc passer l'heure du bilan des Jeux avec cette étude.
01:05:18Quelles sont aujourd'hui les pistes de travail pour l'ARCOM
01:05:21dans ce domaine, tant s'agissant de l'analyse de la
01:05:25consommation du sport féminin que de la place des femmes
01:05:29dans les médias au micro pour commenter naturellement ces
01:05:32compétitions de sport féminin, mais aussi d'autres compétitions.
01:05:37Oui, alors nous, notre rapport, vous l'avez compris,
01:05:39c'est de faire des études et c'est d'essayer d'objectiver
01:05:42un peu les choses.
01:05:43Donc, on a des pistes de travail de nos directions,
01:05:46des études et directions de la cohésion sociale.
01:05:49La première étude, on va s'occuper du problème
01:05:52du temps de parole et on va essayer de comprendre
01:05:54pourquoi il y a un décalage.
01:05:55Pour l'instant, on a trois pistes possibles.
01:05:57C'est peut être pas les bonnes.
01:05:58La première, c'est qu'il y aurait peut être des rôles
01:06:00différents entre journalistes, commentatrices qui pourraient
01:06:04expliquer une différence de temps de parole.
01:06:06Deuxième piste, ce qu'on appelle le manstructing.
01:06:09Peut être que, effectivement, c'est un phénomène qui existe,
01:06:12mais nous le vérifierons avant de l'affirmer.
01:06:14Et troisième piste, les femmes sont plus concises que les hommes.
01:06:17Nous verrons cela.
01:06:18La prochaine étude nous le dira et nous allons par ailleurs
01:06:24nous préoccuper de voir ce qui détermine
01:06:27le téléspectateur pour regarder du sport féminin.
01:06:30On va aller voir quelles sont ses envies,
01:06:33qu'est ce qu'il regarde effectivement et on va tester
01:06:37pour voir quelle est la notoriété des athlètes et des
01:06:41para-athlètes féminines auprès des téléspectateurs.
01:06:44Donc, ça nous permettra d'avoir des nouvelles données pour
01:06:47réimpulser des débats tels que nous allons les avoir à présent.
01:06:52Merci.
01:06:54Merci beaucoup.
01:06:58C'était passionnant.
01:06:59Merci beaucoup.
01:07:00Mais restez avec nous parce que je pense que dans les débats,
01:07:03peut être que vous serez amenés à intervenir.
01:07:08Donc, voilà, la parole est à vous, si vous souhaitez,
01:07:13alors aux éditeurs et aux autres qui sont présents dans la salle.
01:07:22Je ne veux pas monopoliser la parole pour France Télévisions
01:07:25auprès des éditeurs, non, non, mais je vous remercie beaucoup
01:07:27pour cette étude qui est effectivement très enrichissante
01:07:30et qui constate à la fois d'énormes progrès et nous interpelle aussi
01:07:36sur des pistes d'amélioration parce que il n'y a pas que les
01:07:42Jeux olympiques aussi et les Paralympiques,
01:07:44mais il y a aussi les Jeux olympiques et les Jeux olympiques
01:07:48et les Jeux olympiques,
01:07:49les Jeux olympiques et les Jeux olympiques.
01:07:51Vous avez vu que cette année, vous l'avez souligné,
01:07:53c'est une année particulièrement riche pour le sport féminin.
01:07:57Nous, avec nos confrères qui s'exprimeront peut être tout à l'heure,
01:08:02allons donner une très, très large place au sport féminin.
01:08:06Et moi, je voulais juste vous dire que vous avez souligné que les
01:08:09choses progressaient et qu'on va tout faire pour qu'elles continuent
01:08:13à progresser, notamment le temps de parole des journalistes féminines.
01:08:21C'est vrai que nous avons dans les rédactions encore plus d'hommes
01:08:25que de femmes, c'est un fait.
01:08:26On ne peut pas non plus changer ça du jour au lendemain,
01:08:29mais il y a pas mal de progrès qui se font.
01:08:33Ce que je faisais dire à ma présidente tout à l'heure,
01:08:35c'est que l'année prochaine, comme les Jeux d'hiver en prime time,
01:08:38et c'est vrai que c'est lié à la discipline,
01:08:40ça sera beaucoup de patinage artistique.
01:08:43Et vous savez que depuis la rentrée sur France Télévisions,
01:08:48les commentateurs de patinage artistique sont trois femmes.
01:08:50Il n'y a pas d'homme.
01:08:51Donc là, au moins, il y aura un 100% dans le temps de parole.
01:08:54Et ça fait partie aussi, même si on ne les a pas choisis
01:08:59pour le fait qu'elles soient femmes, parce que ce sont des vrais experts.
01:09:03Moi, ça me fait plaisir aussi de créer ce trio féminin.
01:09:07Voilà. Merci beaucoup.
01:09:10Bonjour, Bruno Fraioli, je suis journaliste à Sportbiennes.club.
01:09:14Il y a toujours quelque chose aussi que j'observe.
01:09:18Je ne sais pas si c'est quelque chose qu'il faudrait voir avec les ayants droits,
01:09:21c'est-à-dire les organisateurs.
01:09:24C'est dans la hiérarchisation des événements sportifs.
01:09:27Quand on parle du Tour de France, on parle du Tour de France hommes.
01:09:32Et il y a le Tour de France hommes qui est la dénomination,
01:09:34et le Tour de France femmes.
01:09:35Et c'est pareil pour la Coupe du Monde de football.
01:09:38La Coupe du Monde, c'est la Coupe du Monde hommes.
01:09:40Personne ne se pose la question.
01:09:41Quand on dit Coupe du Monde, c'est Coupe du Monde hommes.
01:09:43Et il y a la Coupe du Monde femmes.
01:09:44Donc, pourquoi ne faudrait-il pas dire Coupe du Monde hommes et Coupe du Monde femmes
01:09:50qui permettraient peut-être de mettre les événements sur le même niveau,
01:09:55en tous les cas, de hiérarchisation ?
01:09:57Je ne sais pas si c'est une question ou si c'est un élément.
01:10:00Merci, oui, la théaminologie est un élément.
01:10:02Je ne sais pas si c'est une question ou si...
01:10:04Merci, oui, la théaminologie est un élément toujours très important dans les avancées sociales.
01:10:08Vous avez raison.
01:10:10Bonjour, Julien Millereau, directeur des sports du groupe TF1.
01:10:13Déjà, je voudrais saluer le travail remarquable qui a été fait par mes confrères de France Télé sur les Jeux Olympiques.
01:10:19Mme Ernotte le rappelait, c'est des compétitions qui sont très compliquées à traiter et à couvrir,
01:10:24de manière exhaustive, notamment pour des diffuseurs linéaires,
01:10:27parce que je salue aussi, évidemment, Eurosport, mon ancienne maison,
01:10:29qui a fait un super boulot.
01:10:32Pour revenir à ce que disait Bruno, je fais le pont avec les ayants droit.
01:10:35Il faut bien comprendre aussi que c'est une chaîne de valeurs, le sport.
01:10:39Ce n'est pas vulgaire de parler d'argent ou d'écosystème.
01:10:43Les ayants droit ont leurs responsabilités aussi.
01:10:45Je viens de y penser, mais là, je prends l'exemple.
01:10:47Nous, on est diffuseurs de nombreux événements, de nombreuses compétitions féminines cette année,
01:10:52donc l'Euro féminin de football, dont on a l'intégralité des droits,
01:10:55la Coupe du monde féminine de rugby en Angleterre,
01:10:57et la Coupe du monde de handball en fin d'année.
01:11:00La FIFA, l'année dernière, a décidé,
01:11:02vous avez tous pu suivre le feuilleton de la Coupe du monde,
01:11:04de l'organiser, bon, dans l'hémisphère sud,
01:11:06ça c'est un fait, c'est une fédération mondiale,
01:11:08mais à des dates complètement ubuesques,
01:11:10donc en plein milieu de l'été,
01:11:12qui est la période la plus creuse en termes de consommation télé de l'année.
01:11:15Ils en ont fait une question d'argent.
01:11:17Au final, le foot féminin,
01:11:19enfin plutôt la Coupe du monde féminine de football,
01:11:22a perdu de l'exposition,
01:11:24puisque mes confrères d'MC, c'est France TV,
01:11:26qui ont diffusé la compétition,
01:11:28n'ont pas pu dépêcher d'équipe sur place,
01:11:30n'ont pas pu faire de magazine,
01:11:32parce qu'encore une fois, la FIFA, on a fait une question d'argent et pas d'exposition.
01:11:35Donc il faut aussi responsabiliser tout cet écosystème,
01:11:38la même FIFA qui a décidé d'organiser une Coupe du monde des clubs,
01:11:41cette année, une nouvelle compétition en face de l'euro féminin.
01:11:44Donc je dirais que le président de la FIFA a un discours à la gare des diffuseurs,
01:11:48qu'il essaie de culpabiliser, quand on ne met pas assez d'argent,
01:11:51mais ça ne lui pose pas de problème, quelques mois plus tard,
01:11:54d'aller mettre une compétition nouvelle,
01:11:57dont on peut questionner l'intérêt pour les téléspectateurs,
01:12:00en face d'une compétition de football féminin.
01:12:02Bon, ça, c'était le petit aparté.
01:12:04Je parlais de chaînes de valeur,
01:12:06il faut aussi sensibiliser nos partenaires annonceurs,
01:12:08puisqu'on doit aussi financer ces acquisitions,
01:12:10il ne faut pas sous-estimer les investissements qu'on fait sur ces compétitions-là.
01:12:14Et c'est vrai que tout l'écosystème, donc les annonceurs, les marques,
01:12:17il faut aussi qu'ils prennent le sujet à bras-le-corps,
01:12:20au-delà des problématiques RSE.
01:12:22On l'a vu, nous, sur l'euro féminin en 2022,
01:12:24qui a été reporté à cause du Covid,
01:12:26qui s'est déroulé la même année que la Coupe du Monde au Qatar,
01:12:28qui, on ne peut pas dire, véhiculait des valeurs à plus d'un titre formidables,
01:12:32les annonceurs se sont bousculés au portillon pour acheter,
01:12:35et on s'en réjouit quand même,
01:12:37des espaces publicitaires autour de la Coupe du Monde.
01:12:39Par contre, pour l'euro, c'était très compliqué pour notre régie publicitaire.
01:12:42Donc il y a aussi un discours de façade,
01:12:44et il y a une réalité économique,
01:12:46et je pense qu'il faut réussir à embarquer tout l'écosystème.
01:12:49La Fédération française de football aujourd'hui,
01:12:51qui est la plus grosse fédération de sport en France,
01:12:53leurs partenaires commerciaux,
01:12:55n'achètent pas l'équipe de France féminine spécifiquement.
01:12:58Ils achètent les équipes de France.
01:13:00Donc c'est aussi cet écosystème-là
01:13:02qu'il faut qu'on réussisse à embarquer,
01:13:04et c'est ce qu'on essaie de faire quand même.
01:13:06Nous, pour ce qui est du groupe TF1,
01:13:08on essaie d'appliquer, tant que faire se peut,
01:13:10la politique d'acquisition et diffusion qu'on a pour les hommes,
01:13:12à savoir les grandes compétitions,
01:13:14les grands championnats d'Europe ou du monde,
01:13:16des équipes nationales, puisque c'est notre positionnement éditorial.
01:13:19Les droits ne sont pas toujours vendus au même moment.
01:13:24Parfois, on a aussi la concurrence.
01:13:26On ne peut pas tout gagner.
01:13:28On a des logiques économiques.
01:13:30Mais cette année, je pense que ça illustre bien notre stratégie.
01:13:32On aura trois grands événements féminins
01:13:34de sport collectif,
01:13:36autour de 65 matchs en direct.
01:13:38À titre de comparaison,
01:13:40chez les hommes, on va plafonner
01:13:42à 18 retransmissions en direct cette année.
01:13:44Donc je pense que l'année 2025
01:13:46illustre bien notre engagement dans ce combat,
01:13:48parce que c'est un combat de longue haleine.
01:13:50Merci beaucoup.
01:13:57Bonjour, je suis Patricia Costantini
01:13:59de l'association Egal Sport.
01:14:01J'ai deux choses à dire.
01:14:03D'abord, félicitations,
01:14:05parce que l'ARCOM fait un travail remarquable
01:14:07depuis les 24 heures du sport féminin.
01:14:09Ce sont des indicateurs
01:14:11extrêmement importants
01:14:13et on voit qu'il y a quand même des progrès,
01:14:15mais il y a beaucoup de stagnation.
01:14:17Je discutais tout à l'heure
01:14:19avec Aurélie Bresson.
01:14:21Je pense que vous la connaissez.
01:14:23C'est elle qui a créé Les Sportives,
01:14:25le journal Les Sportives Médias,
01:14:27il y a dix ans.
01:14:29Eh bien, elle abandonne.
01:14:31Le média Les Sportives est mort
01:14:33depuis quelques semaines.
01:14:35C'est une grande tristesse,
01:14:37parce qu'il y a trois médias
01:14:39qui s'occupent du sport féminin en France.
01:14:41Aujourd'hui, il y a Abloc, Women's Sport,
01:14:43et maintenant, il n'y a plus Les Sportives.
01:14:45Pourquoi elle abandonne ?
01:14:47Parce que les partenaires ne sont pas là,
01:14:49les soutiens financiers ne sont pas là,
01:14:51et elle ne peut pas vivre.
01:14:53Donc ça, c'est terrible.
01:14:55Je compatis, je trouve que c'est vraiment dommage
01:14:57quand on voit toutes ces évolutions
01:14:59de l'exposition du sport féminin
01:15:01qu'on en soit encore là.
01:15:03Je suis très émue, ça me fait de la peine.
01:15:05La deuxième chose, c'est que je voudrais dire
01:15:07que notre petite association
01:15:09se constitue depuis 2017
01:15:11un réseau de femmes expertes,
01:15:13expertes du sport.
01:15:15Des sociologues du sport,
01:15:17des femmes dirigeantes, des médecins, etc.
01:15:19Comme vous allez parler du sport féminin,
01:15:21pensez à elles aussi
01:15:23pour les inviter sur vos plateaux.
01:15:25Le sport féminin,
01:15:27ce n'est pas que de la haute performance.
01:15:29Ce sont plein de femmes
01:15:31qui se battent pour parler du sport
01:15:33et pour faire avancer la cause du sport.
01:15:35J'ai une dernière question.
01:15:37Chaque année,
01:15:39il y a une semaine dédiée
01:15:41à sport féminin,
01:15:43toujours.
01:15:45Les dates, c'est quoi ?
01:15:49Ça dépend des années,
01:15:51mais ça fait 11 ans que l'opération
01:15:53sport féminin toujours existe,
01:15:55sous des noms qui ont pu un peu varier.
01:15:57C'est une période pendant laquelle,
01:15:59pendant une semaine,
01:16:01on appelle à parler du sport féminin,
01:16:03à retransmettre, à discuter du sport féminin.
01:16:07On commence samedi 25,
01:16:09donc ce samedi.
01:16:11Ça court sur un tout petit peu plus d'une semaine
01:16:13puisqu'on a deux week-ends.
01:16:15On terminera le dimanche d'après.
01:16:17Je n'ai pas mon calendrier en tête,
01:16:19mais vous voyez l'idée.
01:16:21Le 2 février.
01:16:25Je voulais rebondir.
01:16:27Bonjour, je suis Géraldine Pont.
01:16:29Je suis vice-présidente d'Eurosport France.
01:16:31Je voulais rebondir sur les propos de Julien tout à l'heure
01:16:33pour vous parler de l'importance de l'écosystème.
01:16:35Vous cherchez des solutions.
01:16:37Il y en a quelques-unes aussi
01:16:39avec cet écosystème.
01:16:41Effectivement, il faut que tout le monde joue le jeu.
01:16:43Je vais vous donner un exemple.
01:16:45Quand on a acheté le top 8, il y a de nombreuses années,
01:16:47on a dû travailler avec la fédération
01:16:49parce que les filles jouaient sur des terrains
01:16:51pas éclairés à 10h du matin.
01:16:53Il n'y avait pas de tribunes, etc.
01:16:55On a dit qu'on allait un peu travailler.
01:16:57Maintenant, c'est devenu
01:16:59un très beau produit.
01:17:01Et tout le rugby du reste.
01:17:03Il y a tout ce travail à faire.
01:17:05C'est le travail des médias, mais pas que.
01:17:07Je pense qu'il faut que tout le monde
01:17:09soit actif.
01:17:11C'est ce que disait Julien
01:17:13sur tous les partenaires financiers.
01:17:15Ce qu'on fait aujourd'hui avec les CELS.
01:17:17Il y a un travail qu'on a mis parmi les solutions.
01:17:19Nous, on travaille avec les écoles de journalisme
01:17:21parce que j'ai pas mal de mes adjoints qui enseignent
01:17:23en école de journalisme.
01:17:25Les jeunes filles ne veulent pas forcément aller dans le sport.
01:17:27Il y a un très faible pourcentage
01:17:29de jeunes filles qui veulent aller dans le sport.
01:17:31Quand elles veulent aller dans le sport,
01:17:33j'aimerais bien présenter une émission.
01:17:35Il y a quand même tout un travail à faire.
01:17:37Évangéliser tout le monde pour dire que c'est faisable,
01:17:39c'est possible, mais il faut travailler, former.
01:17:41Nous, on a formé beaucoup de jeunes femmes
01:17:43qui aujourd'hui s'épanouissent
01:17:45sur Canal, sur TF1, ailleurs
01:17:47et qui sont passées au Eurosport.
01:17:49C'est un peu une école où on forme pas mal de gens.
01:17:51Et puis on oublie aussi qu'il n'y a pas que
01:17:53les voix qui en entendent.
01:17:55C'est vrai que c'est une représentation,
01:17:57mais quand vous avez des femmes en régie, des femmes qui gèrent
01:17:59des directs, des femmes qui sont rédactrices en chef,
01:18:01des femmes qui sont directrices de rédaction,
01:18:03on peut aussi faire bouger des choses.
01:18:05Moi, c'est vrai que c'est quelque chose
01:18:07que je pousse beaucoup en tant que femme
01:18:09auprès de mes équipes en disant
01:18:11que ça serait bien qu'on aille chercher une fille.
01:18:13Donc on a eu, nous, des femmes, on avait une parité comme France Télé
01:18:15sur les Jeux Olympiques avec 30 femmes
01:18:17consultantes, je parle pas,
01:18:19donc c'est des co-commentatrices,
01:18:21qui ont commenté des sports masculins,
01:18:23dits masculins, des finales de basket,
01:18:25des finales de hand, des finales de volley.
01:18:27Et on les a formées.
01:18:29Et tout ce que vous dites, nous on l'a fait
01:18:31en réunion avant les Jeux
01:18:33pour dire je ne veux pas entendre certaines choses
01:18:35et je pense, c'est pour ça que j'étais très étonnée du résultat,
01:18:37j'aimerais bien avoir la répartition par chaîne
01:18:39parce que nous on a fait ce travail-là et le premier jour
01:18:41effectivement, il y a un consultant
01:18:43un peu plus âgé que les autres qui a dit
01:18:45elle est pas mal, elle est mignonne cette petite.
01:18:47On prend le bas de combat, vous imaginez bien
01:18:49et je lui dis si demain tu ressors
01:18:51quelque chose comme ça, tu ne commenteras
01:18:53plus ce sport. Et donc il a été parfait
01:18:55jusqu'à la fin. Donc voilà, c'est régulièrement
01:18:57rappeler, aller dans les écoles de
01:18:59journalisme, prendre les jeunes filles, c'est ce qu'on fait nous
01:19:01avec le SJ, on a un partenariat avec elles.
01:19:03Elles commencent à faire des sujets, elles vont en régie,
01:19:05elles font plein de choses avant d'accéder
01:19:07au Graal qui serait le commentaire parce que visible.
01:19:09Voilà.
01:19:11Merci beaucoup, oui.
01:19:13Allez-y, allez-y et puis ensuite là-bas.
01:19:15Bonjour, moi je suis le directeur des sports
01:19:17de Canal+, Thomas Sénécal. Je rebondis
01:19:19sur les propos de mes
01:19:21consoeurs et confrères.
01:19:23D'abord pour vous dire que si nous n'étions pas
01:19:25diffuseurs des Jeux Olympiques,
01:19:27nous avons accompagné à notre manière l'événement
01:19:29via nos chaînes d'information en continu,
01:19:31via également un documentaire qui a
01:19:33impacté et qui a marqué, consacré à
01:19:35Marie-Jo Pérec.
01:19:37De ses aveux elle-même, il a
01:19:39joué un rôle peut-être dans
01:19:41le rôle qu'elle a eu ensuite
01:19:43au sein de la cérémonie et puis
01:19:45de l'ensemble de ces JO.
01:19:47Un documentaire très attendu puisque dans
01:19:49lequel elle revenait sur ce qu'elle avait subi en tant qu'athlète
01:19:51il y a plus de 20 ans.
01:19:53Pour vous dire qu'à travers les
01:19:55programmes, et c'est une évidence, à travers les
01:19:57documentaires qui constituent le savoir-faire
01:19:59historique de Canal+,
01:20:01nous jouons notre rôle
01:20:03au maximum. Mais aussi
01:20:05à travers nos ressources
01:20:07et nos ressources humaines, c'est vrai qu'on a un levier très fort
01:20:09par le recrutement. Ce qu'on essaye de faire
01:20:11un petit peu à l'image de ce que disait Géraldine
01:20:13à l'instant, c'est d'élargir
01:20:15le vivier, élargir la
01:20:17base de journalistes femmes
01:20:19et on y arrive.
01:20:21J'en veux pour preuve. Chaque
01:20:23année, nous recrutons
01:20:25un certain nombre de jeunes talents issus des écoles de journalisme
01:20:27et pour la première fois
01:20:29en 2024, on a réussi à recruter
01:20:31un nombre supérieur
01:20:33de jeunes talents féminins.
01:20:35C'est 7 contre 6.
01:20:37Historiquement, nous avions
01:20:39de l'ordre de 3 à 5% de candidates
01:20:41ce qui ne permettait pas
01:20:43d'avoir de très grandes ambitions en matière
01:20:45de parité à ce niveau-là.
01:20:47Donc ça a beaucoup évolué
01:20:49et on le voit aussi à travers
01:20:51les rôles importants
01:20:53que jouent les championnes aussi
01:20:55pour attirer et les commentatrices
01:20:57et les présentatrices pour attirer un certain
01:20:59nombre de talents dans ces
01:21:01filières.
01:21:03Très important également. Et puis je voulais
01:21:05insister parce que vous avez mentionné un certain nombre
01:21:07de grands événements qui sont des événements
01:21:11annuels, en tout cas des événements
01:21:13qui ont lieu tous les 4 ans, tous les 2 ans.
01:21:15Des grands championnats, des grandes compétitions qui durent
01:21:173 semaines ou 1 mois. Mais nous à Canal, on a
01:21:19un choix un peu différent.
01:21:21On diffuse des feuilletons
01:21:23qui durent toute l'année. On s'est engagé
01:21:25jusqu'en 2032 avec
01:21:27la Arkema première ligue,
01:21:29le championnat féminin
01:21:31de football qui se professionnalise.
01:21:33Une ligue de football féminin
01:21:35professionnel vient de voir le jour
01:21:37il y a quelques mois. On accompagne, on travaille
01:21:39main dans la main avec la fédération et donc
01:21:41aujourd'hui avec cette ligue pour que chaque
01:21:43semaine soit mise à l'antenne
01:21:45dans les meilleures conditions de
01:21:47récaptation des professionnels
01:21:49du football.
01:21:51Ensuite on active tout notre
01:21:53écosystème digital,
01:21:55MyCanal, notre plateforme,
01:21:57nos documentaires et toutes les histoires qu'on peut
01:21:59raconter. Et
01:22:01peut-être est-ce un effet des JO, et je terminerai par là,
01:22:03la fédération de rugby
01:22:05et la ligue nationale de rugby
01:22:07se sont accordées
01:22:09avec nous, avec Canal+, pour
01:22:11lancer une expérience qui est appelée
01:22:13à grandir autour de l'élite
01:22:15une féminine, c'est-à-dire les matchs de rugby.
01:22:17Ils ne sont pas encore au niveau professionnel chez les femmes
01:22:19mais qu'on diffuse de manière
01:22:21événementielle depuis le début de cette saison.
01:22:234 ou 5 matchs sont diffusés
01:22:25tout au long de cette saison et ça
01:22:27évidemment ça préfigure ce que pourrait être
01:22:29dans quelques années une ligue
01:22:31professionnelle de rugby.
01:22:33Donc on y travaille aussi côté Canal+.
01:22:35Et puisque les mots effectivement ont leur importance,
01:22:37j'entends le foot féminin,
01:22:39le rugby féminin,
01:22:41on s'auto-corrige à Canal et je corrige moi-même
01:22:43les équipes. Il n'y a pas de foot féminin,
01:22:45c'est du foot et il y a le championnat
01:22:47qui est féminin éventuellement. Mais ça c'est
01:22:49très important aussi, le foot n'est ni masculin ni féminin,
01:22:51c'est le foot.
01:22:53Et on est dans un travail commun
01:22:55et non pas dans une guerre des sexes
01:22:57dans ce type de
01:22:59projet au long terme. Merci.
01:23:01Merci beaucoup, on va peut-être prendre encore deux dernières questions
01:23:03et puis après on pourra peut-être échanger
01:23:05autour d'un verre.
01:23:07Bonjour, Frédérique Misslin, directrice
01:23:09de l'info de RFI. Moi je voulais
01:23:11simplement vous faire part de notre expérience
01:23:13à France Média Monde qui est
01:23:15internationale, plurilingue,
01:23:17c'est-à-dire que le sport on en parle
01:23:19en 20 langues en plus du français
01:23:21et à l'ensemble de la planète.
01:23:23Alors c'est vrai que tout le monde l'a dit,
01:23:25les JO,
01:23:27les Jeux Olympiques et Paralympiques ont été
01:23:29un moment exceptionnel, l'occasion
01:23:31souvent pour nos rédactions de tester des choses,
01:23:33d'oser des choses qu'on n'osait pas faire
01:23:35avant. Et je
01:23:37prends l'exemple, alors au quotidien
01:23:39ça veut dire qu'on a diffusé, on a été
01:23:41dans notre couverture très paritaire sur la
01:23:43couverture des sujets
01:23:45à la fois consacrés au sport
01:23:47féminin et au sport masculin, mais aussi
01:23:49on a choisi de faire appel
01:23:51à deux consultantes, des anciennes championnes,
01:23:53des figures inspirantes
01:23:55dont on parlait tout à l'heure, donc
01:23:57Sarah Danint,
01:23:59championne, double championne en épée
01:24:01et puis également
01:24:03Françoise Bangot, une Camerounaise, double championne
01:24:05du triple saut. Donc ces femmes, elles avaient
01:24:07des choses à dire, elles sont engagées,
01:24:09elles ont commenté des
01:24:11compétitions qui étaient à la fois masculines
01:24:13et féminines et le succès était
01:24:15là. C'est à dire que ça
01:24:17marche, ça fonctionne, quand on ose,
01:24:19ça fonctionne. Donc ça, c'était
01:24:21extrêmement positif.
01:24:23Pour ce qui est de la suite, évidemment,
01:24:25sport féminin, toujours on y participe
01:24:27et ça permet de faire avancer les choses
01:24:29post JO. Donc
01:24:31on a des émissions qui vont être consacrées
01:24:33notamment aux adolescentes sportives
01:24:35et puis
01:24:37s'intéresser à ces femmes qui sont dans les
01:24:39instances. C'est aussi très important,
01:24:41on va faire un portrait de cette championne
01:24:43Zimbabweenne, Kirstie Coventry
01:24:45qui est candidate
01:24:47à la présidence du
01:24:49CIO. Donc tout ça, ce sont des
01:24:51petits pas. On a encore des
01:24:53marges d'amélioration pour
01:24:55féminiser nos services des sports,
01:24:57pour plus de visibilité
01:24:59des compétitions féminines.
01:25:01Mais par exemple, là, on a cette année
01:25:03la canne féminine
01:25:05et donc on sera aussi
01:25:07sur FMM au rendez-vous.
01:25:09Merci beaucoup. Est-ce qu'il y aura une dernière
01:25:11intervention?
01:25:13Eh bien
01:25:15sinon, il me reste à remercier
01:25:17très, très chaleureusement
01:25:19nos intervenants, Ria Tsalem,
01:25:21Emmanuel Asman,
01:25:23Mélina Boetti qui nous a beaucoup
01:25:25apporté parce que je trouve que c'était bien de montrer
01:25:27que, voilà,
01:25:29il y a du travail à faire pour tous
01:25:31ceux qui commentent le sport
01:25:33et Aurélien Calmous qui a
01:25:35animé cette table ronde de manière remarquable.
01:25:37Merci à vous tous.
01:25:39Et je crois qu'il y a un verre?
01:25:41Non? Il n'y a pas de verre?
01:25:43Il n'y a pas de verre. Eh bien, voilà.