Alain Leroux, ancien magistrat, revient sur le débat autour de la neutralité des magistrats : «Ce métier comporte un certain nombre de limites».
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00:00C'est vrai que le débat sur la neutralité
00:05nous renvoie à servitude et grandeur du métier judiciaire.
00:11On pourrait comme ça, a priori,
00:13penser que le métier de magistrat, c'est un métier comme les autres.
00:17Mais en réalité, ce n'est pas du tout le cas.
00:19Ce n'est pas un métier comme les autres.
00:21Et je pense que la limite de ce métier,
00:24vous l'avez dans le serment de magistrat,
00:28puisque nous prêtons serment
00:31de remplir nos fonctions avec indépendance et impartialité,
00:36ce qui implique neutralité, réserve, discrétion.
00:41Et donc, ça suppose d'exercer la justice
00:45en dehors de tout engagement politique ou partisan.
00:49Et ça suppose de ne pas manifester extérieurement
00:52quelques signes d'engagement politique ou partisan.
00:56Alors, il faut savoir qu'à l'origine,
00:59on ne parlait même pas de syndicats.
01:02Dans les années 1910, on parlait d'une association professionnelle.
01:06En 1945, on parlait de l'Union fédérale des magistrats,
01:11qui était une association de défense des intérêts professionnels.
01:15Et puis en 1974, c'est devenu l'Union syndicale des magistrats.
01:19Et puis en 68, vous avez eu le syndicat de la magistrature.
01:22Et puis plus récemment, vous avez eu l'unité magistrat FO.
01:27Donc, c'est un droit qui, effectivement,
01:30est maintenant garanti par le statut de la magistrature,
01:34mais qui n'est pas reconnu, je le rappellerai,
01:36à des professions comme les membres du corps préfectoral
01:41ou même les militaires,
01:43qui, eux, ont des associations
01:45qui représentent leurs intérêts professionnels
01:48sans pouvoir être syndiqués.
01:51Donc, on voit bien que ce métier de magistrat,
01:54eh bien, il ne peut pas s'exercer comme les autres métiers
01:58et qu'il comporte un certain nombre de limites.