• hier

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00D'ailleurs, au sujet de ce rassemblement, François Hollande n'ira pas manifester dimanche contre les attaques du RN sur le système judiciaire.
00:07Il l'annonce dans une interview aux Parisiens, aujourd'hui en France, qui vient d'être publiée.
00:14Il n'ira pas au rassemblement organisé par l'EFI, l'Europe écologique des verts.
00:18Je crois que le PS, de manière générale, n'y va pas.
00:20Ben oui, mais on se demande, parce que souvenez-vous, le dernier rassemblement, Olivier Faure avait dit à Toulouse qu'il n'irait, qu'il n'irait pas.
00:25On ne l'a pas vu, on l'a cherché, finalement, il n'y allait pas.
00:27Il était à Toulouse.
00:27Oui, il était à Toulouse, personne ne l'a vu, Philippe Guybert, on ne comprend rien, effectivement, on a du mal à comprendre.
00:31Je crois que c'était le but recherché.
00:32Oui, c'est ça, il ne savait pas comment trancher, donc il s'est dit, attends, ni vu ni connu, on va le tenter.
00:37Dites-moi, si on crée une forme d'IGPN, alors IGJN, des magistrats.
00:45C'est vrai qu'il a raison, Georges Fenech, en fait, ils n'ont pas de contre-pouvoirs, les magistrats.
00:50C'est le Conseil supérieur de la magistrature.
00:52Il y a quand même l'IGS, l'Inspection générale des services, qui peut faire des enquêtes, effectivement.
00:58Il y a le Conseil supérieur de la magistrature, qui peut aussi prendre des sanctions, évidemment.
01:03Vous avez déjà vu des juges condamnés, Georges Fenech, franchement, dans votre carrière ?
01:06Il y en a, il y en a, c'est peu, il y en a peu, mais la vraie question, c'est la responsabilité professionnelle.
01:13Est-ce qu'on doit engager la responsabilité des magistrats lorsqu'ils se trompent lourdement ?
01:17C'est la question qu'on s'était posée au moment de l'affaire Doutreau.
01:21Nicolas Sarkozy voulait l'instaurer et vous voyez ce que ça lui a coûté.
01:25Donc, la responsabilité des juges, voilà, c'est toute la question.
01:28Alors, on vous dira, oui mais attention, si vous engagez la responsabilité des juges,
01:32j'entends ça, vous allez mettre des freins à sa décision et à son indépendance, voyez-vous.
01:37Moi, je dis aujourd'hui, et ma formule, c'est l'indépendance est devenue le cache-sexe de l'irresponsabilité.
01:44Les juges font ce qu'ils veulent, voilà.
01:47Donc, il faut y aller gentiment, avec la main tremblante, comme disait Montesquieu,
01:52mais il va bien falloir quand même réfléchir à ce que les magistrats qui font des erreurs lourdes
01:58puissent rendre des comptes.
02:00C'est le seul grand corps d'État aujourd'hui qui n'a pas de responsabilité professionnelle.
02:04Non mais Georges, je trouve ça, sur le principe, tout le monde doit être responsable de ses actes.
02:09Et donc, je vois bien comment dans certaines affaires pénales,
02:13une erreur d'un juge sur un risque de récidive peut être mesurée.
02:18Mais dans les affaires politico-judiciaires, qui nous ont quand même beaucoup occupés
02:23depuis le début de la semaine, ça me paraît beaucoup plus délicat.
02:27Et je précise que je suis critique sur la façon dont les juges ont motivé,
02:32j'ai eu le jugement, l'application immédiate pour Marine Le Pen.
02:36Pas sur le reste du jugement, mais sur cette partie-là,
02:39j'ai eu le sentiment d'une création jurisprudentielle, quelque peu acrobatique, pour le moins.
02:44Ça a surpris même les juristes.
02:46Absolument, ça a surpris les juristes.
02:48Mais comment on va ajuste, là, ce n'est pas une erreur matérielle,
02:52c'est-à-dire que c'est une erreur d'appréciation, d'interprétation de la loi,
02:58qui sera peut-être sans doute même réformée devant une cour d'appel.
03:03Sur ces critères de trouble à l'ordre public, si elle était élue,
03:07c'est un critère purement politique, ce n'est plus un critère moral et politique.
03:12Les juges ont fait la morale.
03:14Par contre, permettez-moi quand même de vous dire,
03:17moi, je n'aime pas trop cette manifestation sur cette décision.
03:21Je n'aime pas quand il y a des manifestations contre des décisions de justice,
03:25la décision étant critiquable, incontestablement,
03:29mais mobiliser des gens pour manifester,
03:32si ce n'est pas uniquement pour apporter un soutien moral, politique,
03:35alors, Présidente, je peux le concevoir,
03:37si c'est pour attaquer une décision de justice, ce n'est pas bon.
03:41C'est dangereux.
03:42Alors, Georges, je suis d'accord avec vous là-dessus.
03:45Je trouve que c'est un peu limite, cette manifestation.
03:47En tout cas, ça peut donner...
03:49Mais alors, à ce moment-là, on revient à nos débats tout à l'heure
03:52et à la manifestation des policiers devant l'Assemblée nationale.
03:55Non, mais ça, c'est différent.
03:56Ah, c'est différent ?
03:57C'est une décision de justice.
03:59C'est différent, ils se sont attaqués, ils se sont blessés,
04:01ils se sont tués, ils se sont mis en prison, les policiers.
04:04Non, mais ça, d'accord.
04:05Ils manifestent leur colère, et j'étais derrière eux.
04:07Et je te rappelle qu'il y avait M. Darmanin, ministre des intérêts,
04:10qui était présent à leur côté.
04:12Vous n'étiez pas rien non plus.
04:13Non, non, Georges, je m'en souviens,
04:15il y avait même des représentants de syndicats et de politiques.
04:18Absolument.
04:19Mais si on est dans la logique que vous utilisez, que je partage,
04:23qui est de dire qu'on peut et on doit critiquer une décision de justice,
04:27il n'y a pas d'immunité,
04:28mais que d'organiser une manifestation contre une décision de justice,
04:32c'est un peu délicat.
04:34À ce moment-là, il faut, sur la manif des policiers devant l'Assemblée...
04:37Il faut protéger l'institution.
04:39Il faut protéger l'institution.
04:40Protégeons l'institution, mais essayons aussi...
04:42Tout en la critiquant.
04:44Un jugement peut tout à fait critiquer un jugement.
04:46Est-ce qu'autrement, vous alimentez un mauvais climat ?
04:48Non, non, non, mais comment peut-on expliquer, par exemple,
04:51qu'un individu à Rennes, condamné 24 fois,
04:5524 fois,
04:57vient d'être mis en examen pour le viol et le meurtre
04:59d'une femme de 73 ans à son domicile ?
05:02Un individu condamné 24 fois.
05:0424 fois.
05:0524 fois.
05:06Et cet homme est dehors.
05:07Comment il peut être dehors ?
05:09Eh bien, je ne sais pas.
05:10Justement, je me pose la question.
05:11Enfin, voilà, des histoires comme ça.
05:13Là, on vient d'avoir Rennes, à l'instant.
05:14Dans ma carrière, j'ai vu des casiers judiciaires à rallonge,
05:18disent 20 à 30 condamnations sans jamais un jour de prison.
05:21Ça existe.
05:22Vous vous rendez compte de ce que vient de dire Georges Fénix ?
05:24Vous pouvez le répéter.
05:2520 à 30 condamnations sans jamais un jour de prison.
05:27Pourquoi ?
05:28Parce que les peines ne sont jamais appliquées ?
05:31Parce qu'il existe un courant,
05:33une magistrature qui n'aime pas la prison
05:36et qui considère que la prison est criminogène.
05:38Donc, mettre quelqu'un en prison,
05:40ça va le rendre encore plus mauvais
05:42qu'avant d'y entrer.
05:44Donc, on en fait quoi ?
05:45On les ordre ?
05:46On met des peines alternatives.
05:48Je conçois, à la limite,
05:50qu'on peut tout à fait avoir un débat sur la prison.
05:53Mais, au bout de 24 fois,
05:55même au bout de 2 fois ou de 3 fois,
05:57évidemment qu'il faut de la prison.
05:59Et que l'argument se retourne.
06:01C'est-à-dire, le fait de ne pas aller dans la prison,
06:03en prison, peut aussi favoriser la récidive.
06:05Mais, Philippe Guybert est en train de me séduire, ce soir.
06:08Ah, mais oui, je suis d'accord.
06:10Je suis d'accord avec vous.
06:12Philippe Guybert.
06:14On n'aurait pas parié sur votre réponse.
06:18Je vous le dis, Philippe Guybert.
06:20Justement, le syndicat de la magistrature,
06:23c'est pour ça que je disais tout à l'heure
06:25que je ne partage pas toute la reposition.
06:27En effet, Georges a raison.
06:28On a une posture anti-prison.
06:31Alors, il y a des arguments.
06:33Tout n'est pas idiot dans ce qu'il raconte.
06:35La prison française, les prisons françaises,
06:38telles qu'elles sont aujourd'hui,
06:40ne favorisent pas la réinsertion.
06:42Oui, mais en attendant, qui rigole ?
06:44Ceux qui sont condamnés 20 fois,
06:45qui ne vont pas un jour de prison,
06:46ils s'en fichent, Philippe Guybert.
06:48Ils vont pouvoir continuer à s'assiéter.
06:50Franchement, sans rigoler.
06:52La gauche n'a jamais construit, réellement, de places de prison.
06:55Notez bien, Georges,
06:56que la droite n'en a pas construit beaucoup.
06:58Le plan de construction, ça a été la droite.
07:00C'était le plan 13 000 de Chalandon.
07:02Il y a eu le plan Perben.
07:04Et on avait un plan avec Mercier,
07:06sous Nicolas Sarkozy, 20 000 places.
07:08Il y a eu l'alternance, c'est Mme Teubira.
07:11Est-ce qu'on peut dire aussi, Georges,
07:13que sous Nicolas Sarkozy,
07:15comme sous François Hollande,
07:16les budgets de la justice ont été rabotés
07:18pour des raisons budgétaires ?
07:20Vous pouvez le dire.
07:21Je crois qu'on peut le dire.
07:22C'est du match nul, un partout, balle au centre.
07:24Vous pouvez le dire, ça c'est sûr.
07:26Mais vous êtes réconciliés, c'est incroyable.
07:28On va bien ce soir.
07:30Pourtant, c'était mal paré.
07:32C'était mal paré il y a une demi-heure.
07:34On se discute un peu, comme dans les vieux couples.
07:36Je crois que Philippe est quelqu'un de bon sens.
07:38Il fait partie de cette gauche
07:40réaliste, et non pas radicale,
07:42utopiste,
07:44qui remet en cause tout le système.
07:46La gauche réaliste, elle doit défendre
07:48ceux qui sont victimes.
07:50Les vraies victimes.
07:52La gauche réaliste, elle doit défendre
07:54les vraies victimes.
07:56C'est le rôle de la gauche historique.
07:58Voilà.
08:00Ils sont réconciliés.
08:02C'est mignon, non ?
08:04C'est tellement mignon.
08:06Je n'aurais pas cru ça, je vous assure.
08:08Philippe Guibert, Georges Fenech.
08:10Merci beaucoup.
08:12Merci d'être venu dans le Sud Europe 1
08:14ce vendredi soir.
08:16Il est 20h55.
08:18Les enfants d'Europe 1.

Recommandations