Amir Reza Tofighi, président de la CPME, est l'invité du Face à Face ce jeudi 3 avril 2025. Il s'est exprimé sur les taxes douanières annoncées par Donald Trump.
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00:008h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV, bonjour Amir Reza Tofighi, merci d'être dans ce studio ce matin parce qu'on a particulièrement besoin d'entendre la réaction des entreprises françaises après les déclarations de Donald Trump cette nuit.
00:16Vous êtes le président de la CPME, la Confédération des petites et moyennes entreprises, coup de tonnerre, peut-être même coup d'arrêt du commerce mondial avec les déclarations de Donald Trump qui annonce augmenter nettement les droits de douane pour toutes les importations aux Etats-Unis et en particulier les importations européennes, plus 20% de droits de douane sur tout ce qui va rentrer aux Etats-Unis, votre réaction d'abord ?
00:41Bien évidemment c'est un choc, c'est un choc même si on s'y attendait, mais pas autant, moi le message que je veux passer aujourd'hui c'est que la nation doit être derrière ces entreprises parce que notre tissu économique va être attaqué, nos entreprises vont être attaquées et bien évidemment nos petites entreprises vont être encore plus fragiles dans cette attaque américaine et donc cette guerre commerciale aujourd'hui qui s'annonce, il faut que l'Union Européenne bien évidemment soutienne son économie mais il faut qu'il y ait un front politique et un front économique
01:10qui soit uni.
01:11Nos petites et moyennes entreprises particulièrement fragilisées, c'est aussi pour ça que je voulais vous entendre ce matin, les très grosses entreprises sont à la limite presque les moins concernées, elles ont souvent déjà un pied aux Etats-Unis, un certain nombre de leurs produits sont parfois déjà fabriqués là-bas.
01:27Le problème ce sont toutes celles qui sont autour de cette économie là, dans des domaines comme l'aéronautique, dans des domaines comme le luxe, dans des domaines comme l'alimentation bien sûr, qu'est-ce qu'ils vous disent aujourd'hui ? Est-ce qu'ils sont inquiets les moyens et petits patrons ?
01:42Bien sûr, si on prend par exemple la cosmétique, on a aussi beaucoup de petites entreprises qui n'auront pas les moyens aujourd'hui par exemple de se délocaliser ou de diversifier leurs chaînes de production pour faire une partie aux Etats-Unis, donc elles vont être fortement impactées et donc aujourd'hui il y a une vraie crainte qu'il y ait un tissu économique de PME qui disparaisse demain.
02:00Qui disparaisse littéralement, je voudrais que vous écoutiez la réaction de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui très tôt ce matin a décidé de réagir et de dire son inquiétude sur l'économie mondiale.
02:13Des millions de citoyens devront faire face à des coûts plus élevés pour l'alimentation, des médicaments coûteront plus cher, de même que les transports, l'inflation augmentera, nous sommes prêts à réagir. Si vous vous en prenez à l'un d'entre nous, vous vous en prenez à nous tous.
02:38Et vous disiez à l'instant, Amir Ezzat-Effigy, qu'il fallait une réponse globale, ça veut dire que lorsque Ursula von der Leyen semble prendre la mesure, à la fois par sa réaction immédiate et aussi en disant un pour un, un pour tous, tous pour un, on sera solidaires, est-ce que ça c'est le début d'une réponse telle que vous l'espériez ?
02:57Bien sûr, bien sûr, et moi je ne suis pas là aujourd'hui pour taper sur les politiques, je suis là pour leur dire, on est aussi à votre côté, parce qu'il faut être fort face à cette attaque de Donald Trump.
03:07A cette attaque de Donald Trump, première réaction également de l'Elysée, Emmanuel Macron qui annonce qu'il va réunir à 16h tout à l'heure les différents responsables des filières, vous y serez, vous êtes invité par l'Elysée tout à l'heure, Amir Ezzat-Effigy, quel est donc le message en priorité que vous allez faire porter ?
03:24On a vraiment besoin d'avoir la nation derrière nos entreprises, qu'on a besoin de sentir que nos politiques sont derrière notre économie, que nos citoyens sont derrière notre économie, puisque c'est une attaque comme il n'y a jamais eu depuis de très très longtemps.
03:37Et donc oui, la présidente de la Commission européenne a raison de le dire, on va avoir des impacts sur les prix, et d'ailleurs moi ce que j'attends de voir c'est l'impact qu'il va y avoir sur les consommateurs américains, parce que ce qui va se passer également c'est que les prix aux Etats-Unis vont monter, c'est que la bourse américaine va baisser.
03:52Et je pense qu'il y a un moment donné où il va y avoir un retour à la réalité pour Donald Trump, ce sera le retour électoral, une fois que les consommateurs américains vont être impactés et donc seront amenés à voter, mais ça va prendre un an, ça va prendre un peu de temps avant qu'il y ait ces élections aux Etats-Unis, les fameux midterms, et donc il faut être solide, il faut tenir jusqu'à ces élections, et il faut que notre économie résiste, et donc pour ça on a besoin d'avoir un front politique, un front économique fort.
04:18Alors on va rentrer concrètement dans les détails de la manière dont on pourrait être unis et ripostés ou non, mais Amir Reza Tofighi, quand je vous entends dire cela, au fond, pourquoi cette folie de Donald Trump ? Si on vous écoute, les conséquences sont majeures, je voudrais même vous interroger sur le fait que c'est peut-être une sorte de fin de la mondialisation, comment vous, chef d'entreprise, pour qui le plus important aujourd'hui c'est aussi la prévisibilité, la capacité à anticiper, tout ça c'est fini ?
04:49C'est vrai qu'on a un président qui, à chaque jour quand il se lève, il a toujours une nouvelle lubie. Après, c'est vrai que sur les droits de douane, c'est quelque chose qu'il a toujours porté depuis longtemps, je pense que durant son premier mandat il était peut-être mieux conseillé, ou en tout cas ses soutiens autour de lui étaient un peu plus, on va dire, raisonnables, aujourd'hui il a une équipe autour de lui qui est quand même très radicale sur toute la partie commerce international et vision du monde,
05:17et aujourd'hui on a un combat même sur les valeurs, on a bien vu avec la lettre qui a été envoyée aux entreprises françaises, on a un combat sur les valeurs et on doit être fort par rapport à ça.
05:24La lettre à laquelle vous faites référence, c'est cette lettre qui a donc été envoyée vendredi dernier à toutes les entreprises françaises qui font du commerce avec les Etats-Unis, leur demandant de s'engager à renoncer à toute politique contre les discriminations, notamment à l'embauche dans leurs propres entreprises, y compris sur le sol européen, sur le sol français,
05:45au risque, s'ils ne s'y engagent pas, de ne plus avoir le droit de commercer avec les Etats-Unis. Est-ce qu'il faut que les entreprises françaises se soumettent ou est-ce qu'il faut qu'elles prennent le risque de rompre avec les Etats-Unis ?
05:59Moi je pense qu'on doit rester ferme sur nos valeurs. On ne peut pas venir chez nous, nous imposer les valeurs américaines, et donc il faut être fort, il faut rester ferme sur ses valeurs, et c'est une honte ce qui se passe aujourd'hui.
06:11On ne peut pas avoir une politique d'extraterritorialité, c'est-à-dire que les Américains nous imposent leurs valeurs chez nous, et donc moi ce que je demande à tous les entrepreneurs et à toutes les entreprises, c'est qu'on reste ferme sur nos valeurs.
06:22Qu'on reste ferme sur nos valeurs, c'est-à-dire que concrètement, vous êtes en train de dire, c'est une honte, refusons, mais au risque de perdre le secteur américain ? Ou vous ne croyez pas qu'ils entreront en application ?
06:35Moi je ne pense pas qu'ils rentreront en application si les entreprises françaises n'imposent pas les normes américaines en France. Peut-être que pour les prochains marchés publics aux Etats-Unis, ils vont demander que les filiales qui seront aux Etats-Unis imposent les nouvelles règles américaines.
06:50Chacun fait ce qu'il veut chez lui. Mais ils ne peuvent pas imposer leurs règles en France.
06:55Quelles aides vous demandez aujourd'hui, et est-ce que ça doit être comme ça ? Au fond, il y a deux manières de riposter.
07:02Une manière qui est de se dire, vous nous taxez à 20%, on va vous taxer à 20%, et c'est le début de l'escalade.
07:07Il y a une deuxième manière, c'est de négocier. Et il y a enfin une troisième question qui est celle des aides pour compenser pour les secteurs les plus touchés.
07:15D'abord une question sur la riposte. Lorsque vous entendez que l'Union Européenne a annoncé dès ce matin qu'elle allait taxer davantage les produits du numérique, on pense évidemment à Google, à Netflix, on pense à Amazon, est-ce que cette riposte immédiate annoncée ce matin vous paraît une bonne chose ?
07:31Oui c'est une bonne chose. Il faut de la rapidité, il faut de l'agilité, mais il faut aussi de la stratégie. Ça veut dire qu'il faut attaquer où ça fait mal, faire 20% sur tout, c'est peut-être pas la meilleure solution.
07:40Par contre, aller attaquer sur des produits qui peuvent faire mal aux Américains, des produits qui sont dépendants des Européens, si on prend par exemple l'aéronautique, il y a peut-être des dépendances, et on peut les faire mal sur ces niveaux de dépendance.
07:52Et donc il faut qu'on puisse avoir une stratégie qui fasse vraiment mal aux Américains et qui fasse mal à Donald Trump.
07:57Est-ce qu'on peut faire mal aux Américains sans pour autant se tirer une balle dans le pied à nous, je pense à Airbus par exemple, dans ce secteur ?
08:03Ça va être justement le bon équilibre à trouver, parce qu'il ne faut pas qu'on se tire une balle dans le pied en même temps.
08:07Il y a la deuxième question qui est la question de la négociation.
08:10Ursula von der Leyen, qui après avoir dit sa consternation, a fini quand même par dire qu'il est encore temps de négocier.
08:20Je rappelle quand même que c'est droit de douane annoncé cette nuit par Donald Trump, il s'applique à partir du 6 et du 9 avril, c'est dans les tous prochains jours.
08:27Est-ce que vous espérez effectivement que les négociations soient possibles, et est-ce que c'est ce que vous allez dire à Emmanuel Macron cet après-midi ?
08:33Bien sûr, avec Donald Trump, il faut toujours négocier.
08:36Maintenant, il faut aussi être prêt à la guerre commerciale si la négociation n'aboutit pas.
08:41Il y a des emplois qui vont être supprimés en France ?
08:43C'est possible, parce qu'il y a forcément des entreprises qui sont concernées par les exportations, et après il y a aussi des sous-traitants qui travaillent pour ces entreprises-là.
08:54Et donc, il ne faut pas se voler la face, forcément.
08:56Cette guerre commerciale, c'est une guerre commerciale qui va être perdant pour tout le monde, perdant pour le consommateur américain, perdant pour le consommateur européen, perdant pour les entreprises américaines et perdant pour les entreprises européennes.
09:07Je rappelle à Amira Reza Tofighi que vous êtes à la tête de la CPME, vous représentez les petites et moyennes entreprises.
09:11Les mots que vous avez utilisés depuis le début de cette interview, vous avez parlé d'attaque, vous avez parlé de guerre, c'est là qu'on en est aujourd'hui.
09:19J'ai aussi parlé d'unité, d'unité de la classe politique et d'unité de la classe économique derrière nos entreprises qui vont souffrir, et je le dis parce que je pense qu'il ne faut pas rentrer dans l'éclivage politique aujourd'hui.
09:30Il faut que toute la classe politique soutienne ses entreprises, il faut que la nation soutienne ses entreprises.
09:34Est-ce que le soutien doit se manifester par des aides ? On pense en particulier au secteur, vous évoquiez la question de l'aéronautique, on pense à la question du vin, vous parliez aussi des cosmétiques.
09:44Est-ce que tous ces secteurs qui pourraient avoir des conséquences quasi immédiates, c'est-à-dire que dès le chiffre d'affaires du mois d'avril, les conséquences peuvent se faire sentir, est-ce qu'il faut ressortir un nouveau quoi qu'il en coûte ?
09:59Alors, il ne faut pas ressortir un quoi qu'il en coûte qui serait global comme à l'époque du Covid, mais plutôt des aides ciblées sur les entreprises qui vont être impactées, sur les secteurs qui vont être impactés.
10:11Mais aujourd'hui, on sait que l'argent public, il est rare et qu'il faut bien l'utiliser, donc pas un quoi qu'il en coûte, mais des subventions ciblées sur les entreprises qui vont être vraiment impactées.
10:19Des subventions ciblées, temporaires ? Est-ce que vous demandez à ce qu'en urgence, et pour quelques mois, le temps peut-être de trouver d'autres solutions, il y ait une forme de subvention de ces secteurs-là ?
10:30Il faut voir l'impact que ça aura. Il faut vraiment que les subventions soient le plus cohérentes avec l'impact que ça aura.
10:38Et derrière ça, je pense que ça nous questionne aussi sur notre souveraineté économique, notre souveraineté industrielle, notre souveraineté alimentaire.
10:45Et ça, c'est un point important, parce que derrière cette guerre commerciale, il faut aussi voir l'opportunité de se poser des questions sur des sujets qu'on a trop souvent reportés à deux mains.
10:53Je pense en particulier au secteur du vin et au secteur du cognac. C'est une catastrophe d'une ampleur inimaginable, voilà ce que disent par exemple les représentants du cognac en Charente.
11:04Un risque de cessation d'activité en chaîne en Charente notamment. Qu'est-ce qu'il est possible de faire techniquement pour ce genre de filières qui peuvent littéralement s'écrouler ?
11:17Il va falloir les soutenir. Les soutenir, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il va falloir réussir à amortir la baisse d'activité, parce que forcément, leurs coûts ne vont pas baisser, mais leur chiffre d'affaires va baisser.
11:27Et donc, il faut s'assurer que dans les prochains mois, elle n'est pas, dans leur modèle économique, finalement, des faillites qui vont arriver parce qu'elles n'auront plus assez de ventes par rapport à leurs coûts.
11:39Et donc, il va y avoir des subventions qui vont devoir être très rapides.
11:43On ne va pas, nous tous, enfin je trouve que le cognac est absolument délicieux, bien sûr, mais le bassin européen ne suffira pas à, j'allais dire, écouler la marchandise qui, jusqu'à présent, était vendue aux Etats-Unis et même en Chine,
11:59puisque les conséquences, on parle évidemment là pour l'instant des entreprises françaises, mais les conséquences, elles sont aussi très importantes pour le reste,
12:05puisque la Chine va avoir quasiment des taxes de 54% sur la plupart de ses produits qu'ils exportaient aux Etats-Unis.
12:13Ça veut dire que les conséquences, si on prend le seul exemple du cognac, par exemple, comment on fait ?
12:18Moi, je ne pense pas que ces taxes vont durer 10 ans ou 15 ans ou 20 ans.
12:22Je pense qu'il y aura le retour à la réalité, qui sera, comme je vous l'ai dit, le consommateur américain, la bourse et puis les élections aux Etats-Unis.
12:29Ça marche quand même un peu comme ça aux Etats-Unis.
12:31Et donc, il va falloir tenir un an, deux ans, peut-être quatre ans, mais j'espère pas.
12:35Et donc, je ne dis pas qu'il va falloir que le cognac soit subventionné à vie, mais qu'il va falloir, pour cette période qui va être difficile, qu'on soit aux côtés des entreprises qui vont être impactées.
12:44Parce que derrière le cognac, il y a aussi tous les sous-traitants.
12:47Il y a toute une économie, il y a toutes les régions qui sont concernées par ça.
12:50Et c'était évidemment la même question pour Airbus et le Sud.
12:53Ce que je trouve quand même intéressant dans ce que vous dites, c'est qu'au fond, vous prenez la mesure d'un énorme choc, mais d'un choc immédiat.
12:59Vous n'êtes pas inquiet à moyen terme ?
13:03Je suis un optimiste.
13:04Je me dis qu'à moyen terme ou à long terme, une forme de réalisme va ramener les Américains à la raison.
13:11Maintenant, à court terme, je suis très inquiet.
13:13À court terme, vous êtes extrêmement inquiet.
13:14Vous le direz tout à l'heure à 16h, donc à Emmanuel Macron, qui réunit les responsables des différents secteurs, dont vous, bien sûr, à Mireza Tofighi.
13:22Je voudrais également qu'on parle plus globalement de ces négociations qui se poursuivent autour de la question du modèle social français.
13:29Et c'est aussi lié, puisqu'on le sent bien depuis l'arrivée de Donald Trump et la question de l'investissement à nouveau dans les questions de défense.
13:37Est-ce qu'on peut, et c'est le schéma tel qu'il est presque résumé par certains économistes, est-ce qu'on peut se permettre à la fois les canons et les pensions ?
13:47Globalement, vous le disiez, il y a une question qui rentre en ligne de compte, qui pourrait être celle d'une forme de TVA social.
13:54Vous vous êtes dit favorable, je cite, au système de la TVA sociale, qui consisterait à augmenter cet impôt pour alléger les cotisations patronales ou salariales.
14:03C'est-à-dire que vous préférez aller chercher l'argent à cet endroit-là, donc dans une TVA sociale, c'est-à-dire augmenter la TVA, plutôt que de devoir augmenter les cotisations sur le travail.
14:14Moi, ce que je dis et ce qu'on porte à la CPME est très simple, c'est qu'aujourd'hui, on a une grande partie du financement de notre modèle social qui vient du travail.
14:21On a plus de 400 milliards d'euros de prélèvements sur les salariés et sur les entreprises pour financer le modèle social.
14:27Et donc quand je parle du modèle social, c'est quoi ? C'est bien évidemment les retraites, le chômage, mais c'est également l'assurance maladie, c'est la politique familiale.
14:34Et la question qui se pose, c'est est-ce que c'est au travail de payer tout ça ? Est-ce que c'est aux salariés et aux entreprises de payer tout le modèle social ?
14:41Sachant qu'on a de plus en plus de besoins avec le vieillissement de la population et qu'on va avoir une part de la population active qui travaille, qui est forcément diminue par rapport aux personnes âgées notamment.
14:50Et donc, ce que la CPME, on souhaite, c'est qu'il y ait un transfert massif du travail vers d'autres formes de fiscalité.
14:57Pas forcément que la TVA, on peut avoir d'autres choses. Il y a la CSG, mais il y a peut-être d'autres types de fiscalité qu'on peut créer.
15:01Et donc, on ne parle pas juste d'un point de TVA ou de deux points de TVA, il faut transférer plus de 100 milliards d'euros de prélèvements vers d'autres fiscalités.
15:09Est-ce que ça va permettre ? Ça va permettre aux salariés de gagner plus.
15:13Ça va permettre d'avoir un choc de compétitivité pour les entreprises, mais également un choc de pouvoir d'achat pour les salariés.
15:18Et donc, d'augmenter la différence entre le travail et le non-travail et de plus valoriser le travail.
15:23Il va gagner plus le salarié, mais par contre, il va payer plus ses courses. Il va payer mécaniquement plus cher ses courses.
15:29Potentiellement, mais il ne faut pas oublier que les touristes participeront aussi parce que la TVA touche par exemple les touristes.
15:33Il y a d'autres formes. Les fiscalités sont plus larges et donc toucheront moins le salarié par rapport à ce qu'il gagnera.
15:39Et donc, il y aura un vrai choc du pouvoir d'achat pour les Français.
15:42Les négociations, ce fameux conclave des retraites, une partie des partenaires sociaux s'en est retirée, la CGT, Force Ouvrière.
15:51Vous, la CPME, vous restez autour de la table, tout comme le MEDEF, tout comme la CFDT.
15:57Est-ce que vous espérez encore qu'il en sorte quelque chose ?
16:01Je l'espère et je crois qu'il va en sortir quelque chose.
16:05On est aujourd'hui à un moment qui est très compliqué.
16:07On a parlé de la guerre commerciale, l'incertitude politique, les difficultés économiques.
16:11Si nous, partenaires sociaux, on n'arrive pas à trouver un accord, mais comment on peut commenter les politiques ensuite ?
16:16Moi, je pense que l'ensemble des partenaires sociaux veulent avoir un accord.
16:20On a une voie de passage et je souhaite vraiment et j'ai l'espoir qu'on va trouver un accord.
16:25Une voie de passage sur quoi ? Un accord sur quoi ? Sur quoi négociez-vous encore ?
16:28Déjà, on est tous alignés sur le fait qu'il faut un équilibre financier pour notre système de retraite.
16:33Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'on rentre dans une négociation où l'État nous dit
16:36il faut résoudre les déficits à 2030, donc plus de 6 milliards d'euros par an.
16:38Et surtout, il y a une vraie question qui se pose, c'est que dans les 20 prochaines années,
16:42on a plus de 350 milliards de déficits cumulés pour le régime général du privé.
16:46350 milliards de déficits, c'est de l'argent qu'on ne peut pas investir pour notre souveraineté militaire,
16:52pour la transition écologique, pour la transition numérique.
16:55Et donc, moi, ce que je demande, c'est que l'État nous transfère le régime général du privé
16:59pour que nous, partenaires sociaux, ce soit nous qui définissions les règles de notre régime de retraite
17:03avec une règle d'équilibre qui serait de dire qu'on ne peut pas faire de déficit.
17:06Plusieurs questions encore à vous poser, Amiréza Tofighi, sur le forfait TVA, sur les auto-entrepreneurs.
17:13On sait que le taux à partir duquel, en fait, le chiffre d'affaires à partir duquel ils allaient devoir payer la TVA
17:20a été baissé avant d'être remonté, il est finalement sur pause.
17:25Où est-ce qu'on en est ?
17:27Sur pause, pour l'instant, vers où on risque d'aller ?
17:31Ce serait que, pour le secteur du bâtiment, pour lesquels il y a un vrai sujet de concurrence déloyale
17:36entre les artisans et les auto-entrepreneurs, on risque de finir à 25 000, ce que nous, on pousse.
17:4425 000, ce serait donc le seuil à partir duquel ils paieraient la TVA ?
17:48La TVA, et pour les autres métiers, ça resterait à 37 500.
17:51Une question sur les retards de paiement, une alerte très importante du Médiateur la semaine dernière
17:57qui dit que beaucoup d'entreprises se retrouvent en défaut de trésorerie
18:01parce qu'ils n'arrivent pas à se faire payer leurs factures, parce qu'il y a des très longs retards de facture
18:06et notamment parce que les très grosses entreprises se font, en gros, de la trésor sur le dos des plus petites entreprises.
18:12Est-ce qu'il faut des sanctions ?
18:14Les sanctions existent déjà aujourd'hui, c'est-à-dire qu'on peut déjà, pour des retards de paiement,
18:18notamment à travers des intérêts pour les retards de paiement.
18:22Moi, ce que je demande aujourd'hui, c'est une vraie solidarité économique.
18:25La situation, elle est difficile. Il faut que tout le monde joue le jeu.
18:27Grandes entreprises, mais également collectivités.
18:29Moi, j'ai des entreprises aujourd'hui à Mayotte qui ont plusieurs mois de retard de paiement
18:33parce que l'État ne paye pas, la collectivité locale ne paye pas.
18:36Et donc, c'est très grave aujourd'hui, parce que les entreprises, elles vont disparaître
18:39alors qu'elles sont dans une situation très difficile, suite à ce qui s'est passé à Mayotte.
18:43Mais donc, on fait quoi ? Est-ce qu'on sanctionne ?
18:44Est-ce qu'on impose un délai maximum pour payer ces factures ?
18:51Aujourd'hui, il y a déjà un délai maximum, mais ensuite, normalement,
18:53il y a des intérêts qui peuvent être mis sur les retards de paiement.
18:56Mais tout est dans le normalement.
18:57Exactement. Moi, déjà, ce que je demande, c'est une vraie solidarité entre les entreprises.
19:02Et oui, aujourd'hui, si les entreprises ne jouent pas le jeu,
19:04je pense qu'au vu du contexte économique, il faudra réfléchir à pouvoir les sanctionner.
19:08Concertation en cours sur l'utilisation ou non des titres restaurant le dimanche.
19:12Vous y êtes favorable ?
19:14Moi, je pense qu'il faut faire attention à ne pas oublier le sens du ticket restaurant.
19:18Le ticket restaurant, c'est de permettre à des salariés de pouvoir consommer pendant leur jour de travail.
19:24À en faire un outil d'achat commun, ce qui risque de se passer derrière,
19:28c'est que ça devienne finalement un avantage, qu'il soit taxé,
19:32parce que l'État considérera que ce n'est finalement plus un moyen pour le salarié de déjeuner pendant sa journée de travail.
19:38Donc, moi, je dis juste attention à ne pas trop généraliser le ticket restaurant
19:42et le garder pour son utilité initiale.
19:44Merci beaucoup, Amir Reza Tofighi, d'avoir porté ce matin la voix des entreprises à ce micro.
19:49Vous qui représentez la CPME, la Confédération des petites et moyennes entreprises,
19:54votre réaction aux déclarations de Donald Trump cette nuit ?
19:57Il est 8h52 sur RMC et BFM TV.