Le lundi 31 mars 2025, la commission d’enquête du Sénat sur l’utilisation des aides publiques aux grandes entreprises et à leurs sous-traitants auditionnait Jean-Philippe Imparato, directeur général Europe de Stellantis. Devant les sénateurs, le dirigeant a détaillé les aides dont a bénéficié son groupe depuis 2013, sur plusieurs sujets : apprentissage, crédit d’import recherche, allègement de cotisations sociales, ou encore financements de collectivités locales. Il a plaidé pour un volume d’aide moins important, mais mieux ciblé sur des projets précis. “Il est nettement plus efficace de cibler les aides par projet, voire par site”, a-t-il affirmé devant les sénateurs. Le rapporteur de la commission d’enquête, Fabien Gay, l’a interpellé sur les fermetures de sites de MA France et de Novarès. Revivez leurs échanges. Année de Production :
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00:00:00Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver sur Public Sénat pour un nouveau numéro
00:00:13de 100% Sénat, l'émission qui vous fait vivre les travaux de la Haute Assemblée.
00:00:17La commission d'enquête du Sénat sur les aides publiques versées aux entreprises poursuit
00:00:21ses auditions. Les sénateurs ont entendu le directeur général Europe de Stellantis.
00:00:26C'est le quatrième constructeur automobile mondial issu de la fusion entre le français
00:00:31PSA et l'italo-américain Fiat Chrysler. Je vous laisse écouter cette audition.
00:00:35Je dirais qu'en quelque sorte cette commission d'enquête tombe assez bien parce qu'elle m'a
00:00:40donné l'occasion de dire je suis convoqué en commission d'enquête, qu'est-ce qu'on a reçu
00:00:44depuis 2013, qu'est-ce qu'on en a fait. Donc je me propose de vous présenter ceci en trois parties.
00:00:50La première Stellantis, rapidement, c'est quoi en France. Deuxièmement, quelles sont les natures
00:00:56d'aides que l'on reçoit et qu'est-ce qu'on en fait. Et troisième partie, comment on bosse,
00:01:01en particulier en France, avec nos fournisseurs, sujets qui sont au cœur de nos préoccupations.
00:01:05Donc Stellantis, tout d'abord en France. Bon, Stellantis est un groupe international,
00:01:11vous l'avez dit, il a quatre piliers, la France, l'Italie, les Etats-Unis et l'Allemagne avec Opel.
00:01:18Ça c'est Stellantis. On est né en 2021 dans la fusion des groupes PSA et Fiat Chrysler Automobiles.
00:01:23On a implanté en France 12 usines dans des territoires parfois complètement désindustrialisés.
00:01:29On emploie 40.000 salariés. Pour un point de référence, l'Europe c'est 39 usines et 70.000
00:01:37salariés donc le poids de la France est très significatif, dont 6.000 travaillent pour la
00:01:41R&D. Et en particulier, mi-mai, on va ouvrir un Green Campus à Poissy qui va être le plus gros
00:01:46centre de R&D du groupe en Europe. J'y tiens parce qu'on parlera de crédits import-recherche qui
00:01:51sont pour moi le principal support de notre développement en France et en Europe. Donc
00:01:56tous les moyens d'essai, services tertiaires au Green Campus à Poissy au mois de mai.
00:01:59Où est-ce qu'on travaille ? Douvrain, Gigafactory. Douvrain, moteur thermique. Caen, Rennes, Poissy,
00:02:107 fonds, fonderie. Intéressant pour la réflexion future sur l'innovation. Sochaux, parce que Berceau,
00:02:16de la marque Peugeot. Ordun, parce que véhicules utilitaires. Valenciennes, Charleville pour la
00:02:23fonderie. Trèmerie-Messe pour les moteurs. Mulhouse pour les voitures d'un côté, la mécanique,
00:02:31les forges et la fonderie de l'autre. Plus 4.298 concessionnaires et agents partout, dans vos
00:02:38circonscriptions et de vos territoires. Chacun employant entre 10, 20, 30 salariés, dont plus
00:02:43de la moitié à la pré-vente. Métier qui va changer compte tenu de la transition énergétique qu'on a
00:02:49devant nous. Donc en gros, les apprentis vont mieux faire forme à l'électromécanique qu'à
00:02:53autre chose. Et c'est un des sujets qu'on a devant nous. Soit 600 fournisseurs sur le tout du
00:02:57territoire. 3.500 entreprises dans la filière France. 42.000 salariés chez nous. 250.000
00:03:04salariés au sein de la filière auto du marché français. C'est un très lourd sujet pour nous
00:03:10que la France... Vous allez m'expliquer la raison. Vous n'avez pas parlé de Vesoul.
00:03:15Bien vu. Bien vu. Parce que c'est... C'est chez moi, M. le directeur.
00:03:19Alors excusez-moi. Vesoul est Rivalta en Italie, le plus gros et probablement le plus performant
00:03:25des centres d'approvisionnement en pièces de rechange du groupe actuellement en Europe pour
00:03:30moi. Et puis en plus, j'y ai passé un certain nombre de mois et d'années.
00:03:33Non mais bien sûr. Plus que jamais, si je vois la contribution des pièces de rechange au résultat
00:03:40de l'entreprise, je veux dire, il n'y a pas photo. Excusez-moi, j'avais pris les centres Unité
00:03:43Terminale et Powertrain. A noter, on est le plus gros fabricant de voitures en France. D'accord ?
00:03:52Donc on va tuer les légendes urbaines. C'est dans 600 francs, c'est 569.000 voitures en 2024.
00:03:58Ce sera plus de 600.000 en 2025. Je crois qu'on est 80.000 au-dessus de Renault et 200.000 au-dessus
00:04:04de Toyota en ordre de grandeur. Et comme je l'ai dit à vos collègues de l'Assemblée nationale au
00:04:08mois de novembre, à l'horizon du plan qu'on a à trois ans, pas de PSE prévu pour Stellantis en
00:04:15France. Et un plan pour la plupart des usines. Donc voilà ce qu'est Stellantis chez nous.
00:04:21Deuxième point. On a investi 3 milliards d'euros ces cinq dernières années dans la
00:04:28transition énergétique des usines françaises. Vous entendrez parler de ça souvent. Parce que
00:04:33quand j'ai fait le bilan de ces onze dernières années d'aide publique, dont les cinq dernières
00:04:38années, c'est-à-dire j'ai pris post-Covid, 80% de ce qu'on a fait est orienté vers la transition
00:04:45énergétique. Et on peut le flécher ligne à ligne. Et ceci sera à votre disposition. Donc 600 millions
00:04:52dans la modernisation des sites de Caen dans le 14, Charleville 08, Mestremerie 57, Mulhouse 68,
00:04:58Septfonds et Valenciennes dans le 59. 300 millions. 300 millions dans la transformation de l'usine de
00:05:04Sochaux dans le 25, qui bosse un peu avec Mulhouse et Sochaux et Vesoules quand même. 168 millions
00:05:11d'euros pour accueillir une plateforme qui s'appelle Stellantis Medium à Rennes. Parce que
00:05:16Rennes, c'est Citroën. Donc dans la série des piliers de l'entreprise historique, j'ai Citroën
00:05:24à Rennes, dont il faut s'occuper. Stellantis se classe, rebelote sur le CIR, une nouvelle fois,
00:05:32premier déposant de brevets en France. 1289 brevets déposés en 2024. C'est l'INPI qui nous dit ça.
00:05:40Deuxième Safran, troisième L'Oréal. Et on est au premier hausse-crash en 2019, 2020, 2023, 2024.
00:05:46Tout ça pour dire, est-ce que ça sert l'argent qu'on investit dans la maison ? Oui, si j'en crois
00:05:54le classement des brevets déposés en France. On a décidé de produire l'ensemble de la chaîne
00:05:59de valeur électrique en France. À Douvrin, 300 mécaniciens de l'usine Stellantis, formés et
00:06:05recrutés par la première gigafactory de production de batteries et de technologies
00:06:08françaises, a cessé. Maistremerie, une contreprise e-motor qui produit des moteurs électriques et
00:06:14des transmissions pour l'assemblage des boîtes de vitesse électrifiées pour les moteurs hybrides.
00:06:19Et enfin, un sujet que j'ai évoqué plus d'une fois mais qui me semble au cœur de notre
00:06:24transformation, la reconversion de nos collaborateurs vers l'électrique. C'est vrai pour les usines,
00:06:28mais pas que. C'est vrai pour l'ingénierie. Il n'est pas facile de passer d'une formation de
00:06:33gazards spécialistes des moteurs diesel vers un fabricant de cellules au sein d'une gigafactory
00:06:40à cesser. Et ça touche tous ceux qui, de près ou de loin, n'ont pas touché ce genre de technologies
00:06:44depuis le début de leur formation. Enfin, les sites industriels de Stellantis sont engagés pour
00:06:50contribuer à l'atteinte d'objectifs de neutralité carbone. Qu'est-ce que ça veut dire ? 2038, on sera
00:06:54à zéro émission dans nos usines et sur l'ensemble de la chaîne de production et d'engineering de
00:06:59Stellantis. Pour faire ça, on estime qu'il faut que nous ayons divisé par deux nos consommations
00:07:05en 2030. Pour faire ça, l'année prochaine, 566 000 m² de panneaux photovoltaïques seront installés
00:07:12sur nos terrains. On a 727 000 m² prévus en 2026 et 827 000 m² prévus en 2027. C'est vrai pour
00:07:21l'énergie électrique, mais pas que. Pour l'eau, l'eau consommée par voiture, on a baissé notre
00:07:28consommation d'eau de 12 % en 2024. On estime qu'il faut qu'on divise par deux au même horizon
00:07:332030. Donc l'ensemble des investissements que l'on trace et que l'on dirige pour la partie
00:07:38capacitaire production, on la met sur photovoltaïque, sur division de la consommation d'eau dans la
00:07:44plupart des entreprises dans lesquelles on travaille. J'espère que le panorama de Stellantis vous convient
00:07:50à ce stade. Ensuite, comme je vous le disais, cette commission m'a permis de rentrer dans le détail de ce que
00:07:59mes collaborateurs ont préparé pour nous comme point de résumé. J'en sors trois grands paquets. Je dirais
00:08:12quatre. Un, les aides à l'investissement aux bénéfices de l'entreprise. Projet subventionné, réponse à
00:08:18l'appel d'offres de BPI France. Deux, des aides à l'investissement pour des projets hors de l'entreprise.
00:08:23Trois, l'innovation et la recherche. Et quatre, les aides indirectes, dont les aides à l'achat bénéficiant
00:08:29au client final. Voilà à peu près les quatre pavés que je vois pour l'ensemble des aides. J'ai compté depuis
00:08:382013 que nous bénéficions aux lignes à ligne de 14 catégories d'aides qui vont du crédit impôt recherche au crédit
00:08:56impôt famille, aux aides à la formation, aux subventions régionales, au manufacturing. Bref, j'ai les 14 catégories
00:09:03d'aides dont nous avons bénéficié avec, pour chaque année, ce dont on a bénéficié soit en termes d'allègement de charges,
00:09:10soit en termes de contributions au cash. Et ceci par projet. De 2013. J'ai 11 ans. Ça m'a paru assez large pour être
00:09:20représentatif de ce que vous pourriez avoir besoin de vérifier. Et je précise au passage que je ne peux peut-être pas
00:09:26le faire en séance, mais vous êtes les bienvenus. À Poissy, on a le décompte précis et certifié par notre finance.
00:09:33Tous les ans, de l'ensemble de ce que l'on reçoit. Une fois qu'on a dit ça, je me suis dit mais comment je peux illustrer d'une part
00:09:41ce que j'ai reçu et d'autre part ce qu'on en a fait, parce que ça me paraît être la question de base. Donc je suis allé dire la chose suivante.
00:09:52Je lui ai dit vous allez me donner les 17 projets post-COVID dont on a bénéficié. Donc on rentre dans le COVID, on en sort,
00:10:01on a la transition énergétique devant nous. Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qu'on fait ? Depuis 2021, on a présenté à l'autorité publique
00:10:11qui l'a accepté 17 dossiers qui ont fait l'objet d'un accompagnement pour 24 millions d'euros, qui a représenté 5,7% des dépenses
00:10:19globales de ces projets estimés à 431 millions d'euros. Sur 2013-2024, quand je regarde la totalité du film sur la totalité des aides reçues,
00:10:30l'ordre de grandeur de ce que l'on a reçu par rapport aux projets qui ont été acceptés se situe entre 5 et 6% des montants investis.
00:10:40Donc les 17 projets de 2021, à ce moment, on a bénéficié de 24 millions, 5,7%. On a dépensé 431 millions d'euros.
00:10:53Et j'ai demandé à avoir des exemples précis de l'usage qui avait été fait de ces aides-là sur un certain nombre de projets.
00:11:00Donc si ça vous va, je vais vous en citer quelques-uns. Parlons de Valenciennes. Je pense que Valenciennes, c'est le mix parfait
00:11:08entre régionalisation, innovation et reconversion. Valenciennes, montant de l'investissement 65 millions, nous recevons 3 millions de subventions.
00:11:17Un projet conventionné en 2020, on les utilise pour faire quoi ? Des réducteurs pour véhicules électriques, parce qu'on a décidé
00:11:25d'intégrer la filière d'un point de vue vertical complètement. Ça veut dire qu'on modernise les procédés de production de Valenciennes.
00:11:32On améliore la gestion de l'espace et des flux logistiques pour la partie des nouvelles activités. On développe une nouvelle gamme
00:11:38de réducteurs performants qui répondent aux besoins de l'ensemble des véhicules électriques du groupe, non seulement en France,
00:11:43mais aussi à l'étranger. Donc c'est un site qu'on arrive à faire rentrer dans la compétition de l'évolution technologique et que l'on met au service
00:11:54de la production du groupe, pas simplement en France, mais aussi à l'extérieur. Ordun, où comment apprendre le métier de l'électrique
00:12:02et comment commencer à résister à l'invasion chinoise, si je peux me permettre. Ordun, c'est la même période. On monte un atelier batterie.
00:12:11On a investi 8,7 millions d'euros. L'autorité publique nous consente 0,7 million. On en fait quoi ? On crée un atelier batterie qui a la mission
00:12:22d'assurer sur le site d'Ordun l'assemblage de batterie avec une double offre de batterie performante, c'est-à-dire avec un certain nombre de kilowatts
00:12:29par batterie. Ce qui est intéressant, c'est que la mise en place de l'atelier d'assemblage de batterie engendre forcément l'étude et la maîtrise
00:12:37de nouvelles techno, de notamment vissage et d'étanchéité batterie. Une des caractéristiques de l'électrique, c'est qu'il vaut mieux que ce soit étanche.
00:12:46Et les vissages de sécurité sont d'ordre 1 dans notre métier. Qu'est-ce que ça nous permet de faire ? Ça nous permet de préparer ce que se feront
00:12:52les garages plus tard. Plus tard, les garages devront reconditionner des batteries et où les réparer et où changer des cellules.
00:12:59Pour ça, il faut dévisser, changer les cellules, revisser et vérifier les étanchéités. On est là dans le cadre de la transformation.
00:13:06Je trouve que c'est assez symptomatique. On passe sur Sochaux 2022. L'objet, c'est quoi ? Confirmer l'ancrage régional d'une marque et d'une voiture iconique.
00:13:18On met 150 millions sur Sochaux. On reçoit 7 millions. Projet conventionné en 2019, exercé en 2022. Qu'est-ce qu'on fait ? On met en place sur une ligne à Sochaux
00:13:30au lieu de 2 la possibilité de fabriquer 400 000 véhicules de 6 silhouettes différentes sur une plateforme elle-même multiénergie pour adresser les besoins
00:13:42de l'ensemble des utilisateurs, à commencer par l'électrique. Vous avez vu 3 008, 5 008 dans la rue. Aujourd'hui, c'est une voiture qui est soit à 540
00:13:50soit à 700 km d'autonomie avec les batteries d'ACC de la Gigafactory, mais pas que, parce que tout le monde ne peut pas se payer des voitures à 44 000 €.
00:13:59C'est aussi une voiture qui a une proposition hybride, 136 chevaux, beaucoup moins chère, en ordre de grandeur 5 000 à 6 000 €, mais qui permet d'adresser les besoins
00:14:10des entreprises et ceux qui n'ont pas forcément les moyens de mettre ce montant d'argent sur la table. Enfin, cette fonds – et je vais aller vite là-dessus –
00:14:21c'est un cas intéressant. Fonderies. Il y a des questions sur les fonderies en France et en Europe. Donc on s'est dit comment on pouvait concilier l'électrique et la fonderie.
00:14:31Et on s'en a choisi cette fonds. Pourquoi ? Parce qu'électrique, c'est plus lourd que le thermique. Et donc l'électrique, ça a besoin de freiner.
00:14:38Et donc on s'est dit que cette fonds pouvait nous aider – et c'est une reconversion extrêmement intéressante – à augmenter sa capacité de production,
00:14:45parce qu'on a besoin d'augmenter la consommation de disques de frein par définition. On est passé à 32 000 pièces supplémentaires par semaine,
00:14:53119 000 pièces supplémentaires sur la capacité de peinture des pièces usinées. Et ça, c'est ce qu'on a fait à cette fonds.
00:15:02Je passe peut-être pour économiser du temps. Mais vous avez vu les quelques exemples. Ils vous permettent de comprendre comment on a pu adresser les investissements.
00:15:12On a par ailleurs répondu à des appels à projet de BPI France sur par exemple la décarbonation d'un certain nombre de sites. Cette fonds en fait partie.
00:15:24On a mis en place à Charleville de quarters de véhicules électriques à partir de procédés technologiques de très très haute modernité.
00:15:36Et on a développé à Ordun une offre d'hydrogène pour les véhicules utilitaires dès 2021. D'ailleurs, on a été les premiers au monde à proposer des véhicules à hydrogène.
00:15:48Innovation et recherche, très simple. Nous dépensons en R&D. J'ai pris la séquence 2019 à 2024 en France.
00:15:572019, on a dépensé 1,65 milliard de R&D. 2023, on a dépensé 2,29 milliards en R&D. Et le CIR nous a aidé par exemple sur 2023 à du concurrence de 63,2 millions.
00:16:10Les ordres de grandeur sont toujours les mêmes. 4, 5, 6 %. À quoi on utilise cet argent ? En dehors du fait que ça soutient l'engineering du groupe.
00:16:21On a fait... Si vous voulez que je répète le chiffre, pas de problème. 2023, 2,29 milliards d'investissements en R&D.
00:16:34On reçoit 63,2 millions d'euros, dont 50,3 millions pour la R&D, 6,3 millions pour le manufacturing, pour vous donner un ordre de grandeur de où ils vont.
00:16:48Et on a un panier d'innovation qui nous aide d'ailleurs à déposer ses provés, mais pas que. Et on utilise cet argent pour faire 3 choses, par exemple.
00:16:551, une nouvelle plateforme 100% électrique qui va héberger les petites voitures urbaines. 2, une technologie steer-by-wire.
00:17:04C'est une technologie qui vous permet d'avoir un système de direction avec une absence de transmission mécanique entre le volant et les roues.
00:17:11En gros, vous tournez le volant comme ça, la voiture fait 360. C'est ça que ça vous donne. Et c'est un avantage compétitif majeur en termes de direction.
00:17:17– C'est ce qui était présenté cette année au salon mondial à Paris ? – Ouais, exactement.
00:17:22– Comme vous pouvez tester ? – Absolument. C'est génial, ça. C'est un avantage compétitif majeur.
00:17:27Mais les énergies qui ont monté ça, ils l'ont monté ici et ils l'ont monté avec ce genre de technologie.
00:17:32Et puis il y a un autre sujet sur lequel on bosse, c'est les ADAS, les aides à la conduite.
00:17:37Aujourd'hui, les boss, c'est qui ? C'est les Américains, les Chinois, sur les aides à la conduite. Tout le software.
00:17:42On a envie d'avoir une certaine forme d'indépendance. Donc on travaille sur les ADAS, notamment niveau 2, niveau 3, de la conduite autonome,
00:17:50parce qu'on a envie de pouvoir maîtriser les datas sur ce genre de sujet.
00:17:55Voilà pour la partie de ce que l'on fait des aides publiques en général. J'ai tout le détail, par ailleurs, de ceux dont vous pourriez avoir besoin.
00:18:03Les aides. Les aides à l'achat, les aides à la vente. Quand vous gagnez 2 500 € par mois, vous n'avez pas tous les moyens d'acheter des voitures à 44 000 €.
00:18:16On a bénéficié d'aides... Enfin plus exactement, le client final a bénéficié d'aides ces dernières années.
00:18:23Au passage, elles ont toutes disparues en Europe ces 3 derniers mois, à l'exception de la Pologne.
00:18:28Donc d'un côté, il faut que tu fasses 20 % d'électrique, maintenant. Et en ordre de grandeur, je suis à 13 % d'électrique. Il me manque 7 points.
00:18:40Chaque point me coûte 300 millions de malus potentiels en termes d'amende à la fin de l'année. J'ai aucune aide en ce moment en termes d'incentive à l'achat.
00:18:51J'ai des clients bloqués là-dessus. Et donc, qu'est-ce qui se passe ? Le marché électrique s'écroule. Je ne suis pas là pour pleurer. Il faut juste le savoir.
00:19:00Donc les incentives aides à l'achat, aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises, aussi bien pour les véhicules particuliers que sur les véhicules multilatéraux,
00:19:08me paraissent d'ordre 1 si on veut de fait accompagner la migration vers un monde décarboné, qui me paraît assez cohérent de la façon dont on a utilisé les aides publiques
00:19:19ces dix dernières années. C'est-à-dire que moi, si je fais basculer 7 fonds sur des usinages de disques et de freins adaptés à l'électrique, il faut que la cohérence
00:19:27aille jusqu'au bout et qu'on arrive à faire les écoulements nécessaires en termes de voitures. Et pour ça, il faut que le client, lui, il voit un intérêt et soit capable,
00:19:37évidemment, de l'acheter. Surtout qu'en face de moi, si je vous prends un exemple, un 3 minutes aujourd'hui à Sochaux, ça coûte un électrique.
00:19:45Ça coûte 42 990 euros. La version thermique, elle coûte 37 000. En face de moi, pour la même version électrique, JBYD a 37 000. En gros, les Chinois,
00:19:59ils vendent l'électrique au prix du thermique en Europe. Et c'est pas possible que ça coûte vraiment moins cher, parce que 75 % du prix... Enfin 45 % du prix fait par la batterie.
00:20:11Donc on a un sujet de compétitivité. Et c'est pour ça qu'on se bat. Et c'est pour ça qu'on se bat pour qu'on arrive à maintenir à la fois les exigences réglementaires
00:20:24en termes d'évolution vers un monde décarboné. Aucun problème. Qu'on flèche les aides publiques pour dire les gars, si vous voulez être bénéficiaire
00:20:32des aides publiques, je veux un plan d'innovation. Je veux savoir exactement où je le mets, dans quelle usine et pour quoi faire.
00:20:38Je pense que c'est pour ça qu'on a retrouvé très bien le montant des aides publiques reçues. Pourquoi ? Parce qu'elles sont adressées par projet.
00:20:47Et je trouve ça très bien. Un projet répond à une participation qui, elle-même, donne lieu à un retour sur investissement ou mesure d'efficacité après.
00:20:58Pour moi, c'est assez fondamental. Donc voilà ce que je pouvais vous dire. Les aides publiques, absolument indispensables.
00:21:04— Excusez-moi. Des aides versées pour aller jusqu'au bout de la philosophie sur facture acquittée.
00:21:10— Absolument. Absolument. Et on en tient à la comptabilité. Et on sait ce qu'on en a fait. Et on a la chance d'être une industrie
00:21:17dans laquelle vous pouvez voir en ligne ce qu'on fait de l'argent qu'on a eu.
00:21:21— Donc quand je vous posais la question tout à l'heure sur les aides qui vous semblent les plus efficientes ou les plus efficaces,
00:21:27c'est en premier les aides fléchées projet par projet, dans le sens où elles incitent à, elles poussent à et en même temps,
00:21:38elles ne sont versées qu'en cas de réalisation du projet. — Absolument. Ça, c'est très clair. Il y a une deuxième catégorie d'aides
00:21:44qui, pour moi, est indispensable... Enfin indispensable, qui éclaire l'écart de compétitivité qu'on a à faire.
00:21:51C'est des aides qui sont justement au service de la compétitivité. Ça, c'est mesurable aussi. Une Française...
00:21:57Produire une voiture en France me coûte, en valeur ajoutée, deux fois plus cher qu'une voiture fabriquée en Espagne.
00:22:06Je peux pas vous donner le montant en euros. Mais ce que j'appelle la valeur ajoutée, c'est la main-d'œuvre plus l'énergie plus l'ensemble
00:22:13des coûts logistiques associés à l'arrivée des pièces. Combien ça me coûte en France ? Deux fois l'Espagne.
00:22:19L'Italie me coûte trois fois l'Espagne. L'Allemagne me coûte quatre fois l'Espagne. Un, deux, trois, quatre.
00:22:24Donc si vous voulez avoir des ordres de grandeur, d'écart de compétitivité pays en termes de coûts de production d'une voiture,
00:22:31un l'Espagne, deux la France, trois l'Italie, quatre l'Allemagne. J'ai dit la même chose à vos collègues de l'autre côté des Alpes vendredi.
00:22:38Et je vous le confirme avec des chiffres sans aucun problème. Au centre du jeu, l'énergie, le coût de l'énergie d'ordre 1.
00:22:48C'est même pas le coût salarial. C'est ça qui fait la différence. Alors le coût salarial le fait aussi.
00:22:58Mais je pense que c'est l'énergie qui est au cœur de notre affaire. Dernier point, les fournisseurs.
00:23:05– J'ai une petite précision. L'Espagne, c'est du fait qu'il y a quelques années, ils sont sortis du dispositif européen de fixation des prix de l'énergie ?
00:23:13– Je n'ai pas la réponse exacte à votre question, mais ce que je peux vous dire...
00:23:18– Parce que c'est une question qui s'est beaucoup posée. Est-ce que c'est intéressant ou pas de s'en tirer ?
00:23:21– Je ne sais pas en gros, je ne sais pas dans quel système réglementaire ils bossent.
00:23:26Mais ce que je peux vous dire, j'ai fait la comparaison Italie-Espagne.
00:23:29Je paye 4,5 fois plus cher en Italie face à l'Espagne en termes d'électricité.
00:23:36Et en France, j'ai un coût de l'énergie qui m'a surpris.
00:23:39Je me suis dit, mais comment c'est possible que tu payes plus cher en France qu'en Espagne avec l'industrie nucléaire que tu as ?
00:23:43J'avoue que je n'ai pas la réponse à ce stade. Vous pourrez peut-être m'éclairer. Mais moi, je n'ai pas la réponse.
00:23:48Et puis après, je me suis dit, tu les payes trop cher, tu ne les payes pas trop cher. Comment ça marche, cette affaire ?
00:23:54Bon alors, j'ai fait faire les comptes. Un ouvrier espagnol, aujourd'hui, dans sa poche, par heure, il prend 18,1 euros dans sa poche.
00:24:07Le même à Ordin, 16,6. Combien ça me coûte à moi ? Non, à moi, pas moi, mais à l'entreprise.
00:24:14La même heure travaillée à Ordin, 30,6 euros. En Espagne, à Saragosse, 25,6.
00:24:22C'est-à-dire que j'ai des collaborateurs qui prennent moins d'argent en net, en poche, quand le coût de revient moyen de leur travail est de l'ordre de 15 à 20 % au-dessus.
00:24:32Là aussi, mon boulot, ce n'est pas de venir pleurer là-dessus. Mais il faut qu'on ait ça en tête.
00:24:37Pas pour alimenter une compétition France-Espagne. Ce n'est pas l'objet. Ni même Italie, ni même Allemagne.
00:24:43Mais c'est pour se dire comment il faut se mettre en ligne, au niveau européen, face à ce qui est devant nous,
00:24:48qui est une concurrence chinoise d'ordre 1, qui est capable de créer un différentiel de prix pour un client moyen de 5 à 10 000 euros à la voiture,
00:24:56pour des voitures de moins de 40 000 euros. Mon fils a acheté une 208 Essence.
00:25:04— J'ai cru que vous avez dit que votre fils n'avait acheté plus de voiture. — Non, parce qu'il a... Non, là, il n'oserait pas.
00:25:11Mais il a acheté sa 208 Essence. Pourquoi ? Parce qu'il m'a dit « Écoute, non, pour l'instant, l'usage et le coût ne sont pas compatibles de ce que je peux faire ».
00:25:20Normal. C'est compréhensible. Dernier point, et j'en arrête là. Les fournisseurs. Les fournisseurs sont dans la bagarre avec nous.
00:25:28Et vraiment, au sens qu'ils font partie de l'équipe de France du groupe, on achète 6,1 milliards de pièces en 2024 sur nos fournisseurs. 6,1 milliards.
00:25:50500 sites fournisseurs implantés en France, pour la plupart monosourcing, c'est-à-dire que notre avenir est lié. Monosourcing, ça veut dire qu'ils se plantent,
00:26:00je me plante. Et comme on a 4 000 pièces à mettre en ligne en même temps sur une voiture dans une usine, il en manque un à l'appel, on est morts.
00:26:08Les 15 principaux sites auxquels on achète des pièces, sur les 15 premiers, on leur achète de 100 à 250 millions d'euros par an. Toutes activités,
00:26:22tout type d'énergie, tout type de pièces. C'est ce qui représente en ordre de grandeur les plus de 200 000 personnes dont je vous parle.
00:26:34Donc on essaie d'éliminer les coûts avec une certaine forme de rigueur, on leur demande de faire pareil. C'est pas toujours facile, c'est pas toujours faisable.
00:26:44Deux, on déploie des mécanismes d'indexation des coûts de matière et d'énergie. On va dire, attends, ça monte, on monte, mais ça baisse, on baisse ensemble.
00:26:52Trois, on partage avec les acteurs de la filière, que ce soit la PFA, les FIEV, les fournisseurs, nos attentes et les enjeux, mais surtout,
00:26:59on échange avec la DGE Bercy des analyses de structure de coût pour partager les familles et les types de pièces qui sont structurellement compétitives en France.
00:27:10Où est-ce qu'il vaut mieux qu'on investisse pour vous, M. le fournisseur, dans telle et telle technologie pour être le plus vite possible,
00:27:16le plus opérationnel possible, le plus compétitif possible ? Donc il est possible de produire en France et en Europe en restant compétitifs.
00:27:23Ça, il n'y a pas de doute. Mais on est sous tension permanente, évidemment. Dernier point.
00:27:30— Juste sur vos fournisseurs. Alors bien évidemment, quand on a des groupes aussi importants, avec les 15 premiers, on est entre 100 et 250 millions de fournitures.
00:27:40Alors est-ce qu'ils travaillent que pour Stellantis ? Et est-ce que le fait de travailler pour Stellantis leur fait bénéficier par votre intermédiaire
00:27:48ou par votre appui d'aides publiques ? — Alors la plupart travaillent pour bien d'autres OIM que Stellantis.
00:27:58Par définition, ceux dont on bénéficie au terme des aides publiques qui vont dans l'innovation se transfèrent directement chez les fournisseurs
00:28:05en termes de transfert de techno, parce que de toute façon, si on fait de l'inno, il faut qu'ils soient briffés pour être capables de fournir des pièces
00:28:11qui vont alimenter les nouvelles technologies qu'on développe. Donc de fait, ils ont des volants d'affaires qu'on n'aurait pas
00:28:16si on n'avait pas fait ce travail d'innovation et d'industrialisation des pièces. Ceci dit, tout le monde ne fait pas 100 millions de chiffre d'affaires avec nous.
00:28:25Donc il faut s'occuper aussi de ceux qui sont dans les territoires et ou plus faibles en termes de chiffre d'affaires.
00:28:34On s'est occupé du groupe Valor de Vosiers et Bonny sur 200 emplois en 2024. On a accompagné la fermeture d'un site de Novarese à Oswald en 2024.
00:28:47On a soutenu la cession d'un groupe dirigé par un dirigeant de 80 et quelques années cette année en France.
00:28:59Et j'ai personnellement travaillé à la résolution finale et complète du dossier Emma France, connu de vous, je pense, et d'un certain nombre de gens à Olney.
00:29:14Je rappelle que c'était un groupe italien, CLN, qui faisait en gros 1,5 milliard d'euros et qui a été confronté à des difficultés avec sa filière française.
00:29:24Emma France, située à Olney-sous-Bloc, est vendue il y a bien longtemps. Ceci dit, ça traînait très largement aux bénéfices d'à peu près personne.
00:29:32Donc je me suis permis, avec mes collègues, en octobre, novembre, décembre 2024, de mettre un terme à cette affaire d'une manière la plus raisonnable
00:29:42et la plus bénéfique possible pour les partis. Et on passe à autre chose. Voilà où on en est. 13 millions d'emplois, c'est l'industrie automobile en Europe.
00:29:54L'objectif que je poursuis du point de vue de Cellantis, c'est que l'activité demeure au-delà de 2040.
00:30:01On a un risque de devenir la sidérurgie du XXIe siècle. C'est absolument évident. À 5 000 euros d'écart par voiture, on peut s'expliquer tout ce qu'on veut.
00:30:08Mais si on n'est pas capable d'être compétitif en face des Chinois, on disparaîtra. Donc je n'ai pas bossé depuis 35 ans pour m'expliquer qu'on va renoncer.
00:30:20Compétitivité d'ordre 1. Attractivité produit d'ordre 2. Fléchage des aides publiques vers l'innovation d'ordre 3, mais probablement ce qui fera la différence.
00:30:31Et soutien à la verticalisation de la filière. On a devant nous à la fois une énorme opportunité, un énorme risque.
00:30:40L'énorme risque, vous le connaissez. Il est commenté tous les jours. L'énorme opportunité, c'est qu'on a un corps d'ingénieurs extraordinaires.
00:30:46Et que si on se met à se dire qu'on veut apprendre la techno électrique et les batteries et qu'on veut rattraper nos 10 ans de retard,
00:30:55je pense qu'en se reluant les manches d'une manière collective, on est capable de le faire. Je vous remercie de votre attention. J'espère ne pas avoir été trop long.
00:31:03— Merci, M. le directeur. Je vais donner la parole à notre rapporteur. Avant, j'aurais voulu, si c'était possible...
00:31:08— Non, parce que c'est évident qu'on va prendre les 44 lignes différentes que vous avez. Si on pouvait dégager... — 14.
00:31:15— 14. Trois pavés. Le pavé de la recherche et développement. Donc on a une année où c'est 63 millions. Mais si on avait pu avoir un global,
00:31:25les allègements de cotisations, si vous aviez un global, et les subventions directes, si vous aviez également un chiffre global...
00:31:33— C'est vous qui nous dites sur quel nombre d'années. On se représente un peu. — Je vais essayer de vous citer les ordres de grandeur.
00:31:40Donc sur l'INO, sur la recherche et développement, on dépense en ordre de grandeur 1,7 milliard d'euros par an.
00:31:50Je vous ai donné le pic de 2023. — On était à 63 millions. — Voilà. Alors quand je fais le bilan... Ce 1,7 milliard, il est assez constant, quand même.
00:32:00C'est assez waterproof, je dirais. 2013, on prend 71 millions. 2014, 85 millions. 2015, 98 millions. On va en 2020 à 87.
00:32:122021, 91 millions. 2022, 90 millions. Et sous 2023, 63 millions. — Oui, on est à 85, 90 millions.
00:32:18— 70, 80 millions par an sur 1,7 milliard de dépenses de R&D sur la France. On paye 1,7 milliard de salaires.
00:32:28Je vous donne le chiffre d'allègement de charges. Enfin c'est pas du cash, parce que c'est un allègement de charges.
00:32:37Mais en ordre de grandeur, 80 millions. 79 millions sur l'exercice 2022, 94 millions sur l'exercice 2023 sur un montant de masse salariale de 1,7 milliard.
00:32:47Que puis-je vous donner d'autre qui soit suffisamment à gros plan ? — Il y aurait une troisième ligne qui serait intéressante.
00:32:55C'est montant moyen des investissements par an et montant moyen en face des subventions à l'investissement en moyenne.
00:33:04— Si je fais 3 milliards depuis 2021, ça veut dire qu'on est en train de se parler de 500 millions par an en ordre de grandeur.
00:33:14Et là-dessus, 5 à 6 %, c'est quasiment... — Donc quelque chose comme 30 millions.
00:33:20— Voilà. Et encore une fois, c'est pas 30 millions, quoi. C'est X projets à X euros qui sont adressés.
00:33:31Et c'est ce qui me paraît faire la différence entre... Alors après, je me suis permis un comparatif aussi avec l'Espagne,
00:33:39puisque comme j'avais fait le comparatif de compétitivité, j'ai fait le comparatif des aides à l'invest.
00:33:45Ce qu'il faut retenir, c'est la chose suivante. L'Espagne est assez active en la matière. En France...
00:33:52— Je pense que ça faisait partie d'une question, hein, les aides à la subvention par rapport aux autres pays.
00:33:56— OK. Alors je vais donner... — Déjà en moyenne, comment vous situez la France sur les aides à l'investissement ?
00:34:03Dans la moyenne, plutôt proactif, plutôt... Dans les aides, les subventions directes à l'investissement.
00:34:12— Moi, je suis relativement satisfait de ce que nous avons sur la France. Donc on n'est pas du tout hors du jeu.
00:34:18On n'est pas les mieux-disants, évidemment. Mais on n'est pas hors du jeu. Alors si je compare avec l'Espagne, en revanche,
00:34:24on est quand même un peu décalés. Je m'explique. Quand je présente 10 dossiers en Espagne, les autorités espagnoles en étudient 9, 90 %,
00:34:38et participent à 20 % de ces dossiers d'une manière très significative et d'un point de vue régional très très significatif.
00:34:50— Là, sur de l'aide territoriale, régionale. — Oui, oui. Nationnelle plus territoriale. Je parle pas de l'exploitation en sens énergie et autres.
00:34:58Mais ça, c'est très significatif. Donc là, ils sont meilleurs que nous. Enfin quand je présente 10 dossiers en France, on en étudie 2.
00:35:06Et sur ces 2, j'ai 5 %. Ça vous donne les ordres de grandeur. Donc le scope d'étude des projets en Espagne est nettement supérieur
00:35:21à celui dont nous bénéficions en France. Et après, pour le reste, les aides européennes sont respectées dans leur esprit, dans leur pourcentage.
00:35:31Je veux dire, il n'y a pas... — Oui. De toute façon, il y a une démocratie européenne sur le sujet.
00:35:35— On joue pas. Mais ça vous donne ça. Je dirais que globalement, on étudie plus le catalogue d'aides en Espagne qu'en France.
00:35:44Et on est nettement plus agressifs sur le coût de l'énergie et donc le coût de production en Espagne.
00:35:52L'Espagne a pris une résolution industrielle clé majeure. C'est évident. Moi, je fais les utilitaires à Vigo et à Manguald.
00:36:00Je peux vous dire que la région de Tadégalé, elle est vraiment à côté. C'est absolument sûr. Saragosse est très très très participatif aussi.
00:36:10Bon. Mais au même titre qu'un certain nombre de régions en France, je dirais. N'oublions pas qu'assesser à Ordun,
00:36:18ça a été 630 millions d'investissements de l'État et 630 millions d'investissements d'un pool d'entreprises en JV.
00:36:26— Est-ce que c'est à dire qu'il faudrait moins de dispositifs, mais avec un accompagnement plus fort par dispositif ?
00:36:34— Je pense qu'on aurait... — Qu'ils soient plus efficaces, plus ciblés ?
00:36:37— Je pense qu'on aurait intérêt à passer de 14 à un peu moins d'aides. Et donc je pense qu'il serait intéressant de réduire le nombre,
00:36:48la dispersion des aides prévues et d'augmenter l'impact, parce qu'on peut assez facilement faire établir une hiérarchie
00:37:00des différentes contributions des projets qui sont présentés, pour dire « Attends, si on se dit que la décarbonisation est d'ordre 1
00:37:07et le maintien de l'activité industrielle d'ordre 2, ça va avec. On peut faire un screen qui permette de hiérarchiser plus fort
00:37:16et de soutenir plus fort les projets ». Donc je serais pour moins d'aides, plus impactantes sur une sélection de projets
00:37:24correspondant à la stratégie industrielle de l'État. — Merci. Je donne la parole à notre rapporteur.
00:37:30— Oui. Merci, monsieur le directeur général, madame. Merci aux propos introductifs. Moi, juste pour qu'on arrive bien à cerner,
00:37:42peut-être pour 2024, est-ce que vous pouvez donner le chiffre global des aides, parce qu'on arrive à avoir l'étendue
00:37:49à travers l'ensemble des dispositifs, quoi, si c'est possible, ou pour 2023, si le chiffre 2024 n'est pas encore consolidé,
00:37:58puisque nous comprenons tout à fait. — Je mets de côté les allégements de charges qui sont relatives à la masse salariale.
00:38:05— Mettez-les dedans. — 1 7 94 millions. Ça, c'est pour les allégements de charges. Pour le reste, 120 millions, ordre de grandeur ?
00:38:16— 120 plus 94. À peu près. — Absolument. Les uns portant sur 1,7 milliard et les autres portant sur les 500 millions
00:38:23d'investissements par an qu'on fait dans le pays. — À peu près. — Acceptez l'ordre de grandeur.
00:38:28Tout le reste est à votre disposition dans le détail. — On vous remercie. C'était l'ordre de grandeur que nous attendions,
00:38:35même si nous sommes preneurs, évidemment, des éléments pour continuer à consolider notre rapport.
00:38:40Donc si vous voulez bien les remettre à l'administration, nous sommes évidemment tout à fait preneurs.
00:38:46Non, moi, juste ma première question autour de France 2030. Et c'est plutôt assez intéressant d'en discuter avec un industriel comme vous,
00:38:56parce qu'on voit bien qu'il y a deux questions dans les entreprises. Il y a ceux qui créent et puis les autres.
00:39:04Et ceux qui créent comme vous, de la valeur, ici, sont plutôt partisans de subventions directes et un argent 1 € dépensé 1 € équivalent.
00:39:19En tout cas, on vous donne une enveloppe pour tel projet. Vous commencez à le réaliser et vous le faites.
00:39:25Sinon, vous ne touchez pas évidemment l'argent. Est-ce que c'est bien le mécanisme pour vous le plus important et le plus intéressant,
00:39:33finalement, parce qu'il y a tout un débat autour de... Est-ce qu'il faut conditionner ou pas les aides publiques dans leur généralité ?
00:39:41Et ça, pour le coup... Par exemple, Patrick Pouyanné dit « Moi, je suis pour des avances remboursables »,
00:39:46y compris avec des retours de clauses à bonne fortune. Mais l'avance remboursable, on fait un projet, on le réalise.
00:39:52Si ça marche, pourquoi pas rembourser ? Ou si les résultats sont au-delà des espérances, est-ce que ce mécanisme vous apparaît opportun ?
00:40:00— Alors merci pour votre question qui est au cœur du sujet. Moi, je vous fais part de mon expérience personnelle.
00:40:09Je pense qu'on a deux volets. Le premier, c'est celui que vous disiez. J'ai un certain nombre d'usines, 12, un certain nombre d'opérations industrielles dans ce pays.
00:40:21Je crois beaucoup en l'appropriation par les opérationnels des projets qui leur sont confiés. Exemple, c'est bien le patron de l'usine de Sochaux
00:40:33qui s'occupe de sa ligne et de ces 6 voitures à embarquer à Sochaux. Si on tartine une aide en général et si elle n'est pas dressée sur « On veut faire changer
00:40:44cette usine de génération et on veut l'amener à un niveau de productivité et de techno suffisant », on a besoin que le patron du site en local,
00:40:55avec d'ailleurs ses partenaires sociaux au passage, s'approprie le projet. Donc pour répondre à votre question, je pense qu'il est nettement plus efficace
00:41:09de flécher les œufs, les aides par projet, voire par site, avec un responsable très clairement identifié comme étant le patron de la réalisation du projet concerné.
00:41:19D'ailleurs, au passage, chez nous, on essaie de faire en sorte que celui qui est à l'origine d'un projet le finisse, c'est-à-dire qu'il ne laisse pas à son successeur
00:41:27le soin de compter les billes. C'est-à-dire qu'il va au bout d'un projet véhicule, il va au bout d'un projet de transformation, il va au bout d'une gigafactory, par exemple.
00:41:37Ça, c'est le premier sujet. Deux, ce qui est vrai sur le plan industriel, c'est vrai sur le plan innovation. Il me paraît tout à fait normal de vous dire
00:41:46« Voilà, notre panier d'innovation de 2026 à 2030, il inclut tel ou tel type de techno. » Exemple, solid-state batteries, les batteries solides qui vont régler définitivement
00:41:58les questions d'autonomie des véhicules électriques. Ça, c'est pour moi d'en revenir. Donc si on devait faire quelque chose d'un point de vue public, je mettrais de l'argent sur ce genre de sujet.
00:42:12Trois, on doit réduire la consommation énergétique. Je ne parle même pas du prix du kWh. Je parle de la conso pour l'ensemble du tissu industriel.
00:42:25Messieurs, amenez-nous les projets photovoltaïques. Donnez-nous la consommation d'eau par véhicule que vous faites. D'ailleurs, au passage, à la fin de l'année,
00:42:34on va vérifier. Et en fonction des mètres carrés de photovoltaïque et de la conso estimée que vous voulez réduire, on ajustera les aides en fonction des budgets qu'on a.
00:42:43Et ça, tout le monde peut vérifier qu'on a fait les panneaux et que l'on paye notre facture en ayant économisé de l'argent. Donc je suis très supportif de ce genre de choses.
00:42:55Donc les aides doivent être en face d'objectifs.
00:42:58– Absolument. Pierre, il n'y a absolument aucune... Il n'y a pas photo, si je peux me permettre.
00:43:07– Merci. J'en viens... On est plutôt d'accord et raccord sur ce point. C'est-à-dire, s'il y a un objectif... Parce que moi, je commence à imaginer la fin du rapport.
00:43:18Il faut bien qu'on commence à... Parce qu'on fait beaucoup d'auditions et à se projeter. Moi, je ne suis pas pour qu'on arrête l'ensemble des aides publiques,
00:43:29ce qui serait complètement inapproprié. Mais je suis soucieux de l'argent public dépensé. Un euro dépensé doit être un euro efficace.
00:43:38Je trouve que la question de donner de l'argent public sur des projets avec des objectifs en décarbonation, en maintien de l'emploi, en augmentation de l'emploi,
00:43:51bref, on peut lui trouver. Et que l'entreprise commence à mettre un euro, l'argent public un euro, et qu'on avance comme ça.
00:43:58Et qu'à la fin, on regarde si sur les 3 ans, les objectifs sont remplis et que, de fait, ça fonctionne. Je trouve ça bien plus ambitieux
00:44:07que de donner des millions, des milliards parfois, sans connaître, en crédit d'impôt, en dépense fiscale, sans savoir finalement si ça marche ou pas,
00:44:17et si l'entreprise qu'on bénéficie ou pas, avec des effets d'aubaine ou pas, vous voyez. Donc je pense que c'est une question qu'on débattra ensemble.
00:44:25Je préhente pas du tout le débat, mais elle me paraît assez aller dans le bon sens. J'en viens tout à l'heure, vous avez, sur le bonus écologique.
00:44:34Parce que là, j'ai lu – je cite ma source – « Passion Auto ». Je le lis pas tous les mois. Mais de mars 2024, je faisais le bilan autour des bonus écologiques.
00:44:46Et je trouve que les montants étaient significatifs. Donc je comprends. Et vous allez me dire pour le coup si le chiffrage de Passion Auto est le bon.
00:44:55Puisque vous nous avez dit à peu près 235 millions d'aides pour 2024, si on met tout. Là, Passion Auto dit « Stellantis a réussi à vendre
00:45:0338 000 voitures électriques sur les 50 000 commandées lors de l'opération qui s'est déroulée du 1er janvier au 15 février 2024 ».
00:45:10Donc il y a un peu plus d'un an. « En faisant un calcul rapide, bien que cela soit pas très significatif, cela représente un soutien total autour de
00:45:19494 millions d'euros ». 13 000 euros, ça, c'était fois 38 000. Bon, ils ont fait... Voilà. « De la part de l'État pour l'achat de véhicules de marque Stellantis
00:45:30dans le camp du leasing électrique depuis le début de l'année 2024 ». Est-ce que vous pouvez, oui ou non, corroborer ces chiffres de Passion Auto ?
00:45:38Évidemment, là, c'est quasiment deux fois le montant de l'aide publique normale allouée chaque année. Donc là, j'imagine que c'était un sacré soutien
00:45:50aux voitures électriques et à Stellantis, mais aussi à vos concurrents. Pas que Stellantis, qu'à... Là, je cite Stellantis, puisque... Voilà.
00:45:58Mais c'était à bénéficier – je le précise pour ceux qui nous écoutent – à tous les constructeurs. J'ai pris le chiffre d'Ostellantis.
00:46:06Intéressant. Leasing social. On est en train de se parler du leasing social. L'opération du début de l'exercice 2024, qui a été épuisée en 2 mois,
00:46:14avec, en ce qui nous concerne, 35 000 ventes sur cette période de 1 mois et demi, avec des équipes industrielles qui ont poussé les 12 véhicules électriques
00:46:30qui étaient concernés en 2024. Alors... Permettez-moi d'être à la fois très direct et très honnête, parce que comme j'ai vendu des voitures quand j'étais petit,
00:46:47je vais vous dire ce que j'en pense. Quelle belle nouvelle que de permettre à ceux qui n'avaient pas forcément les moyens de s'acheter un véhicule électrique
00:46:56que de le faire. OK ? Il n'y a rien à dire là-dessus. Au contraire. Bravo. Quelle mauvaise nouvelle de laisser penser aux gens qu'un véhicule, ça vaut 49 € par mois,
00:47:07parce que c'est ça, le leasing électrique. Donc ça vaut pas ça, ne serait-ce que par respect pour ceux qui les font, les voitures. Et 3, quelle mauvaise nouvelle
00:47:17de penser qu'un véhicule d'occasion, c'est plus cher qu'un véhicule neuf, parce que c'est ça qu'on a vécu avec le leasing électrique. Donc pour répondre à votre question,
00:47:26le leasing électrique, en soi, est une excellente idée. Si les sommes investies restent raisonnables pour le soutenir... Et je pense qu'à l'espèce, les sommes engagées
00:47:37étaient excessives, parce qu'une voiture à 49 €, ça n'existe pas. Une voiture à 150 €, on en parle. Une voiture à 200 €, on en parle. Et un véhicule d'occasion,
00:47:51en général, ça vaut moins cher qu'un véhicule neuf. Qu'est-ce que ça a produit comme conséquence ? Ça a produit comme conséquence que pour se mettre à 49 €...
00:48:00Donc tout le monde pensait que les voitures étaient gratuites. Merci pour le mouvement, qui a effectivement allumé le feu, je dirais. Mais ça a produit un truc.
00:48:10C'est que les réseaux de concessionnaires se sont engagés sur des valeurs dites résiduelles après 3 ans de location, qui sont complètement déconnectées du marché,
00:48:19à savoir que les véhicules vont rentrer à un prix situé entre 4 000 et 5 000 € au-dessus de la valeur réelle des voitures qu'ils vont avoir à reprendre en 3 ans.
00:48:28Ce qui signifie que les gars, en ce moment, sur le territoire français, sont en train de passer des provisions pour pertes pour chacune des voitures qui va rentrer,
00:48:38en ordre de grandeur de 3 000 à 4 000 € la voiture. Ce qui signifie qu'ils sont en ce moment en train de me dire
00:48:45« Attends, je reprends plus les véhicules d'occasion, camarades. Je suis full. Et je suis full of cash ». C'est-à-dire que j'ai des problèmes de trésorerie.
00:48:51Et en plus, ça fait augmenter le taux de défaillance des entreprises, concessionnaires et agents sur le territoire français.
00:48:55Donc ma réponse, elle est bienvenue à ce genre d'opération si les sommes engagées sont raisonnables, s'exerçant sur les véhicules particuliers et sur les véhicules utilitaires,
00:49:07et ne détruisant pas la valeur projetée des voitures à 3 ans. C'est pour ça que s'il devait y avoir un leasing électrique futur, évidemment, on serait candidat.
00:49:18Mais on serait candidat si ça reste raisonnable. C'est-à-dire que... Je ne sais pas si ça éclaire votre jugement, M. le rapporteur, mais ça veut dire que...
00:49:27— Vous alliez sur un détail encore plus fort sur le sujet. Est-ce que cela signifie que ces aides publiques ont été mises en place sans concertation avec les industriels ?
00:49:35Si ça avait été fait en concertation avec les industriels, ça aurait été tout autre. Et vous appelez à ce que les futures aides publiques soient faites en discussion,
00:49:45en concertation, au moins consultation, des industriels. Alors là, on parle de l'automobile, mais même d'autres.
00:49:49— Ce leasing social a été fait en concertation avec les industriels. — Alors comment vous avez pu laisser passer ça ?
00:49:53— C'est une excellente question. Il se trouve que c'est passé. Je milite pour que la construction de ce genre de dispositif, qui fait appel quand même à...
00:50:04C'est une technicité particulière, fasse l'objet d'approfondissements en phase amont suffisant pour être capable, quand on sort avec le dispositif,
00:50:13d'être parfaitement bordé pour tout le monde. Je me suis exprimé à l'occasion du salon de l'automobile à Paris 2022-4 pour ce qui aurait pu être
00:50:21le leasing social d'après en disant 1. Mettez plus cher. Ça peut paraître surprenant, mais...
00:50:28— De l'estachage. — Oui, oui, oui. Pas 49 euros une voiture. Ça n'existe pas. Entre 150 et 200 euros. 1. 2. Mettez les entreprises dedans.
00:50:38Parce que du point de vue du climat, que ce soit un plombier avec son véhicule utilitaire ou tel ou tel particulier, ça ne change rien.
00:50:472. Mettons les entreprises dedans. Traitons les véhicules particuliers. Traitons les véhicules utilitaires. Voilà ce que je me suis permis de dire.
00:50:55Bon, il se trouve que pour l'instant, le leasing social version 2 n'a pas éclos. Mais s'il devait venir, je militerais pour qu'on fasse
00:51:02ce travail de préparation peut-être un peu plus approfondi qu'on ne l'a fait à l'époque pour qu'il soit plus sous contrôle du point de vue
00:51:09de la valeur projetée des voitures à 3 ans, parce que je ne veux pas – on n'a aucun intérêt – à ce que les réseaux en général,
00:51:16les agents, les concessionnaires se retrouvent face à des échéances ensuite en véhicules d'occasion qui soient dramatiques.
00:51:23D'ailleurs, on a proposé aussi d'élargir aux véhicules d'occasion. Finalement, acheter un véhicule électrique d'occasion
00:51:28ou acheter un véhicule électrique neuf du point de vue de l'utilisateur, du client final, en étant plus raisonnable sur le prix,
00:51:34ça peut nous permettre d'en mettre de plus en plus dans la rue. C'est l'objet.
00:51:39— Alors je corrige le prix. Ça va coûter 494, puisque c'est pas 38 000, 35 000. Donc ça fait 455 millions d'euros.
00:51:47Et je note que vous dites que c'est quand même un montant excessif pour les deniers publics. C'est quasiment en 6 semaines
00:51:55le montant de 2 exercices pour Stellantis des aides publiques. Donc c'est quand même assez significatif, avec en plus,
00:52:04y compris toutes les difficultés et les conséquences que vous souhaitez.
00:52:08— Mais d'ailleurs, ça a conduit, si je peux me permettre, à ce qu'on n'en ait pas d'autres, parce que la facture a été, à mon avis,
00:52:14tellement brutale et importante que les gars se sont dit qu'on n'y va pas. Et c'est dommage, parce qu'on a besoin de quoi en ce moment ?
00:52:22— De stabilité. J'ai deux dernières questions qu'on a très peu étudiées. Après, je laisse. C'est la question des aides des collectivités locales
00:52:34et la question de la sous-traitance que vous avez évoquée. La conséquence sur... Juste une question sur l'aide aux collectivités locales.
00:52:42Alors là, je remercie l'administration, qui m'a préparé un petit laus. Et c'est West France, ici. Je cite pas source.
00:52:52En 2022, donc, le groupe Stellantis a bénéficié d'un soutien de 3,8 millions versé par la région bretagne-irenne, métropole,
00:53:02pour la décarbonation du site industriel de la Janée. C'est un bassin de 2 500 emplois. J'ai deux questions. La première, comment on fait
00:53:16et comment on s'assure, pour les parlementaires que nous sommes, qu'il n'y a pas une redondance entre les aides régionales ou métropolitaines
00:53:23et une aide d'État ? Est-ce que vous pouvez nous dire que sur cette décarbonation, notamment dans les subventions directes,
00:53:28il n'y a pas une qui a été touchée par l'État ou l'UE, et en plus de la métropole et de la région ? Merci. Et la deuxième chose, c'est que...
00:53:40Est-ce qu'on considérait pas que quand on aide aussi à la décarbonation, devrait-il ou pas avoir un engagement sur l'emploi ?
00:53:46Parce que je signale qu'en 2024, il y a eu le licenciement de 200 ouvriers intérimaires sur les 300 travailleurs intérimaires de ce site. Voilà.
00:53:58Mon avant-dernière question.
00:54:00– Je note que vous avez une revue de dossier assez précise. Nous ne sommes pas loin d'avoir les mêmes chiffres, M. le rapporteur.
00:54:11Nous sommes assez proches en termes de chiffrage. Donc Rennes 2025, ça s'appelait. C'est un projet que nous avons porté au niveau régional.
00:54:22Le montant de l'investissement que nous avons consenti de 33 millions d'euros, nous avons reçu 3,8 millions d'euros de la part de la région,
00:54:31ce qui n'est pas loin du chiffre de 3,3. J'ai cité 3,8 millions de la région et la métropole ? Non, non, non, non. Chaque fois.
00:54:41Après, il peut y avoir des contestations, mais chaque fois, le chiffre est bon, je vous en assure, chers collègues.
00:54:48– Vous n'irriez pas, s'il vous plaît ?
00:54:50– Non, ma première question, c'est, est-ce qu'on peut s'assurer, nous, parlementaires, qu'il n'y a pas eu deux fois, en fait, voilà.
00:54:57C'était ça, entre l'État et la région. D'abord, un, qui permet un système de... Voilà.
00:55:03– Je confirme vos chiffres. Et puis deuxièmement, je vous répète l'accueil qu'on vous fera, quand vous le souhaitez,
00:55:12pour permettre de rentrer dans le cas de l'usine de Rennes. En fait, la Jeunesse-Rennes, c'est l'usine de Rennes Citroën historique.
00:55:20Donc qu'est-ce qu'on a fait à Rennes, en dehors du fait que vous pouvez le vérifier chez nous sans problème, ou à Rennes ou à Poissy ?
00:55:27Donc c'est une initiative qu'on a prise en 2023 de transformer le site de Rennes en une usine de production de véhicules
00:55:34que l'on appelle, nous, des véhicules du futur, et en faisant en plus la décarbonation du site.
00:55:41Donc on a fait deux choses. Premièrement, on a développé une nouvelle silhouette, non de code CR3, mais en fait,
00:55:48c'est le C5 Aircross que vous voyez dans la rue aujourd'hui, sur lequel on va le mettre sur une plateforme dite multi-énergie.
00:55:57Ça veut dire quoi ? Qu'on va mettre de l'électrique, de l'hybride, du thermique sur cette voiture, sur une plateforme unique. Pourquoi ?
00:56:05Parce que ça nous permet de faire le slalom entre les différentes évolutions de la regulation européenne,
00:56:10et en fonction des pays, en fonction des clients, d'adapter notre offre plutôt hybride, plutôt plug-in hybride, plutôt électrique,
00:56:20au gré de nos clients. Premier sujet. D'ailleurs, cette voiture va sortir en juillet-septembre, ce qui signifie que j'en attends des commandes,
00:56:27M. le rapporteur, et que j'espère bien que les intérimaires qui ont quitté l'entreprise réintégreront l'entreprise à l'occasion de ce lancement.
00:56:36Ils n'ont pas quitté, ils ont été licenciés.
00:56:38Certes. J'espère que ça nous apportera le niveau d'activité nécessaire pour relancer cela. Deuxième sujet. On a introduit une plateforme multi-énergie,
00:56:50je vous l'ai dit, et ça, c'est important, parce que ça nous permet d'aborder, je l'espère, une autre phase des discussions que l'on aura avec la communauté européenne.
00:57:05On voit bien qu'aujourd'hui, la migration vers l'électrique pur, elle est très sérieusement handicapée par le prix des voitures et des batteries.
00:57:13Nous avons suggéré que, plutôt que de se centrer sur les véhicules neufs vendus en Europe, qui représentent entre 14 et 15 millions de voitures par an,
00:57:21dont on pourrait penser que 20% pourraient être électriques, on élargisse le raisonnement aux 250 millions de voitures qui circulent en Europe,
00:57:29ce parc circulant, en disant tout simplement que si jamais on arrive à réduire de 5% le CO2 de ce parc circulant,
00:57:37allez, admettons qu'on se dit que sur 10 ans, on le renouvelle, ça aurait un effet nettement supérieur sur le plan de la réduction des émissions
00:57:46à tout ce qu'on peut faire sur le parc de véhicules neufs. Et ça aurait une conséquence immédiate. C'est qu'on développerait des voitures dites plug-in hybrides
00:57:54avec 110, 120 kilomètres d'autonomie à zéro. Et ça supporterait très directement le projet de Rennes, par exemple, de développement de ce genre de techno.
00:58:05Pour tout vous dire, il existe un lien extrêmement direct entre l'évolution réglementaire, les aides publiques, y compris régionales, et le tissu industriel.
00:58:17La sensibilité en termes industriels de l'évolution réglementaire est d'ordre 1. On a besoin qu'elle soit stable. J'espère que ça répond en partie à votre question, M. le rapporteur.
00:58:28— Donc on va faire, comme tout à l'heure, une salve de questions. Et vous répondrez à l'ensemble des questions...
00:58:37Une question d'Anne-Marie Nedelec, pardon, de Michel Massé, de Marc Lameny et de Daniel Fargeau. Bien sûr.
00:58:46— Merci, M. le président. Merci, M. le directeur, pour ces échanges. Ils sont toujours très intéressants.
00:58:52Donc on a bien compris que les aides publiques ciblaient essentiellement la grande question du moment, la décarbonation, la neutralité carbone.
00:59:01C'est aussi votre credo, en quelque sorte, puisque vous nous avez annoncé l'objectif de 2038. Alors moi, je voudrais parler un peu aussi des sous-traitants,
00:59:13puisque les sous-traitants de l'automobile, dont vous avez souligné l'importance tout à l'heure, doivent forcément investir aussi massivement pour s'adapter.
00:59:22Alors j'avais une question sur le ruissellement des aides. Mais le président l'a posée. J'ai bien compris qu'il n'y en avait pas, enfin, ou très peu.
00:59:32Ou alors j'ai pas bien compris. Mais quand ces sous-traitants investissent pour se reconvertir eux aussi et que vous renoncez à leurs données
00:59:43ou que vous leur retirez des marchés pour les affecter à la Chine, est-ce qu'il n'y a pas quand même une certaine incohérence avec les aides
00:59:51à la décarbonation, avec les exigences RSE, avec l'empreinte carbone, avec notre souveraineté industrielle ? Donc ça, c'est une question qui me touche
01:00:04directement, puisque j'ai des sous-traitants, j'ai un sous-traitant sur mon territoire. Et puis j'ai une deuxième question, mais que vous venez
01:00:11un petit peu d'aborder aussi, parce que moi, je m'interroge quand même sur ce tout électrique. Est-ce que vraiment, le tout électrique,
01:00:18c'est la seule solution ? Est-ce que c'est vraiment une bonne idée de vouloir tout orienter vers l'électrique, compte tenu des sommes énormes
01:00:27que vous y consacrez, vous, en tant que constructeur, que l'État ou les régions y consacrent pour aider ? Voilà. Moi, je suis très, très, très, très, très
01:00:39réservée sur ce sujet, mais je ne suis pas spécialiste.
01:00:44— Merci de votre question, madame la sénatrice. Je vais essayer de...
01:00:53— Si vous le permettez, monsieur le directeur, ils vont chacun... Nos collègues vont chacun poser leur question, et puis vous ferez une réponse...
01:00:58— Ah oui, excusez-moi. Merci. — Il y a quelqu'un de groupé, monsieur le Président. Merci pour cette présentation, monsieur et madame.
01:01:04Ça va un petit peu dans la même veine que ma collègue. Effectivement, vous l'avez dit, les États publics doivent trouver des objectifs
01:01:11d'écarbonation électrifiée, modèle hybride et autres. Mais le constat actuel, c'est que ce sont des ventes aujourd'hui historiquement faibles.
01:01:23D'une part. Et d'autre part, une concurrence féroce. Vous l'avez souligné, d'ailleurs, avec un prix de revient élevé lié à l'achat des matériaux,
01:01:32mais également à la différence en termes de salaire. Vous l'avez précisé tout à l'heure. Un autre point qui n'a pas été développé,
01:01:38mais ce qui est important aussi... J'étais un peu dans le secteur de l'automobile. C'est la question du stock, aussi.
01:01:44C'est un coût, le stock, aussi, aujourd'hui. Ça veut dire combien de jours on garde un produit avant de le revendre. Voilà.
01:01:53Puis en même temps, on peut avoir aussi des délais de livraison, parfois, ou de commande assez longs.
01:01:59Donc il y a un secteur qui me préoccupe également. Ce sont les concessionnaires. Et est-ce qu'une aide, une partie des aides,
01:02:10est redirigée vers les concessions ? Parce qu'elles sont au bout, les concessions, mais elles sont importantes également.
01:02:17Je crois que, dernièrement, vous déclariez dans un article de regagner la confiance, en fait, je crois, avec les concessionnaires.
01:02:25Et puis, plus largement, mais je crois que le rapporteur l'a dit, finalement, dans votre feuille de route, à quel moment donné,
01:02:38quelle fait chance deviendrez-vous totalement, comment dirais-je, compétitif par rapport à cette même concurrence ?
01:02:47Et si oui, est-ce qu'il faut que, pour y parvenir dans les meilleurs délais, les aides soient supérieures ou, en tout cas, de l'État ou versées différemment ?
01:02:56Mais la question d'objectif, de délai, est importante aussi, à mon avis.
01:03:00Merci, M. le Président, Madame, pour avoir dressé vraiment un bilan très complet, détaillé, parce que vous êtes un grand acteur économique.
01:03:19Alors, je vais prendre à travers... M. le Président, vous avez insisté sur la notion d'aide identifiée par site.
01:03:34Alors je vais prendre un exemple que je connais relativement bien sur Charlesville-Mézières-Villers-Smeus.
01:03:39C'est quand même 2 000 emplois environ, une fonderie importante. Et il y a eu des travaux, ces dernières années, importants de l'énergie déployée
01:03:52dans le cadre du chauffage urbain. Et donc, je dirais, il y a un partenariat important, normalement ville, intercommunalité, agglomération.
01:04:07Et là, je pense que là, il y a des interventions de l'ADEME. Bon, il y a les aides publiques liées à l'État ou collectivités territoriales,
01:04:15mais aussi les opérateurs de l'État, que sont par exemple l'ADEME, qui est aussi un opérateur. Donc c'est vrai qu'il y a un partenariat important à ce niveau-là.
01:04:27Bon, c'était donc une question. Puis là, pour rester très bref, vous n'avez pas évoqué le Mécénat.
01:04:38Je pense que vous êtes aussi un très très grand groupe. Et le Mécénat tient aussi une part, j'irais, importante, contributive,
01:04:49avec ce qui est fondation, par exemple, tournée aussi. Donc je pense que là, si vous pouviez peut-être en dire quelques mots, je vous remercie.
01:05:00— Et enfin Daniel Farjot. — Merci, président. M. le directeur général, vous avez travaillé depuis 30 ans chez Peugeot, désormais chez Cellantis.
01:05:12Alors une petite question. Avez-vous pu constater tout au long de votre carrière une évolution dans le rapport aux aides publiques ?
01:05:20Sont-elles selon vous de nature à influencer les décisions et les stratégies au sein de l'entreprise ? Enfin sont-elles toutes essentielles ?
01:05:29Et ce, en vue d'une réduction... Je pense que c'est une réduction drastique des dépenses nécessaires au niveau de l'État.
01:05:37Dernier petit point. On a évoqué la concurrence chinoise. Vous avez mentionné qu'un prix de vente d'un véhicule électrique chinois
01:05:46était égal à un prix de vente d'un véhicule thermique en France, une production qui est réalisée à perte en Chine mais qui est compensée par l'État.
01:05:56Comment faire, selon vous, pour établir ce mauvais écart de concurrence, revoir des aides publiques ou établir des droits de douane encore plus élevés ?
01:06:06Merci.
01:06:10Bien. Je pense que, M. le directeur, si vous voulez répondre à nos collègues... Merci.
01:06:16Merci pour toutes ces questions qui sont au cœur du sujet. Le tout électrique est-il la solution ? Comment est-ce qu'on arrive à résister dans un contexte de vente faible et féroce ?
01:06:28Alors Carlos Tavares n'est plus le président de cette entreprise. Mais je pense que depuis 2015-2016, il s'est à maintes reprises exprimé sur la question
01:06:40non pas de l'objectif à moyen terme ou long terme, parce qu'on sait tous que si l'on veut réduire la consommation, les émissions de CO2, de la mobilité individuelle,
01:06:51l'électrique est la seule solution connue à la date. Mais sur le chemin, ce qu'on vit aujourd'hui est trop brutal, trop rapide. C'est existentiel.
01:07:03On peut mourir. Je m'explique. Je vous ai dit tout à l'heure que j'étais à 13% de mix électrique. Il faudrait que je sois à 20% en 2025.
01:07:15Alors on m'a fait le cadeau de me dire que je pouvais peut-être faire la moyenne de 2025, 2026, 2027. Mais de toute façon, si je ne fais pas 2025, il va falloir que je récupère en 2026 et en 2027.
01:07:27Il n'y a pas de marché en ce moment. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a plus d'incentive à l'achat. Donc le marché s'est écroulé. Il vaut 15% du total.
01:07:35Qu'est-ce qui se passe pour l'entreprise Tenantis ? Pas pour moi. L'entreprise Tenantis, si on n'arrive pas à faire ses 20%, chaque point de mix électrique me coûte 300 millions.
01:07:45Ça veut dire 1,7 milliard par an. En deux ans, on tue la boîte. Donc pour répondre à votre question, oui, c'est nécessaire. Non, c'est pas la bonne trajectoire.
01:07:57Et non, c'est pas la bonne méthode. On est trop brutaux. Et on est trop brutaux dans un sens et dans l'autre. Je m'explique.
01:08:07Moi, j'ai mis en place – et vous avez parlé de concessionnaires qui sont au cœur du sujet – ce que j'appelle la politique commerciale 2025.
01:08:15Et je leur ai dit au début de l'année « Allez, les gars, on fait 20% d'électrique. Donc celui qui ne fait pas 80% de 20% d'électrique, ses bonus de performance, ils sautent ».
01:08:24Ils m'ont dit « T'es fou ». Ils avaient raison. Pourquoi ? Parce que moins d'un mois et demi après, on me dit « Bon, alors finalement, on va pas faire 2025.
01:08:33On va faire la moyenne 2025, 2026, 2027 ». Rebolote. En deux mois plus tard, le paquebot transatlantique de mes 4 298 sites en France doit changer de politique commerciale.
01:08:46Les vendeurs sont perdus. Les clients savent plus quoi acheter. Ils me disent « Attends, je peux y aller sur le plug-in hybride. Il faut que j'y aille sur l'électrique.
01:08:56Dis-moi le diesel. Tu vas en faire encore ». C'est ça qu'ils me disent. Donc je ne sais pas si ça éclaire votre jugement.
01:09:03Mais ce qui est certain, c'est que ma réponse, elle est évidente. On a tout basé sur l'électrique. D'ailleurs, les 3 milliards d'investissement de 2021, ils sont là-dessus.
01:09:13Pourquoi on l'a fait ? On l'a fait parce qu'on me dit « Attention, si tu n'y arrives pas, tu payes 1,7 milliard par an ».
01:09:21Donc forcément, qu'est-ce qu'on a fait, nous ? On y est allé. Et on y est allé le plus compétitivement possible, si j'ose dire,
01:09:29et le plus verticaux possible pour maîtriser toute la filière. Donc là, ce qui se passe, c'est qu'on voit que le marché ne bouge pas à la vitesse
01:09:39qui était prévue et que la réglementation européenne est en train de mouvoir vers quelque chose qui n'est encore pas clair.
01:09:48D'ailleurs, au passage, au mois de décembre, je ne connaissais pas la réglementation du mois de janvier. Vous imaginez un peu.
01:09:53J'achète les pièces à 3 mois. Les fournisseurs font leur capacitaire à 18 mois. Et il s'est passé ça. Donc qu'est-ce qu'on a fait ?
01:10:02On s'est dit « Attends, l'électrique ne suit pas. À fond sur l'hybride ». Sauf qu'en deux mois, les grands, les gros et les moyens,
01:10:12ils ne savent pas s'adapter vers l'hybride. Donc j'en arrive à la stupidité absolue que je finis mon mois de mars en ayant perdu sur le moins
01:10:2220 000 voitures en production parce que je n'ai pas suffisamment de moteurs hybrides et je n'ai pas les pneus, au passage.
01:10:28Pourquoi ? Parce que ce n'est pas les mêmes entre l'électrique et l'hybride. Donc le message derrière, c'est la trajectoire est trop brutale.
01:10:35Je serais vraiment d'avis qu'on la lisse sans changer l'objectif ultime qui sera d'être décarboné.
01:10:47Et j'ai besoin... Deuxième message de stabilité. Donc j'ai besoin que ça ne change pas tous les matins et qu'on donne aux industriels,
01:10:55sur le territoire européen, la visibilité à 4 ou 5 années de manière à nous permettre de nous adapter et d'adapter le tissu fournisseur,
01:11:04ce qui répond en partie à la première question que vous posez.
01:11:09— Il y a des révoltes. Enfin, je ne suis pas d'accord. Mais oui. Parce que vous êtes...
01:11:17— Il n'y a pas de révolte, d'ailleurs. On est légaliste, mais...
01:11:19— Non mais je veux dire... Oui, mais il y a des limites à tout. Vous n'êtes pas le seul dans ce cas-là.
01:11:24Enfin les constructeurs européens sont dans la même galère. Est-ce qu'il n'y a pas de pression possible ?
01:11:31Parce que même quelqu'un qui est en dehors du système, ça semble fou. Quand on connaît un tout petit peu l'industrie,
01:11:39on sait très bien qu'on ne peut pas décider du jour au lendemain. En plus, il y a quand même des savoir-faire qu'on va perdre, etc.
01:11:47De dire on appuie sur un bouton et tout d'un coup, on ne fabrique plus que de l'électrique, on appuie sur un autre bouton et tout d'un coup, on ne fabrique plus...
01:11:54Enfin c'est complètement idiot, quoi, comme système. Et il n'y a pas eu moyen de... Plutôt que de subir ces amendes-là,
01:12:05qui seraient mieux occupées ailleurs. Enfin je sais pas. Ça me semble...
01:12:09— Si je peux me permettre, on essaie d'unifier notre voix. C'est-à-dire que Stellantis a officiellement rejoint l'Association
01:12:13des constructeurs automobiles européens et l'association voisine des fournisseurs européens.
01:12:22Et on a exprimé, je l'espère d'une manière respectueuse mais déterminée, la position de l'ensemble de nos collègues
01:12:30sur la question de la réglementation et de ses évolutions. En gros, on a dit « Écoutez, ne nous mettez pas à la verticale,
01:12:38parce que ça va produire des drames. Si vous voulez que je monte de 13% à 20%, j'ai deux solutions.
01:12:46Soit je vends plus, soit je coupe les véhicules thermiques en production pour faire le 20%.
01:12:54Soit on y va d'un côté, soit de l'autre. Ce qui se passe, c'est que moi, si je coupe la production de véhicules thermiques,
01:13:02je ferme des usines. Une usine égale 150 000 voitures. Si je coupe de 20%, je coupe 4 usines immédiatement en Europe. Boom.
01:13:10Et après, vous allez me dire « Mais pourquoi vous avez coupé les usines ? » Parce que je dois faire l'électrique.
01:13:14Donc on a ça en face de nous. Et on a essayé de porter un message. Le premier message est « Attention à la vitesse ».
01:13:24Le deuxième message, « Attention à l'intelligence des situations ». Le parc circulant européen de 250 millions de voitures,
01:13:30et dont les gens progressivement à réduire le CO2, et dont les entreprises à le faire, pourquoi on les exclut du champ d'application
01:13:39de ce genre de choses ? Pourquoi on dit que les véhicules utilitaires... Alors les gens ont découvert les véhicules utilitaires.
01:13:46Pour eux, l'automobile, c'est l'infirmière à Saint-Germain-en-Laye qui va acheter sa DS3 au concessionnaire du coin.
01:13:51Non, il y a des plombiers aussi. D'accord ? Ça existe. C'est les gens qui ont besoin de véhicules utilitaires, d'ailleurs électriques,
01:13:57pour aller dans le centre d'un certain nombre de villes pour faire leur boulot. Et ils viennent de l'extérieur.
01:14:02Ces gens-là sont exclus des bénéfices des aides. Pourquoi faire ? Ce qui m'amène sur votre question.
01:14:09Les concessionnaires sont en galère. L'essentiel de la perte enregistrée sur l'exercice 2024, 80 % de cette perte-là,
01:14:19c'est la valeur des véhicules d'occasion. Pourquoi ? Parce que devant l'incertitude réglementaire, la valeur projetée des véhicules d'occasion
01:14:29à 3 ans est très nettement inférieure à celle qu'elle était il y a encore 3 ans, quand l'électrique était très indi.
01:14:39Donc le gars se dit d'une part, j'ai le leasing social qui rentre parce que 18 mois plus tard, 24 mois, les voitures, elles rentrent.
01:14:46On les a vendues 49 €. Je ne sais pas compenser cette perte. Et deuxièmement, pour le futur, car je ne sais pas dans quel cadre réglementaire
01:14:55je vais exercer, je ne prends pas de véhicules d'occasion en buy-back, c'est-à-dire avec retour 3 ans.
01:15:02Donc ça rejoint votre premier point. Un, donnez-moi un cadre stable le plus intelligent possible, le plus accessible possible
01:15:13à un client normal qui gagne 2 500 balles par mois. Un. Deux, ne considérez pas que les gens qui achètent des véhicules utilitaires
01:15:22sont des clients normaux et ou que les entreprises ne sont pas volontaires pour se décarboner. Ce n'est pas vrai.
01:15:29Et ayons vis-à-vis de la valeur des choses à la fois le respect pour les gens qui les produisent, mais également se dire
01:15:36un véhicule neuf, c'est toujours plus cher qu'un véhicule d'occasion. Parce que sinon, on détruit complètement la chaîne de valeur
01:15:41de notre métier. C'est là-dessus. Ensuite, ruissellement. Je ne sais pas comment répondre proprement à votre question.
01:15:51Ce que je vous dis, si je ne développe pas grâce au crédit impôt recherche le véhicule à ordre d'un que j'appelle hydrogène,
01:16:06par définition, je n'ai pas le développement des bonbons d'un hydrogène avec les fournisseurs de la région ou du pays.
01:16:13Donc je ne sais pas ce que vous entendrez par ruissellement, mais ce que je reçois en termes d'aide fléchée sur l'innovation,
01:16:23quand vous savez que 80% du prix d'une voiture est fait de pièces achetées à des fournisseurs, naturellement,
01:16:30parce que j'industrialise l'innovation, une partie de cette aide-là indirectement va vers le fournisseur qui va me fournir des pièces.
01:16:36Ce n'est pas du cash direct. C'est absolument certain. Mais ça bénéficie à l'ensemble de l'écosystème.
01:16:44Après, est-ce qu'on est en compétition entre les fournisseurs européens et les fournisseurs chinois ?
01:16:51Oui, mais pas que. Ils sont en compétition avec tous les fournisseurs du Maghreb.
01:16:57Et d'ailleurs, ce sont parfois les mêmes qui s'installent au Maghreb pour bénéficier de coûts du travail moins chers.
01:17:04Mais nous achetons quand même 6,1 milliards d'euros de pièces en France. Nous ne l'oublions pas.
01:17:11Et nous n'avons pas vraiment l'intention de lever le pied. Donc je crois que oui, on a en face de nous l'entreprise chinoise, je dirais.
01:17:20Elle est extrêmement efficace et extrêmement déterminée. Je pense qu'on est capable de résister.
01:17:27Le point de faiblesse aujourd'hui que je vois venir pour les prochaines semaines, pas pour les prochaines années,
01:17:33c'est que si on se prend 25 % de droits de l'homme aux U.S., ce n'est pas Stellantis que ça va impacter pour sa partie européenne.
01:17:41Mais les fournisseurs qui sont en train aujourd'hui de fournir des pièces à BMW, Mercedes et Volkswagen,
01:17:46qui exportent à peu près 240 milliards par an d'automobiles vers les U.S. en termes d'exportation,
01:17:54eux, ils vont immédiatement se prendre la volée des 25 % de droits de l'homme.
01:17:58Ça m'amène à votre troisième point. Comment on protège l'Europe sur la question de la compétitivité ?
01:18:05Les droits de douane ne vont pas empêcher les entreprises chinoises de s'installer. C'est sûr.
01:18:12Un, ils sont prêts à acheter des gilets n'importe où. Deux, si on leur dit vous allez prendre des droits de l'homme sur l'électrique, ils vont faire des hybrides.
01:18:22Trois, ils vont mettre en place des mesures qui feront en sorte qu'un certain nombre d'États n'oseront pas mettre en place des droits de l'homme.
01:18:29Donc l'unanimité en la matière ne sera jamais la règle.
01:18:34Le seul sujet que... Moi, je milite sur un truc, c'est renforcer la compétitivité. Pour ça, je reviens sur mon sujet.
01:18:42Un, on pèse à fond sur le coût de l'énergie, parce qu'en industrie, c'est d'ordre, un.
01:18:50Deux, on flèche les aides sur une sélection d'activités stratégiques où on met le paquet et on crée l'équipe Europe.
01:19:00Et je crois qu'il ne faut pas avoir d'État d'âme, parce qu'on est capable de faire des trucs super bien.
01:19:04Et puis trois, on essaie de travailler le différentiel du coût du travail entre les différents pays, parce que je pense que c'est très important. Voilà.
01:19:16Charleville.
01:19:20Pardon, excusez-moi. Je n'ai pas fait exprès. Je me suis trompé de bouton. J'ai coupé votre micro, monsieur le directeur.
01:19:26Juste, si vous pouvez faire dans un temps assez illimité, parce qu'il y a une dernière question du rapporteur et on arrive normalement au bout du temps.
01:19:33Je finis. Charleville, on a investi 43,7 millions d'euros. On a été aidé à du concurrence de 5,3 millions d'euros.
01:19:41Je confirme qu'on a bossé ensemble avec l'ADEME sur le chauffage urbain. Et ce qui est très important pour Charleville, c'est que ce qu'on a fait là,
01:19:51ça nous permet de produire dans cette usine qui était à risque des carters de moteurs électriques de dernière génération avec des technos extrêmement modernes
01:20:05qui les mettent, je pense, à l'abri si le marché de l'électrique est maintenu. C'est toujours pareil en termes d'activité pour les prochaines années.
01:20:12Sur le dernier point, sur le mécénat, oui, on a un mécénat, mais on l'a dirigé vers l'aide à la mobilité des personnes à mobilité réduite.
01:20:21C'est-à-dire que là, on n'est pas trop sponsoring chez nous, mais quand on a affaire à des investissements, on le fait là-dedans.
01:20:31Et en particulier pour les Jeux olympiques en juillet, j'avais beaucoup de camions à hydrogène qui tournaient sur la région parisienne au bénéfice de personnes à mobilité réduite.
01:20:42C'était l'objet de ce qu'on a fait. Je ne sais pas si ça répond à votre question, mais voilà ce qu'on fait aujourd'hui chez Cémenti.
01:20:47Merci, monsieur le directeur. Je donne la parole à notre rapporteur pour une dernière question.
01:20:53– Oui, on l'a peu évoqué pour l'instant, mais c'est la question de la sous-traitance que d'autres collègues ont évoquée,
01:21:01mais on l'a peu évoquée dans le reste des auditions. C'est une question dans l'automobile.
01:21:07Je vais vite, mais près de Rodon à Bains-sur-Ouste, 66 emplois supprimés chez Forvia,
01:21:15chez Amis, dans l'Allier-la-Creuse, 188 postes, Novarez à Oswald.
01:21:21Et puis, vous l'avez dit, ma France à Aulnay-sous-Bois, 280 emplois directs.
01:21:27Et si on colle les intérimaires, 400 emplois en Seine-Saint-Denis.
01:21:31Tous sous traitant unique ou quasi unique Stellantis. Donc là, il y a une question directe.
01:21:39Et je reprends ma France, que j'ai bien connue. Je me suis déplacé 20 fois sur le site sur place.
01:21:45C'était à 5 minutes de chez moi, donc j'y allais régulièrement.
01:21:49Moi, je resalue la dignité des salariés qui se sont battus jusqu'au bout.
01:21:54Là, vous avez, pour ma part, une responsabilité directe, puisque vous avez décidé d'arrêter les pièces embouties dans le site MaFrance
01:22:05et de délocaliser la production des pièces embouties en Turquie.
01:22:09Et vous avez d'ailleurs, comme les machines-outils vous appartenaient, vous les avez repris et vous les avez délocalisés.
01:22:15Je dois vous dire, en plus, vous avez dit que c'était vous qui, personnellement, avez réglé la question.
01:22:23Là, je trouve que vous n'avez pas joué le jeu, Stellantis.
01:22:29Y compris le préfet a dû rappeler à l'ordre vos avocats, notamment sur les primes légales et supralégales.
01:22:35Juste pour vous dire quelque chose, c'est des salariés qui ont aujourd'hui entre 50 et 55 ans, tous.
01:22:43Tous, moyenne, dans l'entreprise, 18 ans, parfois 30 ans, et qui sont partis avec 15 000 euros. Voilà, primes légales.
01:22:53Là, pour moi, c'est inadmissible. Je le dis. Très grande colère.
01:22:59Et je pense que lorsqu'on est un donneur d'ordre comme vous, tel que vous, avec la surface financière dont on peut débattre,
01:23:09après du montant des dividendes, plus, moins, etc., quand on touche les aides publiques, on doit avoir une responsabilité sociale
01:23:17sur ces sous-traitants, surtout quand c'est quasi exclusivement, quoi.
01:23:21Donc là, j'ai cité 4 exemples pour 2024, mais il y en a beaucoup d'autres. Je redis, usine nouvelle, le monde, l'humanité.
01:23:27Voilà. Non, mais je redonne là où j'ai trouvé les informations sur les 4 entreprises.
01:23:33Je vous dis, sur ma France, je trouve pas que ça a été réglé de belle façon. Les salariés, eux, ne peuvent pas comprendre ça.
01:23:40Surtout que c'est des salariés, comme je le redis, qui, eux, très difficilement retrouvent un emploi.
01:23:46Voilà. Vous dire... Bon, c'était un mécontentement de fin, puisque vous l'avez évoqué au départ sur ma France.
01:23:53Dire, je pense, que nous devrions aller... Nous devrions avoir une loi qui impose que le donneur d'ordre comme vous ait une responsabilité sociale
01:24:02sur les entreprises sous-traitantes d'exclusives. Voilà. Je vous remercie.
01:24:07— M. le directeur, vous avez un droit de réponse sur... — Bien sûr.
01:24:11— Je comprends la sensibilité du dossier. 2 points. Novares. C'est Novares qui a décidé de fermer le site au 2e semestre 2024 de son site d'Osval,
01:24:24spécialisé dans l'éjection plastique. Décision annoncée au CSE le 11 septembre 2024. Un chiffre d'affaires de 27 millions d'euros, 126 salariés en CDI.
01:24:34On a maintenu tous nos contrats avec Novares. Novares a décidé de se redéployer, on va dire ça comme ça. Accord trouvé avec les salariés
01:24:44sur les conditions de fermeture qui s'étalera entre février et septembre 2025. Les négociations avec les syndicats ont abouti à un plan de sauvegarde
01:24:51de l'emploi PSE signé début janvier 2025, c'est-à-dire maintenant, incluant une indemnité supralégale de 2 200 € par année d'ancienneté
01:25:00et un congé de reclassement rémunéré à 80% pendant 12 mois. Je ne sous-estime pas votre message. Sachez que Novares a décidé de quitter ce site
01:25:14pour des questions de compétitivité. On retourne sur ce qu'on s'était dit. Je pense qu'on a été assez cohérents, puisque dans un souci de traitement social cohérent,
01:25:26on a proposé de couvrir la moitié des coûts sociaux de la fermeture, eux-mêmes estimés à 12,6 millions d'euros pour la fourchette basse et 16 millions pour la fourchette haute.
01:25:35Vous vous rappelez, pour l'affaire Novares. Pour l'affaire, vous en savez probablement plus que moi, puisque si vous les avez visités 20 fois, vous savez probablement le sujet.
01:25:48Je pense que ce n'est pas moi qui vais vous en parler avec doctement. Cette entreprise a été vendue il y a un certain nombre d'années. Vous le savez, au groupe CLN.
01:26:00Vous savez aussi qu'on a à peu près toujours maintenu le volume de production et de commandes. À un moment donné, on s'est trouvé dans la situation de devoir arbitrer,
01:26:14parce qu'en l'occurrence, l'usine n'était plus en production à nous paralyser sur le plan des opérations. On n'a pas délocalisé en Turquie.
01:26:23Il n'y a pas une seule pièce qui a été faite en Turquie. Tout ce qui a été fait, ça a été fait hors d'ordre.
01:26:29Pendant la grève, vous n'avez pas délocalisé en Turquie, mais les machines-outils ont été... Moi, j'étais sur place quand les camions sont venus les récupérer.
01:26:38Donc je peux vous en parler plus que suivi le dossier. J'étais au tribunal, reçu par le préfet, y compris chez le ministère. Mais les pièces, elles vous appartenaient.
01:26:47Les machines-outils, elles sont reparties en Turquie. Le réel est là. Mais vous avez fait un choix. Moi, je pense que vous avez une responsabilité sociale.
01:26:55C'est nos territoires. C'est 400 salariés qui vont être en très grande difficulté pour retrouver un emploi. Voilà. C'est des bassins d'emploi qui se ferment.
01:27:04Et PSA en haut le nez sous bois, c'était... Vous aviez des milliers d'emplois il y a encore 10 ans. Vous n'avez plus rien maintenant.
01:27:14C'était la dernière entreprise. Et donc vous avez un bassin d'emploi où il n'y a plus de bassin industriel.
01:27:20— Je comprends cette sensibilité. Je pense que compte tenu de la situation, on a fait en tout cas dernièrement ce qu'il fallait qu'on fasse.
01:27:30C'est au cœur des enjeux qu'on aura les prochaines années en matière de compétitivité dans notre pays. Voilà ce que je peux vous en dire.
01:27:37— Voilà pour cette audition du directeur général Europe de Stellantis devant la commission d'enquête du Sénat sur les aides publiques versées aux entreprises.
01:27:44Le directeur de Stellantis qui estime que le volume d'aides publiques versées à son entreprise pourrait être diminué, mais avec des aides plus précises,
01:27:54Voilà. C'est la fin de cette émission. Merci de l'avoir suivie. Continuez à suivre l'actualité politique et parlementaire sur notre site internet publicsénat.fr.
01:28:01Je vous souhaite une très bonne journée sur Public Sénat.
01:28:04Sous-titrage Société Radio-Canada