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00:00Après, c'est très dangereux de choisir à la place du peuple.
00:03Et c'est ce qui se passe.
00:04Alors, évidemment, il y a le dernier référendum
00:07qu'on n'a absolument pas respecté sur le traité européen,
00:10qu'on a mis à la poubelle parce que les Français avaient mal répondu.
00:13Mais moi, je suis désolé.
00:14En l'espace d'un mois, fin février, on ferme une chaîne de télé,
00:17la première de la TNT,
00:19regardée par des dizaines de millions de téléspectateurs chaque mois.
00:23Donc là, on choisit à la place des Français.
00:25Un mois plus tard, on empêche la favorite
00:28de l'élection présidentielle à venir, 2027, Marine Le Pen,
00:31d'être candidate, alors qu'un dernier sondage
00:33lui donne 37 % des voix au premier tour.
00:36Record absolu, évidemment,
00:38pour la patronne du groupe RN à l'Assemblée.
00:40Choisir à la place des Français, c'est prendre le risque
00:43que la cocotte minute termine tout simplement d'exploser.
00:45Oui, mais...
00:46Bien entendu, moi, je partage tout à fait ce que vous avez dit.
00:49Il faut d'être dit, mais le problème, c'est que ça marche.
00:53On l'a vu aux dernières législatives,
00:55il y a un accord surréaliste entre la Macronie, la gauche,
00:59le LFI pour empêcher, et ça marche.
01:02Et pour l'instant, le peuple, à part peut-être des Gilets jaunes,
01:06le peuple ne se rebelle pas.
01:08Alors, effectivement, ça va être dit,
01:10la cocotte minute, elle est en train de bouillir
01:12et qu'elle peut exploser à un moment, mais pour l'instant,
01:14à chaque fois, ceux qui tentent cela réussissent leur coup,
01:17et ça marche.
01:18François, c'est qu'à chaque fois, ce sont autant de désaveux,
01:21de sentiments, même de divorces
01:25entre les Français et la classe politique,
01:27et à chaque fois, je pense que ça renforce l'intensité de la crise.
01:30Oui, voilà, mais elle n'arrive pas pour l'instant.
01:33Oui, bien sûr, mais vous l'avez rappelé,
01:34vous avez eu les Gilets jaunes, vous avez eu cet nombre de décisions
01:37pour lesquelles les Français ont été dépossédés,
01:39il y a eu les élections législatives,
01:40il y a eu des élections pour lesquelles les Français
01:42n'ont pas eu le sentiment d'avoir pu voter pour qui ils voulaient,
01:45et là, donc, on retire une candidate.
01:47Je pense que, vraiment, on est quand même un pays révolutionnaire,
01:50on ne peut pas l'oublier.
01:52Le jour où ça se passe, ce sera explosif.
01:54N'appelons évidemment rien qui s'apparente à une révolution.
01:56Parlons du plan B, maintenant,
01:57parce qu'un parti comme le Rassemblement national,
02:00qui aspire au pouvoir suprême, a forcément un plan B, Gauthier Lebrec.
02:04Est-ce que ce plan B s'appelle Jordan Bardella ?
02:06Il sera notre invité demain à 8h10, je le rappelle, avec Sonia Mabrouk.
02:09Est-ce que tout est en place actuellement au RN
02:12pour lancer la fusée Bardella ? Oui ou non ?
02:15Écoutez, moi, je pense que Marine Le Pen n'a pas envie
02:17de lancer la fusée Jordan Bardella tout de suite,
02:19si je vois et j'analyse ce qui se passe avec cette pétition
02:23pour contester la réalité du jugement qui est tombé aujourd'hui.
02:26Mais je vous le disais tout à l'heure,
02:2899 % de chances que l'inéligibilité de Marine Le Pen s'applique en 2027
02:33et qu'elle soit donc empêchée de se présenter en 2027.
02:36Donc, visiblement, dans les jours qui viennent,
02:39le RN va peut-être exploiter le 1 % de chances qui restent
02:43pour une candidature présidentielle de Marine Le Pen,
02:46et puis deux ans, c'est long.
02:47Mais, évidemment, le plan B, c'est B comme Bardella.
02:50C'est lui qui est déjà président du Rassemblement national.
02:55C'est lui qui a gagné à deux reprises la campagne des européennes
02:59et les élections européennes.
03:01Après, on sait qu'il y a eu, évidemment, la déconvenue des législatives
03:03où il était déjà dans le bureau du Premier ministre
03:06et puis s'était rappelé par François Puponi
03:08l'alliance avec la France insoumise a empêché cela.
03:12Il a écrit un livre qui a rencontré un fort succès.
03:14Il a écrit un livre, ce que je cherche.
03:16Ce qu'il cherche, c'est, comme tous les politiques, le pouvoir.
03:19Donc, évidemment que le scénario où Marine Le Pen est empêchée,
03:23c'est Jordan Bardella.
03:25Après, ça ne sera peut-être pas aussi simple que cela.
03:27Il y aura sans doute des contestations en interne.
03:29Il n'a pas que des amis au Rassemblement national,
03:32mais ceux qui voudront le contester rêvent aussi sûrement du pouvoir
03:35et se rendront évidemment compte, au bout d'un moment,
03:38que le mieux placé pour l'emporter, c'est Jordan Bardella.
03:42On va voir si Marine Le Pen ouvre déjà la porte à Jordan Bardella ce soir.
03:46Ça va être intéressant.
03:47Mais évidemment que, si ce n'est pas elle, c'est lui.
03:50Absolument. Louis Drignel et ensuite Rachel.
03:51Il faut bien comprendre que Marine Le Pen a fait appel de la décision
03:54et elle a besoin d'avoir un soutien politique jusqu'au moment de cet appel.
03:58Donc, demain matin, Jordan Bardella ne va pas dire
04:00« Je suis candidat à l'élection présidentielle ».
04:02Je ne pense pas que Marine Le Pen va annoncer ce soir
04:04ou Jordan Bardella demain matin
04:06« Je serai candidat » ou « Je ne serai pas candidat ».
04:08Là, pour le coup, Marine Le Pen a besoin de temps
04:10et je pense que c'est sain.
04:12Elle ne va pas décider comme ça à chaud dès ce soir.
04:15Même si le plan, il est un petit peu enclenché.
04:17Jordan Bardella avait pu se préparer à l'occasion
04:20des dernières élections législatives.
04:21Alors, on me dira que Matignon, ce n'est pas la même chose que l'Élysée.
04:24C'est vrai, mais mine de rien,
04:25ça vous met quand même un tout petit peu dans le bain.
04:27Et je pense que la situation va être très compliquée pour Jordan Bardella
04:30parce que, d'un côté, il faut qu'il soutienne Marine Le Pen
04:33dans le processus judiciaire et le nouveau processus judiciaire
04:36qui s'ouvre jusqu'à l'appel et, pourquoi pas, la cassation après.
04:39Et en même temps, effectivement, et Gauthier Lebrecht l'a rappelé,
04:42il faut qu'il continue de se préparer à l'élection présidentielle.
04:45Il ne faut pas qu'il soit aspiré, complètement entraîné
04:48dans les problèmes judiciaires de Marine Le Pen.
04:51Rachel.
04:52Non, mais je voyais juste certains commentaires aujourd'hui
04:54dire pourquoi Jordan Bardella n'est pas au tribunal pour soutenir Marine Le Pen.
04:57Parce qu'il n'est pas concerné par cette affaire
04:58et il ne faut pas que ça l'éclabousse.
05:00Donc, évidemment qu'il n'a pas intérêt à être au tribunal dans ces moments-là.
05:03Rachel, sur ce plan B,
05:05ce plan B, ça va être très intéressant à observer
05:08et notamment, je pense à la France insoumise.
05:10On a parlé tout à l'heure des réactions, notamment de Jean-Luc Mélenchon.
05:14Mais Jean-Luc Mélenchon qui souhaitait avoir en face Marine Le Pen,
05:20s'il s'avère que c'est Jordan Bardella,
05:22d'un point de vue idéologique, avec toutes ses belles paroles,
05:26eu égard au 93, au égard à la jeunesse, etc.,
05:30ça rend la tâche, à mon avis, plus difficile pour Jean-Luc Mélenchon.
05:34Jean-Luc Mélenchon qui dit
05:35que la décision de destituer un élu devrait ramener au peuple Éric Revelle.
05:39Il est le seul sur cette ligne-là.
05:42Il rappelle la séparation des pouvoirs.
05:43Oui, il se passe dans d'autres pays européens.
05:45Mais bon, depuis 2017, quand il était député européen,
05:50il est soupçonné aussi d'avoir utilisé des collaborateurs.
05:53Donc, là, on pourrait se demander pourquoi la justice n'accélère pas un petit peu.
05:56C'est vrai qu'elle est très lente avec le dossier de la France insoumise.
05:59Peut-être qu'on pourrait en avoir deux, si vous voulez.
06:00Il y a des contestations, il y a des contestations judiciaires.
06:03Il y a des recours.
06:05Il n'est pas inquiété, il n'est pas menacé
06:08d'être dans l'impossibilité de se présenter à une élection présidentielle.
06:11Et puisque je rappelais tout à l'heure,
06:13parce que Mélenchon, c'est quelqu'un qui regarde dans le détail les résultats,
06:16je rappelais tout à l'heure quand même que sur un second tour,
06:18quand le candidat RN est éliminé dans une élection législative ou ailleurs,
06:23il y a une porosité, en fait.
06:24Alors ça, les gens de LFI n'aiment pas qu'on leur rappelle,
06:26mais Ballard rappelait le chiffre, c'est 15 %.
06:28Il y a 15 % de gens, quand ils n'ont plus leur candidat RN,
06:31qui disent « Moi, je ne vote pas pour le système,
06:33je vote pour un candidat LFI ».
06:36Alors, il ne veut pas insulter l'avenir non plus, sans doute, Mélenchon.
06:39Ou alors, il est tellement sincère qu'il se dit « Non, mais le peuple doit trancher,
06:43il est dramatique, Marine Le Pen, je préfère la battre dans les urnes
06:47qu'un juge la batte pour moi. »
06:49Il me dit qu'il veut un référendum révocatoire,
06:52ce qui serait possible dans cette 6e République qu'il appelle de faible.
06:55Le sujet aussi pour Mélenchon,
06:57c'est qu'il peut récupérer les voix dès le premier tour.
07:00Parce qu'il y a les voix de Le Pen et puis il y a les voix de Bardella,
07:03et les deux ne sont pas forcément les mêmes.
07:05Donc, si Bardella est candidat, il perd quelques voix par rapport à Le Pen,
07:09on peut imaginer qu'il y en a chez Mélenchon, directement.
07:11Donc, il joue le premier tour.
07:12Mais ce qui est un peu gênant dans toutes les décisions de justice qui sont prises,
07:15c'est qu'on ne parle plus du principe de séparation des pouvoirs,
07:18qui est un principe fondateur de notre République
07:21et même de notre État de droit, en général.
07:23Là, on n'en parle plus beaucoup.
07:24Et ce qui est très frappant, dans le sondage du GDD qui a été fait hier,
07:28qui testait les intentions de vote du premier tour,
07:30avec Marine Le Pen, quel que soit le candidat qui serait face à elle,
07:34c'est l'écart entre elle et le second Gauthier Lebret.
07:37Ah oui, plus de 10 points.
07:39Plus de 10 points.
07:40Elle est très, très loin devant, Édouard Philippe.
07:42On le voit, mais c'était largement, largement devant.
07:47Avec, en troisième position, Jean-Luc Mélenchon à chaque fois, en embuscade.
07:5013 %.
07:51Il est à chaque fois sous-estimé parce qu'il ferait 10 points de moins,
07:53quasiment, que lors de la dernière présidentielle.
07:56Pour aller dans le sens de François Puponi,
07:58ce que vous disiez, en fait, c'est l'enjeu, c'est les classes populaires,
08:00les classes ouvrières.
08:01Pour qui vont-elles voter si elles n'ont plus Marine Le Pen ?
08:04Parce qu'évidemment, la question sociale, la question du pouvoir d'achat,
08:08c'est Marine Le Pen qui l'a mis en avant lors de la dernière présidentielle
08:10et qui l'a mis en avant au Rassemblement national
08:13après avoir été élue députée d'Édimbeaumont,
08:16où elle est élue sur les questions sociales
08:17plus que sur les questions migratoires.
08:19Donc, si c'est Jordan Bardella, le plan B,
08:22l'enjeu pour lui, ce sera d'aller capter ce vote ouvrier,
08:26alors qu'on a bien compris que Jordan Bardella
08:28voulait prendre un tournant plus libéral,
08:30qu'il s'assume de droite,
08:31alors que Marine Le Pen n'aime pas ce terme.
08:34Elle dit que...
08:35La dernière fois, elle disait supprimer des postes de fonctionnaire,
08:37ça, c'est un truc de droite, c'est pas moi, c'est pas ce que je veux faire.
08:41Donc, il y avait quand même deux lignes.
08:43Voilà, la retraite...
08:44Alors, elle était revenue sur cette retraite à 60 ans.
08:46Elle parlait plus de retraite à 62 ans
08:49avec un système particulier de cotisations,
08:53mais quand même, on voit bien qu'il y avait quand même
08:55des lignes qui distinguaient Jordan Bardella et Marine Le Pen.
08:59Donc, c'est pourquoi il pourrait y avoir des distinctions en interne.
09:01Les proches de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont,
09:03Steve Briouat, Bruno Bild,
09:05sont les tenants de cette ligne sociale
09:07et ne sont pas des gens de droite, des libéraux, au contraire.
09:11Et ils ont parfois contesté Jordan Bardella,
09:13notamment quand il a pris la présidence du Rassemblement national,
09:16jugeant qu'il était trop sur une ligne Zemmour et Reconquête.
09:20Donc, ça va être intéressant, dans les mois qui viennent,
09:22de voir si Jordan Bardella s'impose.
09:24Est-ce qu'il y aura des distinctions internes ?
09:26Est-ce qu'on a connu déjà des scissions au Rassemblement national ?
09:28Il y aura cette pétition en ligne que le RN a lancée.
09:31Si elle recueille des centaines de milliers de signatures,
09:34ça changera quelque chose ou pas ?
09:36Il y a eu une pétition pour C8.
09:38Oui, avec des millions de personnes.
09:40C'est pour gagner du temps, je crois que c'est ce qu'il a dit.
09:42Il a raison, c'est pour gagner du temps.
09:44Juste sur Bardella, c'est la première fois, je crois,
09:48moi, sous la 5e,
09:50qu'il y a une personne qui est en position de gagner une présidentielle
09:55et qui a, en même temps, à côté d'elle, un dauphin possible.
09:59C'est la première fois, c'est la première fois que ça arrive.
10:01Et ça veut dire qu'il y a eu quand même une construction
10:05au sein du RN qui est extrêmement forte.
10:08Et qui n'existe pas dans les autres partis.
10:10Qui n'existe pas dans les autres partis.
10:11Et je suis persuadé qu'en effet,
10:13la sensibilité de Bardella ne sera pas tout à fait la même
10:17et qu'évidemment, là aussi, il fera des ravages au sein de la droite républicaine.
10:21Petite pause dans Punchline sur CNews et sur Europe 1.
10:23On va être dans un instant avec Henri Guaino.
10:26Il lance un cri d'alarme après cette condamnation de Marine Le Pen
10:30à une peine d'inéligibilité de 5 ans.
10:32Il est notre invité dans Punchline, à tout de suite.